Bob Corritore est un harmoniciste talentueux, mais peu notoire auprès du public qui apprécie le blues. Sa passion pour la musique à bouche, il la répercute également à travers son club, le Rhythm Room à Phoenix, en Arizona, un club particulièrement prisé par les bluesmen. Sans oublier l’émission qu’il présente sur KJZZ, ‘Those lowdown blues’, sa propre ‘newsletter’ et ses implications dans le domaine du blues, loin d’être exhaustives.
Il a publié son premier elpee en 1999 : "All Star Blues sessions". Chez Hightone. Un disque pour lequel il avait bénéficié du concours de nombreux invités : Bo Diddley, Jimmy Rogers, Pinetop Perkins, Robert Lockwood, Henry Gray, Kid Ramos, Bob Margolin, et j’en passe. Il signe plusieurs opus pour ce label, dont "Rhythm Room Bluers", en 2001. Il a également enregistré deux long playings en compagnie du guitariste noir, issu du Mississippi, Dave Riley : "Travelin' the dirt road" en 2007 et "Lucky to be living" en 2009, mais chez Blue Witch.
Delta Groove, le label blues dont la production est la plus conséquente au cours de ces dernières années, a décidé de rendre hommage à cet harmoniciste prestigieux. Comment ? En passant en revue ses 20 années passées au service de l’harmonica. Sur cet album partagé en quinze plages. Je serais incapable de vous répertorier l’intégralité de sa discographie. Elle est bien trop riche. Mais la sélection proposée ici a vraiment de quoi enthousiasmer. A l’harmo, Corritore flirte avec le plus grand art. L’artiste a assimilé tous ses maîtres : Little Walter, Sonny Boy Williamson, James Cotton, Junior Wells, …
"What kind of man is this?" ouvre les hostilités. Dans toute sa splendeur, la diva, Koko Taylor, libère toute sa puissance vocale. Impressionnant. Louisiana Red est un grand ami de Bob. Ils ont partagé si souvent les mêmes planches. Il apporte son concours à "Tell me 'bout it", une compo qui transpire le Chicago Southside, au cours de laquelle Bob souffle divinement. Elle remonte à juillet 2009. Robert Lockwood Jr chante passionnément le "That's all right" de Jimmy Rogers. Pour la circonstance, Henry Gray est préposé au piano. "Tin pan alley" constitue certainement la meilleure plage de cet opus. Un morceau très lent et mélancolique magnifié par la voix désespérée de Big Pete Pearson, un résident du Rhythm Room. On retrouve Gray pour l’interprétation de son "Things have changed", un titre au cours duquel il épanche toute sa sensibilité. Eddy Clearwater est particulièrement tonique pour attaquer son "That's my baby". Corritore s’y révèle sous son meilleur jour ! Little Milton chante "6 bits in your dollar", un boogie royal de plus de 7' qui clôt l’elpee. On épinglera encore la participation de deux des plus vieilles légendes encore vivantes du blues. Tout d’abord Pinetop Perkins, 97 ans, pour "Big fat Mama". Puis Honeyboy Edwards, 95 balais, sur "Bulble bee". Deux plages immortalisées en 2007. Un superbe album auquel j’attribuerai 5 étoiles !