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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

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Chroniques

DJ /Rupture + Matt Shadetek

Solar Life Raft

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Après être resté quelques temps à Barcelone, DJ /Rupture aka Jace Clayton fait son retour à Brooklyn. Véritable touche à tout, ce Dj et producteur s’est notamment illustré auprès du public en militant au sein de Wax Poetic, un combo impliquant Norah Jones. Réputé également pour ses monstrueux sets à trois platines, /Rupture à conquis le public en se servant de ses nombreuses influences oscillant de la drum n’bass à l’electronica, en passant par le dubstep. Flanqué de son acolyte Matt Shadetek (NDR : ce producteur newyorkais a partagé le studio aux côtéx de Modeselektor, pour lequel il a produit deux titres lors de la session de « Hello Mom ! »), /Rupture revient nous en mettre plein les oreilles, en nous balançant cette compile intitulée « Solar Life Raft » ; soit une sélection (parfois retravaillée) de 25 titres, mixés sur trois platines.

Dubesque et hypnotique (NDR : quelquefois à la limite de l’obsessionnel), ce disque est parfaitement destiné aux dancefloors. En fin de nuit… ou en début de matinée… Ici, DJ /Rupture et Matt Shadetek font turbiner leurs machines pour nous enflammer de leurs sonorités destinées à transcender et à revigorer les foules. A l’instar du mix de l’excellent Jahdan Blakkamoore, emcee de la Grande Pomme. Evoluant entre Roots, Dubstep et Cumbia, ce « For The Souls » n’est pourtant qu’une mise en bouche. Car la suite est véritablement percutante. Et je pense tout d’abord à « Bebey », titre de l’excellent combo Gang Gang Dance qui figurait sur leur dernier opus, « Saint Dymphna ». A l’origine noisy, ce morceau a été transformé en pépite dubstep ; une pépite au cours de laquelle la profondeur des kicks vient se fondre dans la mélodie expérimentale. Fascinant ! L’ébauche d’« Archives Génétiquement Modifiées Part 2 » signée par feu Luc Ferrari, compositeur français avant-gardiste, est étonnante. Durant quelques secondes, on découvre ce concept imaginé en 2000, par ce pianiste visionnaire. Autre combo newyorkais mis à l’honneur : Telepathe. Achevant l’elpee, son « In Your Line » a été retravaillé tout en douceur et subtilité par les deux Ricains. Et leur electronica minimaliste est tout à fait envoûtante.

Non seulement /Rupture est aussi rusé que fin connaisseur, mais il parvient à s’amuser en concoctant une compilation qui ne devrait pas déplaire aux amateurs de dubstep ! Et je leur conseille vivement cet opus !

De Rosa

Prevention

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L’Ecosse est le berceau de beaucoup d’horreurs musicales, mais pas que. Oui, la Saint Andrew's Cross doit malheureusement prendre sous sa responsabilité des patronymes comme Simple Minds, Cocteau Twins ou Travis. Mais il faut lui rendre ses lettres de noblesse, quand on sait que The Beta Band, The Exploited ou Belle and Sebastian, entre autres, en sont originaires également.

En ce qui concerne De Rosa, représenter l’Ecosse semble être leur priorité. Même si leur nom sonne plus méditerranéen que ‘scotisch’, la formation est fière de ses racines et dédie ses compositions à leur douce et chère terre d’origine. Et pour lui rendre hommage, elle a décidé de produire une excellente galette, épicée d’‘ethno-roots-folk-electro’ (NDR : c’est nouveau, ça vient de sortir), agréable au fumet comme au palais ?

Après avoir assisté au clash de son groupe en 2003, Martin John Henry rassemble à nouveau sa troupe en 2006 ; et c’est ensemble qu’ils reprennent le chemin du studio pour concocter « Mend », album précurseur mais laissé un peu sur la touche à l’époque, par la critique. Trois ans plus tard, après avoir assuré les premières parties de Mogwai et Snow Patrol, le combo nous revient flanqué d’un nouvel elpee de toute bonne facture. Les gaillards de De Rosa sont des petits malins susceptibles de vous entraîner sur un chemin bien tracé, afin de mieux bifurquer de leur trajectoire en dernière minute. Sur des envolées progressives, viennent se greffer des élans qui semblent embraser les compos, mais qui sont uniquement destinées à détourner l’attention, afin de plonger dans le moelleux. On peut donc confirmer que ce sont les surprises ou les effets de manche qui sont la clef de voûte de « Prevention ». A peine avez-vous trouvé votre voie que vous vous rendez compte avoir de nouveau emprunté la mauvaise piste. Heureusement, sans jamais provoquer de panique. Délicieusement tendre, mais pas dénué d’énergie, sauvage mais partiellement dressé, encourageant mais au bord du dépressif, « Prevention » mélange allègrement tous ces sentiments ; mais cloîtré au sein d’un tel univers, on tournerait facilement en bourrique.

 

Barzin

Notes to an Absent Lover

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En 2006, Barzin Hosseini nous expliquait comment pleurer le sourire aux lèvres. Comment mélanger les éléments pour en tirer un maximum de profit ? C’était l’époque où la société kleenex n’en finissait plus de le remercier d’avoir commis « My Life in Rooms ».

Trois ans plus tard, nous sommes toujours sur le même pied, mais plus dans les mêmes chaussures. Barzin nous balance aujourd’hui « Notes to an Absent Lover », une ode aussi présomptueuse que réussie. J’entends d’ici les râleurs s’esclaffer du manque de cœur qui m’afflige, de cet organe de pierre qui fait office de moteur ; et j’en ris sous cape. Oindre la mélancolie d’effets country via le banjo ou d’aspect magique à la harpe c’est facile, voire même ‘petit esprit’. Prendre l’auditeur par les sentiments avec autant de conviction qu’un Yves Duteil prenant un enfant par la main, est d’une mesquinerie crasse. Oui mais… là ou certains se seraient ‘gamellés’ par excès de niaiseries ou d’effets mollassons, le Canadien pose un édifice étonnant de simplicité et pourtant truffé d’organes vitaux. « Notes to an Absent Lover » est blindé de petits trucs, de ces choses que l’on ne voit plus ou qu’on ne prend plus le temps de faire : sourire, soupirer, s’étirer dans l’herbe… Barzin développe la simplicité et l’évasion de manière fort réussie, en laissant perler des gouttes d’eau de pluie parfumées sur ses textes. En associant l’improbable au calculé. Il ne faudra cependant pas trop abuser de la galette, mais plutôt se faire un petit shoot concis de temps à autre. Histoire non plus, de ne pas finir neurasthénique.

Joseph Arthur

Temporary People

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Joseph Arthur court tellement vite, que son « Temporary People », concocté en 2008 à l’aide de ses Lonely Astronauts, est resté, pour nous, dans les starting-blocks. C’est que l’animal Arthur a de quoi troubler les esprits. Véritable ogre de la composition, il propulse tout ce qui sort de son studio, à grandes brassées. S’il comptabilise déjà 6 albums en 10 ans, on en oublie presque les multiples Eps, maxis et remixes que l’Américain collectionne dans sa discographie. S’il a fallu un petit coup de pouce de Lou Reed et Peter Gabriel en 1996 pour sortir son premier opus ; aujourd’hui, Joseph Arthur aide les autres, et cet altruisme pourrait finalement lui rapporter gros.

Pour cette septième galette il a de nouveau fait appel aux Lonely Astronauts, groupe qui avait participé à la confection de « Let’s Just Be », en 2007. Et une fois de plus, le travail est remarquable. On serait tenté de dire, plus précis. Même si l’ambiance générale reste toujours très folk-blues, Arthur et ses potes délaissent quelque peu leur terrain de jeu préféré pour nous balancer un son un peu plus rock, un peu plus revivaliste, très 70’s si vous préférez, mais surtout d’assez bonne facture. Reconnaissable entre mille, la voix de Joseph Arthur vient, comme à son accoutumée, déposer sur l’échine, cette petite brise vivifiante. « Temporary People » n’est pas vraiment novateur au sein du courant musical contemporain, mais il a le mérite de préserver ce cachet spontané et sincère qui manque à beaucoup dans le milieu. Nous n’aurions que des louanges à formuler sur ce disque s’il n’y avait cette irrésistible envie de ne plus en entendre parler quelque temps. Certes tout est toujours aussi bien millimétré. Certes tout à l’air parfaitement en place comme dans le mécanisme d’une horloge suisse ; mais à force de voir tous les 6 mois une nouvelle galette débarquer, on finit par se lasser. J’essaierai de sauter un album sur deux pour les prochains, j’y retrouverai peut-être du plaisir.

Yuko

For Times When Ears Are Sure

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Encore du banjo ? L’explication procéderait-elle d’une accalmie dans les rediffusions télévisées de vieux westerns ? A moins peut-être que les fans de Bonanza auraient décidé de propager leur dépendance à d’autres secteurs. Et en particulier celui de la musique. Difficile d’y répondre. L’histoire ne nous dit pas non plus, si les Gantois de Yuko auraient préféré rejoindre la tribu des Apaches plutôt que celles des tuniques bleues. Si l’on rajoute à ce parfum de Cecil B. DeMille, une guitare sèche, quelques envolées spontanées dans les compos et une grosse dose de flammes crépitantes, on tombe vite dans l’hyper cliché folk, autour du brasero. Ce serait insultant pour nos compatriotes de s’arrêter à de telles images d’Epinal. Derrière les rumeurs de bisons qui s’abreuvent à la rivière, gronde une pop indie qui vient remuer le campement. On plie les couvertures, on remballe le pemmican, il y a de la route à faire.

Yuko ce sont Kristof, Karen, Tom, Lotte et Rolf, cinq Gantois qui entament leur carrière sur de très bonnes bases. Outre les sons ancestraux des cordes qu’ils semblent parfaitement maîtriser, le combo inocule surtout une electronica solennelle susceptible de transformer « For Times When Ears Are Sure » en petit bijou electro-pop croustillant. Aussi fragile qu’une craquelure sur un parchemin, l’elpee nous balade sur un sentier dépoussiéré quelque part entre Radiohead et Mogwai, selon la bonne grâce du cocher. Remarquable pour un début, les mots ‘prometteurs’, ‘enthousiastes’ ou ‘généreux’ prennent un petit accent belge qui nous fait bomber le torse. Vas-y, rallume le calumet et fais tourner.

 

Wye Oak

The Knot

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Wye Oak est un duo issu de Baltimore, dans le Maryland. Et « The Knot » constitue son second elpee. Il fait suite à « If children », gravé en 2007. J’avais eu l’occasion de découvrir cet ensemble, live, en première partie des Dodos, au Botanique ; et je dois avouer que leur set m’avait agréablement surpris. A sein du couple, Jenn Wasner se charge des parties vocales, de la composition et des guitares alors qu’Andy Slack se réserve les drums, les claviers et la production.

Mais venons-en à la musique de Wye Oak. Très électrique, sombre, imprimée sur un rythme plutôt lent, mais sans jamais tomber dans le slowcore, parfois quand même mid tempo, elle évolue dans un univers sis quelque part entre Mazzy Star, le Crazy Horse de Neil Young, les débuts de Wilco et Yo La Tengo. Le tout épicé d’un zeste de shoegazing et de britpop. Suffit pour les références, passons au contenu de cet elpee.

Les lyrics sont sombres, ténébreux, mélancoliques et à la limite sinistres. Probablement autobiographiques, ils reflètent une angoisse existentielle. Même les titres apparemment allègres, reflètent un mal-être. Quant à savoir si c’est celui de Jenn, il serait intéressant de lui poser la question. Elle possède une très belle voix. Atmosphérique, douce, vulnérable, confessionnelle, mais bien timbrée. Et puis entretient une intensité électrique savoureuse, frémissante, venimeuse, de sa six cordes, lorsqu’elle n’éclabousse pas les mélodies d’accès de pedal steel. En studio, les compos ont bénéficié d’une palette instrumentale plus large. Un zeste de piano, de l’orgue, un chouia de cuivres, une pincée de banjo, mais surtout du violon. Un violon languissant, parfois grinçant qui confère alors aux compos un climat épique. Les arrangements ont été ciselés par Andy, responsable, en même temps d’un drumming aussi délicat que souple. De cet opus, on reprochera la longueur excessive de « Mary is Mary » (NDR : encore qu’en live, ce morceau pète des flammes), mais on mettra en exergue le sublime « For prayer », dont l’intensité émotionnelle me rappelle la quintessence du Paisley Underground. 

 

The Victorian English Gentlemens Club

Love on an oil rig

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Malgré leur nom à rallonge, cette formation n’implique pas un line up pléthorique. Elle ne compte que quatre membres. Qui ne sont pas davantage anglais, mais bien gallois. Issus de Cardiff, pour être précis. Et ne réunissant pas exclusivement des mecs, mais deux filles et deux garçons. Suffisant pour semer le trouble. 

Leur premier opus est paru en 2006. Eponyme, il proposait des morceaux énergiques sculptés dans la mélodie punk rock et contaminés par un certain esprit de folie, probablement puisé chez les Liars. Intitulé « Love on an oil rig », le second elpee respecte une semblable ligne de conduite. Un peu hors des sentiers battus, néanmoins. A la croisée des chemins des Pixies, des Breeders, de McClusky et d’Ikira Colt, elle est avant tout excitante. Les cordes de guitares sont stridulantes et les rythmes versatiles. Et puis il y a les voix. Des chœurs conjugués par les deux demoiselles (NDR : Delta 5 ?) soutenant à merveille le timbre nasillard d’Adam Taylor (NDR : en extrapolant, on pourrait imaginer un hybride entre celui de Luke Lalonde de Born Ruffians et de Gordon Gano des Violent Femmes). La production n’est pas trop léchée, de manière à préserver l’âme des douze titres de ce long playing. Des coups de cœur ? « Drivers Companion », « Bored in Belgium » ou encore le single « Parrot ». Mais VEGC ne sera jamais une usine à hits. Simplement un bon groupe, qui ne peut que progresser et se faire un nom sur la scène insulaire, au même titre que leurs compatriotes, Los Campesinos. Enfin, c’est tout le mal qu’on leur souhaite… 

 

Dawn Landes

Sweetheart Rodeo

Écrit par

Dawn Landes est née en 1980. Dans le Kentucky. Après le lycée, elle part à New York, pour se consacrer à ses études. Etudes qu’elle va très rapidement abandonner, pour embrasser une carrière musicale (NDR : bien joué!) Faut dire que non content de jouer de la guitare et de chanter, elle écrit ses propres compos.

Début des années 2000, on l’assimile à la scène anti-folk. Pas vraiment son truc. Sa musique est bien trop classique et enracinée dans la folk traditionnelle pour fréquenter une scène aussi énergique et un poil trop exubérante à son goût. Elle opte alors pour la communauté Fast Folk, qui correspond davantage à son identité artistique. Qui lui donne envie d’écrire davantage. A ce jour, elle compte trois elpees à son actif. Edité chez nous en 2005 (NDR : mais en 2001 aux States), son premier opus, « Dawn's Music », nous entraîne dans un univers folk doux, cotonneux et intimiste. Paru en 2007, « Fireproof », se tourne davantage vers le pop-rock (NDR : pour le plus grand plaisir de nos oreilles)

« Sweetheart Rodeo » constitue donc le troisième long playing de Dawn. On y retrouve de la guitare acoustique (NDR : of course !), des boîtes à rythmes, de l’orgue vintage ou déglingué, des synthés ‘cheap’. Rien de bien neuf à l’horizon, puisque dans le style, des tas d’autres artistes se réclamant de l’indie folk/rock ont recours à cette méthode depuis une vingtaine d’années. Pourtant, l’expression sonore lorgne davantage vers la country branchée que celle des bidouilleurs susvisés. Dawn estime même qu’elle pratique de la ‘country urbaine’. A force de coller des étiquettes, on ne va plus s’y retrouver… Mais cette dernière définition, semble, au bout du compte, probablement la plus adéquate. 

Le disque s’ouvre par « Young Girl ». Un morceau retro et vivifiant qui témoigne de l’enthousiasme de l’artiste. Et puis une plage qui donne le ton des onze titres de l’album. Agréable, tendre, son timbre vocal peut rappeler la ‘charmantissime’ Chan Marshall (Cat Power) ou encore celui de Beth Orton. Les titres sont léchés, élégants, subtilement texturés. Parfois teintés de psychédélisme ou de blues rock typiquement yankee, certains s’impriment sur un tempo susceptible de faire taper du pied un dépressif insomniaque. Les autres font la part belle aux ballades romantiques, bouleversantes. Si à premier abord les thèmes paraissent un tantinet bateau (infidélité, prostitution, société de consommation), les lyrics sont néanmoins fort bien écrits. Et le plus souvent très poétiques. 

Bref, un album de toute bonne facture, mais qui ne devrait intéresser que les amateurs du genre. Et pour cause, il ne sort pas suffisamment des sentiers battus. M’enfin, si vous avez apprécié les deux premiers essais de Dawn, impossible de passer à côté de ce « Sweetheart Rodeo »…

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