New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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Dour festival 2009 : jeudi 16 juillet

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La 21ème édition du Dour Festival coïncidait également avec ma 17ème participation. C’est donc toujours l’esprit léger que je me dirige, chaque année, vers le site de la Plaine de la Machine à Feu. Très vite toutefois, les embûches commencent à se multiplier. Sur la route, il faut se farcir un contrôle de très antipathiques policiers. Puis les inévitables files. Soit franchir toute une série d’étapes avant enfin de parvenir à l’entrée. Largement de quoi altérer mon enthousiasme. Mais c’est aussi le prix à payer, dorénavant, pour se lancer dans l’aventure d’un grand festival…

A tout instant de la journée (NDR : ensoleillée, il faut le préciser), une des cinq scènes (NDR : la 6ème –Red Frequency– n’ouvre que le vendredi) offre toujours un set intéressant à découvrir. Et mon programme débute par les ‘Picard’. Les Fatals Picards tout d’abord. Sur la grande scène. A contrario de ce que leur patronyme laisse supposer, ils ne sont pas issus du Nord de la France, mais bien de Paris ; et ça se ressent. Leur mélange de ska et de variété s’avère agréable à écouter sur disque. Leur tube et clip « Bernard Lavilliers », pour lequel ils avaient reçu le concours du Stéphanois, avait fait un tabac. Mais leur prestation est à cent lieues de véritables artistes du genre comme Marcel et son Orchestre. Le public ne s’y trompe pas et déserte en partie la plaine. Pourtant, celui des Francofolies lui aurait réservé un excellent accueil… autre endroit autres mœurs. Mais comme dirait Bernard (NDR : notre rédac’ chef, pas Lavilliers), ‘Il ne faut pas nous la faire…’

A premier abord, leur homonyme Pascal Picard et son band ne m’emballait pas davantage. Faut dire que sa pop gentillette passant en boucle sur la bande FM commence à me gonfler. Et pourtant, surprise (NDR : il y en a toujours à Dour), la jeune et souriante Canadienne va nous dispenser un set plutôt rock. Armée de sa guitare sèche, elle aligne les titres de son opus « Me, myself and us », dont son inévitable tube « Gate 22 ». L’interprétation très subtile de son répertoire séduit l’audience du Dance Hall. Une audience qui avait déjà pu vibrer lors du show accordé par la Flandrienne Selah Sue, dont la soul apaisante avait été unaniment appréciée.

Changement de scène et de style (NDR : il faut bien s’y faire à Dour) : Meshuggah monte sur les planches du Club-circuit Marquee. Vous ne les connaissez pas ? Leur patronyme se traduit littéralement par ‘taré’, en judéo-allemand… Leur style de musique est assez original. Oscillant quelque part entre métal et mathcore, il est raffiné par des accès de prog à la King Crimson. En 20 ans de carrière, la formation suédoise s’est forgé une solide réputation. Leur dernier opus, « ObZen » est paru en 2008. Et leur show accordé ce soir est plutôt emballant, pour autant que l’on ait une oreille avertie. Car les expérimentations et les changements rythmiques pointus, ce n’est pas du goût du festivalier lambda. En tout cas, c’est toujours un plaisir d’écouter un groupe qui excelle dans son style, même si l’on n’est pas un fan inconditionnel du genre. Et bonne nouvelle pour les fans de ce combo : un Dvd live serait en préparation…

Toujours aussi intense, mais un peu plus abordable, le set d’Isis restera un moment fort de ce festival (NDR : n’ayons pas peur des mots !) La formation se produit sur la grande scène. Le son est très puissant (NDR : mais pourquoi ai-je oublié mes boules-Quiès en ce début de festival ?) mais précis. Le chant d’Aaron Turner est impeccable. Les envolées planantes construites en crescendo sur disques sont ici décuplées. Pas besoin de substance psychotrope pour apprécier une telle solution sonore. A ranger du côté de grands ténors comme Neurosis, Cult of Luna ou même Fugazi.

Quelle est la manière de retomber sur terre après un tel concert ? Cocoon semble être le dérivatif idéal. De leurs ballades relaxantes et agréables, le combo hexagonal cherche à nous placer sous couveuse (NDR : tiens, je comprends à l’instant l’origine du nom du groupe). Le public claque des doigts et balance les bras de gauche à droite. Mais au fil du temps, leur pop guimauve devient lassante ; et on espère une petite étincelle pour percer ce cocoon soporifique… Elle viendra lors du titre final « Chupee », un morceau ponctué par les applaudissements des spectateurs. Enfin celles et ceux qui étaient parvenus à résister jusqu’alors.

Evoluant quelque part entre chanson française, blues et rockabilly, la prestation des locaux Saule et les Pleureurs est bien plus nuancée. Montois, Baptiste Lalieu a le chic pour mettre son public en poche. Il s’en approche et leur avoue qu’il aimerait tant les rejoindre si son micro le lui permettait. Car quoique prolongée d’une passerelle, la grande scène ne permet pas de réaliser de show comme lors des autres grands festivals. Pas davantage d’écrans vidéo de chaque côté du podium ni de micro sans fil. Dans ces conditions et vu l’amplitude du plateau, les temps morts sont inévitables. Mais cette situation oblige aussi les fans à rester dans les premiers rangs ; et même si la foule n’est pas très dense, la fête a bien lieu. Et Saule est rejoint par l’équipe Waf ! (NDR : dont la joviale Christine Mass de Plug RTL) pour mettre une dernière fois l’ambiance et immortaliser les farandoles dans le public, en vidéo.

Le reste de la soirée est malheureusement moins drôle : les très attendus Friendly Fires ont déclaré forfait. Motif : un  de leurs membres est malade. Il ne reste plus qu’aux inconditionnels de se consoler en (re)lisant notre review du festival ‘Les Inrocks’ 2009, au cours duquel ils avaient fait très forte impression.

Je n’apprécie guère Tryo. Et notamment leur pseudo-écologisme ainsi que leur alter-mondialisme pour bobos. En 2003, il avait accordé à Dour un set tout simplement insipide. De quoi mériter leur étiquette de chanteurs de rue (NDR : encore que quelque part, c’est un manque de respect vis-à-vis de ces derniers). Bref, restons un tant soi peu objectifs, et reconnaissons que leur jeu de scène a bien évolué. Les percussionnistes se mettent davantage en évidence et les chanteurs communiquent agréablement avec le public. M’enfin, je n’ai guère eu de regret de quitter ce spectacle pour assister à celui d’Isis…

Il est déjà minuit, et les orages annoncés et redoutés m’incitent à rejoindre le parking presse. Je ne tiens pas à rester embourbé dans un cloaque. Aussi, je laisse le soin à Jérémie, davantage fan d’electro, de couvrir la suite nocturne du programme. Car si finalement les orages violents ne frapperont pas Dour, la pluie va commencer à s’abattre. Et elle va même tomber en abondance… Qu’importe, ce n’est pas le temps pourri qui va arrêter notre photographe Jérémie. Et il livre un condensé de son stage surfing.

Dr. Lektroluv a le sens du second degré. Il s’affiche comme fan de Derrick. Vêtu d’un costard argenté, il est affublé d’un masque de Derrick. De couleur verte. En fait, son casque n’est ni plus ni moins qu’un vieux téléphone blanc, comme dans la série allemande culte (NDR : enfin presque). Le concept a son style et au niveau de la performance, l’artiste n'a pas rencontré de problèmes pour enflammer un Marquee presque plein. Tantôt plus hard tantôt plus intimiste, les rythmes parviennent à envoûter le public. Et pour être complet, on précisera que les Belges de The Subs ont participé au set.

Après leur prestation accordée dans le cadre du ‘7 ans du Culture Club’ à Gand en compagnie de Bloody Betroots et co, MSTRKRFT a également livré un set entraînant, plaisant et relativement mainstream, dans un Marquee bondé. Au programme : une bonne partie de leurs compos, mais également de nos nationaux Sound of Stereo, ainsi que l'incontournable remix de « D.A.N.C.E. » qu’il va directement enchaîner par le « Da Funk » des Daft Punk. Le public est ravi. Jérémie aussi car il avait estimé le set précédent à Gand beaucoup plus ‘hard hitting’ et limite trop techno.

Tout comme la pluie, Deadmau5 démarre en trombe. Il porte un casque de souris. Son set est plus hard que prévu, nonobstant la succession de gros hits. Le jeu de scène est original. Les jeux de lumières sont excellents et son set VJ. A plusieurs reprises, il parvient à faire décoller son show. Notamment lors de « Daft Punk - Harder Faster Better Stronger ». Mais au fil du temps, l’enthousiasme s’atténue. En cause un style qui devient de plus en plus minimaliste. Il perd alors une bonne partie de son audience. Faut dire qu’au loin on peut entendre Steve Aoki qui semble être au meilleur de sa forme.

La course entre les scènes n’a pas permis d’assister à l’intégralité du set de DJ Matthew Herbert. Une chose est sûre, l’expression sonore était largement teintée de bon vieux funk, dans un dance hall à moitié plein ou à moitié vide, c’est selon. Alors que la pluie redouble d’intensité sur la Plaine de la Machine à Feu.

Une pluie qui va finir par lasser Jérémie. Mais il n’était pas au bout de ses peines. Après deux heures du matin, il n’y a plus de navette pour rejoindre le parking. Il a donc fallu qu’il s’y rende à pied. Sous les trombes d’eau. Mais il en faut bien plus pour décourager vos dévoués reporters ; Jérémie et Sophie vous ont déjà réservé déjà de nombreux clichés dans notre rubrique ‘Photos’ ; et vous pourrez bientôt lire la suite des aventures de l’équipe de Musiczine, vécue lors de l’édition 2009 du festival de Dour… A suivre !

Cactus 2009 : dimanche 12 juillet

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On le savait depuis le vendredi soir, mais on n’avait pu diffuser l’info que le samedi : malade, Joss Stone avait déclaré forfait. Et une tête d’affiche ne se remplace pas au pied levé. Finalement, le choix du remplaçant s’est porté sur Jamie Lidell. Patrick, l’organisateur du festival, était bien embarrassé lorsqu’il a appris la mauvaise nouvelle. Fallait faire vite ! Et comme Lidell était à l’affiche de plusieurs festivals en Belgique, la solution était toute trouvée. Encore qu’il fallait conclure. Et visiblement, la réputation du Cactus a fait le reste… Le festival était quand même sold out trois jours de suite. Mais pour ce dimanche, les prévisions météo n’étaient guère optimistes. A un tel point que votre serviteur avait emporté parapluie, bottes et kawé. Et qu’en arrivant à destination, il aurait été préférable de prévoir short, t-shirt et casquette.

Cinq kilomètres avant Bruges, on entre dans les inévitables bouchons. Oui, je reconnais, il aurait fallu partir plus tôt. Mais un rédac’ chef est absorbé par des tâches urgentes jusqu’à la dernière minute. Résultat des courses : Mono et Babylon Circus avaient déjà accompli leur set, lorsque je suis arrivé sur le superbe site du Minnewaterpark.

Il est 15 heures 10 pile, lorsque la formation allemande The Notwist monte sur les planches. J’avais été agréablement surpris par leur prestation accordée dans le cadre du festival de Dour en 2007. Depuis la formation a sorti un nouvel opus, « The Devil, You + Me », un disque paru en 2008. Leur set commence en douceur, mais aussi dans un style minimaliste. Pas facile d’accrocher à cette entrée en matière tout en nuances et peu propice au concept ‘live’. A mi-parcours la bande aux frères Acher se lâche enfin et libère enfin un savoureux cocktail d’électonica et de cordes électriques. Le tout dynamisé par des percus hypnotiques. Un zeste de noisy, de krautrock, de dub et de new wave plus loin, on est surpris par la fin du concert. C’est au moment où on commençait à s’y plonger qu’il s’est terminé.

!!! (prononcez chk chk chk !) est orphelin de John Pugh. Le show repose donc aujourd’hui essentiellement sur le vocaliste et danseur Nic Offer. Passé les premiers accords, leur musique évoque la house mancunienne des Happy Mondays et autre Stone Roses. Mais rapidement, on se rend bien compte que la formation yankee émarge au punk funk. New-yorkais ! Le même que celui de Radio 4, The Rapture ou encore LCD Soundsystem. Encore que pour un puriste, on ressent des influences puisées chez Clash (NDR : pour les accès dub) ainsi que chez Gang of Four, lorsque le funk devient fondamentalement blanc ! Offer s’offre un bain de foule, se tortille dans tous les sens pour mettre l’ambiance. Le groove percussif tramé par le groupe commence à contaminer les spectateurs des premiers rangs ; mais manifestement, une partie du public est encore occupée de faire la sieste. Un passage plus tardif aurait sans doute permis à !!! de faire un tabac au Cactus. Encore qu’en proposant huit nouvelles compos dans sa setlsit, morceaux qui devraient figurer sur leur nouvel opus, la surprise était totale.

Quatuor britannique, The Magic Numbers réunit deux couples de frères et sœurs. Romeo en est le chanteur principal, mais il est remarquablement soutenu par les backing vocaux de Michele et Angela. Imaginez les harmonies vocales ! Leurs chansons pop sont hyper-mélodiques et sont régulièrement reprises en chœur par la foule. Fleetwood Mac et Supertramp ne sont pas loin. Pas pour rien qu’ils portent tous de longues chevelures, comme au tout début des 70’s. Un set rafraîchissant, mais un peu trop revivaliste à mon goût…

J’ai toujours en mémoire le fantastique concert accordé par Calexico au Pukkelpop, flanqué d’un orchestre mexicain, le Mariachi Luz de Luna. C’était déjà en 2000. Depuis la formation texane n’a plus renouvelé cette expérience inoubliable ; mais elle en a conservé un goût très prononcé pour les racines latinos. Faut dire que le duo Burns/Convertino (NDR : des ex-Giant Sand) est originaire de Tucson, en Arizona ; pas loin de la frontière mexicaine. Mais venons-en au show. Un collectif de sept musiciens se présente sur les planches : le guitariste/chanteur Burns, le drummer Convertino, le multi-instrumentiste Marin Wenk (accordéon, claviers, vibraphone, guitare, melodica, trompette), Paul Niehaus à la pedal steel, le trompettiste Jacob Valenzuela qui double au chant dans la langue de Cervantes, le bassiste Volker Zander et un musicien de tournée circonstanciellement préposé à la trompette. Non seulement ce sont tous d’excellent musiciens, mais ils communiquent une passion exaltante dans leur expression sonre. Si leur dernier opus, « Carried to dust » est d’excellente facture, son raffinement émousse son punch ; mais la transposition en ‘live’ est d’une toute autre trempe. Tout comme les autres compos interprétées ce soir, d’ailleurs. Et lorsque la section de cuivres (NDR : parfois ils agitent en même temps des maracas) entre en action, on est sous l’envoûtement ; alors que lorsque les 3 guitares entrent en action, l’intensité nous renvoie tantôt au Paisley Underground, tantôt à la cold wave des Chameleons. La formation s’autorise même une cover du « Love again or » de Love et puis accorde un rappel de deux morceaux, avant de se retirer sous une salve d’acclamations bien méritée. La magie de Calexico avait encore frappé. Et pour que votre info soit complète, sachez que la formation envisage d’enregistrer son nouvel opus, en compagnie d’un orchestre cubain…

Cinq ans que Lamb ne s’était plus produit en public. Et la formation mancunienne avait choisi le Cactus pour célébrer son retour. J’avoue ne pas être trop branché par l’électro et encore moins par le drum’n bas ; mais leur mélange de jungle, d’ambient et d’électro-jazz a toujours eu quelque chose de fascinant. D’autant plus qu’il est enrichi par la superbe voix de Louise Rhodes. Mais bon, depuis 5 ans, beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts, et je me demandais si le combo n’allait pas nous servir un plat réchauffé. Ben je dois dire que j’ai été époustouflé par leur prestation. D’abord, il y a Andrew Barlow derrière ses machines. Non seulement il ne se prend pas au sérieux, invitant régulièrement le public à lever les bras, mais outre ses aptitudes de show man, c’est un véritable musicien. Il le démontre en jouant du piano, et puis en inoculant ses beats et ses bidouillages dans la mélodie, sans les froisser. Des mélodies raffinées par le timbre clair, diaphane de Louise (NDR : elle empoigne également circonstanciellement une guitare) ; un timbre parfois proche d’une Björk, mais sans les inflexions suraigües de l’Islandaise. Plus de percussionniste (NDR : Andrew et Louise, s’en chargent régulièrement), mais toujours ce préposé à la double basse (NDR : il en joue également parfois d’un archet !) Derrière le trio les projections arty proposent des images au ralenti, en apesanteur, et même des corps enlacés. En fin de parcours, Lamb s’autorise une incursion dans le psychédélisme, auquel un Animal Collective aurait peut-être intérêt de s’inspirer, s’il en veut pas devoir aller se rhabiller. Deux titres en rappel plus tard, on n’avait pas vu le temps passer. Vous savez donc ce que cela veut dire…

Jamie Lidell, un Anglais à Berlin, a donc dû remplacer Joss Stone au pied levé. Elle s’était fait porter pâle le vendredi soir. Heureusement l’artiste était déjà chez nous. Non seulement il est programmé à l’affiche du prochain Gent Jazz et au festival de Dour, mais il avait également accordé un concert gratuit au Depot de Louvain. Il ne lui était donc pas trop difficile d’ajouter une date à son agenda, d’autant plus qu’il bénéficiait de la tête d’affiche. Et finalement, personne ne s’est plaint de cette jolie finale au cours de laquelle le crooner-électronicien a proposé un subtil cocktail de funk, de soul, de pop et de swing. Vu les circonstances, on peut dire que les organisateurs sont bien retombés sur leurs pattes. Il a proposé un éventail bien équilibré entre les compos électro-dansantes et accessibles de son « Multiply » et celles plus funky soul du récent « Jim ». Une setlist énergique, excitante et pétillante pour un artiste qui affiche une présence scénique bien huilée. Ses cabrioles vocales, un grain de folie et son humour ont fait le reste. Sans oublier son inévitable numéro de human beat-box, lorsqu’il passe derrière son attirail électronique. Le spectacle s’achèvera par deux ballades ‘P-funk’ passionnées, sensuelles et contagieuses. Manifestement, l’édition 2009 du festival cactus était réussie ! (Johan Meurisse; adaptation B. Dagnies)

 

Ardentes 2009 : dimanche 12 juillet.

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Ce dernier jour de festival propose très certainement la plus belle affiche de l’édition 2009. Une grille de programmation dense et éclectique qui annonce un vrai marathon musical  La météo se montre enfin clémente et le soleil point sur la plaine et l’HF 6 qui accueillent ce dimanche : Cœur de Pirate, Peter, Bjorn & John, The Subways, Sharko, Julien Doré, Supergrass, Ozark Henry, Ghinzu et quelques autres…

13h00 : alors que les cheminées de l’Aquarium soufflent encore leurs derniers crachats de fumée, Cœur de Pirate prend place sur la scène principale devant un public venu en masse dès la première heure, pour assister à la représentation du nouveau phénomène canadien.

Fille de la cyber-génération, Béatrice Martin fait partie de ces artistes qui ont bénéficié de l’explosion de la bulle internet. Phénomène hype/internet ou véritable artiste ? Il reste au ‘Jack Sparrow’ du Saint-Laurent à démontrer son savoir-faire sur les planches. A priori, le produit marketing tient la route. Un nom de scène ingénu, des textes (faussement) naïfs, une voix d’enfant, un visage d’ange. Des airs guillerets, libres et légers. Bienvenue dans le monde de Casimir !!! Etrangement, ce concept ingénieusement fleur-bleue fonctionne et touche le cœur des hommes et des femmes de 8 à 88 ans. Béatrice Martin nous va nous offrir un bouquet composé de fleurs sonores dont une nouvelle compo. 40 minutes de concert pour exposer son talent d’auteur-compositeur et de pianiste. Grâce à ses chansons à fleur de peau qui pleurent en émotions et à un sentimentalisme habilement simpliste, la jeune Québécoise parvient à transmettre à la perfection ce spleen doux-amer de l’adolescence qui habite chacun de nous. Une ivresse contagieuse de folie et de légèreté qui nous parle au corps. L’espace d’un instant, elle entrouvre à nouveau l’âge ambigu de l’entre-deux où s’entremêlent et se succèdent, parfois sans transition, des abîmes d’angoisse et cette peur de soi, des autres et du vide si caractéristique. Puis cette insoutenable légèreté de l’être, cette spontanéité irrésistible de l’enfance. Et ça fait mouche ! Redoutable profondeur de la frivolité !

 Le groupe suédois Peter, Björn & John était venu fêter ses 10 ans d’existence sur la scène du Parc Astrid. Le trio stockholmois composé de Peter Morén (chanteur et guitariste), Björn Yttling (bassiste et claviériste) et de John Eriksson (batteur et percussionniste) propose une pop sophistiquée aux structures et arrangements complexes et intelligents. Malheureusement, le jeu très aérien des trois scandinaves manque cruellement de puissance et d’enthousiasme. Le son ne dépasse que très rarement les barrières du front stage. Ils offrent un set exsangue et très inégal en qualité par rapport à la version studio. Seule éclaircie sur la planète sonore de ‘Peter, Björn & John’, le célèbre et sifflotant « Young Folk ». Et encore !

Un profond gouffre sépare le trio scandinave du britannique et se creuse sur la plaine lorsque The Subways déboule sur la main stage. Pas besoin de lourde et coûteuse machinerie électronique pour les trois banlieusards londoniens. Une guitare, une basse, une batterie et un mur Vox suffisent. Un punk/rock simple et efficace à l’image de leurs pères spirituels, The Ramones. Torse nu, Billy Lunn (chant/guitare) pèche par excès de testostérone. Une présence scénique remarquable, une voix puissante, quelques riffs rapides et serrés, une basse solide et une folle dépense d’énergie pour livrer un set au son merveilleusement garage crasseux. Quelques stages divings pour communier avec le public et le parterre explose radicalement. Excellent !!!

A peine le temps de reprendre son souffle pour rejoindre rapidement les moiteurs de la scène indoor sur laquelle les talentueux Bruxellois de Sharko nous attendent. Après 10 ans de carrière et 5 albums, David Bartholomé, Teuk Henri et Charly De Croix (nouveau batteur) célèbrent la bête et nous invitent à découvrir leur dernier album, « Dance on the Beast ».

Sharko revisite les quatre derniers elpees (« Meeuws », « Sharko III », « Molecule » et « Dance on the beat ») et nous propose un set cohérent et dynamique. Le dernier opus s’ouvre à des sonorités electro-dance et se veut plus dansant. On ne s’ennuie jamais ! Il ouvre lentement le concert par trois morceaux du dernier album. Le décor est sobre et s’illumine de quelques lights. Progressivement, l’animal qui incarne le chanteur se réveille. L’HF 6, noire de monde, suinte de partout et s’électrise. L’introversion initiale s’estompe peu à peu. Il communique enfin et communie. La convivialité monte graduellement. Savamment crescendo. L’excellent « I Went Down » vient porter le coup fatal. Le sol, sous nos pieds, se met à vibrer et c’est du pur bonheur ! Le trio bruxellois tient le public en haleine jusqu’à la fin, alternant anciennes et nouvelles compos. Deux perles pop suivront : « Yo heart » issu du dernier album et l’indémodable « Sweet protection » issu de « Molecule ». Sharko a bel et bien joué avec nos cordes émotives. Talentueusement. 

Sorti de la Nouvelle Star en 2007 et révélé au grand public grâce à « Excellent » de Sharko, il était logique que Julien Doré suive sur la grille de programmation. Le public averti attendait d’ailleurs un duo avec David Bartholomé qui n’aura malheureusement pas lieu. Le duo, le french-lover dandy de 24 ans le livrera en compagnie de la délicieuse Béatrice Martin qui avait, à son tour, repris « Les Bords de Mer » du jeune Alésien. La bête de scène excentrique et décalée se balade avec beaucoup d’aisance sur les planches de l’HF 6 et assure un spectacle décalé face à une foule déchaînée et conquise d’avance.

Le programme nous laissait 15 minutes pour assister au retour des très Britanniques Supergrass sur l’open air. Considéré comme l’un des meilleurs groupes Britpop des années 90, les quatre d’Oxford invitaient les nostalgiques de cette période à redécouvrir la formation sur scène. Ils nous livreront cependant un set très linéaire et parfois ennuyeux. Le concert ne décolle jamais vraiment. Il laisse les initiés dans l’expectative et, dans l’indifférence, ceux qui ne le sont pas. Supergrass, une belle et confortable pièce de musée à visiter.

Juste le temps de respirer 15 minutes avant de rejoindre la très sulfureuse HF 6 où Ozark Henry s’apprête à livrer le dernier concert indoor 2009 des Ardentes. Le très expérimenté Courtraisien Piet Hendrik Florent Goddaer –qui a eu la lumineuse idée de prendre un nom de scène– offre un set mélodieux et paisible, aspirant lentement, à fleur de nos mémoires, les résidus sonores des prestations nombreuses et contrastées qui se sont succédées, ont fait trembler la salle indoor pendant les quatre jours et qui sillonnent encore les murs et l’espace alentour. Doté d’une expérience scénique impressionnante, l’artiste conjugue avec bonheur les atmosphères électroniques, rock et trip hop.   

Hormis un trop soyeux Emiliana Torrini du premier jour, le festival clôture quotidiennement  la plaine par des souffles musicaux volcaniques. Les prestations impétueuses d’Etienne de Crecy et de Magnus restent encore gravées dans nos mémoires. Mais l’apogée, la véritable apothéose, nous viendra de Ghinzu. Un lightshow mégalomaniaque, une substance sonore qui retourne le Parc Astrid et des mélodies accrocheuses et obsédantes nous rappellent que la bande à Stargasm fait indéniablement partie des grands de la scène internationale. Un concert en feu d’artifice qui irradie le Parc Astrid et clôt majestueusement l’édition 2009 des Ardentes. 

(voir aussi notre section photos)

 

Cactus 2009 : samedi 11 juillet

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Pour  ma première participation au Cactus, je dois avouer être tombé sous le charme de ce festival. Ambiance décontractée, cadre sympathique et programmation à la hauteur. Que demander de plus ? A contrario du Main Square d’Arras, auquel j’avais assisté la semaine précédente, celui de Bruges a le mérite de rester à dimension humaine. Mais malgré cet aspect convivial, l’édition 2009  a tout de même battu son record d’entrées, en enregistrant plus de 27.000 spectateurs !

Après avoir fait l’impasse sur la prestation de Joe Gideon & The Shark, pour cause d’arrivée quelque peu tardive ; c’est avec joie que je retrouve 65daysofstatic. Fabuleux groupe de scène, les Anglais font honneur à leur réputation en dispensant, à mes yeux et mes oreilles, le meilleur concert de la journée ! L’énergie, la puissance scénique et les compositions, tout y est pour séduire un public déjà présent en masse. Leur mélange de post-rock rageur et d’électro fait des ravages. C’est un véritable mystère que ces natifs de Leeds peinent à percer hors des frontières anglaises et belges…

Grosse pression pour le groupe suivant après une prestation si solide ! The Black Box Revelation y parvient pourtant haut la main. Une semi-révélation (!!!) pour ce duo flamand considéré comme un excellent groupe de scène. Jan Paternoster possède des qualités vocales indéniables. Leur rock ’n roll est énergique à souhait et impressionne un public qui en redemande. Il n’est pas trop éloigné de celui des White Stripes. Au vu de leur prestation, on comprend pourquoi dEUS les avait choisis comme première partie lors de leur dernière tournée et pourquoi le tandem a récemment gagné l’Humo Rock Rally.

Davantage de douceur lors de la prestation de Joan As Police Woman. Le début du set de la très séduisante New-yorkaise est un peu poussif et plat ; mais la compositrice américaine relève joliment la barre lors de sa deuxième partie de parcours. Ses qualités vocales sauveraient de toute façon un concert, même moyen.

Les Cold War Kids sont en retard. Des soucis de soundcheck ! Heureusement ces problèmes ne vont pas les empêcher de livrer un show plus que convenable. L’émotion se dégageant de leurs chansons est toujours aussi omniprésente et palpable. Leur rock teinté de soul écorche et séduit en même temps. J’assiste néanmoins à leur prestation en dilettante, afin de visiter quelque peu les lieux. Etape nécessaire et indispensable lors d’escapades festivalières.

Un nombre impressionnant de spectateurs se sont agglutinés devant le podium. Supergroupe américain formé par les vétérans Mark Lanegan et Greg Dully, The Gutter Twins va bientôt monter sur les planches. Pour l’occasion, les jumeaux se produisent en trio (le guitariste Dave Rosser les accompagne). Pendant une bonne heure, leur set acoustique comble les fans mais séduit aussi le reste de l’audience. Les Gutter Twins ont même droit à une ovation lorsqu’ils entament « God’s Children ». Le groupe entame à Bruges leur première date d’une mini-tournée des festivals européens. Leur prestation est excellente. Faut dire que les magnifiques voix des anciens leaders d’Afghan Whigs et des Screaming Trees se conjuguent parfaitement en harmonie. Bien sûr, leur musique s’exprimerait probablement encore mieux en salle. Rien de neuf à l’horizon ; c’est une remarque récurrente lors des festivals !

La star flamande Novastar s’est fendue d’une prestation honorable. A l’image de sa musique : relativement ennuyeuse. Joost Zweegers honore toutefois son répertoire de très belle manière. Le public brugeois apprécie ; mais je ne connais pas suffisamment les compos de ce combo pour pouvoir adhérer complètement à son show. Certaines chansons comme « Mars Need Woman » ou « Never Back Down » sortent néanmoins du lot.

A l’issue du concert de la star flamande, la fin de soirée approche à grand pas pour votre serviteur. Et je n’ai pu malheureusement suivre attentivement la prestation du ‘Modfather’, Paul Weller ! La journée avait été un peu trop arrosée… Dans ces conditions, difficile de rédiger un compte-rendu objectif. Heureusement Sam veillait au grain…

Paul Weller n’a pas déçu. Flanqué d’un backing group, il a joué avec sa dose habituelle et nécessaire de ferveur pour interpréter les compos de son dernier et brillant opus, « 22 dreams ». Il a également puisé dans le répertoire de Style Council dont un « Shout to the top » plein d’âme et celui de Jam, en concédant un « Eton rifles » percutant et vigoureux. Parmi ses compos les plus anciennes et ouvertes à l’impro on retiendra surtout « Porcelain gods » et l’inévitable « Changingman ». Le classique intemporel « Wildwood » a été imprimé sur un tempo plutôt original. Ses interprétations sont imprévisibles mais talentueuses. Il n’est jamais sur pilotage automatique. C’est ce qui fait sa force et ce qui explique pourquoi on aime Weller. Ainsi ce soir, il n’a pas opté pour une setlist de « Greatest hits ». Et les véritables aficionados ont vraiment apprécié sa démarche. Weller était la tête d’affiche de cette soirée, et il a remarquablement défendu son statut. Un des meilleurs concerts du festival, assurément ! (Sam De Rijke ; adaptation B. Dagnies)           

 

Ardentes 2009 : samedi 11 juillet

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Un samedi soir dans la cité ardente. A l’image du vendredi, ce samedi 11 juillet s’annonce très festif. Cependant, plus encore que les jours précédents, c’est une programmation sensiblement plus bigarrée qui s’offre aux visiteurs. Du son pour toutes les oreilles et pour toute la nuit : rock, pop, trip-hop, électro/house, dubstep, drum’n’bass… Les influences se côtoient, puis s’associent et s’entremêlent. Dans l’espace qu’elles creusent, elles se lovent et s’épousent, distillent subtilement, dans cette nuit sonore qui s’égrène, des nectars les plus sombres aux sucs les plus radieux, des sèves les plus douces aux crus les plus rythmés. L’âme s’apaise, les cœurs bondissent. Chaque musique a ses couleurs. Délicates ou explosives, brusques ou nuancées. Ici, très mystérieusement, le plus subtil rejoint le plus bruyant à la lisière du sublime.    

Trois membres du collectif liégeois Jaune Orange étaient conviés à ouvrir le chemin musical de cette troisième journée. Tandis qu’Airport City Express et les très prometteurs Malibu Stacy gravissent la scène de l’Open Air, Dan San se charge, par la caresse, de réveiller avec tendresse l’à peine endormie HF 6, de sa pop acoustique et très mélodieuse.

L’écrin électro/pop s’ouvre très rapidement dans la soirée sur les talentueux John & Jehn. Le duo fait son cinéma, et ça marche ! Les french-lovers dandys exilés à Londres nous immergent subrepticement au sein d’un univers sombre. Atmosphère éclipsée par des stroboscopes aveuglants qui plongent le spectateur dans des eaux troubles et sombres d’un  film en noir et blanc. Comme le décor granuleux d’un film de Cassavetes, l’image s’imprime sur la scène de l’HF 6. On en revient donc à la description développée lors de ma chronique de leur album éponyme, le 7 juillet dernier : ‘Elle, Camille Berthomier, clavier, voix, basse. Lui, Nicolas Congé, chant, guitare, basse. Le couple, à la ville comme à la scène, affiche une attitude sombre, stylisée et sensuelle. A l’image de The Kills, le couple s’harmonise; le son et les voix s’épousent, s’entrelacent, fusionnent en pop. Malgré les influences évidentes du Velvet Underground et de Joy Division, John & Jehn parviennent à créer leur propre monde musical. Minimaliste et puissant. Une musique magnétique et sensuelle affichant un romantisme désabusé. Un rock garage crasseux aux riffs qui montent en colère pour atteindre le larsen et parfois effleurer la noisy’. Et cette intelligente fusion est soutenue par une boîte à rythmes omniprésente et efficace. Hormis quelques imperfections de jeunesse, John & Jehn est indéniablement un groupe en devenir.

A peine le temps de traverser le sentier des saveurs, pour y découvrir Triggerfinger. Le trio anversois ronronne sans complexe et nous assomme d’un rootsrock puissant. Une voix forte, des riffs furieux et une basse hyper puissante soutenue par une batterie qui frappe en rythme. Un rock classique sans tâche qui révèle trois excellents musiciens sur scène. Le public tombé par accident face au trio explosif se laisse facilement porter par le son énergique du groupe. Pari gagné par les trois Anversois. 

Quand la voix casse, rien ne passe ! Celle de José Reis Fontao, leader de Stuck in the Sound, devait déclarer forfait à la dernière minute. Heureusement, Hollywood P$$$ Star n’avait que quelques marches à gravir pour fouler la scène de l’HF 6. Soulignons quand même l’efficacité et la disponibilité de la formation liégeoise. Alors que le groupe prépare son cinquième album, l’excellent quatuor belge nous livre une prestation sans complexes. Pas de vacances pour HPS ! Les locaux nous offrent un set puissant et électrique. Electricité qui vibre encore sur le personnel de sécurité monté sur scène pour transformer le quatuor en quintette. Performance qui nous donne envie de découvrir le cinquième opus au plus vite. 

Les groupes liégeois et le collectif Jaune Orange sont décidément à l’honneur ce samedi. The Experimental Tropic Blues Band  illustre de nouveau l’étendue musicale qui réside au sein de la scène de la Cité Ardente. Les volcaniques Dirty Wolf, Boogie Snake et Devil Inferno  nous plongent dans l’enfer sulfureux de leur très particulier boogie/blues/punk-rock ! Guitares en avant et batterie omniprésente, le trio incendie véritablement la foule. Difficile de rester passif face à une prestation aussi explosive. Au fil du temps, The Experimental Tropic Blues Band se forge, à coup de riffs tranchants, une place incontournable dans la scène rock belge.

Pas de répit pour les tympans : les incendiaires Peaches déboulent sur la plaine ! Festivalier convaincu ou non, les pyromanes canadiens vous embrasent de leurs délires électro punk/rock. Au plus grand plaisir des festivaliers, Merril Beth Nisker, ‘reine trash de l’électro-clash’, ne compte pas perdre sa couronne. Sexe et provocation sont omniprésents. Showgirl impulsive, Nisker plonge soudainement sur la foule et se lance dans un interminable stage diving qui la mènera des planches à la régie. Elle marche radicalement sur la foule. C’est alors que la guitariste prend place au centre de la scène. Equipée d’un bustier, de porte-jarretelles et de cuissardes noires, la belle blonde longiligne nous offre des solos guitares électriques. Pas de temps de pause chez les pompiers pyromanes de Toronto. Certainement l’un des plus excentriques et décalés concerts des Ardentes 2009.

La nuit tombe sur un Parc Astrid qui descend progressivement en décibels. Les festivaliers encore subjugués par la performance de Peaches attendent sereinement la venue de Tricky.  Le soundcheck annonce lentement la venue d’Adrian Thaws. L’ancien membre du collectif Wid Bunch et de Massive Attack fait partie des valeurs sûres de la première génération trip hop. Malheureusement, l’attente débouche sur une déception ; et la prestation ne va exclusivement plaire qu’aux oreilles fatiguées. Thaws se conforte dans le coton et nous offre une setlist qu’il ressasse depuis 2 ans, sans enthousiasme. Trop introspective, cette valse de 2 ans s’enlise dans le confort feutré du déjà entendu mais souffre terriblement de cet autisme et ne rencontre que peu d’échos. Le public en mal de sensations fortes tombe rapidement dans l’ennui. Un Tricky trop linéaire qui a tout intérêt à se renouveler d’urgence, sous peine d’extinction…

Désertant progressivement l’HF 6, la foule prend lentement la direction du gazon. NTM ou demi-NTM, les lascars de la Seine-Saint-Denis restent, malgré les années et les générations, un événement rap incontournable. Absent pour sculpture sur voiture, Joey Starr laisse le soin à Kool Shen et ses invités (Salif et Lord Kossity) d’assurer le spectacle. Bruno Lopes use intelligemment  de son expérience et de son professionnalisme pour offrir un service minimum à des fans conquis depuis longtemps. Mettre le feu sur la plaine était dès lors un jeu facile. Resservir un petit « Pass Pass Le Oinj » ou « Ma Benz » devenait un exercice aisé. Bref, peu importe la substance musicale, le résultat prime. Par contre, il me semblait parfaitement inutile de ‘victimiser’ notre ‘ami’ Didier Morville. Au lieu de faire de la démagogie de comptoir, Kool Shen aurait dû se contenter de nous servir quelque mauvaise reprise de Suprême NTM. Lorsqu’il harangue les spectateurs, prenant voix pour Joey Starr, lors d’un merveilleux : ‘Les gens comme nous (entendez ‘les stars du showbizz’) sont en justice défavorisés !!!’, j’explose… de rire ou d’indignation.

Tom Barman aux commandes de Magnus clôture la soirée open air dans un joyeux bordel ! Quand le leader de dEUS s’amuse, il ne le fait jamais seul. Le monstre anversois livre un set électro fidjet maladroit mais essentiellement généreux qui invite le public à envahir la scène,  transformant ainsi la totalité de la plaine en une prodigieuse free party…

Merveilleuse invitation à poursuivre les festivités en indoor.

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Ardentes 2009 : vendredi 10 juillet

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15 mille visiteurs vont traverser les portiques d’entrée pour cette deuxième journée… Vu le line-up en ‘spotlight’ sur le podium rap/hip-hop et électro/techno, les festivaliers étaient venus en masse pour faire la fête sur les bords de la Meuse. Pour accueillir ce flux massif de fêtards, les organisateurs avaient prévu d’agrandir la scène indoor d’un très festif Aquarium. Salle en prolongation de la HF 6 ouverte pour 2 jours (vendredi et samedi) et fermant ses portes à 6h00. Hormis quelques exceptions, la configuration générale invite clairement le visiteur à venir écouter du rap sur l’Open Air et à participer à une grand messe électro/techno dans les sulfureux HF 6 et Aquarium jusqu’à l’aurore.

En début d’après-midi, l’Open Air accueille la sensation pop française du moment : Sliimy. Après une première partie de Britney Spears ce 6 juillet à Paris, le jeune Stéphanois foule timidement les planches des Ardentes. Dans une configuration classique (chant, guitare, basse et batterie), le quatuor nous livre un pitoyable spectacle où seuls la veste mauve et le gant orange jureront d’excentricité. Quelques sourires idiots et quelques gambades de cabri  viendront épicer une performance exsangue et sans grand intérêt. Le ‘Prince’ de la génération lol n’aurait jamais dû déserter son monde virtuel. On s’ennuie fermement.

Formé à Londres en 2003 autour de Matthew Swinnerton et Jamie Hornsmith, The Rakes représentait l’un des rares groupes pop/rock du jour. Le quintette britannique venu nous présenter son dernier opus « Klank », sorti le 23 mars dernier, devait affronter une foule venue massivement découvrir d’autres horizons sonores. La nouvelle sensation britannique nous livre un set soigné et élégant mais souffrant cruellement d’une carence de puissance. Une setlist trop linéaire et sans âme. Le charme n’opère pas auprès du public. Pas de connivence. Aucune interaction. Le groupe n’arrive jamais à convaincre.

Il faudra attendre 19h30 pour que la plaine du Parc Astrid connaisse ses premières envolées musicales. Déjà présents sur le site en 2007, les Etasuniens de !!! (Chk Chk Chk) remettent le couvert et nous invitent à danser sur leur joyeux bordel. Leur dance-punk-groove-électro… agite un public resté jusque là amorphe. Nick Offer parvient très vite à transmettre sa folie contagieuse. Il est présent sur scène et hors scène. La bête Offer (héritier de la scène hardcore) se réveille et plonge dans la foule, excite ses fans… La machine à danser est lancée et personne ne l’arrêtera. Le plaisir d’être sur scène se communique et il le fait à merveille.

La plaine à peine sortie de sa léthargie s’apprête alors à accueillir les deux phénomènes hip-hop américains de la journée : Q-Tip et Method Man & Red Man. Genre musical qui indéniablement attire les foules et pousse au beat time.

Intolérable !!! Non pas tant le retard d’une heure de Method Man & Red Man que la désinvolture affichée par les deux hommes. Le duo new-yorkais livre cependant un gangsta rap extrêmement efficace face à un public préalablement acquis et pas rancunier. Pour le reste, no comment !

Accompagné d’un combo jazz-funk, Q-Tip nous offre à entendre un rap généreux parsemé   de soul et de groove. Figure importante du hip-hop US, le rappeur new-yorkais ne recevra cependant pas les clameurs méritées d’un public déjà secoué par le set mordant des deux phénomènes rap US du moment.

Une foule bouillante attend impatiemment l’un des autres phénomènes musicaux de la journée : Gossip. Toujours armée de son humour décapant et de ses paroles de féministe militante, la reine underground de Portland continue sa campagne contre la dictature de la maigreur. Une véritable performance. Son rock terriblement efficace secoue littéralement la plaine et sa voix la traverse sans obstacle. Pas de stage diving pour Beth Ditto mais une énergie folle et une sensualité débordante. Résultat explosif !  

Le très Français Etienne de Crecy vient alors porter le coup fatal à la main stage. Un live électronique aux sons et lumières impressionnants envahit un parc Astrid déchaîné et noir de monde. Bonne entrée en matière pour annoncer une soirée totalement dédiée à l’électro dans les 2 salles indoor. 

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Ardentes 2009 : jeudi 9 juillet

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Les portes de la quatrième édition de l’électro rock festival de Liège se referment sur les 57.000 visiteurs du bord de Meuse. Malgré le sismographe arrêté, des effluves de musiques mêlées ondulent encore sur les vagues du fleuve. Jeune festival aux ambitions grandissantes, les Ardentes affichent un bilan 2009 globalement positif. Les caprices météo et les annulations en série n’ont pas réussi à jeter des ombres sur l’événement : la diversité sonore et l’originalité de la programmation ont séduit un large public. Entre groupes accomplis et découvertes, les Ardentes 2009 nous offrent à entendre un large éventail musical s’ouvrant et se fermant de 13h00 à 06h00.

Faisant fi de tout clivage musical, le festival invite sur scène des formations aux univers divers, quelquefois divergents, qui se conjuguent et s’entremêlent sur un site et trois scènes. Ainsi, la HF 6, scène indoor tamisée de clairs-obscurs aux atmosphères moites, nous invite à fouler le pavé romain du sentier des saveurs pour nous plonger dans les ambiances lumineuses de l’Open Air. La nuit tombée, le public serpente massivement vers le brumeux Aquarium où se noient, à foison, images et sons électro. La cité ardente ne dort jamais et le festival en est le reflet.

La  programmation 2009 surprend par son éclectisme et conjugue un public de tous les  horizons musicaux. Cette diversité sonore est certainement à l’origine du succès précoce rencontré par le festival liégeois. Sans afficher complet, les genres musicaux se distillent intelligemment sur les quatre jours, et l’affluence s’équilibre en fonction des goûts musicaux. On observera principalement deux catégories de public : les festifs et les amoureux de la musique. Ce phénomène peut aisément se lire en filigrane sur la grille de programmation.

Ainsi, le vendredi et le samedi aux horaires insomniaques mettront, très à propos, l’accent sur une scène Rap et électro délibérément entraînante invitant les festivaliers à la danse. Un souffle sonore se promènera sans interruption de l’Open Air jusqu’à l’Aquarium de 13h00 à 06h00. Jours interminables qui érodent souvent l’attention du spectateur lors des performances de l’après-midi.

Le deuxième axe –jeudi et dimanche– se focalise davantage sur la qualité des groupes programmés. Une dense concentration d’artistes confirmés fait subtilement place à la découverte. Pas d’étiquette pour les Ardentes : Julien Doré se glisse discrètement entre Sharko et Supergrass tandis que Kid Cudi affronte Emilie Loizeau et Mogwai introduit le Grandmaster Flash !          

Le succès du festival repose précisément sur cette diversité des genres où se côtoient rock, electro, hip-hop, house, techno, drum'n'bass, soul, chanson française, folk, pop… Ce brassage peut déplaire aux puristes mais porte ses fruits. Les Ardentes se portent de mieux en mieux et affichent une sérénité digne des grands festivals de l’été et, cela, après sa quatrième édition seulement. Fabrice Lamproye porte d’ailleurs un regard serein sur l’événement : ‘malgré une conjoncture difficile, des annulations sur lesquelles nous ne reviendrons plus et une météo capricieuse, le bilan est positif’. Bilan qui justifie amplement les investissements opérés par les organisateurs et le remaniement des infrastructures.

Jeudi 9 juillet.

13h10 : le festival ouvre ses portes et accueille les premiers visiteurs sous le son cuivré de 40 tubas et trombones. Le site accueillera onze mille festivaliers pour ce premier jour. Au menu principal : Thomas Fersen, Mogwai, Emiliana Torini, Grandmaster Flash…   

The Bony King of Nowhere ouvre tendrement les hostilités. Digne représentant de la prolifique scène gantoise, le groupe chatouille de sa plume douce et aérienne la plaine et les oreilles des premiers arrivants. Les jeunes Gantois aux visages de poupon nous livrent en toute élégance et simplicité une pop tout en douceur. Le groupe est venu confirmer, de la sorte, ses performances préalablement remarquées à l’Ancienne Belgique et lors des Nuits du Botanique en mai dernier.

Malgré la polémique suscitée autour d’Orelsan et sa déprogrammation des Francofolies de la Rochelle, le nouveau rappeur français en vogue est bien présent sur la scène principale des Ardentes. Ses textes, aux relents misogynes et souvent de mauvais goût, n’empêchent pas le moins du monde les ados, présents en nombre sur la plaine, de ‘jumper’ sur les airs du jeune Caennais.    

Deux heures ont suffi pour imprimer le ton dominant des Ardentes 2009 où s’entremêlent pop/rock, rap et électro. Ainsi, la programmation nous invite à investir la HF 6 pour y découvrir les excellents Get Well Soon. Remarqué lors d’une première partie de Calexico à l’Ancienne Belgique, le groupe berlinois compte vraisemblablement parmi les révélations électro/pop de l’année 2008. Projet musical articulé autour du surdoué allemand Konstantin Gropper, il nous convie à découvrir son premier elpee « Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon ». La formation nous entraîne vers des eaux troubles mais hypnotiques. Une atmosphère éclipsée par des stroboscopes blancs qui plongent le spectateur dans le décor grenu et sombre d’un bon film en noir et blanc. Une substance musicale atmosphérique traversée par des éclairs de guitare en colère qui finissent par électriser la salle de sons noisy stridents. La voix de Gropper aux inflexions multiples, oscillant de Thom Yorke à Leonard Cohen, nous livre les clefs d’une pop/rock furieusement lyrique, tragiquement romantique. La HF 6 rencontre d’emblée l’un des meilleurs moments électro/pop de ce festival.  

Après un Herman Dune insipide et un Joshua sans éclat, la délicieuse et pétillante Emily Loizeau gravit les marches à son tour. Du haut de son perchoir et vêtue d’une magnifique robe blanche, l’ange franco-britannique nous livre un set qui vous caresse les oreilles et vous invite à quelques jolies balades champêtres. Une image pleine d’élégance et de sagesse comparable à celle d’une Camille endolorie. Un peu trop sage peut-être…

La nuit tombe sur l’inclassable Thomas Fersen. Vêtu de sa plus belle robe de mariée, le chanteur fou nous engage à pénétrer son univers surréaliste. Affichant son habituelle nonchalance ‘surjouée’, le poète du quotidien nous abreuve de paroles sur des airs de variété française ingénieux. Fidèle à lui-même, il distille des mots acides et verse dans l’autodérision avec beaucoup de talent. La chanson française est à la fête et s’accompagne d’ukulélés, de tambourins, de contrebasses... Rien de sérieux, en somme. C’est là la touche personnelle de Thomas Fersen et cette légèreté insolente touche.

Pas le temps de terminer la dernière valse Fersen. Le son guide irrépressiblement nos oreilles vers la HF 6 préalablement chauffée par Metronomy. Sur scène, rien de moins que les talentueux Ecossais de Mogwai. Valeur sûre de la scène post-rock qui nous avait, néanmoins, déjà déçus par le passé en affichant des sets trop atmosphériques virant parfois à l’ennui. Ce jeudi soir, les Glaswegiens avaient résolument décidé de faire exploser tous les sismographes liégeois. Le voyage électrique commence et nous plonge dans un univers de sons d’une pureté enivrante. La collision des sons est jugulée, la substance sonore distillée savamment. Guitare en avant, la gifle noisy s’élève crescendo,  en bourrasque, brisant les mélodies les plus calmes pour s’élever à un degré de saturation parfaitement contrôlé et justement dosé. Le spectateur en lévitation vibre de sueurs électriques, le mur Marshall lève encore de la voix pour un final explosif. Mogwai, une expérience vivement déconseillée, voire interdite, par tout ORL qui se respecte.

C’est le cerveau embrumé et les tympans dévastés que nos corps prennent la direction de la plaine où Emiliana Torrini est chargée de remplacer la très attendue Lauryn Hill et de clôturer la soirée Open Air. La chanteuse islandaise nous livre un set tout en douceur aux inflexions vocales propres aux chanteurs scandinaves qui invitent subtilement au voyage. Sous une pluie battante, le groupe scandinave prend des allures féériques. Un trip hop délicat et léger qui berce nos sens dans la magie pure du son. Un final agréable mais bien trop calme pour la main stage.

On retrouve très rapidement la foule qui avait déserté Emiliana Torrini, dans l’HF 6 où, parallèlement, le mythique groupe new-yorkais de Grandmaster Flash est tout simplement occupé de mettre le feu au dance floor. Un indoor comble et volcanique aux têtes sautillantes sur les ‘tubesques’ morceaux de Joseph Saddler, pionnier du rap, du hip hop, du scratch et du remix. Enfin, Sonar envahit à son tour une salle déjà incandescente pour clore cette première journée.

Ce jeudi 9 juillet se referme sur un paysage musical kaléidoscopique éclairé principalement par trois prismes : les talentueux Allemands de Get Well Soon, les très électriques Ecossais de Mogwai et le volcanique Grandmaster Flash… 

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Couleur Café 2009 : dimanche 28 juin

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Troisième jour. La prise de risque a été payante. Pas une goutte de pluie. De quoi pleinement profiter du festival, de son marché, de sa scène ‘open air’ ou encore de son inévitable ‘Rue du Bien Manger’ et de ses délices multiculturels. Petit bémol, la visibilité du village ONG est, cette année, insuffisante…   

Zap Mama a ouvert les festivités du dernier jour sur le ‘Titan’. Marie Daulne y a présenté « ReCreation ». Lors de la confection de ce dernier opus, elle a reçu le concours de pointures comme G. Love, Bilal ou encore Vincent Cassel (!). Sur les planches, c’est le frangin Jean-Louis Daulne et les quatre chanteuses originelles de la formation qui accompagnent la Belgo-congolaise. Après son étape à Couleur Café, celle-ci s’envolera en juillet vers la Nouvelle Orléans. Elle se produira également dans le cadre du prestigieux festival Lollapalloza, à Chicago. Ca marche plutôt bien pour la belle.

Plus loin, sous le chapiteau ‘Univers’, le grand Solomon Burke prend place sur un trône s’élevant au milieu de la scène. Réduit à la station assisse pour des raisons médicales, l’homme n’en reste pas moins un véritable showman. Après un départ un peu quelconque, le chanteur de blues invite le fantôme d’Otis Redding et change la donne. La foule se rassemble devant lui à une vitesse exponentielle. Il invite sa fille pour un increvable « I Will Survive », avant d’être rejoint sur le podium par quelques veinards des premiers rangs. Des filles en majorité, of course ! Elles se déchaînent devant le roi qui, de son trône, semble se régaler. Sa voix est puissante, mais Burke calme les ardeurs de certaines en entonnant un sympathique « Stand By Me » avant de leur balancer un petit « Proud Mary » qui les mettra sur les genoux. Les invités inopinés risquent bien de se rappeler longtemps de leur visite au festival !

La grâce de l’âge. Cesaria Evora, qui avait fait faux bond au festival l’an dernier, par ordre de la faculté, est de retour dans la capitale. Elle est en forme. Son vécu se lit sur le visage de la grande dame tandis qu’elle enchaîne les rythmes chaloupés de sa discographie dont le meilleur est rassemblé sur le best of « Radio Mindelo », sorti l’an dernier.

Bénabar lui succède sur les planches de la même scène. Une chose est sûre, que l’on soit fan ou pas, on ne peut pas prétendre que Bruno Nicolini ne sait pas chauffer une salle. Le Français sautille de gauche à droite. Il se plaint tour à tour de la ‘fille qui habite chez lui’, de Muriel qui veut par dire ‘oui’ à son pote désespéré, du mec qui se la pète alors que ‘pas du tout’, des ‘dîners’ imposés ou encore de ‘l’effet papillon’ qui fout la merde du Cambodge au Val-De-Marne. Loin d’être ‘infréquentable’, le jeune homme s’approprie les lieux comme s’il y vivait. Le tout, avec humour et dérision.

Au final, ce sont près de 78.000 personnes qui se sont rassemblées l’espace de trois jours sur le site de Tour & Taxis. Un bien bel anniversaire, si l’on fait fi de la disparition de l’Electro-World et des régies son et vidéo de la scène ‘Titan’, bien sûr. Qu’on se le dise, le festival et son tout nouveau camping urbain réservé aux non-Bruxellois prendront à nouveau leurs quartiers l’an prochain à Tour & Taxis. Après une telle édition, on y sera plutôt trois fois qu’une !

Organisation : Zig Zag.

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