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Jean-Claude Mondo

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mercredi, 27 octobre 2010 20:16

Clapton

Eric Clapton constitue depuis quelques années, une des valeurs sûres du blues/rock mainstream. Sa carrière personnelle, il l'a entamée dès 1974, après avoir vécu celles du Cream, Blind Faith et Derek & the Dominoes. Et s’être débarrassé de ses problèmes liés à la drogue. Considéré autrefois comme un dieu de la guitare, il ne compte plus aujourd’hui que sur sa notoriété. De plus en plus réservé, il possède même une voix idéale pour son répertoire ; alors que lorsqu’il était au sommet de son art, elle faisait un peu pâle figure. D’ailleurs, à cette époque, il évitait de prendre le micro. Il continue cependant de tourner énormément. En compagnie de son backing band. Et en ‘live’, il privilégie un répertoire largement tourné vers le blues. Ses nouvelles œuvres se font de plus en plus rares. Et lorsqu’il participe aux sessions d’enregistrement de potes, il se la joue le plus souvent décontracté, ‘laidback’ si vous préférez. A l'instar de son ami JJ Cale, pour lequel il avait collaboré à la confection de sa dernière œuvre, "The road to Esconsido", en 2006.

Si l’artiste ne surprend plus, il continue à séduire. Sur son dernier long playing, Eric se paie une bonne tranche de blues, abordant des reprises de thèmes notoires, des compos ‘cool’, écrites ou inspirées par JJ Cale, et puis des chansons personnelles, plus intimistes (NDR : autobiographiques, elles sont inspirées par les heurs et malheurs de son existence ; faut dire aussi qu’il n'a pas toujours eu la vie facile) ou qui empruntent au jazz suranné. L’ensemble manifeste une belle homogénéité ; néanmoins, c’est lorsque Clapton s’affirme dans le blues qu’il est le plus convaincant. Et j’avoue qu’à ce moment, j’éprouve un énorme plaisir à écouter son répertoire.

"How deep is the ocean" est un standard du jazz écrit en 1932. La version est parcourue par les interventions à la trompette de Wynton Marsalis et enrichie par les cordes du London Session Orchestra. Baignant dans le dixieland, trompette, clarinette, tuba et trombone à la clef, "My very good friend the milkman" est une compo qui remonte à la même époque. Allen Toussaint s’y réserve le piano. "When somebody thinks you're wonderful", est un succès signé Fats Waller qui remonte à 1935 ; et on est ici en présence de presque une copie carbone. "Autumn leaves" est investi par une jolie mélodie, mais elle brille surtout par sa capacité soporifique ( ?!?!?) Le "Rockin' chair" de Hoggy Carmichael avait été enregistré par Louis Armstrong, avant 1930. La nouvelle version épingle le concours du jeune Derek Trucks, à la slide. L’aspect laidback, inspiré par JJ Cale, Eric l’entretient tout au long de deux compos issues de la plume de son vieil ami du sud. Tout d’abord "River runs deep" (NDR : extrait de l’elpee "Naturally", publié en 1972), parcouru par les vocaux et les cordes de JJ. Un Cale qui se réserve encore le chant sur son "Everything will be alright", un morceau plus rythmé, au cours duquel Paul Carrack siège derrière l'orgue Hammond. Eric et JJ chantent ensemble "That's no way to get along". Ecrite en 1929 par Robert Wilkins, cette compo syncopée, inspirée par les rythmes de la Nouvelle Orléans, met en exergue l’excellent boulot opéré par Jim Keltner aux drums, Doyle Bramhall à la guitare et Steve Riley à l'accordéon. On en arrive maintenant, à ce que je considère, enfin, comme la quintessence de l’œuvre. C’est-à-dire quand Clapton redevient le bluesman. Soit sur quatre des 14 plages de l'album. La reprise du "Travelin' alone" de Melvin ‘Lil' son’ Jackson est vraiment superbe. L’instrumentation est primaire, mais l’impact direct. Eric est impeccablement soutenu par sa section rythmique, composée de Jim Keltner et Willie Weeks. Excellent ! Deux covers ont bénéficié de la collaboration du géant Kim Wilson à l'harmonica ; et elles sont excellentes. Soit le "Judgement day" de Snooky Pryor et "Can't hold out much longer" de Little Walter. Deux morceaux au cours desquels, on sent vraiment que Clapton prend son pied. Signé Lane Hardin, un obscur bluesman issu de St Louis, "Hard time blues" identifie un blues à ras-de-terre. Clapton a empoigné la mandoline, alors que Doyle Bramhall se réserve la guitare solo! L’elpee recèle deux compositions du même Bramhall, le fidèle guitariste rythmique. Tout d’abord "Run back to your side", un tout bon blues rocker, au cours duquel EC s'éclate enfin face aux chœurs féminins prolifiques. Et enfin "Diamonds make from rain", un blues mélodique nourri au gospel, gorgé d’arrangements, qu’il chante en duo avec Miss Sheryl Crow...

mercredi, 27 octobre 2010 20:16

Hard knocks

Joe Cocker affiche aujourd'hui 66 balais. Ce citoyen de Sheffield doit certainement toujours se rappeler la bonne idée d’avoir enregistré, en 1968, le "With a little help from my friends" des Beatles, une chanson issue de leur album "Sgt Pepper" ; et puis ensuite de l’avoir interprétée lors du festival de Woodstock, en août 1969. Car cette cover va figurer dans le film consacré à cet événement et lui procurer une notoriété fulgurante. L'année suivante, Joe tourne inlassablement aux USA, et enregistre l'album culte "Mad dogs and Englishmen". Plus de quatre décennies plus tard, l’artiste anglais bénéficie toujours des retombées de ce succès précoce. Certes l'homme ne manque pas de talent. Vocal. Avant tout. Une voix typée, puissante, rocailleuse, toujours plus ravagée au fil de l'âge. Il est toujours parvenu à se magnifier en ‘live’. Se forgeant ainsi une réputation unique. Ce qui explique pourquoi il a tourné aux quatre coins du monde.

Joe compte près de trente albums à son actif. Et vient donc de publier "Hard knocks". Franchement, un disque un peu court pour un artiste de son statut. Dix plages qu’il interprète, car il n'est pas compositeur. Il est soutenu par son band : Ray Parker Jr à la guitare, Josh Freese aux drums, Chris Chaney à la basse, Jamie Muhoberac et Matt Serletic aux claviers, ce dernier se chargeant également de la programmation et de la production. Un produit étiqueté ‘Joe Cocker’ est destiné à la vente. Donc il a été concocté pour séduire le plus large public possible. La mise en forme est très soignée. Les chœurs, les cuivres et les arrangements de cordes synthétiques enrichissent régulièrement la solution sonore.

L'opus s’ouvre par le titre maître. Un compo qui ne manque pas de charme. Le rythme est bien balancé. La voix très caractéristique de Joe, bien posée à l'avant. Imprimé sur un tempo soutenu, "Get on" est sculpté dans le funk. Une invitation naturelle à la danse. Cependant, Cocker est au sommet de son art lors des ballades les plus lentes. A l’instar d’"Unforgiven", une compo fort bien ficelée qu’il chante en injectant toute sa passion. Autre funk, "The fall" manque de naturel. Pourtant l’intensité de la plage est suffisamment contenue ; mais les arrangements très (trop) travaillés sont envahissants. Douceur et mélancolie bercent "So it goes". Fort bonne composition, "Runaway train" est gâchée par la mise en forme. Trop léchée. Il y manque ce zeste de folie. Dommage ! Sous une forme plus dépouillée, le résultat aurait été superbe, car Cocker vit très intérieurement cette plage et laisse éclater toute sa passion, en fin de parcours. "Thankful" est une compo très radiophonique. Contagieuse aussi. Joe y est soutenu par un chœur gospel conséquent. Trop longtemps restée dans l'ombre, la guitare fait enfin son apparition. Elégante, mais dépouillée, "So" est une chanson qui s’adresse aux couples impatients de roucouler. Et les chœurs gospel font leur retour lors de la finale "I hope". Franchement on était en droit de s’attendre à autre chose du Cocker nouveau!

 

mercredi, 27 octobre 2010 20:05

Mojo

Tom Petty est un artiste attachant. Issu de la scène rock, ce musicien est parvenu à puiser au sein d’une multitude de styles pour créer une musique bien américaine, que l’on qualifie aujourd’hui d’ailleurs d’americana. En fait, il s’agit tout simplement de bon vieux rock, teinté de fortes colorations country, et épicé d’un zeste de blues et de folk. Il y a bien longtemps qu’il roule sa bosse sur les routes du rock ; mais j’ai quand même été surpris d’apprendre qu’il allait souffler ses 60 bougies, en octobre 2010.

Ce garçon, aux cheveux blonds filasse est originaire de l’état du soleil, la Floride. Au cours des années 70, il monte son groupe, les Heartbreakers. Le combo publie son premier elpee en 1976. Il est éponyme. Et recèle déjà deux futurs classiques "Breakdown" et "American girl". Depuis, il a parfaitement mené sa barque, même si depuis l’an 2000, il s’est montré relativement un peu plus discret, concoctant "The last DJ" en 2002, "Highway companion" (NDR : en solo) quatre ans plus tard, et "The Live Anthology", fin de l’année dernière. Il a baptisé son nouvel, "Mojo". Ce qui lui confère une étiquette plutôt blues ; et manifestement, on y retrouve régulièrement des tempos empruntés au blues! Tom chante, bien sûr, et joue de la guitare. Il est soutenu par ses fidèles musiciens : les guitaristes Scott Thurston et surtout Mike Campbell, l’organiste Benmont Tench, le bassiste Ron Blair et le drummer Steve Ferrone.

"Jefferson Jericho blues" ouvre l’elpee. Le tempo est imprimé sur le rythme du chemin de fer, si souvent popularisé dans le blues du sud. La compo véhicule des accents empruntés au Mississippi et à la Louisiane. Thurston se réserve l’harmonica tout au long de cette ballade empreinte de douceur et bien construite. Les instruments baignent dans une certaine forme de quiétude, mais également de subtilité, à l’instar du Steely Dan au sommet de son art! Blues/rock, "Running man’s bible" met en exergue Mr Petty à la guitare solo. Et bien sûr au chant. Sa voix est très convaincante tout au long de cette plage traversée de climats rythmiques torrides, et dont l’atmosphère est réminiscente de l’album "L.A woman" des Doors. "The trip to Pirate’s cove" est une ballade majestueuse, dont la densité et la richesse sont entretenues par les cordes de Campbell et l’orgue Hammond de Tench. Du Tom Petty and The Heartbreakers par excellence ! Relax, "Candy" campe un blues rocker bien dans l'esprit de JJ Cale. Et il est excellent. Autre ballade, "No reason to cry" trempe dans la country. Une plage délicieuse au cours de laquelle Mike Campbell se réserve la lap steel guitare. Largement amplifié, puissant, "I should have know it" libère toute son intensité, une intensité dramatique entretenue par les riffs de gratte. "US 41" s’ouvre sous une forme de blues empreint de légèreté, avant de s’engraisser au contact de la slide de Campbell, mais aussi de l'harmonica. Inspiré par le géant du southside, Muddy Waters, "Takin' my time" baigne dans le Chicago blues. Et pour cause, son riff est tellement proche de "Mannish boy". Au bord de la saturation, les cordes sont pourtant bien maîtrisées. Tom poursuit son parcours dans l’univers du blues, en délivrant un "Let yourself go" rondement mené. Talonné par l'harmo de Thurston, Campbell est alors au sommet de son art. Et "Lover's touch" évolue dans le même registre. "Don't pull me over" émarge au reggae. Tom attaque un autre blues rock qui ne maque pas d’allure : "High in the morning", une compo au cours de laquelle son timbre est tellement proche de celui de Dylan! D’excellente facture, cette œuvre nous réserve encore deux somptueuses ballades, "Something good coming" et "Good enough".

 

mercredi, 27 octobre 2010 20:03

Guitar heaven (Cd + Dvd)

Carlos  Santana nous entraîne au paradis des guitares. Sous-titré « The greatest guitar classics of all time », « Guitar heaven » est donc censé nous faire revivre les plus grands classiques de tous les temps. Perso, je n’en suis pas si sûr ; mais n’empêche, Carlos est un musicien exceptionnel et c’est sans la moindre difficulté qu’il revêt successivement les costumes de Jimmy Page, Jeff Beck, Eric Clapton, Richie Blackmore, Van Halen et consorts. Arista lui a fourni tout ce qu’il souhaitait pour concrétiser son projet. Et pourtant, hormis Joe Cocker, la liste des chanteurs ne recèle que des artistes plus jeunes que lui ; et, sans aucun doute, moins connus du grand public. Cette édition réunit seize plage dont deux bonus tracks, pour la version ‘de luxe’.

L’opus démarre fort par "Whole lotta love", le titre le plus prestigieux du répertoire de Led Zeppelin. Une reprise sans surprise. Il dispense sans difficultés, le riff popularisé par Jimmy Page, pendant que Chris Cornell (le chanteur de Soundgarden) se révèle tout à fait étonnant dans le rôle de Robert Plant. Une entrée en matière réussie. Carlos reproduit tout aussi facilement le riff caractéristique de Keith Richard, sur le "Can’t you hear me knocking" des Rolling Stones. Scott Weiland, le vocaliste des Stone Temple Pilots, n’a ni le timbre, ni les inflexions de Mick Jagger, mais dans son registre, il est tout à fait convainquant, face à la guitare dont le solo s’envole bien au-delà des limites fixées, à l’époque, par Mick Taylor. "Sunshine of your love" était le cheval de bataille du Cream, supergroupe anglais issu des sixties. Carlos se met dans la peau de Clapton, pendant que Rob Thomas (NDR : fin du siècle dernier, Rob militait comme chanteur au sein de Santana ; il a d’ailleurs participé à l’enregistrement de "Supernatural") emprunte la voix de Jack Bruce. La reprise du "While my guitar gently weeps" de George Harrisson est un des sommets de ce ‘paradis’. La voix suave d’India Arie est soutenue par le violoncelle de Yo Yo Ma (NDR : un musicien d’origine chinoise), le piano acoustique et les cordes magiques du maître! Mr Santana pourrait alors se permettre de lever le pied. Mais apparemment, ce n’est pas son intention. D’ailleurs lors du  "Photograph" de Lef Leppard, il donne une leçon de heavy metal. Et sa version hard rap du "Back in black" d’AC-DC met en exergue le sémillant Nas. Le tracklisting en revient ensuite aux grands classiques du passé. Tout d’abord le "Riders on the storm" des Doors. Auquel participe le claviériste originel, Ray Manzatek. La sonorité de son orgue est tellement caractéristique ; mais le chanteur de néométal Chris Bennington n’est pas Jim Morrison. Carlos s’offre un moment de récréation en imitant le riff de Blackmore sur le "Smoke on the water "de Deep Purple. Excellent, Jacoby Shaddix (de Papa Roach) a repris le micro dévolu à Ian Gillan! Parmi les standards, j’épinglerai encore le "Dance the night away" de Van Halen et le "Get it on"de T Rex, rebaptisé "Bang a gong". Santana rend hommage à Jimi Hendrix. Il reprend son "Little wing" ; et c’est un vétéran, Joe Cocker, qui pose sa voix rocailleuse et fatiguée sur la compo de ce monstre sacré. J’apprécie tout particulièrement l’adaptation du "I ain’t superstitious" de Willie Dixon, un classique du Chicago blues. La vision proposée ici par Santana est comparable à celle affichée par Jeff Beck sur son album "Truth", un elpee paru en 1968. Le son de guitare est découpé au rasoir ; et si Jonni Lang n’est pas Rod Stewart, il est indubitablement un tout bon jeune chanteur de blues! En rappel, l’habile Santana nous réserve une version très personnelle du "Fortunate son" de Creedence Clearwater Revival. Curieux, Scott Stapp, le chanteur de Creed (NDR : cherchez l’erreur !) se charge des parties vocales. Et l’elpee s’achève par "Under the bridge" des Red Hot Chilli Peppers, une cover que se réserve Andy Vargas, l’actuel vocaliste de Santana.

Le Dvd ne nous propose pas beaucoup plus. Il est cependant enrichi d’interviews accordés par Santana ainsi que de Clive David, l’homme derrière ce projet ; sans oublier quelques prises filmées lors des les sessions d’enregistrement. Merci Carlos pour ce petit bout de paradis!

 

mardi, 19 octobre 2010 02:00

Fortune Cookie

Roland Van Campenhout est de nationalité belge. C’est un vétéran du blues. Mais surtout un artiste complet, généreux et talentueux. Il arpente les scènes depuis tellement longtemps, qu’on a peine à croire qu’il ne va bientôt entrer dans le club des septuagénaires. Si à une certaine époque, il a drivé ses Blues Workshop, il a surtout privilégié une carrière individuelle, souvent marquée de collaborations marquantes. Ami de feu Rory Gallagher, il a bossé en compagnie d’Arno chez Charles et les Lulus, dans les années 90.

Steven De Bruyn est un jeune harmoniciste. Révélé d’abord à la tête d'El Fish, ce musicien talentueux, doublé d'une personnalité forte et d'une sensibilité hors normes, est le digne successeur de Toots Thielemans, même s’il n’évolue pas dans le même registre.

Steven est également impliqué chez les Rhythm Junks tout comme Tony Gyselinck, un batteur particulièrement notoire dans le monde du jazz belge

Lorsque Filip Casteels, le guitariste originel, a quitté El Fish, Roland est souvent venu renforcer le line up, sur les planches. C’est dire si Gantois et le Louvaniste étaient nés pour se rencontrer et partager leurs valeurs musicales. Ils ont d’ailleurs enregistré un album ensemble, "Waterbottle"!

Ce nouveau trio s'était produit lors de la dernière édition du festival Roots & Roses de Lessines, le 2 mai dernier. Un set qui avait littéralement médusé l’audience. Les trois compères se sont réunis, en studio, au cours des mois de mars et juillet 2010. Ils maîtrisent parfaitement leurs instruments. Ce qui explique pourquoi leur musique est impeccable, mais aussi aventureuse. Atmosphérique également. Difficile d’ailleurs de lui coller une étiquette, puisque les différents partenaires cherchent à explorer de nouvelles voies en tirant parti, tour à tour, du blues ou du jazz. En fait, on a même l’impression que ces nouvelles sonorités, ils les découvrent au fil des sessions.

Plage récréative, "Allumeuse Bayan" ouvre l’elpee. Imaginez un Toots Thielemans évoluant au cœur d'une world music parcourue d’effets électroniques. Steven joue de l’harmo d’une manière assez classique. Jazz bien sûr. Face aux percussions profilées comme un raga indien. Le tout traversé de bruitages électroniques. Avant que Roland n’y injecte des sonorités de cordes un peu particulières, entre dobro et sitar! "Reinvent yourself" intrigue davantage. Steven récite ses mots dans un monde bien étrange. L'harmonica adopte un profil  discrètement lyrique. Lorsque les trois instruments jouent de concert, l’expression sonore baigne au cœur d'un blues subtilement funky. L'intro de "She knows how" est chaotique, presque déjantée. Le climat est pourtant hispanique. Une compo qui atteint cependant sa pleine puissance. Le chant frêle et délicat de Steven est bientôt rejoint par la voix graveleuse et tellement profonde de son comparse. Le résultat est étonnant, insolite mais toujours séduisant. Une vague électronique déferle sur "Boots & bitches". De quoi provoquer un climat de transe, rappelant à nouveau les ragas indiens, que soutiennent les percussions de Tony. L'harmonica de Steven divague dans le décor sonore, tandis que les cordes de Roland écrasent tout sur leur passage. Torturées, elles ne cessent de gémir tout au long de cet exercice de style d’une durée de près de 5'. Ballade relaxante et d’une grande pureté, "Tiny tiny" détermine une sorte de trêve instrumentale. Le timbre de Steven est serein, empreint de douceur. De Bruyn s’accompagne à la guitare résonator tandis que Roland se réserve les claviers, afin de communiquer au morceau une ambiance lugubre et cosmique à la fois! "King Kong in the Lunapark" macère dans un climat blues. Roland chante d’une voix grave. Elle pourrait émaner outre-tombe. Un certain effroi nous parcourt l’échine, tandis que Steven nous divertit de petites phrases claires et lumineuses. "Teeth grinder" adopte un tempo fort proche. Une longue fresque qui se développe très lentement. Tony balise la compo de ses fûts. Il double aussi aux claviers tandis que Steven arrache des sonorités pas possibles de son instrument. L’atmosphère ne respire pas la joie. Plutôt même un mal-être que cherche à tempérer les cordes de Roland, inspirées par cette texture minimaliste. Rien ne peut atteindre la sérénité de Mr De Bruyn. Même pas une araignée dans la figure. Il conserve son calme et son assurance tout au long de ce "Spider on my face" qui achève la première œuvre de ce trio. Sa voix est soutenue par les deux guitares. Le rythme s'accélère cependant progressivement. Le chant se dédouble. Les sonorités des cordes acoustiques sont limpides. Impressionnant ! Un bien bel album !

mardi, 12 octobre 2010 02:00

The Cliffhanger Project

Richard Chalk est le boss du label Topcat. Une écurie établie à Dallas très exactement, qui nous propose une nouvelle aventure du Lone Star State, c’est-à-dire un concentré d’artistes et de groupes qui se nourrissent aux savoureuses guitares texanes. Pour concocter ce « Cliffhanger Project », il s'est tourné vers une bourgade proche de Dallas, sise au sud de la rivière Trinity, en l’occurrence la riche communauté musicale d’Oak Cliff. C'est d'ailleurs de cette cité que sont originaires Ray Wylie Hubbard, Jimmie et Stevie Ray Vaughan. Mais pour la circonstance, il a choisi des gratteurs locaux, dont la plupart sont d’illustres inconnus. Ils se partagent les treize plages.

Rocky Athas est certainement le moins méconnu. Il est, en effet, sixcordiste chez le Blues Breakers de John Mayall. Cet ancien compagnon de classe de Stevie Ray a également longtemps milité au sein de Black Oak Arkansas. Il participe à quatre plages de ce recueil. Et tout d’abord "Texas girl", une ouverture saignante caractérisée par la guitare, dont il torture et écrase les sonorités à l’aide de ses pédales, dans un style proche de Vaughan. Et c’est son pote, Larry Samford, qui se charge des vocaux. La même équipe est reconduite pour attaquer "I'm tired", probablement la meilleure compo de Chris Youlden, personnage longiligne qui était préposé au chant, chez le Savoy Brown de la grande époque. Le travail de Rocky sur les cordes est grandiose. Ensuite, lors de la plage instrumentale, "Another day, another time". Enfin, Athas et Jimmy Wallace se partagent les cordes lors d’un autre instru, dont le titre correspond parfaitement au projet : "Oak Cliff Guitar Boogie".

A l’instar de Jerry Don Branch et Robert Ware, Wallace a sévi chez les Stratoblasters. Ils sont ici réunis pour la reprise de "The score", écrit par un certain Willie Dixon. Un excellent slow blues, chargé d'intensité dramatique. Un pur Texas blues au cours duquel les deux guitares s’emballent littéralement. Assez proche de celle de Billy Gibbons du ZZ Top, la voix de Branch est également percutante. La même équipe participe à la finale, en l’occurrence une merveilleuse reprise du "People get ready" de Curtis Mayfield. Les Stratoblasters, c'était le backing band de Bugs Henderson, un des grands gratteurs de Dallas. Et Bugs avait autorisé Wallace de reprendre le patronyme. Jimmy est aussi le patron du Dallas International Guitar Festival. A l'affiche de l’édition 2010, figuraient notamment Mike Morgan, Smokin' Joe Kubek, Buddy Whittington, Bugs Henderson, Denny Freeman, Rick Derringer, Neal Schon et Ted Nugent (NDR : ouf !)

Particulièrement doué à la slide, Christian Brooks drive son propre band, un combo aussi à l’aise dans l’univers du blues, southern rock, boogie, cajun ou honky tonk. Il interprète ici son "What's it gonna be?"

Russell Stonecypher n’est guère notoire. Il adapte le "Big legs, tight skirt" de John Lee Hooker. Sa slide transperce ce boogie très dynamique, mais sa voix est plutôt quelconque. Il enchaîne par le "She's got a ring in his nose and a ring in her hand" de Chris Youlden, et enfin, le standard "Take out some insurance" de Jimmy Reed.

Mike Jeffrey et Mike McCullough sont tout aussi anonymes. Ce qui ne les empêche pas de se révéler de talentueux musiciens. Ils se fendent d’une cover du "The nazz are blue" des Yardbirds époque Jeff Beck, un blues rock primaire et offensif. Mais c’est lorsque Jeffrey est aux commandes que le duo se montre le plus percutant. A l’instar de son "Only lonely", une douce ballade séduisante, parcourue par des accords de guitare en picking, mais au relief country.

Enfin, épaulé par Larry Samford au chant, David Brown maîtrise parfaitement sa cover du "Dimples" de John Lee Hooker.

Une œuvre truffée de toutes bonnes guitares texanes et qui a bénéficié de la production soignée de Robert Ware, le bassiste omniprésent du Cliffhanger Project!

 

mardi, 12 octobre 2010 02:00

Shine

Au fil du temps, cette jeune chanteuse de blues et soul acquiert de plus en plus d’expérience. Cette Britannique avait été remarquée, il y a quelques années, par Christopher Holland, le frère du célèbre pianiste Jools Holland. Suite à cette rencontre, elle avait eu le redoutable honneur d'ouvrir pour Jools, au célèbre Royal Albert Hall. Le jour de Noël de la même année. C’est ensuite Thomas Ruf qui se charge de la guider ; et il la signe en septembre 2007. Son premier album "Heal my blues" sort l'année suivante. Début 2008, elle embarque dans l’aventure du Blues Caravan Tour, organisé par Ruf. Et elle y est confrontée à un fameux challenge : rivaliser avec des vocalistes aussi confirmées que Candye Kane, Sue Foley ou Deborah Coleman. A ses débuts, Dani citait volontiers Susan Tedeschi et Shemekia Copeland comme références majeures. Aujourd'hui, elle évoque plutôt Alanis Morrisette et Joss Stone.

Début 2010, elle est entrée en studio pour concocter ce "Shine". Des sessions au cours desquelles elle a eu le privilège de bénéficier de la production de Mike Vernon. Et pour cause, ce vétéran est considéré un des plus célèbres producteurs de blues anglais. Elle a également reçu le concours de ses musiciens, mais également de grosses pointures, comme Roger Inniss, bassiste du band de Chaka Kahn. Non seulement Dani chante, joue de la guitare et compose la presque totalité de son répertoire, mais elle a aussi de fort jolies jambes…

L’opus s’ouvre par le titre maître. Une plage acoustique qui baigne au sein d’un climat relax. Le timbre de notre petite insulaire est excellent. Il est soutenu de chœurs et par les interventions de son frère, Will ‘Harmonica’ Wilde, à l’harmo (NDR : on s’en serait douté). Une bonne entrée en matière! De très bonne facture "Some kind crazy" est un blues imprimé sur un tempo lent. Introduit par son guitariste Ben Poole, il est balisé par les accords au piano du vétéran Pete Wingfield (NDR : cet ex-Jellybread est membre du backing group de Van Morrison). Les cordes son largement amplifiées et éclatent à la mi-parcours. Un moment privilégié que partagent Miss Wilde et Ben. Une seule reprise : le "Miss you" des Rolling Stones. Légèrement funk, cette cover n’est guère surprenante. La section de cuivres de Van Morrison et l’orgue de Dave Lennox (ex-Eurythmics) enrichissent la solution sonore. Will (NDR : il est également le leader de son blues band !) se réserve, pour la circonstance, une excellente sortie à l'harmonica. Très belle ballade, "How do you do it" est illuminée d’accents  gospel. Wingfield siège derrière les ivoires. Et la très habile gratteuse californienne, Laura Chavez, se charge des cordes. La production soignée de Vernon met bien en évidence le talent de cette jeune artiste. Elle impressionne d’ailleurs lorsqu’elle introduit, a capella, "Red blooded woman. Une compo qui baigne au sein d’un Chicago blues classique, façon Willie Dixon. Nouvelle mention spéciale pour Will, le jeune souffleur. "Don't give up on me" macère au cœur d’un climat empreint de sérénité et d’harmonie. La pureté et la sensibilité du timbre vocal de Dani bouleverse. Elle est également engagée pour des œuvres sociales. En particulier l'éducation de l'enfance abandonnée. Elle est impliquée dans un projet très spécifique, destiné à aider et subventionner une école primaire à Embu, au Kenya. C’est ce sujet qu’elle traite à travers son plus beau blues, "Abandoned child", une compo au cours de laquelle Laura Chavez se montre à nouveau très classe à la guitare. Jolie ballade soul, "Where blue begins" est parcouru par les interventions impeccables de Martin Winning au sax ténor. Et en finale, Dani interprète en solitaire "Big brown eyes" ; elle soutient uniquement sa voix d’ange, de ses cordes acoustiques… 

 

mardi, 05 octobre 2010 02:00

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Ronnie Earl est un artiste majeur. C’est de notoriété publique. De son véritable nom Ronnie Horvath, Earl est né dans le quartier du Queens à New York, en 1953. Son cursus scolaire est plus que respectable, puisqu’il achève ses études, en 1976, à l'Université de Boston. Ce qui ne l’avait pas empêché de se consacrer à la guitare. Et même de manière intensive. Il apprend beaucoup en écoutant le blues d'Otis Rush et de l'harmoniciste Big Walter Horton. Il entame sa carrière musicale, à Boston, au sein du backing group de Johnny Nicholas, the Rhythm Rockers. Et sévit ensuite chez les Bluetones du chanteur/harmoniciste Sugar Ray Norcia. En 1978, il rejoint le Roomful of Blues, le big band de Providence, dans le Rhode Island, pour y remplacer Duke Robillard. Il y séjournera jusqu'en 1986 ; mais en même temps, il entame une carrière individuelle En 88, il monte ses Broadcasters, formation au sein de laquelle figurent, au départ, le chanteur Darrell Nulisch et l'harmoniciste Jerry Portnoy. Depuis, il a publié un nombre impressionnant d’albums. Que ce soit pour les labels Black Top, Bullseye, Telarc, Stony Plain, et j’en passe.

Lorsqu'il aborde le slow blues, Ronnie adore dédicacer. Une intention qu’on retrouve dans les titres de ses compos : "Blues for... Jimmie and Jesse, for Bone, for Robert Jr, for the West Side, for Henry, for Martin Luther King, for Shawn, for Otis Rush, for the Homeless, for J, for Fathead, for the South side…", autant d'hommages rendus à des artistes, des styles ou des causes. Si Ronnie est un brillant musicien il est aussi avant tout un homme, un humaniste, à la sensibilité exacerbée, à l'inspiration débordante, puisant autant dans le blues que le jazz, et se servant même parfois des rythmes exotiques. Sa musique est celle de ses sentiments, de son corps, de son cœur, de son âme. Ronnie ne chante pas et si dans le passé, il est régulièrement parvenu à s’entourer d'excellents vocalistes, sa musique est avant tout instrumentale. Et très souvent, il laisse libre cours à ses collaborateurs, pour s’exprimer.

Pour enregistrer ce nouvel opus, Dave Limina est préposé aux claviers, Jim Mouradian à la basse et Lorne Entress aux drums. Earl puise dans le catalogue d'Albert Collins, dès le premier titre. "Backstroke" démontre déjà que l'essence même de cette œuvre repose sur les échanges à très haut niveau entre les cordes d'Earl et les claviers de Dave Limina. Ronnie parvient à restituer le style en picking du Master of the Telecaster. Première étiquette, "Blues for Dr Donna" est une déclaration d'amour qu’il adresse à son épouse Donna. Un blues tout en feeling et douceur, caractérisé par son toucher tellement délicat. Il effectue ensuite des lectures très personnelles de compos notoires, telles que le "Chitlins con carne" de Kenny Burrell, au cours desquelles il emprunte à Carlos Santana ainsi que le "Cristo Redentor" de Duke Pearson, un moreau popularisé par la version de Charlie Musselwhite à l’harmonica. Et il faut avouer que cette adaptation est majestueuse. Ronnie entame ensuite une séquence découpée en trois chapitres, "Happy", "Patience" et "Miracle". Un enchaînement proposé sous la forme d’un testament musical ; car cette musique qui lui vient du cœur, de l'âme et de l’esprit, il l’exécute en affichant cette technique impeccable et immaculée, qui le rapproche tellement de Carlos Santana. Faut dire qu’il émane une même spiritualité des deux musiciens. Limina adopte un style réminiscent de Booker T pour attaquer "Happy", une plage empreinte de bonne humeur. "Patience" campe un superbe blues lent. Enfin, "Miracle", parcouru par les interventions cathédralesques à l’orgue de Limina, ponctue cette trilogie. Les échanges entre Ronnie et Limina sur "Spann's groove" nous rappellent ceux, divins, opérés entre Muddy Waters et Otis Spann, et nous projettent ainsi dans le passé glorieux de Chicago. Sa conception très personnelle du blues, qu’il teinte de jazz et parfume d’exotisme, refait surface lors des tempos lents. A l’instar de "Skyman", au cours duquel il adresse manifestement un clin d'œil au regretté Duane Allman. Puis sur "Tommy's midnight blues". Et enfin tout au long d’"Eleventh step to heaven", une onzième marche qui mène au Paradis, et dont le parcours est balisé par l’excellente intervention de l'invité Paul Kochanski, à la basse. Davantage imprégné de jazz, "Ethan's song" met surtout en exergue le talent de Mr Limina. Il reste encore deux hommages. Tout d’abord, "Blues for Slim", qu’il adresse au remarquable Eddie Jones, dit Guitar Slim ; et, enfin, sous une forme acoustique, le traditionnel "Blues for Bill". Manifestement, Ronnie Earl possède un sens aigu du perfectionnisme…

 

mardi, 28 septembre 2010 02:00

This is the blues : Volume One

Vu le titre, on se doute qu’il y aura une suite. En fait, cette série prévoit quatre volumes. Et, bien sûr, nous somme en présence du premier. Néanmoins, au sein de cette collection, ne cherchez pas d’enregistrements originaux! L’essentiel des plages est issu de deux recueils parus il y a quelques années. Le premier, intitulé "Rattlesnake guitar : The Music of Peter Green", avait été publié en 1995. Sur le label Viceroy. Il était consacré au remarquable guitariste anglais qui avait déserté la scène musicale, en 1983. Cet opus, allait paradoxalement provoquer le come-back de l’artiste en question, l’année suivante. Baptisé "From Clarksdale to Heaven : Remembering John Lee Hooker", le second avait été édité en 2002, un an après la disparition du légendaire bluesman noir…

Sur ce premier volume figurent six titres signés par Peter Green. Tout d’abord son inoubliable "Black magic woman" (NDR : surtout popularisé par Carlos Santana), interprété par le chanteur noir américain, Larry McRay. Deux gratteurs, le Texan Vince Converse (NDR : l’ex-leader de Sunset Heights) et l'Anglais Innes Sibun se réservent les vocaux sur "Rattlesnage shake". Pour "I loved another woman", les cordes de Larry Mitchell et la voix de Miss Jay Aston (NDR : mieux connue pour avoir milité au sein du groupe pop Bucks Fizz) tirent leur épingle du jeu. Les interventions à la guitare du Californien Harvey Mandel (NDR : il a sévi chez les Bluesbreakers de John Mayall et bien sûr le Canned Heat), sont tout à fait remarquables, tout au long de "Long grey mare". Pete Mc Mahon est préposé au chant (NDR : il était alors impliqué chez Savoy Brown) et Ray Gomez à la six cordes pour "Evil woman blues". Enfin, les Luther Grosvenor et Mike Kellie (NDR : deux ex-Spooky Tooth) soutiennent, respectivement à la guitare et aux drums, la superbe voix de Jess Roden, sur "Crying won't bring you back".

Quatre plages sont consacrées à John Lee Hooker. "Hobo blues" est traité par le grand Jeff Beck, sur un mode funky. Zakya Hooker, la fille de John Lee, est épaulée par Johnnie Johnson, le pianiste de Chuck Berry, pour chanter "I want to hug you". Jack Bruce aux vocaux et Gary Moore à la gratte adaptent le "I'm in the mood" en blues lent, lui inoculant ainsi une intensité dramatique. Tony McPhee est un grand fan de Hooker. Il avait d’ailleurs baptisé sa formation (NDR : celle qui avait rencontré un beau succès) Groundhogs. Il est au micro pour l’inévitable "Ground Hog blues". Mais également le "Drop down Mama" de Sleepy John Estes.

Reste quatre plage, dont nous épinglerons l'excellent "Going to Mobile, un extrait de l’elpee de Savoy Brown. Puis "The blues keep me hanging on", datant de 1999. Kim Simmonds se charge de la slide. Ensuite, une version kilométrique du "You shook me" de Willie Dixon. Ex-Rolling Stones, Mick Taylor est particulièrement fringuant à la guitare. Dommage que son timbre soit si terne. Enfin, "Rackeeter blues". Une finale acoustique chantée par Chris Jagger ; et c’est Mick, son grand frère, qui la soutient à l'harmonica.

mardi, 28 septembre 2010 02:00

This is the blues : Volume Two

Ce deuxième volume de la série "This is the blues" propose également quinze titres essentiellement puisés dans cette fameuse collection "Rattlesnake guitar". On y retrouve ainsi, pas moins de huit compositions issues de la plume de Peter Green.

La compile démarre fort par une version du "Leaving town blues" de Rory Gallagher. Il se réserve le chant, la guitare et la mandoline. Il s’agit d’un des tous derniers enregistrements du remarquable musicien irlandais, puisqu’il allait disparaître le 14 juin 1995. Rod Price préposé à la slide, Lonesome Dave injecte énormément d’émotion dans son interprétation du merveilleux slow blues, "Love that burns". Malheureusement, ces deux musiciens de Foghat nous ont quittés depuis. Dave en 2000 et Rod en 2005. Ce duo disparu participe également à l’adaptation du "Baby when the sun goes down" ; mais exceptionnellement, c’est Southside Johnny qui se charge des vocaux ! John Paris chante et souffle dans son harmonica tout au long de "Rambling pony", un morceau coloré par les cordes de Harvey Mandel. "Watcha gonna do" est restitué dans une version très personnalisée par le sympathique chanteur/organiste Zoot Money, un artiste qui sillonne les routes depuis le début des sixties! L'une des meilleures compositions de Green est incontestablement "Stop messing around". Un traitement swing acoustique lui est administré par Savoy Brown. "Albatross" est une compo instrumentale qui avait décroché un hit. S’y collent, l’ex-Manfred Mann et Blues Band Paul Jones, à l’harmo, Bobby Tench à la guitare et Max Middleton (des anciens équipiers de Jeff Beck) aux ivoires. Enfin, soutenue par la formation pop américaine Naked Blue, Jennifer Ferguson Smith pose son fort joli timbre de voix sur "Closing my eyes". Une grande émotion nous étreint, lorsque Peter Green, flanqué de son ami Nigel Watson du Splinter Group, rend hommage au légendaire Robert Johnson sur "Travelling riverside blues". L’enregistrement date de 1997.

Deux plages extraites de la collection sont consacrées à John Lee Hooker. Tout d’abord "I'm leaving". La cover est immortalisée par des musiciens anglais : le chanteur/guitariste Tony Mc Phee, le guitariste Dave Clem Clempson ainsi que le regretté saxophoniste Dick Heckstall Smith, ces deux derniers, membres de Colosseum. John Lee Hooker chante le célèbre blues de Jimi Hendrix, "Red House". Le fameux Booket T siège derrière l'orgue et un autre disparu depuis, Randy California (ex-Spirit), se charge de la guitare rythmique.

Reste encore quatre titres interprétés par des musicos insulaires. "Send for me" est une adaptation qui ne manque pas de charme. Cette compo a été écrite, un demi-siècle plus tôt, par Cyril Davies (trop tôt disparu en 1964), l'un des authentiques pères du blues anglais (en n’oubliant pas, bien sûr, Alexis Korner et Long John Baldry). Jack Bruce chante et joue de l'harmonica. Il est épaulé par Dick Heckstall-Smith et Dave Clem Clempson. Duffy Power est un autre vétéran du british blues. Il interprète son "Go down sunshine", d’un timbre qui nous flanque des frissons partout. Enfin, à travers "Nine below zero", le quartet londonien qui avait choisi ce titre de compo, comme patronyme, rend aussi son hommage à Sonny Boy Williamson.