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Autumn Falls 2011 : jeudi 24 novembre

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Il y a quatre ans, le groupe américain Pinback publiait son dernier ouvrage, « Autumn of the seraphs » (NDR : un titre bien judicieux pour cet Autumn Falls!). Drivé par le duo inséparable Rob Crow et Zach Smith (basse/guitare), le combo bosse actuellement sur un cinquième opus. Créé au milieu des années '90, comme projet alternatif à Three Mile Pilot, Pinback a introduit (NDR : tout comme Low, d’ailleurs) la lo fi et le slowcore en associant des couches de guitares et de claviers, des percussions lancinantes et des voix éthérées, parfois sombres, pour créer une atmosphère rêveuse et fascinante. Le trio a remplacé les claviers par des boucles d'échantillons préenregistrées. Sur scène, il respecte le son délicat de « Pénélope » et « Loro », mais injecte plus de puissance et imprime des beats plus prononcés dans des chansons comme « Good to Sea », « Sherman » et « Fortress ». Crow est le showman par excellence ! Il se roule à terre et se déplace sur le podium à la manière d'un dauphin… On attend donc impatiemment leur nouvel elpee ; mais pour un retour en ‘live’, Pinback a reçu un accueil chaleureux de la part du public.

On avait déjà pu assister à la prestation de Bill Callahan, accordée au Théâtre 140 de Schaerbeek, dans le cadre des Nuits Botanique. Pendant de nombreuses années, le chanteur/auteur/compositeur a publié des albums sous le patronyme de Smog, mais depuis 2007, il les grave sous son propre nom. A l'instar des Dave Eugene Edwards, Nick Cave, Stuart Staples et autre Gavin Friday, il nous entraîne au sein d’un univers indie/sadcore fascinant et mélancolique, hanté par une voix profonde et caverneuse, qui évoque Leonard Cohen. Callahan prend le public par la main pour le guider dans ses périples : “Rising for the feeling”, “Baby’s breath” et “America”. Il chante en s’accompagnant à la guitare semi-acoustique. Accrocheuses, les compos sont enrichies par des percus hypnotiques et parfaitement complémentaires, mais surtout par le jeu de guitare aventureux et tout en contre-point de son comparse. Ses riffs surprenants entretiennent ainsi l’intensité de ce véritable 'wall of sound'. Les chansons du dernier opus, « Apocalys », grésillent agréablement à l’oreille. « One fine morning », « Too many birds » ainsi que le discret mais efficace « Our Anniversary » clôturent cet excellent set ténébreux mais chargé de passion. Il faut dire que Callahan et sont band sont de remarquables musiciens. La classe!

Low va également se révéler sous son meilleur jour. Tout au long de son concert d’une heure et demie, il va laisser parler la musique. Communiquer ses émotions. Une prestation qui s’achèvera peu avant minuit. Le combo de Duluth construit ses mélodies à l’aide des guitares, dans des compos qui enflent et se transforment en éructations brutes et granuleuses, avant de se distordre dans un rock violent proche de l'explosion.

Le couple, à la maison comme sur la scène, Alan Sparhawk (guitare) et Mimi Parker (batterie minimaliste), est bien sûr toujours accompagné d’un bassiste, qui semble parfaitement bien intégré au line up. Le jeu des musicos est mordant et fortement contrasté. Contrastes que l’on retrouve aussi dans le chant. La voix chaude et tourmentée de Sparhawk se conjuguant à celle plus douce et empreinte de charme de Parker.

Véritable perle, “Violent Pass” ouvre le bal. Le tracklisting aligne des morceaux comme “Nothing by heart”, “Monkey”, “Sunflowers” et le plus délicat “Nightingale”. Mais aussi des plages véhiculant une menace insidieuse, telles que “Try to sleep”, “Breaker” et “$20”. Bref, un périple sonore passionnant autant qu’étonnant au cours duquel le trio va encore nous réserver le visionnaire “Witches”, “In the drugs”, “Murderer”, et un très accessible “Last snowstorm of the year”.

En rappel, Parker et sa bande vont nous mettre dans leur poche en interprétant des titres comme “You see everything”, “Especially me” et “Laser beam”, des morceaux au cours desquels, ils vont moduler les sonorités pour rendre les chansons les plus accrocheuses possibles, des variations littéralement rafraîchissantes qui vont carrément nous flanquer la chair de poule. "When I Go Deaf" va clore le set de Low. Non seulement cette compo couvre tous les registres, mais autorise une déclamation de Sparhawk et s’achève en douce berceuse. Fascinant ! Low est un des premiers groupes confirmés pour le Festival de Cactus, le samedi 7 juillet. C'est noté dans l'agenda!

Ce soir les fans de slowcore sont montés au septième ciel, grâce à cette superbe triple affiche réunissant Low, Bill Callahan et Pinback

(Traduction Philippe Bauwens / Adaptation Bernard Dagnies)

Organisation: Botanique, Bruxelles (Toutpartout)

 

 

Les Inrocks 2011 : vendredi 4 novembre

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Pour la seconde journée de la 24ème édition du festival des Inrocks, prévue à l’Aéronef de Lille, le public a débarqué en nombre. Si bien que l’étage est accessible. Faut dire que Foster The People et surtout Friendly Fires ont déjà acquis une belle popularité sur la scène musicale pop/rock. Et pourtant, le point d’orgue de la soirée nous viendra de Miles Kane…

Une bonne surprise pour commencer : Morning Parade. Un quintet issu de Harlow, en Essex, qui pratique une forme de britrock dans l’esprit de Coldplay, mais en plus dansant. Faut dire que le tempo imprimé par le drummer y contribue largement. La formule consomme cependant un peu plus d’électro. Et la présence d’un synthé n’y est pas étrangère. Les mélodies sont hymniques, contagieuses. La voix de Steve Sparrow bien timbrée et les accords de guitare dispensés par Chad Thomas, tour à tour puissants ou tintinnabulants. Le tout au cours d’un set bourré d’énergie, privilégiant les compos mid tempo. Si vous avez apprécié les débuts de la bande à Chris Martin, vous ne pouvez passer à côté de cette formation dont le premier véritable album devrait sortir l’an prochain.

Formation californienne (NDR : issue de Los Angeles, très exactement), Foster The People fait un véritable buzz pour l’instant. Un trio drivé par Mark Foster, chanteur/guitariste, rejoint par deux musiciens supplémentaires, en ‘live’, dont un multi-instrumentiste. Le groupe dépense beaucoup d’énergie sur les planches, pour finalement obtenir assez peu d’effets. Les percussions et les claviers fonctionnent à plein tube. Ils en usent et en abusent. Au point qu’on finit par avoir la tête qui vibre de l’intérieur. Cet attirail superficiel recouvre les couches musicales inférieures. Conclusion, on ne distingue plus grand-chose de plaisant. En outre, non content de gaver sa voix d’effets qui lassent rapidement, le chanteur se tape un marathon sur scène. Il accomplit des allers et venues incessants de droite à gauche de la scène. Faut croire qu’il n’a pas eu le temps de faire son jogging depuis trois jours. Et ce parcours finit aussi par nous fatiguer ! On dirait un poisson dans son aquarium (un peu survolté le poisson, c’est vrai). Et ce n’est pas le final « Pumped up kicks », dans une version dubstep/techno, qui nous permettra de reprendre son souffle… (Set list : “Houdini”, “Miss you” », “Life on the nickel”, “Call it what you want”, “Don’t stop”, “Helena Beat”, “Pumped up kids”)

Miles Kane, c’est la moitié de The Last Shadow Puppets, duo qu’il partage en compagnie d’Alex Turner, le leader d’Arctic Monkeys. Ex-Little Frames et ex-Rascals, il a décidé d’embrasser une carrière solo, en août 2009. Son premier opus personnel, « Colour of the trap », est d’ailleurs sorti cette année. Avant que le combo ne monte sur les planches, la sono diffuse à fond la caisse, un des meilleurs morceaux de Pink Floyd : « One of these days ». Kane a du goût ! Et dès le premier titre, « Invisible », il va nous le démontrer, empruntant même quelques phrasés de guitare au célèbre « Cold Turkey » du Plastic Ono Band. Il a un look plutôt mod. Surtout la coiffure qui me rappelle Paul Weller. Et curieusement, on retrouve des inflexions propres à l’ex-Jam dans la voix de Kane, une voix aussi juste que les mélodies. Pour ce show, il est soutenu par cinq musicos, dont un claviériste, responsable, suivant les circonstances, d’interventions  d’orgue ‘manzarekiennes’. Le set carbure au bon rock à l’état pur ! Miles a une présence scénique indéniable. Il en impose même. Pourtant, il cause peu entre les morceaux. Faut dire que non seulement il se réserve les vocaux, mais aussi la guitare solo. Et ses riffs sont cinglants, torturés, décapants, mais tellement jouissifs. Du coup, on fait un bond en arrière de quelques décennies, pour se retrouver à la fin des sixties. Ça bouge, ça balance du son sans excès. Et au milieu de la prestation, on a même droit à un titre un peu plus calme et posé. De quoi reposer les oreilles pour repartir de plus belle et mettre à nouveau la gomme. On a même droit à une excellente cover du « Responsable » de Jacques Dutronc. Heureusement que Miles l’avait signalé, sans quoi nous ne l’aurions pas reconnue. A voir et à revoir, c’est une certitude ! (Set list : “Invisible”, “Counting”, “Rearrange”, “Kaka Boom”, “Telepathy”, “King Crawler”, “Responsible”, “Happenstance”, “Quicksand”, “Colour”, “Womans touch”, “Come closer”, “Inhaler”)

Friendly Fires s’était produit en 2008, au Splendid, dans le cadre du festival des Inrocks. Et il avait fait un malheur en dispensant un punk funk terriblement excitant. Un punk funk chargé de groove, contaminé par le shoegaze, l’électro et la pop et dynamisé par des percus latino, dignes du carnaval de Rio. Une sorte d’hybride entre !!! et Radio 4, si vous préférez. Le tout revisité par Franky Goes To Hollywood et LCD Soundsystem. En août dernier, Richard Turner, trompettiste qui rejoignait régulièrement le groupe en tournée, est décédé des suites d’une crise cardiaque. Il n’avait que 27 ans. Aujourd’hui, le trio bénéficie toujours de la présence du bassiste Rob Lee, en ‘live’, ainsi que d’une section de cuivres, soit un saxophoniste et un nouveau trompettiste. Le guitariste nous balance parfois des accords de gratte qui rappellent Steely Dan. Tout en sueur, la chemise complètement trempée, Ed Marcfarlane s’agite toujours autant sur les planches. Il existe même un énorme partage entre le chanteur et le public. Il arrive à l’enflammer en descendant au sein de l’auditoire. Mais après 3 ou 4 morceaux, le set commence à lasser. La formation semble figée dans une forme de soul/r&b basique constamment hanté par James Brown. A tel point qu’on a l’impression que toutes les compos se ressemblent. Ecrasantes, elles négligent les variations. La conquête du public s’effectue en force. Mais est-il judicieux de démontrer constamment sa toute-puissance, pour faire la différence ? (Set list : “Lovesick”, « “Jump in pool”, “Blue cassette”, “True love”, “On board”, “Skeleton boy”, “In the hospital”, “Live those days tonight”, “Hurting”, “Pull me back to earth”, “Paris”, “Hawaiian air”, “Kiss of life”)

Les Inrocks 2011 : jeudi 3 novembre

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2011 célèbre donc la 24ème édition du festival des Inrocks. Etonnant, lorsqu’on sait que la première s’est déroulée en 1990. En fait au cours de ces deux décennies, il est parfois arrivé que l’événement soit programmé à deux reprises, au cours de la même année. Sous une forme différente, mais soit ! Pour un jeudi, la salle est correctement garnie. Faut dire que ce soir, il n’y a pas vraiment de grosses pointures, mais des découvertes…

On débarque dans la salle, alors que La Femme termine son set. Un quintet parmi lequel milite une fille. Les cinq jeunes musicos fréquentent, sans doute, tous le même coiffeur (NDR : en fait, ils se sont tous colorés les cheveux en blond patiné). Le drummer s’est planté, à l’avant-plan, au beau milieu de la scène. Les autres se partagent les synthés, une boîte à rythmes et une guitare. Une formation hexagonale (NDR : on s’en serait douté, vu l’engouement du public), qui pratique une post new-wave dans la lignée de Taxi Girl et de Diabologum, même si parfois elle est légèrement teintée de surf. C’est sympa, très frais, mais difficile d’en dire davantage, lorsqu’on n’a entendu que les deux derniers morceaux de leur prestation.

Eponyme, le premier album de Cults, duo new-yorkais, a été réalisé en tirant parti, au maximum de la technologie moderne. Restait donc à voir comment le tandem allait transposer ce concept en ‘live’. Première constatation, le line up s’est enrichi de trois musicos, dont un bassiste, un guitariste et un drummer. Aux commandes du band, la chanteuse Madeline Follin et le gratteur/xylophoniste Brian Oblivion. Les mélodies sont contagieuses, légèrement sucrées comme chez George Harrison, et les arrangements ‘spectoriens’. Inspirés des groupes de filles issus des sixties, ils puisent même dans la soul motown. Pensez aux Supremes. Mais le son est trop épais et on a l’impression que la formation manque de spontanéité, comme si elle était restée figée au sein d’une époque qu’elle n’a jamais connue. Et le film en noir et blanc, mettant en scène Robert Mitchum, projeté en arrière-plan, accentue cette impression. Pourtant, le combo ne manque pas de potentiel. Il devra néanmoins sortir de sa coquille, pour faire la différence. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…  

Le folk pur et dur ou même le nu-folk, ce n’est pas trop ma tasse de thé. Et pourtant, Laura Marling (NDR : elle est anglaise et pas irlandaise, comme on aurait pu le croire) est parvenue à nous flanquer une fameuse claque. On comprend mieux pourquoi, Charlie Fink, le leader de Noah & The Whale, ne s’est toujours pas remis de son départ. Et puis franchement, c’est une très jolie fille, qui depuis sa fugue, s’est aussi offert un look bien plus contemporain, tout en naturel et élégance. Mais revenons donc au set de ce soir. Laura est soutenue par un excellent backing group de 5 musiciens, dont un guitariste, une violoncelliste, un contrebassiste/multi-instrumentiste, un drummer et un banjoïste. En fait, si sa musique est fondamentalement folk, c’est le groupe qui communique aux compos une autre dimension. Plus riche et surtout bien plus intense. Le timbre vocal de Laura est pur, délicat, doux, intimiste. A la limite du sublime ! Cristallins, ses accords de gratte tissent régulièrement des accords en crescendo, un peu comme Jimmy Page, sur le 3ème opus du Led Zeppelin. Signés Marling, les textes tiennent parfaitement la route, des lyrics bourrés de traits d’esprit qu’elle épanche à travers de petites anecdotes. Sur « Night terror », elle se met même à siffloter. Bref, on est tombé sous le charme. A revoir, absolument !

Après avoir lu les critiques dithyrambiques consacrées à James Blake, on s’attendait à vivre un moment exceptionnel, ce soir. Ben, on a peut-être pris un coup de vieux, mais si le beau jeune homme à la gueule d’ange ne manque pas de talent, son style constamment trafiqué a fini par me pomper l’air. Il monte sur l’estrade flanqué de deux musiciens de tournée : un préposé aux machines et à la gratte et un autre aux drums (organiques et digitaux). Lui, le petit prodige (NDR : suivant la presse spécialisée) joue des claviers et du piano. Qu’il bidouille à l’aide de pédales. Et chante. D’une voix monochrome, filtrée à travers une chambre d’écho. Paraît que c’est du post-dubstep. Mais au bout de quelques minutes, les mélodies introspectives, contemplatives, proposées par le trio nous flanquent le bourdon. Elles sont tellement déprimantes, que nous préférons nous éclipser. A demain pour la suite…

Sinner’s Day 2011 : dimanche 30 octobre

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En ce week-end de Toussaint, certains honorent leurs défunts, d’autres fêtent Halloween et pourtant, je décide de rejoindre des milliers de vieux corbeaux, à Hasselt. La programmation de la troisième édition du Sinner’s Day est en effet largement dominée par la new-wave, et tout particulièrement celle des 80’s. Les mélomanes présents lors de cet événement sont donc vêtus de noir, lorsqu’ils n’affichent pas un look carrément gothique. Mais ne généralisons pas à l’excès, car l’affiche est quand même diversifiée et augure de bonnes surprises.

Pas une très bonne pour commencer, car en débarquant vers 15h30, on apprend que l’horaire a été modifié. Le fondateur d’Ultravox, John Foxx, a eu la mauvaise idée de déclarer forfait, en dernière minute. Résultat des courses, le timing est complètement chamboulé. Et on assiste à la fin du show de Recoil qui n’était pourtant prévu qu’à 17h45. Une prestation qui ne suscite guère d’intérêt, si ce n’est celui de revoir l’ex-Depeche Mode, Alain Wilder, derrière les manettes, pour un DJ set insipide.

La scène est subdivisée en trois parties. Une principale au centre et deux autres, à chaque extrémité. Ce qui permet d’enchaîner les spectacles. En 1981, The Exploited scandait ‘Punk’s not dead’. Trente ans plus tard, le slogan est toujours d’actualité, car de multiples Iroquois ont envahi les lieux. Malgré les nombreux changements de line-up, le charismatique leader Wattie Buchan est toujours au poste. Il est aujourd’hui soutenu par une jeune bassiste et guitariste. Et les tubes vont s’enchaîner. De « Barmy army » à « Sex and violence », en passant par « Beat the bastards » et « Troops of tommorow ». Pas de temps mort. Les pogos se déclenchent ; mais dans un cercle assez restreint, puisque limité à quelques dizaines de keupons. Le punk n’est pas mort, mais aurait-il mal vieilli ? En tout cas, des groupes plus authentiques comme UK Subs, GBH, Subhumans ou nos régionaux Freaks 77 recréent certainement une ambiance bien plus fidèle, en live.

1981 c’est aussi la date de sortie du single « Fade to grey » de Visage. Et leur dernier opus, « Beat boy », date quand même de 1984. Quelques décennies et une cure de désintox plus tard, le leader Steve Strange revient sous un maquillage à la Boy George et flanqué d’un band flambant neuf. Il s’est entouré de deux jeunes et séduisantes collaboratrices, une bassiste et une choriste. Sans oublier le guitariste et un dj tout aussi puînés. Et si parfois la magie du timbre de voix si particulier de Strange opère, sur la longueur la sauce devient fadasse. D’ailleurs, en fin de parcours, Steve a beau réclamer les applaudissements de l’audience, après avoir joué leur titre phare, le public reste de marbre. Une prestation plus proche de celle d’un cover band invité lors d’une kermesse de village, que d’un grand festival. Et Strange a beau clamer, avant de se retirer : ‘si vous voulez entendre une autre chanson, vous devez crier et taper des mains’, la foule ne souhaite visiblement pas de prolongation ; et c’est tant mieux, car elle s’épargne un rappel inutile.

Accueilli bien plus chaleureusement, The Mission va répondre aux attentes. C’est qu’il faut remonter à février 2008 (à Waregem), décembre 2000 (à Malines) ou encore août 2000 (au défunt festival Eurorock) pour retrouver une trace de leur passage dans notre plat pays. Le line-up original est (quasi) au complet : Craig Adams à la basse, Wayne Hussey au chant et Simon Hinkler à la guitare. Seul le batteur Mick Brown n’est pas de la partie. Le concert démarre très fort par un « Beyond the pale » très électrique. Les tubes s’enchaînent. Ils sont joués très rapidement, sans guère de répit. Ce qui accroît l’intensité du set. A croire que le band veut aligner un max de titres sur la petite heure qui lui est réservée. Un peu de douceur quand même, lorsque le combo interprète son « Butterfly on a wheel », un moment au cours duquel les fidèles aficionados, agglutinés aux premiers rangs, vont pleinement communier avec leurs idoles. Dès les premières notes de « Tower of strength », des pyramides humaines commencent à s’ériger dans la foule. Un responsable de la sécurité intervient alors pour faire cesser ces compositions improvisées par les fans. Mais Wayne est très attentif à la situation. Il a beaucoup de respect vis-à-vis de son public, déférence que peu d’artistes ont d’ailleurs manifestée, au cours de l’après-midi. Et refuse de poursuivre la chanson, tant que le différent n’est pas réglé. Ce qui finalement fait monter l’ambiance, encore d’un cran. On aura même droit à un rappel, même si le groupe a longtemps hésité avant de remonter sur l’estrade. Faut dire que la foule l’a réclamé haut et fort. Ce sera un des rares ‘encore’ du festival. Mission va donc clore sa prestation en force, par une célèbre reprise des Stooges : « 1969 ». Manifestement un des meilleurs moments du festival…  Set list : “Beyond the pale”, “Hands across the ocean”, “Like a hurricane”, “Severina”, “Butterfly on a wheel”, “Wasteland”, “Tower of strength”, “Crystal ocean”, “Deliverance”, (Rappel : “1969”)

Diamanda Gallas est une artiste qui ne m’a jamais vraiment botté. Certes, la cantatrice gréco-américaine possède une voix exceptionnelle, dont le registre s’étale sur 3,5 octaves. Mais le récital de cette Castafiore des temps modernes collerait mieux au sein d’une petite salle. Dans une ambiance intimiste… L’occasion est donc idéale pour s’éclipser afin d’aller quelque peu se rafraîchir et casser la croûte. Explorer les nombreux stands de shopping et de bouffe. Ou encore fouler la piste de danse animée par un DJ qui rencontre toujours un succès de foule. Même s’il mélange n’importe comment tubes new-wave et vieille techno commerciale de la fin des 80’s ou encore pop et grunge.

Place alors à une grande dame : Patti Smith. Elle fêtera ses 65 balais, fin de cette année. Et suscite toujours autant de respect. Même au sein de plusieurs générations. Faut dire qu’elle a touché à pratiquement toutes les formes d’art : la musique, bien sûr, la poésie, la peinture et la photographie. Elle a même été égérie pour une ligne de vêtements… masculine ! Car son physique est plus proche d’un Joey Ramone ou d’un Jay Mascis que d’une Linda Ronstadt.  Soutenue par son band de vétérans, l’artiste entame son set à la manière d’Iggy Pop par l’inévitable « Gloria », embrayant par le plus jazzyfiant « Redondo beach ». Ce soir, son set ressemble à un véritable vrai patchwork. Elle me fait parfois penser à Bob Dylan ou encore à Lou Reed, d’autres grands compositeurs, même si certaines tournures s’avèrent parfois brouillonnes. A l’instar de ses discours géopolitiques, difficiles à comprendre ou un peu trop vagues. En deuxième partie de parcours, elle va nous réserver des hits comme « Because the night » ou « Pissing in a river », des morceaux qui vieillissent plutôt bien. Tout comme le final « Rock ‘n’roll nigger », une compo énergique qui va, en outre, lui permettre de consentir de longs adieux à la foule, visiblement très satisfaite de la prestation.

Après avoir vécu un tel moment, je décide de lever les voiles. Et tant pis, si je vais manquer le set de The Cult. Pas de regrets, puisque des amis restés sur place vont me signaler que le show va commencer 30 minutes en retard sur l’horaire prévu. Motif ? De multiples réglages de sonorisation. Etonnant, lorsqu’on sait que jusqu’alors le timing était impeccable. Autre raison de ne pas avoir de remords : la voix d’Ian Astbury. Déjà trop inégale au cours des 80’s, elle ne s’est pas améliorée. Enfin, comme j’avais opté pour les transports en commun pour me rendre à ce festival, je n’avais pas envie de rester à quai au beau milieu de la Belgique. Pas évident lorsqu’on habite à l’autre extrémité du pays. Il faut donc se taper le bus. Il est gratuit à Hasselt (NDR : nous sommes dans une ville dirigée par le SP-A et non la NV-A). Puis le train. Trois heures de trajet, au cours duquel je peux tirer un premier bilan de l’événement.

Les ‘+’ :

-           L’accueil plutôt sympa, et certainement moins spartiate que celui accordé lors des grands festivals.

-           L’infrastructure (Ethias Arena), garnie de deux tribunes assises, équipé de sanitaires suffisamment nombreux et bénéficiant de Camden Markets

-           Les prestations de The Mission et de l’éternelle Patti Smith

Les ‘-’ :

-           A l’instar de tout grand festival : l’inflation des prix : 60€ d’entrée et 2,5€ la boisson

-           L’absence de groupes belges (autres que Front 242) ; mais l’organisation a promis de rectifier le tir l’an prochain

-           Trop d’anciennes gloires (NDR : des ‘has been’, si vous préférez) au détriment d’artistes ou de formations plus underground, mais qui sont encore dans le coup (NDR : pensez à Gang of Four, And Also The Trees, Scritti Politti, Clan of Xymox, Wire ou encore Einstürzende Neubauten).

 

Bozar Electronique Weekend 2011 : vendredi 28 octobre

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Balmorhea, un post-rock du XIXème siècle…

Pendant deux jours, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (BOZAR) avait affiché la ferme intention de redorer ses murs et d’élever la musique électronique au rang d’art contemporain. Que le genre musical et son artwork investissent des lieux prestigieux sur la carte de l’élite culturelle, n’est pas un fait nouveau. Ces manifestations pointues, à la frontière du fashion, nous démontrent constamment que la croissance exponentielle du genre s’immisce dans toutes les sphères artistiques et déplace une foule chaque jour plus nombreuse. En effet, le BOZAR affichait complet pour cette première édition du Bozar Electronic Weekend. Un  merveilleux espace pluridisciplinaire art déco ouvrant les portes de ses six salles pour accueillir plus de quinze groupes aux horizons expérimentaux divergents. Au programme : des concerts, des soundscapes, des spectacles audiovisuels… Les ‘électromaniaques’ dirigeront spontanément leurs viseurs vers les imposantes têtes d’affiche venues présenter leurs dernières productions : Modeselektor, Plaid et Rustie. Quant à nous, notre choix sera plus modeste et échappera au très électro Hall Horta pour se diriger vers le post-rock intimiste de Balmorhea qui avait pris soin de poser ses guitares dans la confortable salle M. Concert assis !

Balmorhea (prononcez bal-mour-ay), ensemble instrumental minimaliste d’Austin, se cache sous le pseudonyme d’une ville située au beau milieu du désert texan. Le désert comme horizon, son immensité silencieuse comme inspiration expriment parfaitement les intentions artistiques du combo. Une musique solennelle aux volontés de fuites et des airs graves et austères pour l’incarner. 

Un sextet voyageant sur des sables mouvants agités de violon, de contrebasse, de violoncelle et dont deux des membres passent incessamment de la guitare électrique, à la basse, au banjo et aux claviers. Un groupe aux influences éclatées mêlant les sons d’une musique classique minimaliste à un post-rock dynamique et silencieux. Un atmosphérique grandiose qui donne l’impression, même pendant les séquences les plus calmes, de s’élancer vers l’avant. Un tout distillant une musique pleine de ferveur et de douce ivresse.

Balmorhea est tout en sobriété et érudition et laisse le soin aux instruments de charmer, d’assoupir avant d’emballer et de prendre au piège. Les voix sont secondaires, elles s’allument et s’éteignent à l’image d’un réverbère usé par le temps. Elles s’entendent en écho, de loin, comme un gémissement désespéré qui surgirait d’infinies étendues désertiques, celles de leur Texas natal. Quelques murmures fantomatiques, qui renforcent les airs énigmatiques et accentuent le vertige infligé par les compositions, suffisent. Un climax fort et dense magistralement emmené par le pianiste/guitariste Rob Lowe. 

Une forme d’expression qui tire ses influences d’univers musicaux hétéroclites : Ludovico Einaudi, The Six Parts Seven, Rachel’s, Max Richter, Arvo Pärt ou encore Debussy voire Beethoven. Un agglomérat improbable qui tient un propos identique : faire d’une musique instrumentale des chansons éloquentes sans être trop bavardes, des pièces élaborées, complexes mais à la beauté immédiate. Des petits morceaux d’histoire, des constructions qui s’emportent, parfois denses et, par endroits, saccadées, qui rythment des explorations anciennes.

Certains titres de l’album « All Is Wild, All Is Silent » sont d’ailleurs évocateurs (“March 4, 1831″ et « November 1, 1832″), comme une volonté de sculpter un temps révolu, de le figer  dans le quartz des sables acoustiques, le dix-neuvième siècle ! Une époque qui demeure  décidément gravée dans l’œuvre de Balmorhea.

Soulignons, finalement, la synchronisation quasi-chirurgicale entre le drama sonore et visuel. Un fond visuel N/B sous forme de documentaire qui retracerait les conditions de vie des travailleurs texans vivant dans le grand désert. Une photographie austère qui fusionne  ingénieusement avec le son et résonne comme un hommage esthétisé et fervent à tous ces hommes oubliés par le temps. Une délicieuse démonstration de l’aptitude potentielle du groupe à réaliser des musiques de film. 

Balmorhea, une musique de pionniers, de visionnaires du passé ; un ensemble musical  qui        ‘se souvient du futur’ et qui sait, en concert, nous  conter de belles histoires intemporelles.

Balmorhea

(Organisation Bozar)

Les heures In D 2011 : samedi 22 octobre

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Après avoir vécu l’édition de l’an dernier qui avait accueilli Midlake ou encore Anna Calvi, dans la cité bouillonnante, j’ai donc remis le couvert pour assister à ce festival parallèle aux Ardentes. Un événement qui jouait en 2011, la carte de l’éclectisme et de la découverte. Son appellation ne souffrant d’aucun malentendu, l’accent était, bien entendu, placé sur les artistes en marge du ‘mainstream’. Jeunes talents en devenir ou valeurs (r)assurées, cette nouvelle a permis au public considéré comme le plus ‘chaud boulette’ de s’éclater et de frémir aux sons les plus divers.

Day two.

C'est dans un silence religieux imposé par une assistance des plus clairsemées, que Leaf House, collectif local, dispense les premières mesures de cette deuxième journée, placée sous la bannière étoilée des cœurs plaintifs. Puisant son inspiration dans le souffle des vents d'une Americana en suspens dans le temps et métissant sa musique d'apports electro pertinemment agencés en séquences subliminales, le jeune combo dépose au pied de l'autel de cette plage désertée quelques pétales de fleurs arrachées au balcon de cités noyées dans les brumes de la nuit. Nuancées et délicates, les compositions trouvent un écho timide auprès d'une assistance néanmoins très concentrée sur le sujet, type de respect relativement rare à l'entame d'un festival.

BRNS quant à lui, se charge d'électriser quelque peu l'ambiance par le biais d'un set peut-être un peu inégal, mais bien maîtrisé. Laissant l'excellent "Mexico" terminer leur prestation de superbe manière.

La première gifle de la soirée est assenée par Imany, beauté comorienne montée sur des jambes qui ne finissent jamais et dont la voix est sans conteste à l'instar de son physique d'ex-mannequin. Décortiquant les plages de son premier album, "The Shape Of A Brocken Heart", dont le titre évoque le parallèle subtil entre la forme du continent africain et la moitié d'un cœur brisé, cette grande artiste (dans tous les sens du terme) nous dévoile sa forte personnalité et son talent énorme. Drôle dans ses interventions et touchante dans ses textes, Imany capte l'attention par la grâce d'une technique vocale sans faille mais surtout par une présence scénique remarquable si l'on considère sa frêle silhouette, accompagnée le plus simplement du monde par une guitare acoustique. Sorte de Grace Jones métissée de Tracy Chapman, elle a du bagout et son humour est bien balancé. Bref, cette ex-star des podiums réussit brillamment son virage. Nul doute qu'on en reparlera.

L'atmosphère se drape alors dans des apparats de soie noire, lors de l'apparition du trio Fink. Le protégé du label Ninja Tune n'a pas son pareil pour ensorceler son auditoire en dispensant un folk sombre et pourtant lumineux, parcouru par sa voix au timbre habité par mille démons du passé. Emotions portées à leur paroxysme (en témoigne cette jeune fille en larmes du début à la fin du concert) et efficacité d'un set mené de main de maître basé sur le nouvel opus de cet esthète hors normes. Un moment poignant et à la hauteur des espérances.

Le final de cette seconde édition est donc laissé à Jean-Louis Murat, dont le mot de la fin se déclame en une sombre poésie où la langue française se conjugue au passé Baudelairien, à cheval sur les grands horizons américains. Fidèle à lui même, l'Auvergnat, dans un très bon jour, captive l'assistance en nous racontant ses histoires d'amours déchus et d'espoirs sans lendemain. Présentant son nouvel album ("Grand Lièvre"), le plus Indé des Français recueille un succès mérité pour sa prestation énergique et savamment équilibrée entre hier et aujourd'hui. Au delà du cliché de poète maudit, il affiche la classe d'un artiste n'ayant plus rien à prouver mais toujours un incroyable talent et surtout manifeste une envie insatiable d'aller toujours plus en avant. Chapeau bas, monsieur Murat.

Enfin, l'after party peut commencer à avaler la nuit, et dans son sillage, les échos d'un festival encore mineur, mais plus pour très longtemps.

Les heures In D 2011 : vendredi 21 octobre

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Après avoir vécu l’édition de l’an dernier qui avait accueilli Midlake ou encore Anna Calvi, dans la cité bouillonnante, j’ai donc remis le couvert pour assister à ce festival parallèle aux Ardentes. Un événement qui jouait en 2011, la carte de l’éclectisme et de la découverte. Son appellation ne souffrant d’aucun malentendu, l’accent était, bien entendu, placé sur les artistes en marge du ‘mainstream’. Jeunes talents en devenir ou valeurs (r)assurées, cette nouvelle a permis au public considéré comme le plus ‘chaud boulette’ de s’éclater et de frémir aux sons les plus divers.

Day one.

En débarquant après le boulot, j’ai manqué les prestations de Divine et Radio Radio.

Selon les échos glanés à chaud, la prestation de la jeune Liégeoise a récolté un franc succès ; elle a même emporté dans son flow les doutes éventuels quant à assumer seule l’ouverture du festival.

Sur la lancée de sa première Mixtape et déjà reconnue dans le milieu pour son talent de MC, Divine a assuré remarquablement un exercice toujours périlleux avec un certain aplomb. 

Suivent donc les Canadiens de Radio Radio, dont le hip hop electro aux accents Chiac (un franglais parlé principalement par la jeune génération du Nouveau Brunswick au Canada) convainc une assistance qui allait gonfler au fil des minutes. Prozac dans la grisaille et les premiers froids de cette soirée d’octobre, leur enthousiasme et bonhommie a instauré un climat on ne peut plus favorable pour la suite des festivités.

Auxquelles je me suis enfin invité sur le coup de vingt heures. Juste à temps pour le début du set de 1995… Absolument réfractaire au Hip Hop hexagonal perclus de clichés en tous genres –depuis la grosse chaîne en or qui brille, aux gestuelles formatées (Yo !) jusqu’au phrasé inlassablement copié-collé de générations en générations– je ne peux qu’émettre deux constatations. La première : sur les six minutes vingt-six secondes de patience accordée au set, chaque fois que j’ai tourné la tête, un membre de plus est apparu sur scène. La seconde : après coup, j’ai réalisé que la moyenne d’âge des fans oscillait autour des treize ans. Conclusion : trop vieux et trop Rock & Roll pour vous donner mon avis sur un épisode que j’ai de toute façon snobé.

Les choses sérieuses peuvent donc commencer par la prestation des Lillois de Skip The Use. Quelle énergie ! Quelle pêche ! Mêlant ingrédients pop aux forts accents British (Bloc Party comme référence majeure), son vachement burné (Dog Eat Dog ?) et influences glissant du funk au reggae, ces cinq là ont un allant certain pour mettre la patate et mettre l’ambiance dans une salle. Si ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé, j’en reprendrais volontiers une petite goutte en infusion veineuse. Un chanteur époustouflant, et un groupe qui dégomme derrière. Bref, cette révélation des Ardentes 2009 n’a rien perdu de sa superbe.

L’ambiance montée d’un cran, les Français de Caravan Palace n’avaient plus qu’à assener le coup de grâce. L’ennui, c’est que je déteste ce genre de jazz manouche teinté de disco house. J’admets un savoir-faire indéniable ; et au vu de la réponse du public et de son enthousiasme, le concert devait être particulièrement bon. Mais perso, ça m’horripile et je m’ennuie ferme face à telle prestation. Truc de jeunes ou de filles (ou les deux), le plan clarinette sur fond de boîte techno me laisse profondément de marbre. Au milieu de ces centaines de jambes qui s’agitent, de ces fessiers qui rebondissent, de ces poitrines qui se soulèvent, je ressemblais à une frêle embarcation prisonnière d’une tempête. Et je n’avais qu’une hâte, rejoindre le rivage.

Le premier soir s’achève donc par un salut théâtral dans une ambiance survoltée, pendant que je m’engouffre dans ma voiture, chauffage à fond.

A demain pour d’autres aventures…

 

Ground Zero 2011 : mercredi 19 octobre

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Caravan Palace a donc effectué son grand retour sur les planches, ce mercredi 19 octobre.  Pour célébrer les retrouvailles avec son public, le groupe a lancé la note au théâtre du Sébastopol de Lille. Une ambiance de folie au cours de laquelle l’electro et le swing ont fusionné pour un résultat détonnant mais surtout enchanteur…

La soirée a commencé en douceur par Felipecha, un duo venu caresser nos tympans de ses ballades fraîches et colorées. Responsable de deux albums à ce jour (« De fil en aiguille » en 2008 et « Les lignes de fuite » cette année), Philippe et Charlotte (NDR : ex-chanteuse de Wax Taylor) nous ont invités à les accompagner lors d’une promenade champêtre et parfumée, afin d’y cueillir des fruits sonore, nés d’un mélange de subtilité, de délicatesse et de maturité. Un supporting act très raffiné.

Place ensuite au groupe français Caravan Palace. Après s’être accordé une année sabbatique, la formation a donc décidé de reprendre du service. Un nouvel Ep est d’ailleurs paru début octobre. Teinté de jazz manouche (NDR : les musicos adorent Django Reinhardt), leur électro swing avait ainsi cartonné sur leur opus éponyme, publié en 2008, mais également leur avait permis d’accomplir une tournée à guichets fermés.

Le public est impatient. Il est convaincu qu’il va vivre une bonne soirée. Et pour cause, le tracklisting devrait inclure les nouvelles compos du band, qui figureront sur leur nouvel album (NDR : il s’intitulera « Clash » et sa sortie est prévue pour le premier trimestre 2012).

Sur scène, un grand rideau rouge est tiré. Un ancien micro est planté devant, au beau milieu du podium. Soudain, quelques notes jaillissent de nulle part, déclenchant un accès de frénésie général, au sein du public. Le Théâtre Sebastopol est une salle où les places sont assises. Aussi les mélomanes les moins avertis n’ont pas beaucoup le temps de se prélasser, car après quelques secondes, il est impératif de se lever pour voir le spectacle et puis évidemment ressentir les rythmes nous envahir.

Le rideau se lève et laisse apparaître six musiciens répartis sur le podium. L’excitation de la foule cède alors le relais à l’euphorie totale, lors de l’arrivée de la ravissante Colotis Zoé, vêtue d’une tenue, on ne peut plus ‘charleston’…

Le concert peut alors commencer. Le public se rapproche de l’estrade et laisse éclater toute sa fièvre contenue et manifeste un enthousiasme, que la chanteuse lui rend bien et chaleureusement.

Leur style est très personnel. Très différent des autres groupes électro. A cet égard, j’estime qu’il y gagnerait, notamment en ‘live’, en jouant davantage sur sa spécificité. Par exemple en tirant parti d’un décor mieux adapté à la musique. De quoi donner plus de consistance au set.

Mais finalement, il ne s’agit que d’un détail, tant les musiciens sont passionnés et libèrent de l’énergie sur les planches. A tel point qu’il est difficile de résister à l’envie de danser, de swinguer et de prendre du plaisir, autant que le groupe s’amuse lui-même.

Caravan Palace + Felipecha

 

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