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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Pukkelpop 2009 : samedi 22 juillet

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Samedi 22 juillet. L’édition 2009 du Pukkelpop, ‘pukkel’ pour les intimes, bat son plein depuis deux jours déjà lorsque je débarque sur la plaine de Kiewit. Boulot, métro, dodo oblige, l’affiche exceptionnelle du jeudi m’est passée sous le nez *râle, râle* Pas grave, celle du samedi est un peu moins prestigieuse mais pas mal non plus. On s’en contentera...

Débarquement vers 12h. Sans perdre une seconde, je me dirige vers le ‘Château’, histoire de vérifier si le set très moyen accordé par les deux filles de Telepathe, en mai dernier aux Nuits Botanique, peut leur être pardonné. Erreur, erreur… Le duo est légèrement plus éveillé que lors de sa dernière visite, mais l’énergie libérée est tout simplement inexistante. Je cours donc voir ailleurs si j’y suis.

Sous la ‘Dance Hall’, un trio néo-zélandais au nom évocateur fait son apparition sur la scène. Le Corps Mince de Françoise rassemble une petite foule mal réveillée mais va, petit à petit, parvenir à secouer le parterre à l’aide de tubes radiophoniques à la Chicks On Speed. Les demoiselles sont plus qu’enthousiastes, dialoguent avec un public qui n’a pas l’air de comprendre le moindre mot de leur dialecte néo-zélandais et enchaînent des morceaux pas révolutionnaires pour un sou mais plutôt funs. « Love & Nature », leur premier opus, devrait trouver le chemin des bacs au début de l’automne.

Deuxième visite au ‘Château’. Les Anglais de Shadow Dancer balancent leur beats en pleine tronche d’un public qui se demande ce qu’il lui arrive. L’électro tapageur des deux frangins Farrier attire du monde dans le petit chapiteau sous lequel la température grimpe de manière exponentielle. Shadow Dancer envoie un bon petit set dans les dents des festivaliers… qui aurait gagné à être presté sous la ‘Boiler Room’.

Retour au calme sous le ‘Marquee’ en compagnie du sympathique Jack Peñate. Il est venu présenter son second opus, « Everything Is New ». Le Londonien met du cœur à l’ouvrage et se met le public en poche dès les premières notes de « Second, Minute or Hour ». Le concert se révèle quelque peu inégal, mais Peñate parvient si bien à amadouer le parterre, notamment en le rejoignant le temps d’un morceau, que les chansons les plus mollassonnes sont instantanément oubliées.

Quelques minutes plus tard, le nouveau prodige de l’écurie Warp et de la tendance dubstep, Hudson Mohawke, fait à son tour vibrer le Château. La petite scène sent bon les herbes de Provence et le public semble baigner au sein d’une belle harmonie. L’Ecossais dispense donc un set des plus fédérateurs s’achevant sur son remix du « Oops (Oh My) » de la one-hit-wonder Tweet.

Après la grosse frustration consécutive à l’annulation de leur concert à l’AB, il était hors de question de manquer Gang Gang Dance au ‘Club’. Exit les instruments vintage qui se sont envolés en fumée lors d’un incendie à Amsterdam (NDR : cause de absence en Belgique). Le quatuor, clairement mené par Liz Bougatsos, débarque sur scène devant des instruments flambants neufs et vont hypnotiser la foule pendant une quarantaine de minutes qui paraîtront bien trop courtes… D’excellente facture, le tracklisting est composé essentiellement de nouveaux morceaux dont une ultime composition de toute beauté. De quoi amplifier l’impatience de celles et ceux qui attendent avec anxiété le successeur du splendide « Saint Dymphna » et, apparemment, me faire oublier toute réaction objective...

Un exploit, les deux rappeuses de Yo Majesty, accompagnées de leur DJ ‘trop content d’être là’, débarquent à l’heure sur scène. Les Californiennes jouent à fond la carte de la provocation. Des morceaux tels que « Kryptonyte Pussy » parlent d’eux-mêmes. Shunda K. fait grimper la température en dévoilant sa poitrine, sans aucune gêne et pendant les trois quart du spectacle. En voulant probablement pimenter son show, la demoiselle n’a réussi qu’à détourner l’attention d’une frange du public ; celui-ci passant le reste du temps à multiplier les commentaires cocasses à son égard, plutôt qu’à tendre l’oreille vers les baffles…

Après en avoir pris plein les tympans depuis quelques heures, le contraste provoqué par le récital de Fennesz dans le ‘Château’ est déconcertant. Le brio du Viennois à la guitare est incomparable ; mais difficile de véritablement se sentir impliqué. Fennesz est définitivement un artiste qui gagnerait à se produire dans de meilleures conditions.

Impossible de manquer Peaches, après l’énorme concert accordé à l’AB en mai dernier. Toujours flanquée de ses acolytes de Sweet Machine, la Canadienne offre une prestation différente, mais aussi intense que celle accordée lors de sa tournée en salle. Horaire réduit oblige, la demoiselle se concentre essentiellement sur des extraits d’« I Feel Cream » et quelques uns de ses singles, dont « Kick It », un duo au cours duquel Iggy Pop était remplacé par l’un des membres de Sweet Machine affublé d’une perruque dédiée à la gloire de l’interprète original.

Retour en train oblige, la journée s’achève bientôt pour moi. Tandis que le grand bouffon du rap s’égosille sur la Main Stage, un artiste, A majuscule, déchaîne le ‘Château’. The Bug continue sa promo pour son très bon « London Zoo ». Les petits jeunes se trémoussent à gauche et à droite, sous le petit chapiteau ; mais, à peine le temps de s’immerger dans l’ambiance, qu’il est déjà temps de rejoindre le ‘Marquee’ pour assister au dernier show de la soirée. Du moins pour moi…

Dernière étape : Klaxons. Le trio british préféré des jeunes cools attire une belle brochette de spectateurs pour son concert. Dès le premier accord joué, le public s’élève déjà dans les airs. Les tubes de « Myths of The Near Future » s’enchaînent à la vitesse de l’éclair provoquant mini-pogos et stage-divings à gogo. Seule ombre au tableau, les nouveaux morceaux n’annoncent rien d’alléchant pour le prochain recueil du combo. Les deux ou trois extraits proposés à la Belgique sont tout simplement trop mous pour une formation attendue au tournant. Verdict final dans quelques mois…

 

Pukkelpop 2009 : vendredi 21 août

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En ce deuxième jour de festival, la chaleur est bien plus supportable. Manifestement la conséquence de l’orage qui s’est abattu sur la région, la veille. Les spectateurs vont affluer toute la journée, pour finalement atteindre le chiffre de 59 000. Il faut dire que l’affiche est également très alléchante ce vendredi ; et entre dEUS, Kraftwerk, The Ting Tings ou The Living End, le choix risque d’être cornélien.

En guise d’apéritif, nous nous dirigeons vers le Club. Un combo gantois s’y produit : Yuko. Drivé par Kristof Deneijs, la formation pratique une pop atmosphérique empreinte de douceur. En extrapolant, on pourrait décrire leur expression sonore comme le chaînon manquant entre Tunng et Mùm. Idéal pour remettre les idées de la veille en place.

Par contre, en optant ensuite pour le podium Shelter (NDR : pour la deuxième année consécutive, il remplace la Skate Stage), on sait d’avance qu’on va en prendre plein les oreilles. Car cette scène est réservée aux formations réputées pour la puissance de leur volume sonore. Et elle permet en même temps aux accros à ce style d’apprécier cette musique dans les meilleures conditions. Le premier groupe invité à monter sur ces planches, ce samedi, répond au patronyme d’And So I Watch You From Afar. Un patronyme aguicheur ! Malheureusement, la formation n’a que le nom d’intéressant. Leurs compos sont instrumentales, mais reproduisent tous les stéréotypes du groupe punk de bas étage. Bien sûr, la puissance y est ; mais c’est à peu près tout. Et l’évocation d’une possible comparaison avec 65daysofstatic est suffisante… 

Suite à cette parenthèse finalement sans grand intérêt, place à Alberta Cross. Dans un style réminiscent de Kings of Leon, la formation new-yorkaise va se fendre d’une belle prestation. Les envolées sont bien maîtrisées. Le son est parfait. L’audience du Marquee est totalement conquise. Ce qui leur vaudra probablement une rapide ascension dans l’univers du pop/rock, d’ici quelques mois…

Mais le premier véritable événement de la journée débute à 15h10. Et pour cause, les cinq marionnettes de Puppetmastaz sont au programme. Le spectacle est à peine commencé que le public vibre. Et s’il réserve ses faveurs au déjà célèbre Maître Yoda ainsi qu’au rhinocéros déjanté, il acclame l’intégralité du show, qui va s’étaler sur 40 bonnes minutes. Parfois en ne sachant plus où donner de la tête. Le collectif hip hop allemand va donner tout ce qu’il a dans le ventre. Il va même se dévoiler, le temps d’une chanson. Et nous permettre de découvrir qui se cache derrière ces étranges bestioles. Tout de blanc vêtus, les cinq membres exhibent alors leur flow, en direct, à tour de rôle…

C’est donc une âme d’enfant retrouvée que nous retournons au Shelter afin d’y assister à la prestation du trio gallois Future Of The Left. Première constatation, le chanteur et le batteur du défunt groupe McLusky sont toujours des fous furieux. La basse martèle de bons gros riffs pendant qu’Andrew Falkous se déchaîne au chant. La batterie découpe le rythme par saccades. La musique de Future Of The Left a même gagné en intensité ce qu’elle a perdu en subtilité. Ce qui rend le tracklisting fort homogène. Malgré leur set de bonne facture, on s’attendait quand même à mieux de la part d’un groupe qui a recueilli tellement d’éloges lors de la sortie de son dernier opus, « Travels With Myself and Another ».

Juste le temps de souffler 10 minutes et il est déjà temps de rejoindre le Château afin de suivre le récital de Bill Callahan. L’imposant gaillard est flanqué de ses musiciens. L’ex-chanteur de Smog alterne chansons calmes comme l’excellente « Too Many Birds » et d’autres plus rythmées telle que « Diamond Dancer ». Le crooner folk, dont le timbre n’est pas sans rappeler celui de Kurt Wagner (Lambchop), nous livre une prestation véritablement impressionnante, en opérant une sélection dans le répertoire de ses deux albums solo, « Woke on a Whaleheart » et « Sometimes  I Wish We Were An Eagle ». Et lorsque l’Américain quitte la scène, il nous abandonne à notre spleen festivalier…  

Next stop, The Jesus Lizard. Encore un retour ! Mais à l’instar de celui de Faith No More, celui-ci ne sent pas la naphtaline. 10 ans après leur dernier concert, les énervés de Chicago revenaient à Hasselt, drivés par un David Yow toujours aussi ravagé. Libérant une fameuse dose d’énergie, les Yankees revisitent leur 4 albums dans un Shelter rempli et comblé de redécouvrir ce groupe vraiment pas comme les autres. La moitié du temps dans la fosse, le leader tient le public en éveil, malgré la fatigue et la chaleur ambiante. David Yow devrait mourir sur scène…

Le Marquee est notre destination suivante. Nous ne voulons pas manquer la révélation de l’année 2008, Vampire Weekend. Le monde afflue pour découvrir le rock, aux influences africaines revendiquées, des New-yorkais. Certains pourraient leur reprocher le côté propret des musiciens et de leur musique ; mais leur prestation ce vendredi a été tout simplement superbe. Emmené par Ezra Koenig et Rostam Batmanglij, visiblement heureux d’être là, Vampire Weekend enfile une à une les perles pop de leur unique album concocté à ce jour. Le public participe à la fête qui devient même totale. Car pendant une petite heure, les dignes héritiers des Talking Heads ont vraiment ravi leur auditoire.

Cap ensuite vers le Château afin de découvrir les très hype Crystal Antlers. Une hype qui n’en est pas vraiment une ; car mêlant habilement rock, psyché, hard et prog, le set tient la route. Dès les premiers accords, nous sommes littéralement fascinés par leurs compositions hypnotiques et survoltées. La voix de Jonny Bell est rauque mais envoûtante. C’est décidé, dès mon retour à la civilisation, je me paie leur album.

Déjà minuit. Nous sommes toujours au Marquee où va se produire une des têtes d’affiche : dEUS. En fait la formation anversoise se produit deux jours de suite au Pukkelpop. Ce vendredi et le lendemain, pour ses deux seules apparitions en ‘live’ de l’année 2009. dEUS est à n’en pas douter le meilleur groupe belge de tous les temps. Nous avons, en outre, un petit faible, pour leurs trois premiers opus. Mais à l’issue de ce set en demi-teinte, on se demande si la bande à Tom Barman n’est pas au bout du rouleau. Le début du set est laborieux. Et la suite nous semble à la limite du soporifique. Nous sommes peut-être placés un peu trop loin du podium ; n’empêche, cette prestation constituera certainement une de nos plus grandes déceptions de cette édition du Pukkelpop…

C’est sous le coup de la désillusion que nous arrivons au bout de notre petite escapade musicale du weekend. Kraftwerk se chargera de fixer les dernières images sur nos rétines. Les pionniers allemands de l’électro nous surprennent en se servant de projections d’un autre âge. Par contre, si leurs compos sont spartiates, elles sont bigrement dansantes. « Autobahn » ou « Tour de France » sont des classiques que nous sommes heureux de découvrir en direct. Leur musique n’est pas notre tasse de thé, c’est un aveu. A cause de ce manque d’humanisme qui à force peut devenir agaçant ; mais la cohérence de l’ensemble ne peut laisser indifférent.

A l’issue de ce concert électronique presque apaisant, nos esprits se réveillent rapidement. En fait mon frère m’annonce avoir perdu notre sac contenant nos clefs de voiture et nos GSM. La nuit risque d’être longue et… rock n’ roll !

 

Pukkelpop 2009 : jeudi 20 août

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La vingtième édition du Pukkelpop a donc débuté ce jeudi 20 août sous un véritable soleil de plomb. Des milliers de jeunes –60.000 pour cette seule journée– se sont donc réunis pour voir et écouter leurs artistes favoris, mais également découvrir les futures stars de la musique alternative. Parmi la foule, de nombreux mélomanes belges ; mais aussi issus des quatre coins de la planète. Même des Mexicains et des Ukrainiens. Cependant, une majorité d’Européens, quand même… Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que cette année encore, les programmateurs se sont surpassés afin de nous offrir ce qui se fait de mieux en matière de musique plus ou moins ‘indie’.

Inhabituelle pour la Belgique, la canicule sévit déjà dès les premières heures de la journée. La plupart des festivaliers ont pris d’assaut la Main Stage, seul site à ciel ouvert, pour découvrir la nouvelle sensation anglaise, The Maccabees ; mais aussi pour essayer de profiter d’un peu d’air frais ( ?!?!?) qui fait cruellement défaut sous les chapiteaux. Manifestement influencé par Arcade Fire et Animal Collective, le groupe de Brighton va accorder une prestation, ma foi, fort correcte ; même si le combo ne parviendra pas à mettre le feu à la plaine ( ?!?!?) En fait, le club était sans doute mieux adapté à son statut. Mais peu importe, cette opportunité a sans doute permis aux Britons de profiter d’un public bien plus nombreux, quelques mois à peine après leur passage au Botanique.

La prestation de The Maccabees à peine achevée, direction le Château afin d’assister à celle de Vetiver. Malheureusement, la chaleur qui règne sous la tente est insupportable. Impossible de résister à cette fournaise, sans devoir sortir pour se réoxygéner. Pas idéal pour juger le folk rock empreint d’une grande sérénité des Américains. Aussi, après avoir quand même pu apprécier quelques titres extraits de leur dernier excellent album, « Tight knit », il faut battre en retraite. Dommage, car Andy Cabic et ses acolytes semblaient pourtant bien en place…

Vers 13h, se produit la dernière ‘sensation’ belge. Elle nous vient tout droit de Louvain et s’appelle Selah Sue. Elle est âgée à peine de 19 ans. Armée de sa guitare, cette jeune fille nous délivre de jolis petits morceaux de soul/pop sous le regard d’un public flamand acquis à sa cause.

Sur la Main Stage, la Belgique est encore à l’honneur. Et pour cause, les Bruxellois de Ghinzu sont venus présenter leur dernier opus « Mirror Mirror ». Mais la notoriété du combo a déjà dépassé les frontières depuis belle lurette. Véritablement déchaînés sur les planches, John Stargasm et son team méritent amplement leur réputation de groupe de scène. Il est rare de voir un public conquis par un set à une telle heure de la journée (NDR : on n’est encore qu’au milieu de l’après-midi !) sur la Main Stage. Ghinzu est probablement le meilleur groupe belge en ‘live’ du moment. Et le spectacle décevant accordé le lendemain, par dEUS, en est probablement la plus belle confirmation.

Place ensuite à une des grandes révélations de l’année 2009 : Bon Iver. Le folk mélancolique et intimiste du natif du Michigan a cependant été, pour la circonstance, adapté pour mieux coller à l’‘ambiance festivalière’. Ses morceaux sont ainsi plus rythmés que d’habitude ; mais sans pour autant perdre leur aspect tourmenté et bouleversant.

Pour continuer à baigner dans l’univers du folk, un détour par le Château s’impose, puisque le combo californien, Port O’Brien est au programme. Héritier naturel de Modest Mouse, voire de Bright Eyes, le band est venu présenter son dernier opus édité l’an dernier. Le quintet yankee maîtrise parfaitement son sujet. Il enfile de véritables perles pop, subjuguant littéralement l’audience. A l’issue de ce concert, on a la conviction que ce combo ne mettra plus très longtemps avant de conquérir le Vieux Continent.

Le show des Deftones commence à 20 heures sur la Main Stage. Plutôt fans à leurs débuts, on craint quand même de vivre une grosse déception. Il est parfois préférable de conserver un bon souvenir d’idoles du passé que de devoir être confronté à la dure réalité de l’état des lieux des groupes vieillissants… Une situation tellement courante chez les formations qui émargent au néo métal. En 2008, victime d’un grave accident de la circulation, Chi Cheng a entamé une très longue convalescence. En mai dernier, il est enfin sorti de revalidation. Il a été remplacé par un nouveau bassiste. Affichant un look proche des rappeurs de Cypress Hill, il se montre déjà très à l’aise dans sa fonction. Et bonne nouvelle, le groupe va livrer un set d’honorable facture, mais surtout bourré d’énergie. Seule la voix de Chino Moreno semble avoir perdu de sa superbe. Mais l’arrivée soudaine d’un orage impressionnant rafraîchit l’atmosphère… et la foule aussi. Une perturbation qui va conférer une allure apocalyptique, mais bienvenue au show. De quoi laisser une bonne impression finale. Deftones est bien le seul groupe de l’horrible scène néo-métal à s’en sortir honorablement…

Il est malheureusement temps d’abandonner le spectacle des Deftones, qui se déroule sous les trombes d’eau, pour nous rendre au Club afin d’assister à la prestation des prodiges de Grizzly Bear. Le changement est radical. C’est qu’entre le metal des Deftones et la pop des New-yorkais, il y a un gouffre. Quelques chansons sont quand même nécessaires avant de pénétrer dans l’univers complexe du groupe. Mais une fois cette étape passée, le bonheur est au rendez-vous. Leur concert et leur énergie positive donnent alors vraiment l’envie de découvrir leur dernier album, tant acclamé par la presse.

Direction le Marquee pour le concert surprise. En fait les rumeurs allaient déjà bon train ; et on se doutait qu’il s’agissait bien de Them Crooked Vulture, le nouveau supergroupe monté par Dave Grohl, Josh Homme et John Paul Jones. Le rock proposé par les stars du rock américain est convaincant et proche de celui de Queen Of The Stone Age. La foule est au rendez-vous pour cette surprise de qualité. Et puis quelle joie de revoir Dave Grohl à la batterie !

Devotchka est déjà sur le podium du Marquee, lorsque nous débarquons. Them Crooked Vulture nous a mis quelque peu en retard. Mais pas question de manquer les Texans. Leur concert consenti à l’AB en juin 2008 avait fortement impressionné. Mais apparemment le groupe jouit d’un succès conséquent en Flandre depuis la sortie de la B.O. de ‘Little Miss Sunshine’, car il nous faut plus de 15 minutes avant de pouvoir entrer dans le chapiteau. Résultat des courses, nous ne pourrons entendre que quatre chansons. Et déjà de se confondre en regrets, car la fin du spectacle de Devotchka est tout bonnement remarquable. On assiste même à une très jolie chorégraphie, au cours de laquelle des danseuses s’enroulent les pieds dans des rubans accrochés depuis le plafond. De quoi accentuer l’aspect manouche et déambuler sur le fil des émotions de la musique. La bande à Nick Urata mérite assurément son succès !

Le concert le plus attendu de la soirée était bien entendu celui de Faith No More. Après plus de 10 années d’absence, le gang de San Francisco revient pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans. Nous sommes très sceptiques à l’égard du come-back des légendes. Le plus souvent, elles ne renaissent que pour des raisons bassement lucratives. Mais pas chez Faith No More ! En effet, Mike Patton n’a cessé de multiplier les expériences depuis le split du groupe, en 1998. Des projets baptisés Tomahawk, Peeping Tom, Mr. Bungle et j’en passe ; mais surtout des aventures toutes plus audacieuses les unes que les autres. Et le reste du groupe n’est pas resté inactif. A l’instar de Roddy Bottum, impliqué au sein d’Imperial Teen. Dès les premières notes, le public sent qu’il va vivre un événement exceptionnel. Elégant dans son costard, les cheveux gominés, la chaîne en argent, Mike Patton possède un charisme rarement vu en ‘live’. Son aura est même proche d’un Johnny Depp rock n’roll… Les tubes s’enchainent : « Epic », « Digging the Grave », « Easy » ou encore « Midlife Crisis ». Mais aucun temps mort. Le concert dure plus d’une heure ; mais absorbés par le set d’un des groupes les plus importants des 90’s, on ne voit pas le temps passer. Un grand moment du festival ! Et rien de tel que d’achever la journée sur une aussi bonne note. A demain !

Esperanzah ! 2009 : dimanche 2 août

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Holà Esperanzaaaaah! : dimanche, journée sportive!

Une journée sportive s’annonce, car l’affiche proposée ce jour est fertile en curiosités à voir et à écouter… De la Cour au Jardin, le sprint a commencé vers 15h et s’est arrêté à 00h30. Enchaînement d’artistes et de rythmes différents. Une richesse pour les oreilles. L’envie de faire quelques recherches supplémentaires sur des groupes comme Trio Joubran, Danakil ou Eva Ayllón.

Sous la grisaille qui coiffait le site, ce sont les frères Joubran (NDR : un trio !), épaulés par le percussionniste Youssef Hbeish, qui nous accueillent tout en douceur. Les trois musiciens jouent harmonieusement de l’oud (NDR : cette sorte de luth à manche court se rencontre surtout dans les pays arabes, mais également en Turquie, en Arménie et en Grèce). Reconnus internationalement pour la maîtrise de leur instrument et leurs talents d’improvisateurs, ils sont parvenus à nous flanquer un frisson tout au long de l’échine. Une sensibilité mêlée de poésie dans un cadre vallonné. Finalement, la petite brume qui nous enveloppait collait parfaitement à l’atmosphère du set.

Les Caricoles et les Noces de Zink ont assuré la relève. Placez dans un shaker, accordéon, cuivres et percussions ; agitez bien et vous obtiendrez instantanément un nectar revitalisant. La collaboration entre ces deux groupes est un antidote contre la morosité.

« Ethnophony » est le nom du premier album de Fredy Massamba. Sa sortie dans les bacs est prévue à l’automne de cette année. Ancien percussionniste de Zap Mama, son parcours musical se bonifie au gré des voyages et des rencontres. C’est ainsi que lors d’une escale à Dakar, le bassiste suisse Fred Hirschy lui propose de tenter un mélange entre leurs influences. Soit entre celles de l'Helvète, trempées dans le soul & jazz et du Belgo-congolais, évidemment ethniques. Portées par la voix chaude de Fredy, les paroles sont chantées en kikongo et en lingala. On est immédiatement porté par le rythme. Une bonne humeur se répand et quelques rayons de soleil percent même à travers les épais nuages.

Du reggae français ! Peu après leur entrée en scène, Danakil, nous démontre qu’il maîtrise parfaitement les tempos jamaïcains. Une identité propre. Leur reggae nu roots véhicule des textes qui dénoncent les travers d’une société en mutation. La section de cuivres vient appuyer le tandem basse/batterie pendant que le chanteur, Balik, transmet une énergie communicative. Malgré la pluie qui s’est abattue, leurs mélodies roots captivent les festivaliers. Ils sont d’ailleurs restés dans l’arène jusqu’à la fin du concert.

La reine et la légende de la musique afro-péruvienne était de passage en Europe. Peu de dates sur le Vieux Continent pour Eva Ayllón. Entourée par 7 musiciens, la reine de la musica creolla, est apparue rayonnante sur la scène Côté Jardin. La dame a fêté ses 30 ans de scène et le moins qu’on puisse dire en la voyant, c’est qu’au fil des années, elle prend toujours autant de plaisir à chanter, danser et communier avec le public. Et quand les musiciens se mettent à danser avec elle, il est impossible de rester de marbre à les regarder sans se mettre soi-même à bouger. Un honneur de pouvoir partager ce moment de musique latine en compagnie de la Tina Turner du Pérou.

Il tenait à figurer à l’édition 2009 du festival Esperanzah !; car pour lui cette participation avait ‘du sens’. Abd Al Malik joue avec les mots. Déjà comparé à Jacques Brel, ce magicien de la prose, slamme en partageant sa vision altruiste dans le but que les choses bougent. Et il y parvient ! Sa tête bien sur les épaules, sa musique séduit. Jazzyfiant, son style est parfois teinté de rock ou de hip hop. Ce généreux communicateur n’hésite pas à se poser et prendre le temps d’échanger ses idées. Si vous avez des a priori sur l’étiquette ‘rap’ qu’on lui colle, prenez le temps d’écouter son dernier single « C’est du lourd ». Votre jugement pourrait fort bien changer…

Le festival se clôture sur les couleurs verte, jaune et rouge arborées par Alborosie & Sheng Yeng Clan. Du 100% reggae chanté par un Italien pure souche qui a migré en Jamaïque, il y a quelques années. En musique, la magie naît souvent de mélanges improbables. Esperanzah ! l’a prouvé durant ce week-end. Les styles se chevauchent et les sons virevoltent. Qu’ils soient traditionnels ou modernes, la musique est sans frontière.

Retrouvez tous les groupes cités sur leurs pages personnelles :

http://www.letriojoubran.com
http://www.myspace.com/lescaricoles
http://www.myspace.com/fredymassamba
http://www.myspace.com/danakilweb
http://www.myspace.com/abdalmalikdante
http://www.myspace.com/alborosie

(Voir aussi notre section photos)

 

Esperanzah ! 2009 : samedi 1er août

Écrit par

Holà Esperanzaaaaah ! : samedi, la bonne humeur contagieuse.

Les groupes se succèdent. L’affiche se veut festive et populaire en proposant des groupes comme La Chiva Gantiva et Bandabarlo. L’Afrique de l’Ouest est également très présente ce samedi. Et Bassekou Kouyaté & Ngoni Ba ainsi que Tiken Jah Fakoly en sont les plus belles illustrations.

Programmée en début d’après-midi, La Chiva Gantiva a mis le feu aux poudres. Son énergie s’est propagée auprès de tous les festivaliers présents dans la cour. Dès le premier morceau, le public est au taquet. Une base punk-latino. Une section cuivre en fureur. Le groupe bruxellois regorge de stratagèmes pour faire danser son auditoire. La mise en scène est soignée, les musiciens complémentaires et la complicité remarquable. A suivre de près !

Dans le même registre, la Bandabardó incite à remuer et à bouger tout son corps. Ce groupe italien est né en 1993 et sillonne les routes d’Italie et d’Europe sans relâche. La Bandabarló, c’est une bande de copains connue dans toute la botte. Ils sont la référence en matière de fête. Leur but : faire chanter (‘même si on chante faux’), inciter à danser, et surtout, jouer de la musique pour sourire. De vrais troubadours aux allures baba-cool qui n’hésitent pas à imaginer des mises en scène théâtrales pour soutenir les textes de leur répertoire.

Un autre voyage. Sur un autre continent, Bassekou Kouyaté et Ngoni Ba imposent le respect et attirent l’attention. En habits traditionnels du Mali, c’est avec une grande élégance que Bassekou, sa femme Ami Sacko et le quartette Ngoni Ba nous invitent à explorer les trésors dont la musique traditionnelle d’Afrique de l’Ouest foisonne. La singularité du groupe est la maîtrise d’une petite guitare mandingue, appelée N’Goni. Leur blues plutôt roots est caressé par la gracieuse voix d’Ami Sacko. Les rythmes maliens sont entraînants et touchent l’âme à sa source. C’est un peu comme si ces ingrédients raffinés étaient en nous depuis la nuit des temps et se réveillaient à l’écoute de ces instruments ancestraux. Un rapport à l’autre, à la nature et aux traditions qui se transmet à travers la virtuosité du groupe.

Témoin de l’évolution sociale et politique de son pays (la Côté d’Ivoire), Tiken Jah Fakoly pointe du doigt les oppressions et les injustices dont sont victime le peuple africain. Un reggae engagé dont les textes et les messages souvent incisifs sont destinés à éveiller les consciences du public. Sur les traces d’Alpha Blondie, ce rasta ivoirien dissipe ses bonnes ondes depuis plus de 15 ans. Il chante sa révolte, et samedi soir, Côté Jardin, on peut dire que le public était très réceptif. Cinq ans que le programmateur voulait le voir jouer dans le cadre du festival !

Des odeurs d’épices (du monde) flottaient dans l’air. Pour clôturer cette journée, ceux qui avaient encore de l’énergie sont allés sauter sur des airs de rap musette. Java a, paraît-il, pour devise ‘Sexe, accordéon et alcool’. Inutile d’en dire plus. La fin de soirée a dû être chaude !

Retrouvez tous les groupes cités sur leurs pages personnelles :

http://www.myspace.com/lachivagantiva
http://www.myspace.com/bandabardo
http://www.myspace.com/bassekoukouyate
http://www.myspace.com/tikenjah
http://www.myspace.com/javathefrenchband

(voir aussi notre section photos)

 

Esperanzah ! 2009 : vendredi 31 juillet

Écrit par

Holà Esperanzaaaaah!

Chaque premier week-end du mois d’août, à l’intérieur des hauts murs de l’enceinte de l’abbaye de Floreffe, l’espace est occupé par des citoyens du monde. Nous. Festivaliers, bénévoles et organisateurs. Eux. Musiciens, artistes et autres saltimbanques. Originaires du terroir ou de terres plus éloignées. Ensemble, on se mélange, on découvre et on partage.

Carrefour des Musiques du Monde, Esperanzah ! se définit comme un festival des musiques nomades, engagées et plurielles. Fidèle à ses valeurs, l’année 2009 s’est clôturée dimanche par un bilan très positif. Invitation à un parcours non exhaustif de l’ambiance et des groupes qui ont permis à cette édition de se traduire en un moment de convivialité et de découvertes.

Quelques têtes d’affiche, incontournables telles Charlie Winston ou Abd Al Malik pour aguicher celles et ceux qui n’oseraient pas s’aventurer sur les traces d’un festival dont la priorité vise surtout la découverte de talents. Les invités ont tous conscience des valeurs humanitaires du projet. L’esprit du festival et son identité artistique sont étroitement liés. Le résultat engendre une programmation ouverte au monde et à la solidarité.

Vendredi, sous le soleil.

Les campeurs s’installent, le public prend possession des lieux. Pour ouvrir les festivités, Domguè et son complice Doctor Pimp tentent de secouer les premiers arrivés. Sans trop y parvenir. Leur cocktail –voix gutturale, sax et ‘groove box’– ne parvient pas à réveiller l’ensemble des spectateurs. Il faut dire que des shoots d’électro à 15h, c’est surprenant et surtout trop tôt !

Hindi Zahra est une chanteuse née au Maroc. Son folk est teinté de blues, juste. Elle a déjà partagé l’affiche de Suzanne Vega et de Yaël Naïm. Sa musique est douce et aérienne ; mais elle manque peut-être encore de force. Et surtout de charisme. Une identité à développer pour faire jaillir l’étincelle. Elle est néanmoins promise à un futur certainement très prometteur.

L’après-midi était jusque là fort calme. Mais l’arrivée sur la scène Côté Cour de Firewater va enfin attiser l’ambiance. A l’origine du projet, Tod Ashley. Ulcéré à l’époque, par la réélection de Bush, ce citoyen américain a fui l’étroitesse politique de son pays, en voyageant pendant 3 années. Durant ce périple il a rencontré des musiciens du monde et opéré des collaborations pour nourrir sa musique. Son set world-punk jubilatoire est soutenu par Yuval Gabay, un percussionniste acrobate et endiablé… Leur dernier album, « The Golden Hour », (2008) est sans aucun doute un concentré vitaminé à avoir sous la main pour les barbecues animés de cet été.

Surfant sur des vagues free-jazz, funk et soul, Anthony Joseph a provoqué les déhanchements de la foule. Flanqué de son Spasm Band, ce guerrier du verbe, poète envoûtant, nous transporte tout en légèreté vers les sables chauds de Trinidad. Un groove hypnotique sur les traces de Fellah Kuti ! Anthony Joseph, sa voix caverneuse et sa bouteille de rhum (NDR : jamais très loin) est parvenu à faire grimper la température de plusieurs degrés. Le public bouillonne et s’agite. La fête ne fait que commencer !

SoCalled ou quand modernité se marie aux sons tziganes. Celle et ceux qui apprécient les mélanges incongrus entre hip hop, jazz, electro et gipsy ont aimé. Personnellement, la prestation de leur leader, Josh Dolgin, ne m’a pas convaincue.

La nuit tombe sur le somptueux décor de l’abbaye. Avant de prendre le bain de foule qui attend Charlie Winston, un passage furtif du côté de la 3e scène s’impose. Podium quelque peu négligé mais qui regorge pourtant de très bons groupes belges. Le Wild Boar & Bull Brass Band est un exemple en matière de combinaison de styles. Des musiciens jazzy s’adonnent à cœur joie sur des rythmes hip hop. Un mélange original, explosif et décapant.

Le très attendu et séduisant Charlie entre en scène à 22h tapante. Des fans féminines sont au bord de l’évanouissement et s’époumonent à la vue du charmant jeune-homme. Comparativement aux Nuits Botanique, le début du concert manque d’énergie. Les premiers morceaux s’enchaînent sans manifester beaucoup de dynamisme… L’homme au chapeau serait-il fatigué ce soir ? Il lui faudra d’ailleurs ¾ d’heure avant de parvenir à s’imprégner des lieux et enfin nous offrir une prestation digne de ce nom. Les rappels font tout oublier. L’incroyable Benjamin Edwards souffle dans son harmonica. Charlie Winston invite une petite fille du public à monter sur les planches pour exécuter quelques pas de danse. Le tout devient magique. Le sourire aux lèvres, l’audience est rassasiée.

Caravan Palace clôturait la journée. Cette formation parisienne participe à une multitude de festivals d’été. Son concept est aussi très particulier. Une rencontre entre jazz manouche des années 30 et electro moderne. Un brin dément, le sextet est rôdé et semble laisser peu de place à l’improvisation. La chanteuse, Zoé Colotis, ajoute une touche très glamour à l’ensemble. C’est surprenant et plutôt intriguant mais on finit vite par décrocher. Cette mode de poser de l’electro sur de la musique traditionnelle, c’est festif et joyeux. Par contre, on s’en lasse vite aussi.

Une première journée très éclectique, marquée par Firewater, Anthony Joseph et Charlie Winston. Le lendemain, d’autres nouvelles surprises. Vite ! Dodo !

Retrouvez tous les groupes cités sur leurs pages personnelles :

http://www.myspace.com/domgue
http://www.myspace.com/zahrahindi
http://www.myspace.com/realfirewater
http://www.myspace.com/adjoseph
http://www.myspace.com/socalled
http://www.myspace.com/charliewinston
http://www.myspace.com/caravanpalace

(voir également notre section photos)

 

 

Dour festival 2009 : dimanche 19 juillet

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Bien que le festival n’ait pas atteint le sold out cette année, il n’en est pas loin. Ce sont en effet 140.000 spectateurs qui se sont pressés sur la Plaine de la Machine à feu, soit 35.000 par jour, juste en-dessous de la capacité maximale du site, limitée à 36.000 personnes.

Et les chiffres de fréquentation n’étaient pas la seule raison de se réjouir des organisateurs qui, du coup, affichaient un large sourire lors de la conférence de presse. Et en parlant de presse, la couverture du festival a été très importante, vu la présence de 850 journalistes dont 500 Belges, 200 Français, 50 Néerlandais et 40 Britanniques. Mais aussi quelques Australiens, Canadiens, Suisses, Tchèques, Allemands, Estoniens, Espagnols, Grecs, Grand-ducaux, Polonais, Réunionnais et Etasuniens.

Le dimanche est généralement le jour du festival au cours duquel l’affiche est la plus alléchante. Ce qui explique la présence d’un plus grand nombre de spectateurs. Enfin, c’était le cas lors des éditions antérieures. Mais cette année la règle a changé ; il faut d’ailleurs bien avouer que la programmation était bien plus intéressante, le jeudi, vendredi et samedi…

Et en évoquant les éditions précédentes, revenons-en à la troisième. Celle qui s’est déroulée en 1991. En pleine explosion du rock alternatif. A cette époque l’affiche réunissait quasi-exclusivement de groupes belges et français issus de ce mouvement ; et en particulier les artistes issus du label ‘Boucherie productions’. Les Wampas s’y produisaient. Et 20 ans plus tard, ils sont de retour à Dour. Leur recette n’a pas changé. Didier Wampas chante toujours aussi faux. Il se démène comme une rock star. Se mêle régulièrement à la foule, allant jusqu’à embrasser des spectateurs pendant de longues minutes. Mais la recette fait mouche. Leur discographie est passée en revue : depuis leur elpee paru en 1993, « Les Wampas vous aime » jusqu’au dernier opus, « Les Wampas sont la preuve que Dieu existe », sans oublier leur single provocateur « Universal » (NDR : provocateur, vu que le combo vient de signer chez la major). Le public passe un bon moment, le show des Wampas se prêtant idéalement à l’ambiance d’un festival. Mais il y a des groupes bien plus novateurs à Dour, ce dimanche ; et notamment The Horrors.

Lors de leur dernier passage à Dour, The Horrors était considéré comme l’un des hypes du moment. Faut dire que le NME avait une nouvelle fois mis la gomme. Enluminée d’une déco aussi kitsch qu’inutile, leur prestation n’était même pas digne d’un film de série B. Une grosse daube, quoi ! Heureusement le band a fait d’énormes progrès et l’a prouvé sur le podium du Club circuit-Marquee. Devant un public moins dense, mais plus attentif que celui des Wampas, les Londoniens vont nous dispenser une pop, certes largement inspirée des 80’s (NDR : pensez à Joy Division et Echo and the Bunnymen) ; mais exempte de revivalisme, comme certains ensembles contemporains ont trop tendance à abuser. Faris Badwan, le chanteur, n’a plus besoin de se maquiller, ni de grimacer outrancièrement. Il manifeste un véritable charisme, digne de Bobbie Gillepsie voire du défunt Ian Curtis. A mon humble avis, les prochains épisodes de The Horrors risquent de devenir fort intéressants. Une bonne raison pour suivre leur carrière de très près.

Autre groupe qui monte : Caribou. Comme son patronyme le suggère, il est issu d’Amérique du Nord. Du Canada très exactement. Paru en 2007, « Andorra », avait été plébiscité par plusieurs rédacteurs de Musiczine (dont votre serviteur) comme un des meilleurs albums de cet exercice. Et sur scène, la bande à Dan Snaith confirme tout le bien qu’on pensait d’elle. Un kaléidoscope hypnotique est projeté sur un écran derrière le groupe, histoire de mieux nous plonger dans leur univers psychédélique. Deux batteurs sont placés face-à-face en avant-plan de la scène. Pas très habituel comme disposition. Leur musique évolue quelque part entre celle de Tortoise et d’Ozric Tentacles. Et à l’écoute de morceaux comme « Yeti » ou « Sandy », on est au bord de l’envoûtement. Car si leur style est plutôt singulier, le band possède un don pour flatter l’oreille. Une découverte, assurément !

Le fidèle animateur de Pure FM, Pompon, s’est multiplié tout au long de cette édition du festival, passant d’une scène à l’autre, pour introduire et présenter bon nombre de groupes. ‘Bon, ben le festival touche à sa fin’, déclare-t-il depuis le Club circuit Marquee. Il est alors 23h, ‘Et profitez-en, car c’est le dernier concert vraiment rock de ce festival’. Car lors de cette édition 2009, passé minuit voire 1h du mat’, il n’y a plus de concert rock. Place alors aux clubbers et amateurs d’éclectro qui prennent alors le relais de la programmation. Une bonne raison pour profiter de la prestation du dernier combo purement rock’n’roll qui foule les planches à Dour. En l’occurrence Boss Hog. A la tête de ce groupe on retrouve l’inusable Jon Spencer (NDR : c’est un habitué du festival, même s’il s’y est souvent illustré en compagnie de groupes différents) et la sulfureuse Cristina Martinez. La mise en route est laborieuse. Mais lorsque Christina se lâche, le show commence à s’enflammer. A charge de Jon de la suivre dans ses délires. Le service technique a du boulot et doit régulièrement intervenir pour rebrancher micros et amplis. Lors de leur show, ils vont nous dispenser une remarquable version de leur single « Whiteout », digne du « Mean machine » des Cramps. Fortement typée ‘Rock garage’, l’audience est ravie. On se serait presque cru revenu à l’époque de Fonzie dans la série « Happy days ».

Un petit crochet par la Magic tent cependant s’impose. Elle est ultra-bondée. Il y a même des spectateurs agglutinés une bonne dizaine de mètres à l’extérieur du chapiteau. Soldout est l’objet de cette affluence. Il mérite donc bien son nom ! Le duo bruxellois est à l’affiche de plusieurs festivals, cet été. Et y rencontre un large succès, à chaque fois. Et vu leur évolution scénique acquise au fil des années, il faut reconnaître que ce succès est mérité. Longue vie à Soldout !

Il est minuit et le festival touche déjà à sa fin pour votre serviteur. Comme précisé ci-dessus,  plus aucun concert rock n’est à se mettre sous la dent (NDR ou plus exactement dans le tuyau de l’oreille). Néanmoins, par conscience professionnelle, je décide d’aller assister au set d’une des têtes d’affiche de ce festival. Elle se produit sur la grande scène : Aphex Twin (+ Hecker). Incontestablement, vu le peuple entassé devant la Last Arena, elle atteint le record incontesté de popularité. L’affiche a été dévoilée très progressivement et plus tardivement que lors des précédentes éditions. Mais la participation d’Aphex Twin a été annoncée très tôt. De quoi réjouir les fans d’électro. C’est que Richard David James (de son vrai nom) possède déjà un long parcours derrière lui. A 20 ans à peine, il cofondait le label Rephlex Records, et rencontrait la reconnaissance internationale en éditant « ...I Care Because You Do ». C’était  en 1995. Et décrochait un énorme hit en concoctant le single « Windowlicker ». En 99. Depuis, il n’était plus vraiment sur le devant de la scène électro, mais prenait un malin plaisir à brouiller les pistes, changeant tantôt de label ou de même de nom. En ce dimanche, il en a remis une couche. Il a recours à un son surround et sa techno est revisitée voire complexifiée. Ce qui n’empêche pas les basses et les changements brusques de rythmes de faire vibrer la foule. Et en ce qui me concerne, de parvenir à me maintenir éveillé encore quelques instants.

En repassant par le stand presse, j’ai fortuitement eu l’occasion de rencontrer Rigo Pex, du groupe Meneo. De quoi quitter le festival sur une bonne note. Il m’explique son parcours surchargé en festivals qui le conduit d’Amérique du Sud à l’Espagne. Il me décrit sa musique électro comme étant inspirée des bons vieux jeux vidéo bien vintage. Intriguant… Mais mon interlocuteur ne se produit qu’à 3h30. Il m’interroge d’ailleurs sur la nature du public encore présent à ce moment-là. Mais à cette heure, je suis HS. Il faudra donc reporter la vision de ce show fort prometteur à une autre fois. Car pour être capable de suivre un maximum de groupes, parmi les 200 programmés, étalés sur 4 jours, de midi à 5 heures du mat’, il serait peut-être judicieux de prévoir l’an prochain deux rédacteurs, dont un spécialiste de l’électro, vu l’importance croissante que prend ce style. Un appel du pied est adressé à la cellule presse de Dour…

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Dour festival 2009 : samedi 18 juillet

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La fatigue commencerait-elle à gagner les festivaliers, en ce 3ème jour ? Une chose est sûre, en cette fin d’après-midi, le site est relativement clairsemé. A contrario, le camping grouille de jeunes essayant, tant bien que mal, de récupérer des folies nocturnes. Mais je ne m’en plaindrai pas ; car cette situation me permet d’apprécier les concerts au sein d’un environnement plus paisible qui réunit de véritables mélomanes, motivés par la présence de groupes talentueux en devenir…

Et tout d’abord O’death. Il se produit sous la tente de la Petite maison dans la Prairie. « O’death » c’est à l’origine une ancienne chanson mythique, presque spirituelle née aux USA. Cette compo traditionnelle figurait au répertoire du célèbre chanteur folk Ralph Stanley. En quelque sorte, il lui avait rendu vie. Mais ce titre a aussi servi de fil conducteur à une partie du film de George Clooney, « O’Brother ». Et cette perception de l’Amérique profonde hante la prestation du groupe. Leur musique est enracinée dans la country, le bluegrass et le rythm’n’swing. Le violoniste bondit littéralement sur les planches. Ses attaques à l’archet sont virevoltantes. Le chanteur/guitariste, Greg Jamie, occupe une position plus centrale. Il est régulièrement soutenu aux vocaux par Gabe Darling, partagé entre le banjo et d’ukulélé. Et la mayonnaise prend instantanément. Le podium commence sérieusement à vibrer. Les amateurs de folk, rejoints rapidement par les (nombreux) fans des Dropkick Murphys, lancent d’interminables pogos. Un engouement provoqué par une diffusion phénoménale de ce qu’on appelle les ‘good vibes’… Si vous souhaitez en savoir davantage sur cette formation, je vous invite à (re)lire la review que Bernard avait rédigée, lors de leur passage à l’Aéronef de Lille, ainsi que l’interview que le sextet lui avait accordée, avant ce concert. C’était en février dernier.

Par contre, pas sûr que notre rédac’ chef soit particulièrement heureux en lisant ce qui suit. Ni la majorité des collaborateurs de Musiczine, d’ailleurs. Parce que les Dodos y font l’unanimité. Personnellement, j’ai été séduit par les petites perles indie-rock de leur troisième opus, « Visiter » (NDR : le quatrième, « Time to die » sortira début septembre). Parce que leurs mélodies y soufflent comme un vent frais et rafraîchissant. Mais leur prestation accordée à Dour ne m’a pas du tout convaincu. Le changement de style était-il trop brutal après le set d’O’death ? Ou les commentaires flatteurs recueillis lors de leurs derniers passages chez nous, m’avaient-ils communiqué trop d’espérances. Toujours est-il que leur concert ne m’a guère enthousiasmé. A l’instar de leur tracklisting, que le trio m’a paru interpréter sans manifester beaucoup de passion (NDLR : lors leur interview accordée à Musiczine début décembre 2008, Meric et Logan avaient confié qu’ils n’aimaient pas trop se produire dans les festivals ; ce qui peut expliquer ce phénomène). Espérons que le retour dans une salle plus intimiste comme celle du Bota (NDR : le 8 septembre) ou de l’Aéronef à Lille (NDR : le 17 novembre) leur permettra de remettre les pendules à l’heure.

Vu la copieuse affiche proposée par le festival de Dour, on épingle toujours des noms que l’on ne connait ni d’Eve ni d’Adam. Mais que certains amis journalistes nous conseillent d’aller voir et entendre ; et à qui on fait entièrement confiance, dans un esprit d’ouverture et de découverte. Esser est l’un de ces illustres inconnus. Il se produit au Dance Hall. Ben Esser en est le leader. Il est entouré de quatre collaborateurs. Non content d’emprunter leur look aux New Kids On The Block, la formation dispense un synthé pop digne des boys bands de la fin des 80’s voire du début des 90’s. On a même plutôt tendance à en rire. D’ailleurs, il faut une bonne dose de second degré pour apprécier le spectacle proposé par ces 5 jeunes gens. Pourtant, le début de parcours est tellement déroutant, qu’on finit par accrocher. Le temps de quelques titres du moins ; car une fois l’effet de surprise passé, on a plutôt envie d’aller voir ailleurs ce qui se passe…

Chez Gong par exemple. Une des plus anciennes communautés hippies. Ces vétérans de la prog avant-gardiste et du free jazz valent également le coup d’œil. Sorte d’hybride entre Iggy Pop et notre Julos Beaucarne national, leur chanteur Daevid Allen est un personnage à lui seul. Il a quand même 70 balais. Et les autres membres qui l’accompagnent dépassent allégrement les 60 ans. C’est d’ailleurs au cours de la première moitié des 70’s que le combo a rencontré le plus de succès. Commettant même un elpee incontournable en 1973, « The Flying Teapot » (NDR : la pochette est enrichie de dessins réalisés et de poèmes rédigés par Allen dans l’esprit de la BD underground de l’époque). Les morceaux sont très longs et élaborés. Et ils s’adressent à un public averti…

Après ces phénomènes de foire, la suite de l’affiche est bien plus consistante. Et pour cause, 65daysofstatic va bientôt monter sur le podium de la Petite maison dans la Prairie. Le plus intéressant chez ce groupe de Sheffield, ce sont les surprises. Elles sont même systématiques. Lors de leur dernier passage à Dour (NDR : c’était en 2007) le groupe avait éliminé les claviers pour mettre en exergue l’aspect électrique de leur musique. Et je vous jure, les riffs de guitare avaient littéralement déchiré ! Pour ce nouveau show, la boîte à rythmes est plus présente, et le son brut est atténué par des samples électro. De quoi semer un peu plus la confusion. Pourtant, aussi disparates puissent-ils être, les différents éléments s’emboîtent parfaitement. Le plancher se remet à vibrer. Les headbangings sont lancés (NDR : pas étonnant que la nuque soit douloureuse, en fin de la journée). Leur set s’est même achevé par un « Radio protector » impressionnant. Le morceau s’ébroue paisiblement sur des accords de piano dramatiques. Puis la batterie et les riffs de guitare s’immiscent furtivement dans la solution sonore qui monte en crescendo, avant de se libérer dans une somptueuse déflagration finale. Un pur régal ! Coldplay aurait tout intérêt à en prendre de la graine…

Dropkick Murphys se produit sur la grande scène. Le band de Boston attire la toute grande foule. Dont de nombreux aficionados qui arborent des tee-shirts aux couleurs de l’Irlande. Mais c’est ici que le bât blesse ; car cette dans cette formation, il n’y a pas d’Irlandais. Même pas d’Ecossais ! Mais des Yankees. Et cela se ressent. Bien sûr, ils entament leur set par un air traditionnel joué à la cornemuse. Et pour briser la lassitude provoquée par une succession de titres punk/hardcore, ils entonnent le traditionnel « Wild Rover », que le public reprend en chœur (NDR : la version des Dubliners est antérieure). Malheureusement, le tracklisting composé de morceaux ne dépassant pas les 3 minutes souffre de refrains un peu trop simplistes. Ce qui n’empêche pas la foule de remuer allègrement et même de pogoter frénétiquement. Difficile néanmoins de s’enthousiasmer face à un ensemble qui souffre d’une telle carence d’originalité et qui, de toute évidence, aura bien du mal à atteindre un jour la cheville de maîtres du genre comme les Pogues voire les Real McKenzies.

La foule se densifie devant le podium de la Last Arena. Les Pet Shop Boys vont s’y produire. En voilà une tête d’affiche plutôt atypique pour Dour. Ce type d’artiste est en général programmé dans le cadre de manifestations comme celle des Lokerse Feesten ; mais il faut croire que l’agenda du combo, coincé entre quelques grands festivals anglais, l’Olympia à Paris et un concert à Tel Aviv, correspondait sans doute mieux à celui du festival borain. Et puis en sachant que la bande Neil Tennant et Chris Lowe se rendait ensuite au Mexique et au Canada, avant de revenir au Lotto Arena d’Anvers, le 15 décembre, les organisateurs avaient le droit de manifester une certaine fierté d’être parvenu à convaincre le duo anglais de débarquer sur ses terres. En outre, le décor mis en place sur la grande scène accentue cette impression d’exclusivité. Les vedettes se font attendre. C’est connu. Il y a même une musique de fond pour faire patienter le public. Néanmoins, dès l’entrée en scène des Pet Shop Boys, on est fasciné par leur light show. Des lumières sont projetées sur un muret de cubes. Impressionnant ! Musicalement, la prise de risque est cependant très limitée, puisque le band ouvre le tracklisting par un de ses plus gros tubes : « Heart ». Neil est au centre. A peine visible derrière ses claviers, Chris s’est posté côté droit. Et deux choristes sont plantées à gauche. Le décor est renouvelé à plusieurs reprises. Les tenues de scène défilent. Les chorégraphies fluctuent. De quoi conserver tout l’intérêt d’un grand spectacle. Les singles se succèdent : « Love, etc... », « Go West », « Always On My Mind », etc. Bref, un show fort agréable pour une tête d’affiche ; surtout quand on sait que les têtes d’affiche sont plutôt rares à Dour.

Avant de vider les lieux, pourquoi ne pas jeter un dernier coup d’œil dans la Petite maison dans la Prairie pour y admirer la grande fanfare d’I’m from Barcelona ? Bien qu’elle ne soit pas catalane, mais suédoise (NDR : de Jönköping), la formation ressemble à une véritable auberge espagnole. Il ya  une quinzaine de musiciens. Une large section de cuivres, des choristes, des percussionnistes et des guitaristes. Et on ne sait toujours pas où donner de la tête devant cette troupe. Cependant, Emanuel Lundgren (NDR : c’est le leader !) veille au grain ; et tel un chef d’orchestre, il veille tout particulièrement à l’harmonie de l’ensemble. Résultat des courses : l’ambiance est aussi à la fête tant sur scène que dans le public.

Mais il est déjà 1 heure du mat’. La fatigue commence à gagner du terrain et l’emporte sur mon envie de scander ‘I'm gonna sing this song with all of my friends and we're I'm from Barcelona’ ; aussi je décide de quitter le site, histoire de revenir en pleine forme le lendemain.

(voir également la section photos)

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