Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Cure
Jon Spencer
Chroniques

Joss Stone

The Soul sessions Vol 2

Écrit par

Joss Stone est née Jocelyn Ene Stoker. Agée à peine de 25 ans, cette Anglaise est une bien jolie chanteuse de soul. Elle est aussi actrice et auteur-compositeur. Elle a démarré sa carrière très jeune. Ainsi, en 2003, elle avait publié son premier volume de "The Soul sessions". Depuis, elle a gravé plusieurs elpees, chanté une version d’"Unchained melody" aux cotés de Johnny Halliday, pour l’album "Ca ne finira jamais", paru en 2008, et participé à la nouvelle aventure de Mick Jagger, en 2011, baptisée Super Heavy. Elle a déjà vendu plusieurs millions d'albums. Pas pour rien que l’an dernier, une compile lui a été consacrée, "The best of Joss Stone 2003 – 2009".

Pratiquement dix années séparent le premier tome des ‘Soul sessions’ de ce second chapitre. Confessons de suite que Joss est une chanteuse populaire qui ne manque pas de talent ; cependant, elle ne dispose pas du charisme naturel de la malheureuse Amy Whitehouse. Cette dernière était hantée par sa musique, une musique qu’elle transcendait de son organe vocal. Joss se contente ici de rendre hommage à la soul qu'elle adore. Aucune compo n’est donc de sa plume ; elle se limite donc à interpréter les standards du style qu’elle a choisis.

Enrobée dans un ensemble de cordes, "I got the…." ouvre la plaque. Une compo signée par Labi Siffre, une Nigériane établie en Angleterre. Cette plage baigne dans le Philly sound ; et a souvent été samplée par des artistes de hip hop. Sa voix est beaucoup mieux mise en évidence lorsqu’elle aborde da soul plus classique. A l’instar du "Give more power to the people" d’Eugene Record (NDR : des Chi-Lites), une piste dont le funk naturel incite au déhanchement. Pour la circonstance, le notoire Texan Delbert McClinton se réserve l'harmonica! Elle interprète brillamment "Sideway shuffle", une ballade dansante immortalisée par la Londonienne Linda Lewis, en 1973. Sa voix passe également bien la rampe sur la cover du "I don't want to be with nobody but you" d'Eddie Floyd, l'un des tous grands du Southern soul chez Stax ainsi que sur une autre ballade empreinte de tendresse, "The love we had". Enfin, on épinglera encore son excellente version de "The high road", un hit des Broken Bells qui date seulement de 2009. Le reste de l’elpee trempe dans une soul pop légère, agréable à l’oreille, mais sans grande consistance

 

Mörse

Mörse (Ep)

Écrit par

Trois morceaux en à peine 8 minutes et trente secondes. Dans ces conditions, difficile de se forger un avis bien tranché sur la musique de ce groupe lillois. Dès le premier larsen qui ouvre la première plage, « Sous Terre », le ton est donné : le son sera brutal. Derrière les fûts, le drummer s’agite. Les guitares alimentent l’intensité des compos. Les accords sont lourds et violents, quoique prévisibles. Les vocaux sont hurlés, mais les chœurs allègres. Les lyrics sont exprimés dans la langue de Molière et sont excellents ; cependant, pour comprendre ce que le chanteur raconte, une seule solution, consulter le booklet. Troisième morceau, « Pour qui préside l'effroi » reprend quelque peu son souffle. Bref, un Ep court mais percutant. Quelque part entre punk, stoner et hardcore, l’expression sonore de Mörse vise rapidement et en plein dans le mille. Faudra maintenant attendre la sortie de leur album pour se faire une idée plus précise de leur potentiel. Mais vu (entendu ?) ce que ce condensé nous propose, la suite est chargée de promesses…

 

Willie McBlind

Live Long day

Écrit par

Willie McBlind n'est pas le nom d'un artiste mais bien le patronyme d’un blues band, un quartet qui réunit la chanteuse Meredith ‘Babe’ Borden, le guitariste Jon Catler, le bassiste Mat Fieldes et le drummer Lorne Watson. Ces musiciens souhaitent faire revivre les légendes du Delta blues primaire ; celui de Charley Patton, Blind Willie Johnson ou encore Fred McDowell, tout en adoptant leurs propres arrangements. Et le résultat est plutôt original. Ces New-Yorkais puisent des tonalités intermédiaires dans la gamme musicale classique pour dispenser ce qu'ils appellent du ‘blues harmonique’. Le spécialiste de ces expérimentations ? Le gratteur Catler. Il n’hésite ainsi pas à se servir des techniques à 64 tonalités ou plus modestement à 12 tonalités. En outre, la voix de Babe relève facilement le défi, puisqu'elle s'étend sur trois octaves!

La formation comptait déjà deux opus à son actif, "Find my way back home" publié en 2007 et "Bad thing", en 2009. Pour enregistrer ce troisième essai, elle a choisi un thème : le train. Un elpee qui recèle neuf compositions personnelles et une seule reprise.

Le chef de gare annonce l’arrivée du convoi. "Sittin' in the train station" est imprimé sur un rythme vif. La voix de Babe est secondée par celle de Catler. La guitare nous interpelle. Le son est singulier, légèrement déjanté mais entièrement sous contrôle. "Living long day" embraie sur un mid tempo. Les deux voix dominent à  nouveau le sujet ; mais dès qu’elles libèrent un espace, les cordes se mettent à cracher le feu! "Anywhere" est une excellente composition. La combinaison des vocaux me rappellent les prémices du Jefferson Airplane ; en outre les cordes affichent une créativité acide digne de Jorma Kaukonen. Blues presque classiques, "Slow moving train" et "One thing" se distinguent par la performance vocale de Babe qui couvre les fameux trois octaves. "Mighty long time" nous entraîne dans un voyage psychédélique, un blues qui circule à une cadence hypnotique. "Down the road" est un country blues classique. Une seule cover, la lecture toute personnelle du "Love in vain" de Robert Johnson. Boogie (NDR : of course !), "Boogie train" conjugue impeccablement cordes électriques et acoustiques ; et lorsqu’elles se mettent à délirer, on est totalement conquis. "The train that never came" clôt le long playing est une compo de 13’ qui s’ouvre sous une forme surannée, avant de glisser vers un très long interlude consacré à la musique contemporaine. De quoi étonner, mais aussi peut-être décourager le mélomane lambda.

Cet album dépasse largement le cadre du blues. Primitif, il est ouvert à des tas de styles différents, comme le rock, le jazz (Coltrane ?), le psychédélisme et la musique indienne. Une œuvre complexe, étonnante, à écouter et à réécouter, mais bien sûr aussi, un groupe à suivre…

 

Marriages

Kitsune (Ep)

Écrit par

Réunissant Emam Ruth Rundle, Clifford et Greg Burns de Red Sparowes, ce mariage embrasse le feu et la glace dans une étreinte somptueuse.

Annonçant la couleur sombre d’un album prochain, ces six titres augurent l’excellence à venir.

La puissance et la subtilité, la rage et la quiétude se rejoignent ici pour le meilleur, ignorant qu’il puisse exister un pire.

Depuis l’ouverture angoissante de « Ride In My Place » à la respiration claustrophobe d’un « Part The Dark Again », les sonorités s’écorchent sur les lames tranchantes d’un Rock Emo(tionnel).

On retrouve bien sûr le noir ramage de Red Sparowes ; cependant, il ne s’agit pas ici d’une simple variante, mais bien d’une extrapolation du groupe de L.A.

Sensuel, sombre et intriguant, cet Ep a été enregistré sous la houlette de Toshi Kasai (croisé un temps du côté des Melvins et… de Red Sparowes) ; et il a fiel allure.

 

Labasheeda

Castfat Shadows

Écrit par

Labasheeda est une formation amstellodamoise qui compte déjà 8 années de carrière. Elle puise cependant ses racines dans les nineties, et en particulier chez Sonic Youth. Pas étonnant, puisqu’elle raffole des épopées bruitistes à la Sonic Youth. Et c’est manifeste dès le morceau qui ouvre l’opus, « Castfat Shadows » ou encore tout au long de l’excellent « 14 », titre sur lequel la chanteuse Saskia van der Giessen s’en donne à cœur joie, un peu à la manière de Karen O des Yeah Yeah Yeahs ! Mais la demoiselle possède plus d’un atout dans son jeu. Non seulement elle possède et maîtrise une voix puissante, mais se révèle une excellente violoniste. Elle le démontre ainsi sur « Double Exposure ». Si Labasheeda excelle dans son aptitude à faire sonner ses guitares dans un pur registre noisy, il ne parvient pas à fixer des mélodies inoubliables. Ce qui explique sans doute pourquoi il éprouve toutes les peines pour sortir de l’anonymat…

A l’An Vert de Liège le 29 septembre 2012.

 

John Hiatt

Collected

Écrit par

John Hiatt figure parmi les meilleurs auteur-compositeurs, dans l’univers du roots, aux States. Il est aujourd’hui âgé de 62 balais. Il passe toute son enfance à Indianapolis ; mais après avoir terminé ses études, il part s'installer à Nashville où il opte pour une carrière d’auteur musical professionnel. Ce qui ne l’empêche pas de se produire sur scène, seul ou flanqué de son groupe, White Duck.

Il publie son premier elpee, "Hangin' around the observatory", en 1974, chez Epic. Découpé en trois disques, ce recueil nous en réserve deux plages, dont "Sure as I'm sittin' here" que Three Dog Night traduira en hit.

En 1978, il émigre à Los Angeles. Il y est signé par MCA, pour lequel il grave "Slug line". De cet opus paru en 1979, "Sharon's got a drugstore" en est extrait.

L'année suivante, il sort "Two bit monsters", dont a été sélectionné "It hasn't happened yet", que chante Hiatt d’une voix chargée de passion.

En 82, il passe chez Geffen. Il leur consacre alors trois long playings, dont "Riding with the King". Le titre maître sera repris bien plus tard par BB King, une version qui avait alors bénéficié du concours d’Eric Clapton. Sur l’originale, John avait reçu celui de spécialistes du pub rock anglais ; en l’occurrence, Nick Lowe, Paul Carrack et Martin Belmont. Ils participent également à "The love that harms", une compo pop empreinte de délicatesse. Cet elpee se réserve une belle part du gâteau, puisque six plages ont été retenues.

Commis en 1985, "Warming up to the Ice age" jouit d’une excellente production. Sur cette anthologie, y figurent le très électrique "The usual", un morceau couvert d’accents blues rock, caractérisé par le recours à un riff largement amplifié et le renfort d’une section de cuivres imposante ; mais aussi la cover du "Living a little, laughing a little" des Spinners, une bien jolie ballade à laquelle Elvis Costello participe aux chœurs.

John rejoint A&M en 1987. C'est le déclic. "Bring the family" est l’œuvre de la reconnaissance. Sept pistes ont d’ailleurs été retenues pour ce box. Quatre figurent sur le premier cd et trois ouvrent le deuxième. Pour la première fois un album de Hiatt entre au Billboard américain!

Pour concocter ce disque, il s’est entouré de musicos de gros calibre. Soit Ry Cooder, Jim Keltner et Nick Lowe. Les compositions sont très soignées. A l’instar de "Memphis in the Meantime", un bouleversant "Lipstick sunset", transpercé par la slide gémissante de Cooder, "Have a little faith on me" balisé par John au piano et "Thank you girl" dynamisé par un riff très ‘rollingstonien’.

L’année suivante paraît "Slow turning". Le climat y est totalement différent. Parmi les guests, on identifie la présence du notoire Sonny Landrreth aux guitares et James Hooker à l'orgue. Difficile de passer à côté de "Georgia Rae". C’est d’ailleurs le sommet de cette compile. Un morceau au cours duquel l’attaque vocale est redoutable, l’orgue Hammond savoureux et la national steel de Sonny, souveraine. Et elle est encore à l’affût tout au long de "Tennessee Plates". Enfin, John chante le brûlant "Already loved", d’un timbre chargé de passion et de sincérité.

L’artiste commet "Stolen moments", en 1990. Le titre maître lorgne manifestement vers les Stones. La même année, il publie un single. Un rockabilly intitulé  "Already loved". 

En 1992, il bénéficie à nouveau de la participation de Cooder, Keltner et Lowe. En résulte « Little Village », un long playing qui ne récolte que peu de succès. L'expérience n'aura plus de lendemain.

L’année suivante, c’est l’enchantement lors de la sortie de "Perfectly good guitar". Les compos sont superbes et en particulier le morceau qui donne le titre à l’œuvre, une piste très électrique, fustigée par des cordes de guitare saturées… 

Hiatt grave son premier elpee live en 1994 : "Hiatt comes Alive at Budokan". Trois fragments ont été retenus pour figurer sur le troisième compact disc : "Icy blue heart", "Angel eyes" et "You dad did". 

Il publie "Walk on" chez Capitol, en 1995 ; ce qui lui permet de décrocher une première nomination aux Grammy Awards. 

De "Little head" paru en 98, "Graduated" en a été retenu.

Cette collection recèle encore trois plages acoustiques extraites de ‘2 Meter Sessies’. Elles remontent à 1995. Et sont inédites. De quoi rendre justice à l'artiste.

Cette anthologie n’entre pas au XXIème siècle. Pourtant, l’artiste continue de se produire en ‘live’ et d’enregistrer. Depuis le début de ce siècle, il a signé de nouveaux albums chez Vanguard et New West. Son tout dernier, "Mystic pinball", vient de paraître. Et il est excellent !

 

Fabrizio Cammarata

Rooms

Écrit par

Pas facile pour un artiste italien au physique d’Apollon de se s’offrir une certaine crédibilité dans le milieu folk ; surtout lorsqu’il enfonce le clou et se met en scène tel Eros Ramazotti sur la photo qui illustre son album… Mais, dès l’inaugural « All I Know », on est prêt à oublier cette faute de goût pour élever Fabrizio Cammarata au rang du Suédois Jens Kristian Mattsson (The Tallest Man on Earth) voire du Gantois Bram Vanparys (The Bony King of Nowhere). Sa voix est douce et nasillarde, dans un registre proche de Bob Dylan. Flanqué de son groupe, The Second Grace, le songwriter a, en outre, le bon goût de varier les ambiances. De son second opus, on épinglera le plus électrique « Alone & Alive », une plage fouettée de rythmes caribéens, « Misery », dont les interventions à la slide peuvent rappeler celles d’un Ryan Adams, ainsi que le très réussi « Myriam », morceau au cours duquel guitares et le violoncelle font bon ménage.

On comprend mieux pourquoi Fabrizio Cammarata a tourné en compagnie d’Iron & Wine, mais également de Devandra Banhart… « Rooms » est la preuve vivante que les clichés ont la vie dure. Ce Sicilien (Palerme) pourrait bien placer son île sur celle du folk européen. Car manifestement, il n’a plus de frontières…

En concert le 7 octobre 2012 au DD12 de Moerbeke-Waas.

 

Archive

With Us Until You’re Dead

Écrit par

Il y a déjà dix-huit ans que Danny Griffiths et Darius Keeler ont fondé le collectif Archive. Collectif, le mot prend toute son importance aux yeux des deux compères car Archive est un groupe à géométrie variable, articulé autour de ses pères fondateurs. Ses musiciens et chanteurs vont et viennent, même si le noyau dur du groupe et ses trois chanteurs principaux ne se quittent plus depuis 2006, c’est-à-dire depuis la confection du fabuleux « Lights ».

« With us until you’re dead » constitue déjà leur neuvième album studio. Ce nouvel opus continue d’explorer les atmosphères sombres et profondes qui ont fait la richesse de ses précédents essais. On retrouve ici un mélange des différentes influences qui ont marqué Archive tout au long de sa discographie. Et en particulier ce son trip-hop des débuts. Il recèle à la fois leur côté rock du début des années 2000 mais aussi la touche symphonique rencontrée sur « Lights ». Par contre, on n’y retrouve plus le rap de Rosko John qui, après un retour au sein de la formation sur « Controlling Crowds », disparait à nouveau du line-up.

La grande nouveauté de ce disque procède de l’arrivée d’une nouvelle chanteuse aux côtés des trois voix habituelles ; et la jeune Australienne Holly Martin est une belle découverte. Une voix de caractère, qui colle parfaitement au style du groupe et se marie parfaitement à celles de Dave Pen, Pollard Berrier et Maria Q pour aboutir à un ensemble étonnamment cohérent.

« With Us Until You’re Dead » s’écoute comme une histoire d’amour, avec ses hauts, ses bas, ses ruptures, ses coups de cœur. Probablement l’elpee le plus noir jamais enregistré par Archive. Les longs morceaux ne sont plus de la partie, les Londoniens vont droit au but en nous réservant quelques titres d’une efficacité remarquable comme le single « Violently » (pour lequel Holly Martin prête sa voix et dont le clip a été réalisé par Brian Cannon), « Hatchet » ou encore « Twisting » dont les envolées pourraient sortir tout droit d’un album de Portishead.

Cet opus, comme bon nombre d’albums d’Archive, est difficile à classer tant les courants s’y croisent avec bonheur : électro, trip-hop, rock, pop, symphonique… tout y est.

Mais c’est sur scène qu’Archive prend toute sa dimension, la machine est diablement bien huilée. A voir absolument à Forest National ce 13 novembre 2012.

 

Page 338 sur 1252