Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

logo_musiczine

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Viagra Boys
The Cure
Chroniques

Daniel A.I.U. Higgs

Atomic Yggdrasil Tarot

Écrit par

Daniel Arcus Incus Ululat Higgs a été pendant 20 ans le leader des punk-rockers de Lungfish. Depuis quelques années, il enregistre des disques en solitaire, explorant une facette plus expérimentale de son travail. Ce nouvel essai en est une belle illustration. Les six longues plages constituent le pendant sonore d’un livre traitant des peintures, dessins et poèmes ‘haïku’ de notre homme. La copie promo ne recelant pas ces dessins, on s’intéressera uniquement à cette musique présentée sous des atours mystiques fumeux (fumistes ?) A l’aide d’un simple magnétophone à cassettes, Higgs a usé et abusé des effets sonores obtenus lorsqu’on bidouille les bandes magnétiques. Distorsions, bruits de fond, variations de vitesse produites en manipulant la touche ‘pause’. Musicalement, on passe de pièces assez ennuyeuses comme « Spectral Hues », où Higgs se contente de plaquer des accords de piano et joue avec la vitesse de la bande. Même principe et même ennui sur « Hems and Seams », où on croit entendre au loin un harmonica, des bouteilles qui s’entrechoquent alors qu’à l’avant-plan Higgs joue de la guimbarde en modulant à nouveau le défilement de cette bande. Les pièces les plus intéressantes sont celles où Higgs démontre son savoir faire guitaristique. Le titre maître, « Luminous Carcass Ornament » et « Coccon on the Cross » notamment. De longues improvisations (banjo et/ou guitare) torturées évoquant pêle-mêle la musique indienne traditionnelle, mais aussi les musiques du Nord de l’Afrique. Sans oublier le blues rural tel qu’il a été documenté au début du vingtième siècle par des musicologues comme Alan Lomax. Réservé aux explorateurs sonores en herbe.

The Angels of Light

We are him

Écrit par

Lorsque Michael Gira s’est produit à Dour, en juillet dernier, il était seul. Se contentant de chanter en s’accompagnant à la guitare acoustique électrifiée. Et il avait fait une très bonne impression, sans plus. Pour enregistrer le sixième album d’Angels of Light (septième si on compte son split cd) depuis la séparation du mythique Swans, Gira a reçu le concours d’une ribambelle de collaborateurs. Se partageant une multitude d’instruments dont les plus insolites sont le ‘drumbone’ (une sorte de trombone) et le tympanon. Les musiciens d’Akron/Family sont de la partie. Michael et cette formation avaient justement partagé ce split cd en 2005. Le guitariste Christoph Hahn et le drummer Bill Rieflin (deux ex Swans, impliqués aujourd’hui dans de multiples aventures) et la violoniste Julia Kent, membre d’Antony and The Johnsons, figurent également parmi les invités. Il y en a bien d’autres, mais les énumérer tous serait fastidieux et cette chronique atteindrait facilement les 50 lignes.  Ce n’est pas le but.

Bref, venons-en à cet opus découpé en 12 fragments. Déchirée entre charme et perversité, mauvaise augure et excitation, la musique est souvent distordue, urgente, hypnotique, spectrale et ténébreuse. Mais parfois aussi pastorale (« The man we left behind », valse lente qui aurait pu figurer au répertoire d’un Sophia), ensoleillée (le cuivré « Joseph’s song »), allègre (une trompette et un clavier vintage animent la mélodie pop de « Sunflower’s here to stay », chanson au cours de laquelle on a envie de frapper dans les mains). Trois moments qui démontrent que Gira est occupé de combattre ses démons intérieurs et qu’il est peut-être occupé de retrouver la paix au fond de son âme. Mais le reste de l’opus renoue avec ses tourments rituels, s’abandonnant même dans l’amertume, le ressentiment et le doute perpétuel (« Promise of water »). Le blues lui sert également de véhicule pour épancher ses émotions. Mais un blues urbain, vaudou, comme chez Nick Cave. A l’instar de « Black river song », au cours duquel la voix austère de Gira se conjugue habilement avec une voix féminine. Ou l’excellent titre maître, fruit d’une rencontre hypothétique entre le Velvet Underground et Captain Beefheart. Hormis l’enlevé quoique angoissant « Good Bye Mary Lou », fragment de country apalache abordé dans l’esprit d’un 16th Horsepower, le reste de l’album évolue sur un tempo indolent. Tout d’abord le paisible mais douloureux « Sometimes I dream I’m hurting you », avant que fluidifié par un orgue rogné le fragment emprunte un tempo tribal. Le très lent « The visitor », caractérisé par des cordes de guitares carillonantes et un violon hantant. Et puis, en final, le très très lent, voire slowcore « Star chaser ».

Un superbe album, mais que je déconseille vivement aux personnes dépressives. La mélancolie y est trop envahissante.

The Helio Sequence

Keep your eyes ahead

Écrit par

The Helio Sequence est un duo au sein duquel on retrouve Benjamin Weikel, un musicien qui a longtemps tourné en compagnie de Modest Mouse. Il est préposé aux drums et aux claviers. Brandon Summer est le lyriciste/chanteur/guitariste. Avant d’enregistrer leur cinquième opus, les cordes vocales de Brandon se sont substantiellement altérées. Son timbre est ainsi devenu plus capricieux, moins limpide, rappelant même aujourd’hui parfois un certain Bob Dylan. Face à cet accident de parcours, le tandem a décidé de changer de style musical. Et de tourner le dos à une musique qui tout en mélangeant le shoegazing et le psychédélisme, puisait son inspiration essentiellement chez les Flaming Lips et My Bloody Valentine. En témoigne leurs quatre premiers elpees. Toutes ces traces ne se sont cependant pas totalement volatilisées ; elles se sont largement estompées, nuance !

Une grande majorité des compos de « Keep your eyes ahead » bénéficie d’arrangements luxuriants et soignés. A un tel point que parfois, elles sont étouffées sous leur richesse. Les mélodies sont pourtant souvent contagieuses, soucieuses d’un esthétisme empreint de charme et de mélancolie ; mais les détails qui devraient faire la différence ne sont pas suffisamment mis en évidence. En outre, le recours à l’électronique est un peu trop systématique, et finit par rendre la solution sonore indigeste. Dommage, car les interventions de sèche en picking sont absolument superbes (« Shed your love »). Les accords de guitare électrique bringuebalants, chatoyants, réverbèrent en notre fors intérieur ceux d’un House Of Love, de Hurricane #1 et même des Chameleons (« Keep you eyes ahead » et son tempo new wave).

Paradoxalement, c’est quand The Helio Sequence change diamétralement de style qu’il devient le plus intéressant. Plus lo fi, plus minimaliste, même s’il subsiste l’une ou l’autre trace d’indietronica. A l’instar des deux derniers morceaux de l’elpee. Manifestement hantés par l’esprit du Zim. Sur le titre de clôture, « No regrets », le vocal nasonnant de Brandon et ses interventions à l’harmonica se révèlent même troublants…

Mike Joyce and Andy Rourke

Inside The Smiths (Dvd)

Écrit par

Andy Rourke et Mike Joyce constituaient la section rythmique du défunt et légendaire groupe mancunien The Smiths. Respectivement bassiste et drummer, ils n’ont jamais atteint la notoriété des deux autres larrons et aujourd’hui farouches antagonistes : le chanteur Morrissey et le guitariste Johnny Marr. Ce qui manifestement a permis aux deux premiers cités d’avoir une autre vision des choses sur le parcours du quatuor. C’est d’ailleurs ce qu’ils ont fait en concoctant ce Dvd. Au cours duquel ils racontent cette épopée, mais aussi recueillent des interviews de personnages qui ont côtoyé le mythe à l’époque de la formation ; et en particulier Peter Hook (Joy Division, New Order), Pete Shelley (Buzzocks) ou encore Mark E. Smith (The Fall). Sans oublier les inévitables producteurs qui opéré la mise en forme de leurs enregistrements studio. Le documentaire bénéficie du sous-titrage ; ce qui permet une meilleure compréhension des différentes interventions. Il manque cependant quelques prises ‘live’ pour pouvoir rendre le film un peu plus dynamique et puis surtout le point de vue des deux principaux leaders du groupe. Une carence qui risque de rendre ce documentaire anecdotique…

Celebration

The modern tribe

Écrit par

Ne vous fiez pas à la pochette dont les couleurs psychédéliques et kaléidoscopiques évoquent inévitablement certains vieux groupes issus des 70’s et de la fin des 60’s. Signé Chez 4AD, « The Moderne tribe » évolue plutôt dans un registre new-wave, et plus précisément inspiré par Siouxsie. Mais Celebration lorgne d’abord vers les Yeah Yeah Yeahs (en compagnie desquels ils ont tourné), le timbre vocal de leur chanteuse, Katrina Ford, rappelant celui de Karine O. Heureusement, la formation évite le piège de la copie conforme, un petit côté ‘funky’ évitant à Celebration de s’engouffrer dans un registre de revivalisme 80’s, trop souvent exploité ces temps-ci par les innombrables suiveurs d’Interpol, National ou autres Editors.

La voix de Katrina est un atout indéniable. Ses inflexions sont susceptibles d’épouser celles de Sinead O’connor (sur le titre très doux « Heartbrak »). Le groove plus dansant libéré par « Pony » et « Fly the fly » réverbère des accents empruntés à Rapture, alors que « Hand off my gold » baigne dans un climat digne du music-hall. Bref, les variations de style ne manquent pas sur cet opus : elles sont intrigantes, parfois impressionnantes et surtout déroutantes ; mais peuvent devenir lassantes lorsqu’on écoute la plaque d’une seule traite. Pourtant, plusieurs auditions sont nécessaires avant de pouvoir bien s’en imprégner. Et je dois avouer avoir jeté l’ancre (ou l’encre, si vous préférez), à plusieurs reprises, en rédigeant cette chronique. Enregistré sous la houlette de David Sitek (TV On The Radio), le trio a également reçu le concours de tous les autres musiciens du groupe de NYC, mais également de Nick Zinner des Yeah Yeah Yeahs. 4AD semble avoir mis la gomme pour la sortie de ce « Modern tribe », puisqu’il a fait l’objet de toute une série de remixes impliquant notamment le guitariste des YYY. Une bonne ouverture d’esprit et une bonne dose de patience vous seront cependant nécessaires pour apprécier cette œuvre à sa juste valeur.

Riké

Vivons !

Écrit par

Les oreilles aiguisées ne mettront pas plus de quatre secondes pour reconnaître la voix de ce jeune homme enjoué qui, il y a quelques années, nous souhaitait tout le bonheur du monde au sein de Sinsemilia. Après un premier album en solitaire déjà égaré dans nos mémoires, le dénommé Riké profite d’une nouvelle sieste de la formation reggae pour nous rouvrir les portes de son univers à lui, forcément plus intime et moins enflammé qu'en compagnie de ses amis, mais délicieusement attachant. Le nom de baptême de la rondelle annonce la couleur : notre sympathique gaillard refuse les thèmes obscurs ou les discours de fin du monde, préférant nous convaincre que la vie est un grand terrain de jeu où tout être humain se doit de se délecter. Incorruptible prêcheur de la bonne humeur, il nous suggère avant tout de faire comme lui et de ne pas trahir nos idéaux, dans un « Oublie-moi » à l’accent rock dont la guitare sert de flambeau. Plus tard, les rythmes s’adoucissent mais continuent de titiller nos principes établis en les obligeant à se renverser de plus belle. « Je chante », « Tranquille » ou « Ma vie au soleil » sont autant de comptines enthousiastes, passionnées et élégantes, n’affichant d’autre ambition que de ressusciter nos cœurs d’enfant. C’est d’ailleurs aux papas qu’il s’adresse sur le tendre « Un père », cicatrice universelle sur ces hommes qui ‘font des enfants mais ne seront jamais pères’, au cours duquel Riké évoque l’absence paternelle sans sévérité ni outrance. Simple, juste, désinvolte et naïve, cette voix légèrement rauque n’est peut-être finalement que la nôtre, puisqu’elle nous rappelle nonchalamment une fois les 40 petites minutes écoulées…   

 

 

 

 



To My Boy

Messages

Écrit par

XL Recordings est surtout réputé pour voir signé des groupes ou des artistes comme les White Stripes, Dizzee Rascal voire la sulfureuse M.I.A.. Il élargit aujourd’hui sa palette en engageant To My boy, une formation qui risque de faire un carton ! Elle fait partie du phénomène Nu Rave qui se propage de plus en plus à travers toute l’Angleterre. A l’origine, le line up comptait quatre musiciens. Jack Snape et Sam White ont cependant décidé de se séparer de deux membres du groupe et de les remplacer par une bonne vieille boîte à rythmes. Après avoir sorti deux singles en 2006, le duo liverpuldien nous propose ce « Messages », un opus qui n’a rien à envier à leurs compatriotes anglais Klaxons ou encore, outre-Atlantique, à l’excellent duo new yorkais Shy Child. Ce disque recèle tout ce que la génération ‘fluokids’ exige des groupes du moment : des chansons courtes imprimées sur des beats électro et dansants que l’on passerait volontiers dans les boîtes branchouilles insulaires. Quoique recelant douze titres, cet elpee est caractérisé par sa durée plutôt brève. Mais c’est ça le phénomène Nu Rave ! Suffit donc de vous laisser emporter par « Tell me, computer » ou de frissonner à l’écoute de « Oh metal ! » ; et au moment où vous plongerez dans le coma, « The Grid » vous réveillera…

Une chose est sûre, Liverpool la grise a retrouvé toutes ses couleurs fluo grâce à To My Boy, dont on va certainement encore, entendre beaucoup parler…

Nancy Elisabeth Cunliffe

Battle and Victory

Écrit par

Jeune prodige de 23 ans, Nancy Elizabeth Cunliffe est allée se perdre dans un petit cottage situé en plein coeur d’une discrète campagne, aux abords de son Manchester natal, accompagnée de tous ses instruments de musique. Et on l’imagine, paisiblement assise devant une vieille table en bois légèrement branlante, plume à la main, scrutant le vide et se baignant dans le silence d’où elle tirera bientôt toute son inspiration. Une inspiration qui sera consignée un peu plus tard dans son premier recueil, « Battle and Victory », une œuvre délicate de folk hanté, au-dessus duquel valsent les ombres de Vashti Bunyan, Joanna Newsom et autres Espers. Dominé par une harpe envoûtante, « Battle and Victory » recèle tellement de finesse qu’il est difficile de ne pas tomber sous l’emprise de ses charmes. La jeune femme nous entraîne avec prudence dans sa bulle de zenitude en nous murmurant doucement à l’oreille de nous laisser aller. Et voilà que l’on ferme les yeux et que l’on obéit. En silence...