L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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mardi, 28 septembre 2010 02:00

Gumbo blues

Mitch Woods est un passionné de boogie woogie, blues, jazz, swing et jump. Il est originaire de Brooklyn, à New York. Il fêtera ses 60 ans, en 2011. Il définit son style comme du ‘rock-a-boogie’, une forme qu’il teinte de jump blues des années 40 et 50. Son attaque au piano est chargée de nuances. Il s’inspire de toute une série de courants musicaux, dont le Chicago Blues, le West Coast jump blues, le boogie woogie de Kansas City et bien entendu le ragtime de la Nouvelle Orléans. Il compte déjà une belle discographie à son actif. Lorsqu’il militait chez les Rocket 88s, il a publié toute une série d'œuvres chez Blind Pig. Tout particulièrement, "Steady date". En 1994. Un disque dont la musique est largement inspirée par les groupes et artistes populaires d'autrefois. Dont Amos Milburn, Louis Jordan, Wynonie Harrus, Joe Liggins, Louis Prima et Roy Milton. Mais progressivement, il s’intéresse de plus en plus aux rythmes funky de la Crescent city de New Orleans. Professor Longhair, Fats Domino et Dr John, il les érige en maîtres. Parmi ses dernières sorties figurent "Big Easy Boogie", un Dvd paru en 2006, chez Club 88, et "Jukebox drive", en 2008, sur El Toro.

"Gumbo blues" est sous-titré "A tribute to Smiley Lewis and the pionneers of New Orleans Rhythm & Blues". Et Manifestement, il rend bien un vibrant hommage à cette musique néo-orléanaise d'une autre époque. Smiley Lewis était en effet un pionnier de ce style New Orleans. Il est né en 1913 et décédé en 1966. Il est le premier à avoir popularisé le fameux "I hear you knockin'"! Il est également le responsable de "Blue Monday", immortalisé par Fats Domino, et "Gumbo blues", qui donne son titre au présent elpee. Le célèbre producteur/compositeur/chanteur et musicien Dave Bartholomew signe la quasi-totalité des plages proposées. Il est toujours bien vivant et approche les 90 balais. Pour concocter cet opus, Mitch a reçu le concours de musicos issus de célèbre cité louisianaise ; en l’occurrence John Fohl, le guitariste de Dr John, Brian Cayolle et Amadee Castenell, les saxophonistes  d'Allen Toussaint, sans oublier le vétéran Herb Hardesty, saxophoniste de Fats Domino.

Ces  vieux routards ont des planches et il ne leur faut guère plus de cinq secondes, pour trouver le parfait équilibre, dans ce style R&B de la fin des années 40. Le résultat est très excitant. Grâce surtout à la section de cuivres et aux ivoires de notre maître de cérémonie. Les compos communiquent une bonne humeur contagieuse ; à l’instar de "Ooh la la", tellement proche de Fats Domino. Des chansons qui lui collent d’ailleurs à la peau. Sa voix est divine sur "Caledonia's party", une plage dont le tempo a quelque peu ralenti. Mitch pousse sur le champignon et passe au rock'n'roll sur "Ain't gonna do it". C'est dans la liesse générale que l’équipe chante en chœur le notoire "Big Mamou". Un seul reproche à ce disque : il est trop court. Car les compos sont toutes d’excellente facture. Aussi bien imprimées sur un tempo enlevé, à l’instar de la finale "Shame shame shame" (NDR : de la pure dynamite !) que sur les blues lents comme "Too many drivers" et les remarquables "Blue Monday" et "I hear you knockin'".

mardi, 28 septembre 2010 02:00

Live05

Flanqué de ses Bluesbreakers, John Mayall constitue une des figures de proue du british blues boom qui a éclaté à la fin des sixties. C’était un incroyable dénicheur de talents et il changeait régulièrement son line up. Mais en 1968, après la sortie de son album "Barewires", certains de ses musiciens décident de suivre le drummer Jon Hiseman, pour monter une nouvelle formation. Et en particulier le bassiste Tony Reeves et le saxophoniste Dick Heckstall-Smith. Participent également à l’aventure, leur ami organiste Dave Greenslade (il militait alors chez les Thunderbirds, le backing band du chanteur Chris Farlowe), et deux guitaristes, Jim Roche et James Litherland (NDR : ces deux derniers déserteront cependant assez rapidement le navire). Colosseum vient de naître. Le projet est sensé perpétuer la musique d'un autre grand talent anglais, Graham Bond. En mêlant jazz, blues et rock. Et la formule va fonctionner à merveille. Le combo va même devenir un des meilleurs de son époque, en live. Au fil des années, le band va inévitablement connaître des changements de personnel. Mais il va parvenir, néanmoins, à se stabiliser lorsque le chanteur Chris Farlowe, le guitariste Dave Clempson et le bassiste Mark Clarke vont rejoindre alors le noyau dur, John Hiseman et Heckstall-Smith. Sans doute usé par ses innombrables tournées, le groupe finit quand même par se séparer, en 1972.

Mais surprise, en 1994, Jon Hiseman invite ses anciens acolytes à remonter Colosseum. Faut dire que les fans allemands réclament cette reformation. C’est le début d’une nouvelle aventure, qui sera malheureusement meurtrie, par la disparition, le 17 décembre 2004, de son exceptionnel souffleur, Dick Heckstall-Smith. Mais Hiseman n'a nulle envie d’abandonner son projet ; d’autant plus que les salles de concert, surtout en Allemagne, ne désemplissent pas lors de leur passage. Son épouse, Barbara Thompson, est également une excellente instrumentiste, même si elle évolue davantage dans les sphères jazz. Elle dirige encore sa propre formation, Paraphernalia. Mais le plus incroyable, c'est qu'elle souffre de la maladie de Parkinson, depuis 1997. Et c’est bien elle qui a le redoutable challenge de succéder à Heckstall-Smith. Elle accuse aujourd'hui 66 ans ; et il faut l'entendre souffler dans ses saxophones. Elle arrive même, comme Dick, à jouer de deux saxophones en même temps. Bien sûr, si la performance de Barbara est remarquable, Dick était, quelque part, un extra-terrestre. Il était capable de souffler dans les saxos alto et soprano ou dans le soprano et le ténor, des notes différentes.

C'est sur les planches que Colosseum tire sa quintessence. Et régulièrement des œuvres ‘live’ garnissent les bacs des disquaires. Ce double Cd a été immortalisé, lors de sets accordés en 2005 au Theaterhaus de Stuttgart, au Music Hall de Worpswede et au Trebhaus d'Innsbruck. Il était déjà paru en 2007 sur leur propre label Temple. Thomas Ruf a décidé de leur réserver une distribution internationale.

Le premier opus est consacré au premier concert susvisé. Il s’ouvre par "Come right back". Un premier sommet est déjà atteint lors de l’adaptation de "Theme for an imaginery western". Signée Jack Bruce et Pete Brown, cette compo avait été popularisé par Mountain. "Rope ladder to the moon" est issu de la plume du même duo. Il est caractérisé par une brillante sortie de Barbara à la flûte. Colosseum s'embarque alors dans "Valentyne suite", une plage de 20 minutes, qui couvrait une face complète de leur elpee, en 1969, et qui répondait au même titre. Le niveau musical est très élevé. Les claviers de Greenslade, le saxo soprano de Miss Thompson et les cordes de Dave Clempson sont bien mis en évidence.

La seconde plaque s’ouvre par "Those about to die", un instrumental qui figurait sur leur tout premier elpee, baptisé du même nom. Il est suivi par le célèbre slow blues "Stormy Monday", un terrain fertile aux prouesses vocales de Mr. Farlowe. "No pleasin'" remonte à 2007. Il est issu de l’album "Bread and circuses". "Tomorrow's blues" est le titre maître de leur opus précédent. Il remonte à 2008. "Lost Angeles" clôt la prestation. Un rituel. Mais aussi un des grands moments à vivre lors des concerts de Colosseum. Ce qui permet en même temps à Dave Clemspon et Dave Greenslade de célébrer un moment de gloire. Amplement mérité, pour ce groupe tout à fait intemporel…

mardi, 28 septembre 2010 02:00

Jungle blues

C.W est un chanteur guitariste compositeur australien. Il manifeste un grand respect pour la tradition, c’est-à-dire le blues d'avant-guerre, le jazz, le calypso des années 20 et le folklore universel. Des styles qu’il a beaucoup écoutés et patiemment étudiés. Il signe, en général, tout son répertoire et chante en s'accompagnant d'une guitare National Reso-Phonic ou d'un ténor banjo. Parfois, il est soutenu par des cuivres : le Primitive Horn Orchestra, un ensemble réunissant James Clark au tuba, Kynan Robinson au trombone et Stephen Grant au cornet. Son premier elpee, "King Hokum", était paru en 2005. C.W. est un accro au blues originel, et en en particulier aux field hollers, au hokum et à la jungle. Proches des ‘spirituals’, les ‘field hollers’ étaient des chants primitifs, entonnés par les afro-américains, lors du travail accompli dans les champs de coton. Le hokum est plutôt un chant humoristique. On le retrouve au XIXème siècle lors des fameux ‘minstrel shows’. Le hokum blues était célébré par les jugbands de Memphis ; et en particulier les Gus Cannon's Jug Stompers et le Memphis Jug Band de Will Shade. Stoneking s'est inspiré d'un long voyage accompli en Afrique occidentale. Hormis le "Brave son of America" de Wilmoth Houdini, toutes les compos sont issues de sa plume

Le banjo ouvre "Jungle blues". Hilare, C.W. chante au cœur de cette jungle, épaulé par le brass band, le tuba assurant les parties de basse. Cuivres et voix alimentent ce jazz traditionnel empreint de bonne humeur. Dépouillé, "Talkin' lion blues" est toujours d’inspiration africaine. Une compo dont l’instrumentation est limitée à la guitare. Et pour donner la parole à son lion, Stoneking se met à iouler comme un tyrolien. Personnellement, "Jungle lullaby" me botte davantage. La voix est indolente. Le tuba la talonne, pendant que les interventions du Brass Band fluent oscillent au sein du décor sonore. Et le résultat est aussi saisissant que réussi. L'ambiance devient festive lors de la cover de "Brave son of America", une compo imprimée sur le rythme d'une samba! D’une grande simplicité, "Jailhouse blues" est une compo abordée comme les bluesmen des années 20 et 30, lorsqu’ils parcouraient les routes du Sud profond. Le chant est gémissant mais assure parfaitement. "Housebound blues" lorgne bien plus vers le jazz traditionnel dixieland. On y retrouve les instruments adéquats : piano, clarinette, trompette et trombone, alors qu’une voix féminine se réserve le chant. On se croirait dans les rues de la Nouvelle Orléans, dans le sillage du Brass Band, à l'écoute de "I heard the machine of the drum". L'ambiance baigne parfaitement au sein de ce jazz traditionnel du Primitive Horn Orchestra. Notre citoyen de Melbourne aime la fête. A l’aide de quelques modestes percussions, il nous invite à danser sur "The love me or die", un calypso bien poussiéreux mais terriblement participatif. De forme classique (NDR : y compris dans les lyrics), "Early in the mornin" est essentiellement animé par les interventions du banjo et du tuba. Stoneking se mue une dernière fois en chanteur, animateur et comédien, lors de la finale "The greatest liar",  un acte hokum à coup sûr. Ce jeune artiste australien vient de commettre une œuvre tout à fait intemporelle, mais dans tous les sens du terme. En fait, et pour que votre info soit complète, il aurait été converti à ce type de blues, suite à un naufrage vécu le long des côtes africaines, et dont il est sorti sain et sauf.  

 

mardi, 21 septembre 2010 02:00

Live in Germany 1980 (Dvd)

ZZ Top est tellement devenu célèbre, qu’on se demande parfois s’il n’est pas intemporel. C’est vrai que le trio texan (NDR : issu de Houston, très exactement) est né il y a plus de 40 ans. En 1969, pour être plus précis. Et cette machine à succès continue à sévir, sans se soucier du temps ou des modes. Avant que les trois musiciens se s’unissent musicalement, pour le meilleur et pas certainement pas pour le pire, Billy Gibbons militait au sein d’un groupe de blues aux accents légèrement psychédéliques, les Moving Sidewalks, comme chanteur/guitariste. Le bassiste, Dusty Hill, et le drummer, Franck Beard, avaient sévi chez American Blues, The Warlocks (NDR : rien à voir avec la formation californienne) et Cellar Dwellers. A leurs débuts, les musicos n’affichaient pas encore de look bien caractéristique. Juste des santiags, jeans et chapeaux. Une époque à laquelle, le combo avait gravé un elpee éponyme, "Rio Grande Mud" ainsi que "Tres hombres". Ce n’est qu’au beau milieu des seventies que Gibbons et Ham décident de laisser pousser démesurément leur barbe et de synchroniser leurs pas, sur les planches. Beard (= barbe en anglais), lui, refuse de se laisser pousser cette barbe et n’adopte que la moustache. Ce sera leur période de reconnaissance.

Lors d’une tournée européenne, la formation se produit au Grugahalle d’Essen. La TV allemande filme ce set et le diffuse dans le cadre de la série à succès ‘Rockpalast’. Et c’est ce qui figure sur ce Dvd : plus d'une heure et demie de bonheur, au cours de laquelle, ZZ Top dispense un blues rock puissant, teinté de boogie, soutenu par un jeu de scène simple mais terriblement ravageur. Les thèmes traités dans les lyrics sont rituels : les femmes, l’alcool et les automobiles. Tous les meilleurs titres des derniers albums d'alors sont au répertoire : "Tres hombres", "Fandango", "Tejas" et surtout leur dernier "Eliminator" dont dix des onze plages sont ici interprétées. Le trio est valeureux dans ses efforts et cette musique marque des points à chaque instant. Les classiques défilent : "I thank you", "Jesus just left Chicago", "El Diablo", jusqu'au boogie furieux qui marque la fin des concerts de l’époque : "La Grange". Presque carbonisé, le public teuton réclame un rappel. Le trio lui accorde d’abord cinq chansons, dont "She loves my automobile", "Dust my broom" et "Jailhouse rock". Conquérant et généreux, il en concède un second, au cours duquel, il va se fendre du boogie "Tube snake boogie" et d’un rockin' blues remontant à ses débuts, "Just got paid". L’ambiance est à la fête. Tout le monde prend son pied. Tant le public que les musiciens.

"Eliminator" paraît donc peu de temps plus tard. Soit en 1983. Ce sera son plus gros succès. Au fil du temps, la musique du band va évoluer naturellement ; mais sans jamais se départir de sa ligne de conduite. Et force est de constater que trente ans pus tard, il remplit toujours les plus grandes salles de concert. Longue vie à ZZ Top!

mardi, 21 septembre 2010 02:00

Memphis blues

Cindy Lauper est originaire de New York. De Brooklyn, très exactement. Une chanteuse extravertie, qui compte aujourd’hui quand même 57 balais. Très jeune, elle contracte le virus de la musique, et commence à écrire et jouer de la guitare. A 17 ans, elle se produit au sein de nombreux groupes locaux. En 1979, elle fonde Blue Angel ; mais sa carrière ne démarre vraiment qu’en 1983, lors de la sortie de son premier elpee "She' so unusual". Un disque qui se vend à près de 5 millions d'exemplaires. Elle embraie par "True colors", en 1986, un opus éponyme dont le titre maître devient un hymne pour les communautés gay et lesbienne. Sa discographie est quand même conséquente, puisqu’à ce jour, elle a publié 11 albums, 40 singles et vendu plus de 30 000 000 de disques. Mais surprise, elle vient d’enregistrer un long playing de blues. Il s’intitule "Memphis blues". Etonnant pour cette artiste (NDR : elle est également actrice) dont le look extravagant (NDR : rien que ses cheveux multi-colorés ou décolorés valent le coup d’œil) doit avoir inspiré Lady Gaga. C’est peut-être la raison pour laquelle elles font campagne ensemble, pour lutter contre le SIDA.

Bref, le tapis rouge a été déployé, les moyens ont été rassemblés et les invités prestigieux ont été engagés pour concocter cet elpee, au cœur des studios Electraphonic de Memphis. Ne restait plus qu’à soigner la production ; et comme Cindy a une bonne voix, le disque est rapidement devenu album blues n°1 au Billboard. Au sein du line up de base, figurent le drummer Howard Grimes, le bassiste Leroy Hodges, le guitariste Charles Pitts et le claviériste Lester Snell. Parmi les invités, on notera la participation de vétérans comme le maître de Memphis en personne, BB King, Allen Toussaint, le célèbre pianiste de New Orleans, la chanteuse Ann Peebles et ce bon vieux Charlie Musselwhite qu'on appelait naguère Memphis Charlie. Cindy dédie cet album à la légendaire Ma Rainey qu'on avait baptisée la ‘mère du blues’, une pionnière qui avait commencé enregistrer, en 1923.

L’opus s’ouvre par une composition de Little Walter. Ce ne peut être de mauvais goût. Lors de ce "Just your fool", le sympathique Charlie Musselwhite incarne le rôle de Little Walter. Il est en forme face au piano de Snell. Il est également impliqué sur "Down don't bother me", un autre Chicago shuffle signé Albert King. On reconnaît ici, entre mille, les cris d'angoisse de l'harmo à Charlie! Le "Shattered dreams" de Lowell Fulsom est un blues indolent fleurant bon la Louisiane. Cindy chante lascivement devant les ivoires du maître Allan Toussaint et les cuivres. Le roi BB vient donner la réplique locale et faire vibrer sa tendre guitare Lucille sur la cover du "Early in the morning" de Louis Jordan. Et ce n’est pas une surprise. Au piano, Allan adopte des accents très New Orleans. Mr Toussaint joue encore le rôle de Memphis Slim sur son "Mother Earth" ; mais le chant n'est pas inoubliable. Le jeune gratteur Joni Lang vient donner le challenge sur le notoire "Crossroads" de Robert Johnson. Le "Romance in the dark" de Big Bill Broonzy est ici exécuté sous la forme d’un blues lent. L’adaptation est assez majestueuse. Le chant est secondé par les deux saxophones, ténor et baryton, ainsi que l'orgue Hammond. Autre slow blues, "How blue can you get?" est issu du répertoire de BB King. Jonni Lang se réserve la six cordes. Il assure également les vocaux, de sa voix désormais aguerrie. Cindy shoute "Don't cry no more", une plage soul R&B empreinte de nostalgie. La version du "Rollin' & tumblin'" de Muddy Waters est une des sommets de cet elpee. Très Delta, elle est enrichie par les interventions puissantes et authentiques de Kenny Brown à la slide (NDR : un régal !) ; un compo au cours de laquelle Ann Pebbles partage les vocaux, mais s’érige en maître… Cindy reprend aussi le "Down so long" de Tracy Nelson ; mais elle ne parvient pas à faire oublier l’intensité, la sensibilité et le vibrato du chant de Miss Nelson. « Memphis blues » est un disque de bonne facture. Cindy est une excellente vocaliste ; néanmoins, elle affiche certaines limites dans l'exercice vécu du blues. On soulignera enfin, la qualité des photos et des notes internes du booklet.    

mardi, 14 septembre 2010 02:00

Keep the blues alive

De son véritable nom Virginia Westbrook, Teeny est née en 1958. C’est fille de Tommy Tucker, le compositeur du célèbre "High heel sneakers", publié en 1964! Elle est originaire de Dayton, dans l'Ohio. Dès son plus jeune âge, elle chante dans la chorale de son église de quartier. Elle a embrassé une carrière de musicienne professionnelle, en 1996. Et a été deux fois finaliste de l'International Blues Challenge, organisé annuellement à Memphis. Elle s'est déjà produite à plusieurs reprises en Europe.

Son premier elpee, "Tommy's girl" (enregistré en compagnie de Sean Carney) date de 2001. Le second, "First class woman", de 2003. Le troisième, "Two big M's" est paru en 2008. Il rendait un hommage à deux chanteuses légendaires : Big Mama Thornton et Big Maybelle. Teeny a souvent partagé la scène auprès du guitariste Sean Carney (NDR : très populaire en Europe, il est également né dans l’Ohio, mais à Colombus) ; en outre, elle avait collaboré à la confection de son excellent album "Life of ease", paru en 2006. Au cours des dernières années, Teeny s’est produit au célèbre Festival blues de Monterey. Le 29 mai dernier, elle s’était rendue en Belgique, à Puurs très exactement, pour accorder un set dans le cadre du Duvel Blues Festival. Excellente vocaliste, elle confesse pour influences majeures, son père Tommy, disparu il y a déjà près de 30 ans, Etta James, Big Maybelle et Koko Taylor. Teeny signe huit des onze plages de ce nouvel opus ; un disque pour lequel elle a reçu le concours de son partenaire musical Robert Hughes (NDR : c’est également son guitariste). Au sein du line up figurent également le bassiste Scott Keeler, le drummer Darrell Jumper et l’harmoniciste David Gastel.

"Ain't that the blues" ouvre l’elpee. Il raconte la sombre histoire d'une jeune aveugle, âgé de 12 ans, qui vient de perdre sa mère, victime du SIDA. La voix de Teeny est remarquable et autoritaire. Elle s'étend sur plusieurs octaves. Hughes lui donne une excellente réplique sur ses cordes, en empruntant un phrasé institué par Carlos Santana! Imprimé sur un tempo enlevé, "Make room for Teeny" est hanté par un piano qui me fait penser… à un chant gospel.  Soutenue par l’harmo et la slide, elle nous hurle son amour paternel tout au long de "Daughter to the blues", des sanglots dans la voix, un blues lent empreint de nostalgie… Shouteuse sur "Old man magnet", elle charme, envoûte même, sur l’indolent "I wish we could go back", une plage caractérisée par les répliques vocales féminines. Le titre maître trempe dans un gospel d’une grande pureté, une compo bercée par le flux et le reflux des voix puissantes. Gastel son souffleur, se signale sur "I live alone". Mais manifestement, il manque de punch. Morceau acoustique, "John Cephas" rend hommage à cet adepte du Piemont blues tout en témoignant son admiration aux maîtres du préwar blues. Et son timbre s’y révèle cristallin. Deux reprises. Tout d’abord, "Heartbreak", un titre enrichi par les remarquables interventions à l’orgue Hammond de Linda Dachtyl. Ensuite le notoire "Got my mojo working" de Muddy Waters. Féminine, la version est bien différente de l’originale. L'album s’achève par "Respect me and the blues", une composition au cours de laquelle Teeny échange un duo en compagnie de son gratteur émérite, Robert Hughes…

 

mardi, 14 septembre 2010 02:00

Red dog speaks

Elvin Bishop est aujourd’hui considéré comme un vétéran du blues blanc. Il est né à Tulsa, dans l'Oklahoma, en 1942. Au cours des 50’s il accomplit ses études à Chicago. En 1963, il y rencontre l'harmoniciste Paul Butterfield. Ensemble, ils fondent le Butterfield Blues Band, un blues band qui entrera dans l’histoire ; cette formation sera bientôt rejointe, par un autre gratteur mythique : Mike Bloomfield. Elvin côtoiera neuf années Paul ; mais dès 1968, il monte son Elvin Bishop Group et entame une aventure personnelle qui est toujours bien d’actualité. Sa première œuvre est publiée en 1969 : "The Elvin Bishop Group". Elle paraît sur le label Fillmore. Depuis, il a aligné une multitude d’albums, sans oublier les collections, compilations et autres ‘best of’. Dans sa carrière, son plus gros hit demeure le single "Fooled around and fell in love". Il remonte à 1976. Une compo qui figure également sur l’elpee "Struttin' my stuff". Il a enregistré pour Fillmore, Epic et Capricorn, avant de signer chez le célèbre label blues, Alligator. En 1988. Il y gravera 5 long playings. Fin 2008, il avait déjà édité un premier cd pour Delta Groove, "The blues rolls on". Et l'année dernière, il avait concocté un elpee, en compagnie du légendaire chanteur/guitariste Little Smokey Smothers, "Chicago blues buddies" (NDR : de couleur noire, ce musicien chicagolais avait côtoyé Muddy Waters, Magic Sam et Earl Hooker).

Son line up habituel implique le tromboniste/percussionniste Ed Earley (NDR : il a milité au sein des backing bands d’Albert King et de Joe Louis Walker) le guitariste/pianiste Bob Welsh, le bassiste Steve Evans, le claviériste/accordéoniste S.E Willis (il a accompagné Chuck Berry, Bo Diddley et Albert King) ainsi que le drummer Bobby Cochran. Evans et Willis n’ont pas participé aux sessions d’enregistrement, mais les invités se bousculent.

Elvin se sert, depuis une éternité, d’une Gibson ES 345 de couleur rouge. Il l’a baptisée ‘Red Dog’. Ce qui explique le titre de l’opus qui ouvre les hostilités. Elvin chante et nous raconte l'histoire de cette compagne avant de la faire vibrer à l’aide de son bottleneck. Un bien bel hommage! La voix d’Elvin Bishop n’est pas exceptionnelle. Ce qui explique pourquoi, il ne se charge pas de l’intégralité des vocaux. Il se réserve néanmoins le nerveux et amusant "Fat and sassy", soutenu à la rythmique par le passionnant gratteur norvégien, Kid Andersen et son ami Earley au trombone, qui lui donne, par ailleurs, la réplique vocale. Seul, il chante ou plus exactement récite "Clean livin'", un blues au cours duquel sa fidèle Red Dog est alimentée par un son pas possible, sale et primaire. Il se réserve encore les vocaux lors de la finale, "Midnight hour blues", un blues lent signé Leroy Carr. Bob Welsh siège derrière l’orgue lors de ce morceau au cours duquel sa voix ravagée s'adapte parfaitement à ce style. Bishop cède les vocaux, pour trois titres, à son ami californien John Nemeth (NDR : son dernier opus, "Name the day", est paru chez Blind Pig). Il est vrai que celui-ci jouit d’un organe aérien, assez extraordinaire, taillé pour chanter le blues et la soul. Tout d’abord le notoire "Neighbor neighbor" de Huey P. Meaux. Elvin est impérial à la slide. Fin gratteur, Mighty Mike Schermer assure la rythmique. Le "Many rivers to cross" de Jimmy Cliff, ensuite. Nemeth se révèle bouleversant tout au long de cette splendide ballade. Et enfin, une version enlevée du "Got your hand out of my pocket" d'Otis Spann. Une plage au cours de laquelle, son intervention à l’harmo est judicieuse. Dans le rôle de Spann, Welsh (NDR : il milite également dans le backing group de Nemeth !) se réserve le piano. Trois instrumentaux sur ce long playing. Et ils sont de très bonne facture. Soit "Barbecue boogie", un boogie au cours duquel Welsh est omniprésent sur ses ivoires, le bouleversant "Doo wop medley", lorsque la slide rouge est épaulée par les cordes rythmiques de Schermer et de Kid Andersen ; et enfin le charmant "His eye is on the sparrow", une plage bourrée de charme, raffinée par le trombone d'Earley et le sax ténor du Californien Terry Hanck. L’opus recèle encore un titre immortalisé ‘live’. En l’occurrence "Blues cruise", une jam zydeco accomplie lors de la Legendary Rhythm & Blues Cruise, en 2009, au large du Mexique. Elvin est derrière le micro ; mais pour présenter les différents invités. Pas des illustres inconnus, puisqu’on y retrouve Ronnie Baker Brooks (le fils aîné de Lonnie) à la guitare, Tommy Castro et Roy Gaines à l'harmonica, John Nemeth à l'accordéon ainsi que Buckwheat Zydeco et Sir Reginald Master Dural au frottoir. Un excellent album !

 

mardi, 14 septembre 2010 02:00

Lemonace

Cathy Lemons vient de fêter ses 52 ans. Elle nous vient d'Eau Claire, dans le Wisconsin. Elle est née au sein d’une famille presque nomade. Qui finira quand même par se ficher au Texas, en 1971. A Dallas, très précisément. C'est là que Cathy tombe sous le charme du blues. Elle monte régulièrement sur scène, en compagnie de jeunes formations en plein essor. Et en particulier où sévissent déjà Anson Funderburgh, Darrell Nuslish et même Stevie Ray Vaughan. En 1986, elle émigre à San Francisco. Vu son bon goût et son talent, elle partage les planches de Mark Hummel et Paris Slim. Elle attire même l'attention du vétéran John Lee Hooker et participe aux shows du Coast to Coast Blues Band. Elle décide ensuite d’embrasser une carrière individuelle. Bénéficiant du concours, d’abord du guitariste David Workman, puis en 1995, du bassiste Johnny Ace. Ce dernier est aujourd’hui âgé de 61 ans. Il est issu de New York City. Il a joué auprès des plus grands ; et en particulier Otis Rush, John Lee Hooker, Lowell Fulsom ou encore Charlie Musselwhite… Depuis cette époque Cathy et Johnny partagent leur aventure musicale. Leur premier elpee est paru en 1999 : "Dark road". Chez le label Saloon Recordings. Parmi les invités guitaristes figurent quelques noms prestigieux : Tommy Castro, Rusty Zinn et Steve Freund. Depuis, 2006, leur backing group implique guitariste Pierre Le Corre (NDR : il est originaire de Marseille) et le batteur Artie Chavez. Cathy et Johnny se sont partagé l’écriture de la quasi-intégralité des titres.

"Brand new day" ouvre le bal. Une compo très nerveuse, au cours de laquelle le couple partage le chant. Pierre joue en rythmique ; mais son attaque est tellement déjantée, qu’elle se mue en funk détonant. "Love like a fire" baigne dans le même style. Terriblement cohérente, la section rythmique soutient l’ensemble. Johnny se révèle excellent bassiste. Premier invité, Kid Andersen entre en scène. Il semble armé pour accomplir ce superbe voyage, périple psychédélique étincelant, chargé d’intensité, au cours duquel Le Corre lui donne la réplique à la slide. Tommy Castro –l’ami de toujours– dispense un solo troublant et torturé sur "Used to this blues", une plage indolente, parcourue par la voix reverb de Cathy, réminiscente de la Grace Slick des grands jours, lorsqu’elle sévissait chez le Jefferson Airplane (NDR : nous sommes même ici très proche du San Franciso sound !) "Sink or swim" en revient au funk ; mais Johnny se paye un rap à la newyorkaise, pendant que Pierre sort sur le fil du rasoir! Plage atmosphérique, "Shoot to kill" est introduite par la slide de Ron Thompson, un autre pensionnaire émérite du Coast to Coast Blues Band. Une compo de 8’ qui trempe au sein d’un climat menaçant, malsain, inquiétant, malveillant. En fin de parcours, Le Corre vient y injecter sa dose de slide toute personnelle. Chicago blues, "When bad luck looks good" est imprimé sur un tempo enlevé. David Maxwell siège derrière le piano. Un maître du style qui s’offre rapidement son billet de sortie, avant d’être relayé par Tommy Castro. "Gimme a penny" est un autre titre nonchalant. Mais aussi dépouillé. La voix de Cathy est convaincante. Mais Maxwell domine le sujet aux ivoires, dont il partagera ensuite le leadership, en compagnie de Paul Oscher, un ancien membre du Muddy Waters Band, à l’harmonica. "I got it" est sculpté dans le funk pur. La rythmique épaule parfaitement la voix aérienne de Melle Lemon. Cette dernière nous confesse "I'm not the woman I used to be", un blues lent de facture classique, caractérisé par les petites notes concédées par Pierre. Elles font mouche face à Kid Andersen passé à l'orgue. Une bonne ligne de basse balise "Stay", un boogie assez sauvage et de bonne facture, au cours duquel Le Corre s’acharne, en empruntant un ton très John Lee. "Get this thing off's my back" campe un blues saturé par le son Hooker dispensé par le talentueux gratteur norvégien, Kid Andersen. La cover du "Move on" de Baby Washington achève cet elpee. Un peu à la manière d’un rappel, Johnny reproduisant, une nouvelle fois, ses interventions vocales rap. Et pour que votre info soit complète, sachez que ce long playing a été coproduit sous la houlette de Lemon, Ace et Kid Andersen, au sein des studios Greaseland de ce dernier. Perso, je suis surtout ravi d’avoir découvert Pierre Le Corre, guitariste français talentueux…

 

mardi, 07 septembre 2010 02:00

How much woman can you stand

Originaire de Virginie, cette chanteuse de couleur noire a chanté le gospel, durant plus de 20 ans, au sein de l’église baptiste. Ce qui lui a permis de se forger une expérience certaine. Elle s’intéresse au blues après avoir assisté aux concerts de Buddy Guy et BB King ; puis commence à se passionner pour les grandes dames du blues et du jazz, comme Bessie Smith, Sarah Vaughn ou Alberta Hunter. Elle se rend régulièrement à Chicago où elle finit par focaliser toutes les oreilles. On la compare alors même à Koko Taylor, Ruth Brown voire à Big Mama Thorton.

Pour enregistrer son premier opus, elle a reçu le concours d’une solide formation : les Homewreckers. C’est-à-dire Mark ‘Rip’ Hopkins à la guitare, Tommie ‘T-Bone’ Fisher aux claviers, David Holland à la basse et Brandon Frazier aux drums. Un disque pour lequel elle a bénéficié de la mise en forme de Lil' Ray Neal, l'un des fils du légendaire bluesman de Baton Rouge, Raful Neal.

Jackie nous entraîne dans son univers du blues, de manière assez classique, mais en manifestant beaucoup de conviction. Elle chante ce "Put your name on it" d'une voix fatalement noire, taillée pour blues, mais un blues très ‘Chicago’. Les musiciens sont très efficaces, mais jouent de manière plutôt orthodoxe, les guitaristes restant sur leur réserve. "Get up with you" est empreint d’une grande sensibilité. La ligne mélodique est assez proche du "Born under a bad sign" d'Albert King. Invité, Bob Albertgotti s’autorise une première sortie à l’harmo. Il est aussitôt relayé par la six cordes, mais dans un immense respect. Cette homogénéité et cette authenticité sont une constante tout au long de l’elpee. A l’instar d’"It ain't that easy" ou d’"I can tell", un blues lent légèrement funkysant, dont les accords de gratte sont dispensés parcimonieusement. Mais aussi de "Teddy's juke joint". Imprimé sur un tempo plus vif, ce blues imparable met en exergue le talent de Rip Hopkins, un sixcordiste qui a bien assimilé la technique de ses maîtres ; et notamment Luther ‘Guitar Junior’ Johson ou encore Jimmy Johnson, des artistes issus du Chicago southside ou westside, qui privilégiaient le blues et la soul. "How much woman can you stand" constitue la petite perle de l’opus. Un long slow blues au cours duquel Jackie donne tout ce qu'elle a dans le ventre. Puissante, généreuse, sa voix est empreinte d’un énorme feeling. Elle est suivie par l'harmo, du piano de Fischer et les cordes de Rip. Un moment d’une grande intensité. Jackie a désormais soufflé sur les braises incandescentes. Elle enchaîne "Keep your legs crossed", une compo rythmée au cours de laquelle, elle démontre toute son autorité. "Don't let the smooth taste fool you" est sculpté dans le funk soul. "Mr Devil" est un autre grand moment de l’œuvre. Un blues lent dépouillé, poignant, aux accents du Delta. Elle chante remarquablement face aux accords de guitare primaires et métalliques ainsi que l'harmonica. De brève durée, "Put on a new step (Devil's reprise)" nous replonge dans le Delta. Evoluant sur tempo allègre et bien électrique, il s’embrase au contact du bottleneck. Un bien bel album ! Et pout que votre info soit complète, sachez que Miss Scott bénéficie d’un énorme soutien de la part de la Baltimore Blues Society dont elle a remporté la Blues Competition, l’an dernier ; ce qui lui a valu de participer à la finale nationale, à Memphis, en 2010.

mardi, 07 septembre 2010 02:00

Big rockin’ boogie

Becki Sue, c’est la chanteuse des Big Rockin' Daddies, une formation issue du nord-ouest des Etats-Unis, dans l'Etat de Washington. Fondée en 2003, par le guitariste Tom ‘T-Boy Neal’ Boyle, elle s’est forgé une certaine notoriété, en décrochant, au cours des dernières années, quelques Awards. Et tout particulièrement auprès de la Washington Blues Society et la Cascade Blues Association, dans l'Oregon. "Big rockin’ boogie" constitue leur troisième elpee. Il fait suite à "The L.A.B results", publié en 2005, et "Big City blues", en 2007, un disque pour lequel, le combo avait reçu le concours de Candye Kane et Mitch Woods.

Outre Becki, le line up implique le saxophoniste/harmoniciste/vocaliste Jim King, le drummer Jeff Hayes et le contrebassiste Les White. Dès "Rocket in my pocket", titre d’ouverture, le combo démontre que la formation est parfaitement huilée. Becki se la joue rockeuse. Puissante, la section rythmique soutient ses solistes. Tom Boyle porte déjà sa première estocade. Il est suivi à la trace par Jim King qui se déchaîne déjà sur son saxophone ténor. King passe aussitôt à l'harmonica pour attaquer "Mr Lies". Cet adepte de l’overblowing ne manque pas de souffle et il s'impose sur ce shuffle bien trempé. Ne tenant plus en place, King reprend son sax ténor pour aborder un autre rock bien speedé : "Fat boy blues". La voix de Miss Sue est impeccable. Faut dire qu’elle est balisée par un backing group de haute volée. Et maître Jim, jamais à court d’haleine, en profite pout se lancer dans un solo dévastateur. Il est également un des deux vocalistes du Big Rockin' Daddies. Il se réserve donc le chant sur le furieux "Big rocking boogie", mais nous réserve une volée de coups d'harmo dont il a le secret, avant d’être relayé par T-Boy Neal, tout boogie devant les percussions de Hayes. Le tempo ralentit. Pour un inévitable blues lent : "Cant stop these teardrops". La voix de Becki est chargée de passion. Le saxophone de King, bouleversant, alors que piano et orgue enrichissent l’espace sonore. De toute bonne facture, l’instrumental "Meet on toast" met en exergue le talent des différents musiciens. Excellent ! "Neighbor tend top your business" est un blues de toute bonne facture, imprimé sur un mid tempo. La guitare reverb de Boyle s’insinue dans le décor, mais c’est à nouveau les interventions à l'harmonica de Jim qui crèvent l'écran!! Franchement R&B, "What have I done?" adopte un tempo proche de Magic Sam. Sue injecte une fameuse dose de swing tout au long de "How much longer", une compo parcourue par un piano acoustique. Jim se réserve les vocaux sur "All my money", un Chicago shuffle très rapide, à nouveau soutenu par les ivoires. Pas le temps de respirer, et on passe à du Chicago westside pour "I'd walk a mile". Du pur Magic Sam Maghett au cours duquel Boyle, totalement imprégné de ce style très rythmique, tire son épingle du jeu. La voix de Becki est irréprochable de bout en bout. Elle pousse sur le champignon face à King, lors d’un "Hillbilly blues ball" dévastateur. "Where my money" achève cet elpee. Une courte plage instrumentale tout à fait redoutable, caractérisée par un duo échangé entre la six cordes et l’harmo. De quoi flanquer le frisson. Un excellent opus !