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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Festival Les Inrocks 2009 'Tck Tck Tck' : jeudi 5 novembre 2009

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Petite confusion. En lisant l’intitulé de la 22ème édition du festival ‘Les Inrocks’, on y a ajouté ‘tck tck tck’. Mais rien à voir avec la formation américaine !!! (NDR : prononcez tchik tchik tchik), dont on aurait pu croire un instant faire la tête d’affiche. Le festival se veut toujours défricheur de talents. Et il ne faut pas oublier qu’avant de se forger une belle notoriété, des formations ou des artistes comme les White Stripes, Muse, Franz Ferdinand, Interpol, Editors, Arctic Monkeys, Libertines, les Kooks, Kaiser Chiefs, Oasis ou encore Devendra Banhart se sont produits dans de cadre de ce périple hexagonal. Enfin, la soirée de ce jeudi n’a enregistré que 400 entrées.

Il revenait à Violens d’ouvrir le bal. Une formation new-yorkaise dont le patronyme est le résultat d’une contraction entre violence et violons. Pas de violons cependant au sein du line up ; mais une violence bien contenue, canalisée par une forme de psyché/pop inspiré tour à tour par les Zombies, les Byrds et Johnny Marr. Enfin c’est l’impression qu’a pu me laisser le dernier (NDR : et seul) morceau de leur set, auquel j’ai pu assister. Un groupe à revoir, c’est une certitude…

On installe ensuite un pupitre, derrière lequel vient se poster un Dj. Qui commence à bidouiller pendant quelques morceaux sur ses machines et ses platines. Pas de quoi fouetter un chat… Lorsque soudain, apparaît un personnage vêtu d’une bure. Un instant, j’ai cru qu’il s’agissait de Julian Cope, revenu d’un pèlerinage à Stonehenge. Mais, lorsque de jolies jambes commencent à dépasser du manteau, plus aucun doute n’est permis : c’est une fille ! Elle est jolie, blanche et s’appelle Amanda Blank ! Se met à gesticuler, puis enfin à chanter sur une forme de mélange d'électro, de pop, de rap hardcore et de house. Mais lorsqu’elle enlève son déguisement, c’est pour s’exhiber en body particulièrement sexy. On comprend mieux pourquoi Amanda Mallory (c’est son vrai nom) est considérée comme la nouvelle bombe du rap. Pas trop mon truc, mais on s’approche quand même du podium pour mieux contempler ses formes. Et puis son show très chaud, sensuel et explosif. On pense à Lil Kim, Lady Gaga, mais surtout on se dit que si on avait une souris pareille sur son grenier, on tuerait le chat… (NDR : à transposer en picard, S.V.P. ; et puis à vérifier dans notre galerie photos). La féline, n’est cependant pas une néophyte, puisqu’elle a déjà bossé en compagnie de Yuksek, Diplo, Santogold, M.I.A., Plastic Little, Teki Latex de TTC, Ghosface Killah du Wu Tang clan et David Stisek de TV On The Radio. Pour le reste, ne m’en demandez pas plus. Peu réceptif à ce style de musique, je n’ai cependant pas snobé le plaisir des yeux (NDR : elle est quand même plus jolie à regarder que Margaret Thatcher…)  

Place ensuite aux Black Lips, un quatuor issu d’Atlanta, réputé pour son rock/garage crade, furieux, sauvage, bourré d’énergie, mais qui accroche immédiatement par ses mélodies contagieuses. Première constatation, la section rythmique est particulièrement solide et fédère la plupart des compos. Et si tous les musiciens se partagent les parties vocales, un des deux guitaristes se contente des backing vocaux. L’autre, le moustachu au chapeau de pèlerin possède une voix encore plus éraillée que celle du lead singer, Jared Swilley ; ce dernier jouant sur une drôle de basse. On pense au Clash, aux Fleshtones, aux Strokes, à Brian Jonestown Massacre et même parfois à Téléphone pour le sens mélodique ; mais ce sont les compos les plus canalisées qui font surtout mouche. Pas trop de provocation ou d’outrage ce soir (NDR : donc ni strip-tease, ni vomi, ni urine au menu, mais un simple collant entre deux des musicos). Bref un set fort plaisant, presque inoffensif, au cours duquel on aura droit aux inévitables, « O Katrina », « Cold hands », « Sea of blasphemy », « Stranger », « Fairy stories » et « Dutronc ». Sans oublier, un des rares morceaux plus tendres, « Bad kids ». Les Black Lips deviendraient-ils respectables. Pas bon pour le rock’n’roll tout ça…

Derrière Ebony Bones, se cache l’ancien drummer de Damned, Rat Scabies. Il est devenu arrangeur et producteur et tire les ficelles. Avant de se lancer dans la musique, Ebony Bones alias Ebony Thomas, était une starlette dans les séries de TV britanniques. Et puis elle en a eu marre et s’est lancé dans la musique. Ce qui explique sans doute ce sens du spectacle, du visuel, auquel elle attache tant d’importance lors de ses shows. D’abord, il y a ces deux choristes peinturlurées et vêtues de robes en vesse-de-loup, qui s’agitent tout au long du set. Ils sont sept sur les planches dont une saxophoniste, également très maquillée, un drummer au look efféminé, malgré ses longs cheveux et sa moustache (NDR : on dirait un pastiche de Tony Iommi, le guitariste de Black Sabbath, lorsqu’il était jeune), deux claviéristes dont un double aux percus, et un gratteur dont le chapeau doit avoir été trouvé dans les ruines du Machu Picchu. Et puis Ebony, dans une tenue improbable, très colorée, kitsch, clownesque presque, les collants blancs à petits cœurs, des bracelets partout et une coiffure crépue impressionnante. Tout au long du set elle va arpenter la longueur de la scène, en haranguant la foule. On se croirait en plein carnaval, mais pas celui de Rio, plutôt de Trinidad. Le groupe démarre sur les chapeaux de roues par « We know all about U ». Et va dérouler son mélange de punk, ragga, soul, funk, punk, r&b, et de rythmes africains sans pratiquement reprendre son souffle. Deux covers dans le tracklisting : le « Another brick in the wall » du Floyd et en rappel, quand même, « I wanna be your dog », des Stooges. Chouette alors ? Cela aurait pu. Mais le set est tellement linéaire qu’on finit par ne plus accrocher. Il manque un peu de raffinement dans la musique et de variation dans le show pour pouvoir mieux l’apprécier. Ce n’est peut-être qu’une question de temps et d’expérience…

Violens + Amanda Blank + Black Lips + Ebony Bones

(voir aussi notre section photos)

Organisation Aéronef Lille

Riffs 'n' Bips 2009 : samedi 17 octobre

L’édition 2009 du festival Riffs’n’Bips s’étalait cette année sur deux jours. Tout d’abord le vendredi 16 octobre, une soirée consacrée à l’électro, à laquelle nous avons fait l’impasse et puis le lendemain 17 octobre. Moins de monde que l’an dernier pour cette sixième édition, mais une organisation impeccable, malgré le petit retard sur l’horaire évalué à une demi-heure, vers minuit. Un seul bémol, la fumée. En festival extérieur, ce phénomène n’est pas gênant, mais en ‘indoor’, après 8 heures dans ce brouillard nicotiné, on en a la nausée. A un certain moment, en regardant le plafond du Lotto Arena, on aurait cru voir les nuages de fumée qui s’accumulent dans le ciel, quand ils sont crachés par les hauts-fourneaux de Cockerill Sambre.

Il revenait à la formation Thot d’ouvrir le festival devant une audience plutôt maigrichonne. A cet instant, il devait y avoir une trentaine de personnes devant le podium. Ce trio bien de chez nous pratique une musique postindustrielle mêlant éléments rock et électro. La formation puise manifestement ses influences chez Nine Inch Nails et libère une belle dose d’énergie sur les planches. Malheureusement, la forme est assez brouillonne ; et on a beaucoup de mal à déterminer si les distorsions sont voulues ou pas. Ajoutez-y un chanteur qui hurle plus qu’il ne chante tout en triturant sa guitare, et vous vous comprendrez pourquoi j’ai éprouvé des difficultés à accrocher. Pourtant les sonorités, parfois vintage, dispensées par le clavier sont relativement satinées et le drummer assume bien son rôle fédérateur, même si parfois on a l’impression qu’il abuse un peu des grooves électro. Il y a certainement du potentiel chez les musiciens de Thot, d’autant plus qu’ils sont habitués à remixer ou d’être remixés ; mais en live, ils auraient intérêt à rendre leur son un peu plus fluide. A l’instar de leur morceau de clôture, qu’ils maîtrisent parfaitement. Une parenthèse néanmoins fort importante, le band peut compter sur de superbes projections montées par Arielle Moens. Fallait le souligner…

Isola est une formation hutoise dont le premier single, « Gravity », a été régulièrement diffusé sur la bande FM. Un compo enregistrée à Bruxelles, mixée à Londres par Chris Seldon (Therapy, Foo Fighters) et masterisée aux légendaires studios Abbey Road. Une chanson qui vous donne une bonne idée du style pop pratiqué par ce quatuor, dont les influences doivent osciller des Beatles à Tahiti 80, en passant par Supertramp, Supergrass, Ben Folds Five et Prefab Sprout. Le chanteur possède une très belle voix et jongle entre guitare acoustique et piano. Les arrangements sont hyper léchés et les mélodies contagieuses. Manifestement on est en présence de perfectionnistes. Le drummer commence même le concert un casque sur les oreilles. Le résultat est plutôt sympa, mais il y manque la présence scénique. Une sensation accentuée par la distance entre les différents musiciens sur les planches. Sans quoi, manifestement Isola possède un énorme potentiel radiophonique…

Depuis novembre 2004, époque à laquelle il avait remporté le Concours Circuit, Malibu Stacy n’a pratiquement jamais cessé de tourner. A croire qu’ils ont une énergie inépuisable, car leur set de ce soir était aussi fougueux et enfiévré que les précédents auxquels j’avais pu assister. David continue de bondir d’un côté à l’autre du podium, sans oublier d’y ajouter ses poses rock’n roll. Les mélodies sont contagieuses. Le claviériste se charge également de percus complémentaires alors que le drummer participe davantage aux backing vocaux. C’est un petit changement. Il y a déjà nettement plus de monde devant l’estrade et les fans semblent apprécier le set du quintet visétois. Difficile cependant d’en dire davantage ; car si la qualité est bien  présente, l’effet de surprise ne joue plus. Aussi, le groupe devrait peut-être commencer à imaginer une nouvelle mise en scène, sous peine de tomber dans la routine… Enfin, ce n’est qu’un avis personnel.

Particulièrement populaire en Flandre et aux Pays-Bas, Triggerfinger commence enfin à se faire une place au soleil en Wallonie. Après le festival de Dour et celui d’Ath, le trio se produisait donc au Lotto Expo de Mons. Mais le plus étonnant, c’est l’étonnement des spectateurs, qui pour la plupart méconnaissaient le trio. Musiczine tape sur le clou depuis belle lurette ; et enfin, le public se rend compte qu’il est en présence d’un fantastique groupe en ‘live’. Mieux vaut tard que jamais ! Bref, particulièrement en forme et tiré à quatre épingles, le trio nous a livré un set époustouflant. Mario aux drums démontre qu’il est probablement un des meilleurs batteurs d’Europe. Il se lève régulièrement de son siège, tel un empereur romain, pour haranguer la foule. Monsieur Paul libère un groove pas possible de sa quatre cordes, en affichant un sourire narquois. Et puis Ruben maîtrise de mieux en mieux sa voix, de plus en plus sensuelle, graveleuse, brûlante, de plus en plus blues (NDR : son timbre campe aujourd’hui un hybride entre Jack Bruce et Steve Winwood), tout en assénant ses riffs de guitare particulièrement effilés avec une précision diabolique. En outre, il possède un charisme à soulever l’enthousiasme des foules. Sollicite l’audience pour qu’il réponde à ses onomatopées. Qui réagit au quart de tour. Monte sur le socle du drummer pour secouer sa six cordes ou l’exhiber aux yeux de la foule. La frotte contre l’ampli. En change pratiquement à chaque morceau, empoignant même une superbe ‘Flying V’ lors de la compo la plus métallique. Pourtant, le début du set privilégie les compos les plus mélodiques, recréant quelque part un univers sonore terriblement proche de The Cream, avant de glisser vers une musique de plus en plus percutante, à la limite du métal, tout en évitant ses clichés. Aussi lorsque le trio tire sa révérence, dans un océan de larsens, le public est littéralement sur le cul. Et tout à fait conquis.

A l’issue du set, nous sommes allés féliciter le combo dans sa loge. Le groupe se souvient très bien de notre rencontre, lors d’une interview mémorable (voir rubrique ad hoc). Il nous confirme l’enregistrement d’un troisième elpee. Au moment d’écrire ces lignes, le trio est occupé de travailler sur de nouvelles démos. Au studio La Chapelle de Waismes. En mai prochain, il se rendra en Californie, pour réaliser les sessions d’enregistrement définitives. M’inquiétant de l’absence de Monsieur Paul, pendant une longue période, sur les planches, celui-ci m’a honnêtement avoué qu’il avait dû subir une cure de désintoxication. Je me souviens que lors de notre interview, il regrettait les abus de sa jeunesse. Une situation que certains de ses amis n’ont pu maîtriser. Ils ne sont d’ailleurs plus de ce monde. C’était pour lui la meilleure façon de se refaire une santé. Belle preuve d’humilité et puis aussi d’amitié au sein de l’ensemble, puisqu’il a été réintégré à l’issue de ce traitement. Enfin, il était intéressant de pouvoir interroger Mario, pour connaître ses références en matière de fûts, parce qu’un jour c’est lui qui servira peut-être de guide spirituel. Il y en a des tas, mais parmi les plus illustres, il cite John Bonham, Keith Moon et Jim Keltner. Difficile de faire mieux ! On se promet de se revoir lors de la journée promo qui sera organisée dans le cadre de la sortie de leur prochain elpee. Le temps de finir notre verre et de les remercier pour leur accueil et il est temps de se rendre dans la grande salle où le set d’Arno va commencer…

Soit il avait bouffé de la vache enragée, soit il voulait embrayer sur le show de Triggerfinger dans un même registre ; une chose est sûre, le début de set d’Arno est d’une sauvagerie inhabituelle. Même qu’Hintjens serre les dents. Il a soixante balais, mais il a encore la pêche, l’Anversois ! Heureusement qu’il chante (NDR : sais pas pourquoi, mais sa voix me fait alors penser à Captain Beefheart), sans quoi il ne piperait mot. Il ne prend d’ailleurs même pas la peine de présenter le moindre morceau pendant les trois premiers quarts du spectacle. On se serait presque cru à l’époque de TC Matic. Faut dire que son guitariste (NDR : Bruno !) met aussi la gomme ! Peu à peu la musique vire au funk blues. Même qu’Arno se met à l’harmonica sur un titre pendant que le sixcordiste s’exerce au bottleneck. On allait oublier, ils sont quand même cinq sur scène qu’Arno présente en fin de parcours, dont son fidèle claviériste, qu’il compare à Carla Bruni ( ?!?!?). Et lorsque l’artiste s’exprime enfin, c’est pour sortir des vannes. Du style : ‘on est moche, mais on s’amuse bien’. Pour en revenir à TC Matic, on a droit aux inévitables « Putain, putain » et « Oh la la la », que le public reprend en chœur. Arno nous réserve quand même son incontournable « Ratata », au cours duquel il manie les cymbales, et puis le toujours aussi bouleversant « Les yeux de ma mère »… Grosse acclamation et rappel, au cours duquel Arno choisit d’interpréter « Les filles du bord de mer ». Manquait plus qu’Adamo le rejoigne sur les planches. N’empêche, le publie apprécie, reprend en chœur, en balançant les bras, lorsqu’il ne danse pas la java. Opportuniste, mais bien pensé…

Tout habillés de noir, les Infadels montent sur scène vers minuit. J’avais eu l’occasion d’assister à leur premier passage au Pukkelpop en 2005, lors d’un set étourdissant. Mais l’année suivant, leur nouveau passage dans le cadre du même festival m’avait laissé plutôt sur ma faim. Le quintet est toujours aussi excité sur les planches, et en particulier le percussionniste/claviériste qui bondit chaque fois qu’il frappe sur son tom ou sa cymbale. Mais je ne sais pas pourquoi, leur solution sonore ne parvient plus à m’accrocher. Trop pop ? Trop synthétique ? Trop linéaire ? Le chanteur au petit chapeau noir (NDR : qu’il ôte en cours de set pour laisser apparaître son crâne chauve) a beau se démener, il ne parvient pas à me faire remuer le moindre orteil. Ah là, j’ai bien reconnu « I can’t get enough », leur hit single. Et puis tout le reste va stagner dans le même registre. C’est dansant, mais ça ne me donne pas envie de danser. Présent depuis 16h30, je cède donc le témoin à Seb qui couvrira le reste du festival. (BD)

Pour l’édition 2009, le Riffs’n’Bips avait prévu une seconde scène sous chapiteau, réservée aux groupes hennuyers et baptisée ‘Future is here’. Votre serviteur avait noté deux formations à ne pas manquer. Et tout d’abord De Volanges. La dernière fois que j'avais assisté à un concert de cette formation, c'était en 1992. Au Trianon, à Rumillies. Lors d'un festival new-wave/goth. Et la recette du band n'a pas changé : elle lorgne toujours vers Joy Division, And Also the Trees et autre Neon Judgement. La boîte à rythmes lourdingue et les artifices en moins. Car le rock déballé ici, bien que trempé dans les 80's, s'avère brut, sans fioriture ni concession. Une basse profonde, mélancolique voire carrément dépressive mais couplée à une guitare aux sons post-punk. Et chez le trio, la sauce continue de prendre. Le long titre éponyme de leur dernier album, "Caryatids", vient d'ailleurs brouiller les cartes et les références citées plus haut. Le set lorgne parfois vers The Mission et la petite centaine de spectateurs (pour la plupart dans la tranche 35-45 ans), massée sous la second stage, ne semble jamais s'ennuyer. De Volanges reste donc un groupe à (re)découvrir.

Le second combo à épingler sous ce petit chapiteau répondait au patronyme de Milk. Faut dire que pour l’instant, il est dans tous les bons coups. Il s’est ainsi notamment produit au Nandrin, à l'Autumn Rock ou encore à Dour cette année. Et si le band est assez jeune (NDR : ce n'est pas le cas de ses membres qui ont déjà un passé derrière eux), il draine déjà un public fidèle. Leur style s’inspire des eighties. Notamment la pop électro. On pense immédiatement à Vive La Fête. A cause de la présence d’une chanteuse blonde. Mais la comparaison s'arrête là, car Milk développe son propre jeu de scène. Leur chanteuse est certes moins extravertie qu'Els Pynoo, mais elle a de la voix. Et sa sensualité naturelle intrigue. Dès le premier titre du set, "Be yourself" (NDR : rien à voir avec le titre d'Audioslave), leur bassiste Sébastien Preaud se lâche et escalade les enceintes. Inévitablement on pense à IamX ou Fischerspooner ; mais on ne tombe jamais dans la copie conforme. Le set est rafraîchissant (NDR : outre la blanche rosée que l'on partage avec ses camarades trentenaires). On est finalement bien loin de la pop aseptisée entretenue par certaines formations belges actuelles (NDR : qui a dit hypes ?) Il est peut-être 2 heures du matin ; cependant, les spectateurs apprécient le concert jusqu’à son terme. Et le combo suscite d'ailleurs la sympathie. On suivra son parcours de près, d'autant qu'en novembre la sortie de leur deuxième album est annoncée...

Allez hop, un dernier passage par la grande scène. Plus par conscience professionnelle qu’autre chose, car après le bon show de Milk, je serai bien rentré me coucher. Mais voilà, un rapide coup d'œil à la prestation d'Arsenal s'impose. Le groupe belge fait de plus en plus parler de lui, notamment après avoir été sollicité pour participer à la confection de la B.O. de la célèbre série US « Six feet under ». Et aussi pour s'être produit dans les grands festivals tant chez nous qu’à l’étranger. Le changement d'ambiance est radical. Le spectacle baigne dans une électro teintée de world music. Les quelques centaines de spectateurs toujours sur pied semblent apprécier, et poussent même des pas de danse, sous les vibes afro ou sud-américains. Mais personnellement, il se fait tard pour goûter correctement ce set. Tout au plus, j’en conclus que ce combo tient sa place en ouverture ou clôture de grands festivals.

Sur la route du retour, un chevreuil a traversé imprudemment l’autoroute. Après avoir été percuté par mon véhicule, il s’est relevé et a repris son chemin. Et moi aussi. Ce n’est que le lendemain que j’ai constaté les dégâts provoqué à la carrosserie... (SL)

(voir aussi notre section photos)

 

Sugarock 2009 : samedi 19 septembre

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La cinquième édition du Sugarock festival a vécu… Cette année, pour fêter sa demi-décennie d’existence, le Centre Culturel du Pays des Collines (en collaboration avec la Maison des Jeunes Vaniche et le service de l’administration communale) avait axé sa programmation sur des artistes plus ‘professionnels’. Et l’affiche était des plus alléchantes. En effet, elle proposait des formations déjà bien rôdées, délaissant quelque peu le côté ‘amateur’ du festival tout en lui ôtant son caractère légèrement naïf. Mais un public clairsemé (NDR : à peine plus de 730 entrées à 23h30) dans une structure susceptible d’en contenir facilement le double, cela fait un peu vide. Une situation qui avait cependant également ses avantages : être à l’aise, avoir la vue dégagée et ne pas se faire écraser les pieds…

Les conditions sont idéales pour un festival. Une météo clémente a rendu les accès aisés (malgré d’importants travaux routiers à 200m) et le site est sec. Les bottes ne sont pas nécessaires. Le soleil est bien présent et les tenues vestimentaires sont encore estivales. Pas besoin de vestiaire, non plus. Il est 19 h. C’est le calme. Le public débarque progressivement. Sans se bousculer. C’est encore l’été. Tout le monde est heureux.

Les Templeuvois de Sioban ouvrent le feu. Vainqueurs du Tremplin Rock, le band tournaisien tente d’accrocher le public en dispensant un rock épuré dont les refrains sont calqués sur quelques succès des formations des nineties. Il n’est jamais facile d’entamer un festival. Défi difficile. Mais c’est le propre de ce type d’événement. La foule circule. Les spectateurs écoutent un morceau, puis sortent pour boire un coup. Il faut s’accrocher quand on est programmé en tout début d’affiche. Attention toutefois. A vouloir jouer fort, on joue peut-être trop fort et on arrive parfois à saturer les feuilles choux des mélomanes…

Vers 21h, les Bikinians embraient. Et concèdent déjà (NDR : une situation qui ne s’arrangera guère toute la soirée) un fameux retard sur l’horaire. Fort influencé par Supergrass, le groupe tente tant bien que mal d’assurer ! Bien imprégnés de leur musique, les musiciens et le chanteur (NDR : qui force un peu trop sa –pourtant jolie– voix) entraînent le public sous un jeu de lumières bien adapté. Hélas, la mauvaise qualité du son et quelques ‘longueurs’ nuisent à l’ambiance. Et c’est vraiment dommage car les Bruxellois méritent bien mieux au vu de la qualité de leurs compositions. Malgré la demande, aucun rappel ne sera accordé, le retard cumulé dépassant déjà l’heure !

Quarante minutes de préparatifs pour le set suivant nous permettent de nous balader dans les environs et de constater que le public est partagé entre deux générations : les ados d’une quinzaine d’année et les quadras. Peu ou pas de trentenaires et quasi pas de ‘papys du rock’…

Enfin, vers 22.20, An Pierlé, ronde comme son ballon (NDR : l’accouchement ne devrait plus tarder), entre à son tour sous les projecteurs. Tout en douceur, son show débute par une superbe mélodie interprétée par une non moins jolie voix. Le son est cette fois de très bonne facture. Il était grand temps. An enchaîne par une reprise de Deep Purple et son ballon en prend un coup !!! Elle alterne piano et accordéon, se caresse le ventre et fait rire toute l’assemble en déclarant (NDR : à un public fort bavard, manquant parfois de respect et d’attention) : ‘Demain, dans la gazette, on parlera de baleine chantante’. C’est vrai qu’elle ne manque pas d’autodérision. Mais la belle Anversoise assure, installe une ambiance du tonnerre et entraîne le public (NDR venu en masse pour elle) dans sa ‘folie’. On craint même parfois un accouchement prématuré sur le podium tellement elle se démène, n’hésitant pas à martyriser son piano et reprenant en fin de concert « C’est comme ça » des Rita Mitsuko. Un seul rappel –non prévu par l’organisateur– clôture sa prestation : une excellente reprise de Nirvana accordée en compagnie de son complice des claviers. Au piano à quatre mains. Un seul mot pour qualifier le show dont nous a gratifié An Pierle : (d)étonnant !!!

Il est plus de minuit lorsque les déménageurs entrent à leur tour dans l’arène : Pornorama pour ne pas les citer. Dès l’entame des hostilités, ils imposent un rythme plus hard malgré un son (NDR : une nouvelle fois) très limite. Néanmoins, les plus jeunes se déchaînent au pied de l’estrade. Mais hélas, après 40 minutes, le public commence à déserter le chapiteau. Quelques fans s’attardent : des habitués sans doute ou des gens qui en veulent pour leur argent. La musique, quoique répétitive, reste agréable à l’oreille. Il est près d’une heure du matin, Pornorama s’arrête sans avoir réussi à conserver l’ambiance qu’ils avaient créée au début de leur show. Les passions s’estompent…

Lorsque Soldout amorce son set, de clairsemé, le public devient quasiment anecdotique ; ce qui n’empêche pas le duo bruxellois d’essayer de ‘rallumer’ le feu une dernière fois. Auteur d’une prestation encourageante, malgré les désagréments de devoir terminer un festival, le groupe électro-funk convaincra les plus courageux. Ou si vous préférez, les derniers résistants ! Le temps et l’alcool ayant exercé leur effet, les assidus terminent leur festival en dansant au rythme bien balancé des synthés de Charlotte et David.

Fin de ‘soirée’. Il est près de trois heures du matin. Pour les uns, il est temps, de rentrer (ben oui, je suis dans la tranche des plus âgés !) ; pour les plus jeunes, la fête ne fait que ‘commencer’, comme ils disent. Elle promet d’être chaude. Et comme la buvette reste ouverte…

« Sugarock festival 2009 » est mort. Vive « Sugarock festival 2010 » !

(voir aussi notre rubrique photos)

 

Pukkelpop 2009 : samedi 22 juillet

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Samedi 22 juillet. L’édition 2009 du Pukkelpop, ‘pukkel’ pour les intimes, bat son plein depuis deux jours déjà lorsque je débarque sur la plaine de Kiewit. Boulot, métro, dodo oblige, l’affiche exceptionnelle du jeudi m’est passée sous le nez *râle, râle* Pas grave, celle du samedi est un peu moins prestigieuse mais pas mal non plus. On s’en contentera...

Débarquement vers 12h. Sans perdre une seconde, je me dirige vers le ‘Château’, histoire de vérifier si le set très moyen accordé par les deux filles de Telepathe, en mai dernier aux Nuits Botanique, peut leur être pardonné. Erreur, erreur… Le duo est légèrement plus éveillé que lors de sa dernière visite, mais l’énergie libérée est tout simplement inexistante. Je cours donc voir ailleurs si j’y suis.

Sous la ‘Dance Hall’, un trio néo-zélandais au nom évocateur fait son apparition sur la scène. Le Corps Mince de Françoise rassemble une petite foule mal réveillée mais va, petit à petit, parvenir à secouer le parterre à l’aide de tubes radiophoniques à la Chicks On Speed. Les demoiselles sont plus qu’enthousiastes, dialoguent avec un public qui n’a pas l’air de comprendre le moindre mot de leur dialecte néo-zélandais et enchaînent des morceaux pas révolutionnaires pour un sou mais plutôt funs. « Love & Nature », leur premier opus, devrait trouver le chemin des bacs au début de l’automne.

Deuxième visite au ‘Château’. Les Anglais de Shadow Dancer balancent leur beats en pleine tronche d’un public qui se demande ce qu’il lui arrive. L’électro tapageur des deux frangins Farrier attire du monde dans le petit chapiteau sous lequel la température grimpe de manière exponentielle. Shadow Dancer envoie un bon petit set dans les dents des festivaliers… qui aurait gagné à être presté sous la ‘Boiler Room’.

Retour au calme sous le ‘Marquee’ en compagnie du sympathique Jack Peñate. Il est venu présenter son second opus, « Everything Is New ». Le Londonien met du cœur à l’ouvrage et se met le public en poche dès les premières notes de « Second, Minute or Hour ». Le concert se révèle quelque peu inégal, mais Peñate parvient si bien à amadouer le parterre, notamment en le rejoignant le temps d’un morceau, que les chansons les plus mollassonnes sont instantanément oubliées.

Quelques minutes plus tard, le nouveau prodige de l’écurie Warp et de la tendance dubstep, Hudson Mohawke, fait à son tour vibrer le Château. La petite scène sent bon les herbes de Provence et le public semble baigner au sein d’une belle harmonie. L’Ecossais dispense donc un set des plus fédérateurs s’achevant sur son remix du « Oops (Oh My) » de la one-hit-wonder Tweet.

Après la grosse frustration consécutive à l’annulation de leur concert à l’AB, il était hors de question de manquer Gang Gang Dance au ‘Club’. Exit les instruments vintage qui se sont envolés en fumée lors d’un incendie à Amsterdam (NDR : cause de absence en Belgique). Le quatuor, clairement mené par Liz Bougatsos, débarque sur scène devant des instruments flambants neufs et vont hypnotiser la foule pendant une quarantaine de minutes qui paraîtront bien trop courtes… D’excellente facture, le tracklisting est composé essentiellement de nouveaux morceaux dont une ultime composition de toute beauté. De quoi amplifier l’impatience de celles et ceux qui attendent avec anxiété le successeur du splendide « Saint Dymphna » et, apparemment, me faire oublier toute réaction objective...

Un exploit, les deux rappeuses de Yo Majesty, accompagnées de leur DJ ‘trop content d’être là’, débarquent à l’heure sur scène. Les Californiennes jouent à fond la carte de la provocation. Des morceaux tels que « Kryptonyte Pussy » parlent d’eux-mêmes. Shunda K. fait grimper la température en dévoilant sa poitrine, sans aucune gêne et pendant les trois quart du spectacle. En voulant probablement pimenter son show, la demoiselle n’a réussi qu’à détourner l’attention d’une frange du public ; celui-ci passant le reste du temps à multiplier les commentaires cocasses à son égard, plutôt qu’à tendre l’oreille vers les baffles…

Après en avoir pris plein les tympans depuis quelques heures, le contraste provoqué par le récital de Fennesz dans le ‘Château’ est déconcertant. Le brio du Viennois à la guitare est incomparable ; mais difficile de véritablement se sentir impliqué. Fennesz est définitivement un artiste qui gagnerait à se produire dans de meilleures conditions.

Impossible de manquer Peaches, après l’énorme concert accordé à l’AB en mai dernier. Toujours flanquée de ses acolytes de Sweet Machine, la Canadienne offre une prestation différente, mais aussi intense que celle accordée lors de sa tournée en salle. Horaire réduit oblige, la demoiselle se concentre essentiellement sur des extraits d’« I Feel Cream » et quelques uns de ses singles, dont « Kick It », un duo au cours duquel Iggy Pop était remplacé par l’un des membres de Sweet Machine affublé d’une perruque dédiée à la gloire de l’interprète original.

Retour en train oblige, la journée s’achève bientôt pour moi. Tandis que le grand bouffon du rap s’égosille sur la Main Stage, un artiste, A majuscule, déchaîne le ‘Château’. The Bug continue sa promo pour son très bon « London Zoo ». Les petits jeunes se trémoussent à gauche et à droite, sous le petit chapiteau ; mais, à peine le temps de s’immerger dans l’ambiance, qu’il est déjà temps de rejoindre le ‘Marquee’ pour assister au dernier show de la soirée. Du moins pour moi…

Dernière étape : Klaxons. Le trio british préféré des jeunes cools attire une belle brochette de spectateurs pour son concert. Dès le premier accord joué, le public s’élève déjà dans les airs. Les tubes de « Myths of The Near Future » s’enchaînent à la vitesse de l’éclair provoquant mini-pogos et stage-divings à gogo. Seule ombre au tableau, les nouveaux morceaux n’annoncent rien d’alléchant pour le prochain recueil du combo. Les deux ou trois extraits proposés à la Belgique sont tout simplement trop mous pour une formation attendue au tournant. Verdict final dans quelques mois…

 

Pukkelpop 2009 : vendredi 21 août

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En ce deuxième jour de festival, la chaleur est bien plus supportable. Manifestement la conséquence de l’orage qui s’est abattu sur la région, la veille. Les spectateurs vont affluer toute la journée, pour finalement atteindre le chiffre de 59 000. Il faut dire que l’affiche est également très alléchante ce vendredi ; et entre dEUS, Kraftwerk, The Ting Tings ou The Living End, le choix risque d’être cornélien.

En guise d’apéritif, nous nous dirigeons vers le Club. Un combo gantois s’y produit : Yuko. Drivé par Kristof Deneijs, la formation pratique une pop atmosphérique empreinte de douceur. En extrapolant, on pourrait décrire leur expression sonore comme le chaînon manquant entre Tunng et Mùm. Idéal pour remettre les idées de la veille en place.

Par contre, en optant ensuite pour le podium Shelter (NDR : pour la deuxième année consécutive, il remplace la Skate Stage), on sait d’avance qu’on va en prendre plein les oreilles. Car cette scène est réservée aux formations réputées pour la puissance de leur volume sonore. Et elle permet en même temps aux accros à ce style d’apprécier cette musique dans les meilleures conditions. Le premier groupe invité à monter sur ces planches, ce samedi, répond au patronyme d’And So I Watch You From Afar. Un patronyme aguicheur ! Malheureusement, la formation n’a que le nom d’intéressant. Leurs compos sont instrumentales, mais reproduisent tous les stéréotypes du groupe punk de bas étage. Bien sûr, la puissance y est ; mais c’est à peu près tout. Et l’évocation d’une possible comparaison avec 65daysofstatic est suffisante… 

Suite à cette parenthèse finalement sans grand intérêt, place à Alberta Cross. Dans un style réminiscent de Kings of Leon, la formation new-yorkaise va se fendre d’une belle prestation. Les envolées sont bien maîtrisées. Le son est parfait. L’audience du Marquee est totalement conquise. Ce qui leur vaudra probablement une rapide ascension dans l’univers du pop/rock, d’ici quelques mois…

Mais le premier véritable événement de la journée débute à 15h10. Et pour cause, les cinq marionnettes de Puppetmastaz sont au programme. Le spectacle est à peine commencé que le public vibre. Et s’il réserve ses faveurs au déjà célèbre Maître Yoda ainsi qu’au rhinocéros déjanté, il acclame l’intégralité du show, qui va s’étaler sur 40 bonnes minutes. Parfois en ne sachant plus où donner de la tête. Le collectif hip hop allemand va donner tout ce qu’il a dans le ventre. Il va même se dévoiler, le temps d’une chanson. Et nous permettre de découvrir qui se cache derrière ces étranges bestioles. Tout de blanc vêtus, les cinq membres exhibent alors leur flow, en direct, à tour de rôle…

C’est donc une âme d’enfant retrouvée que nous retournons au Shelter afin d’y assister à la prestation du trio gallois Future Of The Left. Première constatation, le chanteur et le batteur du défunt groupe McLusky sont toujours des fous furieux. La basse martèle de bons gros riffs pendant qu’Andrew Falkous se déchaîne au chant. La batterie découpe le rythme par saccades. La musique de Future Of The Left a même gagné en intensité ce qu’elle a perdu en subtilité. Ce qui rend le tracklisting fort homogène. Malgré leur set de bonne facture, on s’attendait quand même à mieux de la part d’un groupe qui a recueilli tellement d’éloges lors de la sortie de son dernier opus, « Travels With Myself and Another ».

Juste le temps de souffler 10 minutes et il est déjà temps de rejoindre le Château afin de suivre le récital de Bill Callahan. L’imposant gaillard est flanqué de ses musiciens. L’ex-chanteur de Smog alterne chansons calmes comme l’excellente « Too Many Birds » et d’autres plus rythmées telle que « Diamond Dancer ». Le crooner folk, dont le timbre n’est pas sans rappeler celui de Kurt Wagner (Lambchop), nous livre une prestation véritablement impressionnante, en opérant une sélection dans le répertoire de ses deux albums solo, « Woke on a Whaleheart » et « Sometimes  I Wish We Were An Eagle ». Et lorsque l’Américain quitte la scène, il nous abandonne à notre spleen festivalier…  

Next stop, The Jesus Lizard. Encore un retour ! Mais à l’instar de celui de Faith No More, celui-ci ne sent pas la naphtaline. 10 ans après leur dernier concert, les énervés de Chicago revenaient à Hasselt, drivés par un David Yow toujours aussi ravagé. Libérant une fameuse dose d’énergie, les Yankees revisitent leur 4 albums dans un Shelter rempli et comblé de redécouvrir ce groupe vraiment pas comme les autres. La moitié du temps dans la fosse, le leader tient le public en éveil, malgré la fatigue et la chaleur ambiante. David Yow devrait mourir sur scène…

Le Marquee est notre destination suivante. Nous ne voulons pas manquer la révélation de l’année 2008, Vampire Weekend. Le monde afflue pour découvrir le rock, aux influences africaines revendiquées, des New-yorkais. Certains pourraient leur reprocher le côté propret des musiciens et de leur musique ; mais leur prestation ce vendredi a été tout simplement superbe. Emmené par Ezra Koenig et Rostam Batmanglij, visiblement heureux d’être là, Vampire Weekend enfile une à une les perles pop de leur unique album concocté à ce jour. Le public participe à la fête qui devient même totale. Car pendant une petite heure, les dignes héritiers des Talking Heads ont vraiment ravi leur auditoire.

Cap ensuite vers le Château afin de découvrir les très hype Crystal Antlers. Une hype qui n’en est pas vraiment une ; car mêlant habilement rock, psyché, hard et prog, le set tient la route. Dès les premiers accords, nous sommes littéralement fascinés par leurs compositions hypnotiques et survoltées. La voix de Jonny Bell est rauque mais envoûtante. C’est décidé, dès mon retour à la civilisation, je me paie leur album.

Déjà minuit. Nous sommes toujours au Marquee où va se produire une des têtes d’affiche : dEUS. En fait la formation anversoise se produit deux jours de suite au Pukkelpop. Ce vendredi et le lendemain, pour ses deux seules apparitions en ‘live’ de l’année 2009. dEUS est à n’en pas douter le meilleur groupe belge de tous les temps. Nous avons, en outre, un petit faible, pour leurs trois premiers opus. Mais à l’issue de ce set en demi-teinte, on se demande si la bande à Tom Barman n’est pas au bout du rouleau. Le début du set est laborieux. Et la suite nous semble à la limite du soporifique. Nous sommes peut-être placés un peu trop loin du podium ; n’empêche, cette prestation constituera certainement une de nos plus grandes déceptions de cette édition du Pukkelpop…

C’est sous le coup de la désillusion que nous arrivons au bout de notre petite escapade musicale du weekend. Kraftwerk se chargera de fixer les dernières images sur nos rétines. Les pionniers allemands de l’électro nous surprennent en se servant de projections d’un autre âge. Par contre, si leurs compos sont spartiates, elles sont bigrement dansantes. « Autobahn » ou « Tour de France » sont des classiques que nous sommes heureux de découvrir en direct. Leur musique n’est pas notre tasse de thé, c’est un aveu. A cause de ce manque d’humanisme qui à force peut devenir agaçant ; mais la cohérence de l’ensemble ne peut laisser indifférent.

A l’issue de ce concert électronique presque apaisant, nos esprits se réveillent rapidement. En fait mon frère m’annonce avoir perdu notre sac contenant nos clefs de voiture et nos GSM. La nuit risque d’être longue et… rock n’ roll !

 

Pukkelpop 2009 : jeudi 20 août

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La vingtième édition du Pukkelpop a donc débuté ce jeudi 20 août sous un véritable soleil de plomb. Des milliers de jeunes –60.000 pour cette seule journée– se sont donc réunis pour voir et écouter leurs artistes favoris, mais également découvrir les futures stars de la musique alternative. Parmi la foule, de nombreux mélomanes belges ; mais aussi issus des quatre coins de la planète. Même des Mexicains et des Ukrainiens. Cependant, une majorité d’Européens, quand même… Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que cette année encore, les programmateurs se sont surpassés afin de nous offrir ce qui se fait de mieux en matière de musique plus ou moins ‘indie’.

Inhabituelle pour la Belgique, la canicule sévit déjà dès les premières heures de la journée. La plupart des festivaliers ont pris d’assaut la Main Stage, seul site à ciel ouvert, pour découvrir la nouvelle sensation anglaise, The Maccabees ; mais aussi pour essayer de profiter d’un peu d’air frais ( ?!?!?) qui fait cruellement défaut sous les chapiteaux. Manifestement influencé par Arcade Fire et Animal Collective, le groupe de Brighton va accorder une prestation, ma foi, fort correcte ; même si le combo ne parviendra pas à mettre le feu à la plaine ( ?!?!?) En fait, le club était sans doute mieux adapté à son statut. Mais peu importe, cette opportunité a sans doute permis aux Britons de profiter d’un public bien plus nombreux, quelques mois à peine après leur passage au Botanique.

La prestation de The Maccabees à peine achevée, direction le Château afin d’assister à celle de Vetiver. Malheureusement, la chaleur qui règne sous la tente est insupportable. Impossible de résister à cette fournaise, sans devoir sortir pour se réoxygéner. Pas idéal pour juger le folk rock empreint d’une grande sérénité des Américains. Aussi, après avoir quand même pu apprécier quelques titres extraits de leur dernier excellent album, « Tight knit », il faut battre en retraite. Dommage, car Andy Cabic et ses acolytes semblaient pourtant bien en place…

Vers 13h, se produit la dernière ‘sensation’ belge. Elle nous vient tout droit de Louvain et s’appelle Selah Sue. Elle est âgée à peine de 19 ans. Armée de sa guitare, cette jeune fille nous délivre de jolis petits morceaux de soul/pop sous le regard d’un public flamand acquis à sa cause.

Sur la Main Stage, la Belgique est encore à l’honneur. Et pour cause, les Bruxellois de Ghinzu sont venus présenter leur dernier opus « Mirror Mirror ». Mais la notoriété du combo a déjà dépassé les frontières depuis belle lurette. Véritablement déchaînés sur les planches, John Stargasm et son team méritent amplement leur réputation de groupe de scène. Il est rare de voir un public conquis par un set à une telle heure de la journée (NDR : on n’est encore qu’au milieu de l’après-midi !) sur la Main Stage. Ghinzu est probablement le meilleur groupe belge en ‘live’ du moment. Et le spectacle décevant accordé le lendemain, par dEUS, en est probablement la plus belle confirmation.

Place ensuite à une des grandes révélations de l’année 2009 : Bon Iver. Le folk mélancolique et intimiste du natif du Michigan a cependant été, pour la circonstance, adapté pour mieux coller à l’‘ambiance festivalière’. Ses morceaux sont ainsi plus rythmés que d’habitude ; mais sans pour autant perdre leur aspect tourmenté et bouleversant.

Pour continuer à baigner dans l’univers du folk, un détour par le Château s’impose, puisque le combo californien, Port O’Brien est au programme. Héritier naturel de Modest Mouse, voire de Bright Eyes, le band est venu présenter son dernier opus édité l’an dernier. Le quintet yankee maîtrise parfaitement son sujet. Il enfile de véritables perles pop, subjuguant littéralement l’audience. A l’issue de ce concert, on a la conviction que ce combo ne mettra plus très longtemps avant de conquérir le Vieux Continent.

Le show des Deftones commence à 20 heures sur la Main Stage. Plutôt fans à leurs débuts, on craint quand même de vivre une grosse déception. Il est parfois préférable de conserver un bon souvenir d’idoles du passé que de devoir être confronté à la dure réalité de l’état des lieux des groupes vieillissants… Une situation tellement courante chez les formations qui émargent au néo métal. En 2008, victime d’un grave accident de la circulation, Chi Cheng a entamé une très longue convalescence. En mai dernier, il est enfin sorti de revalidation. Il a été remplacé par un nouveau bassiste. Affichant un look proche des rappeurs de Cypress Hill, il se montre déjà très à l’aise dans sa fonction. Et bonne nouvelle, le groupe va livrer un set d’honorable facture, mais surtout bourré d’énergie. Seule la voix de Chino Moreno semble avoir perdu de sa superbe. Mais l’arrivée soudaine d’un orage impressionnant rafraîchit l’atmosphère… et la foule aussi. Une perturbation qui va conférer une allure apocalyptique, mais bienvenue au show. De quoi laisser une bonne impression finale. Deftones est bien le seul groupe de l’horrible scène néo-métal à s’en sortir honorablement…

Il est malheureusement temps d’abandonner le spectacle des Deftones, qui se déroule sous les trombes d’eau, pour nous rendre au Club afin d’assister à la prestation des prodiges de Grizzly Bear. Le changement est radical. C’est qu’entre le metal des Deftones et la pop des New-yorkais, il y a un gouffre. Quelques chansons sont quand même nécessaires avant de pénétrer dans l’univers complexe du groupe. Mais une fois cette étape passée, le bonheur est au rendez-vous. Leur concert et leur énergie positive donnent alors vraiment l’envie de découvrir leur dernier album, tant acclamé par la presse.

Direction le Marquee pour le concert surprise. En fait les rumeurs allaient déjà bon train ; et on se doutait qu’il s’agissait bien de Them Crooked Vulture, le nouveau supergroupe monté par Dave Grohl, Josh Homme et John Paul Jones. Le rock proposé par les stars du rock américain est convaincant et proche de celui de Queen Of The Stone Age. La foule est au rendez-vous pour cette surprise de qualité. Et puis quelle joie de revoir Dave Grohl à la batterie !

Devotchka est déjà sur le podium du Marquee, lorsque nous débarquons. Them Crooked Vulture nous a mis quelque peu en retard. Mais pas question de manquer les Texans. Leur concert consenti à l’AB en juin 2008 avait fortement impressionné. Mais apparemment le groupe jouit d’un succès conséquent en Flandre depuis la sortie de la B.O. de ‘Little Miss Sunshine’, car il nous faut plus de 15 minutes avant de pouvoir entrer dans le chapiteau. Résultat des courses, nous ne pourrons entendre que quatre chansons. Et déjà de se confondre en regrets, car la fin du spectacle de Devotchka est tout bonnement remarquable. On assiste même à une très jolie chorégraphie, au cours de laquelle des danseuses s’enroulent les pieds dans des rubans accrochés depuis le plafond. De quoi accentuer l’aspect manouche et déambuler sur le fil des émotions de la musique. La bande à Nick Urata mérite assurément son succès !

Le concert le plus attendu de la soirée était bien entendu celui de Faith No More. Après plus de 10 années d’absence, le gang de San Francisco revient pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans. Nous sommes très sceptiques à l’égard du come-back des légendes. Le plus souvent, elles ne renaissent que pour des raisons bassement lucratives. Mais pas chez Faith No More ! En effet, Mike Patton n’a cessé de multiplier les expériences depuis le split du groupe, en 1998. Des projets baptisés Tomahawk, Peeping Tom, Mr. Bungle et j’en passe ; mais surtout des aventures toutes plus audacieuses les unes que les autres. Et le reste du groupe n’est pas resté inactif. A l’instar de Roddy Bottum, impliqué au sein d’Imperial Teen. Dès les premières notes, le public sent qu’il va vivre un événement exceptionnel. Elégant dans son costard, les cheveux gominés, la chaîne en argent, Mike Patton possède un charisme rarement vu en ‘live’. Son aura est même proche d’un Johnny Depp rock n’roll… Les tubes s’enchainent : « Epic », « Digging the Grave », « Easy » ou encore « Midlife Crisis ». Mais aucun temps mort. Le concert dure plus d’une heure ; mais absorbés par le set d’un des groupes les plus importants des 90’s, on ne voit pas le temps passer. Un grand moment du festival ! Et rien de tel que d’achever la journée sur une aussi bonne note. A demain !

Esperanzah ! 2009 : dimanche 2 août

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Holà Esperanzaaaaah! : dimanche, journée sportive!

Une journée sportive s’annonce, car l’affiche proposée ce jour est fertile en curiosités à voir et à écouter… De la Cour au Jardin, le sprint a commencé vers 15h et s’est arrêté à 00h30. Enchaînement d’artistes et de rythmes différents. Une richesse pour les oreilles. L’envie de faire quelques recherches supplémentaires sur des groupes comme Trio Joubran, Danakil ou Eva Ayllón.

Sous la grisaille qui coiffait le site, ce sont les frères Joubran (NDR : un trio !), épaulés par le percussionniste Youssef Hbeish, qui nous accueillent tout en douceur. Les trois musiciens jouent harmonieusement de l’oud (NDR : cette sorte de luth à manche court se rencontre surtout dans les pays arabes, mais également en Turquie, en Arménie et en Grèce). Reconnus internationalement pour la maîtrise de leur instrument et leurs talents d’improvisateurs, ils sont parvenus à nous flanquer un frisson tout au long de l’échine. Une sensibilité mêlée de poésie dans un cadre vallonné. Finalement, la petite brume qui nous enveloppait collait parfaitement à l’atmosphère du set.

Les Caricoles et les Noces de Zink ont assuré la relève. Placez dans un shaker, accordéon, cuivres et percussions ; agitez bien et vous obtiendrez instantanément un nectar revitalisant. La collaboration entre ces deux groupes est un antidote contre la morosité.

« Ethnophony » est le nom du premier album de Fredy Massamba. Sa sortie dans les bacs est prévue à l’automne de cette année. Ancien percussionniste de Zap Mama, son parcours musical se bonifie au gré des voyages et des rencontres. C’est ainsi que lors d’une escale à Dakar, le bassiste suisse Fred Hirschy lui propose de tenter un mélange entre leurs influences. Soit entre celles de l'Helvète, trempées dans le soul & jazz et du Belgo-congolais, évidemment ethniques. Portées par la voix chaude de Fredy, les paroles sont chantées en kikongo et en lingala. On est immédiatement porté par le rythme. Une bonne humeur se répand et quelques rayons de soleil percent même à travers les épais nuages.

Du reggae français ! Peu après leur entrée en scène, Danakil, nous démontre qu’il maîtrise parfaitement les tempos jamaïcains. Une identité propre. Leur reggae nu roots véhicule des textes qui dénoncent les travers d’une société en mutation. La section de cuivres vient appuyer le tandem basse/batterie pendant que le chanteur, Balik, transmet une énergie communicative. Malgré la pluie qui s’est abattue, leurs mélodies roots captivent les festivaliers. Ils sont d’ailleurs restés dans l’arène jusqu’à la fin du concert.

La reine et la légende de la musique afro-péruvienne était de passage en Europe. Peu de dates sur le Vieux Continent pour Eva Ayllón. Entourée par 7 musiciens, la reine de la musica creolla, est apparue rayonnante sur la scène Côté Jardin. La dame a fêté ses 30 ans de scène et le moins qu’on puisse dire en la voyant, c’est qu’au fil des années, elle prend toujours autant de plaisir à chanter, danser et communier avec le public. Et quand les musiciens se mettent à danser avec elle, il est impossible de rester de marbre à les regarder sans se mettre soi-même à bouger. Un honneur de pouvoir partager ce moment de musique latine en compagnie de la Tina Turner du Pérou.

Il tenait à figurer à l’édition 2009 du festival Esperanzah !; car pour lui cette participation avait ‘du sens’. Abd Al Malik joue avec les mots. Déjà comparé à Jacques Brel, ce magicien de la prose, slamme en partageant sa vision altruiste dans le but que les choses bougent. Et il y parvient ! Sa tête bien sur les épaules, sa musique séduit. Jazzyfiant, son style est parfois teinté de rock ou de hip hop. Ce généreux communicateur n’hésite pas à se poser et prendre le temps d’échanger ses idées. Si vous avez des a priori sur l’étiquette ‘rap’ qu’on lui colle, prenez le temps d’écouter son dernier single « C’est du lourd ». Votre jugement pourrait fort bien changer…

Le festival se clôture sur les couleurs verte, jaune et rouge arborées par Alborosie & Sheng Yeng Clan. Du 100% reggae chanté par un Italien pure souche qui a migré en Jamaïque, il y a quelques années. En musique, la magie naît souvent de mélanges improbables. Esperanzah ! l’a prouvé durant ce week-end. Les styles se chevauchent et les sons virevoltent. Qu’ils soient traditionnels ou modernes, la musique est sans frontière.

Retrouvez tous les groupes cités sur leurs pages personnelles :

http://www.letriojoubran.com
http://www.myspace.com/lescaricoles
http://www.myspace.com/fredymassamba
http://www.myspace.com/danakilweb
http://www.myspace.com/abdalmalikdante
http://www.myspace.com/alborosie

(Voir aussi notre section photos)

 

Esperanzah ! 2009 : samedi 1er août

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Holà Esperanzaaaaah ! : samedi, la bonne humeur contagieuse.

Les groupes se succèdent. L’affiche se veut festive et populaire en proposant des groupes comme La Chiva Gantiva et Bandabarlo. L’Afrique de l’Ouest est également très présente ce samedi. Et Bassekou Kouyaté & Ngoni Ba ainsi que Tiken Jah Fakoly en sont les plus belles illustrations.

Programmée en début d’après-midi, La Chiva Gantiva a mis le feu aux poudres. Son énergie s’est propagée auprès de tous les festivaliers présents dans la cour. Dès le premier morceau, le public est au taquet. Une base punk-latino. Une section cuivre en fureur. Le groupe bruxellois regorge de stratagèmes pour faire danser son auditoire. La mise en scène est soignée, les musiciens complémentaires et la complicité remarquable. A suivre de près !

Dans le même registre, la Bandabardó incite à remuer et à bouger tout son corps. Ce groupe italien est né en 1993 et sillonne les routes d’Italie et d’Europe sans relâche. La Bandabarló, c’est une bande de copains connue dans toute la botte. Ils sont la référence en matière de fête. Leur but : faire chanter (‘même si on chante faux’), inciter à danser, et surtout, jouer de la musique pour sourire. De vrais troubadours aux allures baba-cool qui n’hésitent pas à imaginer des mises en scène théâtrales pour soutenir les textes de leur répertoire.

Un autre voyage. Sur un autre continent, Bassekou Kouyaté et Ngoni Ba imposent le respect et attirent l’attention. En habits traditionnels du Mali, c’est avec une grande élégance que Bassekou, sa femme Ami Sacko et le quartette Ngoni Ba nous invitent à explorer les trésors dont la musique traditionnelle d’Afrique de l’Ouest foisonne. La singularité du groupe est la maîtrise d’une petite guitare mandingue, appelée N’Goni. Leur blues plutôt roots est caressé par la gracieuse voix d’Ami Sacko. Les rythmes maliens sont entraînants et touchent l’âme à sa source. C’est un peu comme si ces ingrédients raffinés étaient en nous depuis la nuit des temps et se réveillaient à l’écoute de ces instruments ancestraux. Un rapport à l’autre, à la nature et aux traditions qui se transmet à travers la virtuosité du groupe.

Témoin de l’évolution sociale et politique de son pays (la Côté d’Ivoire), Tiken Jah Fakoly pointe du doigt les oppressions et les injustices dont sont victime le peuple africain. Un reggae engagé dont les textes et les messages souvent incisifs sont destinés à éveiller les consciences du public. Sur les traces d’Alpha Blondie, ce rasta ivoirien dissipe ses bonnes ondes depuis plus de 15 ans. Il chante sa révolte, et samedi soir, Côté Jardin, on peut dire que le public était très réceptif. Cinq ans que le programmateur voulait le voir jouer dans le cadre du festival !

Des odeurs d’épices (du monde) flottaient dans l’air. Pour clôturer cette journée, ceux qui avaient encore de l’énergie sont allés sauter sur des airs de rap musette. Java a, paraît-il, pour devise ‘Sexe, accordéon et alcool’. Inutile d’en dire plus. La fin de soirée a dû être chaude !

Retrouvez tous les groupes cités sur leurs pages personnelles :

http://www.myspace.com/lachivagantiva
http://www.myspace.com/bandabardo
http://www.myspace.com/bassekoukouyate
http://www.myspace.com/tikenjah
http://www.myspace.com/javathefrenchband

(voir aussi notre section photos)

 

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