Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Biohazard 8/8/26
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Chroniques

Consortium Project

IV: Children Of Tomorrow

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Dès les premières notes, on sent que Ian Parry a voulu donner un aspect plus heavy à son Consortium Project. La réédition du quatrième chapitre de son ambitieux projet est plus sombre, plus lourd et plus inquiétant que ses précédents essais. La voix de Parry constitue l’élément omniprésent de l’LP, et reste évidemment mélodique de bout en bout, mais l’ambiance se veut plus oppressante, laissant la part belle aux riffs gras plutôt qu’aux nappes de clavier éthérées.

En ce sens, « Children Of Tomorrow » est sans doute l’album le plus digeste de la collection (qui compte cinq volumes), le côté parfois monocorde du chanteur seyant à merveille à l’ambiance glauque qui prédomine. De plus, des chœurs féminins apportent un côté épique à l’ensemble du plus bel effet.

Côté histoire, Ian Parry utilise une fois de plus la science fiction pour parler de l’actualité, et imagine un futur où l’humanité, tentant d’en savoir plus sur son passé, afin de ne pas répéter ses erreurs, découvre ses origines véritables, loin de la planète Terre…

 

Consortium Project

II: Continuum in Extremis

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La réédition du deuxième opus du Consortium Project ne comporte que peu d’intérêt pour ceux qui l’ont écouté lors de sa sortie en 2001. Hormis deux bonus tracks, qui ne sont rien d’autre que des versions démo de deux titres de l’album, rien ne distingue cette mouture de l’originale, hormis un remastering anecdotique. Pour les autres, rappelons que le Consortium Project est un groupe mené par Ian Parry (Elegy, Crystal Tears), qui décline en cinq volumes, une histoire SF complexe sur laquelle s’appuie le frontman pour analyser son époque. Ce deuxième volet met en scène un monde régi par une nouvelle espèce exclusivement féminine appelée NEOFEMS, et y intègre des concepts proches de la société de 2001 : le réchauffement climatique, le clonage, la téléréalité, etc.

Si l’histoire est riche, musicalement, c’est une autre paire de manches. Le power metal éculé et bateau asséné tout au long de l’elpee présente peu d’intérêt, et ne sort que trop rarement la tête de l’eau. Linéaire, froid et sans consistance, il faut véritablement s’accrocher à la narration pour tenir le coup jusqu’en fin de parcours.

 

Gary Clark Jr.

Blak and Blu

Écrit par

Autrefois, dans l’univers du blues, les ‘guitar heroes’ étaient légion. Souvenez-vous de Jimi Hendrix, Eric Clapton, Jimmy Page, Jeff Beck, Alvin Lee, Peter Green ou encore Rory Gallagher. Alors jeunes, ces musiciens ne manquaient ni de charisme ni de compétences ; mais ils donnaient surtout envie à leurs fans de s’identifier à ces idoles. Depuis, ce phénomène est devenu plus rare. On recense encore Stevie Ray Vaughan disparu trop tôt, et plus près de nous, sur la scène du blues rock, Joe Bonamassa ; mais en général, ces sont des musicos à la peau blanche.

Exception qui confirme la règle, Gary Clark Jr. Un black qui a pris manifestement la bonne direction. Et pour cause, il s’inspire directement du dieu Hendrix et de l'ange Vaughan. Gary n'a que 29 ans. Il a parfaitement intégré les courants de la musique américaine : blues, rock'n'roll, soul, jazz, country. Ce Texan nous vient d'Austin, comme les frères Vaughan, Stevie Ray et Jimmy. Encore gosse à Austin, il avait séduit le vieux Clifford Antone qui hébergeait le meilleur club de blues de la capitale texane, l’‘Antone's’. Au cours des dernières années, il est monté régulièrement sur les planches en la compagnie de grosses pointures, telles que BB King, Buddy Guy, Eric Clapton et même les Rolling Stones. Dès 2004, il enregistre ses premiers albums et quelques Eps, qu’il autoproduit. En 2011, il tape dans l'oreille du label major Warner. L’écurie lui permet de publier l’Ep "The Bright Lights", qui bénéficiera d’une version australienne plus conséquente, l'année suivante. Il vient de graver son nouvel elpee. Il est éponyme et bénéficie enfin d’une large distribution.

"Ain't messing around" ouvre le feu. Nous sommes au cœur de Memphis. Soutenu par une section de cuivres, ce southern soul ranime ces sonorités Stax si excitantes, qui ont marqué les années 60 et 70! La première sortie à la six cordes ne manque pas de gouaille, mais le rythme adopte celui du galop ! La voix ne libère pas toute sa puissance, elle caresse même "When my train pulls in", un blues rock imprimé sur un mid tempo irrigué par l'orgue Hammond B3 de Zac Rae. Gary entame timidement un envol sur les cordes avant se libérer totalement. Mais ce déferlement, accentué par les effets de la pédale wah wah, sont parfaitement maîtrisés. Une incursion dans le psychédélisme, tout à fait exceptionnelle ! Gary a assimilé l'essentiel du testament de Hendrix. Plage soul, le titre maître emprunte au "Pieces of a man" de Gill Scott-Heron. "As the years go passing by" lorgne vers Albert King. "Bright lights" est un blues rock efficace. Tourmentées, torturées à l’extrême, les sonorités trempent dans le fuzz. Sculpté dans le rock’n’roll, "Travis county" est propulsé par la machine à percussions de J J Johnson. Gary puise toute l'énergie d'un Thorogood pour nous réserver un solo d'une rare efficacité. Deux pistes se révèlent plus dispensables. Tout d’abord, "The life". Une ballade soul hip hop sans grande consistance. Puis "Glitter ain't gold", un power blues rock un peu lourd. "Numb" est véritablement hanté par Hendrix. Une compo puissante, bien ficelée, au cours de laquelle sa voix musicale est talonnée par la guitare triturée et gémissante de Clark. Il s’agit peut-être du "Voodoo Chile de notre Junior ? "Third stone from the sun" rend un long et brillant hommage au même James Marshall. Cette réplique vivante poursuit dans le même registre, en nous proposant un nouveau voyage atmosphérique propice à la transe psychédélique, "You saved me". De toute bonne facture, cet elpee s’achève par "Next door neighbor blues", un blues acoustique inspiré par les pionniers du Delta.

 

David Bowie

The Next Day

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Plusieurs écoutes sont nécessaires pour bien cerner le nouvel opus de Bowie. Vous avez certainement déjà eu le loisir d’entendre le single « Where are you now », sur l’une ou l’autre station radiophonique. Une compo mélancolique, dont les textes évoquent le séjour de Bowie et d’Iggy Pop à Berlin, en pleine cure de désintoxication. Un des deux slows de l’opus également. L’autre, empreint de lyrisme et intitulé « You feel so lonely you could die », est enrobé d’orchestrations, de chœurs et tout le St Tremblement. Mais le nouvel opus de Bowie marque surtout un retour à l’électricité. Pas comme chez Thin White Duke, mais la plupart des plages y sont généreusement alimentées. Depuis le morceau qui ouvre la plaque et titre maître, une piste aride, énergique, hymnique, caractérisée par ses interventions de gratte abrasives et les inflexions déclamatoires de Bowie, au final « I’ll take you there », vivifié par ses riffs bien sentis, en passant par le funk blanc lancinant « Dirty boys » et le plus métallique « (You will) set the world on fire » (NDR : référence au titre phare du « Heartbreak Hotel » de Presley ?) Le long playing recèle quelques pistes plus complexes. A l’instar d’« If you can see me », titre sous haute tension, évoluant quelque part entre drum’n’bass, prog et jazz rock, soit dans la lignée de « Earthling », l’instrumental bruitiste (« Berlin » ?) « Plan » et surtout le sombre et mystérieux « Heat », plutôt proche d’un David Sylvian, les interventions de basse mélodique lorgnant curieusement vers Mick Karn. Moins difficiles mais toujours élaborées voire syncopées (« Boss of me », dont le recours au saxophone baryton semble sous Morphine), les compos reposent sur ces fameux contrastes si spécifiques à l’artiste, entre refrains et couplets. Même les titres les plus pop. Soit le ‘beatlenesque « I’d rather be high », le plus glamour (Ziggy Stardust ?) mais un peu trop britrock « Valentine’s day ». Ou baignent dans le swing. Comme « Dancing out in space », dont les vocaux évoquent immédiatement « Golden year ». Et puis l’entraînant « The stars (are out tonight) », mais sous une forme plus subtile. Sans oublier « How does the grass grow ? » et ses ‘Ya ya ya ya’ calqués sur « Apache » des Shadows. Mon coup de cœur ? Il ira à « Love is lost », une plage hymnique, imprimée sur un tempo new wave, soulignée de chœurs emphatiques et colorée par des claviers vintage, fluides, rognés, digne d’un des deux premiers elpees de Simple Minds. Ben j’allais oublier l’essentiel, la voix de Bowie. Pas de souci, elle a conservé toute son amplitude.

Alors un bon album ? Oui, assurément. Pas le meilleur de l’artiste, mais largement supérieur à ses dernières productions. 

Et pour que votre info soit complète, sachez que c’est le fidèle collaborateur, Tony Visconti, qui s’est chargé de la mise en forme. 

 

Trixie Whitley

Fourth Corner

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Agée de 25 ans, Trixie s’est établie à Brooklyn, à deux pas de la ‘Grosse Pomme’. C’est la fille du regretté Chris Whitley. Elle est née à Gand. Musicien, Chris pratiquait du folk/blues. Il jouait de la slide, dans un style acéré, inspiré par Johnny Winter. Il était venu tenter sa chance en Belgique et avait épousé Hélène Gevaert, sœur d'Alan, membre de dEUS. C'est de cette union qu'est née Trixie. Son père est malheureusement disparu en 2005, victime d'un cancer du poumon foudroyant. Il n'avait que 45 ans.

Trixie a été élevée au sein d’un milieu artistique, partageant son existence entre les States et la Belgique. Elle s’intéresse très tôt à la musique, à la poésie et à la danse. Elle tourne notamment en compagnie des "Ballets C de la B". Elle enregistre son premier Ep, "Strong blood" en 2005. Elle est remarquée par le célèbre producteur Daniel Lanois qui l'invite à entrer dans l'école de musique Berkeley, à Boston. Le projet donne naissance à un super groupe, Black Dub, responsable d’un opus éponyme en 2010. Elle publie alors deux Eps personnels, "The Engine" et "Live at the Rockwood Music Hall". En 2012, elle entre en studio pour réaliser sa première œuvre majeure, "Fourth Corner", un disque enregistré sous la houlette de Thomas Bartlett. Cette jeune femme est particulièrement douée. Sa voix est profonde, sensuelle et envoûtante. Dans ses lyrics, elle décrit les choses de la vie à travers ses expériences, épanche ses émotions, toujours avec une approche positive. Ses compos débordent de sensibilité. Son style est à la fois unique et éclectique. Et pour cause elle puise autant dans le folk, le rock, le blues que le classique, pour créer des compos à la dimension subtilement pop.  

Une atmosphère étrange prélude "Irene". Percussions et autres bruitages entretiennent une belle densité rythmique. Overdubbée, la voix de Trixie perce l’écran sonore. Plage minimaliste, "Pieces" bénéficie de superbes orchestrations de cordes. Sur "Need your love", la guitare amplifiée de Sam Cohen éclot au cœur des percussions, alors que la voix très rythmique est répercutée inlassablement. Le début de "Silent rebel Pt 2" baigne au sein d’un climat oriental. Et une forme de magie opère tout au long de ce blues d’un autre monde au cours duquel les arrangements de Stephen Barber sont au service de notre jeune héroïne… Limpide, son timbre atteint un sommet de solennité sur "Breathe you in my dreams", un cri d'amour répété à l'infini. Mais également une belle leçon d'efficacité destinée aux formations prog rock contemporaines. Un fracas de cordes amplifiées amorce "Hotel no name", une compo caractérisée par des sonorités rock plus âpres, mais toujours parfaitement maîtrisées. Autre très jolie ballade, le titre maître est parfumé d’arrangements délicats. Et les 4 bonus tracks sont tout aussi soignés, dont "Strongblood", une perle étincelante, palpitante même, qui bénéficie du concours du Black Dub, et tout particulièrement de Daniel Lanois à la guitare…

 

T & N

Slave To The Empire

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Prenez Dokken, retirez Don Dokken, et vous obtenez T&N ! Formé par trois membres légendaires du groupe de hard rock (George Lynch, Jeff Pilson et Mick Brown), le trio, autrefois connu sous le nom de Tooth & Nail, est né sur les cendres d’une reformation ratée de Dokken ; la faute à un agenda impossible à concilier entres les membres originels de la formation. Compréhensible quand les combos en question s’appellent Lynch Mob et Foreigner ! Le projet a en outre dû changer de patronyme pour des raisons légales, ce qui a encore retardé la sortie de l’album.

« Slave To The Empire » évolue logiquement dans la même veine heavy/hard rock FM qui a forgé le succès de Dokken. Les sept compositions originales de l’album se valent toutes. Jeff Pilson se charge du chant en l’absence de Don. Il se révèle un vocaliste parfait pour le genre. Malgré tout, ce n’est pas la performance vocale du bassiste qu’on retiendra, mais bien la brillante idée imaginée par le groupe de reprendre cinq classiques de Dokken, et d’inviter des chanteurs à en proposer leur version. Et pas n’importe quels chanteurs s’il vous plaît ! On retrouve Doug Pinnick (King’s X) sur « Tooth & Nail », Robert Mason (Lynch Mob) pour « It’s Not Love », Sebastian Bach (Skid Row) lors de la power ballad “Alone Again” et Tim ‘Ripper’ Owens (Judas Priest, Yngwie Malmsteen) tout au long de “Kiss Of Death” ; Pilson se réservant personnellement le micro sur “Into The Fire”, classique incontournable pour tous les fans de Freddy Krueger, qu’on entend dans le troisième film contant ses sanglantes aventures, « Les Griffes du Cauchemar ».

Don Dokken affirme à qui veut bien l’entendre que Dokken est mort et ne se reformera jamais, mais que les fans se rassurent, T&N est parfaitement à même d’assurer la continuité et l’héritage du groupe.

 

Status Minor

Ouroboros

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« Ouroboros » est le terme grec qui désigne le symbole du serpent qui se mord la queue. Censé représenté le cycle éternel de la nature, il est ici appliqué aux relations humaines, où on se rencontre, on s’aime, on se sépare et on recommence la boucle.

Clairement inspiré par Dream Theater, le groupe mêle habilement exercices de virtuosité flirtant avec le néo classique, sans pour autant négliger l’efficacité et les refrains radio-friendly. L’ensemble est bien construit et cohérent, les ambiances évoluent au fil d’un album qui ne trahit jamais son concept. Comme il parle beaucoup d’amour, le disque n’échappe pas à certains passages mielleux (« Like A Dream »), mais les compense par des envolées heavy du plus bel effet (« Glass Wall »). Au final, l’album est assez riche pour ne pas lasser, et mérite qu’on y jette une oreille plus qu’attentive.

 

Alec K. Redfearn

Sister death

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Cet opus est inclassable. C’est en tout cas la conclusion que j’en ai tirée après l’avoir écouté. Il s’agit pourtant du septième long playing d’Alec K.Redfearn and the Eyesores, et du plus abordable commis à ce jour. Les influences relevées tout au long de « Sister Death » sont particulièrement riches. Faut dire qu’il a fallu six longues années à A.K.Redfearn pour le terminer. Les compos piochent tour à tour dans le folk psyché (« Fire Shuffle »), le gypsy (« Black Ice »), le folk ‘maritime’ circa Decemberist (« The 7 and 6 »), le noise-rock (« Scratch »), et la liste est loin d’être exhaustive. Et paradoxalement, malgré cet éventail de styles, l’ensemble affiche une belle homogénéité. Sans doute à cause du climat général de l’œuvre, proche de la folie. L’instrumentation est aussi luxuriante qu’improbable : accordéon, orgues, claviers, cor d’harmonies, … Les mélodies sont contagieuses et l’énergie véhiculée par les compos est sacrément communicative. Haut en couleurs, « Sister Death » constitue un véritable OVNI dans l’univers du pop/rock, et évolue à des années-lumière des productions tellement formatées de l’industrie musicale contemporaine. Dans ce contexte, il est génial qu’un artiste comme Alec K.Redfearn parvienne à nous surprendre…

 

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