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Calexico

Fuego latino con Calexico y Amparo!

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Calexico était donc de retour, ce 27 avril, à l’Ancienne Belgique, dans le cadre de la sortie de son nouvel opus, « Edge of the sun ». Le concert est sold out et il est diffusé sur le canal Youtube de l’AB (toujours disponible sur les lien suivant :  https://www.youtube.com/watch?v=-ZY9h8cgn1s

Des événements souvent propices à de bonnes surprises. En débarquant dans la salle, on remarque la présence de nombreux quadras, quinquas et même des sexagénaires. Quelques trentenaires, mais peu de jeunes et encore moins de très jeunes…

La première partie est assurée par The Barr Brothers. La formation est drivée, bien évidemment, par des frangins. Brad se consacre au chant et à la guitare. Andrew aux drums, percus et claviers. Le line up est complété par la harpiste Sarah Page et le multi-instrumentiste (claviers, basse, percus, etc.) Andres Vial. Ces trois derniers participent également aux backing vocaux. Leur set a démarré à 19h30, et en se pointant un peu avant 20 heures, on n’a pu écouter que les deux derniers titres de leur concert. Sur sa harpe portable, Sarah dispense des sonorités cristallines et le batteur se sert d’une roue de vélo comme cymbale. Ce sont deux détails qui m’ont frappé l’esprit, lors du peu de temps dont j’ai pu disposer pour voir leur prestation. Mais si leur musique ne manque pas d’allure, difficile d’en dire davantage…

A 8h30 pile, Calexico monte sur l’estrade. Ils sont sept, sous un line up qui semble de plus en plus stable depuis 2013. Et le spectacle de commencer par le plus pop « Falling From The Sky ». Au vu des titres plus sucrés du dernier opus, on imagine alors que le combo va en écouler plusieurs, avant de lancer la machine. Mais dès la fin de ce morceau, Joe Burns, le chanteur/guitariste (et surtout leader), annonce l’arrivée d’Amparo Sanchez, qui a notamment sévi au sein de La Mano Negra. En 2003, elle avait déjà participé aux sessions d’enregistrement du « Don't Leave Me Now » de Calexico ; et en 2008, elle avait également participé à leur tournée. Et grosse ambiance déjà pour « Cumbia de Donde », une compo caractérisée pour son rythme syncopé. C’est seulement alors que la formation va aligner toute une série de titres issus du dernier elpee. Pas tous transcendants, mais d’honnête facture. Tour à tour ‘alt folk’, atmosphériques, paisibles, tex mex et même un morceau de ska (« Moon never rises »). Du même long playing, « Coyoacan » réveille un peu tout le monde. Un excellent instrumental cuivré. Idéal pour rappeler Amaparo afin d’attaquer « Roka ». Elle invite l’auditoire à frapper dans les mains et harangue les spectateurs au balcon, pendant que les cuivres entretiennent le climat mariachi. Et dans cette ambiance, impossible de rester impassible ! On remue la tête, les épaules, le bas des reins, les jambes, les pieds ou tout à la fois. Régulièrement, Ryan Alfred alterne entre contrebasse et basse, Zavala la gratte et la slide, Jacob Valenzuela la trompette et le xylophone et Martin Wenk la trompette et l’accordéon (garni de loupiotes). Mais il faut aussi souligner le concours de Sergio Mendoza, le pianiste/claviériste, toujours aussi génial lorsqu’il nous plonge dans une ambiance cubaine, à l’aide de ses interventions sur ses ivoires. Et il se débrouille tout aussi bien au piano à bretelles, à la six cordes ou au ukulélé. On en oublierait presque le rôle fédérateur du second membre fondateur, John Convertino, à la batterie, dont le drumming est capable de s’adapter à tous les styles. Les compos sont tour à tour chantées dans la langue de Shakespeare (souvent) ou de Cervantès (régulièrement). C’est dans cet idiome que Jacob entame « Esperanza » a cappella, un paso doble qui met ensuite en exergue les deux cuivres. Epatant ! Bonus track du dernier elpee, « Let it slip away » est chanté en duo acoustique par Joe et Ryan. Le premier à la sèche, le second sur sa contrebasse. Mais c’est à ce moment qu’on se rend compte des capacités vocales de ce dernier pour assurer la contre-voix. A cet instant, je ne peux m’empêcher de penser à Simon & Gardfunkel. Elégiaque, très rythmique, « Maybe On Monday » permet à Zavala de se réserver un long solo de gratte, alors que Mendoza rogne littéralement les sonorités de ses claviers. Place ensuite à la cover de Love, « Alone Again Or », moment au cours duquel l’auditoire frappe dans les mains en cadence. Et le set de s’achever par l’allègre « Puerto », provoquant une grosse acclamation de la foule.

« Bullets & Rocks » ouvre le premier rappel. Sur le nouvel album, il a bénéficié du concours de Sam Beam et Neko Case. C’est le drummer de Bar Brothers qui vient gratter une sorte de güira sur ce titre électrique, presque west coast, souligné par de superbes harmonies vocales, et qui permet aux cuivres de se lancer dans le free jazz. Et bien évidemment, Amparo revient pour mettre le feu sur la cover du « Con Toda Palabra » de Lhasa de Sela, au cours de laquelle la harpiste de Barr Brothers, vient également prêter main forte. Le public est aux anges et le manifeste bruyamment. Trois grattes électriques stimulent le classique « Not Even Stevie Nicks », moment choisi par le band pour rendre hommage à Joy Division à travers « Love Will Tear Us Apart ». Encore qu’au fil des ans, ce titre commence un peu à perdre de sa saveur. Miss Sanchez revient à nouveau pour « Güero canelo ». C’est la toute grosse ambiance. Les ‘fuego’ sont repris en chœur par la foule, et Zavala en profite pour relancer les spectateurs installés confortablement dans la loggia, en tentant des exercices de style à la gratte, que reprend de la voix l’auditoire…

Le deuxième ‘encore’ débute en force par une version très électrique, mais surtout particulièrement réussie du « The One I Love » de R.E.M. La foule chante en chœur cet hymne classique incontournable. Le concert s’achève quand même après un peu plus de deux heures de spectacle, par le mid tempo « Follow the River ». Ovation magistrale ! Et c’est bras dessus, bras dessous, que le septuor le salue et l’applaudit à son tour. Ce soir c’était ‘el fuego con Calexico y Amporo’ !

Setlist

01. Falling From The Sky
02. Cumbia de Donde (+ Amparo Sanchez)
03. Splitter
04. Miles From The Sea
05. World Coming Undone
06. Tapping On The Line
07. Moon Never Rises
08. Coyoacan
09. Roka (+ Amparo Sanchez )
10. Black Heart
11. Beneath the City
12. Sunken Waltz
13. When The Angels Played
14. Esperanza
15. Let it slip away
16. Maybe On Monday
17. Alone Again Or
18. Puerto

Rappel 1 :

19. Bullets & Rocks
20. Con Toda Palabra (+ Amparo Sánchez)
21. Not Even Stevie Nicks
22. Güero canelo (+ Amparo Sánchez)

Rappel 2 :

23. The One I Love
24. Follow the River 

Organisation AB

(Voir aussi notre section photo ici)

Karavan

Arnoquins

Écrit par

Karavan est issu du collectif 'Les Anges', un ensemble qui avait lancé, il y a une dizaine d'années, l'intrigant projet The Black Slavics. « Arnoquins » constitue son tout premier album. Il privilégie des covers d’Arno. A la sauce Karavan, c’est-à-dire interprétées exclusivement a capella (NDR : donc, sans le moindre instrument musical). Karavan avait apporté sa collaboration à Arno pour fêter son anniversaire, dans le cadre du projet ‘One’, qui s’est notamment déroulé aux Nuits Botanique. Puis il avait assuré le supporting act du concert de Sinéad O'Connor, à l'Ancienne Belgique. C’est là que j’avais découvert la formation.

Le line up réunit Nicole Bongo-Letuppe, Marie-Ange Tchaï Teuwen, Fredy Massamba, Myriam Gilson, Djubebe Kalume, Epolo Mabita, Mister Mo et Soul T. Nicole et Marie-Ange sont les deux voix de tête. Si chacun y va de son intervention, c'est l'ensemble qui fait la différence. « You Gotta Move » de Mississippi Fred McDowell est un titre qui figure au répertoire d'Arno. Chacun y va de son intervention, mais c’est l’ensemble qui fait la différence. Plutôt soul, la version aurait pu être interprétée par un chœur gospel. L’adaptation de « We Want More » est sublime. C'est un des titres-phares du « Future Vintage » de notre albinos blanc national. La « Karavan » s’ébroue lentement, comme en concert, et nous entraîne dans son univers si particulier. Un univers qui transite de Bruxelles à Kinshasa, en passant par Niamé.

« Je Veux Nager ». Jusqu’à Ostende. Peut-être même au-delà ! Les embruns de la mer du Nord sont balayés par les human beat box. On imagine la gestuelle des artistes qui vous invite à embarquer dans leur chalutier. « Elle Adore le Noir » se célèbre le soir…

« Bruxelles » est la deuxième compo originale du collectif. Elle aborde le thème de la multiculturalité dans la capitale européenne tout en adressant un clin d’œil à Matongé. La voix de Marie-Ange y est claire et haut perchée.

Vous aimez chanter en prenant votre bain ? « Bathroom Singer » est un titre idéal pour vos ablutions. Mais en même temps, il vous donne l’envie de vous envoler vers Kingston. Et pourtant, insidieusement, l'âme d’Arno continue de planer. « Les Yeux De Ma Mère » est littéralement transcendé par les voix de Karavan. Les voix mâles, renforcées par celle d’Arno prennent l’ascendant sur « Jive To The Beat ». Et l’opus de s’achever par « Chic Et Pas Cher ». Sans doute pour parler du packaging de l’elpee, dont la superbe illustration de la pochette a été réalisée par une talentueuse photographe, Lara Herbinia.

The Trouble With Templeton

Rookie

Écrit par

Méconnu sur le Vieux Continent, The Trouble with Templeton rencontre un certain succès chez lui, en Australie. Fondé en 2011, le groupe a choisi pour patronyme, le titre d’un épisode de la série américaine The Twilight Zone. Son leader, le chanteur/compositeur Thomas Calder, vient à peine de fêter ses 23 ans. « Rookie » constitue leur premier album. La sortie de ce disque a permis au combo d’assurer, la première partie des tournées, au pays des kangourous, de Father John Misty ou encore de Monsters and Men.

D’emblée, il faut reconnaître que Thomas Chalder a un sens aigu de la mélodie, à l’instar de « You Are New » qui fait instantanément mouche. Cet opus est partagé entre morceaux entraînants (« Six Months in a Cast ») et plus mélancoliques. C’est la rencontre entre l’instrumentation acoustique et électrique qui procure à l’ensemble, son relief particulièrement agréable. Une influence majeure ? Port O’Brien. Encore que « Whimpering Child » lorgne carrément vers Radiohead. Et la voix de Calder, proche de celle de Thom Yorke, n’est pas étrangère à cette impression.

Bref si l’ensemble tient la route, il faut déplorer l’un ou l’autre accident de parcours. « Like a Kid », tout particulièrement. Les interventions de grattes évoquent… Shaka  Ponk… De mauvais goût ! M’enfin, pour un premier essai, le résultat est plus que satisfaisant. Une fois de plus, Bella Union a eu le nez creux.

Simian Ghost

The Veil

Écrit par

Comme chaque année, à l’approche des premières chaleurs, les mélomanes se mettent à la recherche de l’album qui va accompagner leurs douces soirées estivales. Pour votre serviteur, le choix est déjà fait. Et quoi de plus paradoxal que d’être tombé sous le charme d’une formation suédoise, dans ce cadre.

Si le pays n’est pas forcément reconnu pour la puissance de son soleil, il recèle néanmoins des artistes et des groupes talentueux et pas toujours appréciés à leur juste valeur. Simian Ghost en est l’un d’eux. Début 2015 sortait, dans nos contrées d’Europe Centrale, leur troisième opus intitulé « The Veil », quelques mois après sa parution scandinave.

Ne connaissant pas ce combo, je pars totalement dans l’inconnu en introduisant le disque dans mon lecteur cd. Les premières secondes de l’LP nous accueillent par des bruits de vagues. Pas de doute, ce sont bien les vacances et nous sommes en bord de mer. « Float » est d’ailleurs un morceau d’introduction un peu anecdotique mais qui plonge parfaitement le mélomane dans l’ambiance. Il lance « Cut-off Point » et entame les choses sérieuses par la même occasion. Le trio excelle en effet dans la construction d’hymnes pop délicats et pourtant réellement rythmés. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le single principal tiré de l’album est « Never Really Knew ». A cette pop légère, on intègre ici une touche un peu plus funky qui fait de ce titre un des piliers du long playing, sur lequel on a envie de danser au zénith. La vraie chanson de beau temps donc.

Si la formule ne change pas vraiment au fur et à mesure que les plages défilent, elle reste très efficace et pas du tout lassante. Parce que les Suédois ont eu la bonne idée d’insérer quelques morceaux de transition à des endroits clés du disque. Ces passages (« Fight Even », « Endless Chord » et « August Sun »)  sont un peu plus mélancoliques mais suffisamment courts pour ne pas complètement briser le rythme.

C’est donc toujours sous les rayons puissants que nous arrivons en fin de parcours. Et alors que l’on croit avoir tout entendu, la douzième et avant-dernière chanson réussit quand même à mettre une claque. « Summer Triptych » approche de très près la dream pop et nous offre une dernière ballade dans l’univers de Simian Ghost. On peut d’ailleurs considérer qu’il s’agit du morceau de clôture, car la piste treize est un outro instrumental qui n’a pas réellement d’intérêt, hormis celui d’en revenir aux vagues que nous avions entendues tout au début de l’elpee.

« The Veil » est à la fois superbe et particulièrement cohérent. Un disque à écouter en regardant les flammes du barbecue ou lors d’un road-trip ensoleillé, les fenêtres grandes ouvertes et le sourire sur les lèvres.

The Paladins

More of the best of Vol. 1

Écrit par

Les Paladins sont issus de San Diego, dans le Sud de la Californie. Un trio qui pratique du roots rock qu’il teinte de rockabilly et de blues. Il est né il y a plus de trente ans. Dave Gonzales et son ami Thomas Yearsley en sont les membres fondateurs. Dave se consacre au chant et à la guitare. Thomas à la contrebasse. Les drums sont assurés aujourd’hui par Brian Fahey. Les Paladins avaient publié huit elpees quand, en 2004, ils décident de mettre un terme à leur aventure. Gonzales monte alors un groupe de country alternatif, The Hacienda Brothers. Depuis, les Paladins se reforment épisodiquement. Comme le combo jouit toujours d’une belle popularité, le label Lux a décidé de sortir une collection baptisée "More of the best of Vol. 1", un recueil sont les plages sont puisées à travers la plupart de leurs long playings.

Pur rockabilly, "Double datin'" ouvre la compile. Il s’agit de leur premier single qui figurait sur une autre compilation baptisée "L.A Rockabilly". Elle était parue en 1982 chez Rhino. Trois perles sont extraites du tout premier album officiel, paru en 1987 : "Honky Tonk all night", "Daddy Yar" et "Hold on". Eponyme, il remonte à 1987 et avait reçu le concours de  Kim Wilson à la mise en forme. Dans le style, Dave Gonzales est un guitariste extraordinaire. Il est solidement épaulé par la basse acoustique de Yearsley. Plus blues, "Hold on" constitue certainement une des meilleures plages du combo. Leur troisième long playing, "Let's buzz", paraît en 1990, chez Alligator. Steve Berlin (Los Lobos) en assure la production. Deux plages ont été sélectionnées sur ce disque, "Follow your heart" et "Let's Buzz". La voix de Gonzales est bien mise en exergue ; et explosives, ses interventions de gratte reflètent une belle évolution dans son jeu. Publié en 1994, l’album suivant, "Ticket home", a été enregistré sous la houlette de Cesar Rosas (Los Lobos). Enrichi de 4 bonus tracks, il est réédité cinq années plus tard et rebaptisé "ReJiveinated". Cinq titres sont tirés de cet LP, dont "15 days", un splendide blues rocker caractérisé par la voix autoritaire de Dave, l’excellent "Elvis' sister", plus Hendrix que nature et le country/rock "Ticket home", hanté par les Byrds (NDR : cette guitare à douze cordes !) Countrybilly, "Tore up from the floor up" est tiré de "Palvoline n°7", un opus qui remonte à 2001. Dernier album studio, "El Matador" date de 2003. Trois pistes en son extraites, dont l'instrumental "Soul farm". Pur rock’n’roll, "Too late baby" est un véritable brûlot, un morceau qui figurait sur le ‘live’ "Power Shake : Live in Holland". Les deux derniers titres sont parus récemment en single ; soit l'instrumental "Should of been dreamin'", tapissé par le piano et l’orgue, et enfin, le très soul/r&b "Wicked". Dans le style, The Paladins est incontestablement la Référence…

Lily and Madeleine

Fumes

Écrit par

Alors que leur dernier opus, publié en 2013, baignait au sein d’un climat sans grand relief, quoique non dénué de charme, les sœurs Lily & Madeleine Jurkiewicz ont donc décidé d’insuffler un peu d’énergie électrique à leur folk d’obédience résolument classique. Mais que ne pardonnerait-on pas à des artistes qui à l’époque étaient à peine âgées de 17 et 18 ans ? Et finalement sont toujours aussi jeunes aujourd’hui. A travers « Fumes », les frangines élargissent leur vision sonore, même si elles n’ont pas viré complètement leur ADN folk. Depuis le rock audacieux et enlevé (« Rabbit ») aux sucreries pop (le judicieusement intitulé « Pepermint Candy », caractérisé par ses chœurs et ses cordes ) en passant par des morceaux plus ténébreux (« Blue Blades » et ses claviers glacés), cet opus ne néglige donc pas pour autant les litanies que le duo d’Indianapolis tisse à l’aide de douces harmonies vocales, d’accords de piano et de cordes acoustiques (« Ride Away »), une formule que n’auraient pas renié First Aid Kit ou Aimee Mann et dont les fans devraient d’ailleurs se repaître, en attendant le retour de leurs idoles…

Le Peuple de l’Herbe

Secret Stachella

Écrit par

Quel bonheur de retrouver Le Peuple de l’Herbe, ce bon vieux crew lyonnais qui ne nous a jamais déçus depuis ses débuts, en 1997 ! Je les avais quittés en 2012, après leur plaisant et dansant « A Matter a Time », sans m’être attardé entre-temps sur « Next Level », paru il y a peu ; mais ils sont déjà de retour en ce début de printemps en publiant « Secret Stachella », dont le titre est aussi énigmatique que le contenu, œuvre complémentaire et ‘bonus’ déviant étant censés accompagner leur tournée en cours. « Secret Stachella » recèle des morceaux euphorisants et improbables tels que « Stier Groente » (en afrikaans!) et « Yini Bo » (en Xhosa, idiome local !) composé pour les MC’s du collectif sud-africain Cape Town Effects ;  l’incroyablement dansante version live de « Tell the Dj… » ou le plus électro « Et La Fête Continue » ! Si quelqu’un hésitait encore à voir et écouter un concert du collectif français, qu’il jette une oreille sur l’imparable version live de « Parler le Fracas », interprétée en compagnie de Pascal Nemmour de La Canaille… La rage, la classe et l’énergie réunies. Tout est dit. Le Peuple de L’Herbe confirme son ouverture tant musicale que d’esprit… 

 

Noel Gallagher

Chasing Yesterday

Écrit par

Noel Gallagher, c'est un peu un vieil amant : vous savez ce qu'il vaut, parfois il vous comble, parfois il vous déçoit. Il tente parfois de nouvelles expériences, tel un jeune premier... et parfois, oui, parfois, la nuit n'est pas exceptionnelle. Et celle vécue tout au long de ce "Chasing Yesterday" n'est franchement pas exceptionnelle...

Il y a 20 ans, Oasis nous assénait une claque monumentale à travers « What’s The Story (Morning Glory) ? » Une claque dure et franche, portée par « Wonderwall », « Don’t Look Back In Anger », « Champagne Supernova » et quelques autres titres, administrée avec une précision chirurgicale et une maîtrise exceptionnelle par son compositeur, Noel Gallagher. Une claque qu’il nous flanquait à nouveau en 2011, lorsqu’il publiait « Noel Gallagher's High Flying Birds », confirmant, si besoin était, qu’un Noel sans Oasis c’est quand même foutrement bon !

Alors entre deux piques assassines adressées à Liam, qui enterre gentiment son Beady Eye loin de nos pauvres oreilles, on pouvait s’attendre à une belle continuité et à pourquoi pas à du renouveau de la part de Noel Gallagher et ses High Flying Birds, en découvrant ce « Chasing Yesterday »… Malheureusement, ce n’est pas le cas. Definitly No. Après une écoute complète de l’opus, une seule question vient à l’esprit : où sont passés les refrains pêchus dont il a le secret ? La mélodie est présente, tant instrumentale que vocale, mais l’œuvre dans son ensemble est plate, morne, presque chiante… Les pistes s’enchaînent, lentement. Très lentement. Trop lentement.

Le single « In The Heat of The Moment » plait… mais peine à servir d’accroche à l’LP, à le sortir de sa torpeur lancinante. Au détour du sommeil, on croise « The Girl With X-Ray Eyes » et on se pose une question existentielle : la vitesse de lecture du cd aurait-elle, par hasard, ralentie ? Non ? C’est une chute d’Oasis, mort déchiré au bourbon dans un bar vide à trois heures du matin alors ? Oui ? Absolument !

De sa collaboration auprès du duo électro Amorphous Androgynous, il n’a conservé que le peu convaincant « The Mexicans » qui aurait très bien pu se perdre entre l’enregistrement et le mixage ; et « Right Stuff », pas beaucoup plus engageant à moins de vouloir se mettre à l’hypnose sous perfusion. Le titre démontre par contre la mæstria de Noel à la mise en forme. Au détour de l’album, on se surprend à se demander ce que peu bien foutre « Look at Doors » sur ce disque. Basique, scolaire. Une chute de studio refusée par Liam ? Son confrère de scolarité, « You Now We Can’t Go Back », devrait par contre lui permettre de toucher un nouveau public.

Moins folk que le morceau précédent, « Chasing Yesterday » tente de convaincre une nouvelle génération, puise dans les influences de son créateur et producteur et n’est finalement qu’un prétexte, un prétexte pour une nouvelle tournée. Davantage une ‘compilation’ de morceaux qu’un véritable album que signe ici Noel Gallagher. Un disque qui a défaut d’être bon, n’est pas vraiment médiocre. En fait, il n’est pas bon, mais il a été mis en forme –et de main de maître– par un gars qui s’y connaît dans le milieu… mais qui est capable de faire tellement mieux. Reviens Noel !

Tinsley Ellis

Tough Love

Écrit par

Chanteur et guitariste de blues, Tinsley Ellis est né à Atlanta. Après avoir passé son enfance en Floride, il est revenu vivre dans la capitale de la Georgie. En 1981, il fonde les Heartfixers, en compagnie de l'harmoniciste de couleur noire Chicago Bob Nelson. Le band publie deux elpees chez Landslide. En 1988, Ellis signe un contrat auprès de la célèbre écurie blues chicagoan, Alligator. Il lui réserve cinq LP jusque 1997. Il transite quelque temps via Capricorn et Telarc avant de revenir chez Alligator, pour trois long playings : "Live! Highwayman" en 2005, "Moment of truth" en 2007 et "Speak no evil" en 2009. Il y a deux ans, il a fondé son propre label, Highwater Music. Il y sort un album instrumental, "Get it!" en 2013, "Midnight Blue", l'année suivante, et enfin ce "Tough love".

Tinsley a composé les 10 plages de l’opus. Les sessions se sont déroulées au studio The Rock House, à Franklin, près de Nashville, dans le Tennessee. Il y a reçu le concours du très efficace Kevin McKendree aux claviers, de Lynn Williams à la batterie et Steve Mackey à la basse ; ce sont, en fait, des musiciens du Delbert McClinton Band. Ellis a une voix puissante et excelle à la six cordes.

"Seven years" ouvre la plaque. Ce morceau me rappelle quelque part Robert Cray. Surtout à cause de la voix. Proche du R&B, ce titre s’appuie sur une bonne assise rythmique. Ellis nous accorde déjà une brillante sortie, toute en subtilité et originalité, sur les cordes. "Midnight ride" est imprimé sur un tempo enlevé. La gratte épaule en permanence le chant, alors que l’orgue Hammond et le piano de McKendree tapissent l’ensemble. Tour à tour dans l’esprit d’Albert Collins ou de Freddie King, Tinsley s'envole encore et encore, parfois même en dédoublant ses accords. Il entame "Give it away" au dobro, une ballade très mélodieuse. Bien secondé par les ivoires de Kevin, il chante clairement, passionnément, cette compo empreinte d’une grande sensibilité. Bien rythmé, "Hard work" libère un fameux groove. Laidback, l’atmosphère est hantée par JJ Cale. "All in the name of love" est une piste de toute beauté. Elle reflète parfaitement le cœur du style Ellis. Naturellement autoritaire, sa voix domine le sujet sans jamais forcer. Des interventions de trompette et de saxophone viennent enrichir l’ensemble. Dépouillé, "Should I have lied" est le slow blues attendu. La six cordes brille de mille feux et lorgne vers le géant texan disparu, Freddie King, tout au long de ce morceau qui réalise la fusion entre beauté et simplicité. "Leave me" baigne dans un climat cool, spécifique au Sud. Ellis décoche de nouvelles flèches à l’aide de ses cordes. Jamais rassasié, il en propulse à profusion, soutenu par le piano de son compère. Epatant ! Sa voix devient grave sur "The King must die", une nouvelle perle au sens mélodique irrésistible. Le bottleneck sur les cordes, il entame une nouvelle opération de charme sonore. Blues enlevé, "Everything" adopte le style de Jimmy Reed. Nous sommes au cœur des swamps louisianais. Ellis souffle dans son harmonica devant le piano roadhouse de McKendree. Et l’opus de s’achever par une compo à la fois intimiste et indolente. Tinsley double au piano électrique, McKendree siège derrière au mellotron. Une plage dont le sens tragique flirte délicatement avec celui de Tony Joe White. Excellent!

 

Billy Walton

Wish for what you want

Écrit par

Ce jeune chanteur/guitariste nous vient du New Jersey. Encore jeune, il vient à peine de fêter ses 30 ans. On ne lui connaît guère de faits d’armes significatifs, hormis sa participation à l’aventure du groupe Boccigalupe and The Bad Boys. Il pratique un hard blues qui doit autant à Jimi Hendrix, Eric Clapton que Stevie Ray Vaughan. Mais en manifestant l’esprit aventureux réminiscent d’un Warren Haynes voire de Derrick Trucks. Billy drive aujourd'hui son propre band, en compagnie duquel il a déjà publié quatre albums, "Live at the Stone Pony" en 2010, "Billy Walton Band" en 2009, "Crank it up" en 2012 et "Neon City" en 2009. Son backing group réunit le bassiste William Paris, le drummer John D'Angelo, le tromboniste Ian Gray et le saxophoniste Sean Marks. Lors des sessions, il a reçu le concours de quelques potes, des sessions qui se sont déroulées au studio Shore Fhire, sous la houlette de Tony Braunagel, le drummer du Robert Cray Band.

L'opus s'ouvre par "Fish for what you want", un blues imprimé sur un mid tempo. Cuivrée, cette plage est tapissée par l'orgue de Mike Finnigan (ex-Taj Mahal Band et ex-Phantom Blues Band). Cet invité communique une sonorité très Memphis au morceau. Billy s'envole sur ses cordes lors d’un solo incisif, bien amplifié. Compo rock, "True lovin' man" lorgne carrément vers Tom Petty and The Heartbreakers. La voix de Bill est d’ailleurs proche de celle de Petty. Au sax, Sean Marks tire son épingle du jeu. Dans le même style, "Mountain" libère des riffs autoritaires mais hantés par Hendrix. Signé Felix Cavaliere, "Come on up" a permis aux Young Rascals de décrocher un hit, au cours des sixties. La version du BWB est très réussie ; une plage bien rock'n'roll caractérisée par de bonnes combinaisons instrumentales. Billy se sert d’une guitare Resonator pour dialoguer avec l'harmonica de Southside Johnny, le leader des Ashbury Dukes, sur "Blues comes a knockin'", un blues rafraîchissant. Cuivré, "Forgive and forget" oscille entre rockin' blues et R&B. Toujours ‘hendrixienne’, la guitare flâne judicieusement. Roots song, "Change " ne manque pas de charme. John D'Angelo balise le tempo. Finnigan siège derrière l'orgue Hammond. Réverbérée, la guitare communique une saveur toute louisianaise à la plage. Autre blues bien amplifié, "Worried blues" est assez proche du traditionnel "Walkin' blues". Et au cœur du Delta, Walton se révèle un gratteur de blues intéressant. Soul ou plus exactement southern r&b, "Till tomorrow" est une piste agréable à l'écoute. La reprise du "Just to walk that little girl home" de Willy Deville et Doc Pomus est excellente. Solides, les percus de D'Angelo dynamisent l’ensemble, alors que Billy s’autorise un nouveau billet de sortie dans l’esprit du grand Jimi ! Pop/roots, "It don't matter" aurait également pu figurer au répertoire de Tom Petty. En finale, "Hudson County Star" nous plonge dans l'ambiance festive de la Nouvelle Orléans. A cause du trombone de Ian Gray et du piano syncopé de Finnigan. Puis cette compo emprunte le rythme du rock'n'roll pour décrire les dérives de la scène politique du New Jersey.

 

PacRock 2015 : samedi 25 avril

Le PacRock festival fête ses 10 ans d'existence et c'est donc, si je compte bien, la sixième édition puisqu'il est programmé tous les 2 ans. Les organisateurs ont toujours eu le nez creux pour dénicher la perle rare ou en devenir. Le prix d'entrée est plus que démocratique. Et l’affiche, rock mais éclectique. Depuis la noise au math, en passant par l'électro et l'indie rock. Pour cette édition, elle réunit 19 groupes ou artistes.  

Didier débarque sous les rayons de soleil, vers 16h50, lors de la fin du set de La Jungle. La Jungle est un duo montois batterie/guitare particulièrement efficace. Eponyme, son premier elpee a été gravé sur vinyle à 500 exemplaires. Consistant et puissant, son math rock est légèrement teinté de hardcore. Le drumming est à la fois tribal et énergique. Les riffs sont incisifs, intuitifs et instinctifs, comme chez White Stripes ou Black Box. La voix est envoûtante et chamanique.

Peter Kernel se produit sur la grande scène. Helvète, ce duo réunit Aris Bassetti et Barbara Lenhoff. Ils se partagent le chant. Le premier se charge de la guitare, la seconde de la basse. En ‘live’, ils sont soutenus par un batteur. La formation pratique un cocktail de pop/rock indé brut de décoffrage, mais ouvert à l’expérimentation. Le drumming est métronomique. La voix de Barbara me fait penser à celle de Kate Pierson des B52’s. Et sur les planches, leur capital sympathie est boosté à du 200%. Un excellent concert pour un combo à revoir !

Les jeunes Bruxellois de Robbing Millions sont probablement parmi les artistes pop/rock les plus prometteurs de la scène belge. Ce n’est pas un hasard si des formations plus huppées comme Odezenne, Balthazar ou Metronomy les ont choisis pour assurer leur supporting act. La première fois que votre serviteur a assisté à un de leurs sets, c’était à Mons. Leur expression sonore m’avait semblé so british. Mais leur look totalement démodé me rappelait plutôt les nineties, et tout particulièrement la série ‘Hélène et les Garçons’. Pourtant, leur set est à la fois de bonne facture et énergique dans le bon sens du terme. Il est sublimé par l’excellent morceau « Dinosaur ». Un conseil quand même à adresser aux musicos : une nouvelle garde-robe et un coiffeur un peu plus dans l’air du temps ne leur feraient pas de tort… (A.M.)

La première grosse claque nous viendra de Grieved, un ensemble suédois. De Stockholm, très exactement. Très jeunes mais aussi très pros, les musicos vont mettre le souk sur l’estrade du Marquee. Les riffs des deux sixcordistes sont précis, mais ravageurs. Le tempo est infernal. En 25 minutes, le combo va mettre tout le monde d’accord, mais aussi nous laisser sur notre faim.

Les cyclistes de Moutain Bike en ont sous la pédale et sur le porte-bagages. Quatre gais lurons qui prennent leur pied sur le podium. Ils ont une bonne bouille –et tout particulièrement le gros nounours qui siège derrière ses fûts– et semblent avoir définitivement adopté un look pas cher : calbutte et tee-shirt de basketteur. Ils participent à la plupart des festivals et font actuellement le buzz. Minutieux mais percutant, leur garage/rock se teinte parfois de tonalités hawaïennes. Ou vire aussi quelquefois à la pop. La set list épingle une majorité de titres issus de leur premier elpee, paru il y a un peu plus d’un an. Et 4 nouvelles compos. Toutes excellentes. D’ailleurs si leur futur opus est de la même veine, Mountain Bike pourrait bien prendre la tête du peloton, en Wallifornie…

Cap sur la grande scène pour assister à la prestation de Wolf People. Un quatuor gallois signé chez Jagjaguwar (Bon Iver, Viet Cong). La voix est puissante et vitamine leur rock psychédélique empreint de délicatesse, mais très susceptible de montées graduelles en crescendo. Un peu comme bon nombre de groupes de la fin des sixties ou du début des seventies. La seconde claque de la soirée.

Maybeshewill se produit également sur la Main Stage. Ils sont nombreux sur les planches. Et ils se servent majoritairement de claviers. Ce qui apporte une touche électro à leur math rock expérimental. Les musicos déménagent littéralement sur le podium. Mais dehors, il tombe des hallebardes. Je résiste 10 bonnes minutes ; puis complètement trempé, je pars me mettre à sec. Dommage, car le set des Insulaires tenait parfaitement la route…

J’arrive un peu avant l’heure pour le show de Raketkanon sous le Marquee. Il y a deux ans, le groupe gantois avait fait un tabac ici même, en dispensant une expression sonore qui oscille entre électro, black métal, sludge, noisy, psyché et hardcore. La voix du chanteur est technologiquement modifiée. ‘Downtuned’, la guitare libère des riffs huileux, graisseux, lourds et chargés de décibels. Ce gratteur plaisante en signalant qu'il vient des USA et débarque en Belgique pour la première fois. Le drummer et le préposé aux machines se font face. Sur l’estrade, la configuration du groupe est dessinée en cercle comme chez Caribou ou BRNS. Ce qui renforce l’impression de cohésion du band. Le chanteur est un phénomène à lui seul. Il a l’habitude de descendre dans la fosse. Et ne va pas s’en priver pour le bonheur des métalleux. D’inévitables pogos se déclenchent. Les morceaux s’enchaînent sans le moindre temps mort. Le spectacle terminé, je quitte malheureusement ce beau festival. La fatigue commence à gagner votre serviteur. Il part néanmoins heureux de sa journée. De quoi lui rendre la banane pour les prochains jours. A dans deux ans ! Et c’est Adrien qui achèvera la soirée…

These New Puritans est considéré, depuis le début de ce millénaire, comme le détonateur du nouvel élan de la scène pop/rock insulaire. Il est même souvent cité, par les jeunes artistes ou formations britanniques, comme une source d’inspiration. Perso, j’estime même que leur deuxième elpee, « Hidden », est un des meilleurs de ce nouveau siècle. C’est donc une grosse surprise de retrouver le band à Pont-à-Celles ; et en même temps un moment d’excitation à l’idée de le revoir en ‘live’. La déception n’en sera que plus grande… Rien n’est épargné aux Puritains, ce samedi soir. Le temps est exécrable et la pluie chasse une bonne partie des festivaliers. En outre, leur musique n’est vraiment pas adaptée à ce type de festival. Paisible, mais sombre, elle est truffée de sonorités insolites. Par exemple, sur « Attack Music », on y entend de bruits d’épées qui se mesurent au combat. Mais comme le peuple se les gèle, il n’en a rien à cirer de ces détails. D’autant plus que, hormis l’épique « We Want War », le show est mollasson. Insuffisant pour renverser la vapeur. En outre, la set list n’a intégré aucune plage du premier opus, c’est-à-dire les plus adaptées au ‘live’. Parce que plus rock. Pourquoi avoir négligé le hit « Elvis » ? Incompréhensible ! Et pourtant, parmi la vingtaine de personnes présentes, j’ai entendu plusieurs fois cette chanson être réclamée. Enorme désillusion donc pour ce concert au cours duquel on a quand même eu l’impression que les musicos n’étaient pas motivés. Dommage !

J’avais déjà eu l’opportunité d’assister au set d’AKDK, il y a un mois, à Louvain-La-Neuve. Mais je ne parviens pas à digérer mon désappointement causé par la prestation désastreuse de These New Puritans. Pourtant, le light show est judicieusement tamisé et colle parfaitement au climat mystique entretenu par le combo anglais ; mais rien à faire, je ne parviens plus à accrocher… (A.M.)

(Organisation : PacRock Festival)

These New Puritans (UK) // Maybeshewill (UK) // Wolf People (UK) // Robbing Millions // Raketkanon // Grieved (SE) // Alamo Race Track (NL) // Mountain bike // Bed Rugs // AKDK (UK) // Peter Kernel (CH) // Thibet // Quadrupède (FR) // Mont-Doré // Alaska Alaska // Angakok // La Jungle // Ice Spliff // Bronco aka Papyharder.

Moon Duo

Objectif : Lune !

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Initié fin 2009, en parallèle à Wooden Shijps, Moon Duo trouve de plus en plus ses marques dans le paysage sonore (et sonique) actuel, faisant figure de Pygmalion pour bon nombre de mélomanes.
Surfant sur les mêmes trames psychédéliques que Wooden Shijps, le projet monté par le talentueux Mister Ripley Johnson et de sa compagne à la ville, Sanae Yamada, s’en détache néanmoins par une approche plus directe, tout en gardant bien sûr en ligne de mire les circonvolutions en spirales propres au genre.
Gagnant à la force du poignet ses galons de ‘guitar héro’ un rien hypster, l’ami Johnson ne s’égare pas dans de futiles joutes tape-à-l’œil (NDLR : à l’oreille ?) ; ce qui somme toute, reflète parfaitement son travail discret mais impeccable.
Forts des échos enthousiastes recueillis à chacun de ses passages, la paire, renforcée depuis deux années par un vrai batteur remuant des vrais bras sur scène (en la personne de John Jeffrey), attire de plus en plus de curieux, tout en ramenant son cheptel de fans inconditionnels.
Elle a même décroché une place de choix dans une veine très à la mode actuellement (le band constituera l’une des attractions majeures du Eindhoven Psych’ Lab, en juin prochain).
Bref, absolument dans l’air du temps, le genre d’évènement quasi hype à récupérer au sommet de la vague.

Les premières notes déjà hypnotiques de « Wilding » résonnent sous la voûte étoilée de la salle circulaire alors que le public s’agglutine à la hâte.

Votre serviteur y compris, recraché juste à temps par la circulation locale.

Les soli de guitares dessinent les premières arabesques sur la ritournelle obsédante de l’orgue et déjà un constat s’impose : des deux pendants indissociables au mantras psychédéliques (l’ennui en opposition à la transe), Moon Duo milite plus que régulièrement dans la meilleure de ces deux catégories.

Si la redite est inévitable, dans ce mouvement propre à tournoyer sur lui-même, il est heureux que Moon Duo opte pour une spirale ascendante par la grâce de rythmiques robotiques impeccables qui amènent le corps à se détacher de l’esprit sans laisser celui-ci se poser trop de questions.

Ainsi, sans temps mort, les pépites de « Shadow of The Sun », principale source de la set list de ce soir, puisque petit dernier de la discographie, s’égrènent et éclosent çà et là en autant de germes porteurs de dérives psychotiques chères au public ici présent.

Territoire conquis d’avance, certes, mais qui n’autorise pas le sieur Ripley et sa gente dame à offrir autre chose que le meilleur d’eux-mêmes.

Car si l’auditoire accepte la danse du Shaman, il exige également de le retrouver lui aussi de l’autre côté, dans cet état évanescent et mystique que tissent les mandalas musicaux.

Si on pouvait craindre que la succession de dates (la rançon d’un succès qui ne cesse de croître) lasse nos trois musiciens, ils n’ont rien laissé transparaître dans leur attitude, certes, un peu engoncée, mais en corrélation avec l’esprit général (où le visage fermé, les yeux clos, on se laisse emporter en affichant un air mi-sérieux, mi habité).

Les projections se chargeant d’apporter leurs couleurs à ce rêve halluciné, la soirée s’écoule sans surprise, sans anicroche non plus.

La machine est parfaitement en place, et les rouages sont bien huilés.

Néanmoins, l’évolution est palpable chez ceux qui suivent leur parcours depuis le début et ont déjà eu l’occasion de les voir auparavant ; ce qui est le cas de votre dévoué serviteur.

Sans oser parler d’accessibilité, la musique de Moon Duo a semble-t-il trouvé ses propres marques et se sent de plus en plus à l’aise dans son registre, à présent pompé plus que de raison par de nombreux groupes aux résonances cosmiques, preuve s’il en est de son influence majeure.

Mais loin de s’autoproclamer pape ou modèle en la matière, Ripley se contente d’explorer plus avant son univers personnel, que ce soit sous l’identité de son band ou de son projet conjugal, égal à lui-même, soit sans esbroufe.

Le résultat, déjà plus que convaincant sur disque, s’affiche ici superbement et ravit les heureux détenteurs d’un sésame.

Évitant d’inutiles distractions, Moon Duo va directement à l’essentiel, objectif : lune.

Le périple est forcément étudié en fonction de l’efficacité.

Les titres propices au rêve sont écartés ; ne reste que la ligne droite et directe tracée vers ces paradis artificiels qui se dessine au fil des minutes introspectives.

Processus générant son lot de trips au sein d’un public acceptant la mise en orbite.

Six titres plus tard (ce qui peut paraître court mais pas dans le registre à rallonge de ces transes hypnotiques), les trois comparses reviennent accorder un rappel où « Goners » rappelle le chemin parcouru et l’évidente filiation avec Suicide, le Velvet et d’autres références toutes aussi évidentes mais tellement passées à la moulinette, qu’il n’en ressort qu’un agglomérat compact d’originalité et de génial savoir-faire.

Si Moon Duo n’a pas inventé le fil à couper le beurre, il peut au moins se targuer d’avoir réinventé un état d’esprit intègre et loin des clichés du genre.

L’enthousiasme au sortir de la salle est palpable.

Le public a en eu pour son argent (et le prix du ticket était très bon marché).

Il est fort à parier que lorsque Moon Duo se produira à nouveau en salle, elle aura pris une autre envergure…

(Organisation : Botanique).

 

 

Détroit

Horizons (b)

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Placer « Horizons » dans son lecteur CD, c’est un peu prendre une allumette et risquer de la craquer au-dessus d’une nappe de pétrole. L’allumette c’est Cantat, le pétrole Trintignant, et entre les deux, les vapeurs, les songes d’un poète maudit, damné de son temps.

Impossible d’appuyer sur ‘play’ sans penser à tout ça, tout ce gâchis : Vilnius, Cantat, Trintignant, prison, mort, médias, justice, procès, plaintes, attaques… Musique. C’est probablement ce qu’il restera, et ce qui doit rester, de ces 46 minutes de retrouvailles. 46 minutes d’un rock teinté d’influences innombrables, teinté de vie, de mort, de songes, de mensonges, de rimes, d’escrime des mots comme seul Cantat peut en produire. « Ma Muse », les premiers accords effacent les doutes, la voix supprime les peurs : ‘rien’ n’a changé depuis 12 ans.

Détroit Horizons.

L’artiste, le passionné de musique et des mots, est toujours là. ‘Ça m'inspire chaque fois que je respire ton essence complice, qui goutte à goutte, s'immisce en moi’.

« Glimmer in your eyes » nous balade parmi les fantômes de l’artiste (‘Sometimes I

wonder where you are’) sur fond de voix à l           a Johnny Cash et sonorités qui ne sont pas sans rappeler certains morceaux de Noir Désir. Ici tout est en nuances et en toucher. J’ai toujours eu peur que Cantat s’exprime dans la langue de Shakespeare, peur qu’il trahisse le français, ‘sa langue’, celle dont il est le maître, mais non, loin de là. Autre atmosphère, autre ambiance, autre liberté peut-être ? Il le prouvera à nouveau, tout au long de « Null and void », plus loin, que ce choix de l’anglais est réussi.

« Détroit 1 », instrumental, ouvre le coeur de l’album… « Mon ange de désolation ». Impossible de ne pas lier immédiatement le titre à Marie Trintignant. Impossible de ne pas prendre une sale claque dans la tronche. Qu’on dise ce qu’on veut de l’homme, le poète n’a rien perdu ni de sa passion (‘Dors mon ange de désolation, rien ne nous enlèvera nos frissons’), ni de sa verve (‘Dans leur panier à ordures, il y aura 510 versions pour engraisser les porcs’).

Impossible, et ce même sans lui pardonner, de ne pas frissonner lorsque tremblante, la voix de Cantat épanche ‘l’éternité nous appartient…’, magnifiquement accompagnée par son compère Pascal Humbert.

Dans « Horizons », troublé par un orage de guitares, Cantat parle sans détour de son séjour en prison ‘Cherche ton horizon, entre les cloisons’, évoquant même ses idées de mort... ‘Qui de ma tête ou de mon coeur va imploser comme une étoile / quel débris ou quel morceau de moi d’abord te rejoindra’.

C’est le presque ‘joyeux’ –comparativement aux profondeurs abyssales de la première partie de l’elpee– « Droit dans le soleil » qui permet d’apprécier pleinement la plume de Cantat et l’apport fabuleux d’Humbert. Inutile de palabrer sur ce titre. Par cette chanson, le retour de Cantat a déjà fait couler assez d’encre, celle laissée par Cantat suffit à justifier plusieurs écoutes de ce bijou.

La suite du long playing est en demi-teinte. Pas la faute des compos ni de l’artiste, simplement que pour se relever d’« Ange de Désolation », il aurait fallu… rien. Rien ne pouvait suivre un tel morceau, à tel point que j’avoue avoir du mal à m’accrocher sur la suite de l’LP.

« Au creux de ta main », pâle remake de l’époque Noir Désir était, à mon sens, parfaitement dispensable au vu de ce que Cantat a démontré sur les premières pistes et « Sa majesté » n’est pas sans rappeler « Le Roi » du combo bordelais.

Cantat s’offre finalement une reprise de Léo Férré, un de ses maîtres : « Avec le temps » que l’auteur/compositeur n’aurait probablement pas renié.

Secret de fabrication, le pire moment d’une chronique, c’est la fin. Comment conclure ? Et surtout, comment conclure un tel disque ? Comment dire, sans se faire haïr, que ce type, quoiqu’il ait fait, reste un artiste majeur de sa génération ? Comment dire que cet album, loin d’un pathos affligeant, est d’une beauté crue, violente, triste et émouvante ? Comment dire ‘Putain, il aimait cette fille’, en écoutant certaines plages, alors qu’il faudrait maudire Cantat ? Faut-il le vouer aux gémonies ? Peut-être. Mais il faut surtout savoir reconnaître quand un poète revient chez lui, quand pour nous bercer de paroles métaphoriques où l’idyllique guerroie avec la mort, la voix de Cantat transporte aisément là où tant d’autres échouent lamentablement sur les rives de leur phrasé. ‘Avec le temps va tout s’en va’, peut-être. Ou peut-être pas.

Cali

Vernet-Les-Bains

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Vernet-les-Bains. Reçu par la poste il y a approximativement... 5 minutes ? Je retourne doucement l’enveloppe, pour le plaisir de lire un ‘Exp : F-66820 Vernet-les-Bains’, terre natale de Cali.

En général, ma première réaction est d’ouvrir le boîtier, de piocher le cd, le poser sur mon lecteur et pousser sur la touche ‘play’. Pas aujourd’hui, non. Je préfère triturer la pochette dans tous les sens, la regarder sous toutes les coutures, détailler chaque brin d’herbe. Profiter de la citation de Tom Waits, chanteur blues/rock californien : ‘Ici les rêves ne sont pas brisés, ils boitent…’

Allez, il est temps. Je saisis le cd de la main. Et je regarde l’herbe. Je glisse le disque dans le lecteur. Je fouine un peu sur le web, et j’y lis cette phrase (propos recueillis par Eric Busienne) de Cali, justifiant la phrase de Waits : ‘J'aime les losers mais les losers magnifiques. Le gars qui s'accoude au comptoir pour dire qu'il va quitter sa femme… mais qui va finalement la retrouver, tard dans la nuit. J'aime les poètes rêveurs qui se disputent un os de chien dans une impasse derrière un bar. J'aime tout ça, oui !’ Merde, je connaissais le Cali révolté, le Cali amoureux, le Cali triste, mais ce Cali-là, c’est une nouvelle facette de l’artiste, et surtout de l’homme, que je prends dans la tête.

Le bonhomme sort de « La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon coeur » qui a clairement partagé les critiques, une œuvre suivie d’une tournée (fabuleuse !) piano/voix, en compagnie de Steve Nieve. Il a été le pianiste d’Elvis Costello pendant 20 ans. Excusez du peu ! Il s’offre un retour studio plus intimiste, plus proche des chansons que du chanteur (de son propre aveu d’ailleurs : ‘Ici, je voulais de l'épure totale, que le héros ne soit pas le chanteur mais les chansons’.

Introduction trop longue, probablement. Si elle n’était pas nécessaire pour le lecteur, elle l’était pour votre serviteur. Histoire de bien mettre les choses à plat, telles qu’elles sont, avant de se plonger dans l’écoute de l’album.

Ce type a tout compris. J’avais lancé le cd en me disant ‘Il va me falloir 2-3 morceaux avant de tendre l’oreille’. Erreur. Il murmure plutôt que de crier. Un appel impérieux, un hurlement silencieux. Des propos si durs, si vrais, si intimes. Obligé d’écouter, je pars me caler dans un fauteuil afin d’écouter plus attentivement le disque. Pas d’erreur, c’est d’une beauté effarante.

Beauté parce que cet opus chante ; plus qu’un chanteur, c’est véritablement l’album qui se joue, seul, une vraie pièce. Effarant parce que les paroles, comme d’habitude chez Cali, ne sont pas ‘à la joie’. Il oublie ses vieux démons et se lance dans une entreprise intime, chez lui, en terre connue. « La grotte des amoureux », en haut de Vernet-les-Bains, où les jeunes amants se murmuraient leur amour par exemple. Incorrigible amoureux lui-même, il ne s’empêchera tout de même pas « L’amour est éternel », mais rompt très largement par rapport à ses derniers disques.

« Mes vieux cinglés ». Punaise, mais comment il a fait ? D’accord, il est père. Mais combien d’artistes vont écrire une chanson pour se prémunir eux-mêmes des dommages qu’ils pourraient causer à leurs enfants? ‘Vous étiez mes parents’, ‘Ma petite chambre, ma prison’, ‘Brûlez tout, moi je l’ai déjà fait’, autant de phrases d’un enfant terrifié par ses parents qui se disputent à portée de voix. Heureusement que le Catalan précise en interview qu’il a eu une enfance heureuse, on s’en serait inquiété.

« Une femme se repose », longue traversée intime d’une vieille que l’on imagine se balançant sur sa chaise. Cali fait le tour de Vernet-les-Bains, le tour de son esprit et de celui des gens qui l’entourent.

L’œuvre est magistralement orchestrée par Frédéric Lo (Stéphane Eicher notamment), voix en avant, piano et guitare un peu en retrait. Le tout en douceur, comme pour protéger le mélomane des mots qu’il entend. « Je rêve de voir l’été ». Quand la mort se sublime. Quelle tristesse à dire mais quelle beauté cette chanson. ‘En frimant je dirais que mourir, il y a pire’.

L’album est intime, intime au chanteur, intime au village de Vernet-les-Bains, mais intime à chaque auditeur. Nul doute qu’en le réécoutant dans une vingtaine d’années, une autre vision émanera de ce bijou. Une facette par auditeur, une note par sentiment, un tempo pour chaque coeur. L’album le plus intimement universel qu’il m’ait été donné d’entendre.

« Happy end ». A mon sens, quand un artiste arrive à tourner en dérision ses propres ‘travers’ (et dieu, si les chansons tristes constituent son travers, qu’il continue sur le mauvais chemin) c’est qu’il est grand. Et il l’est.

Le disque est en bout de parcours. Sentiment ? Nostalgie, comme l’album. Impatient de découvrir comment le Perpignanais va le jouer en live. Heureux, heureux de l’avoir écouté. Cali range ses opinions politiques dans un coin de sa tête, oublie le Cali flamboyant et nous présente Bruno Caliciuri, l’homme nu, offert dans les chansons de son opus.

 

De la couleur pour Jamie XX

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Jamie XX, l’homme derrière le son de The XX, a annoncé la sortie de son premier album solo. Il paraîtra le 1er mai prochain et s’intitule « In colour ». Il sera précédé par les singles “Loud Places” et “Gosh” que vous pouvez découvrir en cliquant sur le lien suivant : http://yt-r.uk/loudplacesvid

Pour rappel, il se produira le 21 août prochain dans le cadre du Pukkelpop.

Track list:

1. Gosh
2. Sleep Sound
3. SeeSaw (featuring Romy)

4. Obvs
5. Just Saying
6. Stranger In A Room (featuring Oliver Sim)
7. Hold Tight
8. Loud Places (featuring Romy)
9. I Know There’s Gonna Be (Good Times) (featuring Young Thug & Popcaan)
10. The Rest Is Noise
11. Girl

www.jamiexx.com

 

Jeremiah Jae ignore l’homme qui vient de sa droite et passe à l’Orange…

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« Ignore The Man To Your Right », est un nouvel extrait de l'album commun partagé entre L'Orange et Jeremiah Jae sur lequel les compères s'offrent le luxe d'inviter l'excellent MC du label Stones Throw, Homeboy Sandman.

Pour télécharger  gratuitement le morceau, cliquez ici

Le clip d’ « Ice Obsidian » est à revoir ici et ler single « Taken By The Night »

 


 

Passion Pit dominé par Angelakos.

Écrit par

Enregistré à New York, « Kindred » a été entièrement écrit par Michael Angelakos, figure emblématique de Passion Pit.

L'album a été produit par Angelakos avec ses fidèles collaborateurs et coproducteurs Chris Zane, Alex Aldi et Benny Blanco et s'inscrit dans la lignée de leur dernier album « Gossamer ».

Beaucoup de sons sur Kindred identifiés comme des synthés sont en réalité la voix d'Angelakos déformée par des ordinateurs et des pédales d'effets.

Récemment, Michael Angelakos a aussi collaboré sur les derniers morceaux de Skrillex et Madeon.

http://info.phunkster.com/trk/188856/1225/4288707/161532/5346/366ea9fc/

Tracklisting

1. Lifted Up (1985)
2. Whole Life Story
3. Where the Sky Hangs
4. All I Want
5. Five Foot Ten (I)
6. Dancing on the Grave
7. Until We Can't (Let's Go)
8. Looks Like Rain
9. My Brother Taught Me How To Swim
10. Ten Feet Tall (II

http://www.kindredthealbum.com/

 

L’amour partagé de Kidderminster pour la musique country….

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Fondé par les membres de Coming Soon, en 2008, le label Kidderminster a gravé une édition limitée d’un vinyle, le 18 avril, à l’occasion du Disquaire Day.

Cette compilation baptisée « Kidder Country » réunit les artistes du label et leurs amis qui partagent un même amour pour la musique country américaine.

Une collection de reprises et de compositions originales sur laquelle chacun livre un regard personnel sur le genre, fantasmé ou mal-aimé ; une relecture moderne des codes et de l'imaginaire country.

Tracklist :

01.Wrong Direction Home (Dolly Parton Cover) - Judah Warsky
02.Kaw-Liga (Hank Williams Cover) - Coming Soon
03.Take It Easy - Stanley Brinks & Freschard
04.Quicksilver Daydreams Of Maria (Townes Van Zandt Cover) - Jamaican Queens
05.People Are Crazy (Billy Currington Cover) - Caspian Pool
06.Hey Good Looking (Hank Williams Cover) - Dave Tattersall
07.A Thing Called Love (Jerry Reed Cover) - Satellite Jockey feat. Sierra Manhattan

08.T A L.A - The Pirouettes
09.Crystal Frontier (Calexico Cover) - Mataharie
10.Morricone Hotel - Mount Analogue
11.Dark As A Dungeon (Merle Travis Cover) - Cassie Berman

Ici ou là, l’amour tend les bras à Bangda Magda…

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Bangda Magda se produira à l’Olympia, en première partie de Snarky Puppy & Metropole Orkest, le 7 mai prochain.

 

Après avoir gravé « Amour, T'es là ? », un premier album coloré et « Yerakina » co-produit par Michael League (Snarky Puppy) et Fab Dupont (Shakira, Jennifer Lopez, The Dø, Bebel Gilberto, Les Nubians), Banda Magda publiera un nouvel Ep ce 18 mai et annonce un nouvel opus pour 2016 !

Pour découvrir la vidéo du titre "Amour T'es Là", c’est ici

 

 

 

 

Russian Circles

A plein volume…

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Deux ans après voir publié son cinquième album, « Memorial », Russian Circles se produisait à nouveau dans l’Hexagone, et plus précisément à Tourcoing, au Grand Mix, devant une salle remplie aux deux tiers. 24h après la prestation de Red Fang, la salle française allait une nouvelle fois vibrer sous les riffs métalliques d’un combo issu du pays de l’Oncle Sam.

Fondé en 20014, Russian Circles pratique une forme de post-rock/post-metal, caractérisée par le recours à des pédales de sampling et de loop. Son patronyme est inspiré d’un exercice pratiqué dans l’univers du hockey sur glace…

Pour assurer leur première partie européenne, le trio chicagoan a fait appel Helms Alee. Des compatriotes. Etablis à Seattle. Ce soir, il s’agit de leur premier show accordé sur le Vieux Continent. Un trio réunissant deux filles et un mec. Leur musique libère énormément d’énergie, mais à la grosse louche. Epais, les riffs de gratte se succèdent, mais se ressemblent. Après avoir encaissé trois morceaux de ce metal stoner, le public est rassasié. Et souhaite que ce gavage s’achève le plus rapidement possible…

Vers 21h30, les choses sérieuses commencent. Chevelu, Mike Sullivan, le guitariste, s’installe sur la gauche. Barbu, le bassiste, Colin DeKuiper, sur la droite. Et Dave Turncrantz, en arrière-plan, au milieu, derrière ses fûts. Dès les premiers accords, on est impressionné par la puissance du son. Comme quoi, il n’est pas nécessaire de monter un quintet ou de disposer d’un mur d’amplis, pour produire du ‘gros son’. Le trio enchaîne les titres de ses différents long playings. Aucun n'est négligé. Parfois, les riffs de métal cèdent le relais à de longs crescendos construits en harmonie. Mike Sullivan est un fameux gratteur. Sa technique au tapping est stupéfiante de vélocité. Et le bassiste, est loin d’être un manchot. Les hochements de tête se généralisent dans la fosse ; ce qui démontre le réel intérêt de la foule pour ce concert. Un seul reproche, les musicos sont un peu trop statiques. Une critique largement compensée par la qualité, l’intensité et l’énergie libérée par les compos, et la parfaite maîtrise des instruments affichée par les trois compères de Russian Circles.  

Après une bonne heure de concert, le public est satisfait. Et le manifeste par de vives acclamations. De quoi aussi donner envie de ressortir les disques du band et de les écouter à plein volume, dans l’esprit de ce set…  

(Organisation : Le Grand Mix)

Pour les photos de Russian Circles lors de leur set à l'AB, c'est ici
Pour les photos de Helms Alee lors de de leur set à l'AB, c'est
Pour celles de Russian Circles au Grand Mix, c'est ici
Et pour celles de Helms Alee au Grand Mix, c'est

 

 

Skip&Die

Soirée fitness!

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Le concert de Skip&Die est sold out. La formation a cependant refusé de se produire dans la grande salle qu’elle aurait pu remplir aisément. La raison est simple : elle souhaite rester le plus proche possible de son public et bien sûr de ses aficionados. Le line up de S&D est partagé entre Sud-africains et Bataves. Le combo est venu défendre son troisième opus, « Cosmic Serpents », paru fin mars dernier. Un disque publié sur le label bruxellois, Crammed Discs. Pas étonnant, puisque les musicos fréquentent régulièrement la capitale de l’Europe. Côté inspiration, le band puise d’abord ses sources dans la musique d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et de l’Inde. Une chose est sûre, la soirée s’annonce festive…

La première partie est assurée par d’excellent entertainers, nés pour la danse et la fête : Throes and The Shine. Issu de Lisbonne, le groupe implique deux Angolais, aux vocaux. Son expression sonore est le fruit d’un mélange d’électro, d’afro-house, de ku duro, de benga, et de rock, mijoté à la sauce contemporaine. Le tout est agrémenté de break dance et de semba (danse angolaise). Le ku duro, (littéralement 'cul dur' dans la langue de Gil Vincente) est une musique traditionnelle de cette ancienne colonie portugaise. C'est un autre combo lisboète, Buraka Som Sistema, qui l'a popularisée à travers le monde. Un pur bonheur pour les jambes, le popotin et les oreilles.

Diron Shine et Mob assurent le chant. Le premier est musclé et a enfilé un marcel coloré. Ils sont soutenus par Igor Domingues aux drums et percus, Marco Castro à la guitare, aux synthés et machines ainsi que Rafael Silva à la basse. Throes and The Shine (chapeau sur la tête) va mettre le feu à l'AB Club et la transformer en boîte de nuit. Les musicos montent d’abord sur l’estrade. Ils sont suivis par les deux vocalistes. Dès l’intro, l’invitation est claire : ‘Everybody's, clap your hands !’ L’auditoire s’exécute. Il va zouker, jumper et danser sec sur le dancefloor. La température va graduellement monter de plusieurs degrés et atteindre son pic sur « Batida ». Deux fans audacieux montent sur l’estrade pour se défouler en compagnie de la formation. Il est temps de faire régime ? Suffit d’assister au set de T&TS et vous perdrez quelques litres, voire quelques kilos superflus. Une belle mise en jambes…

Place ensuite à Skip&Die. Catarina Aimée Dahms, aka Cata Pirata, est la chanteuse. De nationalité sud-africaine, sa tenue est particulièrement excentrique : elle porte une longue cape bleue, un short blanc à froufrous assorti au chemisier et est chaussée de bottes guêtres fantaisistes de couleur noire. Sa chevelure est constituée de longues tresses en mode dreadlocks. Et malgré cet aspect extérieur un peu farfelu, elle est plutôt jolie. Soirée fitness, puisque dès qu’elle monte sur les planches, elle entame son jogging. Le sourire aux lèvres. Tout en rappant ou chantant. Et d’une manière impeccable, s'il vous plait ! Le line up est complété par le drummer/percussionniste Gino Boombanbu, aka Bombrini, le claviériste et bidouilleur Jori Collignon ainsi que Daniel Rose au sitar et à la gratte.

L'intro nous plonge dans le monde oriental. Avant que « Jungle Riot » n’entame le set. Cata mêle onomatopées et chant. Tribales voire explosives, les percus nous entraînent dans les ghettos de Soweto. « Killing Aid » permet à la température de prendre encore quelques degrés. Moment choisi pour se prendre dans la tronche, « Burning Bridges », un brûlot issu du nouvel elpee. On est dans une fournaise. Pulls, manteaux, tee et sweet-shirts s'accumulent sur le bord de l’estrade et les baffles. Cocktail d'électro, de balkan music, de drum&bass et de hip hop, « La Cumbia Dictatura » permet à Cata de démontrer son aptitude à canaliser la foule. Elle la mène même à la baguette. Et pour la circonstance, évidemment, l’incite à danser. Les lyrics sont interprétés dans six langues différentes : anglais, afrikaans, zoulou, xhosa, espagnol ou portugais.

« Mami Wata » est dynamisé par les percus. Ragga et reggae contaminent « Perpetual War ». Bienvenue à Kingston ! Les artistes en profitent pour faire un break, se désaltérer et arroser le public, avant d’embrayer par un « Get Your Braai On », au cours duquel le hip hop mène la danse. Plus paisible, « Nine Dimensions » trempe dans une pop classique. Ce sera le seul moment cool du set. Nerveux, « Multi Murder » reprend sa vitesse de croisière. Cata en profite pour prendre un bain de foule. « Space Girls » achève la prestation, une autre compo pop, mais dansante, balayée par un solo de gratte psyché.

L’auditoire en veut encore, hurle, bat des pieds ou/et des mains. Soirée fitness, je l’avais déjà dit. Le combo revient alors et nous réserve une version ‘unplugged’ d’« Anti Capitalista », à la demande du public. Magique ! Et la soirée de se conclure par un « Senorita » vitaminé par les beats drum&bass, alors que le sitar emporte nos rêves, jusqu’au Taj Mahal…

(Organisation : Ancienne Belgique)