Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

logo_musiczine

Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Fantasize

Né à Dallas, Ponty Bone est un authentique texan. Il a vécu à San Antonio et sévit toujours sur la scène d'Austin. Toute sa vie, il a joué de l'accordéon en mêlant son blues texan au zydeco louisianais, mais en y ajoutant des nuances issues du folklore mexicain et caraïbe. Au cours de sa carrière il a participé aux sessions d'enregistrement d'une multitude d'artistes. Parmi les plus célèbres figurent Joe Ely et Wes McGhee, mais aussi Hans Theesink et Omar & the Howlers. Il est devenu le leader de sa propre formation depuis plus de vingt ans : les Squeezetones. Wash Hamilton y joue de la basse, Mike Gersmann les drums et Spencer Jarmon (un ancien de Calvin Russell) la guitare.

Nous sommes au pays du ‘Bon ton roulé’ : direction zydeco. Ponty a sorti son accordéon pour attaquer "Baby U got it (spin the top)". La trompette de David Hernandez donne une couleur texmex à l'ensemble. Les percussions de Mike Gersmann occupent le devant de la scène. "Ain't got no sweet thing" est un blues aux accents zydeco. La rythmique des Squeezetones assure. Spencer Jarmon prend un solide solo sur les six cordes. "Midnight sun" est un instrumental amusant. L'accordéon choppe des accents musette que n'auraient pas renié les meilleurs accordéonistes français du genre. "Me myself & I" est un zydeco aux accents de rumba. La steel guitare hawaienne d'Andrew Halbreich et l'accordéon se partagent les solos. Jarmon chante "I must be dreaming". Une composition très rythmée, syncopée, tonique, qu'il a écrite. Spencer joue la slide de manière décisive. L'accordéon rejoint la section rythmique. L'adaptation instrumentale du thème "Macumba" est très colorée. L'accordéon se fait sensuel. Les interventions sont toutes de haut calibre. Plage titulaire, "Fantasize" est une ballade au rythme léger. Si Jarmon s'y montre une nouvelle fois excellent à la guitare, elle privilégie les rythmes exotiques des îles. La voix un tantinet nasillarde de Ponty siège au beau milieu de chœurs féminins. Ceux des Texana Dames. Mr Bone imagine se balader dans la Bourbon Street, à New Orleans, pour interpréter "Just like home". Le rythme irrésistible est une invitation à la danse et à la bonne humeur. "Clifton's boogie" est un hommage instrumental au maître du zydeco. L'accordéon virevolte devant le piano boogie du compère R.C Banks, du saxophone de Marcel Vizard (d'Asleep at the Wheel) et de la guitare. Autre zydeco joyeux, "Lousiana Lisa" est fluidifié par l'orgue de Banks. Ce très bon album s'achève par "Baby you know". Un blues zydeco imprimé sur un rythme modéré. Il se frotte pourtant à un dernier solo d'accordéon juteux, pendant que Jarmon s'y révèle, d'un bout à l'autre, à son meilleur niveau.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Dodging bullets

Les Brooklyn Cowboys se sont formés en 1996, à Brooklyn, autour du chanteur/guitariste/compositeur Walter Egan et du batteur/producteur, Fredo Perry. Ils ont ensuite été rejoints par Buddy Cage qui était préposé à la lap steel guitar chez les New Riders of the Purple Sage. Egan a ensuite émigré en 97 vers Nashville, dans le Tennessee, où les Cowboys ont décidé de poursuivre leur aventure en compagnie d'autres musiciens. Aujourd'hui, ses nouveaux acolytes répondent au nom de "Stick" Davis (ex Amazing Rhythm Aces) à la basse, Michael Wells aux claviers et à la mandoline, et enfin de Brian Waldschlager à la guitare. Les Cowboys pratiquent une musique country alternative d'excellente facture, qu'on qualifie de roots rock. A ce jour, ils avaient deux albums à leur actif : "Doin' time on Planet Earth" et "The other man in black".

Le nouvel opus démarre sur un tempo que n'auraient pas renié les meilleurs punks de l'univers. Puissant, dense, "I was wrong" est dominé par la rythmique dévastatrice. Il est vraiment très curieux d'entendre ces voix issues des milieux country chanter ainsi à l'unisson sur une trame instrumentale aussi fougueuse ; ce qui ne nous empêche nullement de goûter à la pedal steel de Buddy Cage. Quel début impressionnant et dangereux ! "Trick ponics" opère un retour vers Nashville. L'ambiance 'cow-boy' est joyeuse. De nouveau, à l'arrière, la rythmique très rock flirte avec le chœur des voix nasillardes. Les guitares de Walter Egan et de Brian Waldschlager sont acerbes. Le titre maître ne souffre d'aucune équivoque : il est clairement country. La voix suave de la chanteuse Lona Heins, le violon de Hoot Hester et la pedal steel de Cage en font la plus parfaite démonstration. Je lui préfère pourtant "Hey Juanica". Un fragment manifestement 'tex mex'. Les voix sont soudées et allègres. La guitare acoustique de Van Manakas est lumineuse. Les violons de Hester et de Kenny Sears balaient l'horizon sonore. D'une extrême densité, cette plage brillante permet, en outre, à Michael Webb de sortir de l'ombre au piano. Le Bo Didley Beat fait son apparition sur l'ouverture de "Trouble with a capital T". Il donne un accent très R&B à cette composition, pendant que les deux guitares sèment à nouveau le trouble. Pour "My heart's in denial", nous entrons dans le western swing. Van Manakas est à la guitare. Les Brooklynaires assurent les parties vocales. Douce ballade ensoleillée, "Rita" rappelle le meilleur de Gram Parsons. Autre ballade, mais davantage mélancolique, "Someone you can live with" bénéficie du renfort de la voix de Miss Joy Lynn White. Un morceau assez bluegrass traversé par le violon et la pedal steel. Ecrit par le batteur Fredo Perry, "I stand accused" trempe bien dans le style de Nashville. A l'instar de "The gift", d'ailleurs. "You never quit on me" est bien plus enthousiasmant. Il est vrai que la compo bénéficie d'une superbe intervention du virtuose de la Telecaster, Van Manakas. Le même Manakas tire à nouveau son épingle du jeu sur "Waycross stables" ; mais pour la circonstance au dobro. L'album s'achève comme il avait débuté : en puissance. Mais si la rythmique est rock et qu'on assiste à la fête des solistes, Buddy Cage en tête, "What you call love" demeure très mélodique. Dédié à la mémoire de George Harrison, de Waylon Jennings, de John Entwisthle et aux victimes du 11 septembre 2001, cet album de roots music est de bonne facture...

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

I smell smoke

Quel chemin parcouru depuis la sortie de son premier album, "From the inside out" ! Une autoproduction parue en 1997. Michael est alors repéré par Bruce Iglauer, réputé pour son flair, qui le signe pour Alligator. Dans la foulée, un premier album sort en 2001 : "Make it rain". " I smell smoke " constitue son tout dernier opus. Mr Burks pose encore sur la pochette, armé de sa redoutable Gibson Flying V. S’appuyant sur Steve Potts aux drums et David Smith à la basse, la section rythmique est bien soudée et solide. Mais les autres musiciens sont aussi performants. En l’occurrence Vasti Jackson à la rythmique et Ernest Williamson aux claviers.

L’album s’ouvre par "All your afffection is gone". Les accents de la guitare de Michael sont à la fois métalliques et mélodiques. Sa voix est claire et purement soul. A sein de ce blues très urbain, clairement électrique, de nombreuses notes largement amplifiées s’échappent, pour notre plus grand plaisir. Michael est encore un jeune bluesman. Né en 1957, à Milwaukee, ses racines familiales procèdent de Camden, en Arkansas, où il allait d’ailleurs émigrer par la suite. L’impression laissée par le morceau d’ouverture est encore renforcée par le puissant et ravageur "One more chance". Les notes bien maîtrisées de la guitare remplissent tous les espaces libres et flirtent constamment avec la sur-amplification. On ressent facilement le rôle joué par Jim Gaines à la production, une fonction qu’il partage cependant avec Bruce Iglauer. J’aime beaucoup la plage titulaire" très soul, R&B, "I smell smoke. Assez proche d’"I’ll play the blues for you", sa ligne mélodique est convaincante. Albert King n’est pas loin. Sa guitare est néanmoins bien plus saignante ; mais l’orgue de Williamson est pour beaucoup dans la réussite de ce titre. La voix de Michael rayonne sur "Time I came in cut of the rain". Au cours de cet exercice du blues lent, les cordes vocales dégagent une puissance naturelle surprenante. L’émotion est au rendez-vous, car l’homme a du feeling à revendre. "Hard love" est un blues rocker. Toujours aussi percutant, Burks concède des notes acérées pouvant parfois rappeler un Son Seals des meilleurs jours. Il manifeste, en outre, un évident savoir-faire pour contrôler toutes les phrases qu’il produit. "Miss mercy" est issu de sa plume. Encore un titre très électrique. La section rythmique assure le riff de base, pendant que l’ami Billy Gibson souffle dans l’harmonica. Burks reprend le "Let the door knob hit you" de Latimore. Une plage soul, mais qui, pour une composition qui vient de chez Malaco, consomme une forte dose de guitare. L’homme prend ensuite un peu de recul. Il invite ses musiciens à conserver un niveau sonore réservé. Il se fait poignant pour chanter "Lie to me". La voix se détache avec aisance de son environnement sonore, tout au long de ce R&B lent. Du grand art ! Williamson se réserve l’introduction tempérée de "Willing to crawl". Un des meilleurs moments de l’album. Le solo est parfaitement construit, mais très (southern) rock. Superbe ! Des sonorités inhabituelles chez les artistes de ce label. ; mais qui caractérisent bien le style de Burks. Michael se calme pour interpréter son "I hope he’s worth my pain", en empruntant une expression sonore proche du titre maître. Burks remet une bonne dose de vibrations rock pour aborder "Good man bad thing". Une plage aux accents southern rock, mais dont l’exécution ne peut être opérée que par cette voix noire d’exception. "Snake eggs" est une conclusion très "downhome" blues à cet opus qui porte bien son nom. Elle se limite à Michael aux vocaux, sa guitare, et l’excellent Billy Gibsont à l’harmonica. Elle aurait pu se révéler une belle tranche de Delta blues ; mais la Flying V reste bien branchée à l’ampli. Mr Burks demeure incontestablement un bluesman fort intéressant…

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

So many rivers

Suite à son remarquable opus, commis en 2001, nous attendions Miss Ball au tournant. D'autant plus que ce "Presumed innocent" lui avait valu un WC Handy Award. Quel chemin parcouru pour cette fille longiligne, née quelque part à la frontière, sise entre la Louisiane et le Texas, et établie à Austin depuis maintenant 30 ans ! Et dont le premier album, "Circuit queen", date déjà de 1978.

Un chapelet de cuivres ouvre l'album en force et rythme. Egrené par les Los Angeles Horns, il implique deux saxes, une trompette et un trombone. Tout au long de ce "Foreclose on the house of love", Marcia n'oublie pas ses origines louisianaises. Son piano pétille alors que la trompette de Lee Thornburg finit par se dégager de ses comparses. Signé Danny Thimms, "Dance with me" est un excellent R&B. Une compo bien structurée au cours de laquelle de solides chœurs répondent au chant de Marcia. Son piano est secondé par l'orgue Hammond de Red Young. Ballade écrite par Marcia, "Baby, why not" sent bon le parfum des bayous qui entourent la Nouvelle Orléans. Son piano roule à ravir, pendant que la trompette de Young occupe l'avant-plan ! Direction ouest, vers Lafayette et Thibodaux, pour introduire l'accordéon de Wayne Toups. Son entrée plonge "Honeypie" dans l'ambiance zydeco. Un moment de délice ! "Give me a chance" est une ballade sentimentale, lente, mélancolique même, comme les affectionne Lady Ball. Secondée par des voix remarquables, parmi lesquelles se détachent celles de Malford Millican et de Randy Jacobs, elle y injecte ce qu'il faut de tristesse. Autre ballade, mais plus musclée, "Didn't you know" bénéficie de la présence de Pat Boyack. Il concède ici un solo de guitare tout en finesse. Le paresseux "Give it up" sonne le retour du bon blues. Très swamp, il ondoie sur la basse ronflante de Don Bennett, pendant que le piano et la guitare de Stephen Bruton se conjuguent en harmonie, et que l'invité Johnny Nicholas vient souffler dans son harmonica. Excellent ! L'album continue ainsi à défiler dans la bonne humeur, accomplissant une fusion de tous ces styles populaires du sud des States : R&B, swamp, pop, blues, gospel, zydeco,… Une musique toujours intéressante et vivante. "So many rivers to cross" est gagné par un rythme infectieux. Ballades mélancoliques, "The storm" et "If it's really got to be this way" se teintent de lignes mélodiques imparables. "The lowdown" est bercé par le swing et le jazz de la New Orleans. Blues dépouillé, assez acoustique, "Three hundreds pounds of hongry" évolue quelque peu dans le style d'un jug band. La mandoline de Stephen et le piano de Marcia sont en interaction, pendant que Pat Boyack apporte la touche de modernité de ses cordes électriques. L'opus s'achève par "If it ain't one thing". C'est à dire dans l'ambiance qui est la sienne ; dans ce style appelé le Gulf Coast R&B. Produit par Stephen Bruton et enregistré à Austin, ce dixième album est une nouvelle réussite. Un disque remarquable que la machine de marketing d'Alligator ne va certainement pas snober. Mais surtout une œuvre qui risque de donner de nouvelles couleurs à la carrière de Marcia. D'autant plus, qu'elle a encore été nominée cette année, meilleure artiste féminine de blues et meilleure pianiste. Qui dit mieux ?

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

After dark

" After dark " constitue le dernier album de Miss Banks. Un disque paru l'an dernier et enregistré 'live' à Dallas, en août 2002. Au club qui porte le nom de cet opus. Robin est épaulée par sa fidèle section rythmique : Drew Allain à la basse et Marc Wilson aux drums. Hash Brown est à la guitare et, plus surprenant, Christian Dozzler se réserve le piano. Ce longiligne autrichien est un remarquable musicien. Un ex-membre du Mojo Blues Band qui lance la machine instrumentale par un tonique "Rompin' after dark". L'elpee a été enregistré en public ; les plages sont donc naturellement plus longues et laissent davantage de champ libre aux solistes pour s'exprimer. Illuminé par les parties de piano de Christian, et souligné d'une intervention retenue de Hash Brown, "My daily wish" est un blues lent classique. "Rock this house" hausse le rythme. Une cover de Jimmie Rogers qui libère un maximum de swing. Brown est ici dans son élément! Le texan de Dallas joue dans le plus pur style jump avant de laisser Dozzler évoluer dans un registre qui lui va comme un gant. Au sein de cet environnement, Robin prend toute sa dimension de chanteuse et d'entertainer. C'est une chanteuse typiquement texane, mais profondément marquée par le blues de Chicago. Elle aborde ensuite "I'm walkin' (by myself)", avec beaucoup de brio. Elle poursuit par le classique "Built for comfort" de Willie Dixon. Elle nage ici tout à fait dans son élément. Dozzler se rappelle les bons moments du Mojo Blues Band qui faisait la promotion du Chicago blues, en Europe. Avec un talent certain, il faut le rappeler. Robin chante ensuite son "The whiskey song", un fragment issu de l'elpee "Honestly". Le shuffle est imparable, la machine est parfaitement huilée. Et c'est Hash Brown qui prend ici son pied. L'esprit bien ancré au Texas, elle puise dans le répertoire de Freddie King, en chantant le superbe "Ain't nobody's business. Le piano entoure sa voix suave. Dozzler caresse ses ivoires avec passion. L'émotion est bien présente tout au long de la remarquable adaptation de ce classique. "Hey little girl" est une composition signée par le Texan ZuZu Bollin. Une plage bien rythmée qui libère une nouvelle fois Dozzler et Brown. Zuzu était un excellent bluesman texan disparu en 1990. Il avait collaboré à l'enregistrement de l'album "Hash Brown's Texas Blues Revue", paru en 1999 sur Cannonball. "Blue bird" est un autre blues lent. Une composition somptueuse, minimaliste, sur laquelle nous pouvons entendre distinctement chaque instrument qui sort successivement de sa réserve ; et en particulier les interventions brillantes de la guitare et du piano. "Work it out" est une plage rythmée. Les percussions empruntent des accents exotiques. Robin évolue dans un style fort proche de Candye Kane ; et elle s'en sort tout à son avantage. Christian tapote à la louisianaise. Il y prend plaisir ! Cet opus de bonne facture s'achève dans le même registre, par "Whole lotta love" (NDR : non pas celui-là!!). Si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à aller l'applaudir cette artiste lorsqu'elle se produira en compagnie de la crème de nos musiciens belges et hollandais. Vous ne le regretterez pas !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Honestly

Robin Banks est née au Canada. A Chatham, dans Ontario. En 1992, elle fonde son propre groupe : le Robin Banks Blues Band. Elle n'enregistre cependant son premier album, "Permanent Record", que cinq ans plus tard. En 1999, elle se fixe au Texas. A Dallas très exactement. Depuis, elle a décidé d'y poursuivre sa route, en s'entourant de musiciens issus de la scène locale, et en particulier du guitariste Pat Boyack, devenu son collaborateur le plus régulier. Elle commet son second opus, "Honestly", en 2001.

Lors de l'enregistrement de ce disque, elle avait reçu le concours de sa section rythmique : Drew Allain à la basse et Marc Wilson à la batterie. Mais aussi de toute une panoplie de guests texan(e)s notoires : côté guitares, Hash Brown, Holland K Smith et Pat Boyack, Tim Alexander (Asleep at the Wheel) au piano et à l'orgue ainsi que le mythique harmoniciste des Rockets d'Anson Funderburgh, le vétéran Mr Sam Myers. Des musiciens qui passent à tour de rôle à l'avant-plan. Miss Robin a un peu tout fait sur cet album. Elle a écrit toutes les chansons, s'est chargée des arrangements et de la production.

Blues léger, "Don't ya love me like that?" ouvre l'elpee. Hash Brown est aux cordes et Sam à l'harmo. Mais les choses sérieuses débutent par "The whiskey song". Pour ce shuffle puissant, Holland K Smith assure le rythme sur sa guitare, Robin met de l'intensité dans ses cordes vocales, alors que Hash Brown est passé à l'harmonica. Mené à la texane, "Thinkin' bout you" est un blues lent typique. Pat Boyack est à la guitare et Tim Alexander au piano. Son "Work it out" rétablit le rythme. Elle le dompte avec une autorité qui me rappelle Candye Kane. Holland K Smith y produit une nouvelle fois un remarquable solo. Merveilleuse ballade R&B toute en douceur et en mélodie, "I'm in love with another man" baigne dans l'orgue Hammond d'Alexander. Les rythmes de la Nouvelle Orléans plantent le décor pour introduire "I need a lovin' man", traversé par l'harmonica de Sam Myers. Très laidback, le tire maître s'étire langoureusement sur un mid tempo. Holland K prouve encore une fois qu'il est sans doute le guitariste le plus intéressant du lot. Le prix roots de l'album revient à "None 'A nothin". Le duo Hash Brown/Sam Myers ouvre pour Miss Banks, en exsudant un flux d'émotion à fleur de peau. Une émotion toujours aussi palpable lorsque résonnent les riffs qui entouraient nombre des compositions de Howlin' Wolf. "My kinda lover" maintient le haut niveau de l'album. Brown joue très en rythmique et l'ancêtre Myers se sent largement inspiré. "Hold on to my baby tonight" est une ballade joyeuse sculptée dans un style fort proche de la Marcia Ball contemporaine. Robin chante avec une flamme dans les yeux et une passion dévorante, "I'd be everything to you". Un blues merveilleux et brûlant au cours duquel Holland K signe un solo assez exceptionnel. Une réponse du Dallas Blues à celui d'Austin! Pat Boyack se réveille et intervient, avec beaucoup de bonheur, sur le très tonique "Evil things". Il n'a pas perdu une once d'agilité dans les doigts, le Pat ! L'album demeure excellent jusqu'au bout. Sam Myers revient pour interpréter "Thunder and lightnin". Il hurle pour répondre au chant de Robin. En finale, "I say a little prayer" reste dans le ton. Un album et une artiste à découvrir !

 

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Love breakin´ down

Originaire de Philadelphie, ce quartet est spécialisé dans le blues et le R&B électrique. Un style qu'il pratique en libérant un max de puissance. David Mowry en est le chanteur guitariste, mais surtout le leader. Il est épaulé par son fils Adrian à la guitare, Richard Glover à la basse et le Canadien Jeff Sheard à la batterie. David est originaire du Massachusetts. Il a longtemps vécu à Woodstock, avant de s'établir à Philadelphie. En 1977. Toutes les compositions sont signées par les Mowry. "Love breakin' down" constitue leur second album. Il fait suite à "Blooming on Harm's limb".

La plage maître ouvre le feu. Epaulés par Wally Smith, invité pour jouer du piano, les deux guitaristes impriment un tempo rock. Des chœurs féminins soulignent les vocaux de David Mowry : ceux de Candice et Lenesha."Cup o'Tea" est bâti sur le riff de "Help me" ; ou plus exactement de "Green onions". A cause de la présence de Wally à l'orgue Hammond. "Sweet to sour" persévère dans le même style. Un R&B pas trop éloigné de Memphis. La voix rocailleuse du leader passe très bien la rampe dans ce registre. "You and I" marque un changement radical de style. L'ambiance latino-américaine y est beaucoup plus proche de l'univers d'un Carlos Santana. L'orgue, les chœurs féminins et les percussions sont de rigueur. "Baptized in the blue" baigne au sein d'une solution sonore intimiste, laidback même. Face au piano électrique, la guitare est toujours inspirée par Santana. "Cowboy kids" renoue avec le R&B très propre. L'assise rythmique titille les oreilles. Le piano introduit une partie de guitare gouailleuse, bien dans l'esprit rock'n'roll. Ballade lente, très soul, contaminée par le Philly sound", " Close the book " bénéficie d'une partie de guitare réussie ; économe dans les notes mais pas dans la sensibilité ! Les percussions d'Edgardo Anderson reviennent à la surface pour nous entraîner dans un nouveau voyage aux Caraïbes ; mais sous une forme plus jazz et dansante. A l'instar de "Carousel" et de "Runaway walk". En final, la texture de "The servant" monte doucement en régime. La musique de Beaucoup Blue est d'excellente facture, mais pourquoi avoir entamé l'elpee par quatre plages au tempo dit 'fort', avant d'emprunter un format davantage atmosphérique ?

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Illustrated man

Agé de 35 ans, Bjorn Berge possède une voix très rocailleuse, comme si elle avait été polie au papier de verre. Il a été naturellement attiré par le blues, après avoir découvert Robert Johnson, Elmore James et John Hammond. Cependant, son blues est loin d'être traditionnel. Ce n'est pas pour rien que ce jeune musicien norvégien est décrit comme le Beck norvégien ou qu'on lui prête de nombreuses affinités avec la musique des Red Hot Chili Peppers. Car il est capable d'associer le blues avec le hip-hop et le funk. Un artiste, finalement, moderne et urbain.

" Illustrated man " constitue son sixième album. Paru en 1999, "Blues hit me" demeure, à ce jour, son plus notoire. Il faut l'avouer, sa musique est assez difficile à cerner. A cause de cette approche mystérieuse et alternative. La trame de fond est sans doute tapissée de blues, mais un blues assez malsain, qui laisse transparaître beaucoup de mal de vivre. C'est évident à l'écoute de cet opus. Le Bjorn Berge String Machine se résume pratiquement à Bjorn. Sur quatre plages, il est seul : sa voix, sa guitare à douze cordes et son pied pour marteler le sol. Il vit intensément sa musique. Ses inflexions vocales sont le plus souvent agressives. Très rythmique, son jeu de cordes est intense et fouillé. Il le démontre tout au long de "Give it away", "Heather", "Damn" et "Ride on", hanté par une voix lugubre, surgissant d'outre-tombe. Mais également la plage titulaire. Une plage écrite par Fred James et Mary-Ann Brandon, la célèbre paire issue de Nashville, dans le Tennessee. Bjorn aborde ce titre comme s'il était possédé, et cette manière démoniaque de jouer nous flanque des frissons partout. Une claque ! Et puis, il y a un autre Berge. Celui qui assis, apaisé par un climat de quiétude, joue de la guitare et chante "One meat ball" et le sublime "Wishful thinking". De la belle ouvrage ! Et il est exact qu'à cet instant, il peut nous faire penser aux Red Hot Chili Peppers. Il y a aussi le Berge qui a recours à l'informatique. La programmation est alors assurée par le producteur, Kjetil Hulland. Enfin, l'ambiance peut aussi se faire hip-hop. Et pourquoi pas ? Chez Fat Possum, on n'en est pas à une expérimentation près ; même s'il est vrai que les résultats ne sont pas toujours probants. Pour la circonstance, la recette est assez heureuse et concluante. Et celle du "Travelling riverside blues" de Robert Johnson ou du "Cypress grove" de Skip James qui ouvre l'album, ne manque pas d'intérêt. Bjorn est alors épaulé par l'harmonica de Jan Flaaten. Par contre, la reprise du "Locomotive breath" de Jethro Tull est plus dure à avaler. Le traditionnel "Angel band" bénéficie d'un excellent arrangement. La voix très grave est doublée d'une lap steel et d'un orgue synthétique. Cette œuvre étonnante ne manque pas de charme, mais exige une oreille avertie...

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Sometimes

Née à Lucerne, cette jeune chanteuse/auteur/interprète est aujourd'hui âgée de 34 ans. Avant de se fixer à Bâle, elle a longtemps vécu à Berne. Claudia a sévi au sein d'un des meilleurs groupes de blues helvétiques : le Lazy Poker Blues Band. En 2001, elle a sorti un album intéressant : "Saving all my love - A tribute to Tom Waits". Enregistré à Nashville, cet elpee à reçu le concours de Fred James à la production. Mais également du backing group de Fred ; en l'occurrence Mary Ann Brandon, Bill Earhart et Bob Kommersmith. Depuis 2002, elle se produit régulièrement en compagnie de son compatriote Hank Shizzoe et du bassiste Michel Poffet. "Sometimes", son nouvel opus, est donc paru chez Crosscut. Un disque qui emprunte à la chanson, au blues, au jazz, au folk et à la pop. Dans son style quoi !

Elle démarre par une chanson douce. Face au piano d'Alexander Paeffgen et de la clarinette de Michael Heitzler, sa voix est bien mise en évidence. La section rythmique demeure discrète. "Holding your breath" est une ballade plutôt majestueuse. La musique, la chanson, la voix sont de toute beauté. L'accompagnement est sobre et efficace. D'autres fragments soutiennent la comparaison. Et je pense tout particulièrement à "God hired the devil", "You will last", Relationshit", une plage dont le climat oppressant est entretenu par la slide de Shizzoe, "Trophy", un fragment souligné par des cordes, et encore "Feels good". "Dogs I like" épouse un format assez funky. L'accompagnement est très reconnaissable pour les fans de Hank Shizzoe et Loose Gravel. "Loversland" est une plage rapide, dont le style peut faire penser à Dire Straits. A cause de cette voix cristalline qui enchante et des cordes de Shizzoe qui sont taillées dans le rock. Le "Pretty head" de ZZ Top ramène le rythme à bord. La clarinette s'y éclate ! Tout en swing, assez jazz, "Sister low" baigne dans l'orgue Hammond. L'œuvre s'achève par "Jersey girl". Une reprise de Tom Waits interprétée en douceur et en délicatesse. Assez éloigné des sphères habituelles du blues et en particulier pour un label tel que Crosscut, cet album est incontestablement d'excellente facture. Et tous cas, il mérite votre attention, mais nécessite plusieurs écoutes avant d'être apprécié à sa juste valeur.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Natural light

Eric Bibb est un chanteur/guitariste/compositeur, dont la démarche est fort proche du grand Taj Mahal. Il est né à New York. En 1951. Au cœur d'un milieu très musical. Au cours des six dernières années, il a commis cinq albums, dont le premier, "Spirit and the blues", est paru sur le label suédois Opus 3. Un disque très spontané, inspiré par Taj Mahal (NDR : of course !), Ry Cooder et Leadbelly. Il enregistre ensuite "Good stuff" en 1997. Bibb signe alors chez Code Blue, le label anglais d'Alan Robinson. Il aligne alors plusieurs elpees pour Manhaton : "Home to me" en 99, le live "Roadworks" en 2000, et "Painting signs" en 2001. Sans oublier "Just like love", édité chez Opus 3.

Paru cette année, " Natural light " constitue donc son dernier long playing. Une palette subtilement funky ouvre "Too much stuff". La voix d'Eric est douce et agréable. Hantée par la guitare très présente, traversée par quelques cuivres discrets, et taillée au couteau par l'ex Howlin' Wolf, monsieur Hubert Sumlin, la solution sonore est dynamisée par une bonne section rythmique, constituée de Martin Ditcham aux drums et de Dave Bronze. Ce dernier produit, par ailleurs cet elpee. Ce bassiste a débuté sa carrière, voici 20 ans, dans le groupe de Robin Trower. Il a participé à l'aventure Dr Feelgood en 1991, jusqu'à la mort de Lee Brillaux (NDR : le 7 avril 1994), sévi chez Procol Harum et puis, bien entendu, relevé du backing band d'Eric Clapton. La voix est plus douce que jamais sur le swing léger "Home lovin' man". Le piano de Jane Peterson communique un timbre particulier à cette composition. Le Clapton moderne aime aussi paresser au sein de cet univers relaxant. Eric Bibb parvient à bien faire passer son message de tendresse infinie. Faut dire que le timbre de sa voix transporte tant de mélancolie… Lassant transparaître les accords discrets de la guitare de Robbie McIntosh, "So sorry" est une ballade terriblement mélodieuse. Retour aux racines, celles du Sud des Etats-Unis pour aborder "Tell Riley", une composition très roots. Eric empoigne sa guitare à 12 cordes, McIntosh (NDR : assis tout près de lui), sa National steel aux accents si métalliques, pendant que Peterson disserte sur son accordéon. Eric reste au cœur du Sud pour entamer le très poignant "Guru man blues", une plage particulièrement folk blues, conduite par les guitares acoustiques, et enrichie par la slide de Robbie, qu'il joue en picking. Eric chante "Every time it rains" de Randy Newman le cœur plein de tristesse, les larmes au bord des yeux. D'une voix soudainement plus proche, seul avec sa guitare, il interprète "Champagne habits". Une tranche de musique folk bien dépouillée ! Les percussions de Ditcham sont bien mises en avant pour annoncer "Water works fine". Au cours de cette excellente composition bien rythmée, la slide de McIntosh épouse la voix grave de Bibb."Circles" marque le retour à la mélancolie. Un fragment bouleversant que Miss Peterson accompagne au piano. Le rythme s'installe. La joie de vivre s'affiche. Bibb chante "Right on time". Il semble plongé au sein d'un chœur gospel, inspiré par John Cephas. La voix d'Hubert Sumlin se manifeste dans le studio. Eric entame le superbe "Gratefully blue", un titre particulièrement lent. Sa voix est proche de celle d'un Ray Charles. Kjell Segebrant est à la guitare électrique. Il dispense un solo tout en sensibilité. "Lucky man rag" campe un folk blues contaminé par le ragtime. Pour conclure, Eric reprend avec beaucoup de bonheur "Higher and higher" de Jackie Wilson, un fragment souligné par un chœur féminin, l'accordéon et les guitares acoustiques. Toujours aussi roots, Mr Bibb vient de signer un excellent album.