Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Sail on blues

Philippe Fernandez a fondé Big Dez, en 1996. A Paris. Big Dez, c'est également son patronyme. Sa rencontre avec le pianiste Bala Pradal a changé et aiguillé sa vie musicale. Pourtant une belle tranche d'âge sépare les deux hommes. Big Dez n'a que 27 ans, tandis que Bala en a vingt de plus. Philippe apprécie surtout le blues texan. Ce qui explique ses nombreux voyages à Austin. Il a donc, tout naturellement, emmené ses musiciens dans la capitale texane, pour enregistrer son premier album.

Le disque démarre fort. L'introduction de Marc Schaeller à l'harmonica est percutante. Big Dez chante d'une voix forte, naturellement puissante. Ce qui se comprend mieux au vu du gabarit de l'artiste : 1m90 pour 135kg ! Tous les instruments sont bien en place : Bala à l'orgue, Lamine Guerfi à la basse et Vincent Daune aux drums ; mais Marc est manifestement la star de cette ouverture. Il souffle comme un possédé dans son saxophone Mississippi. Le funk éclot dès "Don't be afraid of the dark". La percussion primaire impose sa puissance. Passé les courtes et rares notes martelées au piano, la machine est en route. Ancien Bloosers, Marc revient souffler avant de libérer, enfin, Big Dez. Il se montre de suite convaincant. "Mystery woman" maintient le tempo funky. Faut avouer que lorsqu'on peut compter sur un tel batteur, il faut en profiter ; car Vincent possède un fameux pedigree (Luther et Bernard Allison, Bill Thomas). Bala Pradal joue comme il vit ou vit vraiment ce qu'il joue. Ses interventions à l'orgue semblent si naturelles que tout parait facile. Chez Big Dez, j'apprécie énormément la cohésion dont font preuve les musiciens. Tout est rythmique. Et ce qui ne gâche rien, la production est excellente. Il est vrai qu'on n'a pas lésiné sur les moyens dans les studios du Congress House. Big Dez fait gémir de bonheur sa bonne guitare sur "Bad news". La réplique au saxophone de Tom Robinson est lumineuse. Swing et jazz dynamisent "The come back" de L.C Fraser. En particulier le piano et la section de cuivres. Mais lorsque les phrases sont lacérées de cordes, on se croirait face au Master de la Telecaster, Albert Collins. Phil Poitevin y fait une apparition à l'harmonica, pendant que le vieil Uncle Joe Turner produit un groove d'enfer. L'ancien batteur de Johnny Winter se fait ici vraiment plaisir. L'idée de laisser l'impeccable Bala Pradal clôturer l'album est excellente. D'autant plus qu'il est seul au piano pour une bien jolie plage générique.

 

mercredi, 12 janvier 2011 20:01

Seriously Raw : Live at Sunbanks

En février 2010, cette chanteuse californienne, profondément marquée par la légendaire Janis Joplin, avait publié « Low down where the snakes crawl », un opus remarquable. En octobre de la même année, elle a commis un elpee immortalisé en public, "Seriously raw". Sous-titré "Live at Sunbanks", il a été enregistré dans le cadre du festival Untapped Blues.

Sur les planches, elle est soutenue par son backing group. En l’occurrence, son époux, Rob ‘Slide Boy’ Andrews, à la guitare rythmique et à la slide, Jason Childs à la lead guitar, Dan Mohler à la basse et Chris Leighton aux drums. Le tracklisting de ce long playing est particulièrement éclectique, puisqu’il épingle trois de ses compositions, deux reprises de chansons popularisées par Miss Joplin et puis des classiques signés Robert Johnson, Willie Dixon, Hound Dog Taylor, BB King et Luther Allison…

Rob Andrews ouvre le set de sa slide. Il imprime le tempo de "Crossroads", un classique parmi les classiques. La voix de Christina est déjà bien chaude. Le spectre de Janis hante la plage. Le bottleneck roucoule de plaisir avant de céder le relais au gratteur soliste, Jason Childs! Le riff caractéristique de "I ain't superstitious" fait mouche. Miss James a revêtu la peau du vieux loup de Chicago, Howlin' Wolf. Le tempo est bien relevé. Jason s’en délecte et n'arrête pas de disserter, malgré les coups de semonce menaçants adressés par la vocaliste au bord de la démence. Elle attaque ensuite une de ses meilleures compositions, "Make it to the other side". Et c’est un autre fantôme qui vient rôder sur ce titre : le grand Jim Morrison des Doors circa "L.A. woman"! L'excitation est à son paroxysme. Le rythme s'accélère comme lors d’un set enjoué et déjanté. La machine est brûlante. Le band a conservé le tempo du boogie, mais sous une forme plus décontractée pour attaquer "I got the right to sing the blues"… et comment a-t-elle le droit de chanter le blues ? La slide d’Andrews s’investit totalement lors de ce morceau, ma fois, fort captivant. "Give me back my wig" déménage. Le turbo est enclenché. Jason travaille nerveusement ses cordes sur l'avant de la scène! Enfin, Cee Cee se décide à chanter "Done love wrong", un blues lent de toute beauté qui figurait sur son précédent opus. Elle module ici volontairement le son ; et lorsqu’elle pousse le vibrato, un sacré frisson secoue tout notre corps. Rugissant tel un lion affamé, elle assène ses coups de griffe, comme autant de claques que l'on prend avec un réel plaisir… Interprété a cappella, "Mercedes Benz" constitue son exercice de style joplinesque. Elle lâche un Cri, avec un grand C, sans ressentir, apparemment, la moindre douleur ; il est suivi par une parfaite réplique de "Me and Bobby McGee". Désormais plus rien ne peut arrêter notre chanteuse au faîte de l’excitation. Jusque la fin du set, elle aligne les covers. Et tout d’abord le très évocateur "I just want to make love to you". Elle y atteint un orgasme sonore. Sa version du "Nutbush city limits" peut rivaliser avec celle de la grande Tina Turner. L’adaptation du "Living in the house of the blues" de Luther Allison est judicieuse. Un autre blues lent qui met aussi en évidence le talent du gratteur Jason. Il embraie sur le fiévreux "Going down" de Don Nix, au cours duquel il torture les tonalités de ses cordes en se servant de ses pédales. Et en bonus, on entend un dialogue entre Cee Cee et son public, au cours duquel, elle parle ouvertement de son admiration pour Janis Joplin.

Ne la manquez surtout pas lors de sa tournée européenne qui se déroulera au cours du mois de févier. Elle se produira ainsi le 5 à Douzy, près de Sedan, en première partie de Lightnin' Guy and the Mighty Gators (NDR : merci à James Couchot de Chorus), le 6 au Café T'Goor, à Wuustwezel, le 7 au Banana Peel de Ruiselede et, semble-t-il, au Centre Culturel De Steiger de Menin le 17.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Feet & teeth

Issue de Flandre et apparemment de Bruges, cette formation est née en 1990. Elle avait commis son premier elpee, "Not invited", voici deux ans. " Feet & teeth " consitue donc son second opus. Un disque qui a bénéficié du concours Pieter Van Bogaert à la production. 7 plages ont été immortalisées 'live' au Noodle de Beernem, le 25 janvier 2003. Les quatre dernières ont été concoctées en studio.

En ouverture, "Never say die" semble vouloir nous emmener dans le pays des swamps. La guitare de Serge Geloen est réverbérée. Jan Van Acker souffle timidement dans son harmonica avant de conduire les parties vocales. Guitare et harmonica alternent les soli. La tonalité réverb de la guitare fait penser à Hank Marvin des Shadows. Le tempo demeure vif sur le R&B assez rockant "Not invited". La manière de chanter de Jan et la trame rythmique évoquent quelque peu certains titres de Golden Earring. Amusant ! Philippe Lefief à la basse et Laurenz Vandercoilden à la batterie imposent une rythmique très rock'n'roll sur "Don't know why". Ces Flamands ont vraiment l'art de chauffer une salle. Ils me font cette fois sérieusement penser à nos amis zélandais des Juke Joints (NDR : Where are you Pete ?). La reprise du "Where were you?" de Jim Suhler est coulée dans une rockin' blues d'acier. Et pour tracer un parallèle avec les Destroyers de George Thorogood, ils invitent Geert Van Steenkiste, sur les planches. Son sax furieux y rivalise avec l'harmo de Van Acker. "Money down" persiste dans le rockin' blues. Une ambiance enrichie par l'orgue Hammond du producteur Pieter Van Bogaert. Pieter est le mari de l'excellent chanteuse Ann de Bruijn et la sœur du guitariste Jan de Bruijn. Ils se côtoient chez les Blue Angels. Ils avaient déjà sévi au sein de l'excellente formation the Crew. De 1985 à 1990. Et puis chez Double Brown. En 95. Les Gators maîtrisent parfaitement le boogie. Ils le démontrent lors de la reprise du "Two time boogie" de Studebaker John. Le son est naturellement meilleur sur les plages studio. Des compositions maison parmi lesquelles "Walk the streets for money" se détache. Le tempo est modéré. Le son acéré de la guitare assez lugubre. Cette sonorité réverbérée est également entretenue par l'harmonica. "Treat me right" nous replonge dans une époque, née après le British blues boom. C'est à dire ce blues qui allait devenir la première vague du hard rock. Les compositions passent pourtant bien la rampe. L'harmonica se détache de la ligne dressée par l'orgue Hammond. Enfin, le son de ce chromatique libère une intensité dramatique pour introduire un "Strong man" à la une tonalité déjantée…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Sweet talk

Reneé possède un registre vocal qui s'étale sur près de cinq octaves. Ce qui est pour le moins inhabituel dans le chef d'une vocaliste. Elle est née à San Diego, mais a passé toute sa jeunesse au Texas. Elle a grandi au sein d'une famille musicale et a très tôt chanté à l'église. Ses héroïnes ont pour nom Aretha Franklin, Tina Turner, Janis Joplin, Etta James, Gladys Knight ; mais aussi Marcia Ball, Lou Ann Barton et Angela Strehli. En puisant dans le R&B, la soul, le rock et la pop, elle est parvenue à créer son propre style.

Depuis 1986, elle s'est établie à Minneapolis où elle fait depuis partie de la scène locale. Elle a commis son premier elpee en 1997 : "Dancing with Mr Blue". Chez Rainbow. Elle y apparaît déjà comme une chanteuse hors de l'ordinaire. Son deuxième album a été enregistré à Nashville, dans le Tennessee.

La belle voix sauvage de Reneé est introduite par l'harmonica de Joe T. Cook, un des meilleurs souffleurs du Minnesota. "Pretend we never met" est une excellente chanson composée par Bruce McCabe. Elle l'interprète dans un style rockin' R&B qu'affectionne tout particulièrement Mick Jagger et Rod Stewart. Elle partage ici un savoureux duo avec le Texan Delbert McClinton. Les deux voix complices se complètent à merveille devant les riffs de Kevin Bowe et l'orgue de Jeff Victor. Le répertoire privilégie les plages R&B imprimées sur un rythme funky. A l'instar de "Pour the sugar slowly". Ou très rock. Découpé dans une bonne slide, "Bitter water" en est la plus belle démonstration. "When something is wrong" est une ballade soul. Les musiciens sont essentiellement issus du Jonny Lang Band : les guitaristes Kevin Bowe et Paul Diethelm, le pianiste Bruce McCabe et le drummer Billy Thomnes. Rock endiablé, "Bottom of a heart" est guidé par cette voix si aisément modulable et le piano boogie de McCabe. "Fool moon" évolue dans un registre cabaret. Nous pouvons y humer les effluves de tabac et d'alcool qui s'emmêlent. Renee peut étaler toutes les capacités de son organe. "Bury the hatchet" débute d'une manière très roots avant d'éclater en boogie speedé duquel se détachent les ivoires de Bruce. McCabe est un des meilleurs pianistes contemporains (NDR : attention, il ne faut pas le confondre avec Matt McCabe, qui a longtemps milité chez Roomful of Blues). Originaire de l'Iowa, Bruce est depuis longtemps un des fers de lance de la scène blues de Minneapolis. Au cours des 60's, il a sévi successivement chez les Aces, Straights and Shuffles (NDR : en compagnie de Kim Wilson, un an avant qu'il n'émigre à Austin pour former les Fabulous Thunderbirds, Bob Bingham et Luther Tucker), ensuite les Lamont Cranston Band et les Hoopsnakes. Aujourd'hui, il bosse aux côtés de Jonni Lang. "Unraveling" est une ballade inoffensive caressée par la trompette de Dave Jensen. La fin d'album est de très bonne facture. "Ain't nobody", tout d'abord. Qu'elle chante devant un piano solitaire. "Black pearl", ensuite. S'ouvrant par les accents du Delta, il est sobrement accompagné par la slide d'Andy Dee. Probablement un des meilleurs moments de cet opus. Car si ce disque reste agréable à écouter, je trouve que Renee Austin manque encore de présence et surtout de charisme. Elle possède une belle voix, mais il existe tellement tant de concurrence dans le domaine. A suivre, donc…

mardi, 07 décembre 2010 01:00

Triple Troubles

Shawn Pittman est un jeune chanteur guitariste. Un Texan devenu extrêmement prolifique depuis son retour aux affaires musicales. Faut dire que depuis le début de ce nouveau siècle, il s’était montré plutôt discret. Son agence de promotion européenne, en réalité italienne, Feelin' Good, a monté son propre label et nous propose le troisième chapitre consacré à Mr Pittman. Pour concrétiser ce projet, il a reçu le concours de deux très grands amis ; en l’occurrence les frères Jason et Johnny Moeller, respectivement drummer et guitariste des Fabulous Thunderbirds. Ils se sont donc enfermés aux studios Fort Horton (NDR : c’est dans leur fief, à Austin), propriété du révérend Billy Horton. Mais cet opus est issu de deux sessions qui se sont déroulées à dix années d’intervalle. Neuf titres datent de mai 2002 et six nouveaux de mai 2010. Et elles réunissent les mêmes acteurs au même endroit. Des séances en prise directe, sans le moindre artifice technique. Et pas de trace de basse, les deux guitaristes assurant, à tour de rôle, le rôle de soliste et de rythmique.

Jason Moeller a fait le plein de groove pour attaquer "Hand it off", un instrumental qui ouvre l’opus. Une compo dont la densité sonore me rappelle un titre de Savoy Brown, qui date de près de 40 ans! Les deux gratteurs sont déjà bien en verve. "Tell me" est une compo issue de la plume de l'ami Doyle Bramhall. Un pur shuffle made in Texas! Le ton est donné. Puissante, la machine est sur rails. Pittman assure le chant, les deux guitaristes croisent le fer en permanence. Toujours aussi teigneux et percutant, Moeller va droit au but sans cacher son jeu. La musique est marquée au fer rouge de l’empreinte du Texas. Nous ne sommes pas très loin de ce que les T-Birds dispensaient talentueusement, il y a trente ans déjà, sous la conduite de Kim Wilson et Jimmy Vaughan. Les musicos prennent leur pied et ils le partagent. "Be my queen" emporte tout sur son passage. Place ensuite à l'exercice du blues lent. "24 hours ain't enough" fleure bon cette atmosphère propre à Austin. Johnny gratte. Shawn est passé au piano. Le son des cordes est sale, brut, primaire à l'extrême pour revisiter le répertoire de Jimmy Reed. La rythmique prend son rôle de basse tandis que le soliste sort du bois. La cover du superbe "My home is a prison" de Lonesome Sundown est un des sommets de l’opus. Une plage qui trempe dans un swamp blues d'une torpeur indescriptible. L’intensité et le dépouillement sont alors à leur paroxysme. "Movin" est un morceau instrumental que Pittman avait déjà retenu sur son elpee "Movin & groovin". La fête des guitares bat son plein. Enfin, si on peut s’exprimer ainsi. Car l'envol opéré sur "One thing on my mind" fait encore son malheur, au cœur de ce climat désespéré du blues des marais. Pittman repasse aux ivoires lors de la reprise du "Train blues" de Bob Dylan. L’ambiance est bien plus allègre. A cause du piano roadhouse et des cordes. Moeller en profite pour se libérer. Les trois derniers titres ont été mis en boîte cette année. Tout d’abord le vigoureux "Too much noise", au cours duquel les deux frères se déchaînent. "Step by step" ensuite. Une plage déjantée, qui rend plus que probablement un hommage à Jimmy Reed. Et en final, le palpitant "Do yo best & can' da best". Une œuvre sans concession, mais surtout sans prétention, pour ces artistes dont le plaisir évident est de ne pas lésiner sur la sueur pour vous apporter un peu de bonheur…

mardi, 07 décembre 2010 01:00

Blue midnight

Raoul Bhaneja est canadien. Non content de connaître une carrière d’acteur, il est aussi musicien. Et tout particulièrement chanteur et harmoniciste. Flanqué de sa formation, The Big Time, il est responsable de trois albums à ce jour, dont le dernier, sous-titré ‘A live tribute to Little Walter’ et intitulé "Blue midnight" est tout à fait particulier.

Par une froide nuit d'hiver, le 5 janvier 2008 très exactement, il a fixé rendez-vous au public pour participer à un concert hommage destiné à financer le programme ‘Blues in schools’ de la Toronto Blues Society. Au ‘Silver Dollar Room’ de Toronto, pour être plus précis. 40 ans déjà que Little Walter, le plus célèbre des harmonicistes de blues, est décédé. Suite à une bagarre qui avait éclaté dans les rues de Chicago! Pour rendre cet événement le plus crédible possible, Raoul a lancé de nombreux cartons d'invitation à ses compatriotes. Bien lui en a pris, car le concert va se révéler de très haut niveau.

Sur l’estrade, Raoul est soutenu par ses musiciens, Darren Gallen et Jake Chisholm aux guitares, Tom Bona aux drums et Terry Wilkins à la basse.

Bharath Rajakumar est le premier invité. D’origine indienne, il vit à Montreal, au Québec. A la tête de son Rhythm Four, il a déjà publié deux albums : "Friday Night fatty", pour lequel il a reçu le concours de Jr Watson et "Tsunami!". Intitulé "Don't have to hunt no more", son exercice de style instrumental sur l’harmo est particulièrement animé. Bharath participe également au classique "Hoochie Coochie man", une compo chantée par Raoul. Il double également aux vocaux pour stimuler le notoire "Ludella" de Jimmy Rogers. Son intervention est empreinte de beaucoup de créativité et de sensibilité. Il est épaulé par Julian Fauth au piano. La même équipe s’embarque dans une longue version de "Just keep lovin' her", transposée en boogie woogie furieux. Bharath se réserve également la guitare sur trois titres.

Doctor Nick Ouroumov est un souffleur établi à Toronto. En règle générale, il drive ses Rollercoasters, formation qu’il a créée en 1998. A leur actif, un seul elpee : "Blues… straight ahead". Raoul se réserve les vocaux sur "Driftin' blues", mais son timbre manque cruellement de relief. Heureusement, Nick tire son épingle du jeu à l’harmonica. Et confirme tout au long de l'instrumental "Crazy legs". Il se révèle même excellent lorsqu’il chante et souffle sur "Mellow down easy". Raoul est au micro pour attaquer le "Honey Bee" de Muddy Waters. Doctor Nick souffle et Bharath étale toute son expérience à la slide guitare. Et Nick est toujours bien au poste lors d’un "Blue midnight" chargé de feeling et de passion.

Quel plaisir de retrouver Tortoise Blue ! A une certaine époque, il épaulait le jeune JW Jones. Il chante et souffle sur "Just your fool". Ses interventions sont solides et particulièrement saignantes. Son panache est intact ! 

La présence de Mark ‘Bird’ Stafford est une autre bonne nouvelle. A ce jour, il compte deux elpees à son actif : "Birdman" gravé en 1996 et "Harpspace", en 2004. Il souffle divinement tout au long du slow blues "Sad hours".

On épinglera encore la participation d’artistes méconnus, mais qui parviennent néanmoins à se mettre en exergue. Et je pense tout particulièrement à Mike ‘Shrimp Daddy’ Reid qui se réserve les vocaux et la musique à bouche sur l’émouvant "Little girl", un excellent blues lent. Et puis le pianiste Julian Fauth. Il chante sur une excellente version de "Baby please don't go", épaulé par Bhaneja à l'harmo et Bharath aux cordes. Une collection bien intéressante…

 

mardi, 07 décembre 2010 01:00

Living proof

Buddy avance aujourd’hui l'âge respectable de 74 ans. Il est devenu une légende vivante. Originaire de la Louisiane, ce chanteur/guitariste flamboyant a forgé sa notoriété dans la ville de Chicago. Au cœur des années 50, il participe au mouvement naissant du quartier Westside, à l’instar de Magic Sam, Otis Rush, Luther Allison et Magic Slim. Il a fait très longtemps équipe en compagnie de l'harmoniciste Junior Wells, forgé à la rude école du Muddy Waters Band. Depuis près de vingt ans, c’est-à-dire depuis la publication de "Damn right I've got the blues", en 1991, il relève du label Jive/Silvertone pour lequel il a publié une bonne dizaine d'albums qui ont rencontré un certain succès. Pour concocter cet opus, Buddy a pu compter sur la présence de quelques collaborateurs brillants, et en particulier le second gratteur David Grissom, le claviériste Reese Wynans, le bassiste Michael Rhodes et le drummer Tom Hambridge. Ce dernier assure également la production.

Pour introduire ce nouvel opus, Buddy nous confesse son âge : "74 years young". Sa superbe voix est bien mise en évidence face aux cordes acoustiques ; mais très vite, elles se chargent d'une bonne dose de décibels. L'enfant terrible du blues est volubile, et il en profite largement dès la première ouverture. Mr Guy a écrit "Thank me someday" en pensant à sa Louisiane natale, à ses champs de coton, mais aussi au mal de vivre ; un slow blues à la charge émotionnelle et dramatique considérable. Très expansif, ce dieu de la guitare se laisse aller tout au long de cet exercice de style, mais sa sensibilité profonde n’est jamais prise en défaut. Une section de cuivres imprime un tempo largement funky à "On the road". Le maître éprouve de plus en plus de difficultés à se contrôler et libère d'importantes vagues de notes largement amplifiées. C'est le moment choisi par le bon vieux maître de Memphis, BB King, pour introduire sa chère et fidèle Lucille. Les deux bluesmen d'exception se partagent le chant sur cette lente ballade colorée par l'orgue Hammond de Wynans. Blues lent d’excellente facture, "Key don't fit" est judicieusement électrifié, sans excès. Faut dire qu’à l’arrière, parfaitement soudée, l’équipe accomplit de l’excellent boulot. Bien ficelé, le titre maître évolue sur un mid tempo, un boogie blues dont les sonorités évoquent quelque part le ZZ Top. "Where the blues begins" est incontestablement un des sommets de l’elpee. La voix de Guy passe parfaitement la rampe tout au long de cette compo classieuse, originale, envahie d’un flot de percussions, et impliquant un invité de marque : Carlos Santana. Les échanges opérés entre les deux six-cordistes sont absolument remarquables. "Too soon" est un shuffle très dynamique au cours duquel Buddy enveloppe son chant de grappes de notes sans fin. Quelle santé ! "Everybody's got to go" est une ballade richement texturée par l’orgue Hammond et les chœurs féminins. L’opus ne souffre d’aucune faiblesse. Et nous livre un autre slow blues à la sauce Buddy, "Guess what", une compo dont le déluge de notes torrentueuses évoque la quintessence de l’œuvre de Guy, et en particulier le fameux "First time I met the blues". Le disque s’achève par un instrumental, "Skanky", un morceau d’excellente facture qui adresse un clin d’œil manifeste au regretté Freddie King, pour rappel, également membre du Westside blues!

mardi, 07 décembre 2010 01:00

Smokin' tracks : Live at Muddy Waters

Andy Just est déjà un vétéran du blues, puisque qu’il sillonne les routes du blues, depuis près de trente ans. Lorsqu’il sévissait du côté de San Francisco, il avait monté des formations comme The Defenders ou encore Shape et The Shakedown. Il est surtout notoire pour avoir longtemps servi de souffleur chez le Ford Blues Band. Il a ainsi participé à la confection d’"In memory of Michael Bloomfield" et "A tribute to Paul Butterfield", aux côtés de Robben Ford. Au cours des années 80, il publie plusieurs albums sous son propre nom ; des disques devenus, pour la plupart, aujourd’hui introuvables. En 1994, il grave "Don't cry" sur le label de Patrick Ford, Blue Rock It. Il faut attendre 2010 pour retrouver Just sur un opus en solo. Il le signe sur le label italien Feelin’ Good Productions, écurie qui se charge également de ses intérêts artistiques en Europe!

Andy est très populaire en Italie et en Australie. Il a enregistré ce double elpee au ‘Muddy Waters Club’ de Calvari, le 26 février 2010. Il y bénéficie du concours de musiciens locaux. Il pratique un blues/rock susceptible d’intégrer des éléments de jazz. Et il jongle parfaitement entre les différents styles.

Le premier disque s’ouvre par "Sreamin" une longue plage instrumentale au titre judicieux. Le souffle d’Andy est prodigieux, puissant et toujours sur l’offensive. Sa voix n’est pas exceptionnelle, mais elle passe quand même la rampe. "Talk is cheap" en est une belle illustration. A tout instant, il est capable de se libérer sur son instrument ; il se montre alors très loquace et atteint le sommet de son art. Sur ce morceau, il est relayé par le guitariste Donnie Romano, dont les interventions très amplifiées se révèlent un peu trop hard à mon goût. Le concert est d’excellente facture. Les compos défilent : "I can't hold out", "Lovin' cup" et "My baby didn't come", un shuffle entraînant caractérisé par les excellentes sonorités d’une guitare. Le climat est torride. La machine est bien huilée. Et atteint son rendement maximum lors de la reprise de "Crosscut saw". Le gratteur dispense des notes parcimonieuses et exécute des soli bien construits. La première plaque s’achève par une version bien ficelée du "Bad boy" d'Eddie Taylor. Manifestement, on ne s’ennuie pas lors d’un show accordé par notre infatigable souffleur!

Le second cd débute par "Check yourself", un morceau instrumental. "She's sweet" campe enfin le blues lent dépouillé. Inspiré pour la circonstance par Ronnie Earl, Romano s’y révèle un guitariste bien subtil. Une excellente tranche de blues de plus d’un quart d'heure. Just opère une nouvelle grande sortie sur "Get yourself together". La cover du "My babe" est calquée sur celle des Fabulous Thunderbirds. Elle déménage furieusement. Le deuxième tome s’achève par "Walking by myself".

Nonobstant les vocaux, qui laissent quand même quelque peu à désirer, ce set demeure de bonne facture. Faut dire que le potentiel musical est d’un tout autre calibre. Mr Just semble vouloir rattraper le temps perdu. En effet, l'année 2010 n'est pas encore terminée et un nouvel elpee est déjà dans les bacs : "Preachin ' the blues", toujours chez Feelin' Good. Un opus enregistré en studio, mais en compagnie des même musicos : Romano, le bassiste Charles Romagnoli, le drummer Emmanuel Zamparini et pour trois plages le gratteur texan Shawn Pittman…

 

mardi, 07 décembre 2010 01:00

The Banana Peel sessions

Les Mighty Gators constituent manifestement une des toutes bonnes formations belges de blues. Ils avaient publié l’an dernier un elpee ‘live’ de toute bonne facture, un disque qui immortalisait un concert accordé en novembre 2008.

Parsifal a mis les petits plats dans les grands. Et pour cause, au cours des deux derniers jours du mois d’août 2010, les musiciens ont squatté le Banana Peel, ce vieux juke joint mythique de Ruiselede. Pour la circonstance, ils ont reçu le concours très sympathique, mais déterminant, du musicien texan Guy Forsyth. Au menu : des Banana Peel sessions qui se concentrent sur douze compositions de Lightnin' Guy Verlinde et une reprise. Des séances précédentes, Guy n'a conservé que le drummer Thierry Stievenart. Tous les autres musiciens sont nouveaux! C'est sur les planches que la bande à Guy est la plus savoureuse ; c’est sans doute la raison pour laquelle, il vient donc d’aligner deux long playings ‘live’. Excellents par ailleurs.

Le set s’ouvre par "Love light shine", une plage funky. Probablement hantée par celle du défunt et regretté Lowell George (Little Feat), sa slide est bien présente. Une compo soutenue par les chœurs que conjuguent Aminata Seydi, une chanteuse d'origine sénégalaise, et le bassiste Karl Zosel. Ce bon vieux Pieter Van Bogaert siège derrière l'orgue et André De Laat souffle dans son saxophone. "Soul jivin" baigne également dans le funky soul et le R&B. Un peu à la manière du J Geils Band au sommet de son art. Le public est sur les braises. "Fallin' for you" change complètement de registre. Une ballade séduisante que Guy chante parfaitement. Pieter van Bogaert se rappelle les bons jours de Crew, Blue Blot et Double Brown sur son orgue Hammond.  L'ambiance monte d'un cran dès l'arrivée sur l’estrade de Guy Forsyth. Les deux chanteurs doublent à la guitare slide pour assurer la reprise du "Poisin" de Grayson Capps, une compo aux accents néo-orléanais. Pieter est passé au piano et le public participe volontiers à la fête. "If you walk with the devil" est une ballade très americana qui fleure bon le sud des Etats-Unis. Pour sa dernière intervention, Guy Forsyth s’est emparé d’un ukulélé résophonique, pendant que Mr Verlinde souffle dans son harmo. Lors de ces deux plages, le backing group est assuré par le Forsyth Band, en l’occurrence Will Landin au saxophone et  Nina Singh aux drums. L'accent est manifestement porté sur les nouvelles compositions du leader. "No time to waste" est une chanson à la fois originale et contagieuse, judicieusement colorée par l'orgue Hammond et le saxophone ainsi que la seconde gratte bien sentie de Willy Devleeschouwer. "To be with you" emprunte même des accents country. Pour la première fois, les Mighty Gators mettent le cap sur Chicago lors de l’excellent "Long distance shuffle". Talonnée par les ivoires de Pieter, la slide est inspirée par Elmore James. Retour vers Memphis pour "Lovestrong", du R&B très caractéristique, trempé dans l’orgue. La guitare adopte le style généreux de BB King avant de virer dans le pur funk cher à James Brown! "I will rise" capture des accents du sud, flirtant avec les styles de Sonny Landreth voire de Ry Cooder. Long blues lent, "Me & my blues" est une plage bien ficelée, saturée par les sonorités de cet harmonica resté si discret jusqu'alors. L'album s’achève dans l’effervescence. D’abord, tout au long de "Rock'n'roll on my radio", puis sur le nerveux et participatif "Crazy 'bout my baby". Un album de classe, mais sensiblement différent du premier.

mardi, 30 novembre 2010 01:00

Live in Boston 1966

De son véritable nom Junior Wells, Amos Wells Blackmore était un des plus grands harmonicistes du Chicago blues. Il était né à Memphis en 1934 et est décédé à Chicago, en 1998. Il était le cousin de Junior Parker et avait émigré vers Chicago en 1948. Il n'a que 19 ans quand il remplace Little Walter, au sein du Muddy Waters Band. Au cours des années 60, il se joint au guitariste Buddy Guy, pour partager une longue aventure musicale. Une collaboration ponctuée par le superbe album "Hoodoo man blues", sorti en 1965, puis l'année suivante, par "It's my life baby", tous deux édités chez Delmark.

Ce "Live in Boston 1966" nous replonge donc au beau milieu de cette époque. Et c’est le même label qui se charge de publier ce disque. Buddy Guy n'a pas participé à ce set. Junior est soutenu par les Aces, une formation qu'il avait montée au tout début des années 50. Junior, préposé au chant et à l’harmonica, est donc accompagné par le guitariste Louis Myers, le bassiste Dave Myers et le drummer Fred Below. Réunissant douze plages, cet opus est entrecoupé de commentaires dispensés par Wells. Il n'avait alors que 32 ans.

"Feelin' good" ouvre la plaque. Un boogie au cours duquel Junior allume son public. Faut dire que cet artiste est un véritable showman! Il empoigne son harmonica et attaque "Man downstairs", sur un rythme très soutenu, pendant que les frères Myers assurent à l'arrière. Un peu de calme envahit l’atmosphère. Place au slow blues, "Worried life blues", une compo signée par Big Macceo Merrywheather. Sobre, Louis Myers montre néanmoins son savoir-faire, avant de céder le relais au leader qui souffle en puissance, alternant les basses et les aigus. Junior a de l’humour. Et le démontre lorsqu’il présente ses chansons. Plutôt long, "Junior's whoop" est bien ficelé. Il emprunte au style de ses titres les plus notoires, comme "Messing with the kid" ou "Mellow down easy". La qualité du son n’est pas extraordinaire, mais l'instant est magique. Myers nous prend à la gorge tandis que Fred Below dirige la manœuvre rythmique derrière ses caisses. Les classiques se succèdent : le "That's allright" de Jimmy Rogers, le "Look on yonder's wall" d'Elmore James et l’inévitable "Got my mojo working". "Messing with the kid" est un titre issu de la plume de Mel London. C’est aussi le plus grand succès de Wells. Il l’exécute dans une ambiance torride. Il présente ensuite ses musiciens, avant de laisser le champ libre aux frères Myers tout au long d’une version du très populaire "Hideaway" de Freddy King. La courte finale est également instrumentale et baigne dans le jazz. Elle est interprétée par les Aces, sans leur leader. Cet opus rend justice au talent de Wells, une véritable bête de scène. Assister à un de ses concerts était d’ailleurs un véritable régal…