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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Chroniques

Xiu Xiu

The Air Force

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Jamie Stewart, dandy postmoderne à la voix théâtrale, rejeton malade de Mark Hollis et de Michael Gira, exorcise ses démons à chacun de ses disques, ici le cinquième. L’amour, la haine, la foi, déclamées avec l’emphase d’un damné de la terre, qui gigote sur le bûcher des vanités en espérant l’absolution ultime. Intime : onze ‘fioretti’ d’un créateur dément qui hésite sans cesse entre l’ascèse et le courroux, la nudité et la pudeur. Des chansons pop, aux ailes brûlées, à la colonne de travers : s’y entremêlent beats criards et guitares foudres, drones d’amour et folk plaintif. Produit par Greg Saunier, des incroyables Deerhoof, « The Air Force » résonne d’une étrange fureur qui tourmente en même temps qu’elle fascine. Une œuvre qui brave tous les interdits, comme si Scott Walker et Kid 606 dansaient la gigue sur les berges du Styx. Un truc de ouf !

Eleni Mandell

Miracle of Five

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Ode à la grâce et la simplicité, Eleni Mandell se pare d’évidences chaudes. Une voix douce, jamais pressée, des mélodies légères et lascives, des instruments feutrés. La guitare country-folk y traverse toutes les compositions, sans se refuser les émois d’un piano glamour et d’un  saxophone mélancolique, plus rarement d’une harpe, d’un violon ou d’un banjo. Puisant des formules parfois jazz (sur « Kiss me »), souvent résolument folk, ce sixième album s’unifie autour d’une divine bienveillance ; pétri de bonnes intentions, chaque morceau s’étire dans la sérénité et le romantisme On peut difficilement s’en fâcher. A moins de rechercher l’état fébrile ou irritable, « Miracle of five » n’éveillera que les humeurs langoureuses et béates. Il permettra d’‘attraper votre moitié et danser serrés’, confie la Californienne en interview. Pas étonnant que les morceaux soient livrés avec cette nonchalance complice et sensuelle. Dans la lignée de Norah Jones ou Feist, cet album, comme les précédents, réchauffe doucement les petits matins, accoquine les soupers aux chandelles ou berce simplement la tranquillité.

Frank Black

Svn Fngrs

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De son véritable nom Charlie Michael Kittridge Thompson IV, Black Francis alias Frank Black nous propose son 15ème album solo. Un mini elpee. Découpé en 7 titres, il ne va pas au-delà des vingt minutes. Un disque qui s’inscrit dans la lignée de « Bluefinger », paru l’an dernier. C’est-à-dire davantage dans l’esprit des Pixies. Encore qu’après avoir écouté attentivement les compos, les nuances sont bien plus subtiles. « The seus », morceau qui ouvre la plaque, campe un hybride entre punk, blues, hip hop et funk blanc. Il s’agit également du single. Un titre mordant qui aurait pu naître d’une rencontre entre Rage Against The Machine et Captain Beefheart. Caractérisé par sa basse propulsive et sa jolie mélodie, « Garbage heap » rappelle « Here comes your man », alors que « I sent away » campe une sorte de boogie post punk plongé dans un climat menaçant, digne du « I feel like a wog » des Stranglers. Finalement, la compo la plus ‘pixiesque’ est probablement celle qui clôt le cd : « When they come to murder me ». Hymnique, balisée par des drums implacables, on y recèle quand même, dans le refrain, une référence à Neil Young. Et c’est encore plus flagrant sur « Half man », une chanson plus basique hantée par une voix haut-perchée, rappelant, non pas le ‘loner’, mais Robert Pollard (Guided By Voices). Enfin, une frénésie acoustique hante le titre maître alors qu’apparemment plus allègre (NDR : imaginez la version du « Blue Suede Shoes » de Kevin Ayers revue et corrigée par les Stones), « The tale of lonesome fetter » joue sur les breaks du tempo. Il est même parfois carrément à l’arrêt, avant de repartir de plus belle.

Bref un opus bien agréable, au cours duquel le vocal primal, abrasif de Francis s’en donne à cœur joie (NDR : pensez à « Debaser »), les accords de sa guitare sont plus turbulents et excitants que jamais, et les interventions à l’harmonica judicieuses. Et si ce n’est pas un chef d’œuvre (NDR : l’album a été écrit, enregistré et mixé en 6 jours), ce « Svn Fngrs » n’en est pas moins très rafraîchissant…

 

Dominic Sonic

Phalanstère # 7

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Dominic Sonic est un musicien que j’ai toujours beaucoup apprécié. C’est vrai que depuis 10 bonnes années, il s’est fait plutôt discret. Il avait bien débarqué aux Transmusicales de Rennes, fin 2002, en tant qu’invité surprise des Stooges. Puis beaucoup bossé pour son nouveau projet, Sonic Machine ; une aventure ponctuée par un solide concert accordé aux Vieilles Charrues, en 2004. Sans oublier sa tournée en tant que backliner des Déportivo et ses tentatives de reconversion dans le théâtre ainsi que la B.O. ; mais concrètement, pas de disque à se mettre sous la dent.

La sortie d’un nouvel opus en 2007 est le résultat de sessions menées en compagnie d’Yves-André Lefeuvre, Patrick Sourimant et Franck Haurel ; c'est-à-dire les anciens membres de Sonic Machine. Un opus concocté sous la houlette de Mick Prima, entre février et avril de cette année. Jusqu’ici, je ne vous apprends pas grand-chose. Entrons donc dans le vif du sujet.

Première constatation, à l’écoute de cet elpee, on retrouve avec bonheur la présence des riffs de guitares cinglants, percutants, efficaces et puis le timbre vocal délicieusement éraillé, légèrement indolent de Dominic. Des titres comme « Fuel », très glam dans l’esprit de TRex, ou le blues/folk/rock/psyché ténébreux « J’ai dû rêver » libèrent une énergie électrique tour à tour syncopée ou hallucinée. Les deux meilleures plages de l’elpee. Mais pour le reste, on a de quoi être déçu. A cause du recours un peu trop systématique à l’électronique. Une électronique qui manque, en outre, singulièrement de relief. « Down and low » et « La terre » échappent quelque peu à la formule, et sous une forme plus audacieuse, ces deux fragments auraient pu plaire aux aficionados des Young Gods. Mais lorsque les clichés à la Garbage se multiplient, on a beaucoup de mal à avaler la mixture. Même les deux ballades (une cover d’honnête facture du « Mother » de Lennon et « Je suis comme un chat », final acoustique sympa, sans plus), manquent singulièrement d’audace.

Suivant la formule consacrée, Dominic Sonic nous doit une revanche…

Black Engine

Ku Klux Klowns

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Une batterie, une basse, un saxophone, une cithare et des claviers : l’arsenal est rudimentaire, mais les soldats qui le manipulent ont décidé de tenter quelques expériences. Histoire de passer le temps, sans doute. D’un rock génétiquement modifiable, ils passent à un jazz frileux, puis à une dub bancale, en transitant par un drôle de hip-hop et un bavard noisy. L’harmonie? Elle n’existe pas ou en tous cas, elle est bien cachée, quelque part entre les longues tempêtes insidieusement ravageuses et les cris de guerre d’une batterie qui s’épuise inutilement. Honnêtement, on n’est pas contre les expériences, même quand elles ne durent que 43 minutes. Mais c’est encore mieux lorsqu’elles apportent un vent de fraîcheur et d’audace, effort que ce quatuor italien n’a manifestement pas eu envie de faire. Godspeed You! Black Emperor, vous connaissez? Et Mars Volta? Et And You Will Know Us By The Trail Of Dead? Si oui, remettez la main dessus au plus vite. Si non, allez donc faire un tour dans une brocante ou dans votre centre-ville, pour écouter ces bons vieux ocarinas péruviens qui, à défaut d’offrir un vent de fraîcheur, épargnent les tympans.

Yes Boss

Look Busy

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Leeds, février 2007, nouvelle sensation urbaine au rapport : Yes Boss, deux lads convaincus que Mike Skinner demeure le rédempteur absolu de la cause hip-hop. Les idéaux de Noah Brown (la voix de Yess Boss) et Gavin Lawson (producteur et chef d’orchestre des beats corrosifs du duo) semblent également touchés par les paraphrases mitraillées de Dizzee Rascal. Le hip-hop de Yes Boss sent le fish and chips, les oignons, le bacon et les frites au vinaigre. Typiquement british.

Sur « Look Busy », premier album de cette paire rappeuse, le flow repose sur des samples de cordes étoffées, sur des beats rondouillards, rebondissant sur nos tympans telle une balle magique balancée maladroitement par Lucien, le petit cousin. Ça ricoche à droite, jaillit sur la gauche, repart au cœur de l’action pour nous en boucher un coin ! Britannique sur le fond (prêter une oreille attentive à « Indie Kids » et ses commentaires amers sur Franz Ferdinand) et dans la forme, le rap de Yes Boss se pose aux avant-postes, attendant sagement le moment pour sortir de sa réserve. A la moindre occasion, on dégaine le flow et on décharge sa verve : chef, oui chef !

 

 

 

Adam Kesher

Modern Times

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A l’écoute du premier EP d’Adam Kesher, le constat est infaillible : ces six musiciens rêvent de vivre à New York, d’ouvrir les concerts de The Rapture, de se la jouer cool comme James Murphy, en gobant du LSD sous les trombes de beats déversés par un ‘sound system’ démesuré. Malheureusement pour ces festivités fantasmées, nos rêveurs sont originaires de Bordeaux. Néanmoins, ils préfèreront toujours cisailler les vignes à coups de décharges électriques que de ramasser le raisin à la faveur d’un bon vin.

Adam Kesher est peut-être la meilleure formation hexagonale du moment : une rythmique cataclysmique, des beats à vous retourner le dance floor, des guitares belliqueuses et une gouaille de branleurs à faire chavirer les ardeurs des fans de l’usine à tubes DFA. En cinq titres, Adam Kesher résume sa position. Aux carrefours de Pulp (on ne peut s’empêcher de penser à Jarvis Cocker en écoutant « You make me feel immoral »), de The Clash (pour les quelques inflexions piquées à Joe Strummer sur « Cent soixante »), de Gang of Four et de l’emphase cold wave (écoutez « Voyage intérieur »), Adam Kesher se poste à la pointe fluorescente des tendances du moment. Et, pour éviter de s’emmerder, les gars ont même fait appel à Tony Lash (Dandy Warhols, Elliott Smith) pour mixer les titres de « Modern Times ». La France découvre ainsi les temps modernes et passe à l’heure du dance-punk. La guitare croise donc le fer avec les oscillateurs affolés d’un synthétiseur bagarreur pour notre plus grand bonheur. C’est vif, spontané, français et, par conséquent, inattendu.

 

Subhumans

Internal riot

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Lorsqu’on parle de mouvement punk, les puristes parlent de Clash, Crass ou encore Sham 69. Les plus jeunes se réfèrent davantage à Green Day, Offspring ou plus récemment Beatsteaks. Subhumans appartient indéniablement à la première catégorie. Leur premier album, « The day that country died », remonte d’ailleurs à 1983. Et puis leurs cinq elpees sont parus sur leur propre label, Bluurg. Un signe distinctif de cette époque. Et comme beaucoup de groupes issus de cette scène, leur carrière a été prolifique mais brève. Elle s’est ainsi concentrée entre 83 et 86. Avant un premier come-back en 98, ponctué par l’album « Unfinished Business ». Sans oublier les deux ‘live’ parus en 2003 et en 2004. Histoire de garder la flamme allumée. Tout d’abord un audio : « Live in a dive » (Sick of it all avait également choisi un même titre pour un de ses albums) et puis un Dvd : « All gone live ». Bref, il y a presque dix ans que la bande de Wiltshire (UK) n’avait plus rien sorti. Et la parution de cet « Internal riot » a donc suscité ma curiosité.

Autant l’écrire tout de suite, ce come-back est plutôt réussi. La voix du leader Dick est toujours aussi punk/crade et encore plus usée par le poids des années. Les morceaux s’enchaînent bon train. A leur écoute on se met à agiter les avant-bras et les genoux ; et l’auditeur averti se sent prêt à rentrer dans un pogo rituel. Heureusement les morceaux tournent souvent autour des traditionnels 2 minutes 30, sans quoi, on aurait vite fait de défoncer les murs. Et les Subhumans ont ce petit plus qui évite de tomber dans la lassitude ‘ramonesque’. Ainsi ils parviennent à briser ce timing sur « Never-ending war song », une plage de plus de 9 minutes. Sur « Won’t ask you again », la basse et les solos de guitare nous entraînent dans un rock plus garage. « Too fat, too thin » dérive vers un ska/reggae pas désagréable ni stéréotypé. Tout au long des 13 titres, la dominante reste anarcho-punk et on ne peut s’empêcher de penser à Crass ou encore à Conflict. Encore que certains morceaux concèdent quelques traces qui vont au-delà des 80’s et de la période 77-79. Une petite pointe de dérision dans le chant n’est ainsi d’ailleurs pas sans rappeler Frank Zappa.

Les textes évoluent parfaitement dans l’esprit du style. A l’instar du titre d’ouverture « This year’s war ». Jugez plutôt : ‘The people in breadlines are still paying for the landmines. Are being cursed for nothing worse than living on the pipelines’. Même si vous n’êtes pas un accro du genre punk, je vous recommande cet « Internal riot », car les véritables références intègres en la matière deviennent plutôt rares… A acheter les yeux fermés !