La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

logo_musiczine

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Hooverphonic
Kreator - 25/03/2026
Festivals

Pukkelpop 2010 : samedi 21 août

Écrit par

Les 25 bougies du Pukkelpop s’éteignent lentement  Troisième et dernière journée de festivités sur la plaine de Kiewit. Déjà. Le jeudi et vendredi ont confirmé qu’il s’agissait là d’une édition exceptionnelle. Et le samedi ne va pas être en reste, loin de là.

Il fallait se lever tôt pour ne pas rater une miette des concerts proposés ce samedi. Pas difficile, quand on ne compte que quatre heures de sommeil dans les guiboles. Motif ? Un camping survolté. La journée commence fort dès 11h par les jeunes Ricains de Cymbals Eat Guitars au Club. Originaire de Staten Island, le combo dispense un rock acéré et mélodique, dans un style qui oscille quelque part entre Japandroids et Surfer Blood. Le moins que l’on puisse dire c’est que ça réveille !

Les joyeux drilles d’OK Go embraient sur la Main Stage, dès les dernières notes du show accordé par Cymbals Eat Guitars. Pas vraiment un succès de foule ; cpendant le quatuor manifeste beaucoup de bonne humeur et assène un lot de pépites pop imparables. Il parcourt l’essentiel des singles extraits de ses trois albums, dont un « A Million Ways » qu’ils joueront une seconde fois. Soit quand Damian Kulash, le leader de la bande, aura repéré au sein de la foule, trois jeunes hommes reproduisant à la perfection la choré du clip. Invité sur scène, le trio s’exécute et se débrouille pas mal. Un bon souvenir pour eux.

Direction le Château à 13h, où Toro Y Moi s’est emparé du slot de son pote Washed Out. Ce dernier avait déclaré forfait deux jours auparavant. Ambiance moite sous le chapiteau. Ce qui se prête parfaitement à la Chill-Wave de Chaz Bundick. L’espace d’une petite quarantaine de minutes, le jeune homme va transformer le petit chapiteau en station balnéaire. Il est clair que j’aurai personnellement préféré voir Washed Out s’illustrer sur ce même podium ; mais on n’y perd pas au change, ce petit set étant tout sauf dégeux.

Dans le Dance Hall, les Sud-Africains de Die Antwoord prennent littéralement d’assaut les planches, en balançant un « Wat Pomp » percutant. Le trio de rappeurs s’agite sous un chapiteau plein à craquer. Le buzz a fonctionné, c’est clair. Mais on ne sait pas vraiment sur quel pied danser, vu l’attitude affichée par cette bande de bouffons survitaminés. A prendre au premier ou au second degré ? 

Petit saut dans le temps à 13h50 lorsque Kitty, Daisy & Lewis investissent le Club. Cette fratrie s’était déjà distinguée lors de la Pias Nite, en mars dernier, à Tours & Taxis. La petite famille a du talent à revendre et impressionne par son authenticité. On croirait les musicos sortis tout droit d’un clip des années 50. Et lorsqu’on sait qu’en 2005, ils publiaient leur premier single à l’âge de 12 ans pour Kitty, 14 pour Lewis et 16 pour Daisy, un seul mot me vient à la bouche : ‘Respect !’ Cinq ans plus tard, le trio fait preuve de plus de maturité que la majorité des petits jeunes issus de la scène indie contemporaine.

Surfer Blood est dans la place. Sous le Marquee, pour être précis. Ce quintet nous vient de Floride. Il vient de délivrer "Astro Coast", son premier labeur, un opus dont les morceaux sont dignes d’un Beach Boys voire d’un Weezer sous stéroïdes. Portée par des groupes tels que Best Coast et Wavves, la mouvance Surf Music ou Beach Rock renaît de ses cendres ; et si, scéniquement, ces formations sont toutes aussi impeccables que Surfer Blood, le genre pourrait couler autant de beaux jours que dans les années 50 à 70.

Pukkelpop, ce ne sont pas seulement des concerts mais également des animations éparpillées un peu partout sur le site. Les plus sympathiques sont celles implantées autour du Bazar (un manège, une grande roue, une fanfare, des majorettes, etc.) Les plus nazes, on les doit aux sponsors. Ici pas de Joe Piller ou de stand Red Bull comme à Dour, mais pas beaucoup mieux. Dans le genre affligeant, deux boîtes remportent la palme. Déjà rencontrées sur la Plaine de la Machine à Feu, d’ailleurs. D’abord Coca-Cola et son stand rouge vif qui fait mal aux yeux et aux oreilles. Ensuite Proximus. Ce dernier invite à une espèce de cours de danse grotesque animé par de gros bouffons. Il est loin le temps ou les sponsors se contentaient d’une présence relativement discrète…

Mais revenons à nos moutons. Ou à nos rennes, plutôt. Le château est plein à ras-bord pour la prestation très attendue de Caribou. Fidèles à eux-mêmes, Dan Snaith et ses acolytes nous réservent un spectacle fascinant, articulé essentiellement autour de « Swim ». L’indispensable « Melody Day » sera l’unique incursion dans le back catalogue. Une fois encore, les Canadiens sont à la hauteur des attentes. Et les fans de leur pop psychédélique, qui ne les ont jamais vus en ‘live’, feraient bien d’acquérir au plus vite le précieux sésame, afin d’aller les applaudir à l’AB, le 27 novembre prochain. Vous ne le regretterez pas, parole d’honneur.

En voilà d’autres attendus de pied ferme. Et ils n’ont pas déçus. Les gars de The Drums sont gentiment déjantés. Les cousins germains hyperactifs des Smiths font une entrée remarquable sur l’estrade du Marquee, en exécutant un « Me & The Moon » pêchu à mort. L’incontournable disque éponyme est parcouru de long en large ; mais on retiendra surtout les inimitables pas de danse opérés par Jonathan Pierce et Jacob Graham. I wanna go surfing ! A ne pas rater en décembre à l’AB !

Pas encore de déception aujourd’hui ? C’était sans compter sur le show de Gonjasufi, sans queue ni tête et parsemé de problèmes techniques. Si bien que le bonhomme quitte même l’estrade en milieu de parcours, pour revenir quelques minutes plus tard. Trop tard, on n’est plus là, mec.

Beau et intense. Ce sont les deux mots qui décrivent le mieux le concert de The National sur la Main Stage. La formation, renforcée pour la circonstance, par quatre musiciens de tournée, rend justice aux plus beaux morceaux de sa discographie. Plus particulièrement « High Violet », évidemment. Au point d’en frissonner lorsque Matt Beringer se met à interpréter « Bloodbuzz Ohio », « Fake Empire » ainsi qu’« Afraid Of Everyone », de sa voix soignée au vin blanc. Splendide !

Un qualificatif que l’on peut attribuer également au duo James Mercer - Danger Mouse, alias Broken Bells. Le leader des Shins et l’infatigable producteur, accompagné de leurs musiciens, prodiguent un set parfait en tous points. Il faut dire que vu le cv d’un gars comme Danger Mouse, on pouvait s’y attendre. Pas de surprise au niveau de la setlist par contre, constituée de la quasi-intégralité du disque éponyme.

Pas de surprise également chez Flying Lotus. Le mec a tellement d’idées dans la tête que le tracklisting ne pouvait pas se focaliser uniquement sur le disque dont il devrait assurer la promo. L’énorme « Cosmogramma » y passe, évidemment, mais il est entrecoupé de morceaux inédits et autres remixes. Steven Ellison a.k.a. Flying Lotus (FlyLo pour les intimes) s’apprête d’ailleurs à publier un nouvel Ep. Ce mec ne s’arrêtera jamais, c’est sûr.

Dernier tour de l’année du côté de la Main Stage, pour le concert retentissant de Queens Of The Stone Age. Ces derniers viennent de publier une version deluxe de « Rated R » pour fêter les dix ans de cette œuvre culte. Aussi, on aurait pu s’attendre à une setlist basée sur cette dernière. Mais Josh Homme et sa troupe ont choisi d’explorer une grande partie de leur discographie. A mi-parcours, Les Reines de l’Age de Pierre assomment d’un bon coup de gourdin l’énorme masse de fans réunis à leurs pieds au son de « Little Sister » et « Go With The Flow ». Autre moment fort, un « Song For The Dead » final éclatant. Les figures de proue du Stoner sont toujours aussi efficaces ; mais tout ça ne nous rendra pas l’inimitable duo Josh Homme - Nick Oliveri… 

 Fin de parcours en ce qui me concerne. Sous le Marquee, le décor mis en place pour le spectacle de Jónsi est légèrement moins impressionnant que lors de sa prestation concédée à l’AB, quelques mois plus tôt. Mais la voix du leader de Sigùr Rós demeure aussi magique et bouleversante. Entre les titres extraits de son premier disque solo, l’Islandais ultra-créatif propose quelques nouveaux morceaux d’une délicatesse magistrale et affirmée.

De quoi clôturer de la plus belle manière ces trois journée de rêve. Une édition tout simplement parfaite. Evidemment, hormis les drames survenus durant les deux premiers jours du festival. Si les organisateurs du Pukkelpop nous ont offert une édition aussi inoubliable pour les 25 ans de l’événement, je n’ose même pas imaginer ce qu’ils nous réserveront pour leurs 30 ans. En attendant, vivement l’an prochain !

 

Pukkelpop 2010 : vendredi 20 août

Écrit par

Un sans faute pour la première journée du Pukkelpop. La barre à atteindre est déjà haute mais, au vu de l’affiche de cette seconde journée, nul doute qu’on ne risque pas de s’emmerder. Ce sont surtout les choix cornéliens à opérer qui risquent de faire très, très mal. Un peu comme le prix de la chope ou la bête bouteille d’eau de 25 cl (2,5€, soit 100 balles, pour les nostalgiques du franc belge). Et, vu la température, ce ne sont pas les préposés aux bars qui risquent de s’ennuyer.

Excité comme une puce à la perspective de cette deuxième journée de festival, j’investis les lieux dès 11h55 pour la prestation, tout en douceur, des Villagers. Un réveil délicat sous le Château, déjà bien rempli et bien moite. Exit les gradins qui ornaient les contours du petit chapiteau. Si tu veux faire la feignasse, c’est par terre qu’il faudra s’asseoir. Mais revenons-en à nos moutons irlandais. Les Villagers se sont offert une belle nomination au Mercury Prize cette année pour « Becoming A Jackal », un premier disque dont la transposition live ne manque pas de charme.

Contrairement à Jack Parow, rappeur sud-africain et proche collaborateur de Die Antwoord, qui s’agite sous le Dance Hall. Le rigolo ne fait pas dans la dentelle. C’est un peu grotesque. Il faut un léger temps d’adaptation pour encaisser son rap en Afrikaans et lorsqu’il interprète des textes en anglais, son accent est à couper au couteau. Mais le gars sait comment remuer une foule qui vient à peine d’avaler son petit déjeuner.

Quelques minutes plus tard, retour au chapiteau, où Harlem dépoussière le grunge. Ca passe comme du petit lait. Le trio d’Austin n’a pas l’air d’avoir attrapé la grosse tête malgré le buzz gonflant autour de lui. Les morceaux extraits de « Hippies » sont de parfaites machine à secouer. Suffit de voir la formation et le public se démener sur « Gay Human Bones », « Spray Paint » ou « Faces » pour clore le débat.

Et ça déménage aussi sous le Marquee, où Matt & Kim prennent leurs quartiers en débarquant sur un beat hip-hop. Habillés. Hélas. Le duo est survitaminé, aux limites de l’hyperactivité. Plus particulièrement Kim qui, lorsqu’elle ne tape pas sur ses fûts comme un animal, les chevauchent en sollicitant les hurlements de la foule. Entre deux morceaux, Matt lance une vingtaine de ballons et laisse le soin aux membres de l’assistance de les gonfler. Le résultat est moins impressionnant que la veille, lors du set des Flaming Lips, mais tout aussi coloré et distrayant. Matt & Kim bonifient leurs morceaux sur scène et sont, à mon humble avis, l’une des meilleures surprises de cette édition.

Je quitte le Marquee, juste à temps pour assister aux derniers morceaux du concert d’Ou Est Le Swimming Pool. Mais vu le drame qui s’est déroulé en coulisse après le show des Anglais, je me la jouerai consensuel, en évitant d’évoquer mes impressions peu positives sur ce qui s’est avéré être la dernière apparition de la formation (NDR : tout au moins sous ce line up…)

Ce qui se passe sous le Château est autrement plus joyeux. Fanfarlo, le petit groupe folk qui monte, y présente sa première œuvre, « Reservoir ». Le set est gentil, frais, pas forcément inattendu mais presque aussi efficace qu’un Arcade Fire.   

15h15, Dance Hall. We Have Band ne rameute pas grand monde et ce n’est pas le son qui va arranger les bidons. Le trio, tout de blanc vêtu, galère grave en début de parcours. La jolie Dede W-P dissimule péniblement sa frustration. Ce n’est qu’en milieu de show que les baffles se mettent enfin à balancer une purée un peu plus digeste. Juste à temps pour les imparables « Oh! », « Honeytrap » et « Time After Time ». C’est déjà ça de pris.

S’ensuit, pour votre serviteur, une petite pause. Et deux putains d’erreurs de parcours. Première de la liste, une confusion entre le Club et le Château, qui me vaut de manquer le concert d’Avi Buffalo. La deuxième, un manque d’info, qui me coûte celui d’Eels, ce dernier ayant interverti son slot avec celui de Limp Bizkit. Une belle frustration, aggravée par le déchirement que provoquent mes sentiments amoureux pour Foals, la tendresse que je porte aux Local Natives et mon envie de balancer mon arrière-train sous les ordres de Major Lazer. Tous trois jouant au même moment, of course. Mais l’amour est plus fort que tout et c’est sur Foals que je jette mon dévolu. Quitte à les voir reproduire le même show mi-figue mi-raisin délivré lors de l’édition 2008 du Pukkelpop. Mais, mec, « Total Life Forever », c’est une bombe. Rien de moins. Et ça fait plaisir de voir Yannis débarquer sur les planches du Marquee, sans tirer la gueule. Le public est chaud comme la braise ; et dès les premières notes de « Total Life Forever », c’est l’effervescence. Ca pogote sec et ce n’est pas « Cassius », « After Glow », « Two Step Twice », l’élégiaque « Spanish Sahara » ou l’estival « Miami » qui vont calmer les esprits. Résultats des courses, un beau point de côté et un bon paquet de ticket-boissons consommé en moins d’une heure.

Bon, dans le cul pour Eels, manifestement... Mais ce qui semble être une très maigre consolation va finalement s’avérer une séquence plutôt jouissive. Les clowns néo-métal de Limp Bizkit entrent dans l’arène principale aux environs de 19h. Oui, je l’avoue, j’ai été, lors de ma post-adolescence, un grand fan des Californiens. Et cet intérêt, que je pensais mort et enterré, s’est soudain réveillé d’un coup, d’un seul. Fred Durst, qui soufflait ce jour-là ses 40 bougies, débarque sur les planches, flanqué de ses partenaires et, surtout, de l’indispensable Wes Borland, intégralement peinturluré en noir comme à la grande époque. « My Generation » fait péter les baffles, suivi de près par « Rollin’ » et « My Way ». C’est clair, les Ricains ont choisi de miser l’essentiel de leur setlist sur « Chocolate Starfish & The Hot-Dog Flavored Water », le disque qui leur a rapporté le plus de cash. Et c’est reparti pour un pogo, grandeur nature. Le public réunit autant les vieux fans que les curieux et autres hipsters (Ouais, toi là, qui retranscrit le show en termes peu élogieux mais qui le mate tout de même des premières aux dernières notes – Big Up à toi :p). Une chose est sûre par contre, on se serait bien abstenu de l’immonde cover de « Behind Blue Eyes » ou du surexploité « Take A Look Around ». En guise de final, Durst se fait plaisir en invitant une bonne cinquantaine de nanas sur scène pour un « Faith » clôturant les festivités. C’est qu’on aurait presque retrouvé ses 18 ans…

Petit tour au Club, histoire de faire retomber la pression en compagnie de Marina & The Diamonds. Jolie, Marina Diamandis l’est assurément. Ses morceaux, par contre, c’est une toute autre histoire. De la pop eurovision bien naze, comparé à tout ce qu’on a pu entendre en moins de deux jours. Sound Of 2010 ? BBC devrait revoir ses critères de sélection. Next !

L’heure du dîner est suivie par le spectacle Prog-House haut en couleurs de Deadmau5. La scène du Dance Hall est dissimulée par un large voile. Ceux qui ont assisté au concert de l’homme à la tête de souris, à l’AB, en mai dernier, savent déjà ce qui s’y cache. L’énorme installation est dévoilée sous les acclamations hystériques de l’assistance. Mais la configuration ‘Festival’ paraît légèrement moins impressionnante. Et Joel ‘Deadmau5’ Zimmerman, qui sort de son repos forcé après avoir été victime d’un malaise en ‘live’, quelques semaines auparavant, est manifestement moins en forme. Il retirera d’ailleurs son masque au bout de deux morceaux. Chaleur oblige.

On l’attendait de pied ferme ce moment. La poule aux œufs d’or de Sub Pop, Beach House installe ses quartiers dans le Club. Ceux qui ont créé l’évènement, en publiant « Teen Dream », délivrent un set tout en délicatesse. Les voix de Victoria Legrand et Alex Scally chatouillent délicieusement les tympans tout au long de merveilles pop, issues de leur discographie.

Un pur moment de bonheur qui se prolonge sous le Marquee, lors du show étrangement séduisant de The xx. Leur Dark Pop est littéralement hypnotique. Sans parler du son cristallin qui s’échappe des baffles. « Shelter », « Crystalized », « VCR » ou encore « Stars » semblent carrément provenir d’une autre dimension. Ou alors j’suis tout simplement mort bourré.

Ce qui ne va pas m’empêcher de finir la journée en apothéose. Grâce aux Canadiens de Holy Fuck. Bien que l’intensité des premiers concerts ne soit plus tout à fait à l’ordre du jour, les trois gaillards parviennent, une nouvelle fois, à asséner un coup de marteau aux membres de l’assistance en balançant leurs « SHT MTN », « Stilettos », « 1MD », « Latin America », « Lovely Allen » et autres « Super Inuit ». Le clou du spectacle nous viendra cependant d’un morceau inédit, une bombe à en faire trembler le sol.

Grands gagnants de cette deuxième journée : Foals et Beach House. Deux formations qui revisiteront Bruxelles à la rentrée. Botanique pour Foals, AB pour Beach House. Et cette misérable Dame Fatalité a décidé que tous deux joueront le même soir. Le 27 novembre, pour être précis. En attendant, d’autres choix douloureux attendent de pied ferme le public du Pukkel dès le lendemain…

 

Pukkelpop 2010 : jeudi 19 août

Écrit par

Pour fêter ses 25 ans, le festival Pukkelpop a frappé un grand coup. L’édition 2010 a tout simplement réuni la crème de la crème. Tous les artistes qui ont créé le buzz, la saison dernière, s’y sont donnés rendez-vous. Et le public a, évidemment, répondu présent. Tant que, pour la première fois de son histoire, le festival affichait un joli panneau ‘Volzet’ à l’entrée. Joli aussi, le ciel au-dessus de la plaine de Kiewit. Les prières ont été payantes. Amen.  

Et qui dit ‘volzet’, dit galère afin d’y dénicher la moindre parcelle de terre inoccupée pour pouvoir y poser ses fesses et sa tente. Bien entendu, quand on débarque à 14h le jeudi, en sachant pertinemment que les portes du camping sont ouvertes depuis la veille à midi, faut pas s’étonner de devoir tourner en rond pendant au moins une bonne heure. Merde, vu le scénario, pas moyen d’arriver à temps pour mater Tame Impala, responsable de l’excellent « Innerspeaker ». T’as plus qu’à espérer qu’ils reviennent à la rentrée...

Après avoir ratissé le champ de long en large, la fine équipe des préposés au camping ‘A’ se porte à mon secours et me libère une petite place à l’extrémité des lieux. Ouf, je vais pas devoir me taper la route jusqu’au nouveau camping ‘B’, sis à quelques longues minutes de marche du site. Une fois installé, c’est la course jusqu’à la Main Stage où Seasick Steve dispense son blues à la masse, face à un public déjà agglutiné devant l’estrade principale. Mais les compos du bonhomme ne se prêtent pas vraiment à une scène de cette taille. Etre programmé au Marquee aurait peut-être été plus pertinent…

De son côté Kelis, qui a avancé son passage de quelques heures, présente son petit dernier, « Fleshtone », sous la Dance Hall. Fini le R’n’B depuis que la jeune maman s’est découvert des penchants électro, nourris par des collaborations auprès, entre autres, de Boys Noize, David Guetta ou Benny Benassi. Son spectacle se clôture par l’immonde « Acapella », acclamé par un public déjà chauffé à blanc.

Le plus dur au Pukkelpop est définitivement l’aventure qui vous attend lorsque vous voulez passer d’un podium à l’autre. Et d’autant plus quand ils sont situés aux extrémités du site. De bonnes chaussures sont donc hautement conseillées. Et une tout aussi bonne dose de patience et de courage aux heures ‘de pointe’ s’impose. Il en faut, d’ailleurs, du courage, pour parcourir l’affreuse distance entre le Dance Hall et le Club. Mais, après la prestation dispensée par Darwin Deez, pas de regret. Le New-yorkais, flanqué de ses trois acolytes, propose une pop qui te met la banane pour le reste de la journée. Sans parler des amusantes chorégraphies auxquelles la troupe atypique s’adonne entre l’un ou l’autre morceau. Et les bouclettes de Mr. Deez sont encore plus impressionnantes vues de près. La formation n’a pas trop l’air de se prendre au sérieux et leur bonne humeur est tout simplement contagieuse.  

Suite des festivités plutôt rock’n’roll. D’abord lorsque les Black Rebel Motorcycle Club prennent leurs quartiers sous le Marquee, lors d’un set électrifiant, magnifié par une parfaite retranscription de leur tube « Love Burns ». Un concert suivi d’un événement tragique pour Robert Been, bassiste de la formation, dont le papa –ingé son du BRMC– s’est éteint heures quelques plus tard…

Du côté du ‘Shelter’, c’est plutôt l’insouciance. Biffy Clyro balance un show survitaminé, marqué essentiellement par des morceaux extraits de « Only Revolutions ». Le public est chaud boulette, mais pas moyen de quitter des yeux l’atroce décoloration du leader de la formation britannique. Ridicule…

Retour au calme en compagnie des Ricains de Band Of Horses qui délivrent l’un des plus beaux concerts de la journée. S’ouvrant par l’énorme « Factory », il fait la part belle à « Inifinite Arms ». C’est beau, c’est aérien, et surtout, parfait pour entamer la soirée des étoiles plein les yeux. Putain qu’elle va être bonne cette édition !

Petite pause. De quoi se sustenter, comme dirait l’autre. Et pourquoi pas fermer un œil ? ‘Boooouh, c’est nul, il a raté Iron Maiden !’. J’avoue, ce n’est pas cette décision qui va m’empêcher de dormir cette nuit.

Retour sur le site, juste à temps pour applaudir le duo élégamment bruitiste Fuck Buttons. La première qu’on les avait vus, c’était sur cette même scène du ‘Château’ et les traces de la claque qu’on s’était ramassé sont encore visibles. La seule différence, c’est que, désormais, le duo rassemble trois fois plus de monde qu’auparavant. Un succès amplement mérité. Certes, le set est quasi en tout point identique à ceux proposés à la Rotonde du Botanique et au Festival Domino. Mais quand c’est bon, on en reprend sans poser de questions. Tant pis pour l’indigestion.

Alors on danse ? Rien n’est moins sûr. Groove Armada, c’est un peu n’importe quoi. Surtout lorsqu’on entend la chanteuse qu’ils se coltinent en live. Une catastrophe ambulante accoutrée d’une robe à paillettes qui pousserait une Carrie Bradshaw à se poignarder les yeux.

Heureusement, le calvaire que le maso en moi s’inflige ne dure que quelques minutes. Un peu plus loin, sous le Marquee, le niveau va remonter de plusieurs crans. Une prestation de The Flaming Lips, c’est plus qu’un concert, c’est carrément un happening. D’abord, une entrée en matière qui restera gravée dans les annales. Les partenaires de Wane Coyne débarquent, un à un, à travers une entrée située en plein milieu de l’écran géant planté à l’arrière-plan. Au bout de quelques minutes, le grand Wayne arrive tranquillement dans son fameux ballon et traverse le chapiteau sur les mains tendues d’un public extatique. Cette fois, « Embryonic » ne sera pas le parent pauvre de la setlist. « Worm Mountain », « The Sparrow Looks Up At The Machine », « Silver Trembling Hands », « I Can Be A Frog », tous y passent. Et les vieux tubes ne sont pas en reste (« Do You realize?? », « Yoshimi Battles The Pink Robots ») Des confettis sont balancés via deux canons situés à chacune des extrémités du podium, des ballons multicolores rebondissent partout sous le Marquee. L’euphorie est générale. Entre l’ours qui s’immisce sur les planches le temps d’un morceau (« I Can Be A Frog ») et les mains géantes de Wayne Coyne qui pointent des lasers vers deux boules à facettes fixées au-dessus de la scène pour le plus beau des effets, impossible de retranscrire en détail l’intégralité d’un show des Flaming Lips. T’en prends simplement plein les yeux et tu ressors de là, un sourire figé. Définitivement les grands gagnants de cette première journée, dont le rideau se renferme à 2h du mat’. Une bonne nuit de sommeil s’impose, vu le programme du lendemain…

Esperanzah! 2010 : dimanche 8 août

Écrit par

Nul besoin de prodiguer les louanges du festival Esperanzah ! Car rien ne confère si sûrement la réputation que le mérite. Et cette renommée, les organisateurs l’ont habilement acquise lors de ces neuf dernières années.

Planté au cœur de l’Abbaye de Floreffe, le plus grand des petits festivals émerveille sans cesse le visiteur par son organisation irréprochable. Un événement qui enchante tant par sa qualité de programmation que par son site astucieusement pensé : un cadre prestigieux réinventé d’arbres décorés de vieux lampadaires, des façades ornées de tentes de camping qui se métamorphosent, la nuit tombée, en lampions géants, des barrières tapissées de dessins et de peintures, une grange revisitée en espace visuel accueillant des projections de films et des animations pour enfants… Chaque lieu abrite un petit secret, une idée subtile ! Une organisation impeccable manœuvrée par de réels mélomanes passionnés de musique du monde pour un public averti et chaleureux. Sans oublier évidemment le nombre incalculable de produits originaux et de mets exotiques (NDR : n’hésitez pas à goûter, sans états d’âme, au McDo local. Mac Donalgue vous propose, en effet, de malicieuses et délicieuses préparations à base d’algues marines !)

Par ailleurs, le festival parvient parfaitement à préserver son âme et sa philosophie originelle : tolérance, respect, égalité et découverte. Cette ‘volonté de privilégier des partenaires qui respectent des critères éthiques : Silly pour la bière, Oxfam pour les cocktails et le café, Sherpa pour le ticketting, Credal pour la finance…’ et la présence de nombreuses ONG en témoignent d’ailleurs amplement. Bref, Esperanzah! demeure une jolie invitation à la fête, au rêve, au voyage et au rapprochement des peuples dans un esprit d'ouverture et de métissage.

Cependant, ce festival ne se présente certainement pas comme un paradis terrestre réservé exclusivement aux fanatiques de world music et aux esprits militants. Il s’ouvre prioritairement aux amateurs de festival profilé à taille et à visage humain. Un lieu où il fait bon vivre et danser, limité à dix mille visiteurs par jour, privilégiant le confort du festivalier, fût-ce au détriment des enjeux financiers. Dès lors, sur les 28.000 têtes annoncées, on comptera 1.700 enfants de moins de dix ans venus sereinement fouler le pavé de l’abbaye.   

Trois jours, trois scènes et vingt-quatre artistes venus colorer une affiche 2010 plus cosmopolite que jamais : Ethiopie/Hollande (Getachew Mekuria), Espagne (Ojos de Brujo), Côte d’Ivoire (Dobet Gnahoré), Colombie (La-33), Serbie (Goran Bregovic), Le Peuple de l’Herbe (France), Russie (OgneOpasnOrkestr), Sénégal (Daara J Family), Chili (Chico Trujillo)… Une édition 2010 qui mue et se colore de sonorités toujours plus insolites. Toute âme gardée, Esperanzah ! fusionne de plus en plus les genres et sa farde étonnement de sons inhabituels. Le rock et l’électro (Ojos de Brujo, Bauchklang, Le Peuple De L’Herbe…) investissent crescendo le line up et semblent toucher un public plus éclectique que par le passé. Epiphénomène positif ou négatif ? Le festival ne déroge pas pour autant à ses principes d’ouverture et de découverte.  

Focus sur le 8 août ! Un doux dimanche d’août dont les faibles battements de pluie n’auront que très légèrement ébouriffé les dix mille têtes présentes sur le site pour assister à la l’événement incontournable de la soirée : The Great Goran Bregović.

Pourtant, ‘côté jardin’, les spectateurs se régaleront véritablement d’une double tête d’affiche : l’autoproclamé ‘orchestre de mariage’ serbe de Bregović et los fenómenos colombianos de La-33.

Authentiques phénomènes salsa-jazz dans leur pays, les douze de La-33 useront adroitement de leur expérience acquise lors de nombreuses prestations sur les scènes new-yorkaises et internationales pour faire vibrer l’abbaye d’ondes latines. Rapidement, s’exhale le parfum d’une savante mixture de salsa, de boogaloo et de musique folklorique colombienne. L’air frais et humide s’imprègne alors d’une chaleur tropicale. Le parterre trépide comme le plancher d’un train. Le public s’électrise de vapeurs latinos. Crescendo, voix, cuivres, percussions s’élèvent et lancent d’irrésistibles invitations à la danse. Aucune âme n’est épargnée. Les corps suent et le public exulte irrépressiblement. 1h30’ de fusion latine saupoudrée de jazz, de rock, de reggae, de ska. Un vacarme ingénieusement orchestré qui ébranle l’auditoire et ne laisse aucun cœur indifférent. Un répertoire riche incluant quelques heureuses surprises dont les deux célèbres covers du combo colombien : le thème de « La Panthère Rose » composé par Henry Mancini et « Roxanne » du groupe Police. L’expérience ‘Calle 33’ : un remède absolu au Xanax.

A peine le temps de s’essuyer l’esprit d’une averse colombienne qu’une tempête serbe nous assène une gifle orageuse. Tempête qui se laissera gentiment désirer. Les cris fusent, le sol tremble. Dix interminables minutes de retard se meubleront d’un chahut collectif. Manifestement, le public était venu en masse pour découvrir le plus grand chevalier de la musique balkanique. Brouhaha instantanément interrompu par la présence d’une fanfare sillonnant le parterre et annonçant le début des hostilités. Puis, sereinement, auréolé d’une lumière blanche, The Great Goran Bregović foule les planches seul pour une intro à l’accordéon qui donnera délicatement le ton. Immaculé de blanc, son orchestre des mariages et enterrements le rejoint aussitôt pour déclencher la foudre. Une foudre crépitant d’explosions sonores extrêmement diverses. Un feu d’artifice coloré de musique traditionnelle des Balkans mais aussi de rock, de pop, de flamenco, de tango, de musique classique… Un mega combo composé de voix, de cuivres, de cordes, de percus, de vents qui transcende le spectateur et le plonge dans une expérience quasi chamanique. D’emblée, les corps frissonnent de puissantes mélodies hispano-arabo-tziganes (« Balkaneros vamos ») qui étoilent la nuit et subliment le décor des façades habillées de lampions géants. Une musique  tissant un visuel imaginaire stupéfiant qui ranime nos esprits d’images tirées des scènes de mariage d’‘Underground’. L’âme sonore d’Emir Kusturica s’expose et s’impose. Ici s’exprime tout le talent du compositeur de génie. Préambule parfait pour introduire une séquence musiques de films nées de sa longue collaboration avec le cinéaste Emir Kusturica : le mystique « Ederlezi » du Temps des gitans,  l’exceptionnel "In the death car" d’Arizona dream… Puis, brusquement, hurlant ‘México!’, le combo serbe nous balance un tube léger qui ferait pâlir de jalousie tous les morceaux kitschy du monde. Instant où le kitsch devient art !

Le temps des rappels s’annonce malheureusement trop tôt. Mais, lorsque Bregović, dans un français parfait, décide de prolonger la fête en compagnie du public et l’invite à participer au débat, celui-ci exulte et s’époumone d’un ‘Chargeeez!’ sur « Kalashnikov ». La générosité de The Great Goran Bregović refuse alors de laisser le spectateur sur sa faim et décide d’affoler tous les sismographes de la région pour lui livrer toute l’essence brute et compulsive du rock balkanique. Les murs de l’abbaye de Floreffe en tremblent encore de bonheur !           

Avant de rejoindre nos chaumières, un petit détour ‘côté cour’ s’imposait tout naturellement afin de découvrir le collectif autrichien de Bauchklang (NDR : Bauchklang signifie en allemand ‘son qui vient du ventre’) qui avait la lourde tâche de clôturer cette édition 2010. Quintette atypique dont l’originalité réside principalement dans la structure de la formation où seuls la voix et les micros importent. Nul instrument à l’horizon. Cinq micros crachant un beat box survitaminé construit de voix à vous couper le souffle. Une performance volcanique qui ne calmera pas les ardeurs des festivaliers résolument décidés à prolonger les festivités. Les gradins de la cour vibrent ; le public s’anime violemment et semble conquis par le set surprenant livré par les cinq Alpins.  

Bauchklang, une formation qui illustre à nouveau cette volonté d’ouverture affichée par les organisateurs. Une heureuse curiosité qui invite le spectateur à participer à l’édition 2011 d’Esperanzah. Que de découvertes et de voyages musicaux inédits en perspective !

 

Micro Festival 2010 : samedi 7 août

Écrit par

Prévision météo pour ce samedi 7 août : malgré quelques passages nuageux, le temps restera généralement sec sur le nord de Liège… durant la première partie de la journée. Le soleil se lèvera aux environ de quatorze heures (heure locale). Euh… sur la baie de Vivegnis.

Horaire respecté : les Pirato Ketchup arrivent sur leur planche de surf et lancent les festivités. Les premiers pains-saucisses commencent à frétiller tout autour à l'écoute de ce fourre-tout musical décliné à la sauce Wallifornie. Oui, « La bonne du curé » et Sœur Sourire sont capables de remuer leurs fesses à la mode Tarantino. Wallifornication. C'est jouissif et entraînant. Et sacrément rentre-dedans. Une excellente entrée en matière.

Dans la foulée, un interlude musical est assuré par un DJ. A quelques pas. Dans le jardin. Premières bières. Ambiance décontractée. Tout le bonheur de n'avoir qu'une seule scène où se produisent les artistes. On a le temps de se ressourcer. Décidément, chez JauneOrange, quand on fait les choses, on les fait bien.

Passé 15 heures. Boston Tea Party ou la formule qui n'en finit pas de ne pas s'user (NDR : elle concerne les duos mixtes déclinés au format Rock) envahit le devant de la scène. Ça cogne sec, surtout sous les talons d'Eline Adam, la chanteuse, qui bat la mesure sur une estrade de bois transformée en grosse caisse de fortune. Un beat un rien éreintant sur la longueur. Mais les chansons tiennent la route. Rien de révolutionnaire (à l'inverse du mouvement homonyme emprunté par le groupe), mais c'est néanmoins suffisamment bien foutu pour capter l'attention du public parsemé. Et oui, c'est qu'on en est encore qu'à l'apéro...

Flash météo : en cette fin d'après-midi, le passage d'une tornade est annoncé sur les coteaux de la Principauté. Elle sera accompagnée d'un déluge de décibels et de forts orages.

Bon, maintenant, on rigole plus. Ou bien si ! On rigole. Enfin, je sais plus. Attention. Mesdames et Messieurs, voici venir le Colonel Bastard et son Bionic Commando. Loufoque, déjanté, irrévérencieux et survitaminé, ce combo emporte tout sur son passage. Le chapiteau se remplit, les clowns se déshabillent, le public applaudit et en veut encore. Oui, Colonel Bastard, c'est du spectacle. Mais en plus du côté visuel, dans le registre électro-dance-techno-foutraque, c'est vachement bien balancé. Un set explosé et un public conquis, amusé, ou médusé. Bref, personne ne reste indifférent. Une performance. Une grande expérience.

Les joyeux troublions quittent la scène, et on s'affaire déjà à y faire place. Car il en faut de la place pour les trois batteries et les cinq guitares d’Action Beat. Nul doute, ça va faire mal. Et quand ils commencent en chœur, ça fait effectivement mal aux tympans. Action Beat, c'est une machine diablement efficace, parfaitement huilée, solidement rythmée. Lourde comme un orage d'été, puissante comme la foudre. Un bloc de marbre qui éclate et se reforme instantanément. Parfois trop homogène, manquant d'aération, mais au final, une leçon de bruit aux faiseurs de bruit.

Quelques bières plus loin, nous attendent le duo (non mixte) des Black Diamond Heavies. Un orgue qui n'a rien à envier à une guitare, une batterie qui n'a rien à envier à l'enfer. Quand le blues se fait sale, sauvage, et habité. D'une puissance sexuelle phénoménale (dixit une amie en pâmoison). L'antre de l'Espace 251 Nord est en feu en l'espace de quelques titres. Ça sue et ça dégouline. On aime ça!

Météo des festivals, flash spécial : après les dernières intempéries, le calme devrait revenir dans les environs de Saint Léonard. Une embellie suivie de quelques ondées sont néanmoins à prévoir.

Kelpe déploie ensuite son intimisme/minimalisme électro sur les planches. Point de vue sono, c'est pas le genre d'endroit pour jouir pleinement de toutes les subtilités de ce type de musique. De fait, noyée dans un son brouillon et submergé de basses fréquences, les compositions du duo (tendance, je vous le dis !) s'évaporent quelque peu dans les brumes du soir tombant. Néanmoins, ce petit coup de fraîcheur fait du bien à ce moment de la journée.

Un ravier de frites dégusté aux rumeurs de switch dans le haut de l'affiche, et effectivement, Efterklang déboule un rien plus tôt que prévu. Et là, c'est la classe et l'élégance venant du grand Nord. Des chansons enrobées et ciselées par des orfèvres Pop. Grandioses mais pas pompeuses, elles affichent une grande maturité. Assurément, l'avenir se dessine en lettres d'or pour ce groupe Danois d'une humilité déconcertante. A découvrir, si ce n'est déjà fait.

Déjà la nuit a pris possession du ciel, et la pluie tombe à verse. Pas de quoi cependant refroidir les ardeurs des Chiliens de Panico, dont le set finit d'enflammer le public liégeois. Rawk-&-roll entêtant, toutes guitares devant, basse rebondissante, reverb dans la voix, et charisme à petit prix. Fair Trade, avez-vous dit ? Pas loin d'une leçon d'hypnose spirituelle, les morceaux claquent comme les coups de fouets de Zorro. L'album sortira fin septembre et je ne saurais que le conseiller vivement aux amateurs de Make Up et autres formations de la trempe. Excellent et judicieusement placé en tête d'affiche.

Enfin, sous le déluge du ciel, les spectateurs quittent l'enceinte du premier Micro Festival, qui a tous les points de vue, se sera avéré une franche réussite. Convivial, démocratique, parfaitement organisé, défricheur de talents et d'une qualité inversement proportionnelle au prix de la place. Perso, je dis : proclamons JauneOrange d'utilité publique!

Organisation JauneOrange

 

Dour festival 2010 : dimanche 18 juillet

Écrit par

Quatrième et dernier jour de cette 22ème édition du festival de Dour. L’heure des premiers bilans aussi : 125.000 spectateurs pour ces 4 jours. Soit 31 000 le jeudi, 30 000 le vendredi, 32.000 le samedi et autant le dimanche. Ce qui semble réjouir les organisateurs lors de la conférence de presse (?!?!) Pourtant, manifestement, la fréquentation est en baisse, cette année. En 2007, le festival était sold out et au cours de certaines éditions précédentes, on avait atteint des pics de 35.000 voire 36.000 spectateurs. ‘Cette année nous avions agrandi la capacité du site. Il pouvait accueillir 40.000 personnes. Le sold-out n’est pas un objectif en soi’, m’explique, par ailleurs, le responsable de presse, Alex Stevens, lors d’un entretien, à bâtons rompus. Il ajoute d’ailleurs : ‘Le but, c’est d’organiser un festival de qualité, en programmant des groupes intéressants et dans une ambiance qui reste conviviale’. N’empêche, du côté de Liège, les Ardentes prennent de l’ampleur et le Pukkelpop affiche déjà complet un mois à l’avance. Alors, quelle est la raison de ce déclin de popularité ? La concurrence des événements susvisés, certainement. La date, qui en 2010, s’est située en période charnière de départs en vacances (NDLR : on pourrait aussi ajouter le nombre de festivals qui ont explosé, un peu partout en Belgique, et même dans le Nord de la France ; et puis, peut-être le manque d’artistes susceptibles de convaincre les véritables mélomanes de se déplacer, en l’occurrence celles et ceux qui ne manqueraient sous aucun prétexte Killing Joke, Black Rebel Motorcycle Club, Wilco, Mercury Rev, Archive, Wampas, Nada Surf, Dandy Warhols, Young Gods, !!!, Bérurier Noir ou encore celles et ceux qui suivent certains groupes belges aux quatre coins du pays) Néanmoins, ne gâchons pas notre plaisir : Dour est toujours un festival incontournable en Hainaut et un des trois plus grands de Wallonie (NDR : les Francos de Spa et les Ardentes sont les deux autres). Il est en outre, bien plus alternatif que ses concurrents ; et puis, et c’était nécessaire, de gros efforts ont été consentis pour améliorer le confort des festivaliers (NDR : supermarché alimentaire à l’entrée, etc.) Félicitons également les organisateurs pour le timing scrupuleusement respecté par les 200 groupes, et pour l’absence d’incidents majeurs sur le site.

Bon, et la programmation de ce dimanche alors ? J’y arrive. Ma journée commence vers 16 heures, sous un soleil généreux (NDR : finalement hormis quelques averses, la météo aura été clémente). J’ai chaud à la place de Mélissa Auf Der Maur. Tout de noir vêtue, son teint est pâle. Elle doit souffrir de la température. La Canadienne est surtout notoire pour avoir milité  comme bassiste chez Smashing Pumpkins puis Hole. A l’époque, Billy Corgan, le leader des Citrouilles Eclatées l’avait pris sous son aile, avant de la conseiller à son amie ( ?!?!?) Courtney. Son set est très pop. Pas vraiment ce qui me branche. Et Mélissa éprouve toutes les difficultés pour susciter un quelconque enthousiasme auprès d’une audience encore à-moitié endormie. A l’issue de sa prestation, Mélissa vient se mêler à la foule. Elle se ballade tranquillement et prend le temps de signer des autographes (NDR : elle avait même prévu de se munir d’un crayon-feutre !)… Sympa !

D’autres musiciens se promènent sur le site. Mais ils passent bien moins inaperçus. A cause de leurs vêtements touaregs. Tinariwen. La formation va ensuite offrir une des rares notes world au festival. Sur fond de guitare résolument blues (NDR : un concept partagé par de nombreux artistes maliens, comme Amadou et Mariam, par exemple). Différents membres se relayent au chant. La musique baigne au sein d’un climat exotique. Le combo cherche à établir une forme de communion avec le public. Un peu comme lors d’une fête de village en Afrique, autour d’un feu de bois ou sous un bivouac. Le set est savoureux. Mais à mon avis, leur prestation aurait mérité de se dérouler sous un chapiteau. De toutes manières, à un endroit plus intimiste que sur la Last Arena. Les applaudissements auraient alors certainement résonné plus chaleureusement…

Sous La petite maison dans la prairie, Monotonix est occupé de foutre le boxon. Cosmopolite, quoique incluant une frange de musicos israéliens, le combo nous en met plein la vue. Pourtant, leur garage rock plutôt basique voire tribal (NDR : qui a dit trivial ?) ne casse pas des briques. Mais on assiste à un grand spectacle ! Les musiciens se dispersent dans le public. Le chanteur escalade un poteau du chapiteau et à 4 mètres de hauteur, il se jette dans la foule. Manifestement Monotonix est un groupe de festival. Il attire la grande foule et met de l’ambiance. Pourtant, en salle, il ne draine que quelques centaines de personnes, à peine (NDR : il s’était produit à Courtrai, salle De Kreun, peu de temps auparavant). Didier Super était aussi parvenu à mettre le feu, sous la Magic Tent, quelques années plus tôt. Un constat amer et en même temps une situation paradoxale, quand on voit qu’un groupe pétri de talent comme Tinariwen, ne recueille pas le succès mérité. Alors que la présence de Rémi Bricka, Annie Cordy ou Grand Jojo, déclencherait probablement l’hystérie…

Trêve d’élucubrations et cap sur la Last Arena où sont programmés The Raveonettes. Et le line up des Danois est au grand complet. Déjà ‘tête d’affiche’ en 2008, Sune Rose Wagner avait dû composer sans Sharin Foo. A l’époque elle attendait famille et avait été remplacée par sa sœur. La recette n’a pas trop changé. Leur électro pop à coloration 80’s est toujours aussi noisy. Le tracklisting inclut les incontournables « Candy » et « Heart of stone ». De quoi satisfaire les nombreux trentenaires et quadragénaires rassemblés face à la scène. La basse et les percus sont minimalistes. Et balisent les interventions du duo ténébreux Wagner-Foo, cachés derrière leurs lunettes fumées…

Autre tête d’affiche sur la même scène : Ghinzu. Il est loin le temps où ce combo belge se produisait en club. La popularité du groupe est en progression constante. Ce qui lui permet aujourd’hui de remplir Forest National ou de figurer à l’affiche de festivals conséquents. Ce soir, c’est un véritable best-of que le groupe nous livre. De quoi se rendre compte du nombre de tubes déjà publiés par la formation. Dont les inévitables "Take It Easy" et "Do You Read Me". Leur set est très pro, même si les poses du chanteur finissent par agacer. Mais un imprévu va se produire et mettre un peu de piment dans le show. Au beau milieu du set, le combo se lance dans l’impro (NDR : à moins que ce ne soit une succession d’approximations). Les musiciens se parlent entre certains morceaux. Ils semblent préoccupés. Le claviériste monte sur son instrument et commence à taper du pied sur ses touches (NDLR : un disciple de Keith Emerson ?) Heureusement, le matos semble solide et résiste à l’assaut. Et puis, l’assaillant n’est pas obèse (NDR : à l’issue du concert, on aura l’explication de cette attitude : en fait, il semble que le clavier se soit détraqué au cours de la prestation et par un concours de circonstance, le spectacle a gagné en spontanéité). La reprise de « Killing in the name » est peut-être brouillonne, mais elle parvient à faire bouger une grande partie de la foule. En fait, les événements ont forcé le combo à modifier leur setlist. Et à improviser (NDLR : un accident heureux, avait un jour déclaré un membre d’Ozric Tentacles). Le groupe va quand même finir par croire qu’il est maudit. Et pour cause, l’an dernier, lors des Eurockéennes de Belfort, il avait déjà dû interrompre son show, suite à une panne de courant.

J’imaginais que Devendra Banhart allait nous accorder un récital sculpté dans le folk minimaliste. Le talentueux chanteur/auteur/compositeur en était coutumier, au cours des dernières années. Après avoir surfé avec succès sur la vague hype néo-hippie, il était un peu tombé dans les profondeurs de l’oubli. Mais ce soir, il a décidé de nous surprendre. Et dès les premiers titres, on se rend compte que son concert sera très rock. Les guitares montrent les dents. Son néo-psychédélisme à la pèche ! Exit les ballades soporifiques dispensées lors des éditions précédentes, à Dour. L’intensité est omniprésente, mais Devendra la rend plus fluide en lui administrant, ci-et-là, une petite pointe de dérision. Comme lors de sa cover du vieux tube « Tell it to my heart » de Taylor Dayne.

Autre bonne surprise en ce dimanche : Calvin Harris. Il est surtout connu pour ses tubes house, dance et électro qui envahissent les ondes radiophoniques. Et notamment « The girls » et « Flashback ». En ‘live’, je m’attends donc à DJ set plutôt statique. Erreur, Calvin est soutenu par un véritable band. Il se révèle très à l’aise sur les planches et se la joue, quelque peu, rock star, à la manière d’un Dave Gahan. En un peu moins excentrique quand même. L’expression sonore est particulièrement vivifiante et lorgne tour à tour vers le funk, l’électro voire le punk-rock. En outre, Harris possède une chouette voix. Après 1h30 de show, on le sent quand même éprouvé. Ce qui ne l’empêchera pas de le clôturer par un “You are not alone” de toute beauté. Franchement, cet artiste est à suivre de très près et mériterait un autre statut que celui de pourvoyeurs de singles pour la bande FM.

On le sait, chez Sexy Sushi, le raffinement n’est pas de rigueur. Heureusement il est passé minuit. Les enfants sont déjà couchés, et les nombreuses familles invitées par le Bourgmestre sont rentrées à la maison. Car comme prévu, le flux de grossièretés proférés à la minute est sidérant. Comment est-il possible de concentrer autant de gros mots au sein d’un seul couplet ? Seul Sexy Sushi en a la recette. La musique est minimaliste. Electro. Il y a un claviériste et puis un figurant qui assume un rôle de bourreau. Bien sûr, il s’agit de mise en scène. La sulfureuse Julia affiche un look grunge. Cheveux gras, jeans, t-shirt et baskets crades. Elle n’hésite pas à se lancer dans des crowd-surfing et invite même le public à monter sur le podium lorsqu’elle attaque « Sex appeal ». Et les mâles vont me demander si elle a terminé son spectacle en petite tenue, comme très souvent. Désolé mais vu la piètre qualité de la solution sonore, je me suis tiré avant…

En effet, j’ai préféré aller jeter un dernier coup d’œil (et d’oreille) à The Sonics. Le spectateur lambda les connaît surtout pour leur chanson « Psycho a-gogo » (NDR : ne me dites pas que vous n’avez jamais entendu ce fameux refrain ‘Baby, you’re driving me crazy’). Ou encore du morceau « Have love with travel », qui a servi de B.O. au dernier film de Mathieu Amalric (NDR : c’est toujours d’actualité !) Il est assez troublant et en même temps réconfortant de voir de véritables papys déménager autant sur les planches. Respect donc à ces vétérans qui perpétuent ce rock né au cours des 60’s. N’empêche, pour encaisser la transition entre le rock-électro avant-gardiste de Calvin Harris et le garage yankee des Sonics, faut être blindé…

Hormis la journée du samedi, plutôt ‘light’, l’édition 2010 du festival de Dour a tenu toutes ses promesses. Retour à la maison, en sachant que sur le parcours, on risque de faire des rencontres très peu conviviales et surtout susceptibles de gâcher le plaisir acquis tout au long du week-end…

 

Dour festival 2010 : samedi 17 juillet

Écrit par

Troisième jour de festival et la fatigue commence à se faire sentir. Sans oublier les maux de tête et un début inévitable de surdité. Et dire que je ne dors même pas au célèbre camping. Sans quoi, quel serait le résultat ? Heureusement, et cet avis n’engage que votre serviteur, cette journée est également la plus light au niveau de la programmation. Pas vraiment de concert exclusif comme ceux de Faith No More ou Atari Teenage Riot, les jours précédents. Moins de découvertes aussi.

Ce qui explique pourquoi vous n’aurez droit qu’à un compte-rendu plus succinct de cette journée. Néanmoins, je débarque quand même à 14 heures pour ne pas manquer le set de The Mahones. Leur patronyme procède de l’anglicisation de la formule gaélique ‘Póg mo thóin’, soit le ‘F*** my ass’ dont je vous fais grâce de la traduction dans la langue de Molière. Il s’agit également d’une référence au groupe irlandais The Pogues. Et bien que la formation nous chante cet après-midi « A drunken night in Dublin », pas de méprise : The Mahones nous vient du Canada, et pas de l’île verte ! Leur punk-rock est d’ailleurs assez proche de celui de leurs concitoyens, les Real McKenzies. Une charmante accordéoniste évolue à droite de la scène. Hormis les bas-résilles elle est totalement vêtue de cuir. Et apporte une touche de fraîcheur tant visuelle que musicale. En engageant un musicien supplémentaire (NDR : préposé au whistle ou banjo), le combo embrasserait un profil encore plus celtique. Mais la petite centaine de spectateurs tape malgré tout du pied et se lance même dans une mini-farandole en fin de show. Un warm-up plutôt réussi, ce samedi donc.

A noter que, dans la même tranche horaire, les Poulycroc avaient également ouvert les hostilités en fanfare. Evidemment, si comme votre scribouilleur, vous habitez le Hainaut Occidental (d’où ils sont originaires) vous avez l’occasion de les applaudir, au minimum, une dizaine de fois par an. Et si vous ne connaissez pas ces joyeux loustics, sachez qu’ils pratiquent un punk/ska festif, quelque part entre le grand Jojo (avec qui ils ont déjà joué) et Ska-P.

En général, lors du festival de Dour, une frange du public est constituée de fans de hardcore et de métal. Rien d’étonnant, vu la présence des vétérans Stuck Up et autres Do or Die, dont les aficionados sont nombreux dans la région. Pourtant cette tranche de public très caractéristique disparaît d’année en année. Elle est remplacée par une catégorie de festivaliers dont le style  campeurs-clubbers est beaucoup plus stéréotypé. Heureusement, les organisateurs n’ont pas totalement négligé les hardeux. Le vendredi, ces derniers ont ainsi pu se défouler face à la Red Frequency, et ce samedi sous la Magic Tent. La formation canadienne (NDR : encore) Fucked Up pratique, comme son nom l’indique, une musique furieuse. Le chanteur Pink Eyes n’en est pas à sa première extravagance. C’est d’ailleurs ce qui a forgé sa notoriété. Dès le deuxième titre, il quitte la scène pour se mêler à la foule, qu’il ne quittera plus avant la fin du set. Tour à tour, il se lance dans le houlà-hop, provoque des pogos ou frotte son torse (NDR : velu et imprégné de sueur) contre le corps de jeunes filles en maillot de bain. Et la liste de ses frasques est loin d’être exhaustive. Conclusion, il donne bien du fil à retordre (au propre comme au figuré) aux techniciens et au service de sécurité. Et un peu plus tard, sur le même podium, The Spudmonsters va en remettre une couche. Issu de la scène old school, ce combo va aussi mettre le boxon, en invitant de nombreux fans à monter sur l’estrade, lors de leur final. De quoi, à nouveau semer la zizanie, au sein du frontstage.

Pour clôturer le chapitre hardcore, impossible de ne pas évoquer la prestation de Mass Hysteria accordée sur la grande scène. Tout le bien a déjà dit sur ce groupe français, que l’on peut voir chaque année dans nos contrées. D’ailleurs, rien qu’à Dour c’est déjà leur quatrième passage. Sans surprise, le groupe parvient donc à déclencher les pogos, circles et autres parades à la ‘Braveheart’ au sein du public. Mais aussi à communiquer des messages positifs, pacificateurs voir unificateurs. A l’image de ce ‘Wallons, Flamands, tous unis’ clamé haut et fort au milieu d’un couplet.

Des revendications plutôt différentes de celles des Sales Majestés. D’accord, ils évoluent dans un registre plus punk traditionnel que hardcore. Ensuite les textes relèvent plus de l’anarchie, de la rébellion voire du nihilisme. « La rage », « La révolution », « Camarade » ou « Fier de ne rien faire » sont autant d’hymnes repris le poing levé par les keupons ou les trentenaires nostalgiques du rock alternatif.

Après toutes ces décharges de riffs, il est temps de remettre quelque peu ses idées en place. En assistant à un concert empreint de légèreté. Celui de Pony Pony Run Run devrait faire l’affaire. Issu de la région de Nantes, ce trio s’est formé en 2005. Son premier album, « You Need Pony Pony Run Run » est paru en 2009. Il a été consacré lors des Victoires de la musique, en mars 2010. Pas étonnant donc que le public soit nombreux sous la Magic Tent. Dès que le combo monte sur le podium, une immense clameur faite de cris et d’applaudissements s’élève (NDR : pardon, c’est un concert de Patrick Bruel ?) Mais la comparaison s’arrête ici. Car le groupe a son style. Très pop, mais inspiré par les 80’s. Surtout à cause des sonorités ‘vintage’ produites par le clavier. Un climat qu’accentue le light show. « Hey you », leur tube, est à peine attaqué que la foule entre en hystérie. Une excitation qui va se prolonger jusqu’au bout du set. Pas de contestation, à l’applaudimètre, PPRR a confirmé sa popularité. Faudra maintenant voir s’il sera capable de passer le cap du deuxième elpee…

Au fil des concerts, il devient de plus en plus difficile d’avoir les idées claires. Et même si une prestation se révèle d’excellente facture, on ne parvient plus à l’apprécier. L’épuisement, la chaleur et la bière (NDR : excellentes ces Hoegaarden rosées !) contribuant, bien évidemment, à cette situation. Dans ces conditions, il est parfois préférable de faire un break, afin de revenir frais et dispos, le lendemain. Soit le dimanche, pour vivre de nouvelles aventures…

Dour festival 2010 : vendredi 16 juillet

Écrit par

Cette deuxième journée de festival est, à mon humble avis, la plus riche. Ce qui explique ma décision de débarquer sur le site bien plus tôt. Soit à 14 heures. Et ce que je pressentais depuis la veille, se confirme : le public qui fréquente le festival de Dour est de moins en moins rock. Malgré une affiche intéressante, la plupart des jeunes ne montrent le bout du nez que vers 18 heures. Ils récupèrent. Ou glandouillent au camping. Sans doute après avoir passé la nuit à danser sur les beats des Djs. Les artistes internationaux en devenir : ils n’en ont plus rien à cirer !

Une gangrène qui ronge les grands festivals. Le collectif Los Campesinos ! en est bien conscient. Et pourtant, ces valeureux musiciens font le max devant une centaine de spectateurs à peine, dispersés face à la Last Arena. Leur pop/rock est déjanté, enjoué, enrichi de cuivres ainsi que d’accès de violon et de xylophone. Leur solution sonore est cependant difficile à décrire. A l’instar du nom des villages peuplant leur Pays de Galles natal (NDR : ils sont issus de la région de Cardiff). Une jeune et charmante violoniste rousse illumine les compos de ses interventions, pendant que le chanteur se démène comme un bon prince. Son attitude me fait parfois même penser à Dalmon Albarn, deux décennies plus tôt (NDR : Blur, s’était produit également à Dour, il y a une quinzaine d’années). Bien sûr, depuis, le personnage a pris une autre envergure ; et ma comparaison, ne va pas plus loin. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il existe un fameux potentiel chez Los Campesinos ! Et au fil de l’expérience, la formation pourrait bien briguer une place, un peu plus haut des affiches, dans un futur proche. C’est en tout cas, tout le mal qu’on leur souhaite.

Lors du festival de Dour, à moins d’être un marathonien (NDR : et encore !), difficile d’assister à tous les concerts programmés au cours des quatre jours. Je loupe donc le set de Java. De quoi nourrir des regrets, car de l’avis de nombreux observateurs, leur hip-hop teinté de musette bon enfant a fait mouche. Et come il fait chaud, il fait aussi soif. Et en repassant par le bar, la convivialité se transforme rapidement en guet à pintes ! Surtout lorsqu’on retrouve des amis ou des collègues afin de débattre de l’une ou l’autre prestation d’un artiste ou groupe.

Ouf, le set de The Futureheads n’est pas terminé. Mais vu le parcours du combo, je craignais devoir me farcir de la pop/rock britannique calquée sur celle des Arctic Monkeys. Bref comme déjà vue et entendue 10 000 fois. Et pourtant, le set s’avère très agréable. Pas de temps mort. Un bon point de la journée. Faudra que je balaie les préjugés qui traînent encore dans mon esprit…

A contrario, il se confirme que de plus en plus de festivaliers issus du Nord du pays se rendent au festival de Dour (NDR : et Johan, notre rédacteur en chef néerlandophone, n’y est pas tout à fait étranger). La présence de ce public néerlandophone pour le set d’Absynthe Minded en est la plus belle illustration. La popularité du combo gantois monte d’ailleurs en flèche. Et pas seulement en Flandre. Lorgnant tour à tour vers le blues, le jazz ou le folk son pop/rock ne manque pas d’élégance. Et lorsqu’il interprète son tube « Envol », l’auditoire frappe la mesure des mains tout en fredonnant « Enough ». A l’issue de ce set, il en demandait et en redemandait encore…

Quinze années déjà que Dog Eat Dog ne s’était plus produit à Dour. A cette époque, l’affiche épinglait également la présence de Clawfinger et Public Enemy. Une période au cours de laquelle metal et rap faisaient bon ménage. Si le duo si caractéristique échangé entre la basse et le saxophone est toujours aussi efficace, il faut reconnaître que leur musique a quand même évoluée. Faut dire que faute de nouvel album, je craignais devoir me farcir un combo revivaliste dont l’horloge s’était arrêtée au cours des 90’s. Et puis non, leurs intros ont été revues et corrigées ; et puis, leurs références rap se sont muées en hip hop contemporain. Le public prend son pied, en particulier sur les inévitables « No front » (NDR : issu de l’album « All boro kings ») et « If these are the good times ». Un come-back réussi !

Beaucoup de monde pour applaudir Fun Lovin Criminals. La première grosse audience de la journée ! Curieux, quand on sait que le band newyorkais, responsable de 7 albums à ce jour, est en panne de créativité, depuis quelques années. En fait depuis leur premier opus, "Come find yourself", sur lesquels figuraient les hits "Scooby Snacks" et "The Fun Lovin' Criminal". Un départ en force qui s’est progressivement dégonflé. Sur les planches, les musicos dégagent un certain capital sympathie. Mais leur set ne remue guère. Il serait même plutôt statique (NDR : qui a dit amorphe ?) Le podium semble trop large pour eux. Les bouffées cuivrées de jazz sont judicieuses. Mais un sentiment d’ennui commence rapidement à nous envahir. En outre, ce vendredi soir, la Red Frequency propose une affiche bien plus alléchante…

Tout d’abord à cause de la présence de Gwar. La foule réunit cependant davantage de curieux que de métalleux. Fondée à Richmond (NDR : c’est en Virginie), il y a plus de 25 ans, la formation s’est forgée une notoriété sur les planches. D’abord à cause du look. Les membres sont vêtus de costumes kitchs dignes des films d’horreur de série B, tournés au cours des 80’s. Puis de leur show. Théâtral, il est échafaudé sur les thèmes du sexe et de la violence. Des armes et des sexes en plastique simulent des scènes de sadomasochisme, de sodomisation et de charcuterie. Le sang (factice of course !) gicle et asperge les spectateurs des premiers rangs (NDR : dont certains exhiberont encore des traces le lendemain). Quand à la musique, elle est découpée dans le hard, ma fois plutôt classique, à la croisée des chemins d’Alice Cooper et Anthrax.

Après avoir vécu cet épisode sanglant, place aux formations belges Sharko et Eté 67. Deux valeurs sûres de notre patrimoine musical, dont le show a manifestement bien évolué. Chez David Bartholomé et ses acolytes, la solution sonore oscille de l’électro basique au rock énergique. Mais se révèle surtout moins ludique. Exit les claquements de mains, les refrains repris en chœurs et le lancer des ballons… Quant à Eté 67, j’avoue n’être resté qu’un bref instant à leur spectacle ; en tout cas pas assez longtemps pour pouvoir émettre un avis éclairé.

Destination la grande scène pour le concert de The Subways. A l’instar de Fun Lovin’ Criminals, ce trio avait entamé sa carrière en mode TGV, en publiant un premier opus décoiffant. Mais la suite avait eu raison de l’enthousiasme manifesté à l’égard du combo. A cause de la confection d’un elpee insipide ; et puis d’une tournée interminable qui les avait alors vus se produire à l’affiche d’une multitude de festivals. Sans convaincre. Le band se produit ce soir à Dour, alors qu’il n’a pas commis de nouvel album. Et paradoxalement, les musiciens semblent éprouver beaucoup de plaisir sur les planches. Charlotte Cooper se démène comme une possédée sur sa basse. Et elle est très jolie. Blonde, aussi. De quoi inciter les spectateurs masculins à rester accrocher à ses cordes. Lors de l’interprétation de leur tube, « Rock’n’roll queen », Billy ponctue énergiquement toujours ses refrains d’un ‘You’re so rock’n’roll’…

Mais le meilleur reste à venir. Ou du moins le plus attendu. Flashback ! En 1999, tous les festivaliers s’étaient donné le mot pour ne pas manquer l’un des shows les plus décapants de l’édition de l’époque : Atari Teenage Riot. Malgré la chaleur étouffante, le petit chapiteau sous lequel le combo s’était produit, s’était rapidement rempli (NDR : à l’issue du set, des hôtesses avaient eu la bonne idée de vaporiser les spectateurs d’un déodorant d’une marque bien connue). Quelques années plus tard, Alec Empire était revenu flanqué d’un autre band sur la Plaine de la Machine à Feu. Et aujourd’hui, il est programmé sur la Red Frequency. Il est 23 heures. Une longue bande sonore est diffusée pour faire patienter la foule. Enfin, les trois protagonistes déboulent sur le podium. Difficile de retrouver ses repères puisque le line up a changé depuis le concert mémorable accordé en 1999. C’est même quelque peu perturbant. Autrefois, Hanin Elias et Nic Endo formaient un duo vocal féminin remarquable. Que ce soit en lead ou en backing vocals. Hanin Elias a quitté le band et formé son propre label. En 2002. Il faudra donc s’en priver. Néanmoins, il demeure Nic. D’origine japonaise, elle est aussi très jolie et n’hésite pas à faire partager sa plastique sur le devant de la scène. Décédé des suites d’une overdose, Carl Crack a également été remplacé. En 2001. Par un autre MC (NDR : Kidtronick). Cette substitution est moins problématique. Les morceaux de digital hardcore se succèdent. Tantôt parfaitement maîtrisés. Tantôt (volontairement ?) brouillons. Ou plus punk serai-je tenté d’écrire. Les textes (lorsqu’on arrive à les comprendre voire même les entendre) et les revendications entre les titres véhiculent toujours les mêmes thèmes : anarchie, antimilitarisme et antimondialisation. Lors d’une des ses interventions entre deux compos, Alec Empire nous balance ce discours : ‘Nos politiques devraient s’occuper de nous, mais au lieu de cela ils sont contrôlés par de grandes multinationales. C’est pour cela qu’Atari Teenage Riot existe’ ou quelque chose du genre. « Revolution action » et « Too dead for me » sont les morceaux qui parviennent à remuer le plus la foule. En fin de parcours, Empire, qui ne se tient plus, vient au contact du public. Et si vous n’y étiez pas, sachez qu’ils reviennent le 18 septembre au festival Ratrock. C’est gratuit et ça se passe à Harelbeke !

 

Page 55 sur 75