Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Pukkelpop 2008 : vendredi 15 août

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Après avoir vécu une nuit éprouvante de camping sous une tente, entouré d’animaux sauvages, on n’est pas mécontent de retrouver le site des festivités. Le jeudi nous avait permis d’être témoins de prestations exceptionnelles ; mais également d’essuyer quelques concerts inutiles. On croise donc les doigts pour que ce vendredi soit émaillé de performances inoubliables.

A peine arrivés sur le site, on déchante. Le ‘Club’ accueille un Those Dancing Days relativement peu intéressant. Une pop trop gentille pour être honnête, interprétée par une demoiselle aussi élégamment vêtue qu’une certaine Ugly Betty. Et la suite de la programmation n’est pas beaucoup plus intéressante. On attend donc le début de l’après-midi. Et sur le coup de 13h, enfin, notre journée commence.

Le ciel est plus que clément. Il fait carrément chaud et The Dodos déchire tout sur son passage. La transposition live de leur « Visiter », sous le ‘Château’, relève du génie. La pop psyché du duo transforme le petit chapiteau en véritable petit nid douillet et chaleureux. Définitivement l’un des incontournables de cette année.

Pour se rendre au ‘Club’, pas le choix, il faut passer à côté de la Main Stage, en surfant entre l’incroyable horde de fans de Metallica. Confronté au massacre de Das Pop, on regrette de ne pas avoir emporté de boules Quiès. On court donc se mettre à l’abri pour fuir cette horreur.

Mais Lightspeed Champion tarde à montrer le bout de son nez. Il compte une bonne dizaine de minutes de retard. Pendant ce temps, nos tympans encaissent les échos provenant de la grande scène… Heureusement, assagi, l’ex-leader assagi des Test Icicles se rattrape plutôt bien, concédant de jolies versions de ses « Midnight Surprise », « Tell Me What It Worth » et autres « I Could Have Done This Myself ». Le mecton se débrouille pas mal. Etonnant donc d’apprendre, quelques jours après cette performance sympathique, que le jeune Texan estime que la scène n’est pas son point fort. Il a, en outre, décidé de faire un break et de ne plus remonter sur les planches avant un bon moment.

Petit tour sous le ‘Dance Hall’, histoire de jeter un œil au show de Modeselektor et, surtout, vérifier si le son est toujours aussi pourave. Et c’est effectivement le cas. Pas même l’excellent « Black Block » du duo ne réussit à nous retenir. Que l(es) ingénieur(s) du son réagissent, bon dieu !

Tant pis. De toute manière, pas une seconde à perdre puisque Caribou se produit au ‘Château’. Un univers toujours aussi psychédélique, un son exemplaire (!) et une ambiance relax vont nous procurer un des moments les pus intéressants de l’après-midi.

On ne peut pas en dire autant des Los Campesinos!, qui prennent la relève sous ce même chapiteau. Les petits jeunes jouent (trop) fort et leur enthousiasme est peu engageant. Les nouveaux morceaux semblent encore nécessiter beaucoup de travail. C’est ce qui arrive quand on veut enchaîner un peu trop rapidement les publications. On fera donc l’impasse sur le second essai du septuor.

On les attendait comme le(s) messie(s). Ils ne nous auront pas trop déçus. Les Foals surfent sur la vague Math Rock en y ajoutant un effet pop revitalisant. Les morceaux de « Antidotes », dont « The French Open », « Red Socks Pugie », « Olympic Airwaves » ou « Hummer » se traduisent à merveille sur les planches. Mais un peu plus d’enthousiasme de la part du leader, Yannis Philippakis, aurait été bienvenu. Un manque d’entrain qui cependant peut s’expliquer. En fait et c’est qu’il a annoncé dernièrement–, il n’est pas satisfait du premier essai de sa formation. Dommage pour lui. Personnellement, on s’éloigne de la ‘Marquee’ plutôt satisfaits. A chacun ses problèmes…

Aïe, l’âge nous rattrape. On ressent tout à coup une douleur lancinante au niveau du dos. C’est donc assis sur les côtés du ‘Club’ que l’on se farcit l’affreux spectacle des juvéniles Does It Offend You, Yeah? Un désenchantement auquel on ne pourra pas échapper, la douleur nous empêchant de s’éloigner du chapiteau. C’est sûr, on rangera le disque au fond de l’armoire dès notre retour au monde réel. Au bout de quarante minutes de torture, on trouve le courage d’aller s’allonger quelques minutes sous la tente et manger un petit bout.

C’est également le cul par terre qu’on s’envoie le concert des Breeders. Les sœurs Deal jouissent d’un potentiel de sympathie énorme et leur performance est impeccable. Celui accordé par Miss Kittin & The Hacker, sous le ‘Dance Hall’, l’est tout autant. Un déluge de tubes aussi bien extraits de leurs efforts conjoints que de leurs essais solos. Le chapiteau entier se secoue le bas des reins sur « Frank Sinatra », « Life On MTV » ou « Flesh & Bones ». On aurait juste préféré entendre « 1972 » à la place de la dispensable et bancale reprise du King, « Suspicious Minds ». 

On n’était que peu familier de leurs travaux ; mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les Tindersticks nous ont épatés, même sous un ‘Marquee’ à moitié vide.

Un étrange phénomène semble se produire. Les différentes scènes sont soudainement désertées. Un simple coup d’œil au programme nous explique la raison. Rien de plus normal : Metallica vient de débarquer sur la ‘Main Stage’. On n’a pas spécialement envie de les voir ; mais on se sent l’obligation de s’y rendre. La grande scène est prise d’assaut, d’une extrémité à l’autre du terrain. Une chose est sûre, la bande à Hetfield rassemble les foules. Fidèle à elle-même, la troupe de métalleux enchaîne les nouveaux morceaux, extraits de « Digital Death » avant de finir sur la série de tubes obligatoires et dans une tempête (un peu ridicule, il faut le souligner) de feux d’artifice. Y a pas autre chose au programme ?

De leurs côtés, les Tokyo Police Club et autres Boys Noize ne se sont guère mis en évidence pour retenir notre attention. Le dos en compote, on se dirige doucement vers le camping pour passer une deuxième nuit affreuse… Qu’est ce qui nous a pris de se taper le camping ?

Rock en France 2008 : jeudi 14 août

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Quelques heures avant le début du festival, on me signale que mon accréditation est accordée. Je saute dans ma voiture et fonce vers Arras en imaginant figurer parmi les premiers arrivants. Erreur : une foule innombrable se presse aux deux entrées publiques aménagées pour donner accès à la Grand Place, sur laquelle se produit déjà Gojira. Avantage de la presse, une porte plus discrète et nettement moins embouteillée leur est réservée.

Il est cependant trop tard pour prendre des clichés du groupe toulousain ; mais ce premier concert permet de prendre la température des lieux. Entourée d’anciennes maisons classées, la place ne manque pas de charme. En outre, elle est entièrement pavée ; ce qui change des festivals champêtres de notre plat pays. Une règle : lorsqu’on a pénétré sur l’esplanade, il est interdit d’en ressortir avant la fin des festivités. Tous les bistrots et restos de la place ont été transformés en stands. Ils proposent boissons et nourriture. Et si vous êtes belge, et que vous souhaitez qu’on vous serve une ‘mitraillette sauce andalouse’, pensez à demander un ‘américain sauce espagnole’... On est quasi chez les ch'tis à Arras.

La place est déjà à moitié remplie pour écouter les hurlements de Gojira, groupe landais responsable d’un death metal particulièrement brutal. Le volume sonore est poussé à fond. Les tympans sont massacrés par les riffs de guitare de ces enragés qui reconnaissent eux-mêmes avoir été influencés par Metallica dont ils ouvrent l'unique date en France. Les fans présents dès l'ouverture des portes et qui se pressent contre les barrières ne s'y trompent pas : Gojira livre un set assourdissant et énergique, parfaite première ‘première partie’ de cette soirée.

Mais que viennent donc faire les Within Temptation dans le jeu de quilles ?... Ils ont bien attiré quelques fans bien sages. Mais difficile de comprendre leur présence dans un tel contexte. J’estime même l’idée plutôt saugrenue de programmer ces pseudo-gothiques hollandais en seconde ‘première partie’... Pendant que certains attendent avec philosophie que la belle Sharon finisse ses vocalises, d'autres s'impatientent en commençant à scander des ‘Metallica’ à la fin de chaque chanson du groupe. Car, sincèrement, si la musique de Within Temptation n'est pas de mauvaise facture, après 3 chansons, on a fait le tour de la question. C’est d’ailleurs le temps qui est imparti aux photographes pour prendre quelques clichés. Le reste, n’est que de la littérature. Le set de Within Temptation permet cependant d'apprécier la qualité du son. Il y a bien l’un ou l’autre endroit où il interfère ; mais il faut bien chercher. Bref, il est tout bonnement époustouflant. Du grand art !

21:10, 22 000 personnes sont entassées sur la Grand Place. Elles trépignent d’impatience en attendant le groupe phare de la soirée. Les fenêtres de la Grand Place sont, pour la plupart, occupées par des fans (ou des résidents) trop heureux d'assister au show, tout en bénéficiant d’une prise de vue unique. Un téméraire tente même de grimper sur les toits. Le set accuse une vingtaine de minutes de retard et la pression commence à monter. Enfin, les premières notes de la B.O. du film "Le Bon, La Brute et Le Truand" retentissent. Signe que le groupe va bientôt monter sur les planches. Ce qui explique pourquoi la clameur de la foule s’intensifie. Lars Ulrich bondit comme un diable sur sa batterie. Robert Trujillo embrasse ses enfants et s'échauffe déjà les doigts sur les cordes de sa basse. Kirk Hammet allie, comme d'habitude, sobriété, efficacité et discrétion. Quant à James Hetfield, il semble déjà avoir chanté un set avant d'entrer sur scène : pas besoin de round d’observation, il est fin prêt à en découdre avec le public. Et il lui demande d’entrée de jeu : ‘Are you ready to make some big noise ?’ "Creeping Death" et "For Whom The Bell Tolls" ouvrent directement les hostilités. Metallica dégage toujours une énergie redoutable, même après 25 ans de carrière. D'aucuns les pensent has been ? Les Californiens ont de quoi démontrer le contraire. En outre, leur plaisir de jouer est communicatif. Hetfield et ses acolytes enchaînent les titres puisés principalement dans la quintessence de leur répertoire, soit avant la sortie de "Load". La basse de Trujillo est puissante du début à la fin du set, et les solos de Hammet font le reste. Après une demi-heure de concert, la formation nous gratifie d’un extrait de "Death Magnetic", le prochain album à paraître le 12 septembre : "Cyanide". Un titre déjà disponible à l'écoute sur la page MySpace du groupe. Hetfield se réserve "Nothing Else Matters", en solo. De quoi faire quelque peu baisser la température de l’audience qui en a grand besoin. "Sad But True" et "Enter Sandman" confirment que le "Black Album" est celui qui a touché le public le plus large. Ces morceaux sont chantés par le plus grand nombre, mais "Master of Puppets" et "One" déclenchent de légitimes acclamations, également. Les feux d'artifice, esquissés sur "Enter Sandman", ferment en apothéose un "Seek And Destroy", repris en chœur par les 22.000 métalleux présents ce soir. Le concert s’achève par une distribution d'onglets et de sticks de batterie, le tout agrémenté par quelques mots de remerciement visiblement sincères de chacun des membres du groupe.

Un son d'enfer, un écran géant couvrant toute la largeur de la scène, des effets pyrotechniques et une com' envers le public parfaitement rôdée me permettent de conclure que si le côté ‘roots’ des débuts de Metallica a disparu depuis longtemps, ces gaillards ont appris à devenir une véritable machine de guerre ; une machine à laquelle personne ne résiste. Il suffit de voir les sourires affichés par les spectateurs de tous âges, au terme de ce show particulièrement intense, pour se convaincre que ces pionniers du trash metal ont encore des générations de kids à convertir…

Les oreilles encore endolories, je rejoins ma voiture en me réjouissant d'avoir eu la bonne idée de prendre un ticket pour les voir sans m'encombrer de l'appareil photo au Pukkelpop, le lendemain. Je laisserai à d'autres le plaisir de chroniquer leur prestation à Hasselt. Pour une première édition, ‘Rock en France’ peut se targuer d'avoir organisé un concert quasi parfait. Certes, le festivalier lambda a le droit de se plaindre du prix d'entrée (80€ tout de même) ; mais vu le niveau de qualité technique et la parfaite organisation, il aura rapidement oublié cette petite ponction. Vivement l'année prochaine pour la prochaine édition de ‘Rock en France’

Un mot de remerciement au passage à Myriam, Perrine et Sergine, sans qui Musiczine n'aurait probablement pas pu vous ramener de photos de Metallica.

Metallica + Within Temptation + Gojira

(Organisation FLP) 

 

 

 

Pukkelpop 2008 : jeudi 14 août

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Le grand jour est arrivé. Dernier festival d’été pour nous. Dur dur le réveil à 7h, mais le train débarque à 9h09, donc pas le temps de traîner. Dernières vérifications, une petite douche vite fait, on emballe et on se précipite à la gare. Pas autant de monde que prévu sur le quai. Super, on va pouvoir poser nos fesses pendant le voyage.

1h30. Trop long. Ca laisse pas mal le temps de se triturer les méninges. Et c’est là qu’on se rend compte qu’on a oublié d’emporter un tas de trucs. Tant pis, on fera sans. 10h30, arrivée à Kiewit. Un coup d’œil aux cieux cléments nous laisse augurer qu’il n’y a rien à craindre au niveau du temps. Mais autant se dépêcher d’aller monter cette bête tente avant de connaître une mauvaise surprise. Un petit tour au coin presse pour choper le ticket, une petite fouille express, un petit repérage des lieux, le choix d’un endroit tranquille où se poser et un montage rapide. On peut alors grignoter un bout avant de se diriger vers la plaine.

Pas beaucoup de changements au niveau de la configuration du site. On a simplement droit à un ‘Petit Bazar’ en complément. Et petite modification également au niveau de la ‘Skate stage’ qui est recouverte d’un chapiteau et rebaptisée ‘The Shelter’. Franchement, on s’en fout, on n’y met que très rarement les pieds. Direction le ‘Dance Hall’. Premier concert, celui des Australiens de Midnight Juggernauts. Pas aussi convaincant qu’en juin dernier au Botanique. Ils souffrent d’une sono merdique et ce ne seront pas les seuls. Trop de basses tuent la basse. Le public remue timidement sous la ‘Dance Hall’. On décide donc d’aller voir ailleurs, si on y est.

Sur la ‘Main Stage’, Billy Lunn de The Subways est manifestement à bloc. Il gueule plus qu’il ne chante ou ne parle ; et nous casse légèrement les bonbons. Il réussit, en outre, à massacrer « I Want To Hear What You have Got To Say ». On en oublie même la présence de Charlotte Cooper. Aucun intérêt.

Petit tour au ‘Château’ où A Mountain Of One s’emballe sur un charmant morceau. Pas assez charmant pour nous retenir. Il y a bien trop d’artistes à découvrir.

Passage rapide par la ‘Main Stage’ où Amy MacDonald succède aux Subways. Ce n’est pas sa pop anesthésique qui parvient à retenir notre attention…

L’après-midi prend enfin tout son sens grâce au méchant set de Santogold. La ‘Dance Hall’ vibre toujours autant au son des basses surpuissantes. Et ce ne sont pas les bombes « You’ll Find A Way (Switch & Sinden Remix) », « L.E.S. Artistes », « Creator » ou « Say Aha » qui me contrediront. Un putain de premier bon moment !

On ne peut pas en dire autant de Serj Tankian, Infadels ou même Tricky. Un trio perdant. Ou si vous préférez trois grosses déceptions. Heureusement, Hot Chip est là pour sauver les meubles. La ‘Dance Hall’ est pleine à craquer et le sol tremble sous les beats de « One Pure Thought », « Hold On », « Boy From School », « Ready For The Floor », le terrible « No Fit State », l’inévitable « Over & Over » et même une reprise inattendue du « Nothing Compares 2U » de Prince, popularisé par Sinéad O’Connor. La formation en devient véritablement incontournable tant ses prestations live ne cessent de se bonifier au fil du temps.

L’heure du dîner est arrivée. 3€ le paquet de frites, 8€ la pitta. A ce prix là, il ne nous reste plus qu’à parcourir des kilomètres pour retrouver nos tendres tartines sous la tente. Par contre, pour avoir oublié toutes boissons non alcoolisées, il va falloir douiller. A 2,25€ le verre de coca, on a plutôt intérêt à le déguster. Après ce petit repas vite fait bien fait, retour au ‘Club’ pour l’excellente prestation d’Iron & Wine qui a choisi de ne jouer que des morceaux ‘upbeat’, histoire de garder la foule éveillée.

Sur la ‘Main Stage’, Róisín Murphy se la pète à donf’. « Don’t Cry » en guise d’intro, danseuses à clef, constitue une bonne mise en bouche. Par contre, pas très subtile, la donzelle. Dès le deuxième morceau, elle enchaîne sur un titre de Moloko (« Forever More »). Aussi retravaillé soit-il, c’était du Róisín Murphy que l’on était venu écouter, pas du Moloko. Sa version insipide de « Let Me Know » conclut notre visite à la ‘Main Stage’ pour la journée. On verra si elle fait mieux à Forest dans quelques mois…

Après quelques minutes de patience, The Flaming Lips débarque sous le ‘Marquee’ pour y foutre un sacré bordel. Ballons, confetti et un joli lâcher de tubes, comme « Do You Realize ?? », « Fight Test », « The Yeah Yeah Yeah Song » ou « Yoshimi Battles The Pink Robots ».

Au ‘Club’, The Ting Tings n’a pas été aussi convaincant, ni la hauteur de la hype. Les hits populaires « Great DJ » ou « That’ Not My Name » sonnent creux. On aura beau fait des allers-retours entre la Marquee et le Club, le set du duo n’a pas l’air de s’améliorer.

On décide alors de se poser sous le ‘Château’ pour ce qui va s’avérer être le meilleur moment de la soirée. Holy Fuck triture ses instruments analogiques comme nul autre. Les tueries de « LP » font frémir le cortex cérébral de l’assistance. Du « Super Inuit » introductif à « Safari » en rappel, en passant par le splendide « Lovely Allen » et l’obsédant « The Pulse », le quatuor a prouvé qu’il méritait bel et bien sa place en tête d’affiche de la journée (bien remplie) sous ce chapiteau. De quoi terminer en beauté… Allez, dodo !

 

Esperanzah ! 2008 : vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 août

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Le premier week-end du mois d’août restera l’un des moments phare de cet été. Pendant 3 jours, les groupes programmés au festival Esperanzah! nous ont offert un festin musical mémorable. Une programmation d’exception où les meilleurs musiciens ont inondé de leurs rythmes et notes de musiques endiablés, un public ravi et rassasié. L’édition 2008 a été riche et colorée. Des journées –pour la première fois depuis sa création– sold-out qui ont attiré pas moins de 10.000 visiteurs par jour. De la musique du monde qui nous a permis de  voyager sur tous les continents. Il y en avait pour tous les goûts : du blues au folk, en passant par le reggae, le ska et le rock...

De la musique, des ambiances, des parfums et des rencontres. Quelques mots pour résumer un lieu d’échange d’une richesse pure et sincère. Des messages et des discussions sur la problématique du travail décent. Le tout dans un esprit ouvert et tourné vers la confrontation des idées de tout un chacun. Qu’on soit employé, artiste, étudiant ou autre, les différents acteurs de ce monde ont pu apprendre et s’informer, écouter et danser, le temps de quelques jours seulement.

Accrochez votre ceinture, le parcours est passionnant.

Chaque jour, de grandes pointures de la musique

Bien au-delà de l’instant, Xavier Rudd a séduit par son humilité. Sa reconnaissance en Australie et aux Etats-Unis n’est plus à démontrer. Grand défenseur de la nature et des aborigènes, il nous emmène sur une route imaginaire parsemée de sonorités qui lui sont propres. Une impression de bien-être et de chaleur s’est inscrite dans nos mémoires. En provenance d’Australie, Xavier est un musicien atypique. Il partage sa musique comme on savoure les doux rayons du soleil qui caressent notre peau au crépuscule flamboyant.

Evoluant à la croisée d’influences nombreuses, Rokia Traoré a particulièrement séduit le public venu l’écouter en masse. Samedi soir, il était difficile de se frayer un chemin. Petit à petit, Rokia et ses musiciens s’installent et font monter la pression. Les pelouses de l’abbaye se transforment en pistes de danse et les festivaliers sont projetés dans un autre univers.

Amparanoia. Singulier parcours que celui d’Amparo Sanchez et de son groupe ‘paranoïco-critico-festif’. Ce petit bout de femme au caractère généreux lutte pour un monde plus juste. Une bombe sur scène qui enflamme la foule venue applaudir une dernière fois le groupe avant que ses membres ne repartent chacun vers d’autres horizons. Un échange avec le public saisissant. Pour sa tournée d’adieu, le groupe avait invité Howe Gelb, véritable légende de la musique underground américaine. Ensemble, ils ont clôturé sur des accords qui n’en finissaient plus… un plaisir et un émerveillement qui a tenu le public captivé jusqu’à la fin.

Une organisation chronométrée

Afin de profiter de chaque groupe, il suffisait de migrer tranquillement d’une scène à l’autre. Les horaires ont scrupuleusement été respectés. En moyenne, il n’y avait qu’un quart d’heure entre les concerts des 2 scènes principales. Cependant, Esperanzah!, ce n’est pas seulement un village associatif et 2 scènes qui se relayent, c’est également : une zone pour se restaurer et faire quelques emplettes de souvenirs, assister à des projections de films, participer à des débats en direct ; et enfin, ne l’oublions pas, une scène ‘off’ où de nombreux groupes folkloriques sont parvenus à rassembler un public plutôt dynamique. Des artistes bien moins connus, qui ont l’habitude d’être les têtes d’affiches des cafés-concerts et des salles de taille moyenne ou encore des foires aux boudins du village d’à côté… Les uns après les autres, ces fanfares et orchestres de rues ont furieusement enflammé l’espace qui leur était réservé. L’affluence à cette scène était du même acabit que sur les podiums ‘Côté Cour’ et ‘Côté Jardin’.

Escales à revisiter

Il est des groupes qu’on entend pour la première fois en live et qui libèrent comme de petits chocs électriques… En 3 jours, ces décharges remuent et réveillent les émotions qui dorment en nous. D’un ordre purement subjectif, je vous invite à découvrir mes trois coups de cœur du week-end.

Vendredi. Mala Vita. Du concentré d’énergie et de vitalité. Comment décrire ce style déjanté ? Je dirai un mélange de gypsy-ska-punky-funky-music… Des musiciens qui bougent, bondissent et occupent toute la scène du début à la fin. Une panoplie d’instruments variés, mais c’est pourtant l’accordéon qui rythme chaque morceau d’un ‘peps’ incroyable. Rien d’étonnant si je me suis dit ‘tiens, y a un air de la Mano Negra’… ils sont produits par Gambeat, le bassiste de Radio Bemba Sound System dont Manu Chao est le chanteur.

Samedi. Balimurphy. Vous ne le voyez pas mais rien que de me remémorer le concert, un large sourire se profile sur mon visage. Balimurphy, groupe originaire de Bruxelles, a réussi à faire vibrer la grande cour de l’abbaye ! Une prestation scénique festive et joyeuse, tout en légèreté et gaîté, qui dévoile un répertoire empreint de textes allant droit au cœur. Une humeur enjouée qui, bien que très personnelle, nous fait parfois penser à du Noir Désir. Ils nous ont présenté leur dernier album « Poussières », un concentré de poésie sur du rock folk qui a vraisemblablement séduit une bonne partie du public de samedi ! A suivre…

Dimanche. Mazacote et La Sonora Cubana. Les sonorités cubaines sont entraînantes. Je n’apprends rien à personne ! Cette musique est contagieuse ; mais le chant du légendaire octogénaire Ignacio Mazacote donne une dimension grandiose à la prestation. Un privilège de pouvoir écouter ce grand monsieur qui prend son temps et pose sa voix harmonieuse sur les accords de la Sonora Cubana.

La place aux possibles

Esperanzah!, chaque année, nous convie à la réflexion. C’est certainement avant tout un festival musical. Cependant, c’est également un lieu de rencontre et d’échanges. Une étiquette altermondialiste et un déploiement de projets différents où, musiciens et festivaliers sont sensibilisés à un nouveau thème. Cette année, il s’est porté sur le travail décent. En collaboration avec le CNCD et une myriade d’autres associations, diverses animations ont été mises en place afin d’informer et favoriser la rencontre. Le sujet touche d’ailleurs tout le monde : artistes et public. Une thématique sociale et humaine visant à conscientiser le public sur les inégalités qui existent ici et ailleurs. Rokia Traoré a notamment accepté de soutenir la campagne en devenant une de ses marraines. Elle reviendra le 7 novembre au Cirque Royal pour défendre les travailleurs démunis.

Atterrissage sur une piste détrempée

Keny Arkana a clôturé la manifestation sur la scène ‘Côté Cour’.Malgré une drache nationale digne de ce nom, elle a continué à scander ses textes protestataires sur du rap de haute qualité. Une précision des mots pour exprimer une rage contre les injustices et discriminations. Les organisateurs atteignent leur objectif : sortir d’un certain fatalisme et lutter pour un monde meilleur pour tous. Ce concert était attendu par de nombreux festivaliers qui, courageux et intrépides, sont restés les poings fermes pointés vers le ciel. Ce petit bout de femme a réussi à mettre le feu aux poudres. Une prestation d’une rage incroyable.

Tout en gardant sa taille humaine, Esperanzah! est définitivement devenu un événement incontournable. Si vous n’y avez pas encore goûté, réservez vos dates pour l’année prochaine ! L’itinéraire est unique et le programme se bonifie d’année en année, au fil de l’expérience acquise. Faites passer le message.

Lokerse Feesten 2008 : samedi 2 août

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« Punk’s not dead » : c’est le titre du premier album d’Exploited, un disque qui avait cartonné en 1981. C’était aussi une façon de balayer, d’un revers de la main, les prétendues critiques annonçant la mort du punk, dès 1978. Force est de constater que le punk est parvenu à traverser les décennies, tel un navire résistant aux plus grandes tempêtes. Et l’affiche de ce samedi soir, réunissant de nombreuses légendes du genre, en est la plus belle illustration.

Les Belges The Kids ouvrent le bal. Sur leur MySpace, ils se targuent d’être ‘The Kids Belgians 1st Punkband’. Ce n’est pas tout à fait faux. Nous arrivons cependant un peu tard pour apprécier l’intégralité de leur set. Les membres fondateurs Ludo Mariman et Luc Van De Poel assurent toujours. Au fil des remaniements de line-up, ils se sont adjoint les services de Franky Saenen, le batteur des Scabs. Autant dire que leur popularité dans le Nord de notre pays n’a pas baissé d’un cran.

La pluie cesse définitivement. Le ciel se dégage et les éclaircies embellissent la scène. Tout juste pour admirer une autre référence intemporelle keupone : les Buzzcocks. Formé à Manchester en 1975, le band avait connu une pause entre 1981 et 1989, une période au cours de laquelle chaque membre avant embrassé des projets en solo. Depuis 1990, la formation a repris son bâton de pèlerin, en concoctant d’ailleurs un cinquième album studio, dès 1996. Pour fêter leurs trente années de carrière, ils ont gravé « 30 » sur Cooking Vinyl, un opus réunissant la quintessence de leur œuvre (NDR : allez jeter un coup d’œil sur la chronique Cd qui lui a été consacrée). Ce soir, leur prestation se met doucement en place et le public tarde à réagir. Mais à coup de tubes qui n’ont pris aucune ride, le feu commence à prendre et la foule à s’embraser. La voix de Pete Shelley est toujours aussi savoureuse. On se met à fredonner en chœur « What do I get ? ho ho ». Et c’est sûr c’est un tout bon ‘best of’ que nous réserve les Mancuniens. Hormis Steve Diggle, les musiciens sont cependant statiques. Faut dire que Steve est un spectacle à lui tout seul. Il s’agite comme un possédé et détruit une partie du matos en fin de parcours.

Changement de style en compagnie des New-York Dolls. Incontestablement les plus anciens, et aussi ceux à qui l’étiquette ‘sex, drugs and rock’n’roll’ colle le mieux à leur peau! Fondé en 1971, ils ont tracé la voie aux Clash, Damned et autres Pistols. Il ne faut pas oublier que Malcolm Mc Laren a été le manger des Dolls avant de devenir celui de la bande à Johnny Rotten. Le boss de leur ancien fan club, Morrissey, les a toujours soutenus et c’est même lui qui les a poussés à se reformer en 2004. Entretemps, les Dolls ont traversé de nombreuses épreuves. Tout d’abord le décès Billy Marciad, suite à l’absorption d’un cocktail d’alcool et de pilules. Celui de Johnny Thunders, ensuite. En 1991. Par overdose. Le bassiste Arthur Kane, enfin. Après une tentative de suicide manquée, il meurt en 2004, des suites d’une leucémie foudroyante. Quant au chanteur, David Johansen le chanteur il est toujours bien ‘alive and kicking’. Et tout particulièrement ce samedi à Lokeren. Mais son visage est marqué par les excès. Il me fait penser à Mick Jagger, voire même à Lou Reed de l’époque des Velvet. Leur punk est cependant bien différent de celui de leurs héritiers de la fin de 70’s. Outre le titre initial, on s’écarte un peu des 2-3 accords et des refrains simplistes qui ont rythmé le set des Buzzcocks. Les Ricains brouillent rapidement les pistes en embrayant, dès le deuxième morceau, par une reprise de Janis Joplin : « Piece of my heart ». S’enchaînent ensuite quelques temps forts comme « No Future », « Too much too soon » et un sublimissime « Trash », interrompu avant de redémarrer de plus belle. Autre fait marquant, le “You Can't Put Your Arms Around a Memory” que Sylvain Sylvain dédie à Thunders.

Les New-York Dolls sont vraiment une légende vivante ; mais peut-on en dire autant des Sex Pistols ? Leur tournée de reformation avait été vivement stigmatisée en 1996 (NDR : ceux qui ont assisté au concert chaotique à Zeebruges s’en souviennent encore). Ce ‘Filthy Lucre Tour’, comme ils s’étaient amusés à l’appeler par provocation, avait été accueilli de manière tout aussi critique par les médias et les spectateurs. Et à l’époque, la foule n’avait pas manqué d’invectiver le groupe sur scène. Mais si ce soir, il y a du peuple (NDR : il ne reste plus beaucoup de place disponible), ce n’est quand même pas sold out ! En outre, l’audience semble plus paisible, aussi. Après un « Pretty vacant » dynamique, le concert va se dérouler en mode pépère. Sans grande surprise. Les tenues de scène loufoques, le jeu de scène clownesque et les singeries répétitives de Johnny Rotten finissent même par lasser. Heureusement l’interprétation puissante d’« Emi » nous rend un peu d’enthousiasme. Le band réclame plus de bruits pour les rappels ; et très réceptif à la sollicitation, le public s’exécute. Il aura ainsi droit à deux ‘encore’ ; donc finalement à un concert d’une bonne heure trente. « Anarchy in the UK » chanté en chœur par toute la foule est plaisant ; et la formation quitte la scène après un long et bienveillant au revoir. Il faut reconnaître que le concert était techniquement au point. Et même de bonne facture. Mais cette touche provoc’ qui avait déclenché différents incidents lors de l’édition 96 du Beach Festival était absente aujourd’hui. Or, finalement elle a quand même manqué cruellement ce soir. Le public était courtois. Johnny Rotten exubérant. Mais il me faisait penser au pensionnaire d’un hôpital psychiatrique ou d’une maison de repos à qui on avait autorisé la sortie… Les Pistols auraient-ils (mal) vieilli ? Ou ont-ils décidé de se remplir le plus facilement leur portefeuille. A moins que ce ne soit leurs bides de plus en plus gras. Tout comme leurs prestations, d’ailleurs…

 

 

10 Days Off 2008 : lundi 28 juillet

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Après 10 jours de sueur sur les pistes de danse du Vooruit, le grand marathon electro annuel de Gand s’achevait ce lundi 28 juillet en beauté. Et pour cause, Simian Mobile Disco avait été programmé en tête d’affiche. Petit tour d’horizon, histoire de prendre la température.

Arrivée à 00h30 aux portes du Vooruit. Déjà, vachement moins de monde à la porte que l’an dernier, le soir de clôture. Après une petite fouille de sacoche, on pénètre dans l’antre de l’électro et constate qu’à l’intérieur, il n’y pas beaucoup plus de peuple qu’à l’entrée. On se dirige alors vers la salle principale où Cozzy Mozzy et Jean Montevideo chauffent la foule à coups de gros tubes imparables. Un set un peu safe que l’on quitte assez rapidement pour aller mater le live de Poni Hoax, suppléant le défaillant McLean. Malgré un BallRoom au 3/4 vide, le son nickel nous permet d’apprécier d’autant plus la prestation. Venu principalement présenter leur premier essai « Images Of Sigrid », les Français ont également parcouru les EP précédents, offrant au peu de monde présent une excellente retranscription de « She’s On The Radio » et « Antibodies ». Au niveau des titres les plus récents, « Pretty Tall Girls », « The Paper Bride » et « All Things Burn » se distinguent sans mal et réveillent une formation quelque peu molle en début de parcours.

A 2h du matin, direction la grande Bacardi Room pour assister au DJ-Set des Simian Mobile Disco. Ou plutôt du Simian Mobile Disco. Car James Ford est aux abonnés absents ce soir. James Shaw est donc seul derrière les manettes et assure sans temps mort. A ce moment de la nuit, on se rend compte que le taux d’alcool dans le sang de l’assistance commence légèrement à grimper. Dans le même état que le reste de la foule, on n’aura pu identifier dans le tracklisting que quelques rares morceaux tels que l’introductif et irrésistible « Sleep Deprivation » du duo ou encore de terribles remixes de « Get Innocuous ! » de LCD Soundsystem ou « You Belong » des Hercules & Love Affair. Un regret : peu de morceaux signés S.M.D. Heureusement, James Shaw va se rattraper à quelques minutes de sa sortie de set en nous accordant l’indispensable « Hustler ».

A la BallRoom, Shit Robot se produit en même temps que Simian Mobile Disco. On s’est donc échappé quelques minutes de la Bacardi Room pour y jeter un œil. Un show pas assez convaincant pour nous retenir. On retourne donc sans attendre à la Bacardi Room afin d’assister quelques minutes à celui de Dr Lektroluv. Fidèle à lui-même, le géant vert reprend les manettes des mains de James Shaw. Cohérent, il enchaîne le live de Simian Mobile Disco sur le même style d’électro, en y ajoutant une dose de rythmes un peu plus putassiers. Mais jugeant la prestation un peu trop répétitive, on se dirige après une dernière pinte à 2,50€ vers la BallRoom pour assister au set des Gantois The Glimmers. Après tous ces beats synthétiques, la dose de funk supplémentaire du duo nous permet de tenir jusqu’aux petites heures. Sur les genoux, on reprend le train non content d’avoir perdu quelques kilos en sueur. Une jolie clôture, qui aurait gagné à être fêtée, par bien plus de monde…

 

 

Dour festival 2008 : dimanche 20 juillet

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C’est déjà le quatrième et dernier jour du festival. Il doit être 15 heures. Nous croisons autant de personnes qui arrivent que de campeurs pliant bagage. La moyenne d’âge est aussi plus élevée. De nombreux riverains du site ont été invités par le Bourgmestre. Ils en profitent pour faire leur petit tour. Résultat, en ce début d’après-midi, l’ambiance au sein du public est plutôt calme.

Ce calme est toutefois de courte durée. Moins d’une semaine après avoir vécu un séisme de degré trois sur l’échelle de Richter, les terres douroises tremblent à nouveau ; mais sur celle de Lofofora cette fois-ci, une des grosses pointures du hardcore français. Après avoir commis un excellent opus, intitulé  « Dur comme fer », les Parisiens ont un peu tourné en rond. Le public d’ailleurs aussi. Mais à leur manière, puisque les ‘circle pits’ et autres pogos n’ont pas tardé à se déclencher. Pourtant, le set manque de subtilité. Tout comme les commentaires du vocaliste Reuno, par ailleurs. Mais les nombreux fans, dont notre Ponpon, ne leur jettent pourtant pas la pierre.

Au sein de Heavy Trash, Jon Spencer ne fait plus dans le Blues Explosion, mais plutôt dans le rockabilly. Il est secondé par Matt Verta-Ray (du groupe Speedball Baby). Bien que toujours très énergique, la prestation ne parvient pas à capter l’attention de la foule, sans doute fatiguée par quatre jours de réjouissances. Jon a beau être enthousiaste, ses ‘Oh Yeah !’ ne sont guère partagés. Maintenant, il est vrai que leur set était peut-être programmé un peu trop tôt dans l’après-midi…

Efterklang est un ensemble danois. Dans leur langue, ce terme se traduit par résonance ou réminiscence. Sur scène, leur mélange de post-rock, d’électro et de cuivres passe plutôt bien la rampe. Imaginez un peu 7 musiciens en tenue (négligée) de mousquetaires. Le spectacle assez plaisant rappelle quelque part leurs voisins d’I’m from Barcelona. Mais leur univers multi-instrumental est plutôt bordélique. Et seules les oreilles averties parviendront à tenir la distance. En outre, vu la programmation chargée de ce dimanche, on préfère zapper.

Le festival de Dour ne manque jamais d’artistes à découvrir. Tout dépend de sa culture musicale. Lorsqu’un ami ou un journaliste (l’un n’excluant pas toujours l’autre) nous recommande un groupe ou un musicien, notre curiosité nous pousse à s’y intéresser. Et à se rendre jusqu’au podium pour se faire sa propre opinion. C’est le cas de Chrome Hoof et de Why ? Les premiers pratiquent un rock inclassable, dont le style navigue quelque part entre les Bellrays (NDR : aussi déjantée, leur chanteuse est également de couleur noire) et Siouxsie. Le second ne nous botte pas trop. Why ? est un autre bidule à tendance hip-hop. Nos conseillers nous confient cependant que la prestation douroise est loin de celle accordée dans le cadre des dernières Nuits du Bota.

La toute grosse foule se masse sous le Dance Hall. Et même à l’extérieur. Didier Super jubile. Il faut dire que son humour énième degré cadre bien avec le festival. Son rock provoc’ fait toujours autant recette. Il vilipende constamment son public, notamment sur la pédophilie en Belgique ; et ses musiciens font même mine de le quitter, fâchés. Mais ce scénario n’est évidemment qu’une mise en scène bien huilée. Un des deux plus grand succès de foule ce dimanche (Alpha Blondy, programmé plus tard en soirée, sera l’autre), avant la première réjouissance, musicale cette fois-ci, de l’après-midi.

Au début des années 60 Buddy Holy signait « Rave on ». Ce tube a inspiré The Raveonnettes, une formation qui nous replonge dans l’histoire du rock’n roll. Et parfois plusieurs décennies, auparavant. Même si le fil conducteur semble s’attarder vers la fin des 80’s et le début des 90’s ; et nous rappeler en particulier des combos comme Jesus and Mary Chain ou Slowdive. Première surprise, ce n’est pas la délicieuse blonde Sharin Foo qui monte sur les planches. Mais sa sœur Louise. Sharin est enceinte. Les frangines possèdent un physique à nous rendre Foo. Louise ressemble à Kirsten Dunst (n’oubliez pas notre section ‘Live photos’). Elle est membre du collectif Ohmarymary. Plus réservée, sa tonalité vocale est tout aussi sensible ; mais son timbre est parfaitement complémentaire avec celui de Sune Rose Wagner. Les échanges d’harmonies vocales sont d’ailleurs savoureux. Bref, le spectateur ne perd pas au change. On a l’impression de déguster un bon homard arrosé d’un Bordeaux-supérieur. Enfin, un spectacle apprécié de bout en bout, même si les aficionados nous confieront qu’en salle, flanqué de la chanteuse principale, c’est encore mieux.

Autre régal de la soirée : Fujiya & Miyagi. Retenez bien leur nom : Fujiya & Miyagi ! On ne peut pas parler de coup de cœur, car on avait déjà pu assister à leur set accord au Pukkelpop, l’année dernière. Mais d’une confirmation. On est bien en présence d’un des meilleurs groupes découverts lors de ces deux dernières années. Le club circuit Marquee n’est pourtant qu’à moitié rempli, mais tous les spectateurs manifestent de l’enthousiasme, même ceux qui, comme nous, prennent le concert en cours de route. L’ombre de Yo la Tengo plane encore sous ce chapiteau qui les avait accueillis deux ans plus tôt. Surtout lors du final d’une durée, quand même, de plus de 10 minutes. Avant que le public n’applaudisse chaleureusement le départ du trio anglais.

Il est déjà 22h30. La foule est beaucoup plus conséquente. Certains festivaliers se seraient-ils réveillés tardivement ? Ou alors la présence d’Alpha Blondy focaliserait-elle un nombre très élevé de spectateurs. Déjà gâtés les jours précédents, les fans de reggae s’en donnent à cœur joie. De son véritable nom Seydou Koné, Alpha Blondy est en effet une des plus grandes figures du genre africain. Et dire que c’était déjà la troisième fois qu’il faisait honneur à Dour. A 55 ans, il n’a rien perdu de sa verve, arborant même fièrement un tee-shirt ‘sex machine’. Ambassadeur de la paix dans son pays, la Côte d’Ivoire, il se démène sans compter pour conduire son combat. Il est bien soutenu par deux choristes. Les mêmes que celles épaulant son compatriote Tiken Jah Fakoly, me semble-t-il…

La soi-disant ‘tête d’affiche’, pour autant que l’on puisse l’appeler ainsi, était Gogol Bordello. Ce groupe multiculturel résume à lui seul l’atmosphère du festival. Un sacré mélange des genres. Un foutu bordel mais qui a du style et de la pêche. Bref, une recette idéale pour faire la fête. Il ne faut que quelques minutes au leader Eugène Hütz pour électriser les premiers rangs. « Not a crime » sonne le départ d’un cortège incessant de slams et pogos. Pendant « Start wearing purple », la moitié de l’assemblée jumpe. Le final est un peu long. Plus d’un quart d’heure. Un massacre du pourtant sublimissime « When The Trickster Starts A-Poking ». Mais bon, vu l’ambiance, personne ne semble s’en soucier. Bonne nouvelle pour les nombreux aficionados, ils reviennent le 17 décembre 2008 au Splendid de Lille, au terme d’une tournée qui les mènera de Tokyo à Montréal en passant par Moscou. Le tout, en moins d’une semaine. Quelle santé !

Quant à nous, il est temps de penser à la route du retour. Emprunter ces fameuses passerelles casse-gueule à la sortie du site, après cette journée marathon. Heureusement c’est aussi celle de la clôture.

P.S. : Je me permettrai quand même d’ajouter un petit commentaire au sujet de l’ambiance qui a pourri le set des BB Brunes. En toute franchise, je dois avouer ne pas être trop branché par leur univers sonore. Lors de leur prestation, j’ai pris un certain recul. Au propre comme au figuré. Mais quel triste spectacle ! Pas celui accordé par le groupe, qui ma foi lorgne davantage vers le rock qu’un vulgaire ‘boys band’. D’ailleurs, la veille, dans le cadre des Francos de Spa, il avait récolté un franc succès, lors. Mais à Dour, les applaudissements étaient largement dominés par les lazzis ; si bien que la formation a dû se produire dans une cacophonie indescriptible. Aussi, je me demande qui est le plus immature ? Les jeunes ados ou cette frange du public dourois qui, après Patrick Juvet et Diam’s, a jugé bon de balancer une série de projectiles vers la scène. Le problème c’est qu’ils n'ont pratiquement jamais atteint leur cible, mais plutôt les spectateurs des premiers rangs. Dont de nombreux jeunes qui participaient pour la première fois à ce festival. Quel souvenir garderont ces ados de Dour ? Auront-ils envie d'y revenir ? Et que penser de ces médias (y compris le site officiel live.dour) qui se sont contentés de tirer à boulets rouges sur le groupe sans remettre un instant en question l'attitude du public. ‘BB cadum ? Dur dur d'être BB’ titrent-ils ? N'empêche les BB Brunes sont parvenus à tenir tête à leurs détracteurs et ont démontré qu’ils ne manquaient pas d'humour. Tout d’abord en respectant leur timing (NDR : dans ces conditions, difficile d’accorder un quelconque rappel). Ensuite, en leur rétorquant qu’ils étaient incapables de viser correctement. Faut croire que ces ‘hooligans’ qui dansaient la farandole sur des reprises d'Abba, le mercredi soir, jugeaient sans doute leur comportement plus branché... Tout est question de point de vue…

 

 

Francofolies de Spa : samedi 19 juillet

Les Francofolies de Spa : on s’y sent bien et on y revient. Une ambiance bon-enfant, un centre ville agréable. Sans oublier notre séjour dans une auberge (Mambaye) sympathique, sise en plein cœur d’un parc naturel irrigué de sources. Autant de bonnes raisons de vouloir s’attarder sur place ; mais notre séjour doit (déjà) s’achever et l’heure du bilan a sonné.

Au rayon des tops du festival on épinglera :

1) une équipe des relations publiques aux petits soins pour les médias
2) l’accessibilité globale du site et les facilités prévues pour les personnes handicapées
3) des artistes sympathiques et disponibles comme Stephan Eicher ou Maurane
4) l’hystérie des ados pour les BB Brunes.

Au rayon des flops en revanche on regrettera:

1) le service de sécurité en front stage, un peu trop militaire.
2) l’exiguïté du parc (Village Francofou).
3) la sélection des photographes opérée par les agents des têtes d’affiche qui ne se sont soucié que de quelques médias.
4) l’hystérie des ados pour les BB Brunes  (nos tympans en souffrent encore).

Entamer son après-midi par un set de Daniel Darc peut s’apparenter à de l’autodestruction. Ou du moins à se plonger dans le spleen alors que le soleil fait enfin son apparition. Le contraste est bien présent, car non seulement le Français est tout de noir vêtu, mais ses musiciens –brillants par ailleurs– ont décidé de nous plonger au sein d’une ambiance presque funèbre. Seule une minorité du public semble accrocher (NDR : normal puisqu’il est constitué en majorité d’ados et de leurs parents qui attendent les BB Brunes). Il aurait peut-être été préférable de programmer ces BB à la place de l’ex-Taxi Girl, pour permettre aux enfants d’aller se coucher plus tôt, et ainsi permettre au Parisien de s’adresser à une audience plus avertie. Quoiqu’il en soit, nous apprécions beaucoup l’auteur/compositeur de « Crève-cœur » et « Amours suprêmes ». Et on n’a certainement pas envie de le bouder. Le grand-public, lui, attend la fin du show pour se réveiller. Pas difficile, puisqu’il est marqué par l’interprétation de « Chercher le garçon »...

Mais la grosse surprise de cette journée est venue de Benjamin Biolay. On craignait le pire pour l’ex-gendre de Catherine Deneuve, surtout en voyant le parterre de midinettes blondes agglutinées aux premiers rangs. Mais tirons rapidement un trait sur ses (anciennes) frasques, et sur le prix d’entrée démesuré qu’il exigeait, il y a quelques années, à l’AB. La plus belle preuve ? Pour son spectacle, on est libre de toute contrainte photo (NDR : chouette, il est agréable de pouvoir faire son boulot, sans entrave). Et sa tenue décontractée, lorsqu’il monte sur les planches, gomme nos à-priori ‘people’. La formule minimaliste du line up (NDR : uniquement un claviériste et une guitariste) est destinée à mettre en exergue le chant. Sur « Laisse aboyer les chiens » sa voix s’envole même, telle une colombe libérée de sa cage. Un timbre qui tantôt rappelle Miossec, tantôt pastiche Gainsbourg, surtout lorsqu’il tient une clope à la main. Protégé par les arbres du parc Francofou, la douceur d’un climat s’installe, le public s’approprie les émotions et s’emballe même sur « Dans la Merco Benz ». Benjamin Biolay nous a vraiment fait passer une fin d’après-midi inoubliable.

BB Brunes peut définitivement être catalogué de groupe d’ados. Ses membres viennent juste de passer l’âge de la majorité, mais la voix du chanteur Adrien a du mal à muer. Espérons juste pour les BB que la chute ne sera pas aussi rapide que leur ascension (NDR : en moins d’un an ils sont passés du club de l’AB à Forest National). Et évoquons surtout ce jeune public spadois, qui leur vole la vedette. Ils étaient déjà des milliers d’aficionados à faire la file au stand de dédicaces, une bonne heure avant le show. Des jeunes filles de 15 ans de moyenne d’âge, en larmes, qui téléphonent à leur ami(e)s pour leur raconter ‘je les ai vus, ils sont trop beaux, le chanteur m’a même regardé et fait un sourire, hiiiii’. Avant même que le concert débute, la sécurité et la croix rouge doivent mettre les bouchées doubles. En cause : les nombreux évanouissements de fans qui ne se sentent plus. Et la musique alors, me direz-vous ? Et bien honnêtement, il est difficile d’apprécier un concert lorsqu’il est couvert par une concentration de tels cris stridents, produits par des ados, au bord de l’hystérie. On a quand même pu évaluer le jeu de scène des Parisiens et découvrir leur touche rock garage à la Babyshambles. La maturité en moins, compensée cependant par une énergie juvénile récréative.

Nous quittons donc rapidement cet univers peuplé de groupies, pour nous assister à un spectacle plus adulte : celui de Calogero. Malgré plusieurs dates programmées en Belgique, celle de ces Francos est archi-complète. Sa musique oscille toujours entre variété française et pop/rock anglais (Calogero n’a jamais caché son intérêt pour Cure et Radiohead). Et l’artiste évite soigneusement les clichés rock, histoire de ne froisser personne. L’artiste va également nous réserver l’une ou l’autre surprise. Et notamment un duo échangé avec Stanislas, en fin de parcours. Ils y interpréteront « Mes Racines ». Pendant 1h30, la panoplie de tubes va illuminer la scène Pierre Rapsat. Et pendant ce temps-là, dans la foule, les petites maracas lumineuses, distribuées par le sponsor, brillent aussi de milles feux.

Une chose est sûre, il faut une fameuse capacité d’adaptation pour passer de Daniel Darc aux BB Brunes, puis à Calogero. Et ne parlons même pas des changements de décor entre le parc, le casino et l’hôtel de ville. Non vraiment Spa est une source inépuisable de diversités ; et c’est sûr on y reviendra !

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