Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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dEUS - 19/03/2026
The Wolf Banes - De Casin...

Bury Tomorrow

Une performance magistrale !

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Bury Tomorrow réunit des musicos originaires de Portsmouth et Southampton, dans le Hampshire. Pratiquant du metalcore mélodique, le quintet implique Dani Winter-Bates au chant et au screaming, son frère Davyd Winter-Bates à la basse, Dawson Kristan à la guitare ainsi qu’Adam Jackson à la batterie. Et le line up s’est enrichi du claviériste/percussionniste Tom Prendergast. Il se produisait donc ce dimanche 1er décembre à l’Ancienne Belgique de Bruxelles.

C’est la dernière date de la tournée européenne, pour laquelle le band a engagé, comme supporting act, Make Them Suffer, Thornhill et As Everything Unfolds. Belle soirée en perspective !

Pourtant, le concert devait se dérouler dans la grande-salle, mais comme moins de places que prévu ont été vendues, c’est l’option Ball Room qui a été choisie. D’ailleurs, les deux étages sont fermés.

Groupe insulaire de post hardcore et de metal alternatif, As Everything Unfolds ouvre les hostilités. Réputé pour ses instrumentaux dynamiques, son attaque sonore agressive mais mélodique et ses paroles chargées d'émotion, le combo est idéal pour faire circuler l'énergie dès le début de la soirée. Le chanteur principal, Charlie Rolfe, a la capacité de passer, sans problème, du chant clair aux cris gutturaux et impurs. Son registre vocal est à la hauteur de la performance serrée et soignée du band. La configuration de la scène est simple mais efficace. A cause de cet éclairage violet qui baigne la salle, créant un climat atmosphérique (page ‘Artistes’ ici).

‘Très bien, mettons-nous en mouvement !’, s’exclame Rolfe alors que la batterie entre en action, suivie d'un solo de guitare saccadé. La foule s’enthousiasme lorsque le bassiste George Hunt et le claviériste Jon Cassidy s’autorisent un petit tour dans la fosse. Le light show vire au rouge pendant les morceaux plus lourds, amplifiant l'intensité d’une performance, qui n’a duré que 30 minutes (page ‘Artistes’ ).

Place ensuite à Thornhill, un quatuor de metalcore progressif issu de Melbourne, connu pour son approche atmosphérique et émotive du genre. Le public piaffe d’impatience, en attendant que la formation australienne grimpe sur les planches. Il frappe dans les mains en cadence et lance même un ‘Woo’ collectif.

Enfin, le set s’ouvre par « Raw », un morceau particulièrement énergique qui va donner le ton à la soirée. Le lead vocalist, Jacob Charlton, a une présence imposante. Sa voix oscille entre force explosive et profondeur émotionnelle. Au fil du set, le mélange de metalcore percutant et d'éléments atmosphériques permet au band de créer des compositions complexes et en couches (page ‘Artistes’ ici et photos Romain Ballez ) …

Make Them Suffer (page artistes ici et photos Romain Ballez ) est également originaire du pays des kangourous. En ‘live’, il libère une certaine lourdeur ainsi qu’une énergie éruptive et contagieuse.

Notoire pour son amalgame de breakdowns deathcore brutaux, de chants clairs mélodiques et d'éléments atmosphériques symphoniques, le quintet aussi entame sa prestation par le célèbre morceau « Ghost Of Me ». Le chant clair et mélodique d'Alex Reade est remarquable, contrastant parfaitement avec les tons plus écrasants et gutturaux qui dominent dans son expression sonore. Cette énergie déborde dans la fosse. Les ‘crowdurfers’ la traversent. L'interaction entre le combo et le public est un élément clé de la performance. Le chanteur Sean Harmanis le taquine en criant : ‘Vous nous gardez en vie !’ Et il répond par des ‘crowdsurfings’ encore plus nombreux. Le personnel de la sécurité est très sollicité, alors que la tête d’affiche doit encore se produire. Et il est de notoriété publique que les concerts de Burry Tomorow sont athlétiques pour réceptionner les surfeurs devant le podium. Il y avait plus de 1 000 crowdsurfers, lors de son dernier spectacle, dans une salle qui peut accueillir 3 000 personnes.

Burry Tomorow clôt donc la soirée. La foule scande son nom bien avant qu’il n’apparaisse. Et lorsqu’il débarque, elle est prise d’une frénésie paroxystique. Dès la première note, on est conscient que ce set sera intense. La présence scénique des musicens est incomparable. Ils se déplacent constamment, interagissant avec le public afin de lui communiquer le sentiment de faire partie du spectacle. Le chanteur Daniel Winter-Bates, porte un gilet pare-balles. Il mène la charge.

Le public est déjà en ébullition lorsque Winter-Bates crie : ‘Je veux voir toute la salle tourner !’. Une invitation à créer un immense ‘circle pit’ auquel la foule s’empresse de répondre. Dingue ! 

Le setlist est partagée entre les morceaux préférés du public tel que « Earthbound », au cours duquel le band se déchaîne passionnément, nouvelles compos, et titres plus sombres mais davantage atmosphériques comme « DEATH (Ever Colder) », où la production scénique se distingue par son visuel obsédant pour correspondre aux thèmes introspectifs développés. La foule reprend les chansons en chœur. L’énergie monte en crescendo, au fil du show. « What If I Burn » libère une charge émotionnelle phénoménale, même si la foule continue de se défouler.  

Tom Prendergast a droit à son moment de gloire sur le fameux « Majesty » pour lequel il entame le chant seul avant d’être rejoint par le reste du band Et Bury Tomorrow achève son concert par « Choke », l'un des morceaux les plus emblématiques du band. Une performance magistrale !

Depuis les premières notes de As Everything Unfolds jusqu’au rugissement final de Bury Tomorrow, cette soirée s’est révélée d'une férocité et d'une énergie sans précédent. Chaque groupe a apporté quelque chose d'unique sur scène, mais tous ont partagé une passion et une connexion avec leur public qui ont fait de ce concert un moment inoubliable. Qu'il s'agisse des mélodies dynamiques de As Everything Unfolds, du son progressif et atmosphérique de Thornhill, de l'énergie chaotique de Make Them Suffer ou de la présence électrisante de Bury Tomorrow, ce spectacle était un véritable témoignage de la puissance de la musique live et du dynamisme de la communauté métal, même si en fin de parcours, les infrabasses dépassaient un peu trop les limites du (dé)raisonnable… (photos Romain Balllez )

Setlist : « Abandon Us », « More Than Mortal », « Earthbound », « DEATH (Ever Colder) », « Begin Again », « Villain Arc », « What If I Burn », « Recovery ? », « Boltcutter », « LIFE (Paradise Denied) », « Black Flame », « Cannibal », « Majesty », « Last Light », « Choke ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Hoshi

Une étoile au Zénith

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Une fois n’est pas coutume, votre serviteur s’est expatrié outre-Quiévrain ! A Lille plus exactement ! Non pour y déambuler entre les différents stands dressés sur la Grand Place pour y appâter le nigaut en période de Noël, mais pour y voir et écouter une Hoshi au sommet de son art.

L’artiste se produit au Zénith, une salle nichée en plein cœur de la cité, dans le cadre de sa tournée baptisée ‘Cœur Parapluie’.

Le supporting act est assuré par Camille Gemoets, aka RORI, une autrice-compositrice-interprète belge. Depuis quelque temps, elle marque de son empreinte la sphère musicale grâce à une pop contemporaine inspirée par la culture musicale anglo-saxonne et la scène rock.

Alors qu’elle est habituellement flanquée de ses fidèles serviteurs, l’ex-The Subs, Hadrien Lavogez, préposé à la guitare, et Loïc Lavogez, derrière les fûts (succédant à Pierrick Destrebecq), ici, la demoiselle se livre seule, uniquement soutenue par un support préenregistré.

Lorsque votre serviteur débarque sur les lieux du crime, l’artiste a déjà (bien) entamé son set. Sa taille est inversement proportionnelle au podium, qui pour le coup, paraît immensément démesurée. Pour seul décor, un grand tissu blanc qui flotte derrière elle. Pas d’autres artifices, si ce n’est l’un ou l’autre coup de projecteur. Un peu ‘cheap’ quand même…

La belle et rebelle n’en demeure pas moins efficace, infligeant, sans semonce, ses compos à la fois cinglantes et paradoxalement très radiophoniques. A vrai dire, l’absence de ses musiciens ne semble pas, a priori, la gêner outre mesure. A moins que ce ne soit qu’un leurre…

Elle poursuit vaille que vaille, sans se laisser démonter. « Jalousie », une nouveauté aux accents pop/rock chanfreinés lui va comme un gant. Le public, enivré par cette fausse nonchalance dont elle a le secret, n’y tient plus. Ça gigote et ça tape des mains. Difficile de rester cloué sur son siège.

Et que dire lorsque, elle se rend chez son « Docteur », pour y décrire la syncope d’une foule en délire.

Capable de vous retourner de solides punchlines, l’ingénue, devenue figure de proue de la scène musicale noir-jaune-rouge, s’affranchit des préjugés pour servir sa sauce pop acidulée devant un public que l’on dit souvent élitiste et pas nécessairement venu pour elle.

Après une interruption d’une vingtaine de minutes, place à la Maîtresse des lieux. Une artiste, une vraie au sens noble du terme. Elle baigne dans la musique depuis son plus jeune âge. Elle commence à jouer du piano à six ans et la guitare à quinze. À la même époque, elle écrit ses premières chansons.

Elle effectue ses premiers pas au sein du groupe amateur TransyStory, formé en septembre 2011. Passionnée par la culture japonaise, elle choisit comme nom de scène Hoshi Hideko, puis simplement Hoshi, qui signifie ‘étoile’ en japonais.

La pénombre s’estompe doucement, les lights prennent discrètement de l’intensité. Pendant la longue intro, les projecteurs, jusque-là timides, laissent entrevoir un espace scénique très épuré. Seul le parapluie, immense emblème de la tournée, dénote. Il semble vissé pour toujours au plafond. Il est auréolé de tubes néon qui s’illumineront au gré des chansons et des ambiances.

Ses musiciens entrent en scène lentement, tour à tour. Et dans cette bande, il n’y pas que des inconnus.  A commencer par Lola Frichet à la basse (Pogo Car Crash Control), Charlène Juarez aux claviers (Brigitte) et Enzo Gabert à la batterie (Skip The Use). Et c’est Lucie, un joli bout de femme, qui se réserve la guitare.

« Mauvais rêve », titre phare de son dernier opus, retrace les étapes d’une vie que l’on comprend difficile, rejetée de tous et du système. Parfois, des sanglots apparaissent dans sa voix.

Une certitude, Hoshi impose un style musical bien à elle. Des textes simples, mais touchants, une musique entraînante et une aura exceptionnelle. Sans oublier cette voix haut-perchée et quelque peu nasillarde qui peut perturber les non-initiés. Pas étonnant donc que ce soit devenue l’une des révélations de la chanson française de ces dernières années.

Elle cultive une identité visuelle très forte : des vêtements amples, une attitude de femme-enfant, un chignon nippon et ce visage angélique qui lui confère un petit côté geisha.

Très vite, elle embraie par « Tu me manques même quand t'es là », une compo sur les relations passionnelles. Un moment particulièrement émouvant.

L’artiste répète à qui veut l’entendre qu’elle est heureuse de fouler les planches lilloises. Le meilleur selon ses dires.

Manifestant le souhait de prendre un nouveau tournant dans sa vie, elle dénoue d’un coup sec ses cheveux et laisse apparaître une longue tignasse impressionnante. Un choc visuel qui détonne par rapport à l’image de la jeune première qu’elle veut bien se donner.

Très vite, Mathilde Gerner, à l’état-civil, s’épanche sur la bestialité sans nom dont elle a été victime à travers son appel au manifeste, « Amour censure », hymne à la tolérance et à la sincérité des sentiments amoureux.

Hoshi, elle-même victime d'agression homophobe, a écrit cette chanson en réaction à une certaine libération de la parole discriminatoire, notamment après la ‘manif pour tous’. Une composition qui malheureusement a encore des raisons d'exister auprès des ‘biens pensants’. Et pour contrer toute cette haine, rien de tel qu’un gros fuck à tous ces enculés dont elle n’a plus peur aujourd’hui, dit-elle, tout en agitant un drapeau arc-en-ciel, symbole du mouvement LGBT+. Le public ne peut s’empêcher, à son tour, de lever le majeur, signe de l’intégration des mœurs. Mêmes les plus jeunes s’y mettent. Une parenthèse particulière, mais bien sympathique.

Souffrant de la maladie de Ménière (un mal qui la poursuit depuis toute petite et provoque des acouphènes et des pertes d'audition), elle s'avoue, à demi-mot, vaincue par cette affection sur l’époustouflant « Fais-moi signe ». Un piano-voix qui met en exergue le grain particulier de sa voix. Un véritable appel de détresse également auprès d’un public qui ne peut que l’encourager en applaudissant par le langage des signes. Les larmes ruissellent alors sur les joues de la jeune femme. Sans doute, est-elle convaincue qu’elle ne parviendra pas à éteindre ce fléau qui la consume lentement.

Marcel, son grand-père, est au centre des débats. Un homme qui lui a communiqué la fibre musicale alors qu’il l’emmenait aux concerts, alors qu’elle était encore très jeune. C’est donc à la mémoire de ce grand monsieur qu’elle entame un hymne à la puissance magistrale. Et si nous avions tous un Marcel dans notre cœur ?

Elle empoigne ensuite sa sèche, comme à ses débuts, pour y jouer « Manège à trois », lorsqu’en rue, elle essayait d’accrocher du regard les passants, sans parvenir à ses fins. Sauf sa mère et son père, dit-elle, entre rage et désespoir.

Douée pour les métaphores et autres figures de style, elle poursuit sur un ton nettement plus rock avec un « Superstar » qui arrache les portugaises. Les musiciens s’en donnent à cœur joie. Un joli moment de communion également.

Généreuse et humaine, on la sent fusionnelle au sein de son band. Une belle complicité la lie avec sa bassiste. Et les puristes auront remarqué l’inscription gravée sur l’instrument, ‘One woman on stage’.

Celle dont le physique a été quelque malmené par le journaliste-chroniqueur Fabien Lecoeuvre, entame un « Je partirai », une chanson percutante où elle parle du désir de partir loin d'un monde qui ne l'aime pas, la juge et la blesse. Bref, un exutoire où elle exprime sa souffrance, son incompréhension et son besoin de liberté. Elle veut rester éternelle dans les mémoires, comme une étoile ou une comète. Gageons qu’elle y parvienne.

Le set s’achève doucement. « Ta marinière » versius 2.0 est repris en chœur par un public particulièrement enchanté par cette extraterrestre. On a droit à deux versions. L’une imbriquée à l’autre, tantôt proche de la version originale, tantôt, plus luxuriante, avec des riffs et des beats à n’en plus finir.

Après plus d’une heure trente de concert, Hoshi se retire.

Elle détient la recette du succès ! Un brin de folie, beaucoup d'amour et une énergie communicative.

 

 

Tough Enough festival 2024 : samedi 30 novembre

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La première édition du Tough Festival se déroulait ces vendredi 29 et samedi 30 novembre au Botanique, à Bruxelles. Trois salles accueillent cet événement : l’Orangerie, la Rotonde et le Museum. Au menu, de l’americana, du psychédélisme, du surf, du garage rock ou punk, soit des styles qui entretiennent un lien unique, de près ou de loin, avec le blues…

Et comme on est au Bota, à côté de formations et artistes confirmés, une large place est réservée à la scène émergente, c’est-à-dire celles et ceux qui innovent et explorent. Depuis que Frédéric Marchal est devenu directeur général au Botanique, il y a du changement dans la programmation. On y retrouve ainsi la griffe qu’il avait apposée au Centre Culturel René Magritte de Lessines, au Boogie Town et au Roots And Roses de Lessines…

Trois artistes ou groupes sont programmés par salle et se produisent en même temps. Il faut donc opérer des choix. Donc impossible d’assister à l’intégralité des concerts.

Dehors, il fait un froid de canard, et comme le festival se déroule dans la ‘Maison des courant d’air’, on est littéralement frigorifiés… Ce qui contraste avec la bonne saison, lorsque le soleil illumine de ses rayons, le jardin et les serres…

Tupenny Bunters ouvre les hostilités à l’Orangerie, un duo réunissant les multi-instrumentistes Dave et Fi Dulake. Le projet est né en 2012, la même année que leur mariage. Gérant un pub musical notoire de Southend, baptisé The Railway Hotel, le couple, dont le patronyme s’inspire des prostituées de l’époque ‘Régence’, a gravé deux elpees (en vinyle), à ce jour, « A Tuppenny Upright », en 2015 et « The Tuppenny Hangover », en 2022.

La setlist est constituée de titres brefs et déchirants imprimés sur un tempo endiablé, parfois même frénétique. Une forme de garage pop 60’s qui aurait rencontré de la new wave trashy des 70’s. Les mélodies sont entraînantes. Le concert est emballant voire festif.

C'est la posture puissante de Fi, lorsqu’elle est derrière les claviers, qui focalise l’attention. Elle râle alors ou hurle manière maniaque, mais toujours mélodieuse. D’ailleurs, en général, sa voix est plutôt emphatique. Les musicos intervertissent leurs instruments (drums/ivoires), en fonction des morceaux. Très classe !

Direction Museum pour découvrir Karma Sheen. Fondé en 2014, ce combo d’origine pakistanaise s’est établi à Londres.

Sa musique fusionne le classique hindoustani, le rock fuzzy ‘hendrixien’ des 60’s et le lyrisme d'inspiration soufie, profondément enraciné dans l'héritage culturel. La musique traditionnelle pakistanaise moderne se base sur des sonorités vieilles de 600 ans.

Dirigé par Sameer Khan, qui en perpétue l’héritage, ce collectif de multi-instrumentistes a pour objectif d'amener la tradition intemporelle vers de nouveaux horizons. Karma Sheen symbolise le renouveau intrépide du rock psychédélique. Le préposé à la cithare est plutôt doué. C‘est également lui qui se sert du thérémine d’un geste précis de la main qu’il éloigne ou rapproche. Ces deux instruments combinés aux deux sixcordes, à la basse et aux drums produisent une solution sonore étrangement hypnotique. Une sorte de psychédélisme désorientant et fluide qui tourbillonne dans votre tête avant de glisser vers votre moelle épinière en rêvant d’une vie meilleure.

Devant la Rotonde, pas mal de monde attend de pouvoir y pénétrer pour assister au set de The Glücks. Le duo ostendais n‘était pas annoncé au programme. Pratiquant du garage punk sauvage, Il bien évolué et parvient à canaliser son énergie débridée, tout en laissant intactes la rage et la puissance. En outre, il laisse davantage de place à l’excellente voix de Tina Ghillebert. Néanmoins, le volume sonore est excessif et génère des désagréables infrabasses. Votre serviteur préfère s’éclipser et n’est pas étonné que la foule lui emboîte le pas. Pourtant, il avait eu le loisir d’assister à un excellent set du band, lors de l’édition 2023 du Roots & Roses.

Habibi (‘mon amour’ en arabe) s’apprête à grimper sur les planches de l’Orangerie. Fondé à Brooklyn, en 2011, ce quintet féminin combine le son des girl-groups des 60’s au punk new-yorkais et à la pop psyché du Moyen-Orient. Sur son troisième long playing, « Dreamachine », il s’est brillamment renouvelé en incorporant de nouvelles sonorités post-punk et disco vintage. Diaphanes et atmosphériques, les harmonies vocales auraient pu naître d’une rencontre entre ESG et les Shangri-Las. La lead vocaliste est cependant peu communicative. Heureusement, au fil du concert, elle se lâche et la prestation devient de plus en plus fun…

Sextuor gantois, A Murder In Mississipi a gravé son troisième album, « Rêverie », début novembre. Et il va nous en réserver, ce soir, de larges extraits. Sa roots music intègre des tas de styles musicaux, de l’americana au blues, en passant par la country, le folk irlandais, le bluegrass, la polka, le gospel et on en passe…

Les membres du groupe partagent une passion pour la musique et mettent en commun leurs expériences personnelles pour créer un large éventail de sonorités à travers leurs propres compos, créant ainsi leur propre style mais avec une touche contemporaine.

La formation ouvre le bal par le très puissant « Black Train », extrait du nouvel opus. Un vrai délice ! Violon, guitare, banjo, contrebasse et claviers, mais également douces harmonies aux mélodies entraînantes, transportent un public nombreux et très attentif, dans les plaines ouvertes de l'Amérique du Nord. En outre, tous les musicos collaborent aux vocaux. Coups de cœur à « Mary Lou », « Midnight Roller », « Black Cats » Dance In the Barn », « Banjer City », au cours duquel, une clarinettiste invitée participe, et « Medicine Man ».

Votre serviteur a pris froid et soupçonne avoir chopé une bronchite. Il préfère rejoindre ses pénates, bien au chaud…

Pokey LaFarge + Chuck Prophet + A Murder In Mississippi + The Dad Horse Experience + Dead Chic + PowerSolo + DRUUGG + Karma Sheen + Tupenny Bunters + Habibi + Tuff Guac + The Sha-La-Lee’s + Jim Jones All Stars + Siena Root + High Jinks Delegation + Everyone Is Guilty + Warm Exit + THE TAILSPINS.

(Organisation : Botanique)

Tough Enough festival 2024 : vendredi 29 novembre

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La première édition du Tough Festival se déroulait ces vendredi 29 et samedi 30 novembre au Botanique, à Bruxelles. Trois salles accueillent cet événement : l’Orangerie, la Rotonde et le Museum. Au menu, de l’americana, du psychédélisme, du surf, du garage rock ou punk, soit des styles qui entretiennent un lien unique, de près ou de loin, avec le blues…

Et comme on est au Bota, à côté de formations et artistes confirmés, une large place est réservée à la scène émergente, c’est-à-dire celles et ceux qui innovent et explorent. Depuis que Frédéric Marchal est devenu directeur général au Botanique, il y a du changement dans la programmation. On y retrouve ainsi la griffe qu’il avait apposée au Centre Culturel René Magritte de Lessines, au Boogie Town et au Roots And Roses de Lessines…

Trois artistes ou groupes sont programmés par salle et se produisent en même temps. Il faut donc opérer des choix. Donc impossible d’assister à l’intégralité des concerts.

Dehors, il fait un froid de canard, et comme le festival se déroule dans la ‘Maison des courant d’air’, on est littéralement frigorifiés….

Votre serviteur prend d’abord la direction de l’Orangerie pour découvrir Les Lullies, un quatuor fondé à Montpellier en 2016. Les Lulliens s’inscrivent dans une longue tradition de groupes et artistes dont le credo est simple : monter dans le camion, parcourir des bornes et jouer du rock’n’roll. Le combo propose cependant quelque chose d’un peu différent, de plus personnel et les textes sont interprétés dans la langue de Molière. Dans son cocktail de rock normand (Fixed Up, Dogs), de glam et de power pop (The Records), on retrouve des accents empruntés aux Real Kids, à Phil Spector et même aux Saints. Bref du punk garage de bonne facture, sauvage et excitant, taillé pour le live.  En 40 minutes le band va nous réserver de larges extraits de ses deux derniers elpees, « Mauvaise Foi » et « Garage Punk… », parus tous deux, en 2023.

Power trio établi à berne, en Suisse, The Jackets se produit à la Rotonde. Un combo impliquant la chanteuse/guitariste Jackie Brutsche, le drummer Chris Rosales (un expatrié américain originaire de Los Angeles) et le bassiste Samuel ‘Schmidi’ Schmidiger. Notoire pour ses shows énergiques, la formation pratique une fusion de garage rock et de punk qu’elle plonge dans un bain psychédélique à coloration 60’s. En réduisant le rock’n’roll à son essence, elle crée un son authentique et rafraîchissant qui capture la simplicité et l'honnêteté du genre. Des morceaux comme « Wasting My Time », « Keep Yourself Alive » et « Freak Out » sont devenus des hymnes des temps modernes, tout en conservant l'esprit et les racines du garage punk. The Jackets ne craint pas de se frotter aux ballades, puis d’attaquer du punk primitif. Le groupe va nous présenter de larges extraits de son dernier opus, « Intuition », paru en octobre 2024. C’est tout chaud et tout bon. Délicieusement nerveux, « Crossing Streets baigne dans un climat rock garage réminiscent du « White Rabbit » de Jefferson Airplane. Le rythme incite à taper du pied, alors que les accords de guitare sont complexes. Morceau rétro dansant et dynamique, « Gambling Town » met presque en garde contre les dangers de fréquenter une ville où tout peut arriver, comme si c’était ‘Sin City’…

Au Museum, Andrea von Kampen termine son récital. Il reste deux titres au set de l’Américaine (NDR : elle est originaire de Lincoln, dans le Nebraska).  Elle chante en s’accompagnant à la semi-acoustique (NDR : elle dispose de deux modèles). Son toucher de gratte est délicat. Sa voix est douce, atmosphérique et chaleureuse. Le son est cristallin. Il règne un calme apaisant dans la salle. Il n’y a pas beaucoup de monde, mais les spectateurs sont assis sagement sur le sol. On se croirait revenu fin des sixties/début des seventies.

Le dernier concert de votre serviteur se déroule à l’Orangerie. Il s’agit de Black Mirrors, un ensemble qu’il suit depuis ses débuts. Mais aujourd’hui, il tourne davantage à l’étranger qu’en Belgique. Active depuis 2013, la bande à Marcella Di Troia en a parcouru du chemin. Elle a gravé deux Eps et autant de long playings, « Look Into The Black Mirrors » (2018) et « Tomorrow Will Be Without Us » (2022). Un troisième est annoncé. Le groupe va d’ailleurs nous en proposer plusieurs plages. Marcella a changé de look. Elle s’est teint les cheveux en blond. Mais elle est toujours aussi habitée par son chant. C’est sa principale caractéristique. Elle se tortille sur place en remuant constamment les bras et les mains et en adaptant sa voix à ses mimiques. Malheureusement, cette voix est trop souvent noyée sous le volume sonore, car les musicos demandent constamment de monter le son, sans se soucier des balances. Mais le temps presse, votre serviteur a un dernier train qui n’attend pas les festivaliers de la province…

Dehors, il caille de plus en plus. A demain !

Fifty Foot Combo + The Sonic Dawn + Black Mirrors + LoKa and the Moonshiners + Lydia Luce + Andrea Von Kampen + The Jackets + Giant Sand + Les Lullies.

(Organisation : Le Botanique)

 

Bondo

Harmonica

Bondo (NDR : rien à voir avec l’épine dorsale) est un quatuor issu de Los Angeles dont la musique est essentiellement instrumentale. Pas étonnant, puisqu’il pratique du post rock. Mais un post rock moderne qui se teinte, suivant les morceaux, de math rock ou de psychédélisme, explorant des tempos déplacés, des mélodies fracturées, des morceaux carrément explosifs ou de petites ballades intrigantes. En outre, le band ne lésine pas sur l’overdub, le delay et la distorsion.

Les compositions organiquement mécaniques errent avec l'intention de ne pas être sans but, mais d'être consommées dans un processus naturel, sans trop réfléchir, et en essayant de garder le sentiment aussi intact et brut que possible.

Elles sont simultanément urgentes et sans précipitation

« Harmonica » constitue son second opus. Extrait de cet album, « Headcleaner » est en écoute ici

 Podcast # 58 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Welcome Strawberry

Stragel (single)

Écrit par

Etabli à Oakland en Californie, Welcome Strawberry a décidé de faire du rock une terre d’expérimentation, et d’en explorer son versant le plus noisy. Il en résulte une musique plus proche de l’avant-pop que d’un shoegazing rigoureux.

Mais si « Stragel », son single, fusionne tout ce qui touche à la contre-culture des 60’s au 70’s, et en particulier l’univers du psychédélisme, il se frotte également à la dream pop, au trip-hop et à l’électronique pour créer une compo percutante.

Superbe, la mélodie de ce morceau est plongée dans un bain étrange d’arrangements, de distorsions et de réverbérations. La vignette pop onirique se transforme alors en paysage ambivalent, davantage ombragé et accidenté.

Le clip de « Stragel » est à voir et écouter

Podcast # 58 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

jasmine.4.t

Elephant (Single)

Écrit par

jasmine.4.t, c’est le pseudo de l’auteure-compositrice-interprète Jasmine Cruickshank. Basée à Manchester, elle est soutenue par un groupe composé exclusivement de transgenres. Elle est d’ailleurs également transgenre. Son coming out n’a pas été accepté par ses proches. Enfin, pas tous. utres bien. Elle a divorcé et sa vie familiale difficile l'a incitée à écrire alors qu'elle était sans abri et dans des conditions de logement précaires, dormant sur les canapés d'amis et comptant sur le soutien de la communauté.

Son album « You Are The Morning » paraîtra ce 17 janvier 2025. En attendant, elle en a extrait un single, « Elephant ».

Comme Jasmine considère que ses chansons sont fluides et en constante évolution, ce morceau est empreint de cet esprit libre et spontané. Ce single en fait la parfaite démonstration et le clip est disponible .

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Soweto Gospel Choir

Du cœur, des chœurs, de l’émotion et des couleurs…

Écrit par

Le Soweto Gospel Choir n’est rien de moins qu’un trésor international. Depuis ses débuts au Cap en 2003, lors du premier concert ‘46664’ de Nelson Mandela pour sensibiliser au sida/VIH, le chœur sud-africain s’est rapidement imposé comme une force majeure sur la scène musicale mondiale.

Il a collaboré avec des stars telles que Bono, John Legend, Céline Dion, Robert Plant, Aretha Franklin, Stevie Wonder, Red Hot Chili Peppers et Josh Groban. La chorale célèbre aujourd’hui son 10ème anniversaire en proposant ce qu’il fait le mieux : partager son mélange unique de gospel, de world, de reggae, de spirituals traditionnels, de folk et de pop. Il va nous réserver des extraits de ses trois derniers albums, « Freedom » (2018), « Hope » (2022) et « History Of House » (2024).

Le collectif se produisait, ce dimanche 24 novembre, au Cirque Royal. Ce soir, la troupe réunit 10 choristes féminines et 6 masculins (NDR : en général, elle en dénombre 30) soutenue par un claviériste et un percussionniste (tambours et djembés). Ils ont revêtu les tenues traditionnelles bantou de l’Afrique du Sud. De quoi donner de la couleur au show ! Qui n’est pas sold out, et c’est dommage. Pas de supporting act.

Le set est divisé en deux parties de 45 minutes. La première est consacrée aux chants traditionnels et parfois de guerre des populations bantous (de combat au bâton zoulou) en prônant la liberté et en évoquant l’Apartheid qui a sévi en Afrique Du Sud, mais surtout rend hommage à Nelson Mandela dont l’âme et l’aura vont planer sur l’auditoire.

Le spectacle s'ouvre par une histoire relative à la lutte pour la liberté et on est instantanément plongés dans cet univers sonore, mais aussi dans le cœur et l'esprit de la raison pour laquelle elle a longtemps été culturellement un moyen de se lamenter, de célébrer et surtout, d’unifier (une seule chanteuse uniquement accompagnée de percussions génératrices de bonnes sensations devient alors la porte-parole). Alors que les gens parlent de lui et chantent pour lui (Nelson Mandela), il est difficile de ne pas être ému. Il y a presque 11 ans que ce grand homme est décédé et sa mémoire est toujours bien présente au sein du public. Tandis que chaque membre de la chorale lève le bras, le poing serré, et en concordance, « Madiba » résonne dans la salle. Il y a une puissance qui vous glace le sang. C'est respectueux, percutant et particulièrement émouvant. 

Le second acte attaque les classiques de stars qui ont apporté leur collaboration au collectif.

Il est impossible de faire semblant de ressentir la joie que les chanteurs injectent dans la musique pendant ce concert. Elle brille dans leurs regards, illumine leurs sourires, s’entend dans leurs voix et se remarque dans leurs mouvements de danse.

La chorale réalise ne performance magnifique, tout au long du « Biko » de Peter Gabriel. Un seul battement de tambour et une ligne de basse de voix masculines fournissent une toile de fond dramatique pour un travail vocal de haut vol. C'est un choix naturel pour la chorale, d'un point de vue thématique, vu que la chanson s'adresse à l'activiste anti-apartheid sud-africain Steve Biko.

Lors de l’adaptation du « Bridge Over Troubled Water » de Simon et Garfunkel, la chorale est parvenue à communiquer un nouveau souffle à cette mélodie, grâce à un arrangement qui associe deux chanteurs principaux à une section d'harmonie à 14 voix.

Autre moment marquant : la version douce et pleine d'âme du magnifique « Many Rivers to Cross » de Jimmy Cliff, qui finit par glisser vers le ‘spiritual’ « Swing Low, Sweet Chariot ».

Le point culminant du concert est atteint lors de l’interprétation dramatique d’« Angel » de Sarah McLachlan, moment choisi par le public pour réserver au Soweto Gospel Choir, une ovation debout bien méritée.

Bien que la plupart des morceaux ne soient pas interprétés en anglais, le groupe est un conteur si percutant que chacun d’entre eux reste facile à suivre. L’émotion qui transpire de chaque chanson, soutenue par des mouvements simples mais forts, permet au public de s'y intéresser. Leur générosité en tant qu'interprètes, partageant leur culture et la signification historique des compos sélectionnées, est énorme. La scène est remplie de couleurs vives, caractéristiques reflétées par leurs costumes traditionnels. La chorégraphie est nette et symbolique. La formation n'est pas devenue célèbre par hasard. Elle se produit souvent, tourne beaucoup, partage énormément. Et c’est particulièrement évident lorsque vous êtes témoin de la précision avec laquelle les choristes se déplacent sur les planches, chorégraphiant même soigneusement le passage des micros les uns aux autres.

Quelle que soit la religion ou l'origine culturelle de chacun, il y a quelque chose de très significatif à voir ce groupe chanter « Hallelujah » de Leonard Cohen. Si vous n’êtes pas croyant, il est bouleversant de le voir interpréter cette chanson avec autant de respect et de conviction. Sa force réside dans son unité parfaite. C’est un travail d’ensemble dans sa forme la plus authentique et la plus impressionnante. Néanmoins, il y a encore de nombreuses possibilités de se démarquer ; et le choriste Shimmy Jiyane y parvient. Sa passion transparaît dans son mouvement, son esprit et son expressivité. Mais dans l'ensemble, ce sont les femmes qui focalisent vraiment l'attention. Une soirée de rêve et la meilleure pour votre serviteur depuis longtemps.

(Organisation : Greenhouse Talent)

METZ

Sans concession

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METZ se produisait au club de l’Aéronef, ce samedi 23 novembre. Son cinquième elpee, « Up on gravity Hill », est paru en avril dernier. Il est moins âpre que les précédents. Mais lorsque le trio torontois est sur les planches, son cocktail de noise-rock, de post-punk et de hardcore, parfois légèrement teinté de funk blanc, est sans concession.

Il revient à Stuffed Foxes d’assurer le supporting act. Un sextuor issu de Tours réunissant quatre sixcordistes, dont l’un double régulièrement aux claviers, un bassiste qui pianote, de temps à autre, également, sur un petit clavier, et un batteur. Parmi les guitaristes, figurent deux solistes. Caché derrière le chanteur, le premier se charge des distorsions et le second, imperturbable, semble canaliser l’énergie dispensée par le groupe. D’ailleurs, hormis ce dernier et le drummer, dont les interventions sont aussi amples qu’efficaces, ils entrent régulièrement dans une forme de transe.

L’expression sonore navigue à la croisée des chemins du shoegaze, du post rock et de la prog. Elle alterne passages empreints de sérénité ou chargés d’une folle intensité instrumentale. Le band s’autorise même une reprise, plutôt réussie, du « Ghost rider » de Suicide. Le seul bémol émane du préposé aux vocaux ; surtout lorsqu’il se met à hurler. Dommage, car la formation dispose d’un fameux potentiel. D’ailleurs, lors du morceau final, le plus calme, en tout cas, il s’est mis à chanter. Allez comprendre ! N’est pas Frank Black qui veut ! ((Photos Ludovic Vandenweghe ici)

METZ débarque vers 21h15, sous les acclamations de la foule et attaque immédiatement son set par « No Reservation / Love Comes Crashing ». Une véritable agression sonore. Aux drums, Hayden Menzies pilonne ses fûts. Alex Edkins chante d’une voix déclamatoire tout en dispensant des riffs de guitare grinçants. Telle une mélopée, la mélodie devient ensuite insidieuse et le refrain, paradoxalement hymnique.  

La voix d’Alex est chargée de reverb tout au long de « Blind Youth Industrial Park », une sorte de « Danse du sabre » électrique, mais également d’« Acetate », un morceau entrecoupé de brefs breaks, alors que la sixcordes crisse comme une scie circulaire.

La formation maîtrise parfaitement son chaos organisé. Chaque salve de feedback et chaque accord chargé de distorsion semblent à la fois instinctifs et soigneusement élaborés.

Pendant le convulsif « Get Off », Alex grimpe sur les retours de scène alors qu’un spectateur tente un premier crowdsurfing, au cours duquel il balance sa bière sur les premiers rangs. A partir de ce moment, ces slams vont se poursuivre tout au long du concert, s’achevant même par le stagediving de quelques casse-cous.

« Entwined » se distingue par son riff accrocheur alors qu’une boîte à rythmes amorce « Demolition Row ». Après la ballade presque shoegaze « Light Your Way Home », « Mess of Wires » emprunte le tempo d’une valse qui accélère en fin de parcours.

Bref et percutant, « The Swimmer » émarge au punk pur et dur.

Alors qu'il torture ses cordes, la sueur coule du visage d'Edkins. Sa chemise est d’ailleurs complètement trempée.

Le band n’en n’oublie pas son single à la mélodie entêtante, « 99 ».

Après l’offensif « Headache », le show s’achève par « A Boat to Drown In », au cours duquel le batteur révèle toute l’amplitude de sa technique.

Le combo revient rapidement pour accorder « Wet Blanket », en rappel. Alex invite l’auditoire à frapper dans les mains en cadence, puis la compo repart rondement, le batteur marquant parfois cette course échevelée par des coups de sticks comparables à des coups de feu.

METZ est scintillant mais terrifiant, comme une force de la nature sauvage qui ne peut être bridée. Mais si la frustration principale procède du son de la basse de Chris Slorach, qu’on pourrait résumer à un gros bourdonnement, difficile de comprendre pourquoi le light show nous a semblé autant à contre-courant…

Le band a annoncé qu'il allait faire une ‘pause indéfinie’, à l’issue de sa tournée européenne. (Photos Ludovic Vandenweghe )

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

 

Portland

Mélancolique et intimiste…

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Vainqueur de l’édition 2019 du concours ‘De Nieuwe Lichting’, organisé par StuBru, Portland se produisait, ce vendredi 15 novembre, au Cirque Royal.

Après avoir gravé un premier album baptisé » Your Colors Will Stain » et avoir accordé de solides performances, le groupe de dream pop s’est imposé rapidement dans la catégorie restreinte des Belges qui réussissent à l'étranger. Pour le second opus, les musiciens ont fait d’incessants allers-retours au Royaume-Uni. C'était une période mouvementée au cours de laquelle ils étaient à peine chez eux ou repartaient constamment. Ce qui explique le titre du deuxième elpee, « Departures ».

Chaque concert est une expérience magique plébiscitée par une communauté de fans toujours plus nombreux et constamment au rendez-vous. Comme en témoigne la rapidité à laquelle les tickets de ses shows s’épuisent. 

Lauréat de la Nouvelle Vague 2023 et Prix du Public lors du Humo's Rock Rally 2022, Isaac Roux assure le supporting act. C’est le pseudo choisi par Louis De Roo. Il grimpe seul sur les planches, armé de sa guitare électrique et s’installe devant son micro. Son indie folk est teinté de légères touches électroniques. Il puise manifestement ses influences chez Bon Iver et Bear's Den. Sa voix peut être très cool un instant et s’envoler dans les aigus le suivant. Il est parvenu à captiver l’auditoire grâce à des morceaux comme « White Rose », et son premier single, « Troubled Waters », une excellente chanson empreinte de douceur. Sans enflammer les planches du Cirque Royal, il a accordé une prestation de bonne facture page ‘Artistes’ ici).

Place ensuite à Portland. Le line up implique le chanteur/guitariste charismatique Jente Pironet, la chanteuse/claviériste Nina Kortekaas (NDR : elle est vêtue d’une longue robe blanche, d’un blanc immaculé, mais qui change de couleur, en fonction du light show), le drummer Bram Van Hove, le guitariste Sebastian Ley et le bassiste/claviériste Boris Van Overschee.

Sous un déluge de lumières bleues, Jente apparaît seul. Il interprète, en s’accompagnant à la guitare semi-acoustique, « Time To Talk ». Les autres musicos déboulent ensuite ; Bram et Joris prennent place sur leurs estrades respectives. Et la formation, au complet, embraie par « Alyson ». Jente pète littéralement le feu (NDR : son cancer est en rémission depuis 2023). Le drumming monte en crescendo. Les sonorités satinées de la guitare se marient parfaitement à la voix délicate de Nina.

De teinte mauve, la tenture, tendue en arrière-plan, varie également de couleur, au gré du jeu de lumières.

Jente change de gratte, à chaque morceau, alternant semi-acoustique et électrique. Il invite une dame, installée aux premiers rangs, à venir l’accompagner au chant, pour une chanson, mais encore, vient s’asseoir sur un haut-parleur, pour en interpréter une autre, face au public. Il nous réserve un bouleversant « She Really Means It », en mode piano/voix. La setlist puise dans les deux long playings du band.

Intimiste, le concert s’achève par « Pouring Rain ». Il n’y aura pas de rappel.

L’indie pop mélancolique de Portland a magnifiquement résonné dans le cadre du Cirque Royal, créant une expérience unique pour le public présent.

Ce concert a marqué une étape importante pour Portland, qui, après une année difficile, est revenu sur scène avec une énergie renouvelée, confirmant son engagement envers la musique live et son fidèle auditoire.

Setlist : « Time To Talk », « Alyson », « Sensationnel », « Ally Ally », « Step Aside », « Killer's Mind », « Never Leave », « How It Is », « Serpentine », « Good Girls », « Deadlines », « Lucky Clover », « Aftermath », « She Really Means It » (Metejoor cover), « Pouring Rain »

(Organisation : Live Nation)

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