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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Les Nuits Botanique 2012 : jeudi 17 mai

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Pour ce jeudi d’Ascension, l’Orangerie, dans le cadre des Nuits Botanique, accueillait l’Anglais Baxter Dury, quelques mois après son passage à la Rotonde. Une excellente occasion pour celles et ceux qui avaient manqué son set, de découvrir la transposition de son dernier opus, l’excellent « Happy Soup », en live. Avant de goûter à la pop de l’artiste insulaire, les organisateurs ont programmé deux groupes belges : Oh Burgundy et Leaf House.

L’Orangerie est étonnamment bien remplie lorsque le duo Oh Burgundy monte sur l’estrade. Il est 20heures. Pourtant dehors, le soleil est encore généreux. Un temps idéal pour siroter un verre sur la terrasse. L’un des deux musicos se réserve le synthé. L’autre, la guitare. Le tandem bruxellois pratique une musique atmosphérique, balisée par leurs vocaux et leurs chœurs. Et on se laisse volontiers entraîner au sein de leur univers mélancolique balayé de mélodies émouvantes. On leur reprochera sans doute un manque de puissance. Ce à quoi la paire a assuré remédier en remplaçant, dans un futur proche, la boîte à rythmes par un véritable drummer. Une réserve qui n’a pas empêché le public de marquer sa satisfaction, au bout d’une demi-heure de prestation.

A 21h, c’est au tour de Leaf House de débarquer sur le podium. Il y a quelques mois, les Liégeois avaient assuré le supporting act d’Active Child. Et ils étaient n parvenu à convaincre l’auditoire. Ce soir, ils vont tenter de confirmer tout le bien que l’on pense d’eux. Le groupe est bien en place. Leur psyché/rock navigue quelque part entre Animal Collective et Yeasayer. Vu la qualité des compos, le set semble sur rails. Mais au fil du temps, une certaine lassitude commence à nous envahir. Motif ? Le band ne parvient pas à passer à la vitesse supérieure. Le drummer porte, à cet égard, une bonne part de responsabilité. Il faudra d’ailleurs attendre la fin de parcours et la présence de percussions pour déceler un regain d’énergie dans leur expression sonore. Le band vide les lieux vers 21h40.

Le temps de prendre une petite collation et retour dans la salle pour assister au spectacle de Baxter Dury. Ses musiciens montent sur les planches (un drummer, un guitariste, un préposé aux synthés et un bassiste). Ils sont suivis de très près par leur leader. On ne peut se tromper, c’est bien un Anglais : il est vêtu d’un costard et porte une bière à la main. Le concert s’ouvre par un titre issu de son second opus. Le son est parfait, la voix du crooner resplendissante. Il embraie par quelques morceaux extraits du dernier album, « Happy Soup ». De « Isabel » à «  The Sun », toutes les plages (ou presque) y passent. Dury a un don inné pour chauffer le public. Il s’en amuse même. Cependant, le chanteur sait aussi se faire plus grave, et notamment lors de l’interprétation du titre maître de son dernier elpee, « Happy Soup ». Baxter a troqué son jus de houblon par du bourbon. Ce qui n’empêche pas le set d’être en tous points parfaits.

La troupe quitte l’estrade vers 22h50, pour y revenir quelques minutes plus tard, sous les acclamations nourries des spectateurs. Le temps d’interpréter deux derniers morceaux dont l’excellent « Cocaine Man », stimulé par un solo de guitare survitaminé ! A 23 heures, le team tire sa révérence. Bilan de la soirée : outre les deux combos belges à suivre de très près, on a vécu une véritable démonstration signée Baxter Dury. 

Oh Burgundy + Leaf House + Baxter Dury

(Organisation Botanique)

 

Les Nuits Botanique 2012 : mercredi 16 mai

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Quand une moitié d'Hocus Pocus se frotte au duo de remixeurs Beat Torrent, ça donne des putains de 'Coups 2 Cross', ou C2C pour les initiés. Le quatuor de ‘scratcheurs’ effectuait son retour ce mercredi 16 mai dans le cadre des Nuits Botanique. Un retour plus qu'attendu, le concert ayant été déplacé de l'Orangerie vers le Chapiteau à peine deux ou trois jours avant la date fatidique. Scratch Massive !

Le chapiteau est chaud bouillant avant l'arrivée sur scène des quatre Nantais. Il faut dire que le public s'était déjà laissé chauffer par Ghostpoet, qui assurait la première partie. Le poète fantôme britannique est parvenu à conquérir une bonne partie de l'assistance, en dispensant sa Soul obscure aux accents électroniques et jazzy, extraite de son LP « Peanut Butter Blues & Melancholy Jam », un auditoire autrement plus engagé que lors de ses passages à Couleur Café ou Dour l'an dernier.

Chauffé à blanc, le public attendait de pied ferme Greem, Atom, 20Syl et Pfel, les huit mains incontrôlables de C2C. A peine les platines ont-elles fait leur apparition sur l’estrade que les fans se précipitent vers l'avant-scène. La tension est palpable. Ce soir, on danse. Les quatre mecs, quadruples champions du monde de DMC (Disco Mix Club), vont nous montrer à tous qu'ils n'ont pas volé ce titre. Un écran incorporé à chacune des platines se charge de l'aspect visuel du show. Les Djs prennent place et balancent la sauce sans formalités. Dans le parterre, on se trémousse, on se bouscule gentiment, on pogote et les planches de la salle rebondissent à chaque scratch et BPM. « Down The Road », titre-maître de leur dernier Ep, fait monter exponentiellement la température.

C2C n'a rien retenu du changement de direction des Birdy Nam Nam, et c'est tant mieux. Les Nantais délivrent un set aussi bien contrôlé mais plus dansant, plus varié et donc vachement plus excitant que les dernières prestations de leurs homologues parisiens. A mi-parcours, C2C change la disposition de leurs platines pour se retrouver en paire, d'abord latérales, puis face à face pour un 'battle' Hocus Pocus vs Beat Torrent. Une excellente démonstration de turntablism qui assoit la réputation du quatuor. C'est 20Syl qui le déclare lui-même sur son tweeter : 'Bruxelles, c'était ouf ! ». On ne dira pas le contraire. Ce dernier et ses trois collègues referont surface dans nos contrées, à l'occasion des festivals de Dour et du Pukkelpop. Que vous vous rendiez à l'un ou à l'autre, C2C est à ne surtout pas manquer !

C2C + Ghostpoet

(Organisation : Botanique)  

 

Les Nuits Botanique 2012 : mardi 15 mai

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Carton quasi plein pour les Nuits qui comptent à ce jour, pas moins de 11 concerts sold-out. Ce mardi 15 mai, ce sont les Great Mountain Fire qui jouaient à guichets fermés dans le ‘Grand Salon’ du Botanique. Un peu plus loin, à la Rotonde, les New-Yorkais de Friends s’apprêtent à monter sur les planches devant un parterre pas tout à fait comble, mais à deux doigts de l’être. Le quintet originaire de Brooklyn présentait ce soir son premier LP, « Manifest ! », qui sera dans les bacs dès le 1er juin.

La formation, dont le nom va faire rager plus d’un adepte du Googling, est parvenue à tirer profit de la notoriété qui a suivi sa nomination au ‘BBC Sound of 2012’, en se lançant immédiatement dans une longue tournée européenne qui s’arrêtait à Bruxelles ce 15 mai. L’ambiance est moite dans la Rotonde, lorsque les cinq étasuniens, deux filles et trois mecs, y apparaissent sur le coup des 21h40. Les fringues de Samantha Urbani, préposée au chant, donnent le ton. Ce soir, retour aux années 90. A la première moitié de cette décennie, pour être précis. Parce que c’est le concept défendu par Friends : un trip délirant au cœur de la transition entre mode des eighties et celle des nineties. Et leur amour pour cette époque, ils le manifestent sous forme de capsules R’n’B et funk vintage qui n’auraient pas contrasté parmi les premiers morceaux de TLC, Aaliyah, Brandy ou même Mariah Carey, à l’époque où cette dernière était encore tenue en laisse par Mottola. Autant dire que les compos de Friends n’échappent pas à une légère touche de Kitsch.

En quarante minutes, le quintet est parvenu à propulser son public 17 ans en arrière, en plein dans un club new-yorkais. Urbani n’hésite pas à mouiller sa chemise. Dès le deuxième morceau, la demoiselle saute dans la fosse pour se mélanger (et se frotter !) à l’assistance. Les moins farouches se laissent prendre au jeu, sous le regard amusé du reste de la salle, tandis que les plus timides esquissent un sourire gêné en attendant que leur galère s’achève. Après son tour de chauffe, la chanteuse remonte sur l’estrade pour dire tout le bien qu’elle pense de la Rotonde et de sa boule à facette, fort appropriée ce soir. A côté d’elle, Lesley Hann, à la basse, tire la tête. Une tête d’enterrement qui trouvera son explication, quelques minutes plus tard : la demoiselle est passée sous la fraise du dentiste deux heures avant de monter sur scène. ‘Because it’s cheaper than in the US !’. On peut la comprendre!

Les moments-clé du set de Friends seront, sans surprise, les plages déjà disponibles sur la toile, « Friend Crush », le nouveau single « Mind Control », le tube « I’m His Girl » et leur réinterprétation de « My Boo », une reprise efficace d’un tube de Ghost Town DJs, une formation R’n’B aussi vite oubliée qu’elle est apparue. De quoi souligner la fascination de la troupe de Brooklyn pour les ‘one hit wonder’ du R'n'B. Reste à espérer pour eux qu’ils ne connaîtront pas le même destin. Car s’il y a de l’idée derrière les compos du quintet, celles-ci manquent encore un peu d’homogénéité, comme en témoigne l’ultime morceau de la soirée. Un beat excitant et un riff de guitare funky, proche d’un !!!, desservis par un refrain simpliste. Il n’en faut pas beaucoup plus pour appréhender la version studio de la setlist exécutée ce soir, même si la prestation de Friends, en soi, a été on ne peut plus solide.

Friends effectuera son second passage en Belgique, dans le cadre du Pukkelpop, le 17 juillet.

(Organisation : Botanique)

 

Les Nuits Botanique 2012 : dimanche 13 mai

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Quasi impossible pour un amateur de musique psychédélique de passer à côté des Ecossais de Django Django, au cours de ces derniers mois ! C’est donc sans surprise qu’une salle comble accueille le quatuor, ce dimanche à la Rotonde, pour ce premier weekend des Nuits du Bota.

La formation édimbourgeoise réunit David McLean à la batterie, Vincent Neff au chant et à la guitare, Jimmy Dixon à la basse ainsi que le très geek Tommy Grace aux claviers. Vêtus de t-shirts quasi identiques, aux motifs… psychés, le set débute sur une transe kraut électro-rock sur laquelle viennent se greffer des harmonies vocales à la Beach Boys. Si le morceau introductif laisse présager un concert enthousiasmant, bien vite, le spectateur lambda se laisse distancer par le manque de mélodie et l’aspect hermétique leurs compositions. Elles ne sont pas de mauvaise facture, mais Django Django ne possède pas –encore– la puissance tribale d’Animal Collective, la force électro de LCD Soundsystem ou l’aisance mélodique des Beach Boys. Le groupe ne ménage pourtant pas ses efforts et utilise un nombre impressionnant d’instruments basiques et insolites, dont une paire de noix de coco... Les Django Django sont à leur maximum lorsqu’ils tentent des longues montées électro-pop à la Krafwerk mais s’en sortent beaucoup moins bien lorsqu’ils tentent de s’incruster dans l’univers du pop-rock, à l’instar de l’interprétation de leur single « Default », complètement bâclé !

Une écoute attentive de leur nouvel album aurait été plus que nécessaire afin d’apprécier la musique complexe de ces jeunes gens qui réutilisent, pour notre plus grand plaisir, les recettes psychotropes délaissées par le Beta Band (dont David McLean est le frère d’un des membres d’ailleurs)… Loin d’être conquis par la prestation du groupe, votre serviteur a quand même envie d’aller les revoir lorsqu’ils reviendront chez nous, afin de pouvoir une nouvelle fois goûter à leur éclectisme salvateur…

Django Django

Organisation Botanique

 

Les Nuits Botanique 2012 : vendredi 11 mai

Chaque année, les Nuits Botanique proposent, au sein de la programmation, un projet création. Pas de rencontre avec le Mons Orchestra cependant en 2012, mais un concept qui y ressemble fort. En l’occurrence le concert de Dominique A, soutenu d’un collectif de 9 musiciens, dont un quintet à vent, soit l’équipe qui a participé aux sessions d’enregistrement de son dernier album, « Vers les lueurs ».

En fait en montant sur les planches, Dominique nous explique immédiatement que le show sera divisé en deux parties. Une première au cours duquel il va se produire en formule trio pour interpréter son elpee « La Fossette », puis après un entracte, une seconde réservée aux compos de son dernier opus.

Le Cirque Royal n’est pas sold out, mais bien garni, pour accueillir se spectacle. En fait, le parterre concentre le public debout, et l’enceinte (pas le balcon pratiquement vide !), l’auditoire assis. En général, il est aussi le moins jeune…

Lors de ce premier acte, Dominique Ané (NDR : vêtu de noir) est uniquement épaulé par Thomas Poli à la guitare et aux synthés ainsi que le pianiste/accordéoniste Nicolas Méheut. Il revisite ainsi son deuxième long playing (NDR : pas son premier, c’était « Un disque sourd »), dans l’ordre du trackslisting, un exercice de style d’une durée de 45 bonnes minutes, qu’il va opérer de manière un peu moins austère et minimaliste que sur ce disque paru 20 ans plus tôt. A l’instar du tango électrique « Va t’en », de « Mes lapins » et de « La folie », tout en crescendo. Mais de ce tracklisting, on épinglera bien sûr, toujours, le merveilleux « Le courage des oiseaux »…

Pour ce deuxième volet, le quintet à vent s’installe sur des chaises hautes, au fond de l’estrade. Quatre préposés se consacrent à la flûte, à la clarinette, au saxophone et au hautbois. Une au basson. Poli s’installe de nouveau à gauche, pour assurer la gratte et les bidouillages. Derrière lui, Sébastien Buffet prend place à la batterie et à droite, c’est David Euverte en personne (l’arrangeur) qui siège derrière les ivoires ; mais on le voit de dos. Et du même côté, mais au-delà du piano, Jeff Hallam (on ne voit parfois que sa tête) se charge de la basse et de la contrebasse (NDR : probablement une double basse, puisqu’il va s’en servir, épisodiquement, comme d’un violoncelle, à l’aide d’un archet).

Le set s’ouvre par « Contre un arbre », comme sur l’album « Les lueurs » et déjà on sent que l’osmose entre le groupe, le quintet à vent et le piano est parfaite. Le son est limpide mais fort ! Le lightshow est sobre. Cinq carrés sont placés au-dessus de l’équipe et reflètent des lumières chaudes et douces. Mais leur mouvement me fait penser aux enseignes lumineuses des grandes villes. Le morceau « Quelques lumières » nous rappelle le thème central du dernier opus. Et « Ostinato », le goût de Dominique pour les valses lentes. Lorsqu’il s’attaque à « Parce que tu étais là », il s’arrête après quelques mesures. Il juge la compo insoutenable et la reprend à zéro, confessant qu’il ne recommencera plus. Dominique parle peu. Remercie souvent son public et sort de temps à autre une petite vanne, sans plus. Il est même très étonné quand une partie de la foule commence à entonner un ‘Joyeux anniversaire’ (NDR : il est né le 6 octobre 1968 !) Dominique garde constamment une certaine distance entre lui et ses autres collaborateurs. Phénomène de scène ? Son début de carrière en solitaire ? Probablement ! Mais cette remarque a aussi une signification artistique. On est en présence de Dominique A et d’un backing group.

« Vers le bleu » et surtout « Close West » se révèlent plus rock, plus percutants. La basse gronde. Les drums claquent et les guitares crépitent. Lorsqu’il ne gratte pas sa guitare, Dominique balance le bras droit avec élégance et en mesure. Que ce soit à la basse ou à la contrebasse, Jeff ne tient jamais en place. C’est même une véritable pile électrique. Il reprend son bastringue pour aborder le paso doble « Loin du soleil ». Place à « J’entends des cris ». Une angoisse commence à nous envahir, lors de cette chanson dont le final est littéralement déchaîné. Et « Mainstream » titre bonus du dernier essai ne l’est pas moins. Il y une violence intérieure chez Dominique et une puissance inouïe, qu’il met au service de superbes mélodies. Une valse lente, en l’occurrence le douloureux « Ce geste absent », et le tourmenté « Rendez nous la lumière », plus tard, on passe aux plats de résistance. Tout d’abord « Possession », un morceau hypnotique », intense, au sein duquel on ressent à nouveau cette angoisse monter. Splendide ! C’est le moment choisi par Dominique pour interpréter « Le convoi », ce long titre annonciateur de l’apocalypse qui s’élève en crescendo, pour s’achever dans un final épileptique et étourdissant, le quintet à cuivres accentuant même l’intensité du morceau. L’apothéose ! Les cinq musicos se retirent alors sous les acclamations nourries des spectateurs. « Par les lueurs », également dernier titre de l’album, achève la prestation. Une compo mi-ambient, mi shoegaze, destinée sans doute à faire redescendre la pression.

Lors du rappel, A revient tout d’abord uniquement en compagnie de Nicolas Méheut à l’accordéon, pour concéder le bouleversant « Le sens ». Puis Sebastien, Poli et Jeff les rejoignent sur l’estrade et nous balancent quelques titres plus décapants, plus rock si vous préférez, dont « En secret » et « Le métier de faussaire ». Belle ovation, sauf d’une partie du public assis, qui semble cloué sur sa chaise. La chaleur probablement ! Qu’importe, les nombreux aficionados sont ravis. Dominique A rappelle tous ses musiciens pour saluer la foule, bras dessus-bras dessous. Tout bonnement, un spectacle lumineux ! (B.D.)

(Organisation Botanique)

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Dominique A (Cirque Royal)

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Triple affiche de très haut niveau dans le chapiteau du Bota, où les organisateurs ont programmé trois groupes aussi variés qu'intéressants : Milagres, Great Mountain Fire et The Rapture.

Les cinq New-Yorkais de Milagres sont les premiers à monter sur l’estrade devant un public assez clairsemé. Emmené par le chanteur Kyle Wilson, Milagres (‘miracle’ en portugais) propose des chansons intimistes et planantes aux sonorités tantôt électro, tantôt plus acoustiques. Dès les premiers morceaux, "Here To Stay" et "Lost In The Dark", la référence à Coldplay s'impose, mais la musique rappelle également Elbow, The National ou Arcade Fire. Les musicos ont un look très discret et affichent un comportement très réservé sur scène. Aucun effet particulier, toute l'attention est concentrée sur la musique et la création d'une atmosphère. La plupart des morceaux sont tirés de l'excellent dernier opus du groupe, "Glowing Mouth". "Gone" baigne dans les accords saccadés d'un Fender Rhodes et rappelle Supertramp. Le suave "Gentle Beast" cède le relais à "Halfway" ; probablement, leur morceau le plus personnel. "Fifty Fourteeners", extrait de l'elpee "Seven Summits", séduit par sa rythmique hypnotique. Après le très calme "To Be Imagined", Milagres clôture son set par la plage titulaire de leur dernier elpee. Imprimée sur un tempo relativement lent, la chanson se développe et atteint son point culminant lorsque Kyle Wilson exécute une véritable prouesse vocale (Regardez ce moment unique dans la vidéo ici ).  ‘Merci Beaucoup’, conclut Wilson avant de quitter la scène. Dans l'ensemble, on est un peu resté sur sa faim, à cause du manque de présence et d'énergie en ‘live’ ; mais Milagres est un groupe dont on devrait certainement reparler dans le futur!

C'est ensuite au tour des Bruxellois de Great Mountain Fire (GMF) de monter sur les planches. Ils sont un peu les 'chouchous' des organisateurs ; et pour cause, programmés deux fois aux Nuits, ils sont proposés comme représentants au Printemps de Bourges. Il est vrai que leur premier opus, "Canopy", a fait l'effet d'une bombe dans le microcosme musical belge. Après un concert sold-out à l’Orangerie fin 2011, c'est donc en terrain conquis et ‘à domicile’ que la formation se produit, ce soir. L'ambiance monte clairement de plusieurs crans dès les premiers morceaux. Au contraire de Milagres, GMF déborde d'énergie sur scène. Dans une ambiance à la fois disco et funky, les compositions sont originales et complexes laissant une grande place à la section rythmique. Ils imposent un univers contrasté qui évoque Metronomy, M83 ou Franz Ferdinand, mais révèle une identité propre très attachante. Les morceaux-phare de "Canopy" se succèdent et l'interprétation est impeccable: "If A Kid", "Cinderella" ou encore "A Gypsy Father" sont efficaces à souhait. Un inédit, "Sudden Hush", fait forte impression et sur "Crooked Heart", le claviériste vient au devant de la scène pour frapper comme un malade sur un tom, pour le plus grand bonheur du public qui accorde au band un accueil enthousiaste. Une surprise ensuite. En l’occurrence une reprise de DEVO, "Jerkin' Back 'n' Forth" ; et pour finir, un second inédit "The Ark". Impressionnant ! En résumé, un excellent concert accordé par un combo qui respire la joie de vivre et possède une qualité rare : un son propre et reconnaissable entre mille.

Regardez leur interprétation de "A Gypsy Father" ici

Lorsque The Rapture déboule sur le podium, le chapiteau est plein à craquer et l'ambiance… électrique. Il faut dire que le buzz autour du concert des quatre New-Yorkais est énorme. Propulsé sur le devant de la scène par le label DFA, The Rapture a sorti deux albums mémorables "Echoes" et "In The Grace Of Your Love", produit par le Français Philippe Zdar, à qui l’on doit Cassius, le dernier Phoenix et le dernier Housse de Racket. Si le premier opus dévoilait des influences aussi diverses que Led Zeppelin, The Cure ou encore LCD Sound System, leur dernière plaque est une bombe disco/post-punk/funk d'une efficacité effarante.

C'est d'ailleurs par "In The Grace of Your Love" que s'ouvrent les hostilités et on est d'emblée étonnés par la puissance du son et l'aisance déconcertante du chanteur/guitariste, Luke Jenner. Il parvient sans effort à atteindre les notes plus aiguës tout en jouant des parties de guitare rythmiques extrêmement complexes. "Get Myself Into It" rappelle les Stereophonics et "The Devil", les rythmes postpunk de Gang Of Four. Après un "Killing" envoûtant, c'est "Whoo! Alright - Yeah... Uh Huh" qui enflamme le chapiteau. Pour y parvenir, un gimmick tout simple : une clochette de vache (cowbell), frappée par Gabriel Andruzzi, le percussioniste/claviériste/saxophoniste. Quand les beats électro du morceau sont mixés en live pour se fondre dans "House of Jealous Lovers", c'est carrément la folie au sein du public. Ce paroxysme se prolongera jusqu'aux derniers morceaux du set : "Olio", "Come Back to Me", "Sail Away" et surtout "Echoes", un brûlot qui rappelle clairement PIL.

En rappel, The Rapture nous réserve "Children", "Miss You" et l'incontournable "How Deep Is Your Love?", leur tout dernier hit. Mission accomplie et sans ratures pour The Rapture, qui s'affirme comme un des nouveaux super-groupes de la décennie.

Regardez l'interprétation live de "Echoes" ici

L'ambiance de folie se prolongera ensuite grâce à la soirée ‘after’ organisée avec Libertine Supersport dans le café Bota. Deux des musiciens de Rapture et Mickey, le résident, y ont fait danser une foule compacte jusqu'aux petites heures du matin! (P.B.)

Milagres + Great Mountain Fire + The Rapture (Chapiteau)

(Organisation Botanique)

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Roots & Roses 2012 : mardi 1er mai

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Le festival Roots & Roses se déroule à Lessines, chaque premier mai, depuis 2010. En 2012, il fêtait donc sa troisième édition. Petit changement par rapport aux deux premières années, la programmation accueillait autant d’artistes ou groupes de blues que de musique actuelle, même si ces derniers y plantent toujours leurs racines (les roots !) Et vu les averses qui étaient tombées la veille, on aurait pu aussi planter les nôtres, tant le sol était détrempé. Pas de gadoue comme à Dour, vu le déversement de tonnes de sable, mais une surface meuble, spongieuse, sur laquelle il n’était pas toujours facile de se déplacer. Heureusement, les deux podiums étaient abrités par autant de chapiteaux ; de quoi préserver les festivaliers des éventuelles intempéries. Excellente initiative, un laps de temps de 5 à 10 minutes minimum sépare chaque concert, de quoi laisser le temps aux spectateurs de s’installer au sein de l’autre tente.

Arrivé vers 16h40, votre serviteur n’a pu assister qu’au dernier morceau de Dan Sartain. Dans ces conditions, impossible de vous donner un avis qui tienne la route, au sujet de la prestation d’un groupe responsable, il y a peu, d’un nouvel album, dont Taï avait effectué une excellente chronique, la semaine dernière…

Revoir les Fleshtones? Ben oui, c’est une des raisons pour lesquelles, j’avais effectué le déplacement. Ce groupe de rock/garage est né en 1976 et il a toujours la pêche en ‘live’. Pendant un quart de siècle, il a été considéré comme le meilleur groupe sur scène au monde. Pas question musique, mais spectacle. Physiquement, les musiciens ont pris un coup de vieux, mais franchement, ils assurent toujours sur les planches. Pas question de se prendre au sérieux, mais leur but est de communiquer leur fun et leur bonne humeur. En début de parcours, le son est un peu pourri, et on n’entend guère les interventions de Peter, au clavier farfisa. Mais au fil des morceaux, on entre dans leur cinéma, et on prend son pied. Les attitudes très 50’s, les rotations simultanées des musicos, y compris celles du drummer alimentent le spectacle visuel. Tout comme les deux bains de foule que s’est autorisé Zaremba. On a même eu droit à quelques pompes accordées en fin de parcours. Mais aussi à un pastiche du « Break on truth » des Doors et une cover instrumentale du « Day Tripper » des Beatles. Et si les balances étaient parfois un peu bancales, une chose est sûre, tout au long de leur show, on s’est bien amusé.

Barrence Whitfield & The Savages ? Désolé, mais je ne connaissais que de nom. Barrence est un chanteur de couleur noire qui drive un combo réunissant des blancs. De petite taille, trapu, chauve, chaussant des lunettes fumées sur le nez, il possède une voix hors du commun. Puissante, profonde, elle évoque, en mon fors intérieur, tour à tour James Brown ou Little Richard. Surtout ce dernier, quand la musique du combo prend sa forme la plus rock’n’roll. Et l’impression aurait été encore plus manifeste, si parmi les musicos, figurait un pianiste. Car sous leur aspect le plus soul, les morceaux sont hantés par feu Mr. Dynamite. Comme la plupart de ceux joués en début de show. Impressionnant, le saxophoniste baigne l’expression sonore de sonorités chaleureuses. Au sein du line up, militent également un guitariste, un bassiste et un drummer. D’excellent musicos, il faut le souligner. Mais j’ai toujours eu du mal à accrocher à cette forme de rhythm and blues. C’est à partir du moment où le répertoire va passer au rock’n’roll que le set va devenir le plus convainquant. Barrence se mue alors en véritable sauvage et se roule sur l’estrade, tout au long de compos percutantes, explosives et irrésistibles. Avant de clôturer sa prestation par un delta blues réminiscent de John Lee Hooker.

Le trio The Experimental Tropic Blues Band a donc publié son troisième album, sous la houlette de Jon Spencer. Intitulé « Liquid love », c’est probablement l’opus le plus sauvage que le combo liégeois ait concocté à ce jour. Et sauvage, c’est le terme qui convient le mieux à leur prestation. Le son est sale. Ca cogne dur. Boogie Snake porte une veste à franges. Son épaisse chevelure blonde lui cache le plus souvent le visage. Dirty Coq a enfilé un marcel. Il est très concentré sur son sujet. Devil d’Inferno frappe sec. Un tempo tribal qui fédère les compos. De temps à autre, Boogie Snake arrache des notes de son harmonica, notamment lors de l’interprétation de leur single, « Keep this love ». Il nous réserve aussi son morceau rituel, qu’il interprète au bord de l’essoufflement, puis n’oublie pas ce petit exercice de crowdsurfing si caractéristique. Dirty Coq se sert alors d’un jack de guitare pour attaquer la cover du « Human fly » des Cramps.  Classique ! Un bon set, mais trop ancré dans ses repères. Deux ou trois reprises supplémentaires et pourquoi pas chaque fois différentes, incluses dans leur répertoire ‘live’, devraient permettre au public de davantage accrocher. Un créneau que le trio aurait peut-être intérêt à creuser, pour ne pas provoquer une certaine lassitude chez les fans. Surtout quand on joue au sein d’un périmètre aussi restreint que celui de la Belgique…

Chez El Fish, milite Steven De Bruyn, un remarquable harmoniciste. Il monte sur l’estrade coiffé d’un superbe chapeau. Les quatre autres musiciens sont loin d’être des manchots. Sous son aspect instrumental et vocal, la solution sonore est parfaite. Mais musicalement, ce genre a le don de me pomper l’air en deux temps trois mouvements. En fait, il manquait notre spécialiste en blues, Jean-Claude, qui aurait été bien plus utile sur place pour jauger leur prestation…

C’était la troisième fois que j’assistais à un concert du Jon Spencer Blues Explosion ; et les deux premiers ne m’avaient pas particulièrement emballé. Mais dès les premières secondes du set, on sent que le trio est en forme. En outre, et ce phénomène est probablement une énigme : le son est impeccable, frôlant la perfection. Et pourtant la musique est âpre, viscérale, sans concession. Les guitares hurlent. Faut dire qu’elles sont deux, et la gratte de Judah Bauer, libère des sonorités aussi virulentes que celle de Jon. Bauer se réserve également le chant, sur l’une ou l’autre compo. Mais évidemment, c’est la voix de prédicateur shamanique de Spencer qui fascine le plus. Tour à tour indolente ou geignarde, elle nous assène régulièrement son slogan rituel ‘Bluuuuuuuues exPLOsieuuuuuuuun Babyyyyy !’ La frappe du drummer Russell Simins est implacable, entretenant ce climat de tension permanente. Bref les trois musicos me semblent tous très inspirés ce soir, et contribuent équitablement à l’élaboration de ce blues contemporain et furieux. On se rend compte aujourd’hui que sans le JSBE, il n’y aurait jamais eu de Black Keys, Jim Jones Revue, White Stripes et consorts. La classe ; même si au bout du set, il n’y a pas eu de rappel. Encore une bande de sauvages (merci Phil pour le bon mot !)

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PiaS Nites 2012 : vendredi 17 février

Trente années, c’est un âge des plus respectables pour un label, dans la conjoncture numérique de notre siècle hédoniste. L’occasion d’une belle fête déclinée en deux volets. Compte rendu de la seconde partie de ce diptyque.

Le ‘warm up’ de la soirée était confié à Raving George, djette originaire de Gand sans doute fan d'Armin Van Buuren et autres subtilités du style depuis sa plus tendre enfance. Il aurait sans doute été judicieux de lui signaler que faire saigner les tympans de l'assistance est une façon un peu radicale de les mettre dans le bain...

Mais continuons le viol auditif par le live de Toxic Avenger, plus proche d'un concert de Korn sur fond de guerres des étoiles et de chats coincés infiniment dans une essoreuse. L'effort était pourtant beau et louable.

A peine le temps de se reposer en buvant une bière à 3,75€ que le duo allemand de Modeselektor débute son live. Il est 23 heures et les choses sérieuses débutent enfin. A l'exception d'un horrible klaxon bombardé pour une obscure raison à intervalle régulier, la prestation est sérieuse, bien rôdée et agrémentée d'un visuel improbable mais classe. C'est donc avec tristesse que je me dirige vers la seconde salle, après trente petites minutes et ce, pour découvrir en direct, le phénomène de l'année 2011 : M83.

Nul besoin de faire de long discours, il s'agit simplement de la meilleure prestation de la soirée (et de ce début d'année au passage). Orchestré de main de maître par un Anthony Gonzalez survolté, la fête est totale lors du déjà légendaire "Midnight City".

Difficile donc de passer après un tel show, même lorsqu'on s'appelle 2 Many Dj's et qu'on mixe ‘à la maison’. Le principe est le même depuis maintenant 10 ans : une heure trente de mash up incessant, sorte d'énorme blind test programmé pour ravir les foules. La dernière représentation belge du concept "Under The Covers" se déroule donc sous les applaudissements d'un public tout acquis à leur cause. Les frères Dewaele sont contents, ils n'ont même pas dû se fouler pour récolter les lauriers.

Enfin, pour achever la soirée, Laurent Garnier et ses potes de LBS, tout juste revenus d'une tournée japonaise, seront autorisés à proposer un set de cinq heures. A l'instar de leur prestation cet été à Dour, le tout est excellent, bien huilé et parfois, à la limite de l'orgasmique. Laurent Garnier, dans cet exercice où il excelle tant, passe du coq à l'âne sans crier gare, laisse cogiter le spectateur quelques instants avant de le récupérer par on ne sait quel tour divin.

Une belle manière de clôturer ces Pias Nites, et puis surtout de déjà nous mettre l’eau à la bouche pour le trente et unième anniversaire.

A.F.

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La belle histoire de Play It Again Sam (PIAS) a commencé au début des années 80, quand Kenny Gates, un des deux co-fondateurs, se tapait des allers-retours Bruxelles-Londres, en Renault 5, pour importer les disques des groupes new-wave anglais, comme par exemple New Order (« Blue Monday! »), Gary Numan et les Legendary Pink Dots. Aujourd'hui, le label est devenu une véritable multinationale, qui emploie 200 personnes et héberge une palette extrêmement variée de groupes et de styles musicaux, comme en témoigne à nouveau la programmation des PiaS Nites de cette année.

Après une première soirée de jeudi plutôt consacrée aux musiques pop/folk intimistes, la nuit du vendredi est présentée comme la ‘mega party’ du 30ème anniversaire, au cours de laquelle une majorité de concerts et DJ sets electro et/ou techno vont participer. Le public est venu en grand nombre –parfois même on se bouscule ferme– pour suivre les shows prévus dans les deux salles de Tour & Taxis.

Après un set intéressant de la toute jeune (et au demeurant très mignonne) DJ gantoise Raving George, dans la petite salle (Fire Starter), c'est The Toxic Avenger, aka Simon Delacroix, qui accorde le premier show dans la plus grande. Ce Français se construit progressivement une solide réputation à l'échelon international, comme remixer (Ladytron, Peaches) mais aussi en tant qu'artiste à part entière, par le biais, notamment, de son Ep "Angst", publié l'an dernier.

Sur scène, sa musique prend une dimension très puissante, grâce à un batteur et un guitariste ‘live’. Cependant, le mixage manque d'équilibre, à tel point que les synthés et la voix sont parfois difficiles à entendre. On est dans un style techno assez varié, comparable à Vitalic voire Daft Punk et certains morceaux affichent une tonalité plus ‘dark’. Parfois, le passage d'un style à l'autre, à l'intérieur même des morceaux, est déconcertant et empêche le public de ‘décoller’. On regrettera aussi l'absence des titres plus ‘radiophoniques’. "Alien Summer", par exemple. Dans l'ensemble, ce concert est apparu trop bruyant et incohérent ; mais le groupe présente un véritable potentiel. Peut faire mieux!

Dans la Fire Starter Room, Mr Nô, encore un Français, venu d'Auvergne cette fois, a prouvé qu'il est aussi un talent à suivre. Et il possède des références: il a mixé à l'Hacienda de Manchester et c’est un pote à Peter Hook! Au niveau son, c'est une techno très inspirée des années '70 et '80, mais l'ensemble, elle manque encore de personnalité. A suivre!

Beaucoup de monde attendait Modeselektor, les petits préférés de Thom Yorke (Radiohead), qui avaient triomphé lors des ‘bozar nights’, en octobre dernier. Dès les premières séquences, on se rend compte qu'on se trouve face à du ‘lourd’. La musique des ces Berlinois est sauvagement diversifiée, remplie d'exubérance et foncièrement intelligente. Une sorte de chaos sonique contrôlé. Ils passent du hip-hop à l'électro avec une aisance déconcertante, le tout en adoptant une démarche très ‘punk’. Malgré quelques petits problèmes techniques, entre autres pendant "Evil Twins" et un klaxon intempestif, les deux comparses ont réussi à enflammer la Main Room, surtout sur "Black Block" et "2000007" (un rap en français). Regardez ici la vidéo filmée pendant "German Clap". > link : http://www.youtube.com/watch?v=cPvGHhmP4M0

Je le dis franchement: M83 était le groupe que j'attendais le plus. Il faut dire que le combo de l'Antibois Anthony Gonzalez a véritablement explosé en 2011, notamment grâce au hit mondial "Midnight City" et au très ambitieux et aussi réussi double LP "Hurry Up, We'Re Dreaming". Sur scène, Gonzalez est entouré de la chanteuse Morgan Kibby, mais aussi d'un guitariste et d'un batteur et pour la première fois de la soirée, on est en face d'un véritable ‘groupe’. Le décor et les lumières sont stellaires, quasi oniriques, un cadre idéal pour l'univers sonique puissant et aérien de la ‘galaxie M83’. La setlist fait la part belle au dernier opus, mais aussi à "Saturday = Youth". Le public reste étonnamment calme, captivé par le mélodique "Steve McQueen" ou le planant "We Own The Sky". La tension monte cependant de plus en plus, pour culminer lors du hit "Midnight City", qui est accueilli par des cris de joie... et un lâcher de ballons. Le groupe clôture son set par "A Guitar And A Heart", un instrumental très ‘prog’, que ne renieraient ni Porcupine Tree, ni Anathema. Gonzalez y abandonne ses claviers et sa console pour se déchaîner à la guitare. Un grand moment. En rappel, M83 proposera un voyage hypnotique dans le superbe "Couleurs", un morceau caractérisé par sa longue construction électronique. En un mot, un concert totalement convaincant, qui confirme le groupe comme une des valeurs sûres de l'electro-pop. Regardez les extraits vidéo du concert sur Youtube (Midnight City, Steve McQueen et Couleurs). > link http://www.youtube.com/philblackmarquis

En vitesse une petite chope, et hop, et on fonce pour assister à la prestation des rois du ‘mashup’: 2ManyDJs. La grande salle est comble pour vivre un set qui est en fait le premier du duo à Bruxelles et en même temps, le dernier de la tournée ‘Under The Covers’. Les frères Dewael ont conçu ce show comme un mashup audio-visuel: les musiques sont découpées et assemblées comme des samples et, sur les écrans géants, les animations basées sur les pochettes des disques suivent la musique en parfaite synchronisation: impressionnant! Tous les styles de musique sont passés à la moulinette electro, de Depeche Mode à Motörhead en passant par Front 242 et New Order, pour le plus grand bonheur d'un public en transe.

Mais, le ‘boss’, le grand maître de cette cérémonie, aura été, sans nul doute, Laurent Garnier. Si j'ai bien compté, c'est la 4ème fois que ce père de la techno rend visite à notre beau pays en un an! Le show "LBS" de Laurent propose un DJ set marathonien de 5 heures où sont revisités les moments forts de la –déjà– longue carrière du Français. La première partie suit un tempo downbeat, assez lounge. Une mise-en-bouche, en quelque sorte. Chaque plage est rallongée, adaptée, remixée en ‘live’ avec l'aide de Benjamin Ripper aux synthés et de Scan X aux machines (d'où l'acronyme LBS - Laurent+Ben+ScanX). Au fur et à mesure, le son monte en crescendo, s'amplifie et mélange judicieusement techno et influences jazz, house, dub, breakbeat et expérimentales. Laurent joue alors ses hits les plus connus, tels que "Crispy Bacon" et "The Man with The Red Face". Il affiche une maîtrise remarquable et une concentration sans faille. Traversée par des éclairs de pure adrénaline, l'atmosphère finit par devenir électrique. Aux anges, les spectateurs hurlent et dansent les bras en l'air. (Extrait video: http://www.youtube.com/watch?v=oAoEyDwLw70&list=UU0gR4Mo7HXdVqQoUz8_7Frg&index=5&feature=plcp)

Ce sont Etienne De Crecy et ATTAR! qui ont clôturé cette nuit d'anniversaire. Etienne De Crecy est un autre monument français des platines. Son mélange de techno minimale et de house a fait de lui un des leaders de la ‘French Touch’. Son show est très pro, soutenu par des vidéos de très bonne qualité, même si le style l’est moins à mon goût. Quant à ATTAR! (prononcez ‘Attari’) c'est le second projet solo de Renaud (Mustang) et il s’est révélé tout aussi convaincant.

On ne peut que féliciter PiaS pour ces deux nuits riches en découvertes et en sensations fortes, rassemblant sous une même bannière des artistes expérimentés et des jeunes pousses qui construisent la musique de demain. Happy Birthday, PiaS!

P.B.

(Organisation : PiaS)

 

PiaS Nites 2012 : jeudi 16 février

Écrit par

Trente années, c’est un âge des plus respectables pour un label, dans la conjoncture numérique de notre siècle hédoniste. L’occasion d’une belle fête déclinée en deux volets. Compte rendu de la première partie de ce diptyque.

Première nuit placée sous l’égide du son organique, voir ultra-sonique, ce jeudi voyait défiler quelques beaux fleurons de l’écurie.

Honneur aux couleurs locales en compagnie de Daan qui va éclabousser une nouvelle fois de son ébouriffante classe un parterre déjà bien garni sur le coup de vingt heures. En formule trio, comme sur son dernier album en date enregistré l’an passé, l’Anversois pose les jalons d’un trentième anniversaire célébré avec le bon goût dû aux égards réservé à cette quasi institution qu’est PIAS.

Un petit détour par l’autre salle me permet de vérifier tout le bien colporté au sujet de Roscoe, avant de retourner voir que la belle Agnès Obel ne s’est pas égarée dans des chemins de traverse. Toujours aussi sage, la musique de la Danoise se faufile poliment dans mon conduit auditif, telle une brise d’été.

Ce n’est pas le charismatique Tom Smith venu éprouver son répertoire en formule solo qui risquait de dénicher les toiles d’araignées jalonnant mon esprit. Cette tâche étant bien sûr confiée aux iconoclastes Ecossais de Mogwai. 

Bref, une première partie de soirée plutôt calme avant le déferlement furieux du combo de Glasgow, qui encore une fois va démontrer toute la puissance mais aussi la finesse de son jeu.

Une prestation tellurique pour clôturer cette première soirée aux accents contrastés.

Organisation : PiaS

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