Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

Kreidler

Eve Future

‘Maintenant, ajouta l'électricien, nous allons examiner l'organisme de la créature nouvelle, électro-humaine, de cette Eve Future, enfin, qui, aidée de la génération artificielle, me paraît devoir combler les vœux secrets de notre espèce, avant un siècle’. Cette citation tirée de " L'Eve Future ", le roman de Villiers de l'Isle-Adam, date de 1900… Pourtant, cent deux ans plus tard, elle est toujours d'actualité, et sied même comme un gant à cette musique électronique qui rythme notre quotidien et, justement, comble nos vœux d'amateurs de sonorités nouvelles. Kreidler l'a bien compris, et c'est un bel hommage qu'il rend à l'écrivain, précurseur de toute cette cyberculture dans laquelle nous sommes sans cesse plongés. En cinq titres d'électro sophistiquée mais rêveuse, l'Allemand reprend les choses là où son compatriote Giorgio Moroder les avait laissées avec sa BO pour Metropolis, le chef-d'œuvre de Fritz Lang (une autre histoire d'Eve Future). Parfait comme bande-son d'un film imaginaire dans lequel les machines seraient les égales de l'homme (ce lien possible entre le compositeur et son sampler), cet EP s'écoute donc idéalement sur les images de Blade Runner ou de Ghost In The Shell. Le film idéal, en somme…

 

Prosperina

Faith in Sleep

Écrit par

Issus du Pays-de-Galles, les musicos de Prosperina sont probablement des grands fans de Tool et du métal des années 90, en général... Après avoir écouté leur premier album, « Faith In Sleep », on en a la conviction. Les guitares atmosphériques et les constructions progressives rappellent constamment l’univers de la bande à Maynard James Keenan. Malheureusement, ces nobles ambitions sont parfois couplées à d’étranges dérapages métalliques aux accents 80’s, très souvent parcourus de solos inutiles voire du plus mauvais goût… Gethin Woolcock (guitare et voix), Owen Street (basse) et Yotin ‘Yo-Yo’ Walsh sont ambitieux, mais leurs compos se complaisent un peu trop systématiquement dans la complexité. L’elpee recèle néanmoins quelques plages de bonne facture, caractérisées par de belles envolées atmosphériques dont le mélancolique « Snow Leopard » rappelant la quintessence de Deftones (« White Pony »). L’empreinte stoner est manifeste sur les excellents « God vs. Darwin » et « Trees Have Eyes ». Les morceaux sont longs et embrassent une multitude de références : Isis, Queens of the Stone Age, Deftones, Tool, Colt, Kyuss, Baroness… et même Pink Floyd ! Que du bon et du lourd, parfois à la limite de l’indigestion ! Espérons simplement que pour leur prochain essai, le trio privilégie l’originalité…

 

Moonface

Heartbreaking bravery

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Spencer Krug est un musicien à la fois hyperactif et particulièrement inspiré. Il est impliqué, entre autres, chez Wolf Parade, Sunset Rubdown ou encore Swan Lake. Et malgré son don d’ubiquité, le Canadien ne s’est toujours pas planté.

Moonface est sans doute le projet le plus personnel de Spencer Krug. Avant de publier « Hearbreaking Bravery », il avait gravé « Organ Music Not Vibraphone Like I’d Hoped », en 2011. Pour concocter ce second opus solo, le Canadien s’est rendu en Finlande, afin de s’attacher les services du groupe de krautrock, Siinai, formation qu’il avait rencontrée lors d’une tournée accomplie en compagnie de Wolf Parade.

Dès le premier morceau de l’album, on se rend compte que le ton est différent de celui adopté au sein de ses autres projets. Pas de joyeux bordel sonore comme chez Wolf Parade ou Sunset Rubdown. La présence du band finlandais y est certainement pour quelque chose. L’ambiance se révèle même plus lourde, ténébreuse, solennelle aussi. En fait, Siinai puise tout simplement ses influences au sein des 80’s. Dans le krautrock et la prog, notamment. Les compos sont denses. Les rythmiques écrasantes et hypnotiques. Les claviers impérieux. Et pourtant, malgré cette superposition de nappes sonores, la voix de Spencer Krug parvient à émerger. Saturée d’émotion, elle est susceptible de vous flanquer la chair de poule. Et je ne sais pas trop pourquoi, mais elle me fait de plus en plus penser à celle de David Bowie. Le meilleur titre de ce long playing ? « Headed For the Door », une plage dont l’intensité est tout bonnement irrésistible.

« Heartbreaking Bravery » n’est pas une œuvre facile à assimiler ; mais au fil des écoutes on comprend mieux pourquoi ce talentueux songwriter jouit d’une telle notoriété sur la scène underground…

 

David Maxwell

In other colors

Écrit par

David Maxwell est un pianiste qui jouit d’un excellent crédit, dans l’univers du blues contemporain. On lui a souvent collé l’étiquette de réplique d'Otis Spann (NDR : disparu en 1970, ce merveilleux pianiste avait sévi au sein du backing group de Muddy Waters, pendant ses années d’or). David écume les scènes depuis belle lurette. Pourtant, on ne le reconnaît à sa juste valeur, qu’à partir de 1997. Pour sa participation à l’enregistrement de l'album "Deep in the blues" de James Cotton. Puis lors de la sortie de son premier opus personnel, "Maximum blues piano" (publié chez Tone-Cool). Il a milité au sein des backing bands des plus grands bluesmen : Freddie King, James Cotton, Jimmie Rogers, Otis Rush et Hubert Sumlin. Il a également chez les Broadcasters de Ronnie Earl. En 2005, il grave "Max attacks", un opus pour lequel il reçoit le concours de ses amis Hubert Sumlin, Pinetop Perkins, James Cotton, Duke Robillard, Ronnie Earl et Kim Wilson. En 2009, il est nominé pour le long playing "You got to move", un disque qu’il partage avec Louisiana Red. En 2011, il concrétise un ambitieux projet : faire revivre Otis Spann en dialoguant sur des plages de l'album de feu son maître, "Otis Spann is the blues". Pour ce projet baptisé "Conversations in blue", il recevra deux WC Handy Awards (meilleur pianiste et meilleur album acoustique de l'année).

Pour réaliser ce "Blues in other colours", David a voulu mêler le blues et les musiques du monde! Il y célèbre la rencontre entre instruments traditionnels (piano, basse et batterie) et traditionnels issus de l'Inde, d'Afrique occidentale, du Maroc et de Turquie. Pour y parvenir, il a reçu la collaboration de férus du genre. Dont le Canadien Harry Manx. Ce spécialiste des ragas indiennes est qualifié de ‘Mysticssippi’ bluesman. Enregistrées en studio, les treize plages instrumentales semblent avoir été immortalisées, en novembre 2007!

"Movin' on" pénètre au cœur de l'Inde profonde. Un dialogue s’établit entre le piano, le Mohan Vina de Manx (NDR : un instrument hybride entre le sitar et la guitar) et les percussions indiennes de Jerry leake. Maxwell se réserve le piano électrique sur "Blue dream", une compo visionnaire et exotique. L'interlude "A" laisse libre cours aux interventions de Mohan Vina de Manx. La mise à feu de "Big sky" est plutôt conventionnelle. Les ivoires sont soutenues très classiquement par la guitare de Troy Goynea, la basse de Marty Ballou et les drums d’Eric Rosenthal, avant que Vina le magique ne vienne les rejoindre. David n’en a pas pour autant oublié Otis Spann ; et il nous le rappelle enfin, sur "Cryin' the blues", un blues lent bouleversant caractérisé par les cordes amplifiées de Goynea. Imprimé sur un tempo blues inspiré du Chicago Southside, "Heart of darkness" met en exergue les percussions de Leake, le Turkish Ney (NDR : une sorte de flûte traversière) de Fred Stubbs et les cordes de Manx. Le périple en terres exotiques se poursuit par "Harry's raga", illuminé par les instruments en symbiose et embraie sur "Chillin' in Casa", rehaussé par la présence de Boujmaa Razgui à l’oud. Et les images se bousculent dans notre imagination… Plus classique, "Rollin' on" campe un blues originel qui trempe dans le delta du Mississippi. Et "Just the blues" est tout simplement beau à pleurer ! Enfin "Mombai blues" replonge au sein de l’Inde profonde, alors que "Last cry" nous propulse au Maroc. Excellent!

 

The Loved Drones

The Tangible Effect Of Love

Écrit par

The Loved Drones est un groupe belge issu de la famille Freaksville, label fondé par Miam Monster Miam. Un concept que Benjamin Schoos, son fondateur, a imaginé afin de faire de la musique autrement avec d’autres gens…

Rappelez vous de ces ‘Fantômes’ qui ont accompagné Lio, Marie-France et Jacques Duval. Et bien, sous l’impulsion de Benjamin, ce band belgo-belge a assuré une nouvelle vie à des artistes pourtant considérés comme morts ou presque…

Finalement ces spectres ont muté et se sont transformés en drones ; amoureux qui plus est !

Autour du producteur multi-instrumentiste, gravitent Marc Wathieu (Marc Morgan) et Jampur Fraize aux guitares, Jérôme Danthinne aux drums, Pascal Scalpschyns à la basse, ‘Man From Uranus’ et Brian Carney aux claviers ainsi que Philippe Laurent à la trompette. Il s’agit du line up de base ; car si on tient compte de tous les intervenants et invités, on peut presque doubler le nombre de musicos impliqués dans l’aventure. On est donc davantage en présence d’une concentration de musiciens adhérant à un même projet que d’un groupe proprement dit.  Soit, l’idée peut paraître séduisante, reste à écouter l’album.

Dans un vaisseau aux couleurs rock et électro, Schoofs et sa bande d’amoureux nous emmènent dans un voyage rétro-futuriste (ça existe ?) En effet, tout au long de ce parcours quasi instrumental –la voix d’Emmanuelle Parrenin opérant quelques apparitions furtives– le style supposé avant-gardiste se révèle au final plutôt revivaliste. Un peu comme si on assistait à un film de science-fiction tourné dans les années 70 ou 80, friand de décors en carton-pâte et de trucages grossiers. Pas que la musique dispensée soit ringarde ou dépassée, mais vu l’instrumentation à la sauce Kraftwerk et les sonorités adoptées, on pourrait facilement imaginer que les partitions avaient été oubliées au fond d’un tiroir durant quelques années (au moins). Et comme par enchantement, elles réapparaissent ré-instrumentées à la sauce seventies. Drôle !

D’ailleurs, y’a pas que du Kraftwerk là-dessous. La première plage, « The Tangible Effect of Love » concède des relents du Floyd période « Meddle », et… Ian Anderson n’aurait-il pas apporté discrètement sa flûte sur « Red City » ? Les comparaisons ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Jean-Michel Jarre ou Alan Parsons semblent également avoir mis un pied dans « Love Interlude » et Barry White l’autre lors sur « Easy Love ». Bref, vous en avez conclu que ces neuf morceaux nous ramènent quelques années en arrière. Jamais désagréable, l’opus multiplie les références et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’il se laisse écouter de bout en bout.

Une bonne surprise de fin d’année. Fallait simplement avoir de l’audace et le talent pour concrétiser un tel projet !

 

Hudson

Teenage thrill

Écrit par

Bien que fondé il y a une bonne dizaine d’années, cette formation hutoise vient seulement de graver son premier elpee. Avant de publier cet opus, elle avait quand même sorti 4 Eps. Ce quatuor reconnaît pour influences majeures Sonic Youth, Nirvana, Smashing Pumpkins et les Pixies. Donc il aime les guitares. Le line up compte d’ailleurs deux préposés à la gratte. Dont le chanteur Pierre Arthur Lejeune, qui possède une voix claire, mais chargée de spleen. Empruntant même certaines inflexions à Tim Wheeler. En outre, le sens mélodique particulièrement soigné évoque même très souvent… Ash. Ne pas oublier que le trio irlandais disposait également de deux gratteurs, à une certaine époque.

Sans quoi, découpé en 12 titres pop/rock courts, accrocheurs, mais efficaces, « Teenage thrill » ne lésine pas sur l’électricité rafraîchissante. Et paradoxalement au cœur d’un climat empreint d’une grande mélancolie. Accords ou riffs discordants (le titre maître), tintinnabulants (« Once in a while », la valse « The advance »), saignants (« Sunset note », « Million »), métalliques (« Black Rhino »), offensifs (le plus élaboré « Everything wanted ») sont parfaitement balisés par la section rythmique. Le tracklisting épingle l’une ou l’autre compo mid tempo, à l’instar de « Catapult », et une ballade minimaliste, « Costumes », finale rehaussée par la présence de Florence Sauveur (Sweek) au violoncelle ; ces deux plages sont, en outre, caractérisées par le recours à du xylophone. Un chouette album !

 

Dennis Gruenling

Rockin' all day

Écrit par

Manifestement, Dennis Gruenling est devenu un des plus talentueux harmonicistes contemporains. Issu du New Jersey, il avait émigré, il y a une vingtaine d’années du côté de la Nouvelle Orléans, avant de revenir chez lui, fort de cette expérience. Il a beaucoup écouté les artistes mythique du Chicago blues, comme Little Walter, Big Walter Horton, James Cotton et Georges ‘Harmonica’ Smith. Mais il apprécie également le R&B et le swing. En 1998, il monte son all-star band local. L'année suivante, il grave son premier opus, "Denny Gruenling & Jump Time". Dans la foulée, il publie "Up all night" en 2000 et "That's right" en 2011. En 2007, il avait rendu hommage à son dieu, Little Walter, en concoctant "I just keep lovin' him". Il avait alors notamment reçu le concours de Kim Wilson, Rick Estrin, Steve Guyger et Rusty Zinn. Au fil du temps, il s’est forgé une belle notoriété comme instructeur d'harmonica. Dennis ne dispose pas vraiment de backing band. En général, il se produit en compagnie d'autres artistes. Parfois le Dave Gross Band et surtout Doug Deming & The Jewel Tones, équipe qui a d’ailleurs participé à la mise en boîte du présent opus !

L’elpee s’ouvre par la plage éponyme. Ce "Rockin' all day (reelin' & rockin')" est signé par Jimmy Mc Cracklin. L'harmonica chromatique collé à la bouche, Dennis nous plonge dans le jump blues. Son envol sur sa musique à bouche est majestueux. Chargée de swing, cette piste de toute bonne facture est chantée par Doug Deming. Autre plage classique, "Roll your moneymaker" est issu de la plume de Shakey Jake Harris. Elle remonte à 1958 (NDR : Magic Sam collaborait à la version originale, une compo produite par Willie Dixon). L’adaptation est nerveuse et pétillante. Dennis décolle dans le style cher à son maître, Little Walter. Gruenling  arrache des sonorités époustouflantes de son harmo chromatique en intro de "The Rev", un instrumental extraordinaire. De toute évidence, le R&B de la fin des années 40 a fortement marqué nos deux amis. La cover du "Saturday night fish fry" de Louis Jordan, que chante Deming d’une voix chargée de révolte, en est une belle illustration. Et puis, quel panache ! Le swing est omniprésent. Sa texture est veloutée tout au long de "One scotch, one bourbon, one beer", un morceau popularisé dès 1953 par Amos Milburn. Et le quartet est scintillant sur le classique de Wynonie Harris, "What's wrong with me?" Retour au blues de Chicago sur la reprise lumineuse du "She's so pretty" de Muddy Waters. Doug y est impérial sur ses cordes. Le "You can do no wrong" de Carl Perkins (NDR : souvenez vous "Blue suede shoes") trempe dans un rock’n’roll très fifties. D’une grande pureté, cette compo caractérisée par cet harmo intarissable, est un véritable régal pour les oreilles. Dennis se réserve le chant sur une seule piste, "It went down easy" de Melvin Smith, mais n’y injecte guère de passion. Et on épinglera encore "Actin' crazy", un titre entraînant signé Doug Deming, un excellent Chicago shuffle tourné vers la cité des vents. Cette tranche de blues 5* s’achève par "Hotso", un remarquable exercice de style instrumental.

 

Green Day

¡Uno!

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Green Day se réserve de plus en plus d’escapades. Parfois à la limite du prog. Parfois pharaoniques, telles que des comédies musicales punk ; le très bon « American Idiot » et le beaucoup moins réussi « 21st Century Breakdown », en sont les plus belles illustrations… Mais les Californiens ont décidé de changer une nouvelle fois de fusil d’épaule en publiant trois albums en quelques mois. « ¡Uno! » constitue le premier volet de cette trilogie punk. Les suivants –étonnant, n’est-ce-pas ?– seront baptisés « ¡Dos! » et « ¡Tré! ». Pourquoi pas ! De quoi nous rendre circonspect à l’écoute de cet « ¡Uno! »’

Le trio de la Bay Area aurait-il eu les yeux plus grands que le ventre ? Dès l’inaugural « Nuclear Family », on est rassuré. Le trio continue de pratiquer un punk-pop avec la même rage toute adolescente. Et la formule souvent gagnante (« Angel Blue », « Let Yourself Go »), parfois perdante (« Troublemaker »), devrait ravir les fans des Américains : mélodie ultra-catchy (« Kill the DJ »), section rythmique impeccable, power guitares acérées, le tout au service de brûlots oscillant autour des 3 minutes comme à la bonne époque de « Dookie »… ‘One, two, three’ ou ‘Uno, Dos, Tré’… ‘Let’s Go !’ Les 3 idiots de Green Day ne vieilliront probablement jamais.

 

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