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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Francofolies de Spa 2011 : jeudi 21 juillet

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Les Francos, c’est une énorme machine, un programme d’une richesse inouïe, une foule très nombreuse (deuxième meilleure affluence en 18 ans malgré le mauvais temps) et un public qui s’étale sur plusieurs générations : trois, voire quatre...

Le souci, c’est de faire son choix parmi la pléiade de concerts simultanés qui sont proposés. Et place tout d’abord au jeudi, puisque votre serviteur et Barbara, préposée aux photos, avons couvert le festival pendant deux jours, soit les 21 et 22 juillet

Francos – le 21 juillet

On commence par la gentille Camélia Jordana. Ce petit bout de femme (elle aura 20 ans en septembre) m’étonne par la qualité de sa prestation et balaie mes préjugés (c’est une rescapée de la Nouvelle Star). Sa voix, un peu timide au début s’affirme de plus en plus pour prendre sa pleine dimension, à mi-concert, dans l’excellente interprétation du « Mercedez-Benz » de Janis Joplin. C’est peut-être un peu vite d’affirmer que c’est ‘une grande dame déjà’ comme le prétend Charles Gardier, mais elle a effectivement tout d’une grande en devenir. Reste à se créer un répertoire dans un univers qu’elle commence à s’inventer et auquel Mathieu Bogaerts pourra favorablement contribuer (il a composé deux excellents titres sur le premier album). Et à s’affirmer un peu plus sur scène : ses sourires n’effacent pas un côté statique que l’assistance ne tarde pas à imiter. Je reste sur ma faim. D’autant que la chanson du rappel, plus à sa place dans un piano bar qu’en plein air, indiffère un public familial qui quitte déjà la place.

C’est curieux mais pour le concert de Louis Chedid, je remarque une nette augmentation du nombre de quinquas dans le public… Ici, le répertoire est tellement riche (le premier album date de 1973 !) que c’est un trop court ‘best of’ de 16 titres que nous offre l’artiste-poète. Trois sont extraits de son dernier album. Je suis épaté par la manière dont Louis Chédid chante des choses si profondes sur un ton si léger, comment il sait faire danser sur des paroles si graves. Un vrai plébiscite contre la sinistrose et cela plaît visiblement au public. Quant aux cinq jeunes musiciens qui l’accompagnent, ils auront l’occasion de s’exprimer, Louis Chedid leur donnant la première place en se plaçant carrément derrière eux. Une mention spéciale à Laurent Guillet pour son impeccable jeu de guitare. Après trois titres en rappel, les fans du Louis le généreux lui diront au revoir à leur façon en reprenant longtemps encore le refrain ‘T’as beau pas être beau (…) j’t’ai dans la peau’. Comme pour répondre au titre de son dernier opus « On ne dit pas assez aux gens qu’on aime qu’on les aime ». Ici, on lui a dit!

Il fallait choisir : Calogero en version symphonique ou De Palmas. Ce sera De Palmas. D’abord parce que la scène Pierre Rapsat où se produit l’ancien chanteur des Charts est archi bondée (une file de plus de 150 mètres une heure avant l’ouverture des portes). Et puis il faut bien reconnaître qu’au Village Francofou on se sent beaucoup plus proche des artistes. De Palmas commence fort par « Tomber », que le nombreux public reprend en chœur. Pourtant, il ne vient pas faire le ‘jukebox’ ! Ses titres suivants seront proposés dans des versions inhabituelles, très groovy, en accord avec la lumière mauve qui inonde la scène. Les chemins de traverse empruntés désarçonnent ceux qui sont venus essentiellement pour entendre et chanter ses tubes. Mais la plupart suivent le guide qui arrive aussi intelligemment à revenir vers ses fans pour leur offrir ce qu’ils attendent. Peu bavard, De Palmas se concentre sur la performance musicale et nous donne l’occasion de redécouvrir ses chansons. « J’en rêve encore », « Regarde-moi bien en face », « Chez moi » suivent le même processus : un début en chorus avec le public et une prolongation très blues-groovy en compagnie de ses musiciens. Ce qui rend la performance de l’artiste intéressante et donne de la valeur ajoutée au concert !

(Voir aussi notre section photos)

 

Dour Festival 2011 : samedi 17 juillet

Quatrième et dernier jour du festival. L’heure est donc aux bilans, que Seb vous relate en fin d’article. Largement positifs, même si tout n’a pas été parfait. Vos serviteurs ne perdent jamais leur sens critique, c’est une constante…

Arrivé au beau milieu de l’après-midi, on est confronté aux averses qui, au fil des heures, vont redoubler d’intensité. Aussi, en traversant le site, une constatation s’impose : la gadoue gagne du terrain…

Un petit tour du côté du Clubcircuit Marquee nous inspire, puisque The Bewtiched Hands s’y produit. Une formation rémoise qui jouit d’une excellente réputation outre-Quiévrain. Mais ce qui frappe d’abord chez ce sextet, c’est la choriste. Elle possède du coffre. Au propre comme au figuré. Les musicos affichent des looks totalement disparates. Mais musicalement, ils forment un ensemble plutôt homogène. Les harmonies vocales se conjuguent impeccablement. De petits riffs de gratte secouent des mélodies pop imprimées sur un tempo léger. Un set finalement agréable pour ce groupe à suivre de près.

En 2009, Gaëtan Roussel a donc entamé une carrière solo. Et depuis, la courbe du succès dessinée par le natif de Rodez est ascendante. 2011 lui a valu ainsi une victoire de la musique pour son album, « Ginger ». Dès qu’il monte sur les planches, il se met à pleuvoir. Face à la Last Arena, donc en plein air, il est donc nécessaire de sortir les vêtements et protections de pluie. Paraît que chaque fois qu’il vient à Dour, bonjour la flotte. Faut croire qu’il est maudit sur la Plaine de la Machine à Feu. En l’an 2000, son Louise Attaque avait dispensé un set en demi-teinte ; et en 1998, il avait carrément déclaré forfait, à la dernière minute. Une annulation qui s’ajoutait à celle de Rammstein, prévue elle, néanmoins. 1998, souvenez-vous, c’était la finale de la coupe du monde de football, disputée à Paris et gagnée par la France. Une explication qui en vaut une autre, mais elle avait fait grincer les dents de plus d’un aficionado. Bref, sans rancune, car on aime bien Gaëtan. Son dernier elpee est sympa. Dès lors, on espère qu’il va nous en mettre plein la vue et les oreilles. Huit musiciens montent sur les planches. Deux drummers : un conventionnel et un autre équipé d’un matos synthétique. Un claviériste. Deux choristes, dont une particulièrement corpulente, de couleur noire, qui double circonstanciellement au saxophone. Un bassiste. Un guitariste. Et Roussel. Parfois à la gratte. Rythmique et même sèche (NDR : notamment pour interpréter l’inévitable tube « Dis-moi encore que tu m’aimes »). Selon les morceaux. Sa voix est bien timbrée. Au début du concert, le sixcordiste n’est pas trop rassuré. Le vent pousse la pluie vers ses pédales de distorsion. Deux roadies essaient, le plus discrètement possible, de les protéger, à l’aide de bâches en plastique. Gaëtan se démène beaucoup sur l’estrade. Il harangue la foule. L’invite régulièrement à ‘clapper’ des mains. Soulève l’enthousiasme de l’audience. Mais progressivement, accorde trop de latitude à ses partenaires qui s’autorisent des soli aussi longs qu’inutiles. Une seule exception, un titre plus complexe, à la limite du psychédélisme, au cours duquel, tout le band donne le meilleur de lui-même. La cover du « Psycho killer » de Talking Heads est un peu trop approximative et le morceau final, interminable, passe complètement à travers. Raison suffisante pour vider les lieux avant la fin du spectacle. Manifestement, Roussel s’est entouré d’excellents musiciens. Mais désolé, Tamac et Louise Attaque, c’était quand même autre chose…

Le rédac’ chef a convaincu Seb d’aller voir et écouter Blood Red Shoes. Et il ne l’a pas regretté. Steven Ansell s’est, comme d’hab’, planté à droite de la scène, de profil, derrière ses fûts. Tel un chef d’orchestre, il lève sa baguette, pour marquer le début d’un nouveau morceau. Ou un changement de tempo. Son jeu de drums est à la fois ample, sauvage, précis et fulgurant. Laura-Marie Carter est vêtue d’un t-shirt et d’un short en jeans. Ses riffs de gratte mordent les mélodies comme à la plus belle époque du grunge. Le son est puissant (NDR : m****, on n’a pas de boules-Quiès ; demain bonjours les acouphènes). Les titres défilent. Les singles. Des morceaux issus du dernier album (NDR : surtout), du premier (parfois) et quelques nouvelles compos. Mais la setlist tient remarquablement la route. Les vagues de stagediving se succèdent. Certains excités parviennent même à monter sur les planches, poursuivis par le service d’ordre. Musiczine l’avait déjà proclamé, mais Blood Red Shoes a le potentiel pour se produire dans le cadre de festivals majeurs, comme Werchter en Belgique ou le Main Square d’Arras, en France.

Vu la performance de Blood Red Shoes, on a manqué le début de set de CocoRosie. La Petite Maison dans la Prairie est pleine comme un œuf. Et on exagère à peine, puisque la foule déborde du chapiteau. Conclusion, l’angle de vue, à plus de 30 mètres de la scène, et de biais, n’est pas vraiment idéal pour apprécier leur show. Les sœurs Cassady sont plutôt jolies, mais outre leur maquillage outrancier, leurs accoutrements sont on ne peut plus extravagants. La cadette a revêtu une sorte de tablier de guindaille estudiantin, surmonté d’une capuche ; une cape qui laisse apparaître un ensemble fluo rose, alors que sa frangine est coiffée d’une casquette de militaire. Et elle porte également un body plutôt sexy. Ce mélange de kitsch et de charme a de quoi faire sourire. Ou séduire. Mais les très belles voix des sœurs se conjuguent à merveille. Semi-opératique, semi folk, celle de Bianca est très aigüe. Quand à Sierra, ses vocalises bizarres, qu’elle triture à l’aide d’une sorte d’enregistreur, me font penser à des incantations de sorcière. L’instrumentation est réduite à un clavier et une flûte singulière. Sans oublier les machines et le beatbox, un peu trop envahissant, à notre goût. Heureusement que les filles développent une gestuelle théâtrale qui colle bien à leur style musical…   

Dehors, il a encore plu. Et se déplacer sur la plaine ressemble maintenant à un vrai défi sportif. Surtout ne pas se prendre une gamelle dans la berdouille. Certains avancent comme s’ils pratiquaient du ski de fond. Il faut rivaliser de souplesse lors de ce périlleux exercice d’équilibre. D’autres préfèrent marcher pieds nus. On ne s’en n’est pas trop mal sorti. Surtout quand on croisait des festivaliers, couverts de boue, de la tête aux pieds. Quand on pense que certains dépensent des fortunes pour suivre des cures de fangothérapie. A quand une station thermale sur le site de Dour ?

Franchement en écoutant leur musique, on jurerait que ce groupe est britannique. Non mais imaginez un mélange de new wave et de glam, dispensé par une formation drivée par un chanteur qui possède un timbre vocal ainsi que des inflexions très proches de Brett Anderson et dont les attitudes évoquent Morrissey. Et quoi ? C’est un combo américain. Un quintet (NDR : enfin sur les planches) qui a livré un tout bon set ce soir. Bien sûr, Jonathan Pierce n’hésite pas à en rajouter une couche. Il danse très curieusement, en se pavanant et en déambulant de long en large sur le podium. Le drummer imprime un tempo très caractéristique des eighties. Connor Harwick joue de la guitare en tenant le corps de sa gratte sous le bras, le plus souvent en picking, parfois à la mode shoegaze. Outre une nouvelle compo, The Drums va interpréter l’inévitable single « Let’s go surfing », que le public reprendra en chœur. Pas un concert révolutionnaire, mais vraiment d’excellente facture…

Et ce temps pourri explique de nouveau, l’audience réduite devant la Last Arena pour accueillir Aaron. A l’instar des concerts de Suede et de Pennywise, accordés la veille, on aura droit à une prestation quasi-intimiste pour une tête d’affiche. Faut dire que les 30% de spectateurs issu du Nord du pays, présents à Dour, ne connaissent pas cette formation française. Le light show nous plonge dans une ambiance de fin de soirée. Mais leur set démarre plutôt bien. La voix de Simon Buret est toujours aussi agréable. Elle caresse les tympans. Un peu à la manière de ce petit vent frais qui balaie la Plaine de la Machine à Feu. Mais il en fait cependant parfois un peu trop. Non seulement il ressemble physiquement (NDR : enfin de loin !) à Chris Martin ; mais on a l’impression que parfois il le singe. Chercherait-il à suivre la voie du succès, tracée par Coldplay ? En fin de parcours, Aaron nous réserve « U-turn (Lili) », une compo mélancolique qui a servi pour la B.O. du film de Philippe Lioret, « Je vais bien, ne t'en fais pas ». Une impression de spleen accentuée par pluie, qui s’est remise à tomber. Provoquant la fuite d’une partie du public, pendant le morceau final…  

A contrario, le Dance Hall est plein à craquer pour le show de Shantel & Bucovina Club Orkestar. En fait, Shantel avait déjà fait sensation, au même endroit, en 2008, soutenu par un autre ensemble, le Disko Partizani. Et si les souvenirs sont bons, c’était juste après le concert des BB Brunes, qui n’avait pas vraiment enthousiasmé les festivaliers (NDR : et c’est peu dire !) Trois ans plus tard, le DJ allemand est donc de retour. Suivant sa biographie, il serait le fils de réfugiés roumains. Ce qui a sans doute influencé le nom de l’orchestre (allemand aussi) qui l’accompagne : le Bucovina Club Orkestar. Sur les planches on a droit à un show remuant qui flirte tant avec Goran Bregovic que Gogol Bordello. En plus varié encore, puisque la salsa ou le disco sont constamment alimentés par des rythmes est-européens et des cuivres. De quoi permettre au clubbers de continuer à danser. Même les plus fatigués. Car ce style de musique balkanique reste très (trop ?) à la mode actuellement.

Créé en juillet 2009 aux ‘Ponts du Rock’, Le Bal des Enragés réunit une bonne dizaine de musiciens issus des meilleurs groupes punk alternatifs français. Entre autres, Tagada Jones, Lofofora, Parabellum ou encore Black Bomb A ; et même des danseuses de Punish Yourself. Je vous avais déjà décrit leur show, lors de leur passage à Dour, en 2010 (http://www.musiczine.net/fr/festivals/festival/dour-festival-2010-jeudi-15-juillet/ ). Pas grand-chose de nouveau à ajouter sur leur prestation de cette année. Il y a moins de monde que l’an dernier, mais le public pogote sec. Les festivaliers les plus acharnés (ou enragés ?), sans doute. En tout cas, il est déjà 2 heurs du mat’. La journée était, tout comme le festival dans son ensemble d’ailleurs, fort chargée. Il est donc temps de rentrer…

(SL & BD)

Seb a donc décidé de tirer un bilan de ces 4 jours de festival :

-           Les ‘plus’ :

*          L’organisation : même si certains médias prennent un malin plaisir à s’acharner sur les incidents et les faits divers qui se produisent lors du festival, il faut reconnaître qu’accueillir plus de 40 000 festivaliers chaque jour, proposer 229 concerts et DJ sets sans incident ni retard majeur, relève d’une belle prouesse et d’un professionnalisme de plus en plus remarquable

*          Les zones de détente et l’élargissement du site en général : seule la montée entre la Last Arena et le Dance Hall souffre encore d’un goulot d’étranglement dangereux, susceptible de causer des problèmes, lors de mouvements de foule.

*          30% de néerlandophones : malgré l’explosion de festivals au Nord du pays, nos compatriotes (enfin, toujours à l’heure d’écrire ces quelques lignes) n’hésitent pas à passer la frontière linguistique. Signe de la renommée du festival et l’absence de problème communautaire, chez les festivaliers.

-           Les ‘moins’ :

*          Le temps : pourri ! Une exception qui a confirmé la règle : le vendredi. Une journée ensoleillée très appréciée, il faut le reconnaître. Par contre, le dimanche et surtout le samedi ont vécu au rythme des averses. Et a transformé le site en véritable cloaque. Ces conditions difficiles n’ont pas nécessairement démoralisé les festivaliers. Qui ont peut-être rêvé de vivre un Woodstock en miniature.  

*          Les come-back : limite ‘has been’. Pas question de cracher dans la soupe, mais l’affiche a quand même mis en exergue des vieilles gloires issues des 90’s (Suede, Pulp, etc.) ou exhumé le rap ainsi que le hardcore old school, alors que d’autres festivals, à l’instar du Pukkelpop, privilégient les groupes ou artistes dans l’air du temps.  

*          La nourriture : pas le top ! Les stands pourraient quand même faire un effort pour diversifier leurs produits.

-           Le top 5 de l’année 2011 :

1)         Neurosis
2)         Foals
3)         Blood Red Shoes
4)         Life of Agony

5)         Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou

-          Les regrets

Avoir manqué quelques sets qui méritaient le détour : Anika, Charles Bradley et Keira Knightley mangeant des frites (enfin si ce fameux buzz n’est pas un bobard ?)

(SL)

 

Dour Festival 2011 : samedi 16 juillet

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‘Van de regen in de drup komen!’ Je cherchais une expression susceptible de décrire l’évolution catastrophique de la météo, ce samedi. Et finalement c’est ce proverbe flamand qui m’est revenu à l’esprit. Un proverbe qui pourrait se traduire, au propre comme au figuré, par ‘aller de mal en pis’.

Dès 16 heures un crachin douche déjà la foule, embourbée devant la Last Arena, avant même l’arrivée des Ogres de Barback. Une véritable famille, puisque le line up réunit des frères et sœurs. Malgré le côté festif et le jeu de scène (entre musique de rue et spectacle de cirque) de leur spectacle, toujours aussi agréable à regarder, le public réagit très timidement. Pourtant le show est varié. Les différents instruments virevoltent, littéralement. Les différents morceaux s’enchaînent, un peu comme des contes (NDR : « Rue de Paname » en est certainement la plus belle illustration). Et puis, la formation n’hésite pas à adresser quelques clins d’œil à d’autres artistes. A l’instar du titre « Le roi des Kongs », pastiche du « King Kong Five » de leur pote Manu Chao ou en final du « Salut à Toi » des Bérus.

Dans le même esprit, The Locos embraie sous le Dance Hall. Et Pipi, ex-seconde voix chez Ska-P, sait s’y prendre pour réchauffer l’ambiance. Les pogos sont lancés. Les circles et autres parades à la Braveheart prennent forme. Plus particulièrement parmi les fans de ska et les ados…

Une atmosphère que l’on retrouve encore face à la grande scène, lors du set de Pennywise. Et pourtant, durant leur concert, il tombe alors des hallebardes. Fatalement, la foule est moins dense que prévue pour applaudir cette tête d’affiche. Mais qu’importe, les plus motivés reprennent en chœur le ‘wooo woooo wooo woooo’ de leur titre culte « Bro hymn ». Les pogos se multiplient, mais dans la gadoue. On se croirait presque à Woodstock. Pas pour rien que ce combo est considéré comme culte dans l’univers du punk étasunien au même titre que Bad Religion et autres NOFX.

Un tout autre public a rejoint le Club Circuit Marquee pour accueillir IAMX. Plus âgé, plus ténébreux, plus féminin, aussi… Et pour cause, Chris Corner estime que non seulement sa musique est teintée d’érotisme, mais elle entretient une ‘sensualité malsaine’. L’ex-Sneaker Pimps aime porter des tenues de scène extravagantes, à la limite androgynes. Ce soir, il est coiffé d’un chapeau à plumes quelque peu ridicule. Sa bassiste n’est pas en reste non plus. Elle porte même une petite culotte à l’effigie du groupe qu’elle finira par dévoiler au public. IAMX pratique une forme d’électro/rock à tendance cold-wave ; ce qui ne l’empêchera pas de dispenser, au cours de son set, de longues ballades mélancoliques. Les thèmes abordés dans les lyrics traitent de pratiques sexuelles non conventionnelles (bisexualité, décadence, etc.), mais également de mort, de drogue ou encore de politique. Par rapport aux groupes proposés depuis le début de la journée, il faut reconnaître, que le changement est radical. Perso, IAMX est une formation que j’apprécie tout particulièrement. Et je n’avais pas du tout envie de manquer leur prestation. Pourtant, je dois reconnaître que mon enthousiasme n’est plus aussi marqué que lors de leurs débuts. C’était déjà en 2004. J’avais ainsi pu apprécier leurs sets accordés en 2005 et 2006, dans le cadre du festival de Dour. Une flamme qui s’est aussi quelque peu consumée, suite à la sortie de leur dernier album, « Volatiles times », pas vraiment convainquant. Or, la setlist privilégie, en début de concert, les morceaux issus de cet opus. De quoi plomber l’atmosphère. Le talent du groupe ne s’exprimera véritablement qu’en fin de parcours, lors de l’interprétation de morceaux plus classiques. Chris est un gentleman. Victime d’une panne de micro, il patiente, pendant que deux techniciens tentent de réparer le matos. Une opération qui va prendre quand même quelques minutes. Et pour les remercier, il réserve une tape amicale sur le dos d’un des deux intervenants. Sympa ! Une anecdote qui permet d’ouvrir une parenthèse afin de souligner le dévouement manifesté par ces équipes techniques qui ont quand même enchaîné plus de 200 groupes sur 4 jours, au sein d’une programmation qui n’a guère souffert de retard ni d’annulation majeure ! Pour en revenir à IAMX, sachez que si vous les avez manqués sur la Plaine de la Machine à Feu, vous aurez le loisir d’aller les applaudir le 15 octobre à Mons, pour un concert qui se déroulera en la salle ‘On air studio’. Ambiance intimiste assurée ! Lors de ce show, votre serviteur était installé aux premiers rangs, parmi les groupies. Andie, l’une d’entre-elles, m’a filé la setlist. Je la remercie. La voici (NDR: la setlist!) : Music people / Nightlife / Ghosts of Utopia/ My secret friend/ Tear garden/ Think of England/ Nature of Inviting/ Cold red light/ Kiss and Swallow/ President/ The Alternative/ Spit it out.

Suede se produit sur la Last Arena. Un autre comeback pour ce groupe qui a brillé au cours des 90’s. Les groupies se pressent également aux premiers rangs. Faut dire que Brett Anderson, le leader charismatique de la formation londonienne, n’est pas étranger à cette euphorie féminine. Même s’il n’a jamais démenti un côté ‘bi’, ses déhanchements sexy font toujours des ravages chez le beau sexe. Les tubes se succèdent : « Animal nitrate », « Trash », etc. Le décor et les jeux de lumières entretiennent un climat plutôt glam. Quoiqu’en incluant des titres plus récents dans son répertoire, donc plus rock, Suede parvient à ne pas trop sombrer dans le revivalisme, au sein duquel Pulp était tombé la veille, ni dans une pop ‘gay’. Bref un show qui m’a beaucoup plu. Mais les averses redoublent d’intensité et finissent par décourager bon nombre de spectateurs. Et moi aussi finalement.

Direction La petite Maison dans la Prairie. D’abord on y est plus au sec. Et puis Les Savy Fav s’y produit. Cette formation américaine est également née au cours des 90’s. Très exactement en 1995. A Rhode Island. Néanmoins leur style trempe davantage dans la noisy, voire le post-hardcore. Mais la caractéristique principale des spectacles accordés par ce band étasunien, ce sont les exhibitions du chanteur Tim Harrington. Ce samedi soir, il est juste vêtu d’un caleçon et chaussé de bottes. Et il laisse fréquemment ses musiciens seuls sur les planches pour prendre un bain de foule. Il sort même du chapiteau, alors que dehors, c’est le déluge. Ne pas oublier qu’il est torse nu, en calebar et que la température extérieure ne dépasse pas 12 degrés ! De quoi être trempé jusqu’aux os. Une jeune admiratrice vient se frotter (NDR : au sens propre !) à sa barbe et son imposante pilosité. Comble de la provocation, il joue carrément avec ses organes génitaux. Bref, ce spectacle me rappelle ceux que Fucked Up et Monotonix avaient livrés, un an plus tôt, à Dour.

Pour terminer la soirée, un arrêt à la Cannibal stage s’impose. Et pour cause, Life of Agony y est programmé. Encore un groupe qui a vécu sa période de gloire au cours des 90’s. Un de plus. Keith Caputo, leur leader, avait abandonné le navire en 1997, pour se lancer en solitaire, carrière qu’il continue d’ailleurs de mener en parallèle. Il sera remplacé par l’ex Ugly Kid Joe, Whitfield Crane. Mais le combo allait se séparer deux ans plus tard. Pour renaître de ses cendres en 2003. Sous son line up originel. Publiant même un album live. La formation s’était produite à Dour, en 2008. Trois ans plus tard, elle remet le couvert. Première constatation, la voix de Keith, plutôt proche d’un jeune Axl Rose, est plus douce. Et son attitude, bien plus paisible. Un contraste par rapport aux riffs de guitare balancés. Sur « This time », il est même détonnant. De quoi se poser des questions. Ce n’est que le lendemain que j’ai enfin pu élucider l’énigme. A cause de la presse néerlandophone, responsable d’un véritable buzz : le chanteur aurait décidé de changer de sexe. Comment séparer le vrai du faux quand on sait que le personnage adore se travestir ? Vous voulez en savoir plus ? Rendez-vous le 2 septembre, salle ‘On air studio’ à Mons, puisque Keith Caputo s’y produira en solo.

Il est déjà 2 heures du mat’. Sur le chemin du retour, je conclus que Dour est quand même un festival éclectique. La preuve ? Rien qu’en deuxième partie de soirée, j’ai vu quatre chanteurs aux attitudes diamétralement différentes. Un androgyne (Chris), un supposé bi (Brett), un exhibi (Tim) et un (biffez la mention inutile) travesti/transsexuel (Keith). Rien que ça !

 

Dour Festival 2011 : vendredi 15 juillet

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Le ciel a (enfin) retrouvé sa couleur bleue. Et il plane comme un air de vacances sur la Plaine de la Machine à Feu. La foule est plus nombreuse, mais pas forcément devant les scènes. L’atmosphère est plus à la guindaille, aux rencontres ou à la fête un peu partout. La bière coule à flots. Et j’avoue même me laisser embarquer dans quelques ‘guet-à-pintes’ ; ce qui explique ce compte-rendu un peu plus concis que les autres jours…

Ma journée commence par Papa Roach. Le soleil cogne dur, ce qui est rare en ce mois de juillet. Et pas seulement l’astre céleste, mais aussi les Ricains. Leurs riffs sont aussi assommants. Ils alignent leurs tubes, dans l’esprit de Green Day ou autre Sum 41. Ce qui a l’air de plaire à la génération des 15-25 ans massés devant le grand podium. Les pogos et autres slams s’enchaînent. Ce punk yankee plutôt basique donc, destiné aux ados, n’est pourtant pas dérangeant.

Plus intéressante : la prestation de The Qemists. Une référence dans le drum’n’bass. Pas étonnant que ce combo soit signé chez Ninja Tune. Et ces Anglais savent s’entourer, puisque pour concocter leur premier opus, « Join The Q », ils ont bénéficié d’un featuring de Mike Patton. D’ailleurs, malgré les nuances jazzy et dubstep, l’expression sonore est beaucoup plus rock, voir carrément hardcore. De quoi, remuer la foule sous le Dance Hall, mais suivant une méthode bien plus raffinée que celle de Papa Roach.

Un raffinement qui ne guide toujours pas Stupeflip. Leurs titres slogans (« Je fume pu d’shit », « A bas la hiérarchie », etc.) et quelques coups médiatiques (NDR : chez Thierry Ardisson, par exemple) avaient permis au groupe de se forger une certaine notoriété. C’était en 2003. Après avoir perdu un procès face à leur label (BMG), ces Français étaient quelque peu retombés dans l’anonymat. Et autant qu’ils y restent encore un peu, car la prestation de ce soir ne m’a pas vraiment convaincu. Tragicomiques, les deux chanteurs portent toujours les mêmes déguisements de films série B et continuent de se complaire dans les revendications à deux balles. En bref, la formation n’a toujours pas évolué…

Bien plus intéressant : The Dø. Une Finnoise (la chanteuse Olivia Merilahti) et un Parisien (le multi-instrumentiste) Dan Levy. Soutenu par un drummer de tournée. Elle capture d’ailleurs instantanément l’attention sur scène. A cause de sa voix fragile. Et puis de son physique (NDR : allez-donc jeter un coup d’œil dans notre rubrique photos). Elancée, très jolie, elle a enfilé des bas, ma foi, forts originaux. Il faut cependant attendre le milieu de set, et l’un de leurs tubes « On my shoulders », pour que le public commence réellement à s’enthousiasmer. A partir de cet instant le set va déménager. Il est vrai que le début du concert est dispensé en mode semi-acoustique, pour ensuite embrayer dans un style bien plus percutant. L’ambiance ne va alors plus baisser d’un cran. Le set va même paraître trop court. Un groupe à voir et à revoir donc. Et ça tombe bien, puisqu’ils sont à l’affiche de l’AB, le 12 octobre 2011. Ah oui, et comme le précisait Pompon dans sa présentation, leur patronyme se prononce ‘do’ comme la note de musique, et pas à l’anglaise.

Changement de podium et de genre, puisque Mogwai se produit sur la Last Arena. Un choix de scène un peu curieux, quand on sait que leur musique est particulièrement introspective ; ou alors, c’était exigé par les musiciens du groupe. Car devant l’estrade, l’auditoire est clairsemé. Leurs longues envolées post-rock (NDR : que j’adore pourtant) s’évaporent dans l’atmosphère et ne parviennent pas à accrocher…  

D’autant plus que je ne veux surtout pas manquer Neurosis ! Leurs concerts se font beaucoup plus rares. Il se murmure d’ailleurs que les organisateurs faisaient le forcing depuis quelques années pour les programmer. Mais là aussi le choix de la scène laisse perplexe. La Petite Maison dans la Prairie est vite comble (NDR : ce sera également le cas, pour CocoRosie, le surlendemain), pour ne pas dire à saturation. D’entrée, on a droit à « A sun that never sets » puis « End of the harvest ». Une belle manière de pénétrer dans l’univers de Neurosis. A l’instar de Mogwai, la construction des compos s’opère en couches ; mais rapidement une belle chape de plomb vient couvrir le tout. Car Neurosis c’est du lourd, du costaud, de l’intense, à mi-chemin entre Cult of Luna et Isis. Néanmoins, les montées en puissance et les déflagrations sont parfaitement maîtrisées. Un savant équilibre qui permet à l’expression sonore de ne pas sombrer dans un métal cacophonique. Et en apothéose, Neurosis va nous  livrer un « Through Silver In Blood » de toute beauté. Une longue progression avant que l’intensité n’atteigne son paroxysme et transcende littéralement l’auditoire. Incontestablement un des grands moments de cette édition.

On reste dans le métal en compagnie d’Anthrax. Un peu plus ‘has been’, quand même. Il embraie juste à côté, sur la Cannibal stage. Dans le style, ce podium va s’en gaver. Madball va ainsi également fouler ses planches. C’est le genre de formation que j’appréciais, il y a 15 voire 20 ans. Mais elles n’ont guère évolué depuis. D’ailleurs une réflexion me traverse l’esprit. Je ne suis pas du genre à brûler ce que j’ai adoré ; mais il faut reconnaître, que cette année, l’affiche de Dour a réservé une (trop) grande place aux come-backs, et en particulier à des groupes ou des artistes qui ont surtout recueilli du succès, au cours des nineties. Alors que la scène pop/rock regorge de découvertes. Vous voyez ce que je veux dire ?

Car de 90’s il en sera encore question en compagnie de Pulp. Le set s’ouvre par « Do You Remember The First Time ? ». Et Jarvis d’ajouter ‘Vous étiez présents en 1994 ? Etiez-vous-même seulement nés ?’ Ben oui, Jarvis, je m’en souviens comme si c’était hier. Sous un soleil de plomb, au beau milieu de l’après-midi, tu avais le teint bien pâle. Et un look de dandy. Ta formation avait dispensé un set très britpop. Finalement assez proche de celui de Blur, qui se produisait également le même jour, sur la Plaine de la Machine à Feu. Entretemps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Pulp n’est plus considéré comme une hype, mais un combo sur le retour. D’ailleurs, leur dernier opus, date quand même de dix ans. Pour mettre tous les atouts dans son jeu, leur spectacle est soutenu par un superbe light-show. Et puis, les compos proposées sont particulièrement énergiques, dans l’esprit de Kaisers Chiefs. Jarvis se dandine, et s’autorise même quelques solos de guitare. Avant d’attaquer le titre final, « Common People », il nous rappelle deux règles de base qu’il a toujours observées dans sa carrière. La première : ne pas faire confiance à son groupe. La seconde : réserver le titre préféré du public, pour la fin. Un discours qui ne change pas mon point de vue. Le concert de Pulp était celui d’une réunion. Ni plus, ni moins.

Et Vitalic, programmé plus tard, va démontrer qu’il serait temps que certaines vieillies gloires laissent la place à la nouvelle génération. Surtout s’ils ne sont plus capables de se remettre en question. Perso, je vais laisser la place aux clubbers. Surtout que la journée de samedi s’annonce bien chargée.

Dour festival 2011 : vendredi 14 juillet

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Jeudi 14 juillet : coup d’envoi de la 23ème édition du Dour Festival, et la 20ème  en ce qui concerne votre serviteur. Les organisateurs ont le droit d’afficher un large sourire, puisque le cap des 150.000 tickets vendus a été franchi. Pourtant le temps maussade a de quoi décourager les plus audacieux. Mais, comme les festivals ont plus que jamais le vent en poupe, les records d’affluence y sont légion. Aussi, dans ce contexte, on peut vraiment affirmer que l’extension du site et l’élargissement des chapiteaux couverts sont des idées, on ne peut plus judicieuses.

Arrivée sur la plaine de la Machine à Feu, vers 20 heures. Pas de chance, j’ai manqué la prestation du vétéran Charles Bradley. Or, suivant les échos recueillis, sa soul yankee valait le détour. Tant pis, on s’en passera. Quand un festival programme 200 groupes en quatre jours, on finit toujours par louper l’un ou l’autre artiste ou groupe.

Place donc à Kyuss Lives. Le public est essentiellement constitué de ‘métalleux’. Cette année, encore, les amateurs de stoner et de hardcore sont plus que gâtés. D’ailleurs, sur la même scène, Channel Zero s’était illustré deux heures plus tôt. Tiens pour l’anecdote, le patronyme de ces revenants, belges de surcroît, est inspiré d’une compo de Public Enemy intitulée « She Watch Channel Zero ». Et paradoxalement, le collectif new-yorkais opère son retour, cette année, au festival de Dour (NDR : ainsi la boucle est bouclée). Mais revenons à nos moutons. Ou plus exactement à Kyuss. Orphelin de Josh Homme, puisque ce dernier a décidé de consacrer son temps à l’aventure plus lucrative des Queens of the Stone Age. Le come-back implique donc John Garcia (NDR : dont le projet Hermano a quand même récolté un succès certain), Brant Bjork et Nick Oliveri. Et mieux vaut profiter de l’aubaine, car Nick Oliveri a des démêlés, pour l’instant, avec la justice étasunienne, suite à une sombre affaire de violence conjugale. Trêve de commentaire people. La foule est agglutinée face au podium de la Last Arena. Elle ne souhaite pas manquer une seconde de la prestation des précurseurs du Stoner rock. Les impressionnants amplis Marshall saturent. Le son est crade. Brouillon même. Tout comme le set, d’ailleurs. Un concert qui finalement sera loin d’atteindre le niveau des deux derniers spectacles accordés à l’AB, ‘sold out’ pour la circonstance.  

The Bony King of Nowhere, c’est le projet du Gantois Bram Vanparys. Il est particulièrement populaire en Flandre. C’est d’ailleurs le rédac’ chef néerlandophone de Musiczine, qui me conseille d’aller jeter un œil sur sa prestation. La formation propose un set paisible et agréable à l’écoute. Le son est net. Leur pop oscille quelque part entre Bon Iver et Ed Harcourt. Un groupe qui mériterait davantage de notoriété, au Sud du pays.

La magie du festival de Dour, c’est de pouvoir glisser d’une ambiance à l’autre. Ce n’était pas prévu, mais je me rends instinctivement au Dance Hall. De quoi démontrer la nécessité de bien consulter le petit programme, avant de changer de podium. Ah, tiens, le groupe qui s’y produit répond au nom curieux d’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou. Un souffle d’air frais après le déferlement de décibels encaissés sur la Last Arena. Une bonne dizaine de vétérans constituent le line up de ce collectif. Leurs vêtements sont très colorés. Leur musique est entraînante, aussi de nombreux festivaliers osent le pas de danse. On n’est pas au Bénin, ni dans un festival world, mais l’ambiance est chaleureuse. Elle baigne d’ailleurs au sein d’un mélange de soul, de funk et de salsa. Ou la rencontre entre l’Afrique noire et l’Amérique du Sud. Choix osé, mais visiblement payant, de la part des organisateurs, pour ce groupe qui jouit néanmoins d’une belle réputation dans l’univers des musiques du monde.

Le moment fort de la soirée sera incontestablement la prestation de Foals. Il y a 3 ans, à Dour, il constituait une découverte. Aussi, on attendait la confirmation. Car parfois, le succès (NDR : plusieurs nominations aux NME Awards, cette année) monte à la tête des musicos. Alors que les espoirs placés par les mélomanes sont plus conséquents. Mais le groupe est à la hauteur des espérances. Pas une seule seconde, je n’ai été envahi par l’ennui. A contrario du sentiment communiqué par certaines formations de pop insulaire. Les riffs de guitares sont transcendants. Les interventions électro versatiles. Une touche punk et une autre post-rock agrémentent cette expression sonore parfaitement maîtrisée. Et puis il y a la présence scénique des membres du groupe, particulièrement dynamique. On est ici à des années-lumière des ensembles ‘hype’ aseptisés et stéréotypés reproduits à 10 000 exemplaires. Excellent !

Par contre, et je vais peut-être devoir essuyer les critiques de leurs aficionados, mais le set de Cypress Hill ne m’a guère convaincu. Sûr que les deux vocalistes sont capables de mettre une ambiance de feu. Ils ont la langue facile. La foule est impressionnante. Rarement vu une telle audience devant un podium, à Dour. Posant même des problèmes de mobilité. Mais perso, entendre des ‘yeah, yo’ et ‘fucking ya’ ou au beau milieu du show, un ‘Insane in the brain’, comme si on venait de sortir un vinyle poussiéreux datant de plus de 15 ans, trop peu pour moi…

Donc je décide de déménager au ‘Magic Soundsystem’ pour le concert de Tahiti 80. L’éclairage est plus cosy, reposant. Les lampadaires mauves disséminés sur le podium, reproduisent l’ambiance du ‘rest-room’ d’un hôtel de luxe moderne. Le public est également fort différent. Beaucoup moins nombreux. Quelques centaines de mélomanes. Mais ils sont aussi plus posés et attentifs. Motivés aussi. Même si le chanteur cherche à se rassurer en demandant entre les morceaux à l’audience : ‘Vous êtes sûr que tout va bien à Dour ?’ ou ‘Vous en voulez encore ?’ Le tube « Heartbeat » met tout le monde d’accord. Un set bien rôdé qui me réconcilie avec le groupe. En cause, un concert catastrophique accordé à la Maison de la Culture de Tournai, il y a quelques années. Le tout doublé d’une attitude antipathique. Ce soir, les musiciens semblaient prendre du plaisir entre eux. Et ce feeling s’est propagé au public.

Initialement prévu dans le club-circuit Marquee, c’est finalement sur la Last Arena, et plus tard en soirée, qu’I’m from Barcelona s’est produit. Après avoir publié un premier opus chez EMI (NDR : le très remarqué « Let Me Introduce My Friends »), la bande de joyeux lurons (NDR : ils sont une vingtaine sur scène) est un peu retombée dans l’anonymat. En 2010, leur album « 27 songs » était d’ailleurs exclusivement distribué via internet. Mais 2011 pourrait bien permettre au band de prendre un nouveau départ. D’abord, le combo a signé chez Mute et le titre de leur nouvel album « Forever today », sorti en avril dernier, est teinté d’optimisme. De quoi peut-être voir leur futur en rose. Une chose est sûre, ce soir, la formation suédoise (NDR : non, non, elle n’est pas espagnole…) nous propose une musique colorée. Trempant dans un climat ‘néo hippie’, ‘flower power’, ‘peace & love’ et tutti quanti. Mais il est déjà près de 2 heures du mat’, et il faut encore une bonne heure avant de regagner ses pénates. Donc, il est temps de prendre la route, car la journée de vendredi s’annonce très chargée.

 

Rivierenhof 2011 : lundi 11 juillet

Openlucht fiesta

Ce lundi il flotte comme un air de kermesse, dans la Province d’Anvers. Nous croisons un tas de monde qui a déjà un verre dans le nez. Faut dire, qu’aujourd’hui, c’est la fête de la Communauté flamande. La Wallonie et la Belgique, eux, jubilent un peu moins, vu le contexte politique actuel. Mais qu’importe, notre soirée risque fort de prendre des allures de Saint-Patrick, puisque les Pogues se produisent dans le cadre du Rivierenhof.

Ce soir, la chaleur est étouffante. Nous avons avalé des kilomètres en voiture, puis emprunté le train et le tram avant d’atteindre la localité de Deurne. Après avoir traversé un grand parc cosmopolite où se mêlent allégrement adeptes du cours de danse, sportifs avertis, familles et autres hippies portés sur la fumette, nous arrivons au portail du superbe site qu’est l’Openlucht Theater. Passé un joli petit bar sis en plein air, on débarque au sein d’une sorte d’amphithéâtre plutôt sympathique. Surtout à cause de cette impression de proximité entre le public et la scène, malgré les 2.000 personnes (enfin c’est ce que l’on estime) présentes. Le festival Rivierenhof n’est pas très connu dans le Sud du pays. Et pourtant cette année, il accueille des concerts exclusifs comme ceux de Dinosaur Jr, Sinéad O'Connor ou encore Manu Chao. Sans oublier celui des Pogues, auquel nous assistons ce soir.

Et on espère, bien sûr, que la formation sera en forme. Car lors de son dernier passage en Belgique, le set était plutôt catastrophique. C’était dans le cadre du festival Dranouter, en août 2010. On craint même un instant le pire, car le groupe, programmé à 21h30, compte déjà 20 minutes de retard sur l’horaire. En fait, il se fait attendre et désirer. Enfin, résonne le « Straight to hell » des Clash. Une intro qui rappelle que Joe Strummer a aussi milité au sein des Pogues afin d’achever une tournée, début des 90’s. Shane McGowan éprouve quelques difficultés à monter sur les planches. Souffrirait-il de la goutte ? Pourtant, le gaillard a quand même l’air dans un bon jour. Le show s’ouvre par les rituels « Streams of Whiskey » et « If I should fall from grace with god ». Il faut pourtant attendre l’instrumental et traditionnel « Repeal of the licensing laws » pour voir l’ambiance monter d’un cran, dans le public. Enfin, on la vit cette ambiance des pubs irlandais où la bière coule à flots, les gens tapent des mains et du pied à tout crin. Sans oublier d’y ajouter l’inévitable connotation punk, of course. Les pogos se multiplient et ne vont plus guère cesser jusqu’au bout du set. Le tout sous le trafic aérien des verres de bière, exécuté au-dessus de l’auditoire. Si la plupart des musicos restent toujours placides, Phil Chevron et James Fearnley n’hésitent pas à venir sur le devant de la scène pour exciter la foule. Du répertoire proposé ce soir, on épinglera encore « Body of an american », « Irish rover » et en finale « Fiesta ». Bref, une setlist sans grande surprise. A se demander si un jour les aficionados ne vont pas en avoir marre de toujours entendre les mêmes morceaux. Mais quand donc les Pogues vont-ils des décider à proposer de nouvelles compos ? Enfin heureusement, il reste cette ambiance unique, sorte de communion celtique, célébrée par le groupe et ses fans…

La première partie a été assurée par le groupe local Donkey Boni. Leur répertoire ? Difficile à cerner. Soit c’est de la pure impro, soit le résultat d’expérimentations élaborées. Le tout plongé dans un climat indus (pensez à Einstürzende Neubauten) et ténébreux (dans l’esprit de Swans). Il semble quand même que le band se soit réservé une cover de leurs voisins dEUS. Leur musique est plutôt originale, mais trop paisible pour chauffer une salle. Surtout en supporting act des Pogues. Bref, on a vécu le calme avant la tempête irlandaise...

(Organisation : Openlucht Theater Rivierenhof)

 

Cactus 2011 : vendredi 8 juillet

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On ne va pas revenir sur le cadre qui héberge le festival Cactus, mais une chose est sûre, son charme influe sur les choix de votre serviteur. Le festival fêtait, en outre, son 30ème anniversaire. Et pour la circonstance, on avait droit à une exposition consacrée au monde de l’étrange et du fantastique, dans le Minnewaterpark. Sympathique et original ! Mais venons-en à cette soirée du vendredi 7 juillet.

Pas de chance pour la formation belge Lady Linn & the Magnificent Seven. Quelques gros ralentissements avant d’entrer dans Bruges, la file pour recevoir son bracelet, et le concert était déjà terminé, lorsqu’on est arrivé devant le podium. Tant pis, ce sera pour une autre fois…

Kate Nash est londonienne et pas yankee comme son nom pourrait le faire penser. Elle compte, à ce jour, deux albums à son compteur. Le dernier, « Doo Wah Do », est même paru l’an dernier. Mais vu le manque de promo, il est complètement passé inaperçu. Enfin, paraît que les MySpace, Facebook, Twitter, Blogs et autre réseaux sociaux permettent de tout savoir sur les artistes ou groupes. Sauf que chez eux tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Alors bonne chance pour dénicher une analyse critique qui tienne la route… Bref, revenons à nos moutons. Kate Nash est très jeune. Elle est née le 6 juillet 1987. Très jolie aussi. Elle monte sur les planches en compagnie de trois musiciennes. Une drummeuse, une bassiste et une guitariste soliste, privilégiant les accords en picking. Excellente, par ailleurs. Outre le chant, Kate se réserve la rythmique et les claviers. Surtout le piano. Instrument qu’elle dissimule sous un drap blanc décoré d’une centaine d’ampoules, comme on en voit souvent à la foire de Bruxelles. A moins qu’elles n’aient été récupérées sur les guirlandes de Noël, lors des fêtes de fin d’année. L’entrée est fracassante. Ce soir, Kate a la pêche. Elle est coiffée d’un énorme nœud noir dans les cheveux. Probablement emprunté à la garde-robe de Minnie Mouse. Et porte une jupe écossaise. Si le set est plutôt allègre au début, il devient progressivement frénétique. Voire punk. Elle descend dans la fosse pour haranguer la foule. Nous réserve un petit laïus féministe. Et se sert même d’un parlophone. Les compos les plus notoires ne sont pas oubliées : « Love you more », « Do wah doo » et en fin de parcours « Foundations » ainsi que « Pumpkin soup », moment choisi par Kate pour monter sur les touches de son clavier, manquant même de se prendre une belle gamelle. Et de pianoter des pieds, l’équilibre retrouvé, grâce au secours de deux roadies, un sourire jusqu’aux oreilles. Un chouette moment !

Isobel Campbell et Mark Lanegan ne se produisent pas très souvent, live, ensemble. Faut dire que l’ex-Screamin Trees cumule les projets. Et pas seulement en solitaire, puisqu’il est impliqué chez Queens of The Stone Age et Soulsavers lorsqu’il n’épaule pas Greg Dulli, au sein des Twilight Singers. Ce qui n’a pas empêché le duo d’enregistrer trois albums. De toute bonne facture, par ailleurs. Surtout notoire pour avoir milité chez Belle & Sebastian, Isobel compte 4 elpees solo, à son actif. On se demandait donc comment le couple allait se débrouiller pour traduire en direct, leur mélange de blues poussiéreux et de pop sophistiquée. Le line up est complété par un guitariste, un contrebassiste/bassiste et un claviériste. Ils sont donc six sur les planches. Isobel porte une mini robe blanche à gros pois noirs. Et ma foi, elle est plutôt jolie et très sexy. A l’instar des rappers, Mark a coiffé sa casquette à l’envers. La voix éraillée de Mark et celle si douce et limpide d’Isobel se conjuguent à merveille. Parfois, elle vient s’asseoir, un peu en retrait pour jouer du violoncelle. C’est beau, émouvant, mais un peu trop paisible à mon goût. En outre les musicos sont statiques et communiquent très peu avec le public. On se demande même s’ils se rendent comptent qu’ils jouent face à un auditoire. Et comble de l’assommoir, les fréquences basses sont beaucoup trop puissantes. Il faudra attendre la fin du set pour entendre enfin l’une ou l’autre chanson un peu plus animée. Dommage ! A mon avis, ce type de concert serait bien plus adapté aux salles intimistes.

Les disques de KT Tunstall m’ont rarement fait flasher. D’honnête facture, mais sans grand relief, ils proposent essentiellement des compos qui trempent dans un metal/pop un peu trop standardisé à mon goût. Aussi, au début de son set, j’en étais encore à déguster une blanche de Bruges, en discutant autour d’une table. Au bout d’une dizaine de minutes, je me suis quand même levé pour aller prendre la température du spectacle. Et surprise, la petite Ecossaise est occupée de mettre le feu. Elle aime les guitares et en change pratiquement à chaque morceau. Et puis elle est plutôt habile pour tirer parti au maximum de ses pédales. Sa voix un peu râpeuse ne manque pas d’amplitude. Et enfin, elle peut s’appuyer sur un excellent backing band, dont une soliste terriblement efficace. Habillée très classe, cette dernière a un look digne de Chryssie Hynde des Pretenders. Mais surtout, elle assure derrière sa leader. La moitié de la setlist est composée de plages issues de son dernier opus, « Tiger », mais pas de morceau extrait de son Ep, « The scarlet Tulip », il est vrai exclusivement acoustique. Par contre, elle y a inclus plusieurs de ses classiques, comme « Black horse », « Difficulty », « Lost » et en clôture, l’inévitable « Suddenly I see ». Sans oublier « Other side of the world », la meilleure compo de l’artiste. D’un bout à l’autre de la prestation, Tunstall va manifester une énergie et un enthousiasme communicatifs. Si bien qu’on va se laisser prendre facilement au jeu. Pour finalement devoir admettre que l’artiste a beaucoup de talent ; et qu’elle possède même encore une fameuse marge de progression…

Place donc à la tête d’affiche du festival. Ils sont douze sur le podium. Enfin dix musiciens et deux danseuses. Tout va presque par paire au sein du line up. Deux drummers, dont le fils de Bryan et l’inusable Andy Newmark. Deux guitaristes. Deux choristes noires, postées de chaque côté du podium. Un claviériste/pianiste, une saxophoniste/claviériste. Un bassiste et Bryan Ferry. Un Ferry habillé très élégamment, comme d’hab et qui de temps à autre réenfile son par-dessus (NDR : paraît qu’il a toujours froid). Il ne tient pas en place et, non content d’arpenter le podium de long en large, il vient s’installer, tantôt à gauche, tantôt à droite derrière un piano. En début de parcours, il nous délivre deux gros tubes, « Slave to love » et « Don’t stop the dance », avant que le set n’entre dans une phase propice aux longues plages instrumentales, presque prog, au cours desquelles le jeune Olivier Thomson et le vétéran Chris Spencer s’en donnent à cœur joie. En toile de fond, les deux danseuses se trémoussent sensuellement devant un écran géant projetant des photos de Kate Moss. Au beau milieu du show, elles se déguisent même en rat d’hôtel. Pourquoi pas ! Les titres défilent : « Alphaville », des chansons issues du dernier elpee de Bryan, « Olympia », l’une ou l’autre adaptation de Roxy Music et la cover du « Like a Hurricane » de Neil Young. Mais il faut attendre que les deux choristes se libèrent pour voir enfin décoller le concert. On en est alors presque à la moitié du parcours. Elles se réservent enfin quelques vocalises tout bonnement exceptionnelles. On en attrape la chair de poule. A partir de cet instant, le public entre en osmose avec le band. D’autant plus qu’hormis les inévitables tubes « Avalon » et le final « Jealous Guy », au cours duquel le dandy va réussir son exercice de style, en sifflant, la main sur l’oreille, le reste des compos fait l’unanimité. Dont le « Just like tom thumb's blues » de Dylan, mais aussi l’inévitable « Let’s stick together », repris en chœur par la foule, « What goes », « Love is a drug » et « My only love » ainsi qu’un instrumental (« If there is something ») destiné à mettre en exergue le talent de ses musiciens, et en particulier de la saxophoniste, la charmante Jorja Chalmers qui, tout au long du set, en aura presque fait oublier Andy Mackay. A 1h10, Bryan Ferry et sa troupe prennent congé de l’audience, particulièrement ravie de la prestation, nous rassurant sur son état de santé, annoncé pourtant précaire au cours des derniers mois. Ne pas oublier que le Britannique a quand même 66 balais, même s’il en paraît 10 de moins…

 

Couleur Café 2011 : dimanche 26 juin

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Pour le dernier jour, le soleil a décidé d’être de la partie. D’autant plus de raisons pour faire la fête. Le dimanche est immanquablement le jour ‘familial’ à Couleur Café ; et l’affiche s’y colle parfaitement. Au programme : Seal, Band Of Gypsies 2, Irma, Dub Inc., Alborosie, etc. Sur papier, on ne se laisserait pas facilement convaincre mais, sur scène, l’ultime journée du festival réservait bien quelques bonnes surprises.

On démarre le dimanche mollo devant la grande scène Titan, surplombée par un soleil radieux. Le coup de départ est donné à 18h par le projet Band Of Gypsies 2, qui rassemble deux grands noms de la scène balkanique, à savoir Taraf de Haïdouks et Koçani Orkestar. Au total, 26 musiciens se retrouvent sur la Main Stage du « Coul’Caf’ ». Tout ça pour un résultat tout mou, qui ne donne pas spécialement envie de se dégourdir les jambes sous le soleil de plombs. Et pourtant, c’est ce que l’on attendait de ce type de formations. Il faut dire que le son n’était génial et n’a pas vraiment aidé le public (hormis les irréductibles enthousiastes) à s’imprégner de la musique de la grande troupe.

Une grosse demi-heure plus tard, je découvre que le public, peu nombreux du côté de la grande scène, s’est en fait terré sous l’ombre et dans l’ambiance moite du chapiteau Univers. Impressionnant : Keny Arkana, la petite rappeuse au tempérament de feu, se produit devant un parterre surchauffé et ultra enthousiaste. Des premiers aux derniers rangs, les fans scandent ses textes comme un seul homme. La Franco-Argentine se donne à 100%, avec une hargne assumée et des textes acérés et, surtout, qui ont un sens. On est bien loin du monde édulcoré à la Diam’s. Et pourtant, la jeune femme fédère aussi facilement que sa compatriote. Elle, c’est sûr, on ne manquera pas son retour sur les planches belges.

Pas si attendu que ça, le projet Congotronics VS Rockers. Du moins, pas par l’ensemble du public de Couleur Café. Et c’est bien dommage! Les visiteurs du festival auront préféré se promener autopur du site ou aller jeter un œil aux prestations d’Alborosie et Irma. Pourtant, le spectacle de Juana Molina, Deerhof, Wilbirds & Peacedrums, Kasai AllStars, Konono n°1 et compagnie fait vibrer le chapiteau Univers. Mais c’est devant un chapiteau aux deux tiers vide que la troupe présente son excellent projet. Chapeau bas à Hoquets qui, le temps d’un morceau, ont mis le feu aux planches.

Un peu plus loin, sous la Fiesta, c’est la force tranquille d’Irma qui séduit les festivaliers. Le charme de la Française originaire du Cameroun opère sans effort avec des morceaux ultra-radiophoniques. Son set se clôture sur le méga tube « I Know », repris en chœur par les fans. C’est gentil et mignon comme tout. Un peu trop à mon goût mais la jolie jeune femme à un potentiel de sympathie tel qu’on tombe dans le panneau. Et c’est là que je me rends compte que les cinq minutes que j’avais prévu de consacrer à la chanteuse se sont inconsciemment prolongées d’une vingtaine supplémentaire. On est fleur bleue ou on ne l’est pas…

21h45. Sur la scène Titan, l’heure est venue pour la tête d’affiche de cette édition de faire son apparition. Partout, on ne voit que des sourires et des jeunes femmes hurlant à plein poumons. Seal, chemise noire, lunettes de soleil et magnifiques chaussures jaunes, débarque sur l’estrade et balance quelques uns de ses derniers morceaux bien pourris avant de passer aux choses sérieuses. « Killer » entame le cycle des hits avant la respectueuse reprise du « It’s A Man’s Man’s World » de James Brown. On a droit également au sympathique « I Can’t Stand The Rain » de Ann Peebles avant que le bonhomme ne décide de nous balancer encore trois ou quatre daubes. « Kiss From A Rose », morceau très attendu par les demoiselles de l’assistance, se place en fin de parcours avec l »inévitable hit « Crazy ». Le mari de la Klum aurait pu s’arrêter là, mais non. C’est qu’il tenait encore à partager l’un ou l’autre titre anecdotique de sa discographie. Pas grave, y’a mieux à voir ailleurs.

Mieux à voir mais pas forcément à entendre. Massacre intégral pour le début de set du talentueux Kid Koala. Le DJ estampillé Ninja Tunes aura du souffrir d’un problème technique massacrant ses beats à la tronçonneuse. Limite inaudible. Sous son costume de Koala, le Canadien s’efforce de continuer ses enchaînements sans se laisser démonter par la catastrophe sonore. Ce n’est qu’un bon quart d’heure plus tard que l’un des techniciens se décide enfin à venir vérifier l’équipement du bonhomme. Un petite et simple manip’ plus tard, les oreilles des fans peuvent enfin distinguer autre chose que la soupe qui émanait des baffles quelques instants auparavant. Une petite heure durant, le Kid aux mains d’or aura fait danser les derniers motivés au son d’un DJ set aussi impressionnant que d’habitude. Une bien belle manière de clôturer un festival que l’on espère retrouver l’an prochain au même endroit (rien n’est moins sûr) et, surtout, étayée d’une affiche un chouia plus alléchante.
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