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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

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Les Nuits Botanique 2009 : samedi 9 mai

Ce samedi soir, la Rotonde invite trois groupes de nationalité différente (Italie, France, Angleterre), mais aux influences sensiblement communes.

Jennifer Gentle est le premier groupe italien signé sur le célèbre label de Seattle, Sub-Pop. Le trio italien ouvre timidement les hostilités. Faut dire que le public est amorphe. Quoiqu’ouvertement inspiré par Syd Barrett, leur folk psychédélique ne brille pas par son originalité. Résultat des courses : le concert ne décolle jamais et passe plutôt inaperçu.

John & Jehn fait son cinéma, et ça marche ! Les french-lovers dandys exilés à Londres nous immergent subrepticement au sein d’un univers sombre. Atmosphère éclipsée par des stroboscopes aveuglants qui plongent le spectateur dans les eaux troubles et glauques d’un bon film noir et blanc. Comme le décor granuleux d’un film de Cassavetes, l’image s’imprime sur la scène de la Rotonde.

Elle, Camille Berthomier, clavier, voix, basse. Lui, Nicolas Congé, chant, guitare, basse. Le couple, à la ville comme à la scène, affiche une attitude sombre, stylisée et sensuelle. A l’image de The Kills, le couple s’harmonise ; le son et les voix s’épousent, s’entrelacent, fusionnent en pop.

On notera cependant quelques imperfections sonores (voix parfois décalées…) Une maladresse savamment concertée (‘Une façon de faire sans calculer’) héritée de Lou Reed et du Velvet Underground. Les longs intervalles silencieux entre les morceaux trahissent une certaine désinvolture et témoignent d’un manque d’expérience. ‘On a tout composé vite, on s’en souvient même plus’ et… ça s’entend !

Malgré les influences évidentes du Velvet Underground et de Joy Division, John & Jehn parviennent à créer leur propre monde musical. Minimaliste et puissant. Une musique magnétique et sensuelle affichant un romantisme désabusé. Un rock garage crasseux aux riffs qui montent en colère pour atteindre le larsen et parfois effleurer la noisy. Intelligente fusion soutenue par une boîte à rythmes omniprésente et efficace.

Hormis quelques imperfections de jeunesse, John & Jehn est indéniablement un groupe en devenir.

Anciens membres du groupe Bikini Atoll, le duo londonien Joe Gideon & The Shark est remarqué en 2002 par l’ancien membre de Cocteau Twins, Simon Raymonde. Ce groupe est partagé entre le chanteur/guitariste Joe Gideon et sa sœur Viva, multi-instrumentiste jouant parfois de 2 ou 3 instruments en même temps.

Sobrement et intimement installés sur le podium, lui, côté jardin, légèrement en retrait ; elle, côté cour, en lisière de scène, les acteurs nous offrent une stupéfiante tranche d’introspection. Des mélodies belles et évanescentes. Joe Gideon parle voyage et nous raconte de sa voix chaude et grave quelques éclats de vie, avec une langueur hypnotique. Au même titre que ses légendaires prédécesseurs, Lou Reed et Jonathan Richman, Joe Gideon s’élève en narrateur et en songwriter efficace.

La matière musicale nous offre un post-rock brouillonnant et subtil. Une musique incontestablement héritée de Nick Cave mais aux arrangements originaux  souvent produits par Viva qui communique une saveur indescriptible à la formation.

Sans éclipser les talents d’auteur-compositeur de Joe, l’originalité du groupe procède principalement de la présence de Viva (The Shark). Une véritable femme-panthère orchestre au charisme impressionnant. Main droite sur le clavier, main gauche fouettant la caisse claire, elle clôture le set par « Anything you love that much you will see again ».

Deux rappels percutants pour un final aux guitares saturées et aux percussions explosives qui sillonnent encore les murs de la Rotonde.

Joe Gideon & The Shark, une expérience musicale à vivre.

Joe Gideon & The Shark + John & Jehn + Jennifer Gentle – Rotonde (Botanique)

(Voir photos dans la rubrique ad hoc)

Eric Ferrante

Organisation Botanique

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Ce 9 mai, les Nuits proposaient, au cœur du Cirque Royal, une soirée aux accents 100% ‘folk’. Au programme, un menu très équilibré. D’abord Laura Marling, une entrée découverte pour ouvrir l’appétit. Ensuite Phosphorescent, un plat principal placé sous le signe de la révélation. Et enfin, Andrew Bird. Une valeur sûre à dévorer comme plat de résistance.

La salle est honnêtement investie lorsque Laura Marling monte sur scène. La blonde est accompagnée d’une violoncelliste. Ensemble, elles retournent le folk dans tous les sens, passant de compos alt-country au fameux anti-folk, sans la moindre transition. En interprétant une de ses compos, Marling est au bord de l’étouffement ; mais heureusement, il reprend rapidement ses esprits (NDR : et son souffle), en affichant un grand sourire, comme si de rien n’était. Un 10/10 pour l’effort mais ses chansonnettes un peu trop conventionnelles n’emballent pas complètement.

Pas beaucoup plus de monde pour Matthew Houck, alias Phosphorescent. Après deux prestations inoubliables à l’ABClub, le gentil barbu revient à Bruxelles flanqué de trois musiciens. Et c’est ici que le bât blesse. Ses prestations en solo sont de celles qui vous prennent aux tripes. Quelle déception, donc, de voir un Phosphorescent un peu détaché et essayant tant bien que mal de paraître à l’aise dans une salle d’une telle envergure. Quant à la dimension minimaliste de sa discographie, elle est tout simplement anéantie par ses trois camarades. Phosphorescent était le projet d’un seul homme et aurait manifestement dû le rester.

Une petite demi-heure plus tard, Andrew Bird monte sur les planches et tente de sauver les meubles. L’homme retire ses chaussures et démarre son show seul, entouré de machines à loops. Une première partie de set impeccablement ficelée. Rejoint ensuite par ses musiciens, le Chicagolais parcourt tranquillement sa discographie, le dernier « Noble Beast » en tête. « Why ? », « Fake Palindromes » et autres « Laura » porteront le coup de grâce à un set riche et captivant. Andrew Bird saved the day…

Andrew Bird + Laura Marling + Andrew Bird – Cirque Royal

Redouane Sbaï

(Voir également notre section photos)

Organisation : Botanique

Les Nuits Botanique 2009 : vendredi 8 mai

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Ce vendredi 8 mai, les Nuits Botanique réitéraient l’expérience du ticket unique donnant accès à toutes les salles. Au programme : Das Pop, Metric, Art Brut, Austin Lace, Get Well Soon et 8 autres formations. Une soirée sympathique placée sous le signe de la découverte.

A 20h, le coup d’envoi de la soirée est envoyé à la Rotonde par The Phantom Band, quintet écossais pratiquant un indie rock trippant. Deux pelés et trois tondus assistent au début d’un concert qui, après quelques minutes, s’avère un peu plat. Peut-être la formation n’était-elle pas satisfaite de se produire devant un public aussi peu nombreux ?

Dans l’Orangerie, les Sud-Africains de Dear Reader réussissent un peu mieux leur passage sur scène. La pop doucereuse du trio est enrichie par les interventions au violon de Verena Gropper, la violoniste de Get Well Soon, l’espace de quelques chansons. Le résultat est plutôt gentillet, mais le public semble suivre inconditionnellement.

Direction le musée, rebaptisé ‘grand salon’ à l’occasion des Nuits. A juste titre. La salle est méconnaissable et surtout très confortable. Des tapis jonchent le sol et les jolis cadres de l’installation d’Ez3kiel enjolivent les murs. Au milieu de la salle, Broacast 2000 poursuit tranquillement son show, encerclé par un public lové dans les fauteuils mis à sa disposition. Très cosy. Les ritournelles acoustiques de la formation menée par Joe Steer se prêtent à merveille à l’atmosphère des lieux. Le quatuor, seul à jouer dans le salon ce soir, se permet un set d’une petite heure. Steer parcourt son « Building Blocks » et ses nouvelles compos sans se presser. Il a la bonne idée de rejouer, pour les retardataires, deux morceaux interprétés en début de concert devant un auditoire plus restreint. Quelques fausses notes perturbent le spectacle mais le jeune homme et ses comparses ne se laissent pas démonter, enchaînant la suite très dignement. En fin de parcours, Broadcast 2000 ne se fait pas prier et se réinvite pour un petit rappel constitué d’une reprise inattendue du « Like I Love You » de Justin Timberlake. Carrément mieux que l’original ! Une des meilleures découvertes de cette soirée.

La mauvaise idée de la soirée : programmer Art Brut dans l’Orangerie. Surtout lorsque les obscurs Official Secrets Act n’attirent pas les foules sous le Chapiteau, au même moment. Les Londoniens menés par un Thomas Burke au teint livide et à la voix aiguë ne semblent en effet pas faire l’unanimité. Le public présent aurait facilement pu tenir dans la Rotonde qui, elle, est pleine à craquer pendant la prestation d’Austin Lace.

Idem à l’Orangerie donc, où Art Brut présente un show costaud, aux limites du punk. Le son aussi est punk… La voix d’Eddie Argos est tout simplement noyée sous les riffs des deux guitaristes. Ce qui gâche un peu la performance.

Pas de problème de son par contre pour Austin Lace qui, en fin de parcours enchaîne ses singles. L’ambiance, déridée par la présence de l’amusant clown dansant au masque rouge, est la plus décontractée de la soirée. Le public a la banane tandis que la formation s’essaie à la reprise du « Over & Over » de Hot Chip.

Les fantaisies de Metric contrastent avec la douceur de Get Well Soon. Ces derniers prennent possession de l’Orangerie pour un show limpide et alcyonien.

Une belle tranche de ballades pop à laquelle Emily Haines ne peut se mesurer. Vêtue d’une petite robe à paillette, la chanteuse de Metric sautille dans tous les sens et danse comme une gourde. Un petit light-show stroboscopique plus tard, la formation entame « Help I’m Alive », son dernier single. Ce à quoi on lui répond gentiment, ‘Help, I’m Bored’…

Das Pop + Metric + Official Secrets Act. + Baddies + The Asteroids Galaxy Tour + Get Well Soon + Art Brut + Dear Reader + Au + Brakes + Austin Lace + The Phantom Band + Broadcast 2000

Organisation : Botanique.

Les Nuits Botanique 2009 : jeudi 7 mai

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Deux formations américaines se produisaient le deuxième jour, dans le cadre de l’édition 2009 des Nuits Botanique : Grails et Woven Hand. Pas au Bota, mais au Cirque Royal. Un fameux changement de style par rapport à celui que Beirut avait entretenu la veille, en ouvrant le festival. Après le folk réputé pour ses vertus slaves, tsiganes et mariachis de la bande à Zach Condon, Grails et surtout Wovenhand promettaient un climat plus sombre.

A 20h00 pile, le quatuor de Portland monte les planches. Il est venu présenter son dernier album « Doomsdayer’s Holiday ». En tournée, leur line up est complété par un drummer/percussionniste et un claviériste. Ces deux membres subsidiaires rejoignent rapidement le bassiste et les trois gratteurs (NDR : deux électriques et une acoustique). Instrumentale, leur solution sonore trempe dans le post-métal ambiant. A charge pour le claviériste de nous aider à pénétrer dans leur univers, de ses nappes atmosphériques. Car au bout de trois morceaux, le multi-instrumentiste, Emil Amos, passe derrière les fûts. Et il frappe dur. Impressionnant ! Une puissance qui va atteindre son paroxysme lors des trois compos issues de leur dernier elpee. Après un détour par la soul et le rock progressif, le set s’achève dans un climat davantage percussif. Et pour cause, Emil a repris les sticks. 45 minutes pus tard, les Grails peuvent se retirer. Leur prestation a été convaincant ; même si une partie du public ne semblait pas partager mon point de vue. Une chose est sûre, leur spectacle n’a pas laissé indifférent…        

On a à peine le temps de prendre l’air ou/et de se désaltérer que David Eugene Edwards fait son apparition. Sous les acclamations de la foule, il faut le souligner. Chaussé de santiags, il est vêtu d’un jeans et d’une chemise de bûcheron. Il a accroché ses cheveux à l’aide d’un foulard. Ce personnage charismatique s’installe au beau milieu de la scène, sur une chaise. Il n’en décollera, de la soirée, que pour changer de guitare et en fin de parcours, saluer l’audience. Il est soutenu par Pascal Hubert à la basse et Orry Harrison à la batterie. Dès les premières notes du set, on est plongé dans le Sud profond. La voix si caractéristique de l’ex-leader du défunt 16 Horsepower communique déjà le frisson. Elle suscite même parfois une forme d’angoisse. La réverb produite par un de ses micros apporte de la profondeur aux compos. Il chante ses lyrics comme si sa vie en dépendait. Il gesticule tout en demeurant sur son siège, et mimant ce qu’il veut faire ressentir. Les sonorités de sa guitare sont grasses et malsaines. Ce qui n’empêche pas le groupe d’enchaîner les morceaux un à un avec une élégance impressionnante.

Lors de ce concert, Wovenhand a privilégié les compos issues de ses anciens albums, ne réservant finalement que trois titres de « Ten Stones », dont l’excellent « Not one stone ». Après une bonne demi-heure, Hubert et Harrison se retirent en coulisses. Le temps de permettre à Eugene d’attaquer en solitaire, un morceau au banjo ; instrument qu’il reprendra un peu plus tard, mais flanqué de ses deux comparses. Au bout d’une heure de spectacle, le trio vide les lieux ; mais en prenant soin de laisser courir un sample réminiscent de chants indiens d’Amérique (NDLR : des Sioux ?), dont les esprits rôdaient peut-être autour de nous…

De retour assez rapidement, Wovenhand ne va consacrer qu’une seule chanson au rappel. Applaudissements nourris et mérités. Un bémol ? Le volume excessif diffusé par les hauts parleurs. Difficile de bien discerner toutes les subtilités de leur musique, lorsqu’on est noyé sous les décibels ; mais également de savourer pleinement la superbe voix du natif d’Englewood (NDR : c’est dans le Colorado !)…

Grails + Woven Hand

(Organisation Botanique)

Polsslag 2009 : samedi 2 mai

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Polsslag, 2e édition, 1re visite. Depuis l’an dernier les organisateurs du Pukkelpop se sont mis en tête de mettre sur pied un festival d’une journée qui serait, en quelque sorte, un avant-goût de la version estivale de l’événement. A quelques jours des Nuits Botanique, le Polsslag est l’occasion rêvée de se remettre dans le bain, mode festival.

Voyager avec la SNCB est toujours un vrai plaisir. Concédant une vingtaine de minutes de retard au démarrage, le train arrive à destination, tout naturellement, après l’heure prévue. Quelque peu déçu de n’avoir pu assister au concert de Buck 65, qui ouvrait les hostilités, je me laisse porter par une navette spécialement affrétée par les organisateurs pour amener la petite bande de jeunes surexcités vers le Grenslandhallen.

Le site est réparti en quatre salles (Marquee, Club, Dance Hall & Boiler Room) et une zone ‘chill-out’. Après un tour d’horizon rapide, histoire de repérer l’entrée de chaque enceinte, je passe au côté pratique : vestiaires et tickets boissons. Super, les organisateurs n’ont pas oublié l’aspect ‘festival’ de leurs tarifs ! Il en coûtera donc au public 5€ pour se débarrasser d’un vêtement, aussi petit soit-il ; et 2,25€ pour se désaltérer…

Place ensuite aux choses sérieuses. Un son familier s’échappe du Marquee. Bloc Party fait une apparition surprise ? Pas vraiment. Il s’agit plutôt de la relève : Delphic, formation mancunienne ayant justement accompagné la bande à Kele Okereke durant leur tournée européenne. Le concert semble toucher à sa fin mais le combo n’a pas l’air très enthousiaste.

Une bonne raison pour aller voir se qui se trame du côté du Club. Les Australiens de The Temper Trap prennent d’assaut la petite salle située juste en face de l’entrée principale. Amorcée par des sonorités tribales prometteuses, la solution sonore tombe assez rapidement dans une soupe pop punk inintéressante.

Un petit détour par l’énorme Dance Hall achève la ronde des prestations moyennes. Stijn est parvenu à rameuter du monde ; mais les gambettes du public ne commencent à trembler que quelques instants plus tard, moment choisi par The Juan MacLean pour prendre possession des lieux.

N’est pas James Murphy qui veut, mais John MacLean parviendrait presque à nous en donner l’illusion. Comme en recrutant Nancy Whang, membre de LCD Soundsystem, pour pousser la chansonnette sur plusieurs morceaux de son dernier recueil, « The Future Will Come ». La prestation s’ouvre d’ailleurs par l’excellent « No Time », extrait de la nouvelle plaque. Les images diffusées sur l’écran géant disposé à l’arrière du podium sont carrément tripantes et se marient à la perfection aux tubes « Give Me Every Little Thing », « One Day » ou encore « Tito’s Way ».

Une petite demi-heure peu plus tard, les quatre Dj’s de Birdy Nam Nam leur succèdent au même endroit. On ne m’avait dit que du bien du quatuor ; mais, au vu d’un début de parcours assez plat, on finit par se demander s’il n’aurait pas été préférable d’assister à un des shows de la formation, à ses débuts. Les extraits de leur nouveau bébé, « Manual For A Successful Rioting », pourtant pas entièrement médiocres, se suivent et se ressemblent presque.

Une belle déception relevée par le splendide set de Shearwater. Relégué sur la petite scène du bruyant Club, les Texans ont délivré un set impeccable en tous points. La voix puissante et parfois bouleversante de Jonathan Meiburg et les mélodies aussi sublimes que mélancoliques sont responsables de cette jolie surprise.   

Au top des 21h, il y a à boire et à manger sur les différentes scènes du Polsslag. Sous le Marquee, The Von Bondies est venu présenter son excellent nouveau disque, « Love, Hate, And Then There’s You ». Une excellence que le combo n’arrive pas à reproduire aussi bien sur les planches. Il faut avouer que le son, plutôt moyen, ne jouait pas vraiment en leur faveur.

Le contraire est en train de se produire du côté du Dance Hall. Dizzee Rascal et son crew font tout péter. Le rappeur entame son show par une version explosive de « That’s Not My Name » des Ting Tings avant de parcourir de la même manière ses tubes de « I Luv U » à « Dance Wiz Me » en passant par le sautillant « Stand Up Tall ».

Changement radical d’ambiance au Club. Plongé dans l’obscurité, Fever Ray envoûte la masse sur les extraits du recueil éponyme. Karin Dreijer Andersson et son backing band sont affublés de costumes bizarroïdes, à l’image des vidéos de la formation. Les versions live de « If I Had A Heart », « Keep The Streets Empty For Me », « Triangle Walks » ou « When I Grow Up » font véritablement froid dans le dos. Mission accomplie, donc.

Vers 22h30, une inquiétude commence à se lire sur les visages des spectateurs, dispersés au sein du Marquee. Peter Doherty aurait dû être sur scène depuis 5 minutes. Viendra, viendra pas ? Un présentateur débarque sur scène et empoigne le micro pour tenter de rassurer la foule. En fait, Peter Doherty n’est pas encore arrivé. La bonne blague… Ce sont donc les Yeah Yeah Yeahs, programmés en clôture sur cette même scène, qui se produiront à sa place vers 23h. Le gentil monsieur rassure néanmoins les fans du bad boy en leur promettant qu’il se produira bien vers 1h. Karin O et ses compagnons débarquent donc quelques minutes plus tard pour y présenter « It’s Blitz ». Le show est très sage et la demoiselle enchaîne les morceaux sans trop se fatiguer. Les versions live de « Heads Will Roll », « Skeletons » ou « Zero », entrecoupées de vieux morceaux comme « Maps », « Gold Lion », Pin et Dance With The Night, sont fidèles à celles du recueil. Pas transcendant pour un sou. Ce qui n’empêche pas le public de passer tout de même un bon moment.

Le duo Fischerspooner ne m’avait pas laissé un très bon souvenir lors de sa visite à Dour il y a quelques années. Prétentieux et hautain, Casey Spooner avait réussi à saboter sa propre prestation, faisant fuir une bonne partie de l’assistance. Il change la donne cette fois en offrant un show digne de ce nom au public du Polsslag. Accompagnée de trois danseuses et d’un danseur aux tenues ridicules, la formation a réussi à marquer un point grâce à une véritable performance mêlant les beats de « Danse En France », « Just Let Go », « The Best Revenge » ou « A Kick In The Teeth » à un spectacle visuel parfaitement coordonné. Pas le temps d’attendre « Emerge », le suspense me rend trop nerveux. Verra-t-on vraiment la poule aux œufs d’or des tabloïds anglais ce soir ?

Surprise, Peter Doherty monte sur les planches à 1h pile comme annoncé un peu plus tôt. L’homme se lance seul dans un set acoustique plutôt agréable. Durant quelques morceaux il sera même entouré de deux danseuses vêtues de tutus à l’effigie du drapeau britannique. Doherty parcourt son premier disque solo, « Last Of The English Roses » en tête. Il fait également plaisir aux fans de la première heure en offrant un morceau inattendu, tiré de la très courte discographie des Libertines, « What A Waster ». Le concert tient la route ; et on pardonnerait presque au bonhomme son manque de ponctualité.

Au Dance Hall, les prestations de Booka Shade et Tiga s’enchaînent. La seconde plus tapageuse que la première. Mais elles paraissent bien pâles en comparaison de celle accordée par Crookers, dans la Boiler Room. Le nom de la salle, remplie à craquer, prend tout son sens. A peine y pénètre-t-on que l’on est soufflé par la température ambiante. Il doit faire au moins trente degrés. Centigrades, of course. Et on se les prend en pleine poire. Le sauna inopiné doit son climat tropical aux mouvements frénétiques provoqués par le set volcanique du duo qui enchaîne les rythmes rugissants et putassiers à une allure folle. Leur collaboration au « Day’n’Nite » de Kid Cudi, le tube « Knobbers » ou les terribles « MadKidz » et « Sveglia » constituent quelques uns des moments forts d’un show qui aura fait trembler le bâtiment.

La soirée touche presque à sa fin mais il est temps de mettre les voiles. L’édition 2009 du Polsslag, sans être exceptionnelle, aura donc compté quelques bonnes surprises que l’on espère bien revoir lors de la prochaine édition du Pukkelpop.

Domino 2009 : mardi 13 avril

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Le projet Domino invite, chaque année, des artistes atypiques et innovateurs sur la scène de l’Ancienne Belgique. Ce festival a notamment programmé les premiers concerts indoor de groupes comme The Mars Volta, Battles, Sigur Rós, Múm… Il a également contribué à la consécration d'artistes comme Joanna Newsom, Soko, LCD Soundsystem, Jamie Lidell, Emiliana Torrini ou encore CocoRosie. Pour sa 13ème édition, le festival marque un grand coup en invitant les inclassables Allemands de Notwist venus présenter leur dernier opus.       

Grâce à ce sixième album « The Devil, you+me », Notwist nous démontre qu’il compte, incontestablement, parmi les groupes les plus expérimentaux et créatifs de la scène Indie Pop du XXIème siècle. Sombrement lyrique, somptueusement hypnotique, le quatuor bavarois nous offre une pop qui frissonne encore d’ondes électroniques. Jonglant sans cesse avec les sonorités les plus diverses (pop, rock, électro, jazz…), les auteurs effacent avec une habileté surprenante les lignes de clivage des influences musicales. La collision des sons est jugulée, la substance sonore distillée savamment, le diamant et l’or blanc, l’améthyste et l’argent se cisèlent d’eux-mêmes, s’éclairent et s’harmonisent.

Six ans après le cultissime « Neon Golden » et une prestation scénique restée dans les mémoires, le groupe allemand irradie de nouveau les planches de l’Ancienne Belgique.

21h20, Notwist ouvre délicatement son écrin pop par le mélodieux « Boneless », le narcotique « Where in this world » et le magnifique « Gloomy Planets ». Vient ensuite une séquence électro en bourrasque qui nous dévoile l’étendue du talent de compositeur de Martin Gretschmann (Aka Console). « Neon Golden » et « Gravity » entrent alors par effraction dans la salle de l’AB et effacent délicatement les guitares. Le voyage électronique commence et nous plonge dans un univers de sons d’une pureté enivrante.

La gifle électro-pop s’élève à un degré de saturation parfaitement contrôlé et justement dosé. Cette playlist savamment orchestrée se referme en douceur sur l’excellent « Good Lies ». La fièvre retombée, les frères Archer nous livrent un copieux double rappel plus mélodique qui s’éteint sur le merveilleux « Consequence », laissant ainsi le public émerger peu à peu dans la réalité et repartir les nerfs à fleur de pop.

Inutile de préciser que le défi studio/scène relevé par les frères Archer du très expérimental « The devil, you+me » a été magistralement réussi. Soufflant !

The Notwist à l’Ancienne Belgique restera vraisemblablement l’un des meilleurs concerts de l’année 2009.

The Notwist

Organisation Ancienne Belgique

Domino 2009 : dimanche 12 avril

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Au vu de l’affiche de cette sixième soirée du festival Domino, l’AB était manifestement décidée à nous envoyer des décibels plein la tronche. Au programme: Tiny Masters Of Today, Mi Ami, Health, Handsome Furs et Mono. Début des festivities: 17h.

Malgré toute l’énergie déployée par Tiny Masters Of Today, la formation relève quelque peu de l’anecdote. Un frère, Ivan, et une sœur, Ada, respectivement 15 et 13 ans, s’agitent sur la scène, guitare à la main, comme des grands. La formule pourrait faire sourire mais le duo assure un set mature et cohérent. Reste à voir si la petite famille sera toujours qualifiée de prodige d’ici quelques années…

18h. Au tour de Mi Ami d’entrer sur scène et, surtout, de tout fracasser sur son passage. Mi Ami, né des cendres de Black Eyes, est, personnellement, la meilleure découverte de cette édition du Domino. Les guitares se lâchent, les grosses caisses font trembler la salle et Damien Martin McCormick, leader de la bande, ponctue les morceaux d’incantations tapageuses extraites de l’album « Watersports », un disque à ne manifestement pas rater !

19h. Alexei Perry et Dan Boeckner débarquent sur les planches. Elle, derrière son synthé, lui, armé de sa guitares. Après un show comme celui de Mi Ami, le set des Handsome Furs semblent un peu pâlot. Un concert de 25 minutes entremêlant riffs bateau, coups de synthés académiques et vocalises insipides. Erreur de casting ?

Health change la donne à 20h. Le combo de Los Angeles, qui avait offert un spectacle moyen aux Nuits Botanique l’an dernier, revient taper du poing dans un cadre plus adapté. En effet, aux Nuits, ils étaient entourés de Yelle, Bunny Rabbit et Friendly Fires, autant d’artistes qui sont à milles lieues de l’univers du quatuor. Ce soir, Health est dans leur élément et le démontre en une bonne demi-heure de Noise bien envoyé. Pas un temps mort. La formation s’est surpassée en balançant un set à la fois chaotique, cohérent et visuellement impressionnant.

Mono clôture cette longue soirée en douceur. La transition entre Health et Mono est un peu difficile à digérer mais le combo post-rock japonais, qui venait présenter son nouvel ouvrage, « Hymn To The Immortal Wind », est parvenu à allier délicatesse et puissance. Une belle manière d’achever une sixième soirée riche en bonnes surprises.

Tiny Masters Of Today + Mi Ami + Health + Handsome Furs + Mono

Organisation : Ancienne Belgique.

 

Domino 2009 : vendredi 10 avril

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Cinq noms se partageaient donc la troisième journée de l’édition 2009 du festival Domino. Si Blk Jks, Disko Drunkards, Hudson Mohawke et Rustie constituaient quelque part des découvertes, la présence du groupe mancunien A Certain Ratio nous replongeait quelque part à la fin des seventies/début des eighties.

Disko Drunkards est un nouveau projet imaginé par le drummer de dEUS, Stephane Misseghers, le chanteur/guitariste de Millionaire, Tim Vanhamel et le duo électro The Glimmers. Sur scène, le line up implique un bassiste et un claviériste. Ils sont surtout connus dans le Nord du pays pour leur hit « Physical », une cover d’Olivia Newton John, reprise qu’ils vont d’ailleurs interpréter au cours de leur set. Tim a opté pour une tenue de footballeur (NDR : il ne lui manque que les chaussures à crampons !) Pendant que Mo & Benoelie bidouillent derrières leurs tables, le quatuor tente de lier la sauce de cet urban jungle funk qui ne manque pas de groove. Le problème, c’est qu’il y a de gros grumeaux : en cause, un manque d’homogénéité manifeste entre les différents musiciens et une balance approximative. Trente minutes, c’était donc largement suffisant !

C’est assez rare pour ne pas le souligner, mais Blk Jks est un quatuor qui nous vient d’Afrique du Sud. De Johannesburg, pour être plus précis. Tshepang Ramoba est un drummer exceptionnel. Dès le premier morceau, je ne puis m’empêcher de penser à Billy Cobham ! A cause de son jeu influencé par le jazz et la fusion. En outre, les différents articles consacrés au combo ont beau parler d’avant-noise rock (NDR : parfois les étiquettes…), manifestement, il y a des références prog dans leur musique. Mpumi Mcata, le soliste a une tignasse de… zulu. Linda Buthelezi, le chanteur/guitariste et Molefi Makananise, le bassiste portent un ‘spotty’ sur le crâne ou si vous préférez, un bonnet de laine (NDR : faisait pas assez chaud ?) Arborant de magnifiques Dreadlocks, Thepang est torse nu dès le second titre. Une chose est sûre ce sont de remarquables instrumentistes. Et tant la voix falsetto de Linda que de Ramoba est impeccable. Mais après une bonne vingtaine de minutes, les performances instrumentales finissent par lasser. Pourtant, le leader a beau empoigner une sèche de temps à autre, pour essayer d’accentuer l’aspect mélodique des compositions, on cherche vainement le fil conducteur du set pour pouvoir accrocher. Conclusion : direction le bar !

A Certain Ratio est une formation née en 1977. Elle compte donc aujourd’hui plus de trente années d’existence. Bien sûr, du line up initial, il ne subsiste plus que trois membres ; c’est-à-dire le chanteur/bassiste Jeremy Kerr, le guitariste/trompettiste Martin Moscrop et le drummer Donald Johnson, même si ce dernier est arrivé un peu plus tard (NDR : en 1979 !) pour remplacer la boîte à rythmes. La formation est aujourd’hui complétée par deux claviéristes, dont Tony Quigley, également saxophoniste mais aussi bidouilleur (NDR : encore un vétéran !) et Liam Mullan (NDR : le plus jeune de l’équipe). Sans oublier l’ex-vocaliste de Primal Scream, Denise Johnson (NDR : elle avait aussi milité, à une certaine époque chez Gay Dad). Cette dernière ne participe cependant, sur scène, qu’aux deux tiers du tracklisting, et en particulier sur les morceaux les plus r&b. Apportant alors aux compos une touche sensuelle, chaleureuse, parfois gospel, à vous flanquer des frissons partout.

Parce que ce fameux tracklisting va alterner morceaux atmosphériques et punk/funk. Les premiers presque cold, hypnotiques, envoûtants, laminés par les accès de basse dispensés par Jeremy et hantés par son timbre morose ou/et les interventions jazzyfiantes (NDR : à la Herbie Hancock ou Miles Davies) de Tony au sax. Les seconds, davantage soul, presque dansants. Derrière, lorsqu’il ne troque pas sa gratte contre la trompette, Martin (NDR : il en faudrait deux !), découpe les compos dans le funk blanc. Véritable métronome, Donald fédère toute la solution sonore, y compris les aventures électronica-bidouilleuses des deux derniers arrivés. C’est un avis personnel, mais lorsque le duo de cuivres entre dans la danse, on pénètre alors dans une autre dimension. Elle est même magique. Et alors qu’on aurait pu espérer prendre une véritable claque lorsque le groupe achève sa prestation par « Shack up », on se rend compte qu’il existe un dilemme. En fait, il manque une trompette pour faire claquer le morceau. Et sans la guitare, ce classique aurait eu un goût de trop peu. C’est un des rares regrets rencontrés au cours de ce set. Parce que franchement, non seulement la qualité était au rendez-vous, mais aucun spectateur ne remuait pas au moins un orteil.

Lors du rappel, le combo s’est lancé dans un long exercice de style latino. L’ensemble du groupe s’est mis aux percus. Et même, à un certain moment, exclusivement aux percus ! Ambiance brésilienne, sifflets y compris. Le drummer devenu bassiste, le guitariste passé à la batterie ou à la caisse claire, quand il n’appuyait pas Donald sur son kit. Un Donald qui chante également et partage même les vocaux en compagnie de Denise sur un autre morceau du rappel. Le public est chaud, très chaud et en veut encore et toujours, malgré les lumières qui se rallument et la sono qui couvre les acclamations. Au bout de cinq bonnes minutes, le soufflé retombe et la foule se rend compte que le combo ne reviendra plus. Un pur bonheur, car il ne faut pas oublier que A Certain Ratio ne se produit en concert que six à huit fois par an. Et après ce spectacle on comprend mieux l’influence que le band exerce et a exercé sur des ensembles contemporains comme !!! ou Radio 4.

Il était donc 23h30, et vu la route qui me restait encore à effectuer ainsi que le style proposé par le beatmaker écossais Hudson Mohawke (NDR : du hip hop expérimental et instrumental dans l’esprit de Flying Lotus) et Rustie (NDR : son Myspace le tague de Tropicale / Grime / Trance ), il ne m’est pas possible de vous relater la qualité de leurs prestations. De toutes manières, celle d’A Certain Ratio m’avait suffisamment comblée ce soir…

Tracklisting A Certain Ratio

Skunk
Do the du
Flight
Mind made up
Way to escape
Forced laugh

Rialto
I feel light
Wonder Y
Wild Party
Be what you wanna be
Shack up

Si Firmir O Grido
Down Down Down

Blk Jks + Disko Drunkards + Hudson Mohawke + Rustie + A Certain Ratio

Organisation AB

 

Domino 2009 : jeudi 9 avril

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Pour la deuxième soirée du festival Domino, l’Ancienne Belgique a réussi l’exploit d’extirper Tom Jenkinson alias Squarepusher, de sa tanière. L’ermite, aussi rare sur scène qu’un Aphex Twin, s’est produit devant une foule surexcitée en compagnie de Venetian Snares et de son collègue Tim Exile. 

Récemment signé chez Warp, Tim Exile ouvre les hostilités en présentant son dernier bébé, « The Listening Tree ». Perdu derrière ses platines, Exile semble encore plus paumé lorsqu’il s’empare du micro. Bien que la formule fonctionne de temps à autre, le chant du bonhomme, marié à des beats electro déconstruits, est assez approximatif. Ce qui n’empêche pas le public, parsemé, à se dandiner gentiment. Un ultime morceau drum’n’bass remonte le niveau et vient clôturer en beauté un set un peu trop inconsistant.

Tim Exile est immédiatement suivi par Aaron Funk, alias Venetian Snares, qui s’attable presque instantanément devant ses platines. Pas de place pour ses travaux les plus atmosphériques. Le chevelu envoie une déflagration de beats IDM ravageurs. Une partie du public se prend au jeu mais le set, un peu trop longuet, aura raison de nos petites oreilles et de l’envie d’en voir davantage…

Devant des grosses caisses surélevées, Squarepusher fait son apparition sur scène à 22h30. Attendu comme le messie, Jenkinson s’empare de sa basse, manipule ses platines et balance des extraits de son ouvrage récent, « Just A Souvenir ». Le public se déchaîne et le set, à peine entamé, provoque un pogo qui ne cessera qu’en fin de parcours ! Après quelques morceaux, un batteur s’installe derrière l’artiste. Les compositions de Squarepusher, comme « Hello Meow » ou l’énorme « Come On My Selector » prennent alors une autre dimension. Plus puissante, surtout. Le Britannique va recevoir une belle ovation, à l’issue de son spectacle. D’une durée de près d’une heure, il était, selon certains, bien supérieur à celui accordé en compagnie de Nathan Fake au Vooruit, quelques semaines auparavant. On ne s’en plaindra pas !

Squarepusher + Venetian Snares + Tim Exile + Voodoo Trance Sound System

Organisation : Ancienne Belgique

 

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