L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

Tame Impala

Lonerism

Drivée par Kevin Parker, Tame Impala est une formation qui a le vent en poupe. En 2010, la formation aussie (NDR : elle est issue de Perth) avait publié un superbe album intitulé « Innerspeaker », une œuvre sur laquelle figurait le splendide single « Solitude is bliss ».

Ce premier elpee brassait une multitude d’influences pour les transformer en psyché/rock à la fois brillant et revivaliste.

Plus homogène, leur second essai est plus structuré, maîtrisé même, et accorde davantage d’importance à la sensibilité mélodique pop, sans pour autant se départir de ses pulsions expérimentales néo-psychédéliques. Des pulsions que le combo australien a sans doute chopé en écoutant ses classiques de l’histoire du rock. Depuis le Floyd de Syd Barrett à Radioahead, en passant par The Cream, Hawkwind, Rare Earth, Supertramp, Burning Brides, The Warlocks et Black Angels. Sans oublier le shoegaze (NDR: notamment Ride et Pale Saints) ainsi que le stoner (NDR: pensez à Kyuss).

Conséquence, la formation adopte plus souvent un format chanson, à l’instar de « Be above it », « Endors toi », « Mind mischief », « Keep on lying » et plus particulièrement encore sur les singles « Feels like we only go backwords » et « Elephant ». Et ces compos se révèlent à la fois classieuses et ingénieuses. Visionnaires également. Tirant parti de rythmes hypnotiques ou explosifs, de claviers intergalactiques ou vintage, de synthés aventureux, de percussions languissantes et de cordes de guitare réverbérées ou en boucle.

Et c’est David Fridmann (Mercury Rev, The Flaming Lips, MGMT) qui s’est chargé de mixer cet album à la fois captivant, coloré et surtout parfaitement réussi.

 

Sade

Bring me home – Live 2011 (cd + dvd)

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En 2010, Sade Adu publiait un nouvel opus studio intitulé « Soldier of love », après une absence de 10 bonnes années. Dans la foulée, elle a publié une compile (« The ultimate collection ») l’année suivante et un live en mai 2012 : « Bring me home ». Réunissant un cd et un dvd. Le disque audio épingle les plus grands succès de l’artiste et une sélection des compos les plus récentes.

Mais venons-en au dvd. Enrichi d’un bêtisier et d’un documentaire. Pas le plus intéressant. Le plat de résistance procède du film réalisé par la célèbre réalisatrice anglaise, Sophie Muller. Plus de deux heures de spectacle au cours duquel Sade nous ensorcèle de sa voix suave, sensuelle, chaleureuse ou langoureuse. Surtout en seconde partie de show. En fait, il s’agit probablement de deux sets différents dont la quintessence a été extraite. Pour preuve, en début de parcours, elle est vêtue d’un pantalon et en seconde d’une robe (blanche d’abord, rouge ensuite). Elle est soutenue par huit musiciens, dont un remarquable saxophoniste/guitariste, Stuart Matthewman. Et je dois avouer que la mise en scène est époustouflante. Tant les projections qui se fondent dans le line up que les apparitions et disparitions des musicos disséminés aux quatre coins de l’estrade. Manifestement, ‘ça a de’ la gueule…

 

Ariel Pink

Mature Themes

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“Mature themes” devait paraître avant “Before today”, publié en 2010. Mais pour des questions de budget, sa sortie avait été postposée. Ce qui explique sans doute pourquoi, il peut surprendre.

Mais venons-en à ce nouvel elpee. Imaginez un peu le chaînon manquant entre Todd Rundgren époque « A Wizard, a true star » (1973) et Syd Barrett. Puis, épicez le résultat obtenu, suivant les plages, d’influences multiples. Vous aurez ainsi une idée générale de la musique pratiquée par Ariel Pink flanqué de ses haunted Graffiti, tout au long de cette œuvre.

Mieux vaut ne pas trop s’attarder sur les lyrics. Traitant le plus souvent de jeux informatiques issus des 80’s, ils constituent le maillon faible des chansons de Pink. Par contre musicalement, si vous aimez le psychédélisme, il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs. Depuis les harmonies vocales byrdsiennes balayant « Only in my dreams » au funk indolent « Baby », cover du « Dreamin’ Wild » de Donnie & Joe Emerson, pour lequel, le producteur/DJ Dâm Funk vient poser la voix, en passant par le disco synthétique « Pink Slime » (Of Montreal ?) et le krautrock « Nostradamus & me » (Klaus Schulze ?), une piste atmosphérique de sept minutes et demie nappée de claviers space-rock, écumée par une ligne de basse en boucle, mais paradoxalement relevée par des vocaux. Une ligne de basse la plupart du temps mélodieuse, à l’instar de « Driftwood ». Mais aussi d’« Early birds of Babylon », plus new wave, réminiscente du jeu de Barry Adamson quand il sévissait chez Magazine, un superbe morceau hanté par des harmonies vocales mystérieuses, presque spectrales. Des harmonies qui s’élèvent en crescendo sur l’hypnotique et délirant « Schnitzel boogie », un titre qui lorgne manifestement vers Gorky’s Zygotic Mynci. Et si le plus synthétique « Symphony of the Nymph » évoque plutôt Snakefinger, « Farewell American Primitive » nous renvoie dans l’univers expérimental du guitariste John Fahey. Mais tout au long de ce disque, malgré leur nature aventureuse, les plages respectent une constante : un sens mélodique soigné et souvent contagieux. Un superbe album !

 

The Murder of Crows

Imperfecta (Ep)

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The Murder of Crows est le dernier projet soutenu par Alan Sparhawk, le compositeur/chanteur/guitariste de Low, mais aussi le boss du label Chairkick. Il vient y apporter régulièrement son concours à la guitare. La plupart du temps, en concédant des accords minimalistes. De manière à bien mettre en exergue le talent de la violoniste Gaelynn Lea. Atteinte de la maladie des os de verre, se déplaçant en voiturette, elle en joue comme un violoncelle. Et rien qu’en écoutant les gémissements de ses cordes, on en attrape des frissons dans le dos. Hormis le plus désinvolte « Bird song », sur lequel Alan vient poser sa voix et le moins douloureux « Let it go », au cours duquel Mimi Parker apporte ses backing vocaux, cet Ep baigne dans une forme d’ambient, à mi-chemin entre Low et Dirty Three. Une œuvre essentiellement instrumentale, même si Gaelynn se réserve le lead vocal sur ces deux pistes. Et son timbre particulièrement aigu communique un feeling unique en son genre à ces compos. Des morceaux mélancoliques, d’une grande beauté mais qui semblent constamment déchirés entre ténèbres et lumière. A l’instar de la superbe reprise de Neil Young, « Down by the river », rebaptisée pour la circonstance, « Down by the lake » ou du bouleversant « Midday waltz ».

 

The Menzingers

On the Impossible Past

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Impossible de ne pas balancer certaines références grossières telles que NOFX, Blink 182 ou Rancid à la découverte de « On the Impossible Past », le nouvel album de The Menzingers ! Mais on se rend rapidement compte que c’est plus du côté de la finesse d’écriture de The Hold Steady que ces punk-rockeurs issus de Scranton (Pennsylvanie), récemment signés chez Epitaph, lorgnent… Les Américains parviennent à séduire grâce à un sens mélodique irrésistible, développé tout au long de cet impeccable troisième album. A travers leurs textes à l’humour noir assumé, The Menzingers parvient à allier la joie des mélodies et la profondeur des textes. Plusieurs pépites punk-rock à l’affiche : l’efficace « Gates », l’hymnique « Chamberlain Waits » ou encore « Sun Hotel » rappellent les magnifiques The Thermals. La voix éraillée de Greg Barnett et l’instrumentation power-rock très classique transforment « On the Impossible Past » en une sorte de classique immédiat d’Americana Punk !

 

Vincent Loiseau

Saisir l’instant

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Loiseau ? Quel drôle de nom pour un drôle… d’oiseau !

Patronyme connu s’il en est, Vincent n’a cependant aucun lien avec sa consœur Emily, dont la musique baigne dans le même univers, à savoir la chanson française.

Vincent n’en est pas à son coup d’essai. Après avoir milité de 1994 à 2001 au sein de Carc[H]arias, dans un rôle de chanteur/compositeur, Vincent décide de voler de ses propres ailes sous le pseudo de ‘Kwal’ sous lequel il signe trois albums, « Règlements de contes » en 2002, « Mogo Ya » en 2005 et « Là où j’habite » en 2007.

Cinq années plus tard, c’est sous sa véritable identité qu’il nous révèle sa dernière œuvre. Véritable identité musicale également ? On pourrait le croire, car Vincent est enfin parvenu à nous livrer toute sa simplicité, son authenticité, son talent.

C’est résolument dans le domaine de la chanson française qu’il décline ses nouvelles compositions. Finis le slam, le hip-hop, les rythmes électro, les musiques du monde et bonjour les sonorités plus symphoniques (« Nina »), les mélodies pop (« Je veux tout ») et même les envolées sud-américaines (« L’imposteur »).

Album de la maturité, véritable identité dévoilée, Vincent démontre tout au long de « Saisir l’instant » que les arrangements musicaux fouillés et les textes bien sentis ne lui font pas peur.

En douze tableaux, c’est la vie qu’il dépeint. La vie de tout un chacun, la sienne, celle de monsieur tout le monde, celle d’un immigré… Authentique conteur d’actualité, Vincent Loiseau nous emmène dans ses petites histoires très bien racontées et très joliment mises en musique.

Un album à écouter attentivement selon l’humeur du moment.

La chanson française a encore de beaux jours devant elle avec un (L)oiseau pareil !

 

Labrinth

Electronic Earth

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« Electronic Labrinth » constitue le premier album de Labrinth, un musicien anglais branché électro, mais dont la musique est ouverte à d’autres styles ; et notamment le rap, à l’instar d’un certain Usher, par exemple.

Ce jeune Britannique nous propose sur cet elpee, 10 pistes orientées techno (soi-disant) et R’n’B (réellement). Pas vraiment ma tasse de thé. L’objectif commercial de ces titres est manifeste. Ils trempent dans une forme de pop/r’n’b et sont essentiellement destinés aux stations radiophoniques lucratives.

J’ai beau chercher une quelconque singularité et un certain charisme à cette œuvre, mais je n’ai pas trouvé. Les chansons se suivent et se ressemblent. Aucun titre ne sort du lot (NDR : de l’eau ?) Et on a même parfois l’impression d’avoir déjà entendu les refrains quelque part.

Il est vrai que tous les goûts sont dans la nature, mais je vous l’avoue sans ambages, je ne parviens pas du tout à accrocher. La ligne de basse est répétitive et on ne peut pas dire que le Britannique se soit foulé pour les lyrics, puisqu’il se contente de déverser des onomatopées puériles (« Yeah », « Oh, oh ! »)

Labrinth a beau manifester beaucoup d’ambition et d’enthousiasme, le résultat est largement insuffisant. Ne parlons pas d’innovation ni de punch, de surprise ou de prise de risque. Ces critères sont inexistants. Ce produit BCBG est tout bonnement fadasse.

Probable qu’à force d’entendre ce type de chanson sur les ondes, certains ados finiront par craquer. Certainement pas les mélomanes. Et si vous n’êtes pas convaincu, écoutez avant d’acheter. Vous risqueriez de le regretter.

 

Dead Can Dance

Anastasis

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Seize longues années que Lisa Gerrard et Brendan Perry n’avaient plus enregistré d’album ensemble. Ils s’étaient séparés en 1998, pour embrasser chacun de leur côté, une carrière individuelle. Hormis le ‘Golden Globe’, décerné pour la musique du long métrage ‘Gladiator’, écrite en compagnie du compositeur Hans Zimmer, et malgré plusieurs collaborations opérées avec Klaus Schulze ainsi que de nombreuses participations à des B.O. de films, son aventure en solitaire n’a pas vraiment été couronnée de succès. Et à l’exception du remarquable « Ark », publié en 2010 et de ses multiples coopérations (menées en particulier auprès de feu Hector Zazou), Brendan n’a pas davantage réussi son parcours en solitaire.

« Anastasis » constitue le 8ème opus de Dead Can Dance. Une œuvre partagée en 8 pistes, au cours de laquelle les ex-époux ne se partagent le chant qu’à une seule reprise. Soit sur le celtique « Return of the she-kin ». Mêlant arrangements symphoniques et électroniques à l’instrumentation organique exotique (dulcimer, yangquin, etc.), l’elpee recèle une majorité de compos visionnaires, cinématiques. Et notamment en début de parcours. A l’instar de « Children of the sun », dont les lyrics dénoncent les dérives de la société moderne, une plage somptueuse, enrichie de cuivres énigmatiques et d’interventions de clavecin. Des plus spirituels et orientaux « Anabasis », « Agape » (Natacha Atlas ?) et « Kilo », trois morceaux magnifiés par le contralto éthéré de Lisa. De son côté, le baryton de Perry s’impose sur la valse enlevée et mystique « Opium » et tout au long d’« Amnesia », compo pourtant plus accessible, élégante, mais ténébreuse et envoûtante, abordée dans l’esprit du dernier long playing solo de Brendan. Ainsi que lors du final indolent, planant, « All in good time », au cours duquel il monte la voix. « Anastasis » est un mot grec signifiant ‘Résurrection’. Le titre de cet album ne pouvait pas être mieux choisi…

 

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