Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Ginkgoa

One Time (Ep)

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Intitulé « One time », le nouvel Ep (NDR : gravé l’an dernier, le premier –un éponyme– remonte à l’an dernier ; et il avait affolé les compteurs) de Ginkgoa est paru ce 15 juin. Une imparable machine à danser réunissant la New-yorkaise Nicole Rochelle, une militante Femen très engagée, et le Parisien Antoine Chatenet.

Après avoir tourné à travers toute l'Europe, pendant 4 longues années, en compagnie de Jérome Savary, pour interpréter le premier rôle de son spectacle, Nicole rencontre Antoine à Paris et tombe immédiatement sous le charme de sa plume. Ginkgoa vient de naître. Si New York chantait Paris. Si les films des années trente reprenaient leurs couleurs originelles, au cours desquels Jeanne Moreau et Anna Karina danseraient l’une avec l’autre dans un de ces cabarets où l’on entendrait Billie Holiday. « One Time », la première vidéo extraite de l’Ep, rend hommage aux femmes, en dénonçant le regard machiste du cinéma hollywoodien. En remontant des images issues des films des années 50, Ginkgoa a voulu nous interroger sur le regard porté par le cinéma sur les femmes. Un message fort à découvrir tout au long du clip qui est consacré à ce morceau ; et il est à découvrir ici

Responsable de mélodies pop ultra catchy, la paire nous entraîne dans une véritable transe, en empruntant des sonorités swing au vieux New York. Ces étourdissants rythmes électro ou si vous préférez ces beats à coloration ‘French Touch’ n’ont qu’un seul objectif : faire danser tout ce qui est susceptible de… danser…

Et de l’électro swing, le couple en consomme allègrement. A l’instar du classieux « Boy Bounce », hanté par Caravane Palace. Puis de « Don’t give a damn », une plage composée dans une chambre d'hôtel lors de la tournée chinoise. « What We Do » consomme une bonne dose de modernité. Zoé Colotis ne pouvait pas faire mieux.

Et toujours bien électro, « Got To Gimme » clôt ce disque. Rien de tel pour avoir des fourmis dans les jambes. En ‘live’, cette plage doit vraiment déménager…

Liima

1982

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Comment rebondir après avoir participé à la belle –mais trop courte– aventure d’Efterklang, mise entre parenthèses pour une durée incertaine, après avoir publié 4 albums (dont le grandiose « Magic Chair »). Trois des membres du magique groupe danois ont simplement décidé de continuer leur parcours musical au sein d’une nouvelle formation baptisée Liima. En compagnie du Finlandais Tatu Rönkkö, elle nous propose un second opus de pop racée et classieuse. « 1982 », la date de naissance de Casper Clausen, ex-leader d’Efterklang, marche sur les traces de ce combo tout en concédant d’indéniables touches 80’s. Le ton est cependant plus sombre et mélancolique que sur leur précédent essai « ii ». Depeche Mode et Joy Division ne sont jamais loin… Chris Taylor (Grizzly Bear) a apporté son concours lors des sessions d’enregistrement de cet opus, enregistré à travers l’Europe, un œuvre qui baigne au sein d’une ambiance rétro-futuriste de type ‘Blade Runner’, claviers martiaux (« David Copperfield »), funk venu du froid (« Life is Dangerous ») ou synth-pop (« Amerika ») illustrant le propos. La vie semble donc exister après Efterklang…

 

Moscow Death Brigade

Boltcutter

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« Hoods up », le premier elpee de ce trio moscovite, avait apporté un vent de fraîcheur au sein du mouvement punk militant. Un genre qui a parfois du mal à se renouveler et à évoluer hors des cadres et des codes du genre. Antifascistes, MDB côtoie depuis une dizaine d’années, des activistes qui finissent morts ou emprisonnés. La Russie est un pays toujours aussi hostile à la liberté d’expression, malgré la chute du ‘Mur de Berlin’.

Boltcutter Vlad, Ski Mask G et Ghettoblaster G-Ruff agrègent rap, techno, punk et hardcore, afin de créer un style fédérateur destiné à la jeunesse russe tout en incitant les fans de musique à un dialogue interculturel. Non seulement le combo n’arrête pas de tourner, mais ses musicos sont également impliqués dans d’autres projets, dont Siberian Meat Grinder, une configuration davantage grindcore...

Celle de MDB est clairement plus électro. Les nappes de claviers sont plus présentes même si les beats imprimés par les boîtes à rythmes et les accès de basse sont toujours aussi puissants. L’implication politique du groupe est intacte. Leurs paroles scandées, parfaitement rappées, s’attaquent toujours au racisme, au sexisme, appellent à la solidarité avec les réfugiés (« Papers, Please »), à l’unité face à l’homophobie et à la lutte contre les grenouilles de bénitiers (« Brother & Sisterhood »).

En ‘live’, les membres du band portent la cagoule, afin de rester anonymes et se protéger contre les agressions de l’extrême droite, très active en Russie. Des shows malheureusement, trop souvent précipités, à l’instar de celui accordé au Magasin 4, l’an dernier. Cependant, s’il faut vivre sur une île déserte, votre serviteur emporte le disque…

Nadine

Oh My

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Derrière ce patronyme se cache un trio (NDR : issu de Minneapolis) réunissant deux membres d’Ava Luna (Julian Fader et Carlos Hernandez) ainsi que Nadia Hulett, mieux connue sous le pseudo de Phantom Posse. « Oh My » constitue le premier essai de ce collectif inédit, un disque publié sur le label anglais, Memphis Industries (Field Music, Papercuts, Poliça, …)

Dès les premières notes de « Nook », on a la confirmation que Nadine a de la bouteille. La formation yankee pratique une forme de pop-lounge classieuse aux accents jazzyfiants, à l’instar de « Not My Kinda Movie ». Les arrangements sont subtilement brodés. Les claviers, la basse et les percus font bon ménage. Et la voix sensuelle de Nadia Hulett vient se poser naturellement sur l’expression sonore. Et elle devient même originale et visionnaire sur plusieurs plages, dans une atmosphère réminiscente des pianos-bars. Malheureusement, au fil de l’elpee, les morceaux commencent à se mordre la queue. Et par conséquent à manquer de relief. Suscitant quelque peu l’ennui. Dommage, car le début de parcours était particulièrement riche et plaisant…

Zola Jesus

Okovi

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Outre son nom assez incongru, Zola Jesus se pose en véritable ovni musical qui ferait de Nicole Hummel (ou Nika Roza Danilova selon les jours !) une sorte de Björk aux tendances gothiques. « Okovi » constitue le cinquième elpee de l’Américaine, une œuvre de pop expérimentale aux influences clairement industrielles. De retour chez Sacred Bones, Zola s’est inspirée des malheurs de ses proches (cancer, suicide et dépression, entre autres joyeusetés…) sur des titres au lourd contenu rappelant les textes de Virginia Wolfe ou les poèmes de Percy Shelley. Les pistes baignent au sein d’un climat ténébreux mais sincère et permettent à Nicole Rose Hummel d’exorciser ses démons, mais également aux mélomanes de se délecter de petites perles de pop noire, telles que « Witness » ou « Half-Life ». Un must pour les amateurs du genre !

 

Marcia Ball

Shine bright

Écrit par

Née au Texas, Marcia Ball vit depuis très longtemps en Louisiane. Chanteuse et pianiste, elle est aujourd'hui âgé de 69 ans et possède une très longue expérience musicale. Elle agrège bien les blues pratiqués au Sud des Etats-Unis, soit le swamp, le texan et le néo-orléanais. Elle est particulièrement active dans le milieu de ce style, depuis 1970. Sa discographie personnelle est abondante. Son premier elpee, "Soulful dress", est paru en 1984, sur l’écurie Rounder. En 2001, elle signe sur le plus célèbre label chicagoan, Alligator. Et "Shine bright" constitue déjà son 8ème LP paru sur cette firme de disques. Les sessions se sont déroulées au sein des studios Dockside, en Louisiane et à Austin, au Texas, sous la houlette de Steve Berlin. Pour la circonstance, elle a reçu le concours de toute une flippée de collaborateurs. Enfin, ce long playing est dédié à la mémoire d'Allen Toussaint, Buckwheat Zydeco et Fats Domino, trois grands artistes louisianais disparus respectivement en 2015, 2016 et 2017!

Quatre plages ont été immortalisées à Maurice, près de Lafayette. Marcia y est soutenue par deux artistes locaux, piliers des Hub City All Stars, Eric Adcock (orgue Hammond) et Roddie Romero (guitare et accordéon). Plusieurs compos baignent donc au sein du climat festif néo-orléanais. A l’instar d’"I got to find somebody" et de "When the Mardi Gras is over", une piste entretenue par le piano, les rythmes syncopés et les cuivres, ainsi que "Once in a lifetime" et la finale au parfum zydeco, "Take a little Louisiana", deux morceaux qui mettent en exergue Romero. D’abord aux cordes, puis à l’accordéon.

Des sessions opérées à Austin, on épinglera le titre qui ouvre la plaque, "Shine bright". Nerveux et agréable, il se distingue par les interventions brillantes de Marcia aux ivoires et de Mighty Mike Schermer aux cordes. Puis "What would I do without you", un blues lent enrichi par une section de cuivres au grand complet et tapissé par l'orgue Hammond de Red Young, une plage que chante Mrs Ball, d’une voix très expressive. Mais également, "World full of love", une bien jolie ballade interprétée en trio, piano/orgue/sèche, et que pimentent des chœurs chargés de passion. Et encore "I'm glad I did what I did", un r&b tonique, dansant, consolidé par la section de cuivres. Sans oublier le très rock’n’roll "Too much for me", au cours duquel les cordes de Schermer s’imposent…

Barbarossa

Lier

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Depuis la sortie de son dernier album, « Imager », la vie de James Mathé, alias Barbarossa, a connu quelques turbulences. Le Londonien d’origine est devenu père et a quitté la frénésie de la capitale anglaise pour s’installer à Margate, une petite ville côtière, sise à l’Est de l’Angleterre. C’est dans ce nouvel environnement que le Britannique a composé son cinquième opus, intitulé « Lier », dont les thèmes principaux traitent de la géographie et des bouleversements personnels. 

Si on avait déjà discerné les penchants de James Mathé pour la musique électronique tout au long de ces long playings précédents, sur celui-ci, il a décidé de franchir une nouvelle étape, en se servant plus que généreusement des sonorités synthétiques. Une contribution qui souligne, cependant, un songwriting encore bien ancré dans le folk. Le piano constitue toujours le fil conducteur de ses compos, à l’instar de l’excellent « Cyclone ». Néanmoins, certaines plages se concentrent davantage sur les claviers et les rythmiques électro, une expression sonore sur laquelle vient se poser la voix paisible et sensuelle de James Mathé, tellement proche de celle de son compatriote James Blake (« Aluminium Skies »).

Sans faire de bruit, Barbarossa enchaîne des albums de très bonne facture. Hormis la reconnaissance de ses pairs (notamment de José Gonzalez, en compagnie duquel il a joué), James Mathé mériterait une reconnaissance au-delà de l’Albion. Espérons que « Lier » y parvienne !

 

Beach Fossils

Somersault

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Les hipsters de Beach Fossils composent leurs morceaux de pop alternative à partir de leur QG de Brooklyn, depuis 2009. Réunissant Dustin Payseur, Jack Doyle Smith et Tommy Davidson, le trio navigue dans les eaux mélodiques chères à Real Estate. Agréable à l’écoute, son quatrième elpee, « Somersault », a bénéficié du concours de Rachel Goswell (Slowdive) sur « Tangerine » et « Saint Ivy », ainsi que du rappeur de Memphis, Cities Aviv, tout au long de « Rise ». En outre, il a été publié sur Bayonet, le propre label de sieur Payseur ; la formation new-yorkaise ayant décidé de quitter l’écurie mythique, Captured Tracks.

Claire, la voix de Dustin Payseur continue naviguer au cœur d’une pop atmosphérique. Si un titre comme « This Year » rappelle Real Estate au sommet de sa forme, entre les cordes de « Closer Everywhere » et les guitares shoegaze de « Be Nothing », l’instrumentation se révèle particulièrement léchée ; mais ce sont surtout les mélodies **** qui impressionnent, même s’il manque encore un tube potentiel dans le lot. Au fil de l’album, les New-yorkais tissent donc des sonorités lascives et cotonneuses qui siéraient à merveille aux images tout aussi hype et mélancoliques chères à Sofia Coppola.

 

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