Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

logo_musiczine

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Cure
Gary Numan
Chroniques

Various Artists

Startin’ Pop Volume 4

Écrit par

Depuis sa création, c’est-à-dire en 2002, le collectif liégeois Startin’Pop effectue un travail positivement obstiné qui renouvelle sans cesse l’espace sonore et révèle de nouveaux artistes. Projet qui nous invite régulièrement à visiter le panorama kaléidoscopique de la scène pop-rock du Sud de notre plat pays. Vitrine de cette quête minutieuse, quatre compilations distribuées par Bang ! L’édition 2009 surprend et confirme déjà certaines intuitions. Epinglons sommairement deux exemples parmi d’autres : après avoir été lauréat du Pure Démo organisé par Pure FM, Roscoe décroche un premier single électro-pop remarquable signé sur Aka Music (voir rubrique chroniques Cd). Quant au premier 8 titres de 14 Weeks, son pop-rock-électro ne laisse certainement pas l’auditeur indifférent.

Globalement, le baromètre à musique Startin’ Pop nous rassure sur la santé de la scène belge et nous indique clairement que notre pop-rock nationale se porte décidément très bien.

Mais « Startin’ Pop Volume 4 » c’est aussi 7even PM, Adequate, Engines of Love, Black Love Celebration, Die Adored, Hall Mars, Moladji, The Bellavista Suite, The Vogues, The Mash, Versus Club, Virgil, Fiasco… sans oublier I’m Big In Japan, dont le concert tout en crescendo, accordé ce 25 novembre à l’Atelier 210 de Bruxelles, a littéralement épaté la galerie (voir article dans la rubrique ‘reviews concerts’)

Les boulimiques musicaux et les amoureux de la scène indé belge se feront très certainement un plaisir de découvrir ce pot-pourri ‘à prix d’ami’. Plus d’infos sur  http://www.myspace.com/startinpop

Times New Viking

Born Again Revisited

Écrit par

Le Times New Viking nous vient du Midwest américain. De Columbus capitale de l’Ohio, en particulier. Réunissant le guitariste Jared Phillips, le batteur Adam Elliott et la claviériste Beth Murphy, ce trio pratique une forme de lo-fi. « Born Again Revisited » constitue leur quatrième elpee (NDR : et le second pour Matador). Il fait suite à l’acclamé « Rip It Off », édité l’an dernier. Marquées par l’esprit du DIY (‘Do It Yourself’) de la fin des années 70, du punk et du rock indépendant des 90s, leurs compositions s’inspireraient de Guided By Voices, Pavement et même des Beatles. C’est ce que les musiciens de T.N.V. racontent. Il est néanmoins difficile de déceler ces références dans leur expression sonore, tant elle est demeurée bruitiste. Très enthousiastes, les membres du combo avaient pourtant promis ‘un son jusqu’à 25% plus propre…’

Certains artistes ou groupes ne rencontreront jamais un succès de masse. Faut dire que parfois, ce n’est pas non plus leur objectif. Sans connaître les motivations réelles de Times New Viking, il est plus que probable que ce soit cet état d’esprit qui dicte leur ligne de conduite. Lo-fi dans le sens le plus strict du terme, leur musique ne s’offre pas d’entrée. L’auditeur doit se faire violence et gratter sous un vernis pas toujours très clair, pour découvrir ses trésors cachés. Pour atteindre la sensibilité profonde de leurs mélodies pop tellement ténues. Après s’être débarrassé du superflu (« I Smell Bubblegum » et « Little Word »), concentrons-nous sur des morceaux qui auraient pu se révéler magnifiques, s’ils avaient bénéficié d’une mise en forme correcte (« Marin Luther King Day », « Move To California » et « City On Drugs »), tout en faisant hurler les puristes. Je me demande d’ailleurs ce qu’une compo comme « No Time, No Hope » serait devenue si elle avait été bien produite, alors que dans son état actuel, elle accroche déjà instantanément. Difficile d’accès, « Born Again Revisited » procure une certaine satisfaction au fur et à mesure de ses écoutes. Mais je déconseille vivement cette aventure sonique aux amateurs de musique formatée. Le rock indie lo-fi gavé au fuzz, ça ne doit pas trop être leur truc. A contrario, les fans de musique défricheuse et sincère devraient apprécier. Et je pense tout particulièrement aux aficionados de Sonic Youth. En outre, je parie que ce groupe excelle sur les planches. Il les retrouve d’ailleurs souvent à la même affiche que Los Campesinos…

On imagine ces jeunes gens répéter dans un garage, dans une banlieue américaine lambda, essayant de conjurer l’ennui de leur petite ville en vomissant des sons parfois à limite de l’audible. Lorsque la musique véhicule une signification existentielle et lorsque les musiciens vivent littéralement cette musique, le mélomane ne peut que s’incliner… Si certains avançaient le concept de ‘Wall of Crap’, en opposition au ‘Wall Of Sound’ de Phil Spector, au sujet de Minus Story, qu’ils écoutent « Born Again Revisited » afin de saisir le sens véritable de la formule !

 

Rupa & The April Fishes

Este Mundo

Écrit par

Élevée aux États-Unis, en Inde et en France, Rupa Marya mène une double vie : à la fois médecin et musicienne, elle alterne avec brio stéthoscope et micro. Entourée de ses ‘poissons d’avril’, elle injecte des touches tziganes, latines, folk et indiennes aux histoires tantôt tristes, tantôt pleines d’humour qu'elle raconte en français, en espagnol et en anglais.

Second opus de ce combo très coloré, « Este Mundo » fait donc suite à Extraordinary Rendition ». Outre la guitariste/chanteuse Rupa, le line up implique six autres membres. Quant à leur musique, elle trahit des relents de Mano Negra mais en plus ‘light’. A cause de l’interprétation des textes qui avaient plus de punch lorsqu’ils sortaient de la ‘gueule’ de Manu Chao.

Le groupe réunit des musiciens issus de cultures musicales différentes. Violoncelliste, Ed Baskerville a reçu une formation approfondie dans la tradition classique. Trompettiste, Marcus Cohen a grandi à Saint Louis où il a été imprégné de jazz. Accordéoniste amoureuse de style ‘musette’ et ‘rom’, Isabel Douglass a fait son apprentissage en Roumanie. Drummer,  Aaron Kierbel joue aussi de la machine à écrire (oui oui) ! Tom Edler est le contrebassiste. Mais milite dans un style jazz à ‘l’ancienne’. Et enfin, accordéoniste/bandonéoniste et passionné de tango, Adrian Jost nous la joue sentimentale…

Les textes issus de la plume de Rupa évoquent les cas heureux et malheureux qu’elle a pu rencontrer lors de ses missions en tant que médecin du monde. Ils sont le reflet de ses expériences et des différentes cultures rencontrées. Elle raconte l’amour, la vie, la maladie, la misère, la mort…

Mettez toutes les références de ces musiciens dans un shaker. Ajoutez des textes en anglais, français, espagnols, indis, roms. Secouez vigoureusement et vous obtiendrez un cocktail sonore absolument original, ne manquant ni de goût ni de piquant.

Une heureuse surprise !

Revolver

Music for a While

Écrit par

Revolver : ‘Nous sommes un groupe pop, avec un passé classique.’ 

Musiciens hors du temps, Ambroise Willaume (chant), Christophe Musset (guitares) et Jérémie Arcache (violoncelle) s’attaquent à un nouveau genre musical sur la scène française et expriment clairement leur formation classique à travers une musique pop britannique traditionnelle. Une pop de chambre soufflant des chants lyriques qui oscillent entre Henry Purcell et les Beattles.    

Certains traits communs unissent ces artistes. Hormis une formation classique, c’est encore au sein de la prestigieuse association ‘Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris’ que deux des trois titis parisiens feront leurs premiers pas musicaux. Peu de répit pour eux. A peine le temps de respirer après le premier Ep griffé « Pop de Chambre », sorti en 2008, que les enfants de chœur de Notre-Dame de Paris sortent déjà leur premier opus sous la bannière de « Music for a While ». Album qui brille par la subtilité des chœurs et des harmonies. Chœurs chaleureux enlacés de guitares, d’un violoncelle, d’un piano et d’un timbre de voix atypique sur une production irréprochable de Julien Delfaud (Phoenix, Herman Dune…) Nulle folie sur cette galette sucrée au goût de miel et de guimauve qui donne l’impression de revisiter et de réinventer le répertoire des Beatles. Plutôt un exercice scolaire joliment exécuté. La spontanéité et la sincérité des morceaux touchent indéniablement mais manquent cruellement de profondeur et de désordre. « Music for a While » se love, pour l’essentiel, dans un cocon pop empesé d’influences classiques et amidonné d’ambiances ouatées aux effets Dafalgan codéine. 12 titres analgésiques à prescrire absolument pour combattre toute forme de migraine.

Un elpee articulé essentiellement autour du single « Get Around Town » qui nous propose néanmoins quelques aspérités. Pizzicati, grincements de cordes, riffs électriques et chœurs précieux en ouverture sur « Birds IN Dm » (NDR : certainement le plus beau morceau de l’album) décorent des bris de voix qui se cofondent par moments avec celle de Neil Hannon de The Divine Comedy. Influence vocale qui résonne également sur des morceaux comme « Leave Me Alone » ou « Back To You ». Ainsi, on entend parfois l’ombre sonore de Paul McCartney qui rôde sur « You Drove Me Home ». Quant aux doublements de voix inspirés d’Elliot Smith, ils se synchronisent parfaitement sur « Balulow » et s’épousent mélodieusement tout au long de « Get Around Town ». On notera finalement la fonction essentielle du ‘rockabilliesque’ « Untitled #1 » qui secoue et dérange prudemment la tendre pop de Revolver dont l’écoute ininterrompue (des 12 pistes de l’album) pourrait sembler longue à certaines oreilles.

« Music for a While », un titre qui, espérons-le, ne soit pas prémonitoire pour ce jeune groupe français.

 

The Raveonettes

In And Out Of Control

Écrit par

‘The Raveonettes’ ! Mot-valise qui exprime indirectement les références fondatrices du duo-couple de Copenhague. D’une part, celle des ‘Ronettes’ –et plus particulièrement du ‘Wall of Sound’ de Phil Spector– et, d’autre part, celle du célèbre « Rave On » de Buddy Holly. Influences à l’origine de la simplicité structurelle et harmonique fifties et seventies qui habite les quatre albums du groupe. Ajoutons-y le regard passionné porté par Sharin Foo (chant/basse/guitare) sur le lyrisme sombre du Velvet Underground et l’amour inconditionnel de Sune Rose Wagner (chant/guitare) pour la noisy pop de Jesus & Mary Chain, et les The Raveonettes naissent un beau jour d’hiver 2000.

Presque dix ans d’existence et quatre elpees plus tard, « In And Out Of Control » décide de visiter d’autres horizons et de s’éloigner des rivages musicaux de Jesus and Mary Chain pour marcher sur les traces de mélodies plus classiquement pop. Le groupe exprime alors une métamorphose et refuse habilement de se conforter dans le cotonneux succès rencontré lors de l’excellentissime « Lust Lust Lust », sorti en 2007. La quintessence et l’âme Raveonettes restent cependant omniprésentes et continuent inlassablement de passer le son sixties à la moulinette indie. Mais, désormais, le rock garage souillé s’évanouit en pop. Le premier album « Whip It On », paru en 2001, nous avait déjà démontré que le son punk rock industriel et les mélodies pop pouvaient coexister harmonieusement. Pour « In Out Of Control », « The Raveonettes » quitte provisoirement les ombres abyssales de la ‘factory’ de Warhol et s’engage davantage dans les voies lumineuses de la pop éthérée et aérienne de Camera Obscura (« Last Dance »). Les guitares fuzzy saturées de reverb (« Bang ! ») viennent se poser sur des voix cristallines, infiniment moins sombres que par le passé, et éclaircissent sporadiquement le microsillon en vinylite qui bénéficie d’une production dégraissée. Catharsis sonore qui n’enchantera vraisemblablement pas les amoureux de la première heure. Malgré une douceâtre nostalgie, le groupe, souvent taxé de voyageur sur trois accords en si bémol mineur exclusivement, semble néanmoins mener sa propre révolution sonore avec talent et aborde ce virage avec une lucidité qui tient minutieusement la route.            

Unique ombre au tableau : l’amour inconsidéré de ces artistes pour la Beat génération et l’écriture spontanée. La plume danoise ne possède décidément pas le talent littéraire de Jack Kerouac. Malgré un album mélodiquement moins sombre, les dark lyrics imprégnées de l’essence Velvet Underground demeurent et s’écoulent parfois, comme on le dit de(s) source(s). Mais d’innocence et de simplisme. Préméditées ou non, les paroles sombrent quelquefois et échouent lamentablement sur le rivage du ridicule.

Quelques exemples ? Le clin d’œil adressé au groupe newyorkais Suicide. Les lyrics n’y traitent nullement d’un apartheid réformiste dans une ère post-dépressive mais nous annoncent que le suicide est mauvais pour la santé. « In and Out of Control » revisite les fondements de la démocratie en nous rappelant que le viol ‘is bad’ et que les violeurs devraient être punis sévèrement. Quant à « D.R.U.G.S », il nous aide à épeler le mot drogue sans oublier de préciser les effets de dépendance. Le grisant « Wine » nous signale prudemment que le vin peut conduire à l’ivresse… Bref, ce que chacun d’entre nous sait depuis une éternité ! Reste à espérer que les textes du prochain elpee des deux Danois ne nous remémoreront pas que la guerre nuit gravement à la santé et que la paix c’est cool !

Mais revenons à l’essentiel : la musique ! Cet album divisera certainement les inconditionnels nostalgiques et ceux qui se laisseront porter par les forts aquilons de « In Out Of Control ». Néanmoins, le quatrième opus des Raveonettes s’affiche comme une œuvre indispensable dans le paysage musical de 2009.            

 

Poison Pen

The Money Shot

Écrit par

Poison Pen est un grand garçon. Si déjà son gabarit physique a de quoi impressionner les quelques téméraires qui viendraient traiter sa maman de traînée, les micros tremblent et s’affolent également dès qu’il vient y poser son flow. Issu du milieu ‘battle’ new-yorkais (NDR : sorte de joute verbale où les MCs se vannent en impro et en direct devant un public survolté), Poison s’en démarque de manière surprenante et forge petit à petit le respect autour de lui. Remarqué suite à ses victoires sur le ‘ring du verbe’, l’Américain rejoint assez vite le collectif Stronghold où sévissent déjà, entre autres, C-Rayz Walz, Breeze Evahflowin’ ou encore Immortal Technique. Sur cet étage underground du rap, il prend possession de son style définitif et vient balancer du méchant à tire-larigot. On le retrouve sur toutes sortes de compiles ou d’albums, en ‘guest’ (« Cunninlynguists Strange Journey », « Apathy Eastern Philosophy », « Vast Aire Look Mom… No Hands », etc.)

Pour motiver un peu plus son ascension, Rockstar vient tout simplement lui proposer de poser un titre sur la bande son de leur jeu fétiche Grand Theft Auto (GTA : Vice City). Tout roule donc pour l’Américain, qui devient assez facilement une star dans son quartier de Brooklyn. Pour « The Money Shot », le petit Poison a décidé de la jouer en solo, mais en s’offrant quand même les services de quelques acolytes triés sur le volet (Silkk The Shocker, Gillie Da Kid, Block McCloud, …) Construit sur une base west-coast, son rap est chaloupé, à la limite de l’érotique.

C’est donc sur les cendres du Wu-Tang que l’Américain vient déhancher l’auditeur. Il y déballe ses frasques entre potes, ses coups de gueule et de bibines ainsi que quelques sujets chers aux rappeurs, en général. Assez percutant dans l’ensemble, « The Money Shot » est succulent. Les beats se fracassent sur les cuisses des ‘bombass’ qui l’écoutent, les chemises s’éjectent des pantalons qui les enserraient, le poing se lève sur le rythme, tout naturellement. Vu le nounours (NDR : tant sa voix que le gabarit !), on aurait presque envie d’aller chercher quelques shots de rhum pour les partager en compagnie de ce grand gaillard. Hyper généreux, Poison Pen nous balance là encore, une vilaine droite dont lui seul a le secret ; et le pire c’est qu’on y retourne.

Sid Morris

Take me back

Écrit par

Sid Morris a passé sa jeunesse au Texas. A Houston, très exactement. Mais il réside depuis fort longtemps en Californie, du côté de San José. Au cours des sixties, ce pianiste avait déjà milité au sein d’un blues band, en compagnie de l'harmoniciste local Gary Smith. Il s'est produit sur la scène du tout premier San Francisco Blues Festival. En 1973. Trois ans plus tard, il participe à l'enregistrement de "Bay area blues", une compile à laquelle collaborent des artistes aussi notoires que Luther Tucker, Charlie Musselwhite, Sonny Rhodes, Ron Thompson et Gary Smith. Musicien demeuré très actif dans cette région de la Californie, il a fondé son groupe, il y a quelques années : Roadhouse Rockers. Au sein du line up militent le guitariste Gary Weller, le bassiste Frank DeRose et le saxophoniste Jack Sanford. La rencontre de Kid Andersen, le talentueux guitariste d'origine norvégienne, lui a permis d’entrer au sein de ses studios pour enregistrer ce nouvel opus : le Greaseland à San José. Ce dernier se charge du rôle d’ingénieur du son et de guitariste sur la majorité des plages. Pour rappel, Kid est le gratteur actuel des Nightcats de Rick Estrin.

Le "House party tonight" d'Amos Milburn nous plonge immédiatement au cœur de la musique de Morris. Frank DeRose et June Core libèrent un maximum de swing. Dans son répertoire, Sid s'avère un fort bon chanteur. Son toucher de piano est magique. On le sent très à l'aise. Dans ce style west coast jump, Gary Weller l’est tout autant à la six cordes. Au cours de l’elpee, Sid est soutenu par un même trio, à plusieurs reprises. En l’occurrence Andersen, DeRose et le drummer Butch Cousins (NDR : ce dernier a sévi au sein du band de l’excellent saxophoniste local, Terry Hanck). Le titre maître est imprimé sur un mid tempo. Un superbe blues qui met en exergue la cohésion entre les différents musicos. Sid aime varier les styles. Il est dans son élément à New Orleans. Il tire parfaitement son épingle du jeu sur le "Longhair's blues rhumba" de Professor Longhair, un "All by myself" au cours duquel il se révèle très proche de James Booker, et le "One for the highway" de Fats Domino. Il s'approche aussi de Chicago pour reprendre un de ses artistes favoris : Big Maceo Merriweather. Tout d’abord, le slow blues bien notoire "Worried life blues" ; et ensuite l'instrumental "Texas stomp". Il est hanté par l’esprit du grand Otis Spann tout au long du "CC Rider" de Ma Rainey. Sid Morris est avant tout un excellent pianiste de boogie woogie. Et il le démontre sur "Union Avenue boogie" ainsi que lors du "Bass key boogie" de Little Brother Montgomery. Il adapte encore le "Let's rock awhile" d’Amos Milburn. Un des meilleurs moments de cette œuvre, caractérisé par une intervention très propre de Kid Andersen. Sa v(er)(i)sion du "A virus called the blues" de Charles Brown est un autre sommet de l’elpee. On épinglera encore quelques autres instrus, dont le très jump "Down Ensalmo way" et "Tee Na Na", une finale empreinte de douceur et de quiétude. Un excellent disque de piano blues!

 

Marjolaine Babysidecar

Medecine Foraine

Écrit par

Il existe des lieux, des situations, des échanges ; bref tout ce qu’il y a de plus banal, qui peuvent se transformer en moteur à libido. « Medecine Foraine » incarne bien cette situation. Ou plus exactement Marjolaine Babysidecar. A cause de son air minouche, ses yeux dévoreurs et ses textes –ma foi– difficiles à cataloguer. La sauce prend assez simplement et les effluves érotiques, sans que l’on comprenne pourquoi, viennent flatter nos sens. Le parfum faussement jazzy, les râles muets que l’on devine dans la voix, les ongles collés à la peau, Marjolaine nous défroque en 5 sec’ ; et c’est le caleçon baissé que l’on rougit de s’être dévoilé de la sorte.

Derrière le combo se cache un duo : Marjolaine et Remy. Propriétaires déjà des deux Eps (« Logo Trip » paru en 2003 et « Tentative de Love », en 2005), les Français gardent la foi tout en distribuant des damnations à qui mieux-mieux. D’airs chaloupés en textes érectiles, la belle déroule la langue qui vient se tortiller dans le conduit auditif, tandis que le dandy se trémousse sur les cordes, telle une muse de John B. Root. Le duo marche implacablement. On peut souvent percevoir l’alchimie parfaite entre les deux protagonistes de manière évidente tant l’un soulève l’autre sans jamais l’étouffer. Fort agréablement, on se surprend à réécouter l’album une fois les ‘12 tracks’ dispersés dans la pièce. Histoire d’être certain de n’avoir rien loupé, ou de s’en remettre une petite couche voire de mettre sur pause lors des cadrages les plus… mmmmmh grisants.

 

Page 531 sur 1252