Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Chroniques

The Levellers

Zeitgeist

C'est en 1991 que nous découvrions les Levellers, à l'occasion de la sortie de leur deuxième elpee, "Levelling the Land". Un album qui laissait entrevoir un futur chargé de promesses. Mais c'est à l'issue de leur brillante prestation accordée au Martrock de Louvain que nous avons pu réaliser le bien fondé de cette impression favorable. Le 15 décembre prochain, le quintet se produira à Forest National. Une preuve flagrante de la notoriété acquise par le groupe sur la scène internationale. Côté vinylographie, les singles et les maxis se font cependant plus rares. Et leur dernier opus remonte déjà à deux ans. Un morceau de plastique qui nous avait d'ailleurs déçus. La sortie de "Zeitgeist" était donc une occasion unique pour l'ensemble de remettre les pendules à l'heure. Il n'y est parvenu qu'à moitié. Alternant le bon et le moins bon tout au long de l'œuvre. L'excellent même lorsque la formation sculpte ses mélodies dans le folk punk celtique. A l'instar de l'intro "Hope Street", du mélancolique "Saturday Sunday", du rageur "4AM" ou du percutant "Fantasy". Le décevant lorsqu'elle bride son tempérament naturel au profit de ballades insipides et mollassonnes telles que "Leave this town" ou "Maid of the river", compositions manifestement destinées au grand public dans le sens le plus péjoratif du terme. N'empêche ce "Zeitgeist" devrait définitivement propulser les Levellers dans ce monde des rock stars... si propice aux tentations les plus destructrices...

 

Litfiba

Spirito

Après sa trilogie destinée à mettre au ban des accusés, la puissance, la corruption et la violence ("Desaparecido", "17 Re" et "3"), un manifeste anti-réactionnaire de la culture rock italienne ("El Diablo") et un constat amer des événements qui ont marqué la fin de notre siècle ("Terremoto"), Litfiba nous revient avec des thèmes cruellement et réalistement visionnaires. Une œuvre qui, tout en continuant à allier un côté rock et un exotisme latin, en mêlant atmosphère démoniaque à la douceur et à l'intimité, laisse une plus grande place à la culture péninsulaire. On y retrouve bien sûr des compositions incisives et incendiaires comme "Lo Spettacolo" qui ouvre ce morceau de plastique. Mais aussi et surtout un éclectisme climatique capable de nous entraîner tantôt dans une danse napolitaine ("Tammùria"), un hybride de reggae et de ragtime ("Lacio Drom") ou une ballade prog rock lancinante, gémissante et torturée ("Animale di zona"), lorsqu'il ne se couvre pas d'accents épiques, filmiques, proches d'Adriano Celentano, comme sur le final "Suona Fratello"...

 

Lizard Music

Fashionably Lame

Steve Albini commis à la production, nous nous attendions à devoir affronter un trash metal intransigeant, un hardcore dévastateur ou un grunge tumultueux. Il n'en est heureusement rien, car les fibres de metal qui entrent dans la composition de ce "Fashionably Lame" sont parfaitement assimilées par le langage pop des mélodies. Un langage finalement très proche des Bats, JPS Experience, Verlaines et autres formations néo-zélandaises du label Flying Nun.  Caractérisé, par ces harmonies vocales beatlenesques, ces cordes de guitares tantôt ébréchées, grésillantes, tantôt semi acoustiques, et ces drums arides. Un langage pratiqué par Lizard Music sur la plupart des chansons. Ce qui ne l'empêche pas de s'aventurer dans la new wave syncopée, post Slits sur "Kill for a Sprinkle", de s'embarquer dans un paso doble avec le même aplomb que les Négresses Vertes sur "She's a very very fat fat weirdo" ou de ponctuer son tour d'horizon par le ‘ixiesque’"The Frugal Lam,". Un très chouette album pour cette nouvelle signature du label de Dave Allen/Luc Van Acker, World Domination !

 

The Sands

The Sands

Lors de la sortie de son premier single, nous nous demandions de quelle nationalité pouvait être cette formation. Nous venons d'en avoir la réponse. Belge. Un groupe issu de Turnhout, pour être plus précis. Et pourtant, son album a été enregistré dans les légendaires studios d'Outpost et de Fort Apache (Dinosaur Jr, Belly, Throwing Muses, Sugar, Morphine, etc.) et produit par le leader de Buffalo Tom, Bill Janovitz. Une fameuse carte de visite pour une formation qui, jusqu'alors était pratiquement inconnue sur la scène musicale. Et c'est vrai que ce disque sonne vraiment américain. Pensez à Buffalo Tom, Dinosaur Jr, voire à Pavement dans sa phase la plus mélodique. Une musique cependant plus popcore que grungecore. Mélancolique, romantique. Souvent nappée de claviers. Avec inévitablement les cordes de guitare claires, tantôt acoustique, tantôt électrique, des drums feutrés, une basse souple... le tout enrichi d'une production léchée, presque sophistiquée. Bref de formidables atouts pour ces Sands. Il reste cependant à souhaiter que ce nouvel espoir noir jaune rouge ne doive pas ramer aussi longtemps que les Scabs, avant de récolter le succès qu'il mérite amplement.

 

Locust Fudge

Royal Flush

Duo circonstanciel constitué de Scheidner (Hip Young Things) et de Kriete (ex-Speedniggs, impliquée aujourd'hui chez Great Tuna), Locust Fudge nous vient du pays de la choucroute. De Beverungen, pour être plus précis. Une équipe qui s'était illustrée en 1993 par l'enregistrement du très prometteur "Slush". "Royal Flush" devrait donc, sauf erreur ou omission, constituer son deuxième opus. Un disque relativement expérimental, parfois même avant-gardiste. Tantôt minimaliste dans l'esprit de Chris Knox ou psychédélique, suivant une perspective tracée par Syd Barrett, il épanche des mélodies pop blêmes, languissantes, instillées de bandes passées à l'envers, épisodiquement imprégnées de rythmes tribaux, parcourues d'harmonies vocales sinusoïdales, laconiques et surtout infectées de savoureux accords de piano énigmatiques, vibrants. Comme sur ce superbe "Racing Horse"...

 

Lois Lane

Fireflight

Elles sont jolies, très jolies. Sexy, pulpeuses, etc. Néerlandaises. D'Amsterdam, très précisément. Deux sœurs qui comptent un peu plus d'une dizaine d'années de planches. Monique et Suzanne Klenmann. En 1990, elles avaient assuré le supporting act de Prince pour sa ‘Nude tour’. Un périple de plus de six semaines! Ce qui explique, sans doute pourquoi, Prince les porte toujours très haut dans son cœur. Faut dire que les deux filles ne dépareraient pas dans la galerie de top models (NDR : encore des propos machistes!) du mètre cinquante d'Indianapolis. Passée cette première et très voluptueuse impression, on doit rapidement se mettre à déchanter. Pas à cause du coup d'œil, bien entendu. Mais du contenu de cet elpee. D'abord, la soul funk ou le disco ne sont pas tellement de notre goût. Et puis, même ce "Tonight", plus Abba que nature, ne nous a pas davantage convaincus...

 

Lords of Acid

Voodoo - U

Ils avaient enregistré leur premier single "I sit on acid" en plein boom ‘new beat’ mi 89 ; puis décroché un hit grâce à "Take control", en 1991. Leur formule? Une sorte de techno acidifiée par le heavy trash et prostituée à la trance music. Un univers décadent où se mêlent drogues, sexualité, orgasme, perversité et subversion dans la plus totale anarchie. Jetez un coup d'œil sur la pochette! On se demande d'ailleurs ce que Luc Van Acker est venu faire dans une telle aventure. A moins qu'il ne s'agisse d'un vice de forme. Ou si vous préférez d'une forme de vice...

 

rUbY

Salt Peter

Tricky, Letfield, Moloko, Portishead, Whale et Ruby appartiennent assurément au gratin de la scène trip hop contemporaine. Chacun d'entre eux l'explorant à sa manière. Mark et Lesley Rankine constituent le line up de ce Ruby. Un duo qui se partage la composition et l'essentiel de l'instrumentation. Ex-Silverfish, Lesley se réserve cependant toutes les parties vocales, tout au long de "Salt Peter", inoculant une conscience bien féminine à cette pop étrange, élégante, veloutée qui s'ébroue dans un synthétisme post moderne, ‘björkien’ avant de glisser progressivement dans une solution capricieuse dont le feeling sauvage et la vivacité sulfureuse nous rappellent une certaine Polly Harvey...