Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

Lisa Gerrard

Best of

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Remise de la tournée d’adieu de Dead Can Dance, une belle aventure (ou une épreuve ?) qui s’est achevée au cours de l’hiver 2005, Lisa a poursuivi à sa carrière solo en concoctant, fin 2006, le somptueux « The Silver Tree », une œuvre parue sur le label australien Rubber Records.

Ce « Best of » scelle, selon toute vraisemblance, la fin du contrat entre la diva et la maison de disques arty 4 AD. Une vision particulièrement réduite de sa prolifique carrière, en compagnie ou sans son complice Brendan Perry, nous est ici offerte. Quatorze pépites, empreintes d’atmosphères exotiques et lyriques, et toujours marquées par cette forme d’interrogation existentielle si chère à la personne même de Lisa Gerrard, proche du mystique et du religieux. Quatorze merveilles générées par l’organe vocal exceptionnel de l’artiste qui touche les abîmes, flirte avec les éléments, frôle le firmament… De l’émouvant « Sanvean », extrait de l’unique live de Dead Can Dance, au plus hollywoodien « Elysium », fragment de la B.O. du film Gladiator, l’émotion et l’invitation au recueillement sont palpables à chaque instant. « Swans », tiré du chef d’œuvre « The Mirror Pool » invite à redécouvrir cet opus indispensable ! Une compilation évoquant des noms inscrits en lettre d’or dans la carrière de Lisa : Hans Zimmer, Peter Bourke , et bien entendu le célèbre compositeur irlandais Patrick Cassidy. Le magnifique « Persephone » rappelle que Dead Can Dance a traversé une période particulièrement sombre, gothique, tandis que le très oriental « Indus » souligne l’intérêt porté par Lisa à la musique orientale. Une excellente entrée en matière pour les néophytes, mais une plaque totalement dispensable pour les fans qui se délecteront plutôt des nouveaux joyaux réunis sur « Silver Tree », un tournant décisif dans la démarche artistique de l’ensorcelante vocaliste. Plus qu’un mythe !



Vampire Weekend

Vampire Weekend

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La pop n’en a pas finie d’être sauvée. Vampire Weekend, ces quatre New-Yorkais inspirés, se portent manifestement volontaires pour reprendre le flambeau lâchement abandonné par leurs nombreux prédécesseurs. Inspiré par Talking Heads, le quatuor nous entraîne dans une formidable promenade intemporelle autour du monde.

Après une première étape, consentie dans les rues de Grande-Bretagne (« Oxford Comma »), la formation nous offre une splendide halte dans les plus beaux panoramas d’Afrique et des Caraïbes (les bondissants « A-Punk », « Cape Cod Kwassa Kwassa ») avant de nous lâcher un petit moment, à l’insu de notre plein gré, en plein cœur d’une affreuse garden-party à Versailles (l’inutile « M79 »). Conscient de leur petite erreur, les quatre rigolos se feront pardonner en nous ramenant vers les terres plus familières des States (les irrésistibles hymnes pop-rock « Campus », « I Stand Corrected », « One (Blake’s Got A New Face) »).

Délirant et inventif, le disque éponyme de Vampire Weekend est un appel au voyage et à la désinvolture. Cette même désinvolture avec laquelle le quatuor réussit le pari d’imposer à la pop des sonorités inattendues. Probablement l’une des plus grandes révélations de cette année, Vampire Weekend renouvelle un genre prodigué par The Shins, quelques années auparavant. Et de la même manière ! Incontournable.

 

I’m From Barcelona

Let me introduce my friends

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I’m From Barcelona ! Enchanté. On y revient toujours... Pas à Barcelone. Mais à cette drôle de mode consistant à se satisfaire de patronymes géographiques à délocalisation musicale. Tout comme les Australiens d’Architecture In Helsinki ou les Allemands d’Urlaub In Polen, les drôles de Suédois d’Im from Barcelona usurpent une nationalité fantasmée. Originaire de la petite ville de Jönköping, Emanuel Lundgren laisse traîner ses idées et sa rousse moustache chez quelques potes. Puis d’autres et d’autres encore. Aujourd’hui, le chanteur peut fait valoir une équipée de 28 musiciens. Voilà donc débarqué « Let Me Introduce My Friends », premier album de ce nouvel orchestre abracadabrant : 29 fanfarons. Affolés, les Polyphonic Spree auraient ordonné une commande massive de toges étoilées, histoire de ne pas se faire cramer par cette horde d’hippies suédois.

Au cœur de cette fanfare, c’est la grande foire : guitares, clarinettes, banjos, trompettes, kazoos, saxophones, glockenspiel, accordéons, flûtes et autres ukulélés s’enflamment sur une pop naïve, gentiment léchée. Moins exubérants et théâtraux que les Texans de The Polyphonic Spree, les musiciens d’I’m from Barcelona se veulent plus champêtres dans leur entreprise d’orphéon.

Mais c’est sur disque que le côté grandiloquent et boursouflé des ‘togés’ polyphoniques fait effroyablement défaut à I’m from Barcelona. Que les choses soient claires : on ne demande pas aux Suédois de bénir le soleil en chantant pieds nus pour célébrer les bonheurs de la terre. Simplement, nous attendions un peu plus de folie de la part d’une bande de 29 zigotos obsédés par les mythes catalans. Sur « Let Me Introduce My Friends », I’m from Barcelona délire comme une bande de scouts découvrant les plaisirs de la chasse aux champignons. Alors oui, on se réjouit de tubes de la trempe de « Barcelona Loves You » ou « We’re from Barcelona » mais on aurait souhaité un peu plus de dissipation dans les rangs d’I’m from Barcelona. Sur ce, allons danser dans le verger !



Blue Voodoo

Back to the shack

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Ce quartet nous vient du Canada. De Vancouver, très exactement. Il est drivé par le chanteur/guitariste Ted Tosoff. Un line up complété par Rick Dalgarno, également chanteur/guitariste, Kelly Stodola aux percussions et Gerry Berg à la basse. Bryon Tosoff, le frangin de Ted, assure les parties de claviers. C’est également le manager du groupe. Les deux chanteurs se partagent l'écriture de toutes les plages de cet album. Le troisième de Blue Voodoo. Il fait suite à "Sparkle and shine" paru en 2004 et "Ride", en 2003. L’illustration de la pochette est sans équivoque sur la marchandise : un homme se tient sur le porche de sa maison, un gîte rudimentaire en bois. Il tient entre ses bras un vieil accordéon. Blue Voodoo puise essentiellement son inspiration dans le Sud des Etats-Unis, en liant le blues du Delta au Southern Rock et en épiçant le tout d’un soupçon de folk roots ‘dylanesque’.

C'est d'ailleurs sous cette dernière étiquette que l'album s'ouvre. Et en particulier par "Somewhere else instead". La voix de Ted Tosoff s’y révèle râpeuse et fatiguée, proche de l'oncle Bob. Elle est soutenue par les claviers et des cuivres de Paul Wainwright. "Uncle Tom's Cabin" adopte un même profil cuivré. La voix en devient même hypnotique! "Watcha think about that" prend la direction du Delta… dans la bonne humeur. Ted chante, épaulé par les backing vocaux de ses partenaires. La slide paresseuse trahit ses accents du Sud. "Shoeshine shuffle" poursuit dans le style, mais bénéficie du concours de l'harmoniciste Dave Hoerl des Twisters. Plage séduisante, "Black moon" nous plonge dans le southern rock. La voix nonchalante rappelle, au passage, celle de Billy Gibbons du ZZ Top. La guitare de Rick Dalgarno se libère. La cohésion de l'ensemble est parfaite. Et le couvert est remis sur "World is burnin', se soldant par un résultat encore plus probant. La rencontre entre la voix quelque peu ravagée et les cordes est très réussi. La simplicité et l'efficacité caractérisent "Monday morning blues". La voix de Tosoff colle idéalement à son répertoire. Les cuivres et le piano du frère Bryon donnent la réplique pendant que l’ombre du ZZ top de naguère se met à planer sur l’ensemble. Bien jolie ballade toute en mélodie, "Reason why" baigne au sein d’une ambiance très roots. Un climat reproduit tout au long de "Sunny days". L’harmonica apporte les accents country. Le jeu de cordes est savamment dosé. "Simple" constitue un autre grand moment. Il porte très bien son titre. Ce rock direct va droit au but. Tous les musiciens chantent et les deux gratteurs opèrent une sortie très rock'n'roll! La suite demeure de haute facture. Ted chante d’un timbre assuré et convainquant un blues imprimé sur un tempo très modéré : "Suitcase blues". Rick intervient sur son dobro au son si métallique et Dave à l'harmonica. Autre ballade, "Gone" adopte une construction plus audacieuse pendant que la guitare de Rick se révèle bien plus aventureuse. "Mojo lovin' man" baigne dans les eaux du sud profond. Cette plage adopte les accents du Delta et adresse de larges clins d'œil au "Got my mojo workin" d'un certain Muddy Waters. Cet excellent opus se termine de manière surprenante par un funk éclatant intitulé "Texas speed trap". Rick se libère totalement en faisant vibrer ses cordes jusqu'à saturation.

Brisa Roché

Takes

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Brisa Roché a 32 ans, le même nombre de dents, et la tête bien sur ses épaules. Après avoir traversé les salons jazzy de Saint Germain des Prés et nous avoir proposé « The Chase » en 2005, elle nous revient flanquée d’un nouvel elpee : « Takes ». Une œuvre pour laquelle elle a décidé d’embrasser un style différent. Bien différent de celui qui lui avait permis d’être encensé, voici trois ans. La jeune femme assume complètement ce revirement, et semble même le trouver très drôle. En chemin elle quitte EMI pour Discograph. C’est le grand nettoyage de printemps avant l’heure.

Plus abordable, « Takes » s’adresse à un public plus large. Aussi, avant de prendre place dans les bacs, elle a bénéficié d’une couverture plus commerciale. Au cœur de cet univers un peu décalé, Brisa pose sa douce voix. Toujours avec justesse. Les 15 plages de cet album oscillent entre Björk et Feist. Des morceaux comme « Airplane », « Little Robot » ou encore « Flying Too High » nous invitent à prendre place dans sa soucoupe, pour un voyage de 58 minutes. Dans le genre, « Takes » n’est pas un album novateur, mais il a le mérite d’être techniquement très au point. Il recèle quelques plages plus intimes ou entraînantes ; et c’est en affichant un sourire complice que l’on s’enfile la galette. Sourire oui, mais pas extase. Brisa à beau se dévêtir sur la pochette, il manque à l’intérieur de ce périple, un cachet groove. Ce petit ‘plus’ qui aiderait vraiment à prendre son pied. Bof bof quoi, mais pas horrible non plus.

 

Bracken

We know about the need

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Derrière Bracken se dévoile l’ombre de Chris Adams, tête pensante de Hood. A quelques voies lactées de sa formation, l’artiste s’offre un voyage dans l’espace. La tête dans les étoiles, il pénètre les strates de l’electronica de sa voix éthérée et forge des mélodies flottantes, entêtantes. En guise de préambule, le sublime « Heathens » indique la marche à suivre. En apesanteur, un casque sur la tête, une bonbonne d’oxygène sur le dos, on s’éloigne de la planète bleue. Entre Boards of Canada et Hood, il y aura désormais une place pour Bracken. Premier pas (sur la lune) de cet effort solitaire, « We know about the need » affirme l’aisance mélodique de son auteur et place son projet au cœur de la fourmilière Anticon (Alias, Dosh, Why ?, etc.). La complexité des arrangements se couple ici à une construction méthodique des harmonies (écouter « Four Thousand Style » de toute urgence) pour délivrer un trip cosmique de toute beauté. On peine à garder les pieds sur terre. Cet album s’écoute en total abandon, loin des frustrations quotidiennes et des afflictions humaines. C’est un petit miracle en somme. Qu’il conviendra de savourer à sa juste valeur.



Rick Holmstrom

Late in the night

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Rick est considéré comme un des guitaristes blues les plus réputés en Californie. Il compte déjà plus de vingt ans de scène. Ecumés aussi bien dans son pays qu’à travers le monde. Et pourtant, ce jeune musicien originaire de Fairbanks, en Alaska, n’est âgé que de 42 balais. Sa famille se fixe à Los Angeles en 1985, et la même année, il est enrôlé par l’extraordinaire harmoniciste William Clarke. Depuis, il joue le blues. Aussi bien en compagnie d’artistes noirs comme Smokey Wilson ou Johnny Dyer (de 1989 à 95) que blancs ; et en particulier le célèbre harmoniciste issu de la West Coast, Rod Piazza (Mighty Flyers). En 96, il commet un album instrumental en compagnie de Johnny Dyer. Paru chez Black out, ce disque de jump blues s’intitule "Look out !". En 2000, il concocte "Gonna get wild", un elpee paru sur Tone Cool. Depuis, vivement séduit par les bricolages technologiques de RL Burnside, il a collaboré aux projets entrepris par le vieux bluesman du Mississippi. En 2002, Rick forme son Holmstrom Band et enregistre son premier elpee solo la même année : "Hydraulic groove". Il parvient à y faire flirter le blues avec le hip hop et l’électronique. En fait, il exploite les vertus de l’informatique pour produire beats et samples, en s’inspirant d’artistes comme Beck ou Moby ! Pour enregistrer ce nouvel opus, il a choisi la formule trio et s’est entouré de Stephen Hodges aux percussions ainsi que de Jeff Turmes à la basse, aux saxophones, guitares et claviers. Une œuvre réservée, pour une bonne moitié, aux plages instrumentales.

Et la première est déjà instrumentale, "Peculiar hop", un morceau libérant beaucoup de groove. Versatile, la guitare jump bénéficie de l'accompagnement sobre et très jazz des maîtres du rythme. Un formule impressionnante lorsqu’elle se termine par la surf pure et puissante de Link Wray! Elle opère son retour sur "Wham-O". Blues rock offensif, "I'm leaving" réverbère des sonorités de cordes très primaires. Une technique parfaitement rendue. Et tant pis si Rick n'est pas un grand chanteur, ce titre est très accrocheur. Impossible de ressembler à la majorité des autres sections rythmiques quand on peut disposer de Stephen et Jeff. Il se crée entre eux une alchimie unique en son genre. Ainsi, ce "One last chance" pourrait faire l’objet d’une reprise par un pop band ; mais ce n’est pas le cas, car les sonorités de la guitare sont découpées au rasoir. Ces cordes acérées alimentent un climat empli d'effroi et de terreur sur le slow blues "77 Red V8". Tout au long de cette compo dépouillée à l'extrême, la guitare se dédouble et crée des instantanés semblables à des prises de film pas encore monté. Il n'est pas difficile d’imaginer que les exercices instrumentaux sont d'excellente facture "Tutwiler" entretient différents climats mais reste proche de la surf music en diffusant des sons très réverbérés et métalliques. Turmes sort son saxophone pour animer "Descanso", une bande filmée pour un hypothétique thriller à sensations. Parmi les titres chantés, "Better way" adopte un profil presque classique. Un Chicago shuffle au cours duquel, Rick, jamais pressé, ne distille que les notes nécessaires face à la section rythmique d'une cohésion irréprochable. West coast jump irrésistible, "On the vine" plonge les trois musiciens dans leur bain. "Dig myself a hole" relève davantage du Delta blues. Rick construit son solo très intelligemment. Une seule reprise : le "Rainy day women #12 & 35" de Bob Dylan. Un traitement instrumental implacable de ce classique. Le vieux Zim ne doit pas en croire ses oreilles ; et en particulier lorsque ce génial Turmes se met à ‘honker’ dans son sax, face à des cordes désormais sans limites. Excellent !

Luther Allison

Underground

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Lorsque Thomas Ruf rencontre Bobby Rush, on imagine qu’il a le nez creux. Ce dernier dispose d'une session d'enregistrement de Luther Allison, opérée aux studios Wonderful, à Chicago. Elle date 1958. Toute la famille Allison est fort intéressée par le projet et décide de le financer. Luther n’est alors âgé de 18 ans. Soit onze années avant la sortie de son premier elpee officiel, "Love me Mama", un disque paru chez Delmark. Mais finalement, c’était trop beau pour être vrai et Ruf a, semble-t-il, été abusé. C’est ce qu’en ont déduit les spécialistes. En effet, le choix du répertoire et la sonorité de ces sessions étaient sans équivoque : ces enregistrements remontaient à 67/68, au plus tôt. A l'époque, la mode était au R&B et à la soul. Or le contrat d'Allison pour Delmark n'allait pas être prolongé ; et il allait signer pour Tamla Motown. Une écurie pour laquelle il allait graver deux elpees sur le célèbre label de Detroit : "Bad news are coming" en 1973 et "Luther's blues" l'année suivante. Le tracklisting d’« Underground » épingle trois morceaux du premier et autant du second. Des enregistrements qui fourniront la matière première à un bootleg, commis en 1971. La boucle est bouclée.

C'est bien le band de Bobby Rush qui est présent : Rush à la basse, Bobby King à la guitare rythmique, Sammy Logan à l'orgue et Robert Plunkett à la batterie. La mise en forme de ces bandes est assez sommaire. Rush en est le responsable. Le contenu de cette session prélude cependant un grand bluesman : Luther Allison. Un chanteur à la voix remarquable, même s'il ne possède pas encore la puissance affichée plus tard. En outre, il se révèle un guitariste redoutable et très personnel. Pour ses deux albums réservés à Tamla Motown, il avait repris respectivement "The stumble " et "San-Ho-Zay"  de Freddie King. Sur ce nouvel elpee, il s’attaque à "Hideaway". Il y manifeste beaucoup d’assurance. En consultant les notes de la pochette, on apprend que King n'avait enregistré ce titre qu'en 1960! Armé d’une slide quelque peu hésitante, Luther se réserve le chant lors de son adaptation du classique "Don't start me talking" de Sonny Boy Williamson. Le tempo est nonchalant et légèrement funky. La voix déjà bien assurée. "Drivin' wheel" campe un blues nonchalant. La slide est déjà plus tranchée. Luther chante "Cut you loose". Le bluesman est ici déjà bien affirmé. Le vocal autoritaire et le jeu de guitare très caractéristique. Point fort de cet opus, cette plage issue de la plume de Ricky Allen, n’est parue qu’en 1962. "Easy baby" est une compo notoire au son chaleureux. Une des meilleures chansons de Magic Sam, le roi du Chicago Westside. Blues au rythme quasi rock, "Take my love" déménage plutôt bien. Luther achève l’opus par le célèbre "Rock me baby". Il le chante remarquablement. Cet elpee ne reflète manifestement pas la sonorité des sixties, et quelques titres se limitent à des démos qui serviront quelques années plus tard, pour Tamla. Thomas Ruf, homme intègre, a rapidement admis l'erreur et placé sur son site, les commentaires de Rien Wisse, le responsable du magazine blues hollandais Block. Il confesse que les premières séances concédées par Luther s’étaient bien déroulées aux studios Wonderful, et dataient du 8 mars 1967. C’est sans doute la vérité pour cette (très courte) œuvre