L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

The Ramones

Adios amigos

Qu'est ce qui ressemble le plus à un album des Ramones ? Cherchez bien ! Un autre album des Ramones, pardi ! Et pourtant, il y a déjà vingt ans que cette légende vivante vide immuablement le même sac rempli de clichés. Mais elle le décharge avec une telle énergie, une telle constance et une telle conviction qu'on se laisse toujours prendre au jeu. Pas pour rien que ces prophètes du punk ont influé le Clash, Damned et autres Ruts, et influent encore aujourd'hui sur Offspring, Green Day et consorts. Et pourtant, le line up du quartette new-yorkais est aujourd'hui orphelin d'un de ses membres fondateurs. Dee Dee Ramone en l'occurrence. Parti embrasser une carrière solo. Cependant, cet ex-faux-frère n'a pas pour autant rompu avec le combo. Il suit très attentivement l'évolution de ses ex-partenaires et puis continue régulièrement de leur concocter des chansons. Plus de la moitié sur " Adios amigos "… Bien qu'impliquant une cover d'" I don't want to grow up " de Tom Waits, ce disque orageusement, classique, corrosivement vivace, implacablement hypnotique n'obéit toujours qu'à une seule et immuable combinaison rythmique : ‘one, two, three, four’…

 

Latimer

World’s portable

Encore un groupe signé par Dave Allen pour son nouveau label World Domination. Et lorsqu'on sait que l'ex-bassiste de Shriekback et de Gang of Four est à la fois perspicace et difficile, on ne peut que s'attendre à une révélation. Il vient ainsi de permettre à ce trio philadelphien d'enregistrer son premier mini CD. Huit titres arides, agressifs, mais bigrement efficaces. Sorte de PJ Harvey au masculin. Avec une inspiration hydratée par les vertus post grunge de Smashing Pumpkins et découpée suivant un profil Pixies. Circa "Gigantic" pour être plus précis. A cause de ce bain d'électricité vivifiant, convulsif qui vous charge d'adrénaline. Ces changements de tempo. Ces breaks vertigineux. Cette basse menaçante, ronflante. Ces drums épineux. Et puis cette agressivité juvénile, rafraîchissante. Latimer? Un nom à retenir!

 

Lee Ranaldo and William Hooker

Envisioning

Lee Ronaldo ne se contente plus d'être l'autre guitariste de Sonic Youth. Il vient de clôturer un projet tout aussi expérimental flanqué du drummer William Hooker. Ce qui, apparemment, constitue une suite logique au concept imaginé par ce même batteur pour l'elpee "Shamballa" et réalisé en compagnie de Thurston Moore et d'Elliot Sharp (Carbon). La différence fondamentale entre "Made in USA" et "Envisioning" procédant des rythmes et des percussions qui sont, ici, surtout mis en évidence. Mais un point commun, on nage tout autant dans le délire...

 

Laughing Clowns

Golden Days. When giants walked the earth

Après le split du mythique Saints, Ed Kuepper a connu sa période jazz. Free jazz même. Au sein des Laughing Clowns. Entre 80 et 84. Cette compilation réunit dix titres composés au cours de cette phase dont trois inédits. Des chansons où l'on trouve inévitablement l'instinctivité du sens mélodique d'Edmund. Mais oxydée de cuivres. Des saxophones, une trompette et même un trombone. Ce qui donne un visage plus baroque, plus sauvage et surtout plus difficile aux compositions. Pour votre information, sachez que Louise Elliott, future Aints, future New Imperialists, sévissait déjà au sein de ces Laughing Clowns. De même que le formidable pianiste Louis Tillet. Dont nous sommes sans nouvelles depuis quelques années déjà...

 

Rancho Diablo

Chicken World

Bienvenue dans le monde des poulets. Mais fraîchement et sauvagement décapités. Pour mieux éclabousser l'auditeur de ses effusions de rage et de dégoût. Vous pensez à Alice Cooper ? A cause de cette perspective théâtrale, burlesque de la violence et de la cruauté. Vous n'avez pas tout à fait tort. Même si le quatuor insulaire n'a pas encore eu la bonne/ mauvaise idée (biffez la mention inutile) de trancher des têtes de gallinacés au cours de ses concerts. Se contentant (!) de ponctuer ses spectacles d'une rixe entre les deux guitaristes. Mais toute cette véhémence caustique, cette haine corrosive, n'est en fait que de la poudre aux yeux (aux œufs?). Car Rancho Diablo picore tout au long de ce "Chicken World" dans un post punk technologique, obsessionnel, indigeste et finit par s'asphyxier...

 

Leather Nun

A Seedy Compilation 1979-1994

"Nun permanent" n'est pas encore le nouvel elpee de l'ensemble scandinave, mais une réédition de son avant-dernier disque studio. Paru en 1991 et produit par feu Mick Ronson, pour être plus précis. Onze compositions qui libèrent une intensité mélodique impitoyable, fiévreuse (guitares féroces, braisillantes, ‘slide’, section rythmique solide, pulsante, chœurs féminins voluptueux, claviers insidieux, harmonica bluesy, cuivres fugitifs) que consume la voix rauque, profonde et vibrante de Jonas Almqvist...

 

Real Atletico

Trafic d´influenza

Real Atletico est né de la rencontre entre la section rythmique du groupe parigo, Le Cri de la Mouche, et l'ex-chanteur/guitariste du combo girondin Gamine. Un choc entre le heavy metal pasticheur et la pop vulnérable qui aurait pu nous valoir une excellente surprise, si la production n'avait pas était aussi bâclée. Ou grippée, si vous préférez. Faut dire qu'un "Trafic d'influenza"! Enfin, la cover de Mélanie résume parfaitement l'impression générale que nous laisse l'album: "Look what they've done to my song"...

 

Leftfield

Leftism

Avant d'enregistrer cet album, Leftfield se consacrait essentiellement à une sorte de house alternative destinée aux night-clubs hyper branchés. Il faudra attendre la rencontre orageuse du duo avec John Lyndon pour modifier les données du programme. Une rencontre qui accouchera du single "Open Up", repris par ailleurs sur ce morceau de plastique. Enfin, l'intégration de Tony Halliday, ex-chanteuse de Curve, pour confirmer cette nouvelle option. Ce qui n'empêche pas l'expression d'émarger à l'ambient. Une ambient aux mélodies froides, modernistes, kaléidoscopiques, sinueuses, lancinantes. Générée par un funk intergalactique (Tangerine Dream? Krafwerk?) aux pulsations tribales, spirituellement punkysantes que répercute la ligne de basse profondément dub et les collisions de riffs de guitares samplés. Mais découpée, lacérée par la voix effilée, cristalline de Toni, dont la performance atteint le niveau du ‘curvien’ "Ten little girls". Un seul regret, le dérapage un peu trop fréquent dans la techno. Chassez le caractère...