Claud et la musique

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

CANT

Dreams Come True

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Petite escapade solo pour Chris Taylor, membre très actif de Grizzly Bear et Department Of Eagle ainsi que producteur à ses heures perdues. Sous le sobriquet de CANT, Taylor dévoile ses premières divagations en solitaire, entre pop et electronica. Enfin, pas si solitaire qu’on ne l’imagine. Car George Lewis Jr. donne également de sa personne en jouant quelques instruments sur plusieurs morceaux de « Dreams Come True ». Un choix peu étonnant tant la voix de Chris Taylor se rapproche de celle de son protégé.  En effet, les intonations relevées ici évoquent implacablement celles qui étayent le « Forget » de Twin Shadow, produit l’an dernier par le Grizzly Bear himself. 

Après une mise en bouche très Yeasayer-esque (« Too Late, Too Late »), le disque ratisse large au niveau des influences. Outre Twin Shadow, Chris Taylor s’aventure également sur les terres déjà occupées par Brandon Cox et ses nombreux projets. « Believe » et « Bang », pour ne citer qu’eux, auraient aussi bien pu apparaître au sein d’une œuvre de Deerhunter qu’une autre d’Atlas Sound. Si on se laisse facilement prendre au jeu de CANT, ce n’est pas tant pour son originalité que son foisonnement d’idées. La richesse et la variété des compositions de « Dreams Come True » se révèlent être ses principaux points forts. Peut-être même les seuls. Mais c’est déjà beaucoup plus que d’autres…

 

Bad Company

Live At Wembley

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Après avoir mis fin en 2009 à son aventure en compagnie des musicos de Queen, Paul Rodgers, s’est réservé quelques dates en solo, avant de reformer Bad Company. Le combo vétéran du hard blues des seventies a ensuite accordé une série de concerts, dont le plus prestigieux reste celui de la Wembley Arena de Londres, en septembre 2010. Le live qui témoigne de cette grande soirée propose un Bad Co resserré autour des trois membres originels. Paul Rodgers, mais aussi Mick Ralphs et Simon Kirks. Le trio s’est adjoint les services du guitariste Howard Leese (Heart, Lita Ford) et du bassiste, moins célèbre mais non moins talentueux Lynn Sorensen.

En 74 déjà, le succès est au rendez-vous et Bad Co se montre déjà comme un groupe taillé pour la scène, autant pour la puissance qu’il dégage que pour le charisme d’un Rodgers à la voix aux accents rauques et blues. Près de quarante ans plus tard, elle n’a pas failli, comme en témoigne « Can’t Get Enough » qui ouvre cette dernière date de la tournée 2010. L’énergie libérée par les 14 titres qui suivent, impeccables et sans fioritures, reste elle aussi intacte. Même s’il y a près de trente ans qu’ils ne se sont plus produits en Angleterre, tout le stade reprend à tue-tête le refrain irrésistible de « Shooting Star » et applaudit avec fracas à l’annonce des titres. Tous des tubes, comme les célèbres « Seagull », « Feel Like Makin Love », « Movin On » ou « Rock’n Roll Fantasy ».

Bad Co offre au public les chansons qu’il souhaite entendre, et on reste bouche bée en réalisant qu’autant de ses compos soient devenues des ‘classiques’. En outre, le temps n’a altéré ni le look, ni la voix, de celui qui a succédé à Freddie Mercury. Une magnifique leçon de hard rock à l’ancienne qui donne toujours envie de taper du pied. Peut-être le live de l’année !

 

Wu Lyf

Go Tell Fire To the Mountain

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Wu Lyf, initiales de ‘World Unite - Lucifer Youth Foundation’ fait la nique à toutes les convenances et aux genres établis. D’ailleurs, pour enregistrer ce « Go Tell Fire To the Mountain », la ‘fondation de la jeunesse luciferienne’ s’est enfermée… dans une église. Les Mancuniens en sont sortis muni d’un premier LP énorme, aux hymnes que l’on imagine facilement repris par un stade de foot entier. Ellery Roberts, alias Elle Jaie, scande ses versets à qui veut les entendre. Et même si personne ne les entend, il n’en a rien à clairement rien foutre. Chaque syllabe est hurlée comme si son auteur recherchait la moindre once de délivrance que pourrait lui apporter ses interjections. Emmené également par des riffs de guitares séraphiques, le « Go Tell Fire To the Mountain » de Wu Lyf  joue la carte de la dualité avec un brio désarmant.

« Heavy Pop », tel est le titre qui clôture la galette mais qui décrit également à merveille les dix morceaux qui la compose. A mi-chemin entre l’enfer et le paradis, les quatre Britons peuvent se targuer sans rougir d’avoir généré le chaînon manquant entre Pop, Indie et Metal. Suffit de jeter une oreille à « We Bros » ou l’énormissime « Spitting Blood » pour se laisser convaincre. Oubliez le sacrifice de chèvre et n’implorez plus l’absolution. Ecouter « Go Tell Fire To The Mountain » de World Unite – Lucifer Youth Foundation est l’acte le plus libérateur et spirituel susceptible d’être réalisé en cette période trouble.

 

Too Much & The White Nots

Hootenanny

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Too Much and The White Nots est un collectif bien belge qui ne connaît pas la crise. Un septuor réunissant, un véritable ‘melting pot’ noir, jaune, rouge ; soit deux Wallons, une Bruxelloise d’origine néerlandophone ainsi que des Bruxellois d’adoption (français, italien). Et le collectif est parvenu à trouver le bon équilibre en n’hésitant pas à faire des compromis, pourvu qu’ils soient source de joie et de bonne humeur. 

« Hootenanny » constitue leur tout premier elpee. Leurs influences ? Ils les puisent essentiellement dans le folk des sixties et du début des seventies. Pensez d’abord à Bob Dylan. Pour la face étasunienne. Et Nick Drake. Pour l’insulaire. Des influences que le collectif revendique d’ailleurs. Evidemment, si on se limite à la scène contemporaine, ce serait plutôt du côté de Fleet Foxes qu’il faudrait lorgner. Tout en imaginant un chanteur dont le timbre est aussi nasillard que celui de Devendra Banhart.

Parfois légèrement teintées de blues, les compos de Too Much and The White Nots sont balisées par un violoncelle et des guitares. Une trame sur laquelle vient se greffer une multitude d’instruments, dont un ukulélé, des dununs, du glockenspiel et un xylophone. Bien que le climat soit le plus souvent allègre, une certaine tension est parfois palpable sur certaines plages. Quant aux vocaux, dispensés sous forme de dialogues ou conjugués en harmonie, ils communiquent beaucoup de vivacité aux chansons. Deux regrets cependant, certaines pistes tirent en longueur. Et puis, il y a cette reprise « My Moon, My Man » de Feist, absolument abominable…

Bonne nouvelle quand même, le groupe a bien la tête sur les épaules. Et il est conscient que c’est sur les planches qu’il parvient à donner le meilleur de lui-même. Il lui faudra donc encore bosser pour reproduire sur un support, tout le talent qu’il parvient à afficher en ‘live’…

 

Tony Sly

Sad Bear

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Quand un ex-punk décide de débrancher son ampli et de renoncer aux distos, pour embrasser un style plus basique, le plus souvent folk, limité en général à la sèche et à la voix, ça passe ou ça casse. Parce que lorsqu’on est seul avec sa guitare acoustique, il n’est plus possible de se cacher derrière le moindre artifice. Seule la qualité de songwriting importe. Parmi les reconversions les plus réussies, on épinglera Elliott Smith et Micah P. Hinson, qui militaient également au sein d’une formation punk avant de se lancer dans une aventure une solitaire. Il y en a d’autres, bien sûr, et l’exemple le plus récent est certainement celui accompli par l’ex-chanteur de Million Dead, Frank Turner.

Malheureusement, il faut reconnaître que Tony Sly n’a pas vraiment fait le bon choix. En outre, son deuxième album risque fort de définitivement éloigner les fans de No Use For A Name. Et pas seulement, parce que l’énergie légendaire dispensée par le groupe culte californien est ici totalement absente. Quant aux quelques étincelles qui parsèment accidentellement l’une ou l’autre plage, elles ne parviennent jamais à allumer la flamme. Simplement parce que les neuf morceaux qui figurent sur « Sad Bear » sont d’une niaiserie indicible. Les lyrics, tout particulièrement. Qu’il interprète, trop souvent d’un ton pathétique (« Discomfort Inn », « Therapy »). Même que si Tony Sly voulait faire pleurer sous les chaumières, il ne parviendrait qu’à provoquer des fous rires. Le pauvre !

 

Static

Freedom of Noise

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Static est une formation allemande drivée par Hanno Leichtmann. Et on peut dire que ce leader la dirige, tambour battant. Son électro, il l’enrichit par une instrumentation basique, à l’instar de l’électro ou du banjo, par exemple.

« Freedom of Noise » ne casse cependant pas la baraque. Les compos du band berlinois sont profilées sur des sonorités bien trop répétitives et imprimées sur un tempo pas assez entraînant. Peu ou pratiquement pas de vocaux. Des arrangements excessifs. Pas de ligne de conduite. Bref, ça part dans tous les sens. "Collage, Holz, Papier 2" rappelle même le bruit de connexions Internet émis par les antiques modems 56k.

Les 10 titres de ce « Freedom of Noise » ne procurent guère de plaisir. Tout n’est pas à jeter, mais manifestement, Static semble quand être passé carrément à côté de son sujet. Et il aura beaucoup de mal à convaincre la critique.

 

September Malevolence

Our withers unwrung

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« Our withers unwrung » constitue le troisième album de September Malevolence. Il fait suite à « After this darkness, there’s a next », paru il y a déjà trois ans. Un elpee qui navigue en eaux troubles, quelque part entre indie-rock et post-rock. Et c’est ici que le bât blesse, car le trio suédois ne parvient jamais à garder le cap. Au sein de ses compos relativement pop, la formation incorpore des riffs instrumentaux rappelant parfois Mogwai. L’idée a donc de quoi séduire, mais on a souvent l’impression que le navire dérive. Les mélodies sont trop confuses. Les interludes instrumentaux s’interrompent soit trop tôt, soit trop tard. On reste donc constamment sur sa faim.

Pourtant, les Scandinaves ont du potentiel. Les harmonies vocales sont superbes. La technique des musicos sur leurs instruments est irréprochable. Et la production est parfaite. Difficile de comprendre pourquoi l’embarcation a pris l’eau. Il faudra bien consolider la coque, avant de la remettre à l’eau…

 

Scorpions

Comeblack

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En ces temps difficiles où quelques déceptions ont émaillé nos dernières écoutes, on se réjouissait à l’écoute d’un nouvel album de Scorpions. Et pourtant, on se demande encore ce qui a poussé le venimeux groupe vétéran à se soumettre à tel exercice. Sans être véritablement génial, « Sting of the Tail », présenté comme un album d’adieu, avait au moins la qualité d’apporter du sang non seulement neuf, mais surtout bien lourd, comme à la grande époque. « Comeblack », malgré ses apparences trompeuses, n’est pas un véritable nouvel opus de la bande à Klaus Meine. A moitié constitué de grands classiques réenregistrés, y figurent aussi des reprises de titres écrits dans les années 60.

Peu à l’aise sur le « Ruby Tuesday » des Stones, et complètement à côté de la plaque sur le « Children of Revolution » de T. Rex, le combo évolue avec bien plus d’aisance sur le standard des Kings « All Day And Out Of The Night ». Quant à « Tainted Love », ce titre appartient définitivement à Soft Cell (NDR : en fait, signé par Ed Copp du groupe The Four Preps, il a d’abord été popularisée en 1964 par Gloria Jones, avant d’être traduit en hit planétaire par le duo Marc Almond/Dave Ball). Il aura fallu, avant l’audition de ces reprises en demi-teinte, se farcir sept des plus grands hits de Scorpions, dans des ‘nouvelles’ versions. Et on reste bouche bée devant une telle initiative, car il est évident que des classiques comme « The Zoo », « No One Like You » et « Blackout » n’ont pas besoin de lifting. La puissance de feu de Scorpions est largement reconnue dans la famille metal. Mais la voix de Klaus Meine, même si elle demeure une des plus belles des groupes catalogués hard rock eighties, ne s’est pas améliorée au fil des décennies, et cela s’entend dès les premières mesures de « Rhythm Of Love ».

S’agit-il de la dernière piqûre des valeureux Teutons ? Si c’est le cas, elle n’a pas grand-chose de venimeux.

 

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