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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

White Rabbits

Milk Famous

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A l’image (sobre mais barrée) de leur pochette, ses lapins blancs sortis du terrier Mute abordent les événements à contre-courant et régurgitent un patchwork hybride hautement jouissif.

Pop foutraque touchant au génie, un peu Art Rock mais sans prétention, autant que Psyché, mais sans prise de tête inutile, ce premier album de ces Amerloques respire l’inventivité et la liberté d’expression.

« I’m not Me » reflète parfaitement cet état d’esprit décomplexé qui fait toute la richesse de cet excellent opus.

Certes, il faut parfois un peu s’accrocher pour suivre ces léporidés courant tout azimut, mais au bout de l’effort, il y a la récompense : un célèbre verre de lait…

Quoi de neuf, docteur ?

 

Various Artists

The Music of the Commodore 64

Écrit par

« SID Chips Sounds – The Music of the Commodore 64 » constitue, vous l’imaginez une œuvre destinée à rendre hommage (?!?!?) à un ordinateur désormais trentenaire : le Commodore 64. Cette initiative originale émane de l’imagination de quatre compositeurs : Martin Galway, Rob Hubbard, David Whittaker et Ben Gladish. Ils ont cherché à remettre au goût du jour la musique dispensée par un des tous premiers ordinateurs familiaux.

Et manifestement, cette production s’adresse aux ‘nostal-geeks’ ? En effet, les 18 morceaux réunis sur ce disque sont tous inspirés de jeux-vidéos des années 80, l’âge d’Or du Commodore : Arkanoid, Last Ninja ou Sanxion, tous les grands noms sont là.

Par conséquent, pour un fan de jeux vidéos tel que votre serviteur, né par ailleurs au cours des eighties, difficile de demeurer objectif, tant le périple lui a plu ! Des les premières tonalités, on est transporté au cœur d’un rêve peuplé de pixels, d’écrans verts et d’obscurs messages DOS.

En ce qui concerne les mélodies, pas de surprise, elles sont formatées dans les sonorités 8-bits pures, marque de fabrique du Commodore. On y retrouve ce côté mécanique et austère si caractéristique des premières compos électro concoctées sur ordinateur de bureau.

Evidemment, je me doute que ce type de création risque fort de ne pas plaire au mélomane lambda. A cause des stridulations émanant de ces fameux 8-bits. Parfois fatigantes voire exaspérantes. A l’instar de « Last Ninja (Wilderness) », morceau un peu trop débridé à mon goût. A contrario  des titres comme « Arkanoid » ou « Commando » jouent dans la catégorie simple et efficace.

Et puis d’ailleurs, qu’importe les légers défauts de création ! L’objectif poursuivi sur cet opus est tout simplement ludique. Pas la peine d’en exiger davantage. Et c’est tout ce qu’on lui demande. A conseiller donc, outre les fans, à tous les curieux et nostalgiques de vieilles technologies!

 

Terry Malts

Killing time

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Une demi-heure ; c’est le temps que dure cet opus. En quatorze morceaux Terry Malts nous balance un punk instinctif qui, à défaut d’être original, a le mérite de déborder d’énergie. Un punk que les Californiens (NDR : ils sont originaires de San Francis) sont clairement allés puiser du côté des Ramones. Rythmique primaire, production approximative, voix nasillarde et guitares saturées, sans oublier les mélodies entêtantes, telle est la recette adoptée par Terry Malts. Rien de plus, rien de moins. Et ça marche !

Décomplexé et efficace, « Killing Times » ne sera clairement pas l’album de l’année. On l’aura d’ailleurs certainement oublié d’ici quelques mois ; mais peu importe après tout, il a au moins le mérite de permettre aux aficionados du style de se défouler.

 

David Parienti

David Parienti

Écrit par

David Parienti fréquente les pianos-bars parisiens depuis plusieurs années. A force d’interpréter les chansons des autres, dans des ambiances enfumées, il a fini par se réaliser lui-même. En adaptant sempiternellement des standards des années 50 à 80, des idées ont commencé à germer dans sa tête. (Bien) influencé musicalement par Kate Bush et Radiohead, il va finalement trouver sa voie dans la chanson française. Et c’est chez Gainsbourg et Léo Ferré qu’il puise son inspiration. Le mix des deux genres est assurément une belle réussite. De bien beaux mots, bien chantés, essentiellement consacrés aux femmes ; celles qu’il aime, qu’il désire, qu’il surveille, qu’il critique, qu’il déteste ou encore qu’il trouve tout simplement belles.

Chaque chanson superbement bien orchestrée et gravée dans un moule musical d’une simplicité étonnement efficace est une partie de lui-même qu’il nous confesse. Et on l’écoute le bougre même si les choses qu’il raconte sont parfois nappées d’une légère couche de niaiserie. Car, tout simplement, la façon dont il raconte ses histoires est accrocheuse et redoutablement entraînante.

Personnellement, c’est à Marc Lavoine qu’il me fait penser. Même tessiture, même façon de chanter et même des rythmes ainsi que des mots aussi assez proches de cet artiste aussi doué sur disque que sur grand écran. 

Drôle, irritant, cru et parfois méchant, David caricature en douze plages ce qu’il vit, mais également sa place réelle dans l’existence. Bref, très sympa, le premier album de ce Parigot âgé de 34 ans vaut assurément le détour et procure tout simplement du plaisir. D’ailleurs, si la chanson française est votre tasse de thé, je vous le conseille vivement.

 

Catherine Graindorge

The Secret Of Us All

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A pas feutrés, l’« Animal » s’enfonce dans le vierge manteau d’un paysage enneigé, désert et sauvage, avant de disparaître dans un monde imaginaire…

Virevoltant comme une brise glacée, le violon de Catherine Graindorge dessine les courbes secrètes qui mènent aux portes de son univers dense, aux teintes sépia, et bercé d’une extrême douceur…

L’animal en question sur ce premier titre nous conduit par la main sur le seuil où nous attend un autre animal, pas inconnu en ces terres.

« Extreme Lenghts », ainsi emmené par la voix grave et profonde d’Hugo Race (ex-Bad Seeds), plante le décor. Un moment suave, grave et oppressant.

Au-delà, le paysage reste froid, baigné d’une lumière pâle.

La marche se fait solennelle, et dans sa lente traversée de l’esprit, la musique cinématographique de cet opus aux allures de B.O. invite l’auditeur à plonger en son sein, entier, détaché de la réalité.

A mi-chemin, on rencontre une autre vielle connaissance, Marc Huyghens (Venus, JOY). Il nous invite à grimper sur « Le Do » de sa monture pour visiter ces terres mystérieuses…

Enfin, pour clôturer cette odyssée, l’ami Hugo nous conte « The Secrets Of Us All », achevant cet elpee dans un murmure confidentiel.

Dès son plus jeune âge, Catherine Graindorge se démarquait par sa maîtrise au violon. Audacieuse et curieuse, cette artiste pluridisciplinaire, met à profit sa virtuosité au profit d’un regard sensible sur l’univers qui l’entoure.

Le résultat est à la hauteur de ses ambitions, et son invitation au voyage ne devrait pas vous laisser insensible.

 

Band of Skulls

Sweet Sour

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Le trio de Southampton affiche ses prétentions sur ce deuxième album, plus riche et subtil que le précédent, « Baby Darling Doll Face Honey. Plus concis aussi.

Toujours mâtiné de gros riffs suintant un Heavy (dont « Lies » en est la quintessence) à la limite du bon goût et de mélodies qui entre d’autres cordes pencheraient définitivement du côté obscur de la fosse, Band Of Skulls joue habilement de ses gros bras aux bouts desquels on trouve des doigts d’orfèvres.

Emmené par les voix d’Emma Richardson et Russel Marsen, « Sweet Sour » ne manque pas d’atouts pour installer le groupe au rang de sensation.

Parfois un rien trop riche en matière grasse, la sauce finit néanmoins par prendre et on se laisse gagner au fil des écoutes par ces chansons décomplexées suintant le cambouis et le miel.

Une certitude : c’est sucré !

 

Zulus

Zulus

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Issus de la baie de San Francisco, Daniel Martens et Aleksander Prechtl militaient au sein de deux formations différentes. Afin de dépasser les limites du genre, ils décident de s’associer, mais également de s’installer à Brooklyn. Aleksander accepte de siéger derrière les fûts, bien conscient de ses compétences de drummer clairement limitées. Les deux musiciens sont rapidement rejoints par deux autres compagnons. Zulus vient de naître.

Après avoir écouté l’album éponyme de ces Etasuniens, un constat s’impose, leur musique sort des sentiers battus. Elle s’appuie sur des rythmiques rudimentaires et lourdes. Les sonorités de guitare sont perçantes. Les accès de basse cotonneux. En 23 minutes, les Zulus libèrent toute leur toute leur rage et leur hargne. Brutaux, les riffs peuvent adopter un profil hypnotique. A l’instar de l’excellent « Vibrations ».

Défoulement garanti !

 

Grizzly Bear

Shields

Grizzly Bear nous vient de New York. De Brooklyn très exactement. En 2009, il avait publié une œuvre magistrale intitulée « Veckatimest », un disque sur lequel figurait un single devenu presque classique, « Two weeks ». Sur la scène indie, le groupe occupe une place privilégiée. A cause de sa capacité à expérimenter au sein d’un style aussi basique que le folk/americana. Et de goupiller des chansons pop à la fois instantanées, contagieuses, émouvantes, variées, chiadées et efficaces. Un savoir-faire facilité par les superbes harmonies vocales échangées entre Ed Droste et Daniel Rossen.

Par la suite, le band s’est plutôt reposé sur ses lauriers. Et a mis trois ans avant de sortir ce nouvel opus. Bossant à la ‘coule’. « Shields » constitue donc le résultat de leurs longues élucubrations. Et bonne nouvelle, il est aussi réussi que le précédent long playing. Différence, il ne recèle pas de véritable single, même si « Sleping Ute », « Speak in rounds » et « Yet again » ont ce petit plus qui accroche directement l’oreille. Si les vocaux et l’instrumentation sont toujours aussi soignés, les claviers et les drums sont davantage mis en exergue ; mais c’est surtout le subtil équilibre entre structures étranges, complexes et accessibles qui fait véritablement la différence. Indie, americana, folk, pop, prog rock et psychédélisme font même bon ménage. Les arrangements sont méticuleux. Et des titres comme « A simple answer », « What’s wrong » ou «  Sun in your eyes » en sont les plus belles illustrations. Versatile, cette œuvre nécessite plusieurs écoutes avant d’être appréciée à sa juste valeur. Et ne provoquera aucune levée de boucliers…

 

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