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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

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Body Count

Ice-T in the Holland house …

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Comme Body Count n’avait prévu aucune salle belge pour sa nouvelle tournée, les aficionados du plat pays ont dû traverser la frontière Nord (Eindhoven, Pays-Bas) ce jeudi, ou Sud, le vendredi (à Esch-sur-Alzette, au Grand-duché de Luxembourg), pour assister à son spectacle.
Finalement votre serviteur opte pour Eindhoven, mieux connu pour le stade de football du PSV, mais également pour son immense complexe Philips, véritable rempart de la cité. Après une petite visite touristique et la dégustation d’un plat au fromage sous le soleil, direction la salle Eiffenaar. Pas difficile à trouver ; suffit de suivre la marrée humaine, chevelue, tatouée ou/et motorisée qui partage la même destination… 
Un endroit à la configuration plutôt surprenante. En fait l’espace réservé aux concerts n’est qu’une partie de ce grand bâtiment, situé à deux pas de la gare. Différentes structures y coexistent, dont une discothèque. Il faut donc emprunter des escaliers plutôt raides, dans le style de l’Aéronef de Lille, avant de débarquer dans une pièce peuplée de gros bras, rendant les déplacements, notamment pour se rendre aux différents bars, assez difficiles. Faut dire que vu l’engouement suscité par ce spectacle, les 1 500 tickets se sont écoulés en quelques jours.

Powerstroke assure le supporting act. Une piètre caricature du band métal/hardcore yankee. Le combo pousse même le vice à s’exprimer dans un anglais américanisé, entre les titres, alors qu’il est belge, issu du Nord du pays même. Etonnant, il a déjà assuré la première partie pour Suicidal Tendencies et même réussi à figurer au line up du Graspop…

Après cette pénible ouverture, et malgré un peu de retard, Body Count s’apprête à monter sur le podium. Et le public de se réveiller d’un bloc. Les premiers musiciens débarquent masqués (ou la tête enserrée par un bandana), suivis par deux choristes. Les accords de « Body Count’s in the house » viennent à peine de retentir qu’Ice-T déboule le bras tendu, sur l’estrade. Ce qui déclenche déjà les premiers pogos. « Masters of Revenge », « Bowels of the Devil » et « Manslaughter » (NDR : le tire maître d’un elpee paru en 2014) s’enchaînent, tambour battant. Guère avare de communication entre les titres, Ice-T demande notamment aux filles de se mélanger un peu plus aux trop nombreux mecs agglutinés aux premiers rangs. Il nous présente aussi l’un des deux choristes, qui n’est autre que son fils. Et qui l’accompagnera au chant sur le très controversé « Cop killer ». Sa famille est également sur place ; notamment Coco Austin son épouse, plantureuse et star de télé-réalité. Elle se trémousse sur le côté de la scène. Ernie C. (NDR : c’est le dernier membre du backing group originel ; les trois autres sont décédés dans des conditions particulières, la plus spectaculaire frappant le bassiste Mooseman, tué lors d’une fusillade à Los Angeles) impressionne tant par son physique qu’à la gratte. Et tout particulièrement tout au long de « Talk shit, get shot ».

Lors du rappel Ice-T se fend d’un discours contre le racisme. Curieusement, l’auditoire accueille tièdement ses propos. Y aurait-t-il d’anciens disciples de Pim Fortuyn dans la salle ? Heureusement, les premiers rangs s’agitent à nouveau sur le tube « Born Dead », puis de la cover de Biohazard, « Institutionalized ». « Momma's Gotta Die Tonight » clôt le set en douceur, et les paroles ‘My mother taught me good things, taught me bad things’ transforment un gros dur en leader au cœur tendre. Si tendre, qu’il prend la peine de serrer des tas de mains, par poignées, avant de saluer longuement la foule. Il est vrai que cette tournée, il ne l’a pas organisée pour se faire du blé ; lui qui empoche de gros cachets en tournant dans la série TV à succès, ‘New-York unité spéciale’. Bref, un retour réussi pour le natif du New Jersey et sa troupe…

(Organisation : Eeffenaar)

 

 

 

Nouvel Ep pour Maïa Vidal.

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La jeune chanteuse, multi-instrumentiste, compositrice et vidéaste franco-américaine Maia Vidal vient de publier « The Tide », un Ep qui prélude la sortie de « You're The Waves », son troisième album en en peu plus de trois ans...

Elle l'a réalisé en compagnie de Van Rivers, le producteur de Brooklyn connu pour son travail pour Fever Ray, Glasser, Matthew Dear et Blonde Redhead.

Pour découvrir la nouvelle vidéo de « The Tide », c’est ici

 

 

 

 

 

Manu, l’après-Dolly.

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Manu, souvenez-vous, c’est la voix de Dolly, 4 albums et quelques 350.000 exemplaires écoulés, un disque d’or pour le premier album éponyme et le titre "Je ne veux pas rester sage" en 1997,  jusqu’au tragique décès du bassiste Micka qui a mis fin à cette belle épopée…

Son 4ème album solo paraîtra en novembre 2015 ; et pour la circonstance elle renoue avec ses premières influences comme Grandaddy, Sonic Youth, Pixies ou New Order, à travers un son saturé et électrique.

Pour découvrir le clip du morceau "La Vérité", c’est i

‘La Vérité, un titre trop bien choisi pour ce qu’il révèle sur le rock français, sa présence et sa brillance.’ - OUI FM

‘Le retour aux sources rock pour l'ex frontgirl de Dolly.’  - LA GROSSE RADIO

 

Nicolas Godin se donne de l’Air…

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Après avoir publié sept albums au sein du duo Air, Nicolas Godin sort un premier album solo, « Contrepoint », qui mêle pop moderne, musiques de films et Johann Sebastian Bach.

Huit œuvres de musique classique du 18e siècle qui ont servi de point de départ et d’inspiration pour les compositions de Godin, avec pour guide spirituel le grand pianiste Glenn Gould, fanatique du compositeur allemand.

L’album s’ouvre sur « Orca », qui est accompagné d’une vidéo en partie animée et réalisée par Sean Pecknold (Fleet Foxes, Beach House, Grizzly Bear). Et c’est ici

 

 

Pas de DJ Ten Walls au Pukkelpop suite à des propos homophobes

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Le Pukkelpop a annulé DJ Ten Walls dans sa programmation. Il avait tenu des propos homophobes sur sa page Facebook la semaine dernière. D'autres festivals à l'étranger ont également décidé de rayer l’artiste de leur affiche, pour les mêmes raisons.

Mark Ronson, Baroness, Garden City Movement, The Last Internationale, Radio Soulwax, Novastar, The Van Jets, The Hickey Underworld, Tourist LeMC, Soldier’s Heart et The Whatevers sont venus enrichir la programmation.

http://www.pukkelpop.be

 

Pour Beirut, c’est trois fois non…

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Zach Condon et son groupe Beirut sont enfin de retour, puisqu’un nouvel album –le quatrième– est annoncé pour le 11 septembre prochain.

Un premier extrait de « No No No » est à découvrir ici

L’Américain se produira en concert le 14 septembre à l’Ancienne Belgique de Bruxelles.

http://beirutband.com

 

Une Liturgy un peu particulière

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Cette formation yankee –issue de Brooklyn, très exactement– pratique une liturgie plutôt particulière. Métallique même. Et elle viendra prêcher sa bonne parole 8 juin à l’AB de Bruxelles ainsi que le 14 juin au 4AD de Dixmude.

Si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à cliquer ici pour écouter “Quetzalcoatl”, un morceau issu de leur 3ème album, « The Ark Work » sorti en mars.

Tracklist:

1. Fanfare
2. Follow
3. Kel Valhaal
4. Follow I
5. Quetzalcoatl
6. Father Vorizen
7. Haelegen
8. Reign Array

9. Vitriol
10. Total War

http://www.thrilljockey.com/thrill/Liturgy

Une Mandarine pour les Innocents…

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Après 15 ans d’attente, Les Innocents ont enfin décidé de publier leur cinquième et nouvel album, « Mandarine ».

Ce dernier a été mixé et réalisé par Dominique Ledudal, leur complice de toujours, ainsi que Jean-Paul Gonnod.

https://www.youtube.com/watch?v=t8NaESwHAh0

Les Innocents seront en concert le 1er novembre 2015 au Botanique de Bruxelles.

http://www.lesinnocents.fr/
https://www.facebook.com/lesinnocentsofficiel
https://twitter.com/lesinnocents
https://www.youtube.com/user/LesInnocentsVEVO

 

 

 

Les Ducktails prennent racine…

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Drivés par Matt Mondanile (Real Estate), les flamboyants Ducktails publieront leur 5ème album, « St. Catherine », le 24 juillet.

Il a été produit par Rob Schnapf, notamment responsable de la mise en forme des albums « XO » et « Either/Or » d’Elliott Smith.

Pour découvrir « Headbanging », un extrait pop psyché de cet opus, avant d’aller les voir en live, le 6 juin au DOK de Gand, c’est ici

Tracklisting:

1. The Disney Afternoon
2. Headbanging In The Mirror
3. Into The Sky
4. Heaven’s Room
5. St
. Catherine
6. The Laughing Woman
7. Surreal Exposure
8. Church

9. Medieval
10. Krumme Lanke
11. Reprise

 

Florian, incarnation de Paul Kalkbrenner…

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Parrain de la techno berlinoise, Paul Kalkbrenner est certainement un des artistes les plus originaux, dans l’univers de la musique électronique.

"Cloud Rider" constituera le 1er épisode d'une trilogie vidéo au cours de laquelle nous suivons Florian, personnage fictif, qui veut faire partager la musique qu'il aime à celles et ceux qu'il croise.

http://info.phunkster.com/trk/193207/1225/4294465/161532/5466/366ea9fc/

http://paulkalkbrenner.net/home/

 

NOS Primavera Sound Porto 2015 : samedi 6 juin

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Depuis 4 ans, le célèbre festival barcelonais Primavera s’est doté d’une succursale à Porto. Et même si l’affiche est un peu moins riche que chez son rival historique, l’édition lusitanienne a plus d’un charme. A commencer par un accès facile à la ville, de nombreux vols charters, des transports en commun à profusion, et toujours une personne âgée prête à vous renseigner poliment.
Autre point fort : la configuration du site, au milieu d’un parc verdoyant, en bordure de mer. Et les terrains sont en pente. Ce qui permet de voir les concerts à distance.
En ce dernier jour du festival, le soleil radieux est (enfin) de la partie. Ce qui me pousse à me rendre à la plage, pour y entendre, d’un côté le bruit des vagues, et de l’autre, mais de loin, le soundcheck de Baxter Dury…

Au bout de quelques heures de farniente, je décide quand même d’assister à la fin du set de Baxter Dury. En fait, je l’avais déjà vu dans le cadre des PiaS Nites, pour un concert fort semblable. Et puis, mon retour sur le site est dicté par la présence de Thurston Moore qui joue dans le même timing, sur une plus petite scène (ATP). A une certaine époque, l’ex-leader de Sonic Youth affichait une attitude de shoegazer (NDR : pour les néophytes, il s’agit de musicos qui ont constamment les yeux rivés sur leurs chaussures ou leurs pédales de distorsion ; et par conséquent ils négligent de communiquer avec le public). A sein de son nouveau combo, il déborde d’énergie et de rage sur les planches. Ce qui fait plaisir à voir et à entendre. D’autant plus que son dernier opus, « The best day », figurait au sein de la plupart des tops 20 des collaborateurs de Musiczine, pour l’année 2014. Le set commence par le titre d’ouverture de l’elpee, « Speak to the Wild », un morceau tout simplement épatant (NDR : pour reprendre un terme cher à Marc Ysaye). Et les riffs de gratte illuminent « Detonation », alors que le soleil brille de mille feux. La foule commence enfin à s’emballer. En finale, « Ono soul » est une compo qu’on pourrait qualifier tout simplement de chef d’œuvre (NDR : Marc Ysaye, sors de mon corps !)

Au cours des dernières années, les grands festivals programment des vétérans à leur affiche. De manière à attirer des quadras voire des quinquagénaires. Einstürzende Neubauten a ainsi été invité. Et votre serviteur ne va pas s’en plaindre, lui qui se presse à l’Ancienne Belgique, tous les 5 ans, pour fêter leur anniversaire. Et bonne nouvelle, ce soir ils proposent une forme de ‘best of’ plutôt que de se focaliser sur « Lament », un concert que Musiczine avait d’ailleurs relaté (voir ici). Le band entame les hostilités par « The garden », un titre paru il y a près de 20 ans et qui figure sur l’LP « Ende Neu ». En ‘live’, il s’achève par des cris proférés par Blixa Bargeld. Un Blixa qui semble calme et serein (c’est déjà un bon signe). Le décor est planté. Tout au long de « Haus der Lüge » le multi-percussionniste N.U. Unruh se lance dans ses expérimentations industrielles. Et « Sabrina » de clore le spectacle tout en douceur ; moment choisi pour foncer vers le podium principal, Palco NOS.

Où se produit Damien Rice. L’Irlandais impressionne. Et pourtant, il est seul armé uniquement de sa guitare. Il domine parfaitement son sujet. Tant l’espace scénique que la plaine ! Le public est captivé par les longues ballades, qui servent régulièrement de bande originale pour films ou documentaires, comme « 9 crimes ». Et visionnaire, son titre de clôture, « The Blower’s daughter », est beau à pleurer, nous entraînant au cœur de contrées imaginaires. Le concert le plus émouvant de ce festival.

Ride, ce sont encore des ‘vieux de la vieille’. Après My Bloody Valentine et Slowdive, c’est au groupe d’Oxford qui a marqué le début des 90’s d’opérer son come-back en grande pompe. La prestation démarre en force par son hit « Leave Them All Behind », mais au fil du temps elle va perdre en intensité. Pour adopter un style épousé davantage au cours de la seconde moitiés des nineties. Le rôle d’Andy Bell (NDR : oui, oui, celui qui a milité au sein du dernier line up d’Oasis) y est alors prépondérant. En prenant le pouls de quelques inconditionnels, on apprend que le set accordé au Paradiso d’Amsterdam, quelques jours plus tôt, était bien plus percutant… 

Après la ‘déconnade’ de Mac Demarco, place à celle de Dan Deacon (NDR : pas difficile, vu son nom !), le natif de Baltimore. Il maîtrise à la perfection une electro bordélique, déjantée, bidouillée et balayée de cafouillages vocaux. « Sheathed Wings » en est l’illustration parfaite.

Toutefois je ne m’attarde pas trop longtemps dans cette atmosphère délirante, car il serait dommage de manquer le show d’une autre découverte de ce festival, Ought. Fin 2014, le quatuor s’était illustré à l’Ancienne Belgique de Bruxelles, lors d’un double concert partagé avec Vietcong (NDR : band qui se produisait d’ailleurs ici la veille). Sur la petite scène ATP, dont la programmation a définitivement surclassé toutes les autres ce samedi, le combo américain établi à Montréal va démontrer toute l’étendue de son talent. Une étoile filante au milieu de la nuit signée paradoxalement chez Constellation Record (NDR : label de référence fondé par Godspeed You! Black Emperor). Le titre de son elpee, « Ought : More Than Any Other Day », est tout à fait judicieux. Le ton et l’attitude résolument post-punk. Suffit de regarder le physique et d’écouter la voix du leader Tim Beeler, sorte de Mark E. Smith rajeuni, bien sûr. Mais tant le rythme que les grattes sont plus tranchantes, lorgnant davantage vers Fugazi voire Haymarket Riot. Tout en saupoudrant le tout d’une touche de pop contemporaine, à l’instar de Cage the Elephant. Un groupe à revoir le plus tôt possible et surtout à suivre de très près. Il est 3 heures du mat’, et l’heure du bilan de ce festival a sonné.

Et premier constat, la programmation était intéressante. 49 groupes ou artistes ont attiré 77 000 spectateurs sur trois jours. Ce qui demeure raisonnable par rapport aux autres grands festivals.

Et comme la comparaison avec le Primavera de Porto est inévitable, quels sont les plus et les moins par rapport au grand frère ?

Les plus : un prix plus démocratique, un site vert et en pente, une plus courte distance entre les scènes, des stands de nourriture variés.

Les moins : l’affiche moins dense (surtout le premier soir) et un public plutôt réservé ; ce qui a cependant permis d’écouter les concerts dans de bonnes conditions...

 

Elvis Perkins

Du retard à l’allumage…

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Il en a fallu du temps pour qu’Elvis Perkins décide enfin de donner un successeur à son excellent deuxième opus, "Elvis Perkins in Dearland". Six longues années que le fils d'Anthony Perkins (NDR : l’acteur mythique de ‘Psychose’) et de la photographe Berry Berenson n'avait plus donné signe de vie. Une absence interminable au cours de laquelle le New-yorkais s’était, en quelque sorte, retiré du monde. Aussi, quelle n’a pas été notre (bonne) surprise d’apprendre, il y a quelques semaines, qu’il avait enfin publié un nouvel elpee. Intitulé "I Aubade", il n’est cependant disponible que sur les plates-formes Internet. L’artiste est donc venu le défendre à la Rotonde. Une belle manière de –presque– clôturer la saison du Botanique.

Ce samedi soir, il règne, au sein du Bota, une atmosphère particulièrement ‘cool’. Dehors, le soleil brille et les terrasses débordent de monde. Pas de première partie. Vers 20h, les mélomanes se dirigent donc vers l'hémicycle. Est-ce dû aux conditions climatiques estivales ou du manque de notoriété de l'Américain, mais la salle est à moitié vide. Ou pleine, selon. Il y a de la place et les spectateurs s'assoient sur les marches. Et peu à peu, elles se remplissent ; si bien que les retardataires sont forcés de s’asseoir dans la fosse. Ils y resteront tout le concert.

Elvis Perkins monte sur l’estrade armé d’une gratte acoustique. Il est épaulé, à sa gauche, par une multi-instrumentiste (basse, ‘lyre’, etc.) et, à sa droite, d'un claviériste. En une demi décennie, le physique de l’artiste a changé. Il a de longs cheveux. Il a enfilé un pantalon de soie et une chemise à moitié déboutonnée. Et a chaussé des lunettes rondes. On croirait qu’il vient de revenir d’un pèlerinage en Inde. Un instant, j’ai même imaginé une réincarnation de John Lennon…

Elvis Perkins ouvre son set par des titres issus de son dernier LP. Ils sont particulièrement paisibles. Est-ce dû à la position assise de l’auditoire ou aux compos méconnues, mais la Rotonde semble plongée dans une forme de somnolence… Il faudra attendre qu’Elvis attaque les morceaux de son premier elpee ("Ash Wednesday") pour que la foule commence à réagir. D’autant plus qu’il discute davantage avec le public et joue même au chef d’orchestre. « It’s only You » et « Emile’s Vietnam in the sky » recueillent un franc succès. L’instrumentation épurée apporte une nouvelle dimension aux compos ; et ce n’est pas plus mal. Au bout d’une heure et demie de prestation, Elvis Perkins et ses acolytes vident les lieux. L’acteur principal revient cependant rapidement pour attaquer quelques chansons en solitaire, dont « Shampoo », avant d’être rejoint par ses acolytes pour conclure le show par « While you were sleeping », véritable moment de grâce de la soirée.

Et sans s’en rendre compte, le concert de Perkins a finalement duré presque deux heures. Suivant l’adage, on en a donc eu pour son argent. Dommage cette apathie ambiante en début de parcours. Il a même fallu trente bonnes minutes, avant que l’auditoire ne parvienne à accrocher ce set, ma foi, inégal…

(Organisation : Botanique)

NOS Primavera Sound Porto 2015 : vendredi 5 juin

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Depuis 4 ans, le célèbre festival barcelonais Primavera s’est doté d’une succursale à Porto. Et même si l’affiche est un peu moins riche que chez son rival historique, l’édition lusitanienne a plus d’un charme. A commencer par un accès facile à la ville, de nombreux vols charters, des transports en commun à profusion, et toujours une personne âgée prête à vous renseigner poliment.
Autre point fort : la configuration du site, au milieu d’un parc verdoyant, en bordure de mer. Et les terrains sont en pente. Ce qui permet de voir les concerts à distance.
Pour ce deuxième jour du festival, les 4 scènes sont ouvertes, et le nombre d’artistes à s’y produire est bien plus conséquent. Dès lors, les choix cornéliens se multiplient.

Et le premier intervient entre la poétesse Patti Smith –qui a décidé de se concentrer sur son elpee « Horses », après avoir exécuté un ‘spoken word’ la veille– et les jeunes loups de Viet Cong. Et c’est finalement pour ces derniers que j’opte. Auteur d’un premier album éponyme flamboyant, le band canadien (NDR : non, non, ce combo n’est pas originaire d’Asie du Sud) avait déjà opéré un passage remarqué au Botanique et à l’AB Club. Et cet après-midi, il va confirmer tout le bien qu’on pensait de lui. Entre post-punk exaltant et noisy décapante, son expression sonore aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre Fugazi et IlikeTrains. Dommage que la foule soit si peu réceptive ; mais on doit s’y faire, le mélomane portugais n’a pas le même tempérament que l’espagnol. Ce qui permet néanmoins de profiter des spectacles dans d’excellentes conditions, et tout particulièrement d’écouter la musique sans qu’elle soit parasitée par des excités bruyants.

Quoique approchant les 60 balais (NDR : la naissance de la formation remonte au début des 70’s), les Replacements ont conservé un fameux potentiel énergétique. Comparable à celui de Viet Cong. Et le début de set confirme ces aptitudes, le combo balançant un punk yankee réminiscent des Ramones voire de Misfits. Comme s’il cherchait à nous en mettre plein la vue et les oreilles. Mais en milieu de parcours, l’enthousiasme retombe, un essoufflement qui se traduit par l’interprétation de ballades davantage folk, mais sans grand intérêt…

De quoi aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, et tout particulièrement chez Sun Kil Moon, responsable d’un superbe elpee, l’an dernier (NDR : intitulé « Benji », il figurait dans le Top 20 de votre serviteur). Et si sur disque, certains morceaux peuvent s’avérer déprimants voire soporifiques, sur les planches, la musique gagne en intensité et prend une autre dimension. Soutenu par deux drummers, installés en arrière-plan, Mark Kozelek démontre tout son talent. Excellent chanteur/compositeur, l’ex-Red House Painters est vraiment à l’aise au bord de l’estrade. Il se prend même parfois pour un crooner qui veut épater la galerie. Et il parvient à atteindre son but, car la foule applaudit chaleureusement le show. Aussi quand la formation termine son set par « This Is My First Day and I'm Indian and I Work at a Gas Station », quelques minutes plus tard la tente Pitchfork réverbère encore les sonorités de ce superbe titre…   

Nonobstant sa ligne de conduite indie, dont il ne s’est jamais écarté, Belle & Sebastian se produit devant un nombreux public. Sa pop sucrée/salée est subtilement teintée de folk. Les aficionados balancent les bras de gauche à droite ou claquent des doigts. Titres maîtres de leurs albums respectifs, les deux derniers morceaux, « The Boy with the Arab Strap » et « Sleep the Clock Around », caractérisé par son crescendo, incitent les jeunes filles à danser, au milieu de la foule.

Pour l’avoir croisé dans la journée lors d’une conférence de presse, je peux témoigner qu’Antony Hegarty, le frontmen des Johnsons, possède vraiment une voix et un physique particuliers. Il y a même un sacré paradoxe entre son gabarit impressionnant et son timbre frêle, androgyne. Un peu comme si les cordes vocales de Lou Reed, Bjork et Nina Simone étaient entrées au cœur d’une improbable fusion. Soutenu par un orchestre de haut vol, les compos oscillent entre la soul, le jazz et même parfois l’opéra, s’autorisant même l’un ou l’autre accès dans le psychédélisme. Il règne un calme religieux sur la plaine. Une partie du public s’allonge même sur la pelouse. La prestation est théâtrale (même si le leader –vêtu d’une robe– reste immobile devant son micro). De quoi achever la soirée en douceur, la tête dans les étoiles…

NOS Primavera Sound Porto 2015 : jeudi 4 juin

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Depuis 4 ans, le célèbre festival barcelonais Primavera s’est doté d’une succursale à Porto. Et même si l’affiche est un peu moins riche que chez son rival historique, l’édition lusitanienne a plus d’un charme. A commencer par un accès facile à la ville, de nombreux vols charters, des transports en commun à profusion, et toujours une personne âgée prête à vous renseigner poliment.
Autre point fort : la configuration du site, au milieu d’un parc verdoyant, en bordure de mer. Et les terrains sont en pente. Ce qui permet de voir les concerts à distance. Ce jeudi, il fait un peu frisquet, et l’ambiance est plutôt calme. Deux scènes sur les quatre sont d’ailleurs fermées.

Ce qui ne va pas empêcher l’auditoire de prendre sa première grosse claque du festival. Grâce à Mac Demarco. Son attitude totalement déjantée évoque instantanément Pavement voire les plus contemporains DIIV. Le Canadien (NDR : il est trahi par son accent) est multi-instrumentiste ; et puis il va enchaîner les variations de thèmes, passant d’un rock/garage couillu à de la franche ‘déconnade’, au cours dernier quart d’heure. Quart d’heure pendant lequel il va même s’autoriser un flirt avec une ‘variétoche’ à la Mike Brant. A prendre au énième degré, bien sûr. Guère avare de commentaires entre les titres, il déclare notamment : ‘I’m very sick with a lot of flu, so thank you for your support’. Mais là aussi les contrastes s’enchaînent, car d’un côté oui, il semble souffrant et tout fiévreux, mais il enfile également les bières nationales (NDR : de la ‘Super Bock’) tout au long de son set. Il termine même sa prestation par un long slam dans la foule, avant de montrer ses fesses en guise d’au revoir. Et ce n’est pas tout, car non seulement il change une corde de gratte pendant un titre, mais il démonte lui-même son matos après son show (NDR : il est sans doute le seul artiste se produisant au Primavera, à ne pas avoir de liner). Bref, une prestation qui surprend, mais sans jamais agacer, et qui surtout semble bien maîtrisée.

Autre scène, autre style, FKA Twigs verse dans R&B et le trip-hop, façon Tricky. Parfaite, la voix de Tahliah Debrett Barnett me fait penser à celle de Hannah Reid (London Grammar). Elle met facilement le public dans sa poche. Il est vrai que cette jolie métisse (qui a d’ailleurs conquis Robert Pattinson) exécute des déhanchements lascifs qui valent le coup d’œil. Cependant, mon estomac vibre plus que mes oreilles, et l’envie de goûter au plat typique (NDR : la célèbre Francesinha) est plus fort que tout.

Le volet ‘découvertes’ s’interrompt brièvement pour laisser la place à Interpol, un groupe qui tourne dans la plupart des grands festivals. J’ai déjà eu l’occasion de le voir à de nombreuses reprises, et depuis le départ du bassiste originel, il souffle le chaud et le froid en ‘live’. Néanmoins, le chouette set accordé à l’Olympia de Paris, en janvier dernier, me pousse à revoir le band. Qui commence en force par un « Say hello to the angels » bien en rythme. Le combo embraie par « Anywhere », « Hands away » et « Evil ». Et la prestation de s’achever par « Slow hands » et « PDA ». Le rappel ne semble pas gagné. Finalement, Interpol revient jouer trois titres, dont « All the rage back home », en clôture. N’empêche, le choix était judicieux d’assister au concert d’une des rares têtes d’affiche de ce festival.

Pour terminer la soirée, The Juan MacLean a fait forte impression. Réunissant la charmante Nancy Whang et John MacLean, le duo électro se produit sous une configuration live. Stimulés par un drummer inspiré, les tubes se propagent jusqu’au bout de la plaine, comme un vent de fraîcheur qui tombe sur la nuit… encore qu’au fil du temps, il fait de plus en plus froid, et les beats ‘dansants’ ne parviennent plus à me réchauffer. Aussi, comme une bonne partie du public, je décide donc d’aller me reposer quelques heures…

 

Black Mirrors

Simple is beautiful

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C'est par hasard, qu'un jour, ma vie a changé pour le meilleur. C'était le premier jeudi de l'an 2000. Depuis, tous les jeudis placés sous le signe de hasard se sont transformés en ‘aubaine’.
Ce 4 juin 2015, c'est fortuitement que je votre serviteur est embarqué pour aller assister à un concert qui se déroule au Ciné Le Parc, 6000 Pays Noir.
Au programme : Black Mirrors
Un quatuor réunissant une nana et trois mecs. Moyenne d'âge : 27 ans.

22 heures précises, les premières notes résonnent et l’impression de se farcir du ‘déjà entendu’ ne tarde pas.

Quelques mesures plus tard me forcent à changer d'avis. La voix de Marcella, son divin anglais et le jeu de guitare de Pierre en sont les principaux arguments.

Le bassiste et le batteur excellent dans leur rôle et surtout au service de la musicalité du projet.

Les jeunes affichent une maturité exemplaire et laissent poindre un professionnalisme naissant.

‘Simple is beautiful’ semble constituer leur ligne directrice.

Sur les planches, Marcella assure !

La maîtrise vocale est au rendez-vous. Elle franchit les octaves comme un F16 franchit(rait) le mur du son. Et quand elle ne chante pas, Marcella, elle danse. Je dirais même plus : elle danse ‘psychédéliquement’ bien !

Une ligne noire tracée sous les yeux lui coupe horizontalement le visage.

Simple mais efficace au propre comme au figuré.

C’est ainsi qu’un brin de maquillage est susceptible de faire tomber le masque et libérer le profond de l'être. Astuce qui évite à l'artiste de tomber dans le piège du ‘surjeu’, sans doute…

Les garçons, quant à eux, sont plus sur la réserve.

Devenue solitaire, Marcella se répète dans sa gestuelle.

A moyen terme, le risque de devenir la caricature d'elle-même, n'est dès lors pas impossible.

Fraîchement formé, Black Mirrors rectifiera naturellement le tir. Un peu de bouteille l'y aidera.

Un Ep éponyme de cinq titres, en écoute sur Bandcamp, est disponible depuis le 27 février 2014 (voir ici)

On devine qu'un album suivra…

 

Fumée blanche : Ghost est de retour

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Les énigmatiques Suédois de Ghost, au style musical quasi impossible à déterminer, en-dehors de quelques accointances avec le Doom, s’apprêtent à revenir sur les devants de la scène dès le 21 août prochain avec leur nouvel album ‘Meliora’. Histoire d’avoir quand même quelque chose à se mettre en tête d’ici là, Ghost a proposé ce dimance un premier morceau, intitulé 'Cirice'.
 
Comme à son habitude, Ghost a remplacé son chanteur son chanteur sur ce nouvel opus, Papa Emeritus II laissant le trône sacré à … Papa Emeritus III. Il faudra attendre le 4 juin prochain afin de pouvoir apercevoir la frimousse saintement grimée, à l’occasion du Sweden Rock Show Festival.
 
Ave.


 

Loud vous aide à faire connaitre votre groupe de Metal !

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Vous avez un groupe de Metal, de Stoner, d’Hardcore, de Doom ou tout autre genre similaire ? Vous désirez vous faire connaître ? Inscrivez-vous au Loud Program !

Le Loud Program est un dispositif d’accompagnement dédié au Metal sous toutes ses formes. Ce dispositif d’accompagnement est développé en partenariat avec les salles du Club Plasma et a pour but de professionnaliser les groupes qui y prendront part. Des résidences, des outils d’accompagnement, de promotion et de diffusion seront offerts aux groupes.

 

 

 

En pratico-pratique, voici l’agenda :

  • Du 20 mai au 21 juillet : ouverture des inscriptions
  • Août : sélection des groupes
  • Septembre à novembre : résidences et dates de concerts
  • Début décembre :  journée de rencontres et d’échanges entre les groupes
  • 19 décembre : festival au Botanique (Bruxelles)

Pour s’inscrire :

  • Au moins un des membres du groupe doit être domicilié en Wallonie ou à Bruxelles
  • L’artiste doit être en autoproduction (fonds propres à l’artiste)
  • L’artiste doit présenter un répertoire original
  • L’artiste ne doit pas avoir participé au LOUD Festival au Botanique en 2013.
  • L’inscription est gratuite !

Pour lire le règlement en entier, c’est par ici  !

Et pour les inscriptions, c’est par là  !

Mellino

Live

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Mellino, c’est le projet de deux ex-Négresses Vertes, Iza (chant percussion) et Stéfane (chant guitare) rejoints lors de leur tournée accomplie en 2014, par le drummer Adilson Monteiro et le guitariste Alain Bastard. Et c’est lors ce périple que les 12 titres de cet LP ont été immortalisés.  

Première constatation le son est nickel ! Et on a envie de pousser le son à fond, tellement il passe bien la rampe. La setlist épingle des titres issus de leurs deux opus, un éponyme gravé en 2007 et « No dogs aqui », en 2012. Mais aussi et surtout des compos composées à l’époque des Négresses Vertes, comme « Sous le Soleil de Bodega », « Zobi la Mouche », « Voilà l’été » et « Face à la Mer », des plages parfaitement revisités et qui se fondent dans l’ensemble. Les rythmes endiablés, les percus latino ou arabisantes, les grattes flamenco, rock, psychédéliques, fuzz, syncopées ou bluesy, les vocaux graveleux et vindicatifs ainsi que les backing vocaux féminins frémissants conduisent à un album qui respire le soleil méditerranéen et ne nous donne qu’une seule envie, c’est d’aller voir et écouter ce band en concert, pour y faire la fête. Et n’imaginez pas que seuls les morceaux des Négresses Vertes font la différence ; l’intro « Saison amère », caractérisé par ses cordes de gratte cristallines et « Rain dog », qui aurait pu figurer au répertoire d’Aston Villa, même s’il est plus blues, en sont les plus belles illustrations…

Suis tombé sous le charme de Mellino !

 

Gang Of Four

What happens next

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Du line up intitial de ce quatuor fondé en 1977, il ne reste plus que le guitariste/compositeur Andy Gill. Jon King, le chanteur a définitivement (?!?!?) tiré sa révérence. Il a cédé le relais à John ‘Gaoler’ Sterry. Et la nouvelle section rythmique réunit Thomas McNiece à la basse et Jonny Finnegan aux drums. Votre serviteur avait assisté, en décembre dernier, au set de ce groupe new look à l’Aéronef de Lille. Et franchement la prestation avait impressionné l’auditoire. Restait à voir (et surtout à écouter) ce que le nouvel elpee avait dans le ventre.

Pour enregistrer « What happens next », la formation a reçu le concours de quelques collaborateurs et en particulier Gail Ann Dorsey, bassiste de David Bowie (notamment), le gratteur Japonais Hotei, Robbie Furze (The Big Pink), et Herbert Grönemeyer, acteur allemand et musicien qui se réserve le micro sur « Sautbkorn » ; mais aussi et surtout Alison Mosshart (The Kills, The Dead Weather) qui pose la voix sur les excellents « Broken talk », une plage spasmodique mais mélodique qui traite de l’angoisse et de la folie ainsi que l’incisif « England’s in my bones ». Des textes engagés, sociopolitiques, belliqueux, qui traitent, en général de l’identité, de la religion et du capitalisme, tout en soulignant la faiblesse de l’être humain aveuglé par l’idéologie et les idées reçues. 

Si les premiers morceaux de cet elpee sont sculptés dans l’agit pop (ou le funk blanc, si vous préférez), à l’instar de l’énigmatique « Where the nightingale sings », ou le post punk, comme sur le percutant « Isle of dogs », la suite glisse progressivement vers une électro dark voire indus réminiscente de Stabbing Westward voire de Nine Inch Nails (« Dead Souls ») quand elle ne lorgne pas vers l’éclectro pop de Depeche Mode (« The dying rays », « Graven image »). Pas que les compos soient de mauvaise facture, mais elles ne soutiennent pas la comparaison avec les quatre premières pistes de l’opus. Enfin, c’est un avis personnel qui se réfère aux incontournables « Entertainment » et « Solid Gold ». Enfin, ravi de savoir que Gang of Four a encore un fameux potentiel. Le tout est de ne pas le dilapider dans des aventures technologiques hasardeuses…

 

The Chills

The BBC Sessions

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Cette compile réunit des extraits de trois ‘Peel Sessions’ accordées par The Chills. La première, le 12 novembre 1985, la deuxième, le 5 avril 1987 et la troisième, le 18 décembre 1988. Malgré les changements de line up –et il y en a eu d’innombrables au cours de l’aventure de la formation néo-zélandaise– la musique de cette formation a toujours séduit par son sens mélodique, son charme et ses lyrics intelligents, signés par le membre fondateur et chanteur/guitariste Martin Phillipps. Même quand la musique a pris une direction imprévisible, leur kiwi pop a toujours fait mouche. Seul souci, en 30 années, le combo n’a gravé que quatre albums studio. Et le suivant qui devait paraître début de cette année, est toujours attendu depuis au moins 6 mois.

En attendant, cet elpee est une occasion unique de (re)découvrir The Chills sous un angle différent. Depuis « Rolling moon », caractérisé par sa ligne de basse caoutchouteuse, au menaçant « Dead Web », une plage trempée dans le garage, l’audacieux « Brave words », le superbe « Wet blanket », élégant dans sa discordance, le spectral « Night of the chill blue », « Dan destiny and the silver dawn » ainsi que « Rain », deux pistes parcourues par des accords de piano graciles, le carnavalesque « Living in a jungle » (The Doors ?), l’instrumental martial et filmique « Moonlight on flesh », le mélancolique « Part past, part fiction », hanté par un refrain contagieux, le sinusoïdal « Effloresce and deliquesce » et un titre apparemment jamais gravé sur support, « Christmas Chimes ».

Bon et ce nouvel album, il arrive à pied ou quoi ?

 

The Apartments

No song no spell no madrigal

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The Apartments est une formation australienne fondée en 1978. Peter Milton Walsh en est le fondateur. Ce natif de Brisbane a cependant émigré à Londres vers la mi-eighties, passé quelque temps à New York avant de revenir vivre dans son pays natal. Parmi ses proches amis figurent Ed Kuepper (NDR : oui, oui, l’actuel guitariste de Nick Cave) et les membres de Go-Betweens, dont le regretté Grant McLennan ainsi que la multi-instrumentiste Amanda Brown qui a rejoint le band du chanteur/compositeur/guitariste pour y jouer du violon. Un line up qui, vous vous en doutez, a souvent changé de formule… Aucun album de chansons inédites signé par The Apartments n’était paru depuis « Apart », en 1997. Une raison ? Ben oui, gravement malade, le fils de Peter est décédé en 1999. Ce disque lui est d’ailleurs dédié. L’artiste n’avait donc plus tellement envie de revenir à la musique. Et c’est sous l’impulsion de quelques inconditionnels issus de l’Hexagone qu’il a repris le chemin des salles de concerts, et puis surtout du studio. En résulte ce « No son no spell no madrigal », son sixième opus studio, publié en 30 ans. Une œuvre remarquable habillée par une superbe pochette signée Pascal Blua et produite par Wayne Connolly…

Mais venons-en au contenu de l’elpee. Qui s’ouvre par le titre maître. Et immédiatement on est plongé dans un climat empreint d’une profonde mélancolie. Mais sans jamais tomber dans le pathos. Faut dire aussi que la voix nasillarde, particulière (NDR : Peter Perrett ? Edwyn Collins ?) et introspective de Walsh colle parfaitement à cette atmosphère. Le piano est la colonne vertébrale des compos, des compos élégantes, douces, déchirantes régulièrement enrichies de cuivres ou de cordes élégiaques. Parfois même aussi de chœurs, comme sur « Twenty one », une chanson qui évoque précisément la disparition de son fils, et dont le final est construit suivant un crescendo somptueux. Souple, bavarde, la ligne de basse peut se charger de swing, comme sur « The house that we once lived in ». Natasha Penot (Grisbi) partage un duo sur « Black Ribbons », un morceau qui était paru en single dès 2011. Deux titres plus pop. « September skies », abordé dans l’esprit des Go-Betweens, et le plus enlevé « Please, don’t say remember », morceau qui date du début des 90’s. Et le disque de s’achever par « Swap places », un titre lent au cours duquel Peter pose une question existentielle : ‘Où est Dieu dans tout ça ?’ Superbe, bouleversant et tout en retenue, cet album est assurément un des musts de l’année 2015.