La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Jean-Claude Mondo

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mardi, 07 septembre 2010 02:00

Low down where the snakes crawl

Cristina ‘Cee Cee’ James nous vient de Portland, dans l’Oregon (NDR : c’est dans le Nord-est américain). Mais sa famille émigre ensuite en Californie, à San Diego, très exactement. C’est là qu’elle accomplit ses premier pas musicaux, au sein de Stone Blue. Nous sommes alors au cours des années 90. Son premier elpee solo, paraît en 1999 : "Spiritually wet". Il émarge au pop/funk. Une vie sentimentale perturbée l’incite à retourner dans l'Oregon, dès 2005. Mais fin 2007, elle reprend son bâton de pèlerin et se dirige plus au Nord. Dans l'Etat de Washington, très exactement. Où elle s’est établie. Et a immortalisé les sessions studio de ce nouvel elpee. Miss James et son mari, Rob ‘Slideboy’ Andrews (NDR : c’est également son guitariste), sont responsables de l’écriture de la quasi-intégralité du répertoire.

L'ouverture est, ma foi, renversante. La guitare s’aventure en solo, un peu à la manière de Jimi Hendrix, lorsqu’il amorçait certaines ballades. Peu à peu, les musiciens se joignent aux cordes, avant que la voix de Cee Cee n’entre en scène. Tout d'abord en mode mineur. Et progressivement son timbre monte en puissance, avec une facilité déconcertante ; mais aussi une sauvagerie inouïe. Et cette manière de chanter rappelle instantanément feu Janis Joplin, disparue au tout début des seventies. Pendant ce temps, Rob Andrews ou l'autre gratteur, Tim Enders, font le max pour se fondre dans cet univers sonore tragique. Ce long blues dure plus de 8 minutes ; et pourtant, on ne voit (NDR : n’entend ?) pas le temps passer, tant la voix de cette tigresse est envoûtante. Cette plage donne le titre à l’album et elle vaut, à elle seule, son achat. Autre blues lent, "Black raven" est plus classique. Dépouillé à l'extrême, il aligne des accords découpés au rasoir. Un peu comme chez John Lee Hooker. Quoique discret, l’harmonica est bien présent. Quant aux percus, elles affichent toute leur fragilité. Toute en relief, la voix de Cee Cee, la féline, force le passage, lors d’un dialogue, sur un riff qu'aurait apprécié Mr Muddy Waters en personne. Digne de Howlin' Wolf, le tempo prend des couleurs pour attaquer "Love makes change" ; et pourtant, c’est la six cordes qui tire son épingle du jeu. Car si CC chante fort bien, elle n'abuse jamais de sa technique vocale. "Desert blues" lorgne du côté du Diddley beat, changements de rythme à la clé. "Roll me over" prend une nouvelle direction. Plus atmosphérique dans son développement, elle propose un voyage légèrement parfumé d’Orient. Une nouvelle accélération secoue "Make it to the other side". La voix s’aventure une nouvelle fois sans ses élans joplinesques et, parfaitement soutenu par l’orgue, nous plonge dans un véritable climat propice à la transe. Certaines compos épousent une structure proche des Doors. Et je pense tout particulièrement à "White picket fence" et "Watermelon Lucy", au cours desquels Andrews est passé à la slide. Même les crescendos adoptés par la voix s’y réfèrent ; bien sûr en faisant abstraction du baryton profond de Morrison. Cependant, la formule passe bien la rampe. En fin de parcours, "Done love wrong" nous ramène à la case départ. Apaisée, la voix dialogue avec la guitare avant de nous transporter dans son univers surréaliste. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Spirit of the shaman", un blues teinté de rock, au cours duquel les cordes sont bien mises en évidence. Et Cee Cee semble insatiable, puisqu’elle vient de publier un nouveau long playing, mais enregistré en public : "Seriously raw" – Live in Burbank". Une tournée est annoncée pour février 2011. Un périple qui devrait traverser la France et l’Allemagne. James de Chorus à Sedan ne semble pas y être étranger…

 

mardi, 07 septembre 2010 02:00

You know you love it

Teresa James est née à Houston, au Texas. Elle s’est cependant établie, il y a quelques années à Los Angeles. Elle y drive ses Rhythm Tramps. Mais son style musical est surtout marqué par son Texas natal et la Nouvelle Orléans. Elle sillonne les routes du blues depuis de nombreuses années et comptait déjà six albums à son actif, avant de publier ce "You know you love it". Pour concocter cet elpee, elle est soutenue par ses Rhythm Tramps ; c’est-à-dire le guitariste Billy Watts, le saxophoniste Jerry Peterson, la drummeuse/percussionniste Miss Debra Dobkin, le bassiste Terry Wilson ainsi que le notoire Tony Braunagel (deux ex-Back Street Crawler), également à la batterie, mais surtout à la production. Parmi les invités figurent John ‘Rabbit’ Bundrick (également un ex-Back Street Crawler) et Mike Finnigan à l'orgue ainsi que John Cleary au piano.

Excellent, "Hug yourself" ouvre l’elpee. Le tempo est puissant, très southern blues. Les percus sont bien à l'avant, les cuivres sont omniprésents. La musique baigne dans l'atmosphère de la Nouvelle Orléans. Le timbre vocal de Teresa libère suffisamment d’intensité naturelle pour affronter ce style subtilement funky. Caractérisé par cette belle complicité échangée entre le piano de Miss James et les cordes de Watts, "Talk to the hand" persévère dans le même registre. Une compo dont l’impact est direct. Rauque et légèrement forcée, la voix impose sa loi ; d’ailleurs tous les musiciens sont à son service. Ce qui ne les empêche pas d’être brillants. Le tempo accélère et devient franchement rock'n'roll (NDR : cette rythmique stonienne !) sur "It ain't my bad this time". Teresa chante divinement "A good day to cry", une superbe ballade sudiste. Elle manifeste beaucoup de présence, a de la réserve et s'en sert fort bien! Jerry Peterson en profite pour prendre son billet de sortie au saxophone ; et c'est le bonheur. Elle reprend la route qui mène Memphis à New Orleans pour attaquer "It might be Memphis", un bon vieux rock'n'roll balisé par le rythme du piano. Funk/R&B, "She don't mess with his buzz" met en exergue les interventions de cuivres. Tendre ballade, "The good old days" baigne dans l'ambiance insouciante de la fin des fifties, début des sixties. Teresa chante "Sunday shoes" d’une voix délicieuse, un blues fin de soirée, qu'elle aborde seule au piano, avant d'être rejointe par ses partenaires. Une compo tout à fait bouleversante. La Louisiane est aussi le berceau du zydeco, un style joyeux et festif entraîné par l’accordéon. Une ambiance très caractéristique rencontrée tout au long de "Whine, whine, whine". Le blues de "You got me where it hurts" fleure bon le Mississippi voisin. La guitare libère des sonorités primaires, pendant que Teresa chante sur un ton nonchalant. Une ambiance lugubre envahit "Look for a thang". Sonorités de claviers, percus, le sax de Jerry, mais surtout la guitare reverb entretiennent cette atmosphère, pendant que Teresa nous entraîne, la nuit tombante, au bord des swamps proches de la vieille cité de New Orleans. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "You know you love it", une compo sauvage, imprimée sur un tempo rock'n'roll, au cours de laquelle tous les musiciens prennent leur pied avant de se retirer…

 

mardi, 07 septembre 2010 02:00

I learned the hard way

Sharon Jones et ses Dap-Kings nous viennent de Brooklyn. Sharon est une chanteuse de couleur noire. Son backing band réunit huit musiciens. Leur style ? Un mélange de gospel, de soul et de funk. Le combo comptait déjà trois elpees à son actif. Parus chez Daptone. "Dap dippin'" en 2002, "Naturally" en 2005 et "100 days, 100 nights" en 2007. Il adore recréer les atmosphères des grandes époques du R&B et de la soul, depuis la Stax à la Tamla Motown. Les Dap-Kings jouissent d’une grande notoriété sur les planches. Ils se produisent régulièrement à l'Apollo de New York et au Summer Stage de Central Park. Sharon est née en 1956. A Augusta, en Georgie (NDR : comme James Brown). Avant de devenir chanteuse professionnelle, elle a exercé des tas de métiers. Et en particulier surveillante de pénitencier et convoyeuse de fonds. La voix de Sharon évoque les grandes divas du R&B : Tina Turner, Mavis Staples ou encore Aretha Franklin ; mais gros bémol, ses inflexions souffrent d’une carence en intensité.

Cuivres et cordes amorcent "The game gets old", au sein d’un climat bien Tamla Motown. La voix de Sharon ne manque pas de charme. Elle est soutenue par des chœurs féminins. Une compo qui rappelle Martha and the Vandellas ou encore Gladys Knight & the Pips. Le titre maître trempe dans la soul pop. Il aurait pu sortir en 45 tours. Mais à une autre époque. Celle au cours de laquelle, les chansons étaient surtout destinées à procurer du bon temps et inviter à la danse. Exotique, "Better things to do" évolue au rythme d'un calypso. Les musicos sont bien mis en évidence ; mais le chant est rejeté en toile de fond. La belle revient pourtant très vite affronter "Give it back". Elle manifeste enfin une certaine agressivité, face à des cordes pourtant bien délicates. Le classique "Money" bénéficie d’arrangements plus modernes. La voix est percutante. Et au sein de cette expression sonore plus tonique, les cuivres opèrent flux et reflux. Après "The reason", un bref interlude instrumental, Sharon replonge dans la soul sirupeuse ("Window shopping"). Avant d’en revenir à une forme bien plus intéressante. Et en particulier pour "She ain't a child no more", "Without a heart" et "Mama don't like my man", des morceaux imprégnés de gospel, au cours desquels son attaque vocale est bien plus marquée. Et manifestement ce type de répertoire colle mieux à notre soul sister. D’ailleurs, sur son précédent album, elle s’était révélée, bien plus vocaliste de R&B…

mardi, 07 septembre 2010 02:00

Fire it up

Laurie Morvan est née dans l'Illinois, à une heure de voiture de Chicago. Elle a suivi et réussi de brillantes études. Ce qui lui a permis de décrocher un job dans l’aéronautique. A Los Angeles. Où elle s’est alors établie. Elle avait cependant une seconde passion : la guitare. Elle se paie une Fender Stratocaster. Puis sur un coup de tête, abandonne son job et tente l’aventure en compagnie d’un rock'n'roll band, comme guitariste soliste. Et se réserve même déjà le chant. C’est en découvrant Stevie Ray Vaughan qu’elle décide de s’orienter vers le blues rock. Son premier elpee sort en 1997 : "Out of the woods". Un disque enregistré en compagnie du groupe Backroad Shack. Les dix plages sont déjà issues de sa plume. En 2004, elle publie "Find my way home". Son combo, elle le baptise alors le Laurie Morvan Band. En 2007, paraît "Cures what ails ya". Le disque rencontre le succès et l’artiste commence à faire la ‘une’ des magazines spécialisés, dont Guitar Player et Vintage Guitar.

"Fire it up" constitue déjà son dernier opus. Laurie signe les douze compos. Elle est soutenue par le bassiste Pat Morvan, le drummer Kevin Murillo ainsi que Sammy Avila (Walter Trout Band) ou David Matthews (Etta James Band) aux claviers. Elle peut aussi compter sur une choriste, en l’occurrence Lisa Grubbs. Laurie et Steve Savage (NDR : il a bossé pour Elvin Bishop et Robert Cray) coproduisent le long playing.

Le single, "Nothin’ but the blues », ouvre la plaque. Soutenu par le piano sautillant de Matthews, le tempo est vif. La voix de Laurie est correcte. Sans plus. Elle manque néanmoins de profondeur. A l’instar d’une Ana Popovic, par exemple. Mais elle est capable de faire décoller ses cordes, dans un registre blues rock. "Come on over to my bbq" nous invite à partager son barbecue. Une compo plus roots et plus captivante évoluant sur un tempo plus lent mais aussi hypnotique, que soutient l’orgue. Laurie arrache de sa Stratocaster, des notes qui forcent le respect lors de ce blues rock sans prétention, mais bien ficelé et homogène. Progressivement, nous sommes aspirés dans le monde sonore de notre blonde Laurie ; et les compositions maison peuvent défiler : "Good girls bad girls", le tonique "I speak the blues", "You don't know about me", caractérisé par une belle envolée à l’orgue et le percutant "Testify". La ligne mélodique de "Lay your hands" est impeccable. L’instrumentation tout autant, permettant à la Fender de Laurie de libérer de petites grappes de notes, dont l’impact est direct. La voix de Laurie est presque constamment soutenue par celle de Lisa Grubbs ; et le résultat est loin d’être désagréable à l’oreille ! Un riff implacable fouette le long blues lent "Living in a man's world". Laurie décrit ce qu’elle ressent, dans ce monde machiste. Appuyant son discours de ses plus belles notes, auxquelles elle injecte énormément de feeling. Ballade acoustique, "Let me carry your troubles" est une compo bouleversante dédiée à une amie qui lutte contre le cancer. Elle approche vaguement le Texas blues & swing sur "Skinny chicks" et achève son parcours lors d’un offensif "Cafe Boogaloo" (NDR : c’est un club bien connu d'Hermosa Beach, à Los Angeles!)

mardi, 07 septembre 2010 02:00

Undercover

Miss Zola Moon n’est guère notoire sur le Vieux Continent. Pourtant, cette chanteuse de couleur blanche affiche déjà 25 ans de planches, au compteur. Originaire de San José, en Californie, elle a entamé sa carrière, en 1983, du côté de San Francisco. Elle avoue pour premières influences BB King, Muddy Waters, Jim Morrison et Led Zeppelin. Dans ces conditions, vous imaginez facilement que son blues est largement teinté de rock! Elle s’est établie à Los Angeles. Responsable de l’essentiel de son répertoire, elle n'hésite pas, suivant les circonstances, à souffler dans un harmonica. Elle compte déjà, à son actif, une poignée d’albums. Son tout premier, "Dangerous love" remonte à 1990. Il est suivi par "Lost in the blues", en 1995 et "Almost crazy", en 1998. Déjà, on compare sa démarche à celle de Janis Joplin. Et les médias évoquent des influences puisées –très curieux– chez Jim Morrison. "Earthquakes, thunder, and smiling lightning" est publié en 2000, "Down to my bones" en 2002, "Tales of love and desperation", en 2003, et "Wildcats under my skin", en 2007. Zola a des kilomètres au compteur. Très maquillée, la poitrine opulente, le regard provocateur, elle arbore une chevelure abondante et bouclée.

Pas de compos personnelles sur "Undercover", mais des reprises. Lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu la collaboration de ses musicos. En l’occurrence le guitariste Michael ‘Monster’ Carter, le bassiste Eric Williams et le drummer Jerry Olson. Le quartet ouvre l’elpee par la cover du "I'm tore down" de Freddie King. On ne peut pas dire qu’elle fasse dans la dentelle, car cette plage campe un solide hard rockin' blues. Zola a de la voix, c’est une certitude ; par contre, son gratteur n'a pas le feeling du blues. Il est très offensif. Il libère des sonorités bien grasses et largement amplifiées, pendant que le drummer cogne dur, à l'arrière. Elle inocule une intensité dramatique au "Love in vain" des Stones. La six cordes est très présente à l'avant-plan. Traditionnel, "Walkin' blues" passe également à la moulinette, suivant le livre de recettes institué par la mère Moon. Mais elle prend des couleurs vives, lorsqu’elle s’attaque au répertoire de Janis Joplin. Et tout particulièrement sur "Piece of my heart". Sa voix se montre très convaincante, avant qu’elle ne sorte une musique à bouche, on ne sait de quelle poche. Et elle réitère ce processus sur "Ball and chain", un autre hymne signé Janis. Certaines reprises sont moins probantes. A l’instar du "Runaway" de Del Shannon, ont les ‘wawawa’ plutôt embarrassants ne collent guère aux accords de gratte un peu trop hard à mon goût. A contrario, la puissance naturelle de son timbre est susceptible de se mettre au service d’adaptations comme le "Secret agent man" de Johnny Rivers, le "Tell mama" d'Etta James ou encore des versions très personnelles de "Rock me baby" et d’"I can't stand the rain". Néanmoins, c’est lorsqu’elle adopte le tempo lent qu’elle accroche le mieux. A cet instant, elle peut communiquer toute sa passion de ses remarquables cordes vocales. Et "I'd rather go blind", au cours duquel elle hurle toute sa douleur ainsi que "Nightlife" en sont les plus beaux témoignages. Et c’est hantée par le spectre de Jim Morrison, qu’elle clôt cette œuvre en interprétant la cover de "The serpent king" des Doors, d’une voix atmosphérique. A mon humble avis, cette lady singer doit faire un malheur sur les planches…

mardi, 24 août 2010 02:00

Tower sessions

Né en novembre 1976, ce jeune chanteur/guitariste compte déjà une dizaine d’albums à son actif. Il est même considéré aujourd’hui comme une valeur sûre sur la scène musicale du blues. « Tower sessions » est un opus enregistré ‘live’. Il a été immortalisé en janvier dernier, au club ‘The Tower’ à Winchester (NDR : c’est au sud-ouest de Londres, non loin de Southampton). Paradoxal, mais on n’entend pas le public. Aussi, soit que le son a été pris directement sur la table de mixage, soit le public était absent ; ce qui paraît assez peu probable. Lors de ce set, Aynsley était soutenu par sa bassiste Midus Guerreiro, le drummer Simon Small et le claviériste Dan Healey.

Le tracklisting est partagé entre neuf compos personnelles et deux reprises : le très attendu "Purple rain" de Prince et le "Crosstown traffic" de Jimi Hendrix. "Soundman" ouvre ces sessions. Un shuffle fort proche de Stevie Ray Vaughan. De toute bonne facture, cette plage figurait déjà sur son premier elpee, gravé en 1999 et son premier opus "Live", commis en 2004. Les interventions de Dan Healey à l'orgue Hammond sont conséquentes et apportent de l’épaisseur à la solution sonore. Trois titres sont issus de son dernier long playing studio "Equilibrium", publié l’an dernier. Tout d'abord le boogie "Sugar low". Ensuite "What's it all about", une ballade lente sculptée dans son style très caractéristique. Une compo au cours de laquelle sa sortie de cordes est assez grandiose. Et enfin "Hurricane". Deux autres plages ont été empruntées à "Upside down", un cd paru en 2007 : "With me tonight", un shuffle qui puise ses sources dans le Texas et "In the morning", le morceau final au cours duquel il démontre toute sa dextérité à la slide. Rockin' blues libérant une belle dose de punch, "Hero" figurait sur "All or nothing", un disque édité en 2002. Tout comme le "Crosstown traffic" de Jimi Hendrix. Instrumental à la texane, "Quiet boy" évolue à la croisée des chemins de Freddie King et de Vaughan ; un morceau dont la version originale figurait sur "Everything I need", un LP commis en 2001. Mais la toute bonne surprise procède de la présence de sa superbe version du "Purple rain" de Prince, une adaptation de près de 10' qu’il élabore habilement, mais en y injectant une fameuse dose d’émotion. Avant de permettre à ses cordes de décoller. Un moment d’exception, bien mis en relief par les interventions de l’orgue.

mardi, 24 août 2010 02:00

Live from the Archive

La popularité de ce gratteur anglais monte ne flèche. Faut dire qu’il bénéficie du soutien de Nugene, un label qui fait vraiment le max pour ses artistes. Et celui apporté à Matt et Ian Siegal, les deux fers de lance de l’écurie, en est la plus parfaite illustration. Schofield est originaire de Manchester. Il y est né en 1977. Il est donc encore fort jeune! Il accomplit ses premiers pas comme musicien professionnel au sein du groupe de l'harmoniciste Lee Sankey, avant de rejoindre le backing band de la diva blues anglaise, Miss Dana Gillespie. Il monte alors son propre trio au sein duquel figurent déjà les musiciens qui l’accompagnent aujourd'hui. Sous cette formule, il commet d’abord deux elpees ‘live’. Tout d’abord "The Trio : Live". En 2004. Puis "Live at the Jazz Cafe". En 2005. La même année, il publie "Siftin' thru ashes". Et deux ans plus tard, "Ear to the ground", un long playing sur lequel figure la reprise du célèbre "The Letter" des Box Tops. En 2009, il nous réserve encore "Heads, tails and aces".

Matt adore se produire en trio. Le soutiennent donc le claviériste Jonny Henderson, préposé aux parties de basse sur son orgue Hammond C3, et Evan Jenkins à la batterie. "Live from the Archive" est un nouvel opus immortalisé en public. En janvier 2007. Lors d’une diffusion radio opérée aux Pays-Bas. Au Bosuil, à Weert, très exactement. Ce qui explique le titre de l’elpee.

Le set s’ouvre par deux morceaux issus de "Siftin' thru ashes". Soit "All you need" et le titre maître. L’interprétation est de haute facture. Faut dire que les musicos jouissent d’une parfaite technique instrumentale. Et leur fusion de blues, jazz, rock et funk est impeccable. Un style qui me fait penser à Robben Ford (NDR : lui vit de l'autre côté de l'Atlantique). A cause de cette parfaite maîtrise des instruments ; et puis de cette cohésion infaillible au sein du combo. Après une brève présentation des acteurs, place à un blues lent particulièrement chaleureux ; soit le "Lights are on but nobody's home" d'Albert Collins. Plus, plus de 10' de bonheur ! Instru jazz funk, "Room at the back" (emprunté à « Ear the ground ») et "On my way", un blues imprimé sur un tempo allègre, mettent une nouvelle fois le talent d’Henderson aux claviers ; et manifestement, c’est un disciple de Jimmy McGriff et Brother Jack McDuff, deux des meilleurs organistes du genre. L’elpee recèle quelques reprises de blues. Tout d’abord le "Black cat bone" de Harding Wilson, un funk blues qui figurait au répertoire d'Albert Collins. "Sitting on top of the world", ensuite. Il relève de la plume de membres des Mississippi Sheiks et remonte aux années 30. Le trio nous réserve une version bouleversante de ce blues lent sorti tout droit d'une fin de soirée organisée au sein d’un club obscur. En finale, la nouvelle adaptation de l’inévitable "The letter" tient correctement la route. Mais se révèle un peu trop longue. Dix-neuf minutes dont le traditionnel solo de batterie et la participation vocale du public. En concert, la performance passe bien la rampe. Sur disque, c’est beaucoup moins évident…

mardi, 10 août 2010 02:00

One foot in the ether

The Band Of Heathens nous vient d’Austin, une formation qui pratique une forme d’Americana subtilement teintée de blues, de funk, de rock et même de pop. Le quintet texan a la particularité de disposer de trois chanteurs/compositeurs/guitaristes. Sur les planches, le trio est d’ailleurs sur le devant de la scène. Ed Jurdi se charge, en outre, du banjo et du clavier, Gordy Quist est également claviériste, et Colin Brooks se réserve le dobro, la mandoline et lap steel. Le line up est complété par la section rythmique composée du bassiste Seth Whitney et du drummer John Chipman. Le combo texan est né en 2006. Auparavant, les trois leaders étaient investis dans des projets différents. Les deux premiers opus du band étaient ‘live’ : "Live at Momo's" et "Live at Antone's", deux elpees immortalisés au sein de clubs d'Austin. Leur troisième, concocté en studio est éponyme. "One foot in the ether" constitue donc leur dernier. Parmi leurs influences majeures, ils revendiquent celles du Band et de Little Feat. Et pas de doute à ce sujet, elles sont manifestes.

La mise en bouche est agréable. "LA County blues" est sculpté dans du country rock d'excellente facture, proche du meilleur des Eagles. Les voix se conjuguent en harmonie. Les musicos manifestent une grande cohésion. Les cordes sont bien en avant, et tout particulièrement la lap steel de Brooks. "Say" s’inscrit dans un même contexte, nonobstant les sonorités surannées de l’orgue. "Shine a light" change radicalement de style. Nous pénétrons dans l’univers du funk blues, un rien ‘spiritual’. Une compo qui lorgne vers Little Feat. L’orgue Hammond, la slide et les chœurs magnifient cette compo. "Golden calf" est davantage imprégnée de blues. Très dépouillée, elle évolue au sein d’un univers primitif, bien plus proche du delta du Mississippi. L'instrumentation est minimaliste. Les percus reproduisent les bruits des outils de travail. Elles guident les vocaux à l’unisson des trois vocalistes. L'atmosphère est sinistre. Elle évoque la douleur des travailleurs noirs, alors soumis à l’esclavage. "What's this world" émarge au country rock conventionnel. Avant de replonger dans le funky blues circa Little Feat. En l’occurrence tout au long de "You're gonna miss me", une superbe plage caractérisée par son piano acoustique, ses inévitables percus et la slide bien métallique. Country folk blues, "Right here with me" baigne au sein d’un climat bien cool et relaxant. "Let your heart not be troubles" est une ballade country pop rock particulièrement mélodieuse, voire même contagieuse. "Somebody tell the truth" poursuit dans la même veine, mais s’autorise une touche funky, avant que Trevor Nealon (NDR : un invité), ne fasse monter l’intensité de la compo, de son orgue Hammond, de manière à permettre une sortie puissante des cordes. Ballade country apaisante, "Look at miss Ohio" se distingue par un équilibre instrumental impeccable. Et le résultat est imparable. Funky blues, "Talking out loud" nous entraîne vers la Nouvelle Orléans. Le tempo est indolent. Le bottleneck et l’orgue communient. Cette excellente fresque sonore s’achève par "Hey rider". Une dernière ballade qui irradie de beauté et de tranquillité, à l’instar des plus jolies chansons de Crosby, Stills et Nash…

 

mardi, 10 août 2010 02:00

Sing high sing low

Non, il ne s’agit pas d’une formation hispanique, mais néerlandaise. Issue d'Amsterdam, très exactement. Un sextuor responsable d’une musique roots, proche du bluegrass, pour laquelle les musicos ne se servent que d’instruments acoustiques, de rigueur dans le style. Le groupe s’est formé en février 2006 et a très rapidement immortalisé un concert live : "Silveredsteel nickelwound". C’était en septembre de la même année. En février 2007, il publie un Ep intitulé "Tremendous rambling". Et en 2008, grave son premier album officiel "Do it like that", chez Munich. Tous les musiciens ont adopté des pseudonymes. En voulant se faire passer pour d'authentiques Espagnols (NDR : Calvito, Alejandro, Conejo, Barba, Huesa et Arnoldo se partagent le chant, la guitare, le banjo, la mandoline, la basse, le washboard, l’harmonica et le tambourin, suivant leurs prédispositions et portent tous le même prénom : Pedro !)

Lors des sessions d’enregistrement de “Sing high sing low”, le collectif a reçu le concours de quelques invités obscurs. Une seule plage n’est pas issue de leur répertoire. Les morceaux sont courts et mettent une chouette ambiance. Et le combo sait s’y prendre pour mettre le feu. Leur énergie est débordante. Ils chantent à l'unisson "Nothing to lose", en s’accompagnant d’un festival de cordes. Ils adaptent le "Muleskinner blues" de Jimmy Rodgers, dans un climat festif rustre. Les cordes du banjo virent déjà au rouge, alors que l'harmonica vient en rajouter une couche. Démentiel ! Caractérisé par un tempo le plus souvent vivifiant, ce style musical est manifestement destiné à prendre du bon temps, se trémousser, se détendre. A l’instar de "Unleash the hound", une compo au cours de laquelle accordéon et mandoline sont bien mis en avant. Le train est lancé à toute vapeur sur les rails : "Can't stop this train" ! Les frères Dalton sont à la poursuite du convoi et Lucky Luke est à leurs trousses. Les chevaux sont au galop. "Girl o'mine" est une ballade savoureuse. Le son des instruments est parfaitement rendu. Hormis "Smile", une autre ballade plaisante, dominée par l’accordéon, le banjo, la mandoline et l’harmo, les Delgados retrouvent cependant très rapidement leur second souffle. "Sweet Mama" en est une belle illustration ; et puis "Sink to the bottom", dont l’histoire conte l'aventure désopilante du canard assis ("Sittung duck"). Dans le style, cet opus est remarquable ; mais perso, je préférerai assister à un de leurs sets en public. C’est sans doute l’endroit le plus adapté pour les apprécier pleinement ; et sûr, qu’en ces circonstances, ils sont capables de nous faire oublier les tracas et la morosité de l'existence.

 

mardi, 10 août 2010 02:00

Somewhere in time

Originaire de l'Oregon, dans le nord-ouest américain, cette formation s'est fixée à Austin. En 1997. Son line up réunit le chanteur/guitariste Willy Braun, son frère Cody, le violoniste/mandoliniste/harmoniciste, le guitariste et préposé à la lap steel David Abeyta, le drummer Jay Nazz et le bassiste Chris Schelske.  Leur premier elpee, "Millican" est paru en 98. Deux ans plus tard, elle publie deux opus : "Acoustic : Live at Stubbs" et "The day". En 2003, elle signe chez Sugar Hill, écurie pour laquelle elle va graver plusieurs elpees. Joe Ely, légendaire chanteur de Honky Tonk, tombe sous le charme du groupe, et commence à vanter leur talent auprès de la presse. Le band passe ensuite chez Yeproc, pour lequel il édite "Bullett proof", en 2008.

"Somewhere in time" constitue un hommage au chanteur Pinto Bennett, leader des Famous Motel Cowboys, pionniers du style dans le Nord Ouest. Le combo reprend ici ses chansons. Lorsque l'on jette un œil sur la pochette, on découvre les cinq musiciens à cheval, sur fond de soleil couchant. De l’image à la musique, il n’y a qu’un pas. Nous sommes bien dans l’univers de la country… Mas pas seulement, car sur ce long playing, le rock a également sont mot à dire…

"Little Blossom" ouvre le long playing. Une ballade très séduisante. La guitare rythmique est largement amplifiée et entraîne les autres instruments. La voix de Willy est très caractéristique du style. La guitare prend un premier envol. Elle se situe bien en avant. Le quintet jouit d’un potentiel certain. Leurs mélodies accrochent instantanément ; et j’avoue un petit faible pour l’intense "The ballad of Elano Delson". Parfaitement construite, cette compo est marqué par la forte présence de Joe Ely ; mais également de ce mur de cordes, manifestement une marque de fabrique chez RK, sans pour autant dépasser certaines limites. L'orgue Hammond est bien planté dans le décor. Les nappes d’orgue adoucissent d’ailleurs les sonorités des grattes. "Bird on a wire" est lancé au galop. On imagine des cowboys soulevant un nuage de poussière, au fond de l’horizon. Cordes acoustiques et électriques se conjuguent sur cette ballade uptempo, pendant que le violon, bien saignant, vient dialoguer avec les autres instruments. Un autre sommet de ce "Somewhere in time". Illuminés par la présence divine de la lap steel guitare, "Ive done everything I could do wrong" et "Idaho cowboy" baignent dans la country la plus pure. Un style également embrassé par "I hold the bottle, you hold the wheel" et "You cared enough to lie". Lorsqu’il passe au country rock, Reckless Kelly est tout aussi convaincant. A l’instar de "Some people's kids" ou du magnifique "Pure quill". Leur expression sonore lorgne alors manifestement vers des combos alternatifs issus des 80’s comme les Long Ryders voire Green On Red. Dans le genre (NDLR : le Paisley Underground !), ils sont même devenus légendaires. En fin de parcours, l'ami Pinto Bennett est venu chanter son "Thelma", une ballade paisible et dépouillée. Avant que le superbe titre maître, une plage chargée d’intensité, ne referme l’œuvre. Excellent !