Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Ora Cogan
L7
Chroniques

Still Corners

The last exit

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Tessa Murray est britannique et Greg Hughes américain. Elle se consacre aux claviers et au chant. Il est multi-instrumentiste, producteur et ingénieur du son. Un couple en studio comme à la ville dont le projet musical, Still Corners, est né en 2007. Et « The last exit » constitue son cinquième elpee.

Une œuvre qui nous invite à traverser les paysages arides et solitaires des déserts du sud-ouest américain. Un peu dans l’esprit de « Paris, Texas » de Wim Wenders. Bref, une musique particulièrement cinématographique hantée par la voix de Tessa aussi vaporeuse et nonchalante que celle de Hope Sandoval (Mazzy Star). Rien que le sifflotement qui traverse « Crying » rappelle les B.O. des westerns spaghetti de Sergio Leone, alors que l’instrumental « Till we meet again » nous plonge au sein d’un univers que n’aurait pas renié Mike Oldfield. Un coyote hurle pendant « Bad town », un morceau de folk noir étrange et sombre à la fois. Parfois, on y croise un piano spectral. Et puis il y a ces interventions de guitare chargées de reverb qui réveillent en notre for intérieur le « Blue hotel » de Chris Isaak. Des interventions tour à tour traitées à la slide, à la pedal steel, surf ou même sous forme acoustique, parfois même en picking, à la manière d’un Ry Cooder. Faut dire que Greg est particulièrement doué sur son manche. Chargé de swing (?!?!), « It’s voodoo » libère même des sonorités dignes de Mark Knopfler. Le plus étonnant procède du contraste entre la voix de Tessa et certaines compos plus rythmées, quelquefois boostées par la ligne de basse offensive. Mais quel que soit le tempo, sa voix reste languissante. Tout en s’intégrant parfaitement dans l’ensemble. 

Un album élégant, bourré de charme, mais énigmatique, qui a encore recours à l’électronique, mais dont le drumming organique apporte davantage de profondeur à des compos qui traitent d’isolement, de vulnérabilité et de mort…

METZ

Atlas Vending

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« Atlas Vending » constitue le quatrième elpee de ce trio torontois, un disque qui a été coproduit par Ben Greenberg, le guitariste de Uniform (NDR : un duo indus-metal) et mixé par Seth Manchester (Daughters, Lingua Ignota, The Body). Naturellement percutante, sauvage, parfois même brutale, la musique de cet opus s’avère cependant plus complexe que sur les précédents essais.

D’abord on y retrouve ces riffs tranchants, abrasifs, saccadés, ces stridulations et distorsions électriques très caractéristiques, la voix blanche et impétueuse d’Alex Edkins, sans oublier ce tempo frénétique adopté sur plusieurs plages. Le tout baignant au sein d’un climat aussi malsain que claustrophobe. Parfois dans l’esprit des débuts de Fugazi voire d’At The Drive In.

Mais le plus intéressant procède des nuances rencontrées sur plusieurs pistes. A l’instar du post punk « Framed by the comet’s tall », une compo au cours de laquelle la violence semble bien maitrisée. Et puis surtout du titre final, « A boat to drown it ». Un morceau de plus de 7’30 évoluant sur un tempo obsessionnel, hypnotique,’motorik » mais qui surfe sur une vague d’électricité ‘mybloodyvalentinesque’. On rencontre d’ailleurs également des harmonies vocales réminiscentes du MBV sur « Blind youth industrial ». Enfin, le tempo quasi-binaire peut également se révéler tribal, amérindien (« Pulse »).

Maintenant, pas de panique, la musique de Metz est toujours aussi bruitiste…

Whitney

Candid

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Fondé en 2014 par Max Kakacek and Julien Ehrlich, deux ex-membres de Smith Westerns, Whitney vient d’enregistrer un album de reprises. Ce n’est pas la première fois que le band se livre à de tels exercices de style. En 2017, il s’était ainsi attaqué à une cover du « You’ve got a woman » du duo soul/funk néerlandais Lion et au « Gonna Hurry (As Slow as I Can) » de Bill Owens, une chanson popularisée par Dolly Parton.

Sur « Candid », Whitney nous propose, notamment, des versions de compos signées Brian Eno/David Byrne (« Strange overtones »), John Denver (« Take me home, country roads », auquel participe Waxahatchee), Damien Jurado (« A.M. AM ») ou encore Moondog (« High on a rocky ledge »).  

S’il n’y avait le superbe falsetto des deux vocalistes, on pourrait reprocher à cet LP de ne receler que de pâles interprétations. Seules les deux folk songs sauvent un peu la mise. Tout d’abord le « Crying, laughing, loving, lying » de Labi Siffre, dont la mélodie pop accroche instantanément. Puis l’adaptation de la très jolie ballade « Rainbows & Ridges » de feu Blaze Foley, un chanteur/compositeur/poète texan, encensé par Townes Van Zandt et Lucinda Williams…

M’enfin, c’est un peu maigre comme bilan…

Holy Esque

Television/Sweet

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Holy Esque est une formation écossaise, issue d’East Kilbride tout comme Jesaus & Mary Chain très exactement, et « Television/Sweet » constitue son second elpee, un disque tout au long duquel elle revisite le post punk en proposant une musique froide, sombre et abrasive, mais aux relents sociaux engagés.

La bande au ténébreux Pat Hynes, dont la voix est à la fois puissante et éraillée, brosse une vision obscure du monde contemporain. Un uppercut glacé dont les impulsions électro (« Give Me Your Stillness ») conjuguées à des éclats synth-wave (« House of Hounds ») rappellent Future Islands

Bref, ce « Television/Sweet » constitue une bande-son idéale pour accompagner ces temps mélancoliques pendant lesquels la culture partagée nous manque tant…

Tue-Loup

Total Musette

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Sorti en 2017, « Total Musette » réunit de nouvelles versions de classiques de la chanson française. S’y est collé Tue-Loup, une formation sarthoise. Mais en les abordant sous l’angle de leur musette ‘countrisante’.

Actif depuis 1995, la bande emmenée par Xavier Plumas a eu le nez creux en reprenant des titres tels que « La Valse Brune » (un hymne antibourgeois datant de 1909), « Riquita », « La Fille Que J’Aime » de Béranger, « Viva España » de Georgette Plana ou même « Salade de Fruit » de Bourvil ! Une opération risquée pour cette musique un brin désuète et ‘vieille France’ qui… s’est toutefois révélée bien plus réussie que les horreurs pondues par l’horripilant Patrick Bruel. Très rafraichissant !

Shame

Drunk Tank Pink

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Deuxième elpee pour ce groupe considéré comme un des leaders du renouveau du punk rock britannique. Intitulé « Drunk Tank Pink », il a bénéficié de la mise en forme de James Ford (Arctic Monkeys, Foals), une œuvre qui reflète l’anxiété vécue lors du passage entre la jeunesse et l’âge adulte. Une thématique plus sombre, même si les textes ne sont pas dénués d’un humour bien britannique.

Découpé en 11 plages « Drunk tank pink » se nourrit volontiers de funk blanc. Pensez à XTC, Gang of Four, Talking Heads et même à PIL. A cause des interventions bien syncopées à la guitare de Sean Coyle Smith. Et l’autre gratteur, Eddie Green, vient régulièrement apporter son grain de sel, entrant régulièrement en duel avec son partenaire. Bien sûr, l’énergie punk est toujours bien présente. A l’instar de « Great dog », morceau le plus court du long playing ainsi que du frénétique « 6/1 ». Véhémente, la plus souvent déclamatoire, la voix de Charlie Steen est très souvent hantée par celle de feu Mark E. Smith (The Fall). Elle devient cependant incantatoire sur « Born in Luton », une plage qui lorgne vers le math rock (Shellac ?), nonobstant ses chœurs masculins. Et carrément ‘rottenesque’ sur « Water in te well », une piste qui libère un groove réminiscent des B52’s, mais dont la structure rappelle Parquet Courts. Et elle campe un baryton profond sur « Human, for a minute », une compo aux percus disposées en couches et aux sonorités de guitares discrètes, mais chatoyantes.

L’album nous réserve deux compos audacieuses. Tout d’abord « Snow day ». Bien que fondamentalement rock, à cause des roulements de drums dispensés par Charlie Forbes, elle se frotte à la fois au punk, au funk, mais surtout au jazz, un peu dans l’esprit du « Black star » de Bowie. Et enfin, le titre final « Station wagon ». Un morceau de 6’ qui s’ouvre par un poème récité tel un sermon sauvage traitant de l’égo humain, sur bande sonore cinématographique (pensez aux B.O. de westerns spaghetti signées Ennio Morricone) avant qu’il ne monte en intensité. Moment choisi pour les guitares de se mettre à frémir et les instruments de s’empiler avant l’apocalypse. Superbe !

Frankie and The Witch Fingers

Monsters Eating People Eating Monsters…

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A l’instar de Thee Oh Sees (dont ils ont assuré la première partie), King Gizzard ou de Ty Segall, Frankie and The Witch Fingers appartient à cette catégorie de formations qui gravent des albums à la pelle. Depuis six ans, ce band originaire de Los Angeles, en parfait métronome, publie un long playing chaque année. Enregistré en cinq jours, « Monsters Eating People Eating Monsters » constitue donc son sixième.

« Activate », morceau qui ouvre l’opus, plante magnifiquement le décor, en nous réservant sept minutes de psyché/rock stimulées par des percussions exotiques. Et le trio yankee a le bon goût de poursuivre son parcours par des pistes d’une efficacité redoutable. Les riffs de guitare font mouche et la voix nasillarde de Dylan Sizemore se cache sous des effets vintage. Les titres se succèdent sans perdre en intensité, atteignant leur point d’orgue lors de l’excellent « Simulator », au cours duquel lequel le guitariste martyrise sa guitare, mais parvient toujours à retomber sur ses pattes.

Frankie and The Witches est le type de formation qui nous fait espérer encore un peu plus la réouverture des salles de spectacles. Vu l’énergie véhiculée par ce combo tout au long de cet LP, assister à un de ses concerts peut devenir un excellent moyen pour décompresser…

Widowspeak

Plum

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Widowspeak est un duo réunissant la chanteuse Molly Hamilton et le guitariste Robert Earl Thomas. Lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, le duo new-yorkais a reçu le concours du pianiste Michael Hess ainsi que du préposé aux synthés et à la basse, Sam Cohen. « Plum » constitue le 5ème album de Widowspeak, une œuvre qui a bénéficié du mixing d’Aldous Harding (PJ Harvey, Aldous Harding, Perfume Genius) et de la mise en forme de Sam Evian. Alias Sam Owens, il milite également chez Celestial Shore.

La musique de Widowspeak baigne au sein d’une forme de dream pop illuminée par la voix diaphane et nonchalante d’Hamilton, une voix rappelant très souvent celle de Hope Sandoval (Mazzy Star). Elle y chante des compos dont les lyrics posent des réflexions personnelles sur nos angoisses existentielles au sein d’une société de consommation rongée par le capitalisme.

Même si parfois le tempo peut se révéler offensif, les morceaux sont particulièrement raffinés. Les interventions de guitare tour à tour en picking, surf (« Even true love », une pisite qui arait pu figurer au répertoire de Chris Isaak)), en boucle (« Money ») ou rythmiques (« Sure thing »), mais toujours élégantes et parcimonieuses, la ligne de basse profonde (« The good ones ») ou palpitante (« Amy ») et les synthés atmosphériques entretiennent ce climat feutré.

Les deux dernières pistes de cet LP invitent davantage l’électronique. Psyché/folk, « Y2K » s’ouvre par des claviers cathédralesques, alors que « Jeanie » rend probablement hommage à Terry Riley, une plage que Molly chante aussi bien en français qu’en anglais. Un album qui ne manque pas de charme…

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