Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Nemo

Nemo

En 1992, ce trio limbourgeois (Houthalen) s'était distingué lors de la finale du Rockrally, tremplin qui lui avait permis de décrocher une signature sur Brinkman, sous label de PiaS. Auteur d'un premier maxi single encourageant ("Bicycle Called Love"), Nemo vient de passer au stade de l'album. Un disque autoproduit qui recèle pas moins de dix-huit titres abrasifs et sauvages de popcore (Pixies?). Dix-huit fragments imprimés sur un tempo tantôt fracturé, variable ou féroce, promenés au gré de guitares filandreuses, ébréchées ou courroucées, et revêtus d'un timbre vocal acéré, ténébreux proche du Lou Reed velvetien…

 

New Fast Automatic Daffodils

Love it all

Les New Fast ont donc abandonné une partie de leur patrimoine. Exit donc Automatic et Daffodils pour faire place à un patronyme plus facilement mémorisable. Et par la même occasion, le groupe de Manchester s'est déniché un producteur capable de transformer son funk surréaliste en pop agressif et percutant. En l'occurrence Jeremy Allen, un des mixeurs du fameux "Blue lines" de Massive Attack. Les compositions insidieuses, implacables ont ici une meilleure élasticité, un meilleur feeling ; et leur groove épouse un profil davantage hypnotique. Vous avez sans doute déjà eu l'occasion d'écouter le single "Life is an accident" ; et bien ce "Love it all" est de la même veine. Avec leurs percussions épileptiques, les riffs de guitares acérés, pépiants, la ligne de basse caoutchoutée et le vocal ‘neurotique’, sardonique d'Andy, les New Fads peuvent aujourd'hui se poser en dignes successeurs du défunt Happy Mondays…

 

Balanescu Quartet

Luminitza

En 1992, Balanescu Quartet rendait sur "Possessed" un bel hommage à Kraftwerk, en adaptant à la sauce classique des covers du mythique duo teuton. En publiant "Luminitza", la formation semble avoir définitivement tourné la page et opter plus classiquement pour la musique de chambre. Avant-gardiste, il est vrai. Expérimentale même, à la manière de Tuxedo Moon circa "Divine" ou de Barry Adamson, il faut le souligner. Mais à notre humble avis, essentiellement destinée à sonoriser la bande sonore cinématographique. Pas de pot!

 

 

 

Nine Inch Nails

The Downward Spiral

Seul maître à bord au sein de son Nine Inch Nails depuis 1991, Trent Reznor poursuit inlassablement ses expérimentations dans le domaine de la musique électronique. Plus seulement électronique, c'est vrai, puisque pour enregistrer "The Downward Spiral" il a fait appel à l'ex-guitariste de Peter Gabriel et de David Bowie, Adrian Belew; et puis au drummer de Porno For Pyros, Stephen Perkins. Hybride alors? Exact! Mais qui colle davantage à l'esprit des Young Gods plutôt qu'aux perspectives cybernétiques développées par Front 242 et Cassandra Complex. D'abord "The Downward Spiral" est un concept album qui véhicule un véritable réquisitoire contre toute forme de doctrine dogmatique. Mais en plus il baigne dans un climat ambigu, vindicatif, malsain, tantôt marqué par les stigmates de Ministry et de Revco, tantôt investi par une forme de synthétisme pop, post John Foxx. Revu et corrigé par la technologie moderne vous vous en doutez...

 

Nirvana

Unplugged in New York

Enregistré en novembre de l'année dernière, au cours de la célèbre émission ‘Unplugged’ d'MTV, cet album constitue, en quelque sorte, le testament du combo de Seattle. Parce que, faut-il encore vous le rappeler, six mois plus tard, son leader se donnait la mort. Témoignage dramatique, vibrant, d'un passé encore tellement récent, "Unplugged in New York" implique quatorze adaptations acoustiques, parmi lesquelles figurent un extrait de "Bleach" ("About a girl"), quatre de "Nevermind" ("Come as you are", "Polly", "On a plain" et "Something in the way"), trois d'"In Utero" ("Pennyroyal tea" , "Dumb", "All apologies") et un éventail de reprises partagé entre celles de Meat Puppets ("Plateau", "Oh Me" et "Lake of fire"), de David Bowie ("The man who sold the world") et enfin de Leadbelly ("When did you sleep last night"?). Ce disque, qui établit la balance vibrante entre le formalisme délicat et l'émotion âpre, exerce cependant autre chose que la fascination morbide d'un album posthume. Nirvana se montrant sous un angle auquel, jusqu'alors, il nous avait peu habitués. Suivant les nombreuses déclarations recueillies dans l'entourage de Kurt Cobain, il appert que Nirvana avait projeté d'enregistrer un album studio entièrement acoustique. Son projet s'est quand même concrétisé. Mais il sera le dernier. En tous cas sous la férule du James Dean des nineties.

 

(The) Nits

Da Da Da

En 1992, les Nits s'étaient complètement plantés en nous infligeant un "Ting" emphatique, sophistiqué à l'extrême, à la limite du prétentieux. Aujourd'hui, l'ensemble batave semble vouloir faire marche arrière. D'abord, le trio de base Hofstede-Stips-Kloet est revenu à une forme instrumentale plus conventionnelle. Impliquant la guitare, par exemple. Et même si elle n'est pas encore suffisamment mise en évidence, elle a enfin de nouveau voix au chapitre. Le mellotron et l'harmonium également. Quant à la participation d'un bassiste et d'un violoniste-percussionniste, elle permet au groupe d'élargir son horizon sonore... Ensuite, la construction mélodique épouse les vertus les plus naturelles, les plus beatlenesques de la pop. Pas seulement à cause des harmonies vocales qui sont toujours aussi raffinées et savoureuses. Mais parce qu'elles réverbèrent certains accents mélodiques courtisés par John Lennon, tout en abritant l'un ou l'autre intermède savoureusement chaotique, réminiscent de "Good Moorning, Good Morning" voire de "A Day In The Life". Un seul regret, l'album se complaît un peu trop dans un style confidentiel, sentimentaliste. Pourtant avec davantage de fragments de la trempe de "Bilbaoboa", cet opus aurait véritablement pu décrocher la timbale... Ce n'est peut être que partie remise.

 

No One Is Innocent

No One Is Innocent

Personne n'est innocent ! Rarement un nom n'a si bien collé à la personnalité d'un groupe. Un groupe français, parisien très exactement, constitué d'un ex-Shifters, d'un ex-David Vincent, d'un ex-Rimbaud et d'un ex-rien du tout. Qui chante tantôt dans la langue de Voltaire, tantôt dans la langue de Shakespeare. Parce que la formation veut faire passer un message. En fait de message, on assiste plutôt à une diatribe musclée à l'intention de la société contemporaine. Et en particulier à l’égard du système politique qui fait le lit du racisme, de l'égoïsme et de l'oisiveté. Et pour véhiculer toutes ces idées, le quartet hexagonal courtise un style musical au goût du jour. Point de rencontre entre le groove de Red Hot et les coups de gueule de Rage Against The Machine, il réalise un mélange d'énergie, de feeling et de passion au sein d'un climat tendu, radical et cinglant. Alors, si personne n'est innocent, sommes-nous tous coupables?

 

Noir Désir

Dies Irae

Jamais les qualificatifs radical, puissant, apocalyptique, dangereux, malsain et insidieux ne se sont révélés aussi pertinents pour évaluer ce double CD enregistré en public. Tels des flibustiers, ces Girondins se lancent à l'abordage d'un punk électrique sans concessions. Même les parties vocales sont au diapason de la prestation (ça rime). Enfin presque! Puisque celles écumées sur "I Want You", cover des Beatles, ont de nouveau la fâcheuse tendance à grincer comme sur le dernier album studio. Ce n'est heureusement pas le cas pour "Long Time Man", autre reprise mais de Nick Cave, ni de "Here It Comes Slowly" et surtout de "Totsaky" dont les versions ‘live’ constituent de véritables brûlots de générosité et d'authenticité, balancés au sein d'une œuvre qui risque fort de vous embraser...