La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Benjamin Schoos au charbon !

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Le nouvel extrait de « Beau Futur », le nouvel album de Benjamin Schoos, est une reprise des Timbuk 3, duo électro-folk américain qui a milité au cours des nineties.

Seul titre en anglais de l'opus, il rend un hommage aux mineurs du début du siècle dernier et épingle une véritable collaboration entre deux artistes atypiques du nord et du sud du pays ; en l’occurrence Stef Kamil Carlens (Zita Swoon Band, dEUS) et Benjamin Schoos (Freaksville). 

Stef à la voix, aux guitares et orgue vintage. Benjamin se réservant les parties électroniques et le piano.

Benjamin Schoos se produira cet été en concert, en Belgique, aux Francofolies de Spa le 17 juillet et dans le cadre du Brussels Summer Festival, le 19 août, avant d’honorer une nouvelle série de dates dès la rentrée.

https://www.youtube.com/watch?v=TIh7iXIULV0&feature=youtu.be
https://soundcloud.com/freaksvillerecords/daddys-down-the-mine-feat-stef
www.benjaminschoos.co.uk
www.facebook.com/benjaminschoos

 

Une pierre blanche à l’édifice pour Pierre Blanc…

Écrit par

Whitestone c’est le projet solo de Pierre Blanc, le bassiste du groupe Team Ghost.

Pour l'aider dans cette nouvelle aventure, son compagnon Nicolas Fromageau (Team Ghost et M83) a accepté de se consacrer à la basse afin de constituer une section rythmique avec Thibault Vincent (Salsa Cinderella, Starboard Silent Side).

Hervé Bécart (Perfume Genius) et Franck Dupuy (The Calligaries) ont également rejoint la formation respectivement aux percussions aux synthés.

Le groupe propose un rock mélodieux et sophistiqué susceptible d’évoquer tour à tour, Frank Black, Pink Floyd, New Order ou Simple Minds.

Leur premier EP « Forbidden Times of Devotion, Part I » est disponible en version numérique sur http://whitestonealone.com/ et sur toutes les autres plateformes officielles.

https://vimeo.com/130612646
https://www.facebook.com/whitestonealone
https://soundcloud.com/whitestonealone
http://www.whitestonealone.com

Le Grand Ocean versus 2.USA

Écrit par

Grand Ocean = Clem (ex-CKLM/Maniacx, et désormais Sweem) + Flo (alias Pep’s, responsable du tube « Liberta »)

Début 2015, Grand Ocean enregistre avec Matthieu Tosi (Skydancers, We Are I.V) une seconde version de « USA », plage urbaine et complémentaire de ce qu’est désormais l’univers Grand Ocean.

https://www.youtube.com/watch?v=TQPzE3oIDAQ

 

Denis Gérardy (BSF) : « Le BSF est le festival le moins cher d'Europe »

C'est par cette affirmation que Denis Gérardy, directeur de la programmation du Brussels Summer Festival (BSF), a clôturé la conférence de presse organisée le 24 juin dernier au BIP, à côté de la Place Royale. Le calcul est en effet simple : le 'pass' de 10 jours du BSF coûte entre 50 et 70 EUR, ce qui équivaut à un coût de 5 à 7 EUR par jour, de loin le prix le plus démocratique dans la catégorie des festivals de haut niveau.

Avant de passer en revue les nouveautés et les atouts principaux de cette 14ème édition, Gérardy n'a pas pu s'empêcher de préciser que l'organisation du festival est devenue « de plus en plus compliquée et ça ne devrait pas s'arranger à l'avenir ». A l'issue de la conférence de presse, il a accepté de nous en dire plus et a confié, dans une entrevue exclusive, sans langue de bois : « Il y a trop de festivals et d'événements ! Cette prolifération n'est pas bonne !». En effet, à côté des incontournables Rock Werchter et Pukkelpop sont venus se greffer une série de festivals 'moyens' qui constituent une concurrence pour le BSF, comme par exemple, le festival à Ronquières ou celui de Tubize.

En plus, selon lui, « les marchés de l'Asie et des pays de l'Est sont en pleine explosion et ils font des ponts d'or aux grands groupes ». Conséquence, le catalogue disponible pour l'Europe se réduit et les festivals se battent pour obtenir les têtes d'affiche. Autre conséquence, Rock Werchter se voit obligé d'aller puiser dans la catégorie des groupes 'midrange', qui sont habituellement l'apanage du BSF. Gérardy donne l'exemple d'Archive, que Rock Werchter et le BSF vont devoir se partager. Il donne également l'exemple des Pet Shop Boys, qui ont finalement préféré les contrats juteux des festivals asiatiques.

En dépit de cette situation 'compliquée', le BSF se réjouit d'avoir pu négocier quelques belles exclusivités. On pense évidemment à Etienne Daho, qui accordera un concert exclusif pour la Belgique. « Nous avons été les premiers à identifier l'opportunité », signale Gérardy. « Cela nous a permis d'imposer une exclusivité pour la période d'été ». Autre succès du BSF : AaRON, le duo français, qui présentera son nouvel album, « We Cut the Night », en exclusivité européenne (à l'exception du festival de Montreux).

Autre belle 'exclu' belge, Orchestral Manoeuvres in the Dark (OMD), les pionniers anglais de la new-wave électronique, chers au coeur de votre serviteur, qui compléteront le tableau du dimanche 23 août, à côté d'Archive, Paon et AaRON.

Les nouveautés

Au rayon des nouveautés, rappelons que le festival remplacera le « Magic Mirror » par la salle de La Madeleine, qui est en pleine rénovation. C'est là que se produiront une majorité d'artistes locaux et/ou de projets plus intimistes. La salle mythique abritera également une soirée Télébruxelles, une soirée Jaune-Orange ainsi qu'une spéciale du nouveau partenaire média, Bel-RTL.

Notons aussi que les 4 soirées de concerts sur la place des Palais seront placées à la fin du festival, plutôt qu'au début comme auparavant. Les organisateurs promettent également un meilleur aménagement de cette place qui est, il faut le reconnaître, un goulot peu confortable pour le public.

Enfin, l'instauration du piétonnier dans le centre de Bruxelles aura un impact sur le BSF : en effet, le boulevard de l'Empereur, devenu une des artères majeures de contournement du centre, devra rester libre jusqu'au soir. Les concerts au Mont des Arts commenceront donc plus tard, vers 19h30.

En conclusion : on se réjouit de la bonne santé de ce festival citadin, qui parvient chaque année à se renouveler. Ses atouts majeurs sont l'intégration au coeur de la ville, les prix démocratiques, la variété de programmation et la très bonne ambiance ! On regrettera cependant à nouveau le relatif conformisme de la programmation, qui favorise les courants 'mainstream' et les habituels 'chouchous' belges et qui hésite malheureusement trop à piocher dans les genres plus alternatifs ou à donner une chance à des formations locales qui n'ont pas le support des cercles 'médiatico-culturels'.

Les informations complètes sur le festival se trouvent ici : www.bsf.be

Tom McRae

Mes influences ne sont pas nécessairement musicales…

De son véritable nom Jeremy Thomas McRae Blackall, Tom MacRae est né le 19 mars 1969, à Chelmsford, en Angleterre. Son premier elpee est paru en 2000. Il est éponyme et est suivi d'une tournée qui passe par les Transmusicales de Rennes, une première partie pour Autour de Lucie à Paris, puis 11 dates en tête d'affiche ainsi que la participation aux festivals d'été. Au cours de son premier périple, il s’intéresse au répertoire d’artistes français majeurs : Alain Bashung (en compagnie duquel il partagera l'affiche lors de sa tournée destinée à promotionner son deuxième LP), Miossec, Keren Ann, Françoise Hardy et Dominique A. Tom est nominé, sans pour autant remporter de prix, au Mercury Music Prize ainsi qu'aux Q Awards. Il y a plus de 15 ans que Tom sévit sur le circuit rock conventionnel. Il est également considéré comme l'un des meilleurs chanteurs/compositeurs insulaires. Pour enregistrer « Did I Sleep And Miss The Border », son 7ème opus, il a rappelé son fidèle backing group, un disque dont les sessions se sont déroulées au Pays de Galles et dans le Somerset.

Sous un superbe soleil, nous débarquons au Huis 123 de l'Ancienne Belgique. Il est 16h15. Bien installés dans de confortables fauteuils, l’entretien peut commencer.

Question bateau pour commencer, peux-tu nous parler du processus d’enregistrement de ton dernier elpee, « Did I Sleep And Miss The Border » ?

En 2010, j'ai tourné en compagnie de musiciens avec lesquels je me produisais –pour certains et un peu moins pour d’autres– depuis une quinzaine d'années. Après cette aventure, je ne souhaitais plus reprendre la route immédiatement sous une même formule. Je voulais tenter une autre expérience. J'ai donc gravé un disque plus personnel, davantage épuré, en 2013. Mais dans ma tête, je repensais toujours aux moments au cours desquels nous étions tous ensemble et à ce que nous étions capables de proposer. J’ai donc eu envie de composer une œuvre qui soit dans leurs cordes et qui leur permette d’apporter la pierre à l’édifice. L'écriture des chansons et l’exercice des démos ont pris un peu plus de temps de prévu ; mais finalement, après quelques années de séparation, on s’est retrouvé en studio. Sous leur impulsion, certains morceaux ont été retouchés. Et très progressivement, le résultat a pris forme, tenant compte du témoignage de nos existences, lorsque nous formions ce bon groupe…

Tu as vécu pas mal de temps à New York. Tu es revenu en Angleterre ?

Oui, j’y vis à nouveau, depuis cinq ans. Mais, je compte encore déménager. Je pense m’installer en France quelque temps. J’ai constamment l’envie de changer d’air…

Tu ne te plaisais plus à New York ?

J'ai aimé y vivre. J'y retourne régulièrement. J'y ai passé un mois à Noël cette année. C'est un endroit qui te communique une inspiration incroyable. Un peu comme Londres, Paris ou Bruxelles. Une énergie prodigieuse émane de toutes ces grandes villes. C’est peut-être un cliché, mais New York évoque une forme de romantisme et de poésie qui t’ouvre l’esprit, un peu comme dans les films et les livres. C'est aussi une métropole où on peut circuler très facilement. J'y ai vécu et je m'y sens comme à la maison. Je sais où je suis et où je vais. J'ai des amis là-bas. Il n'y a pas beaucoup de vrais New-Yorkais qui y sont nés et y ont grandi. Elle est tellement grande et mythique. Elle a une telle envergure et pas uniquement d'un point de vue géographique. Il est agréable de s'y abandonner, s'y laisser porter par le courant des événements. Et j'aime ça, ce sentiment de disparaître dans le ventre d'une cité qui est tellement plus que ce que vous ne serez jamais. En plus, c’est assez rassurant.

Tes parents sont pasteurs. La religion est-elle importante pour toi ? Dicte-t-elle ton écriture ?

Non, la religion n'est pas importante à mes yeux. D'un point de vue sociologique, le comportement des gens par rapport à la religion, leur manière d'y répondre, m'intéresse, mais je ne suis pas quelqu'un de pieux. J'ai grandi dans une famille religieuse et tout un temps, j'ai dû faire partie de ce monde. Mais je l'ai très vite rejeté, car ce n'était pas pour moi. Il est très intéressant de grandir dans cette sphère afin de ressentir le pouvoir de la musique, le pouvoir de chanter dans un choeur dans une église, de vivre cette expérience spirituelle, mais cette implication était étrangère à Dieu ou la Bible ou n'importe quelle religion. Non, elle n'est pas importante pour moi. J'aime ses images, que j'utilise dans mes chansons. J'ai grandi en lisant la Bible, en allant à l'église trois fois par semaine. Ce passé fait partie de moi, mais dans un contexte poétique plutôt que spirituel.

Tu ne te produis pas souvent en Belgique. Pourquoi? Tes concerts y sont pourtant chaque fois sold out ?

J'ai de la chance ! C'est une bonne question. Je ne veux pas solliciter le public trop souvent. Je ne veux pas que les gens s'habituent à ma présence. Quand un concert est programmé, je préfère que le public soit enthousiaste et qu’il se dise ‘Il faut qu'on y aille !’ plutôt que ‘Oh, c'est encore Tom McRae, il reviendra l'an prochain’. Je souhaite que ce moment soit spécial. Proposer quelque chose de différent, innover, afin que chaque concert soit unique en son genre, que ce soit en compagnie d’un groupe, d’un quatuor à cordes, en solo ou autre. Et il me faut du temps pour savoir comment y parvenir.

Tu as sorti un LP ‘live’ en 2007. Sa diffusion est confidentielle. Pourquoi uniquement le vendre en concert et sur ton site et pas en magasin ?

Bonne question ! Je pense qu'aujourd'hui il existe une évolution dans notre manière de diffuser la musique et de la partager avec le public. Encore une fois, c'est une question de sollicitation. Si tu sors officiellement un cd afin de le retrouver dans tous les magasins et que les médias en parlent, tu mobilises ce support à un moment précis. Et c'est la formule que j’adopte quand il y a une matière nouvelle ; car je veux que tout le monde se focalise dessus. Pour ce ‘live’, c’est dans le but de faire revivre les spectacles, de les rendre fun. Je les publie après les tournées. Je ne souhaite pas qu’on y prête trop d'attention. Il s'agit plutôt d'un souvenir d'une certaine période. Je ne veux pas que les mélomanes s'ennuient. Et les journalistes n’ont certainement pas envie d’écrire un papier sur le même artiste chaque année. Sinon ils vont s’exclamer : ‘Oh, encore un nouvel album de Tom McRae’. C’est l’explication et ma manière de dire : ‘Voici un petit album, juste pour vous. Je reviendrai avec quelque chose de plus consistant plus tard’.

Tu as démarré ta carrière en France où tu y jouis d’une certaine notoriété. N’est-ce pas un paradoxe d’y avoir rencontré le succès, avant la Grande-Bretagne ?

Oui, j'ai vraiment eu de la chance de fidéliser un public en France et un peu plus tard, en Belgique. C'est très intéressant d'être reconnu dès la sortie de ton premier album, car si on l’espère, on ne s’y attend pas. Et le vivre sur un autre territoire, puis ailleurs encore et voir ce phénomène se propager, c’est quand même particulier... et même formidable. Aussi, dans un pays comme la France, que je connaissais déjà un peu, où j'avais passé du temps, où j'avais voyagé, c'était assez spécial. J'avais le sentiment que si le succès tardait à venir au Royaume-Uni, ce n'était pas grave. Car la France, la Belgique et la Norvège me l’accordaient. Je me suis rendu compte que peu importe qui vous êtes, quelle que soit votre nationalité, quelle que soit la langue que vous parlez, nous sommes tous pareils. Et si vous parvenez à établir une connexion quelque part, un lien très fort se tisse auprès des gens qui se sont manifestés d’abord. C'est un peu comme les premiers qui débarquent lors d’une soirée : ils reçoivent toujours le meilleur accueil.

« Christmas Eve, 1943 » est une ballade empreinte de mélancolie. Mais de quoi parle-t-elle exactement ?

J'ai vu une photo –je ne me souviens plus très bien où, peut-être dans les toilettes– d'un soldat américain de l'armée de l'air, qui était en garnison à Sorrente, pendant la guerre. Il avait épousé une fille du coin. Et j'ai utilisé ce cliché comme point de départ à la chanson, avant d’imaginer ce que cette situation aurait pu entraîner. Et comme j’ai inventé la suite, la fin est devenue tragique. Il la tue et se suicide ensuite. J’avais l’intention d’écrire un texte narratif. De raconter une histoire autre qu’autobiographique, tout en y ajoutant des éléments auxquels je m'intéresse et des petits bribes de moi. J’ai essayé de ne pas uniquement envisager la réalisation d’un album dans on ensemble, mais plutôt comme de petites saynètes, de courts-métrages, de romans, mis bout à bout. Et tout particulièrement ce morceau. Il a été abordé comme un film. Il retrace leur vie commune et leur séparation. Les images y sont nombreuses. C’est aussi le titre dont le mixing a été terminé en premier lieu. Et il est devenu la pièce centrale. J’ai donc placé la barre assez haute pour le reste, car je voulais que les autres plages soient à la hauteur, aussi bonnes, aussi parfaites et intéressantes. Sans quoi, elles n’auraient pas eu leur place sur le disque. Donc c'est une chanson importante.

Pourquoi ne pas avoir inclus « What A Way To Win A War » sur l’elpee ?

Pour deux raisons. J’aime beaucoup ce single ; mais j’avais l’intime conviction qu’il ne collerait pas à l’album. Il aurait rompu son charme, détonné dans son atmosphère. Or, je souhaitais que l’ensemble soit cohérent et propice au voyage. Suis pas sûr qu’un autre label aurait accepté mon point de vue. On m’aurait peut-être imposé d’y ajouter cette compo. Il s’agit de mon disque et je veux en garder le contrôle, dans la plupart des pays où il sortira. Chez les Beatles, « Penny Lane » et « Strawberry Fields Forever » ne devaient pas nécessairement figurer sur « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ». Et ils sont restés à l’état de 45trs. Pourquoi faire payer les gens deux fois pour le même morceau ? J’en ai donc conclu que la formule pourrait être fun. Je l’ai filée aux plates-formes légales, comme Spotify. Je voulais simplement annoncer la sortie de « Did I Sleep And Miss The Border », que cette chanson soit juste, un avant-goût. Et finalement, j’estime le processus intéressant.

Tu vas te produire dans une église, à Courtrai. Dois-tu réadapter tes chansons lors d’un événement aussi particulier ?

Oui, il va bien falloir. C'est toujours différent de jouer dans une église. Tout dépend des musiciens qui vont participer au projet. Pas vraiment facile en compagnie d’un groupe, car il n’est pas possible de faire du rock dans une église. Donc j'imagine que je vais devoir tempérer les ardeurs, mais j’ignore encore comment. Nous n'avons d’ailleurs pas encore commencé à répéter. Repose-moi la question, après le concert.

Certains medias comparent ta voix à celle de Jeff Buckley. Qu’en penses-tu ?

Drôle d’idée ! C’est tout à fait faux. Jeff Buckley avait une voix phénoménale. D’ange même. Je ne chante certainement pas comme lui. Je n’ai pas dit que je chantais faux. Je crois même que ma voix est belle, mais je ne boxe pas dans la même catégorie. C’est une méprise, même si je suis flatté de la comparaison.

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

La pauvreté, la faim dans le monde… c’est peut-être désinvolte de ma part, mais mes influences ne sont pas nécessairement musicales. Bien sûr, j'écoute de la musique et il y a des compos que j’apprécie et que je volerais bien. J'aime la manière dont quelqu'un peut créer un univers. Mais, je ne peux pas le copier, il a déjà été réalisé. Pour composer, je me sers de tableaux que j’accroche dans mon studio et j’y épingle des cartes postales, des pages déchirées d'un magazine ; et j’y inscris aussi des idées, des remarques. Une chanson par support. Et lorsque j’entame l’écriture, je récolte toutes ces sources, panneau par panneau. Elles sont multiples et illimitées : des conversations que j’ai entendues dans la rue, à la TV, dans des films, que j’ai lues dans des magazines, etc. Je lis pas mal de recueil de poésies. En fait, je fonctionne comme un aspirateur.

Quels sont les artistes qui t’ont le plus marqué et incité te lancer dans la musique ?

C'est une bonne question. J'estime beaucoup Bruce Springsteen, Paul Simon et Bob Dylan, mais mes références ne se limitent pas à l’americana. Les plus grandes influences résultent d'une période où on est le plus à même d'être influencé. Adolescent, j’étais complètement tombé sous le charme de deux artistes. Tout d’abord Paul Simon. Personnellement, j’ai toujours estimé qu’il écrivait les meilleures chansons, les meilleures mélodies, les textes les plus significatifs. J'avais l'impression qu'il me parlait, qu’il voulait me communiquer une certaine vérité que je devais comprendre ou un message qu'il voulait transmettre et qu'aucune autre musique n’était capable de me procurer. « Bridge Over Troubled Water » a été un album important pour moi. C'était l'un des trois seuls 33trs pop que mes parents avaient achetés. J'écoutais « The Only Living Boy In New York City » en boucle en pensant que c'était ce que plus tard, je voulais faire. Et puis Billy Bragg. J'ai acheté son premier long playing et je l'ai écouté. Ce n’était pas la plus belle voix du monde. L’ensemble était un peu désordonné. La production était sommaire, mais le disque allait tellement à essentiel. C'était juste un gars avec une guitare. Je ne jamais entendu une de ses chansons à la radio. Je ne l'ai jamais vu à la TV. Ce n'était pas une grande star et pourtant sa musique me parlait plus que tout ce que je pouvais voir ou entendre d'autre. Je voulais devenir comme ces deux gars.

Et Miossec, Dominique A ainsi qu’Alain Bashung ?

C'est triste qu'Alain Bashung soit mort. J'ai eu l'honneur d’assurer sa première partie, il y a quelques années et de le rencontrer. Ce sont des artistes majeurs de la chanson française. Ils ont vécu suffisamment longtemps pour avoir eu le temps d’observer tout ce qui se passe autour d’eux tout en continuant à vivre leur musique. Difficile de croire que la future génération parviendra à atteindre leur statut. Dans 25 ou 30 ans ? J’en doute ! En fait, la carrière des artistes contemporains semble tellement éphémère. Difficile se faire une place au soleil, mais encore plus difficile d’y rester. Tellement difficile, qu’un jour on regardera en arrière vers ces Serge Gainsbourg, Alain Bashung ou Johny Cash. Nous n’en connaîtrons plus d’une telle envergure. J'ai eu la chance de pouvoir chanter « La nuit je mens ». C'est vraiment une bonne chanson.

Quel est le dernier album qui t'a le plus marqué et que tu as éventuellement écouté en boucle ?

« Metals » de Feist. J'adore Feist. Quand il est sorti, juste après « The Reminder » qui lui a permis de percer, j'ai pensé que c’était vraiment un disque unique en son genre. Accrocheur, très dur, intéressant et sombre, en même temps. Et une voix vraiment tranchante. J’en ai conclu qu’en matière de recherche sonore, il avait exigé énormément de travail. Que techniquement, c’était difficile à réaliser. Je l’ai écouté en boucle. Puis le « Bad As Me » de Tom Waits. La plupart des gens ont sans doute pensé qu’il s’agissait d’un autre cd de Tom Waits. Mais, pas seulement ; car il est tout bonnement époustouflant. Ces deux albums, je les ai écoutés pendant les sessions d’enregistrement du mien. Pour concocter deux œuvres pareilles, les deux artistes devaient être au sommet de leur art. Vraiment.

As-tu encore des contacts avec Scott Walker ?

Oui, on s'envoie des messages tout le temps ! (rires) Non, en fait depuis bien longtemps. Scott Walker m'avait demandé de me produire au Meltdown Festival (NDR : en l’an 2000 !) Elliott Smith était alors à l’affiche. J'ai pu le rencontrer et passer un moment en sa compagnie. Une entrevue inoubliable. Mais quand on me parle de Scott Walker, je pense immédiatement à Elliott Smith.

En 2015, tu as écrit « Love More or Less » pour Marianne Faithfull, une composition qui figure sur l'opus « Give My Love To London ». Que représente-t-elle pour toi ? Et pourquoi lui avoir écrit une chanson ?

Elle a appris que je connaissais Rob Ellis, le producteur de cet album. Elle était à la recherche d’un auteur-compositeur qu'elle appréciait afin de mettre ses mots en musique pour une ballade destinée à ce disque. Ils avaient une liste, et finalement, ils m'ont choisi. Et quand Marianne Faithfull te demande un service, tu acceptes, parce que c'est Marianne. Donc elle m'a envoyé son texte et je l’ai mis en chanson. Après, j’ignore ce qui peut se passer dans sa tête. Soit elle aimera ou pas. Soit elle l’utilisera. Ou pas. Mais c’est simplement incroyable de l’écouter chanter cette compo en concert. Qu’elle figure sur un long playing auprès de titres signés par des auteurs aussi illustres que Nick Cave, Warren Ellis ou Steve Earle. Elle appartient à cette catégorie d’artistes qui ont du vécu. Comme Alain Bashung. Elle recherche constamment de nouveaux défis. Et son attitude t’inspire.

Tu sembles dégoûté par le système néo-capitaliste. Pour toi, qui tire les ficelles sur cette terre ? Le monde politique ou financier ?

Certainement pas le monde politique. Ce n’est plus le cas depuis bien longtemps. Il sert de paravent. Tout se trame en arrière. Ce sont les marchés, les banques et la haute finance qui contrôlent notre mode de vie. Nous sommes en danger. Nous vivons une époque périlleuse. Et nous sommes impuissants. C’est inquiétant…

L'Europe sociale et économique est malade. La situation des réfugiés qui débarquent en Italie n’est toujours pas réglée. Tous les pays regardent dans leur assiette et finalement, rien ne bouge. Quel est ton avis à ce sujet ?

C'est ce qui se produit quand l'économie va mal. Les gens ne voient plus au-delà de leurs propres frontières. Certains disent qu’il s’agit de patriotisme, mais c'est plutôt du nationalisme voire du paternalisme. C'est effrayant. Cette situation s’est déjà produire dans le passé et elle n’a pas encore servi de leçon. On a vu ensuite quelles ont été les conséquences. Les termes du débat changent et les gens sont dépouillés de leur humanité. On commence par leur attribuer d'autres noms, puis à attaquer les pauvres, les sans-abris, les chômeurs et enfin les immigrants. Comment résoudre ces problèmes ? En construisant une Europe unie. En adoptant une politique européenne commune afin d’aider ces êtres humains qui fuient la persécution et la précarité. Nous sommes tous des êtres humains. Et je suis toujours surpris... ou finalement, ce n’est pas une surprise... Ces événements me désolent, car personne ne prend en charge le véritable problème. On manque d'imagination. Malheureusement, la question des immigrés est loin d’être résolue. On essaye de limiter les dégâts et on se contente d'attendre, car une juste solution coûte trop cher...

Ta chanson « You Cut Her Hair » a fait l’objet d’une pub pour Kenzo. De quoi t’apporter une forme de notoriété, du fric, ou du plaisir ?

Du parfum ! Elle figure sur mon premier album et remonte à 2008 ou 2009. Bien plus tard après l’avoir écrite. Très étrange. A mes débuts, je n'aurais jamais accepté un tel deal, pour ne pas la dévaloriser. C'est étonnant qu’une telle compo consacrée à un tel sujet puisse servir, par la suite, à une campagne de pub pour un parfum. Et je suppose que comme beaucoup de mes congénères, je me suis retrouvé face à un bon vieux dilemme. Je souhaitais qu’un public le plus large possible puisse écouter cette chanson. Mais en même temps, j’avais l’opportunité de la rentabiliser un max. Tout en bénéficiant du support TV à travers des images d’une jolie femme. Et bien oui, j’ai accepté. Aussi quand je me connecte sur YouTube, ce n’est pas la vidéo tournée au préalable qui est diffusée –soit celle de la visite d’une maison étrange en compagnie d’un vieux monsieur, et qui me met en scène drôlement coiffé– mais d’une femme, à moitié nue, traversant un champ de coquelicots. Et finalement, c'est génial !

 

Faith No More à la rescousse de Werchter

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Suite à l’annulation contrainte des Foo Fighters après la blessure de Dave Grolh, les organisateurs du RockWerchter Festival ont annoncé que Faith No More prendrait la relève ce 25 juin. Les moyens disposés sont impressionnants, un Boeing a même été affrété afin de permettre au groupe américain de se rendre en temps et en heure en Suède le lendemain. Royal Blood jouera également un deuxième set ce jeudi, en plus de celui déjà prévu le samedi 27 juin.

A noter que le festival avait été avancé d’une semaine afin de permettre aux Foo Fighters de se rendre dans la plaine louvaniste. Drôle de coup du destin donc...

New Order de retour dix ans après

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New Order annonce la sortie de son nouvel album, Music Complete, disponible le 25 septembre 2015.

Il s’agira du premier album studio du groupe depuis Waiting For The Siren’s Call, sorti en 2005.

Un avant-goût de 34 secondes est disponible ici.

Melody Gardot

Et si Melody invitait Prince… sans rire…

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Le Cirque Royal accueille, ce mardi 22 juin, Melody Gardot. D’origine polonaise, elle est née en 1985, à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis). Elle s’intéresse très tôt à la musique et au chant et devient même fan de Duke Ellington, des Mamas & The Papas et de Radiohead. Elle écume les clubs de la région de Philadelphie, alors qu'elle n'a que 16 ans. Un accident dramatique a cependant failli lui coûter la vie, en 2003. Alors qu'elle se balade à vélo, une voiture la percute violemment et la laisse pour morte. Alors étudiante en stylisme, elle échappe à la mort de justesse, mais cet accident lui provoque des séquelles importantes tant au niveau du cerveau qu’à la colonne vertébrale. Et elle commence à souffrir également de douleurs musculaires, de problèmes moteurs ainsi que d’une extrême sensibilité à la lumière et au bruit. Ses médecins lui conseillent, entre autres, la musicothérapie. Melody Gardot s'essaie alors à l'écriture et à la composition, de sa chambre d'hôpital où elle reste de longs mois. Les résultats sont vite probants. Elle recouvre la mémoire qui lui faisait défaut, et ce qu'elle écrit et compose impressionne de plus en plus son entourage. Le défi est relevé.

En 2005, elle grave « Some Lessons-The Bedroom Sessions », un Ep (6 titres) qui concrétisera ce rêve, rendu possible par la volonté de s'en sortir par la musique. Entre jazz, folk et pop, Melody Gardot laisse entrevoir un talent évident. Fin 2006, son premier elpee, « Worrisome Heart », paraît aux Etats-Unis, chez Verve. Il est publié en Europe en 2008. Salué par la critique musicale, il devient un vrai succès commercial aux States. Coproduit par Melody et Glenn Barratt, il épate par sa maturité.

Vu son statut, Melody Gardot a tout intérêt à défendre son projet sur les planches. Pour surmonter les difficultés, elle chante assise, chaussée d’une paire de lunettes fumées afin de protéger ses yeux. Après avoir accompli une tournée dans son pays, entre 2007 et 2008, elle livre son second opus, « My One And Only Thrill », en avril 2009. L’LP recèle le hit « Baby I'm A Fool ». La critique tant des médias que du public est unanime et se traduit par un succès, voire un triomphe. Son troisième long playing, « The Absence », est sorti en mai 2015. Les chansons s’inspirent de ses derniers voyages, depuis le Sahara au Maroc jusqu’aux bars à tango de Buenos Aires.

Le supporting act est assuré par l'Anversois Kris Dane. Seul sur scène, la dégaine de cow-boy, cet ex-dEUS excelle à la guitare. Et il chante d’une voix très blues. Au début de son set, les bavardages de la foule couvrent sa prestation ; mais peu à peu, l’auditoire va se calmer et tendre l’oreille à la prestation d’un artiste qui pourrait bientôt devenir un immense talent…

Le Cirque Royal est sold out. Comme la plupart des concerts qu’elle accorde aujourd’hui. Melody Gardot va largement puiser, pour sa setlist, dans son dernier long playing. Elle n'a jamais renié ses racines jazz et blues. Quelque part entre celle de Norah Jones et de Beth Hart, sa voix est grave et envoûtante. Elle parvient à toucher son public au cœur et à l'âme. Coiffée d’un chapeau et chaussée de grosses lunettes sombres, elle monte sur l’estrade. Elle est tout de noir vêtue. Un bassiste et un contrebassiste s’installent juste devant le batteur. Melody se charge des grattes électro-acoustiques, électriques, du piano et du chant.

Elle est parfaitement soutenue par un trio de cuivres (2 saxophonistes et un trompettiste), lors des deux premiers morceaux « Cheetos And Blow » et « 12/8 Interlude ». La voix de Melody est empreinte d’une grande douceur. Melody introduit chacune de ses chansons d’un commentaire, tantôt dans la langue de Voltaire, tantôt dans celle de Shakespeare. Son timbre vocal devient plus soul, rocailleux, bluesy, pour « Same To You », un premier extrait de « Currency Of Man ». L’ombre de Beth Hart plane. La gratte électrique sonne comme une pedal steel. Melody signale que c'est la première fois qu'elle en joue. J'en doute fort. Primaire, son toucher me fait penser à celui de John Lee Hooker. Des cordes qui se chargent des embruns du Delta tout au long de « Bad News ». D’une durée d’un bon quart d’heure, « March For Mingus » baigne au sein d’un climat jazzyfiant. Enfin surtout au début. Balisé par les cuivres, ce morceau est truffé d’expérimentations. Mais surtout, il rend hommage au contrebassiste Charles Mingus. Les saxophones mènent la danse en observant le « Morning Sun ».

Le timbre de Melody semble hanté par Whitney Houston, sur « Don't Misunderstand ». « Don't Talk ». C’est sûr, il ne faut surtout pas parler et écouter religieusement, la voix très blues de la diva. Une voix qui redevient tendre lors de deux belles chansons d'amour, « Our love Is Easy » et « Baby I'm A Fool », deux plages issues du deuxième elpee, « My One and Only Thrill ».

« Prearcherman » nous entraîne sur les pistes qui traversent les grandes plaines du Far West. Une compo sculptée dans l’americana ou la country, si vous préférez, un titre aux accents empruntés à Lynyrd Skynyrd. Et le set de s’achever par « Who Will Comfort Me ». Une seule chanson en rappel, « It Gonna Come ». Melody est une artiste particulièrement talentueuse. C’est sûr. Et j’imagine même que le kid de Minneapolis pourrait lui proposer un duo en mode funky. Elle se produira à Floreffe, dans le cadre du festival Esperanza, le 1er août.

(Organisation Live Nation)

Nouvelle frappe de Skindred prévue après l'été !

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Les Gallois de Skindred sortiront, le 30 octobre prochain, leur sixième album studio sobrement intitulé 'Volume'. Enregistré au studio The Strongroom à Londres, cet album a été produit par James 'Lerock' Loughrey (qui a précédemment travaillé avec White Zombie, Depeche Mode ou encore Manic Street Preachers). Après avoir parcouru les routes cette année en compagnie, entre autres, de Steel Panther tout en chauffant les planches de certains festivals européens (Rock Am Ring ou encore Rock Im Park), Skindred a d'ores-et-déjà planifié en novembre une nouvelle tournée en Angleterre (en tant que headliner) à l'occasion de la sortie de leur nouvel LP. Aucune date n'a encore été prévue en Belgique à cette occasion.
 
Ils seront par contre de passage le 2 août aux Lokerese Feesten. Nul ne peut savoir si les artistes déjantés ne glisseront pas l'un ou l'autre nouveau morceau dans leur setlist...
 

 

 

Une légende en été pour Kid Noize et Mademoiselle Luna

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« Summer Legend », c’est le titre de la nouvelle vidéo de Kid Noize et Mademoiselle Luna, un clip coloré, festif et qui sent bon le sable chaud.

Kid Noize se produira dans le cadre des Francofolies de Spa le 18 juillet 2015. Il y présentera son nouveau single ainsi qu'en exclusivité des extraits de son premier futur album

Pour la vidéo, c'est ici 

 

David Yow en guest sur le nouveau clip de Kid Francescoli

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« Does-She ? », c’est le titre le nouveau clip de Kid Francescoli, un court métrage qui suit les aventures de Julia à Los Angeles quelques années avant les évènements de New York racontés dans  « Blow Up ». David Yow de « The Jesus Lizard » y a participé…

Pour visionner ce clip, c’est ici

 

 

Pops Staples

Don't lose this

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Roebuck ‘Pops’ Staples était chanteur de gospel et de R&B. Véritable légende, il est né dans une plantation de coton du Mississippi, en 1914 ; et il est décédé en décembre 2000. Il était le patriarche et le fondateur du groupe vocal, les Staple Singers, au sein duquel militaient son fils Pervis et ses filles, Mavis, Yvonne et Cleotha. Jeune, il avait côtoyé les bluesmen mythiques Charley Patton, Robert Johnson et Son House. Pops avait enregistré ses dernières chansons en 1998. Sa fille Mavis lui avait promis de les graver sur disque. Et elle a tenu parole. Elle a donc achevé les sessions originelles de son père afin de publier cet elpee posthume. Si Mavis a reçu le concours de son producteur, Jeff Tweedy, par ailleurs leader du groupe Wilco, elle s'est chargée pratiquement de tout le reste.

"Somebody was watching" ouvre l’opus. Une plage empreinte de douceur et de beauté. La voix de Pops est limpide. Il gratte parcimonieusement sa guitare électrique. Jeff Tweedy se charge de la basse, et son fils Spencer des drums. Mavis et feu son paternel échangent leur voix désespérées sur "Sweet home", face aux cordes raffinées de Tweedy. Caractérisés par les accords de gratte délicats de Pop, "No news is good news" adopte un tempo plus enlevé. Spencer se réserve les percus, et Scott Ligon le piano électrique. Pas de Pops pour "Love on my side". Mavis chante face à ses deux frangines. Excellente vocaliste, douée d’une voix naturellement puissante, Mavis rencontre aujourd’hui un franc succès. L’émotion est palpable, lorsque Pops, seul, uniquement armé de sa gratte, chante le traditionnel "Nobody's fault but mine", un morceau enregistré à l'origine par Blind Willie Johnson, en 1926. Plus rythmé, "The lady's letter" est balisé par les ivoires. Pops y est entouré de ses trois filles, comme à la belle époque des Staple Singers. Mais de toute évidence, Pops est au sommet de son art, quand il chante dans un climat mélancolique. Son timbre angélique est envoûtant. A l’instar de "Better home". Il interprète encore le traditionnel "Will the circle be unbroken". D’excellente facture, cet LP s’achève par un témoignage ‘live’, la reprise du "Gotta serve somebody" de Bob Dylan. Pops et ses trois filles chantent face à la basse, l’orgue et deux batteries. C'est lui qui est annoncé comme guitariste ; et si c'est bien le cas, il est vraiment brillant !

 

Soulfly

Archangel

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Max Cavalera figure au panthéon des personnalités encore de ce monde qui perpétuent l’esprit du Metal. Quand il quitte Sepultura, au milieu des nineties, formation dont il était le co-fondateur avec son frère, c’est pour monter un nouveau groupe, Soulfly. Nous sommes en 1997, et il ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Adoptant des accents brésiliens et flairant bon le Neo Metal, le quatuor a depuis lors fait du chemin et entrepris un pèlerinage vers de nouveaux horizons. Oubliez le soleil plombant, les cactus et autres instruments exotiques, ce nouvel LP poursuit le virage entamé depuis quelques années dans les paysages de l’ombre.

Telle une toile baroque, l’artwork d’Archangel met en exergue une sorte de guerrier, armé d’une lance finissant par le logo tribal du band, embrochant une créature émergeant des ténèbres. Une ambiance sombre et sinistre rencontrée dès les premières notes de l’ouverture de bal, le morceau évocateur « We Sold Our Souls To Metal ». On ne tergiverse pas, ça cogne directement et brutalement. Les trente premières sont dignes d’un skeud de Cannibal Corpse. A s’y méprendre. C’est dire ! Bien que lorgnant de manière insistante sur le Death, Soulfly ne se cantonne néanmoins pas ici à imiter le style mais promène ça et là ses compositions tantôt dans une sauce Mathcore (sur le titre éponyme « Archangel ») ou plus généralement Heavy (« Shamash » et « Bethlehems Blood »). Mais ce 10ème opus, c’est également l’occasion d’inviter quelques potes tels que Al Jourgensen, leader de Ministry, sur l’emphatique morceau « Sodomites » ou encore Matt Young, chanteur de King Parrot, sur un très intéressant et survitaminé « Live Life Hard ! » Certainement un des morceaux les plus captivants de cette plaque.

Autant ne pas se mentir, « Titans » ne va pas révolutionner le Metal. Ce qui n’empêche pourtant pas de passer un bon moment si, et seulement si, on oublie le Soufly de la fin des années 90. Père Cavalera a visiblement décidé de ranger la couleur musicale de son pays et d’adapter ses compositions à sa voix, de plus en plus grave au fil du temps. Après avoir réservé ses marques de noblesse au Thrash et forgé une facette folklorique au Neo, Cavalera et sa bande prennent ici leurs marques dans les enfers du Death. Un album lourd, dense, très susceptible de tomber dans la récurrence, mais sauvé brillamment par de fréquentes envolées Heavy à la guitare. Une nouvelle mue pour Soulfly, désormais totalement assumée.

 

Ropoporose

Elephant love

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Il y a quelques semaines, Yotanka nous permettait de découvrir l’électro-pop-rock de Kid Francescoli. Aujourd’hui, le label français dévoile un nouveau groupe issu de son écurie : Ropoporose.

Il s’agit, en fait, d’un duo familial originaire de Vendôme. Pauline assure le chant, les claviers la guitare et les percussions (rien que ça !) alors que Romain gère la batterie, la guitare et les chœurs. Alors qu’ils tentaient de reprendre des titres du groupe Californien Girls, le tandem décide de changer de cap ; et de se consacrer à un projet plus personnel. Grand bien leur en a pris !

Après avoir accordé de nombreux concert et passé de nombreuses heures à répéter, il enregistre son premier opus.

Chez Ropoporose, toutes les compos sont créées à partir de loops. Le frangin et la frangine s’évertuent à superposer les nappes de sons pour concocter un noisy/rock dense, mais surtout riche en variations. Lorsque le chant de Pauline devient nerveux, on pense à Sonic Youth (« Moïra », « Empty-Headed », « Elephant Love »). Par contre, lorsque les claviers débarquent en force, c’est l’ombre d’Arcade Fire qui se met à planer. Sous une forme plus épurée, of course. 

Et pour un premier album, il faut avouer que le résultat a de l’allure… 

 

Andy Pratt

Do You Remember Me?

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Andy Pratt n’est pas le perdreau de l’année. Et pour cause, cet Américain, né en 1947, a déjà publié une vingtaine d’albums depuis ses débuts, dans les années 70. Sa page Wikipedia renseigne un passage vers le rock ‘chrétien’ à la fin de cette même décennie et décrit sa musique comme du ‘Dream Rock’. Et la célèbre encyclopédie ‘2.0.’ ne ment pas, car l’écoute de son dernier opus, « Do You Remember Me ? », évoque des ambiances rock éthérées portées par la voix de velours d’Andy Pratt dont la douceur et la tonalité rappellent Cat Stevens (« The Snake Charmer », « Gonna Love You Till the Day I Die »). Ecartons les considérations religieuses superflues (autre parallèle entre Cat Stevens aka Yusuf Islam et Andy) et concentrons-nous sur la réelle beauté de morceaux jamais passéistes comme le délicat et touchant « Bereft » lorgnant vers Mercury Rev ou le très mélodique « Avenging Annie » naviguant quelque part entre Simon & Garfunkel et les Bee Gees. L’affreux artwork de son LP ne lui permettra probablement pas de toucher un public jeune mais pourtant la musique d’Andy Pratt est bien plus dans l’air du temps que celle de bien d’artistes actuels… Souvenez-vous-en, ‘Remember Him !’ !

 

Benoît Lizen

Naomka

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Benoît Lizen est un personnage pour le moins atypique dans le paysage musical liégeois étiqueté Honest House. Agé de 30 ans et détenteur d'un diplôme de biologie, le Wallon a grandi à l’écoute des ‘folkeux’ américains plutôt que des groupes indie-rock.

C'est à l'âge de 13 ans qu'il se découvre une passion pour la musique acoustique en manipulant la six cordes. Difficile de savoir si à l'époque le Liégeois avait déjà un tempérament rêveur mais c'est en tout cas ce que l'on ressent aujourd’hui quand on écoute ce superbe premier album.

En plus d’être un rêveur, Benoît Lizen possède une âme poétique. À l'image d'un Sigur Ros, il privilégie les sons pour véhiculer des émotions plutôt que des mots sensés. Afin d'y parvenir, il a inventé une langue dont la lexique tient sur une feuille A4: le Galionka.

Son premier opus mêle folk, blues et country. On pense notamment à un Devendra Banhart au sommet de son art. Particulièrement minimaliste, la musique du Wallon parvient à nous émouvoir grâce à une voix sensible gorgée d'émotions. Il s’accompagne à la guitare acoustique, mais aussi parfois d’un banjo ou d'une lap steel. Circonstanciellement, il est soutenu par des choeurs d’enfants.  

Les mélodies baignent tantôt dans la mélancolie, tantôt dans une certaine forme de quiétude. Mais plus que tout, elles vous flanquent des frissons. Rarement, un songwriter belge aura été aussi convaincant. A croire que la vallée de la Meuse (ou les Ardennes, en tant que bon biologiste) inspire le Belge.

Quoi qu'il en soit, Benoît Lizen livre l'un des meilleurs album de folk ‘made in Belgium’ de ces 10 dernières années.

Izia

La Vague

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La famille Higelin possède une fibre artistique impressionnante ! Après le père et le fils, la petite dernière fait la ‘une’ de l’actualité musicale, après vingt-quatre mois d’absence, à l’occasion de la sortie de son troisième opus.

Le parcours d’Izia est hors du commun ! Elle écrit ses premiers textes à l’âge de 13 ans, inspirée par Led Zeppelin et Nirvana. Ses 15 printemps à peine fêtés, elle assure plusieurs concerts à travers la France. Un an plus tard, elle assure la première partie d’Iggy Pop au Palais des Sports.

C’est en 2009 que sa carrière décolle véritablement. Elle publie son premier elpee. Il est éponyme. Encensée par la critique et plébiscitée par le public, elle obtient deux Victoires de la musique dans les catégories ‘album pop/rock et révélation scène’.

Actrice et auteur-compositeur-interprète de rock, la jeune femme n’est pas un produit fabriqué de toutes pièces à la hâte ! Son talent découle naturellement de l’expérience scénique acquise au fil des années !

« La vague » surfe sur la mouvance electro-pop-new wave, à l’instar d’une Christine and The Queens par exemple. La ‘petite’ vit dans son temps, l’assume et a voulu faire partager ce qu’elle entend et écoute ! Tout simplement !

Même s’il ne parvient pas à créer de gros remous, ce long format déverse dans l’oreille une musicalité sucrée bien sympathique ! La dernière de la fratrie, parvient à jouer la carte de l’émotion, de sa voix, un brin éraillée.

On passe un bon moment ! N’est-ce pas là l’essentiel après tout ! Il y a dans son univers, quelque chose de sauvage et de viscéral.

Un bon point en ce qui concerne le processus d’écriture. L’intégralité des textes a été rédigée dans la langue de Molière. Ce qui permet d’y prêter une attention particulière et de donner un sens à la musicalité. Fait plutôt rare pour être souligné !

Les plus déçus resteront les fans insulaires ! L’absence des sonorités rock d’antan leur manquera !

Quand bien même ! Au moins, l’artiste a trouvé dans cette évolution artistique la légitimité qu’elle mérite.

Jacco Gardner

Hypnophobia

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Ce jeune prodige batave est parvenu à rendre ses lettres de noblesse au rock psyché, à travers le magnifique « Cabinet of Curiosities ». Et il est de retour, puisqu’il vient de publier « Hypnophobia ». Surdoué, Jacco Gardner a voulu remettre le couvert le plus rapidement possible, histoire d’éviter le stress consécutif à l’écriture –considérée toujours délicate– d’un deuxième elpee. Il n’a donc pas changé d’équipe –solo– pour dévoiler tous les oripeaux de son psyché/rock british circa 60’s, un genre –proche du recyclage– qui pourrait parfaitement sonoriser les films de Wes Anderson… Mais, si vous aimez son style baroque, difficile de résister au compos de Gardner. Pire, l’addiction est irrésistible, tel un toxicomane en manque d’opiacés. Claviers vintages, ligne de basse caoutchouteuse, clavecin singulier et autre Wurlitzer, qui ne l’est pas moins, alimentent l’expression sonore de cet LP. Un disque produit par le muti-instrumentiste. Et qui oscille entre salves oniriques (« Find Yourself »), morceaux sculptés dans la pop (« Brightly »), instrumentaux impeccables (« Grey Lanes ») et titres à la fois envoûtants et empreints de charme (« Hypnophobia »).

Et pour savourer idéalement cet « Hypnophobia », je vous conseille de l’écouter sous le casque… juste avant de vous endormir (Hypnophobia = peur du sommeil !)

Jacco se produira ce 22 juillet dans le cadre du Boomtown Festival de Gand, le 2 août au Festival de Ronquières et le 8 août au Micro Festival à Liège.

 

Gaye Adegbalola

Is it still good to ya?

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De son véritable nom Todd, Gaye Adegbablola est une chanteuse/guitariste américaine de couleur noire. Née en Virginie, elle est diplômée en biologie et chimie de l'université de Boston. Elle est ainsi devenue professeur. Mais c’est également une brillante activiste. Elle a été surnommée Adegbalola par un prêcheur yaruba, en 1968. Elle est cofondatrice du groupe féminin Saffire – The Uppity Blues Women. Une formation qui a sévi 1984 à 2009 et enregistré de nombreux albums pour le label Alligator. Elle se produit aujourd'hui en solo ou en duo, mais aussi en compagnie de Wild Rütz, un combo dont le blues a cappella est uniquement soutenu par quelques percussions et de rares cordes acoustiques.

Le line up du backing group réunit la Californienne (San Francisco) Tanyah Cotton, Gloria Jackson et Marta Fuentes, une Portoricaine de naissance. C'est Gaye qui signe l’ensemble du répertoire.

De percus primaires introduisent "Is it still good to ya?". Gaye chante seule face aux chœurs des trois Wild Rütz. Et il s'agit bien de blues a capella. Il faut reconnaître que ces voix sont envoûtantes. Sur "Giving you my mojo", le chant est légèrement doowop. La tonalité des vocaux est très large et oscille de basse à très aigue. "Eye candy" est un superbe blues, au cours duquel Adegbalola joue de la slide. Et les sonorités qu’elles dispensent sont limpides. "Fireballin'" serait une chanson à boire. Il est vrai que nos quatre dames semblent bien joyeuses. Savoureux, "Boy in the boat" est sculpté dans le pur doowop. Outre leurs harmonies lumineuses, les musicos se consacrent aux percussions : djembes, gombos, tambourins, jugs, spoons, congas, flat drums et j’en passe. Des vocaux qui se conjuguent au cœur d’un ensemble minimaliste, tout au long de "I know you wanna change (but yo' momma won't let you)". Perso, je préfère lorsque Gaye se sert de sa gratte. Elle y aborde alors le blues, à l’instar du ludique "The dog was here first" ou de "Sick leave blues", un morceau imprimé sur un tempo entraînant exécuté par des claquements de mains. Un rythme allègre qu’on retrouve sur "Only one truth", un autre blues dont le message véhiculé souligne que chaque décision dans la vie doit passer par la stricte vérité. Gospel, "Let go let God" est une prière adressée au Seigneur. "You don't have to take it" dénonce la violence conjugale. Et l’elpee de s’achever par "These blues are mine", un dernier blues coécrit par Gaye et son fils unique, Juno Lumumba Pitchford. Un opus est remarquable sur le plan vocal…

 

Rusty Wright

Wonder Man

Écrit par

Rusty Wright vit à Detroit, dans le Michigan. Ce chanteur/guitariste/compositeur est responsable d’un blues largement teinté de southern rock. Son backing group réunit son épouse, Laurie La Cross-Wright, à la guitare et au chant, Dennis Bellinger, à la basse et au chant, Robert John Manzitti aux claviers et Marc Friedman à la batterie. A son actif : trois albums studio : "Ain't no good life" en 2006, "Playin' with fire" en 2009, "This, that and the other thing" en 2013, et un live, "Live fire", en 2011. Rusty signe les dix plages de l'opus!

Rusty a une bonne voix. Ses interventions à la gratte sont très affûtées et son style est vif et concis. Soutenu par une section de cuivres, "Wonder man" ouvre l’elpee, une piste bien rythmée. Tout comme "Ain't that the blues". Les vocaux sont bien sculptés dans le southern rock, tout au long de ce blues de bonne facture, tapissé par l'orgue de Mazitti et au cours duquel Wright s’autorise une excellente sortie sur les cordes, toute en décontraction. Marc imprime le tempo du boogie à "Black hat boogie" pendant que l'ensemble des musiciens reprend le refrain en chœur. Et ce sont les claviers qui le balisent sur "You know I know", une piste calquée sur le riff de "Green onions", avant que le piano électrique, l’orgue et les cordes du leader ne prennent leur envol. D’excellentes harmonies vocales balaient "Love’s gonna treat you right", un blues/rock qui ne manque pas de charme. "Gonna come a day" nous entraîne au cœur du Texas. Les cordes de gratte sont généreuses mais efficaces. Instrumental nerveux "Corvette sunday" nous entraîne sur les routes américaines, un titre qui permet au cours duquel chaque musicien tire son épingle du jeu. "Arms of another" en revient au southern rock. Les interventions d’orgue sont chaleureuses. Rusty chante à la manière de Greg Allman. La six cordes est intenable. Un climat réminiscent du Sud profond qui contamine également "Whiskey drinkin' woman". Rockin' blues pétillant, "Chinfoot ball" clôt l’LP. Un morceau hanté par Deep Purple, et tout particulièrement l’orgue (Jon Lord ?) et la guitare galopante (Ritchie Balckmore ?)

Dean Wareham

Dean Wareham

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Dean Wareham fait partie de ces artistes qui n'ont jamais cherché à se mettre en avant. Il aura donc fallu attendre qu'il passe le cap de la cinquantaine et des 25 ans de carrière pour se lancer enfin dans la réalisation d'un album solo. Mais l’attente valait la peine, car l'Américain né en Nouvelle-Zélande livre ici un remarquable LP.

Si ce nom ne vous dit rien, les groupes au sein desquels il a évolué sont pourtant des icônes pour bon nombre de fans de rock indépendant. En effet, il a tour à tour milité chez les fantastiques Galaxie 500 (dont les deux autres membres formeront ensuite Damon & Naomi), Luna (en compagnie de Stanley Demeski des Feelies et Justin Harwood des Chills), et enfin Dean & Britta, soit auprès de son épouse.

Une épouse dont il est à présent séparé mais qui hante les thèmes de la plupart des chansons puisque celles-ci évoquent, souvent avec humour, toujours avec honnêteté, les tensions et aléas qui surviennent inexorablement dans toute relation amoureuse de longue durée.

Après avoir publié un excellent premier maxi en 2013 ("Emancipated Hearts") qui lorgnait vers les contrées peuplées de reverb de Galaxie 500, le nouvel elpee jouit d'une production moins axée sur les effets. Rarement dans sa carrière, la voix de Wareham a été captée telle quelle, sans aucun fard. Elle n'en est que plus émouvante et se rapproche parfois étrangement de celle de Vic Chesnutt voire même de Dan Treacy (Television Personalities). "Heartless People" ou "Happy & Free" auraient d'ailleurs pu avoir été composés par ces deux génies de la chanson poignante. Précisons tout de même que votre serviteur voue un culte à ces trois artistes et que les réunir est peut-être très personnel.

Soit, l'émotion est là et la production dépouillée et assez classique finalement de Jim James y est sans doute pour quelque chose. Une collaboration qui coulait de source puisque Dean est un fan inconditionnel de My Morning Jacket depuis la parution de leur premier opus.

L'album reste tout de même du pur Wareham et réjouira les aficionados. Le spectre du Velvet n'est jamais loin ("My Eyes Are Blue") et les sonorités étirées et éthérées des soli de guitare demeurent la marque de fabrique ("I Can Only Give My All", "Holding Patterns"). On épinglera enfin l'introspectif et délicat "Love Is Not A Roof Against The Rain" où Dean se demande ce qu'il a fait de sa vie dans une atmosphères très sixties.

"Dean Wareham" est un disque de chevet, intemporel. L'œuvre, à la fois romantique et sarcastique, d’un artiste qui n'a plus rien à prouver et livre son coeur à ceux qui veulent bien l'entendre. Rien n'est calculé. Une leçon de sincérité.