Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Dernier concert - festival

Biohazard 8/8/26
Editors
Chroniques

Axelle Renoir

Magnum et matinées dansantes

Première constatation, cette Rennaise est parvenue à débaucher le drummer de Peter Gabriel, Jerry Marotta, l'ex-bassiste de Gang of Four, Sarah Lee, et Neil Clarck, guitariste de Loyd Cole & The Commotions. Deuxième constatation, le légendaire parolier Boris Bergman (Aphrodite's Child, Bashung, Lio, etc.) a composé quatre titres pour Axelle. Enfin, elle parachève son premier elpee en interprétant "Jeux de lumières" du mythique Marc Seberg. Bref, que de bonnes nouvelles du côté du paysage. Revers de la médaille, le contenu nous laisse plutôt mi-figue, mi-raisin. La voix monocorde, sub Jo Lemaire y est sans doute pour quelque chose. Mais l'absence de relief mélodique porte également une lourde part de responsabilités. Un album trop artificiel pour vraiment convaincre. Mais pas assez prémédité pour réellement décevoir. Faudra voir la suite des événements...

 

Ted Roddy

Full circle

Ted Roddy fait partie des meubles de la scène blues d'Austin. Un harmoniciste talentueux, qui passe cependant plus de temps à jouer sur les albums des autres, que de s'occuper de sa propre création. Pour enregistrer ce "Full circle", ses potes lui ont cependant renvoyé l'ascenseur. Et en particulier Mark Korpi (Hound Dog Taylor), Lloyd Maines (Joe Elly, Jerry Jeff Walker), Donald Lindley (Lucinda Williams, Butch Hancok) et Stephen Bruton (Bonnie Raitt). Non seulement, Ted est un redoutable souffleur, mais en plus il campe un timbre vocal vibrant, à la limite du baryton. Ce qui donne une coloration assez savoureuse à une musique qui agrège inévitablement blues, rock, boogie, country et ‘tex mex’...

 

The Rolling Stones

Stripped

La plupart des enregistrements de cet opus sont extraits de prestations ‘live’ commises au Paradisio d'Amsterdam et à l'Olympia de Paris. Tokyo et Lisbonne achevant l'itinéraire de ce "Stripped". Un disque qui démarre sur les chapeaux de roues par une formidable interprétation du classique "Street fighting man". Et dans la foulée nous dispense une adaptation particulièrement réussie du célèbre "Like a Rolling Stone" du Zim. On se demande d'ailleurs pourquoi la bande à Jagger n'a jamais eu l'idée de s'offrir un "Like a Dylan song" (!)... D'autant plus que l'essentiel de ce CD consomme du folk rock ou folk blues baladeur (rien à voir avec le walkman, cependant). Mick se montrant redoutable souffleur dans cet exercice de style. Et tout aussi bon chanteur, vous vous en doutez. En particulier dans une interprétation minimaliste d'"Angie". Maintenant, n'imaginez surtout pas que les autres musiciens prennent un plaisir fou à jouer les utilités. On a même l'impression qu'ils s'emm... Sauf quand même sur le plus conventionnel "Let it bleed" et puis surtout en final, lors d’une cover de Willie Dixon, "Little Baby" ; mais là on trempe tout à fait dans le blues...

 

Rosa Mota

Wishful thinking

Rosa Mota appartient au monde de l'underground. Celui de Moonshake, Mercury Rev, Rollerskate Skinny et surtout de Sonic Youth. Un style capricieux, complexe et déconcertant qui cherche un compromis entre l'envoûtement et la confusion. "Wishful Thinking" constitue son premier album. Une œuvre où se mêlent l'expectative, la frustration, le nihilisme, la peur, la quiétude et l'hostilité tout en laissant profiler l'espoir d'un paradis lointain. Et dans ce flux d'émotions contradictoires, exacerbées par les cordes de guitare sinistres, féroces, convulsives, la basse rôde, les rythmes sont chaotiques, tribaux ou improvisés. Paradoxalement si les vocaux de Ian menacent, ceux de Julie sont angéliques, impassibles voire possédés. Et au cœur de cette expression sonore, s’infiltrent des textures étrangement paisibles comme la flûte pastorale ou les instruments ethniques. Un opus pas toujours très accessible, mais très intéressant.

 

Royal Trux

Thank You

Bien qu'élargi aujourd'hui à un quintet, Royal Trux repose avant tout sur Jennifer Herrema et l'ex-Pussy Galore, Neil Hagerty. Un duo dont la collaboration remonte déjà à 1985. Soit à la naissance du groupe. Produit par David Briggs, personnage qui a notamment travaillé pour Neil Young et Nick Cave, "Thank You" constitue son tout dernier opus. Tout comme Suicide, Faust et Fall, Royal Trux y combine le minimalisme et le maximalisme, la répétition et l'improvisation. Avec beaucoup de bonheur. Mais ce qui frappe le plus dans sa musique, c'est sa capacité à créer un climat unique, presque envoûtant, en amalgamant une véritable mosaïque de textures différentes. Tentaculaires. Apparemment embrouillées. Un peu à la manière de Captain Beefheart, lorsqu'il avait commis "Trout Mask Replica". Des textures spectrales, sordides, hallucinées, sinistres ou perverses. Capables de s'autoriser un trip dans le monde complètement défoncé d' "Exile on main street" des Stones ou même dans le ‘krautrock’ de Can voire de Faust. Et puis, il y a la voix ravagée, indolente de Jennifer qui rend encore plus graveleux, plus obscur, ce blues cadavérique. Etonnant!

 

Urge Overkill

Exit the dragon

Urge Overkill adore les seventies. Et en particulier les Raspberries, Todd Rundgren, Steppenwolf, T. Rex, Kiss, Cheap Trick, AC/DC et le power pop yankee. Et ils réverbèrent ces échos du passé dans leur musique. Suite logique de "Saturation", "Exit the dragon" implique quatorze fragments aux lyrics capricieux, décapants. Quatorze chansons triturées avec une élégance raffinée et une efficacité fascinante. Le son est effilé, les riffs de guitare jaillissants, saignants, pétillants. Les mélodies contagieuses, menaçantes. Tantôt glamourisées avec le clinquant de T. Rex ("Jaywalkin") voire de Sweet ("And you'll say"). Parfumées de rhythm’n’blues rollingstonien (« Exile on Main Street » ?) sur "Honesty File". Mod au goût Kinks chez "Somebody else's body" et agressivement urbaines pour "The Break" (Blue Cheer). Mais des compositions revues et corrigées par la technologie moderne. Ce qui explique sans doute la qualité et la richesse du son dispensé sur cet "Exit the Dragon". Un elpee ponctué par un inévitable slow languissant, lascif, de près de neuf minutes...

 

Uncle Meat (Belgium)

Swallow

Quartet limbourgeois, Uncle Meat s'était illustré lors de l'édition 94 du Rock Rally, en décrochant une très honorable quatrième place. Swallow constitue donc son premier album. Sans concession, âpre, post industriel, torturé, il passe à la moulinette le trash métal d'Helmet et de Black Sabbath. Rien de bien digestif, donc chez cet Oncle Viande, dont le line up implique curieusement Dee J, ex-guitariste du défunt La Muerte, apparemment décidé de reprendre son chemin à la case départ...

 

Velo-Deluxe

Superelastic

Imaginez un peu le bruit d'un aspirateur occupé d'absorber des épingles de sûreté sur un tapis avant d'atterrir dans le sac à poussières. Vous lui administrez une forte dose de grunge, un zeste de popcore (Pixies?) et une pincée de noisy pop (My Bloody Valentine). Et vous obtenez, plus ou moins exactement, le son produit par le premier album de Velo-Deluxe. Un trio qui implique John Strohm, ex-Blake Babies, mais dont l'inspiration semble avoir fait défaut sur son "Superelastic". En fait, à premier abord, on se laisse facilement séduire par la fragilité exubérante de son noisecore, et en particulier à l'écoute de la composition maîtresse qui ouvre le morceau de plastique ; mais au fil du sillon, l'absence de relief nous rend moins réceptif et finit même par nous agacer. On cherche alors vainement l'étincelle. Elle arrivera cependant. Après une bonne heure. "Miracle". L'album est fini...