Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Neil Taylor

Chasing butterflies

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Neil Taylor est anglais. Il n’est guère notoire au sein du grand public ; et pourtant, c’est le guitariste de Robbie Williams. Originaire de Bristol, il est âgé de 51 ans. A ses débuts, il militait chez Neon, une formation qui impliquait de solides noms issus de la new wave britannique ; et en particulier Curt Smith (Tears for Fears) et Pete Byrne (Naked Eyes). Il va d’ailleurs participer à l’aventure Tears for Fears. Depuis 2001, il est le gratteur attitré de Robbie Williams, l’illustre chanteur pop qui a fait les beaux jours du boysband Take That. Mais lorsque le natif de Stoke-on-Trent décide de retourner au sein du mythique quintet, en 2010, Neil décide de voler de ses propres ailes. « Chasing butterflies » ne constitue pourtant pas son premier essai en solitaire, puisqu’il avait déjà publié un premier elpee en solitaire, “No self control”, dès 2010, mais le disque était passé inaperçu.

Cette chasse aux papillons est essentiellement acoustique. Neil signe les onze plages. Quoique très personnel, son style reste marqué par ses différentes expériences. En particulier par celles qu’il a vécues chez Naked Eyes et surtout Tears for Fears. Et on s’en rend compte dès le titre d’ouverture, “Dream machine”. La production est impeccable. Les rythmes et les parties vocales sont bien mises en place. Les cordes acoustiques sont lumineuses. “Would you love me” baigne dans le même climat. Le sens mélodique est soigné. La guitare rythmique fougueuse. Des percus soutiennent l’ensemble. La voix sensuelle et puérile de Sachi Copley épouse parfaitement celle de Neil. Le long playing accorde également un espace au country blues, mais sous une forme toujours très personnelle. Et “Silver man” en est un excellent exemple. Une incursion dans le blues encore plus flagrante sur des titres comme “Cocaïne blues” et “Drunken lullaby”, deux plages subtilement caressées d’un bottleneck! Parfois, Taylor me rappelle les Beatles d’une certaine époque et même Marc Bolan. A cause de cette approche particulière mais limpide des vocaux. « Drive away » et le titre maître du disque, une ballade tout bonnement majestueuse, en sont les plus belles illustrations. Le son des cordes est d’une grande pureté tout au long de “Shadows fall”. Une technique qui me rappelle le gratteur de Felt (NDR : encore un combo insulaire né en pleine période new wave), Maurice Deebank. L’album recèle encore “No self control”, un rock’n’roll déjanté et s’achève par “No God”, confirmant l’esprit créatif qui règne tout au long de la plaque… 

 

Twin Sister

In Heaven

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Twin Sister est un quintet originaire de Long Island. En 2008, les cinq New-yorkais auto-publiaient leur premier Ep, mais c’est en 2010, lors de la sortie du second, « Color Your Life », qu’ils attirent l’attention de Domino Records. Un été plus tard, la bande délivre « In Heaven », un premier LP résolument Pop, résolument simple. Une pop nacrée, aux touches parfois disco (« Bad Street »), parfois rock (« Spain ») ou encore Dream pop (« Luna’s Dream », « Daniel »).

Mais la formation se heurte un problème de taille. « In Heaven » se tient en permanence en équilibre sur la fine ligne séparant le bon du chiant. Twin Sister est capable du meilleur lorsque ses membres se laissent aller à quelques fantaisies (« Bad Street », « Gene Ciampi ») et penchent dangereusement vers le mauvais côté de la route lorsqu’ils se prennent trop au sérieux (« Space Babe », l’horripilante ballade « Kimi In A Rice Field »). En bout de course, « In Heaven » ne laisse pas de grands souvenirs derrière lui. Les cinq Ricains gagneraient donc largement à laisser libre cours à leur imagination…

 

The Wedding Present

Valentina

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Fondé en 1985, The Wedding Present ne semble pas encore avoir perdu la foi qui les anime, surtout depuis qu’il s’est reformé en 2004. Et leur 8ème opus, « Valentina », en est certainement une belle illustration. Malgré une longue carrière, la flamme indie brûle toujours chez cet ensemble issu de Leeds, et dont les influences majeures ont toujours oscillé entre The Fall, Buzzcocks et Gang of Four. Responsable d’un elpee incontournable intitulé « Seamonsters », en 1991, la formation est toujours drivée par David Gedge. C’est d’ailleurs le seul membre survivant du line up originel. Normal puisqu’il est également le chanteur et surtout le compositeur. Un talent d’écriture qui est demeuré intact, malgré le poids des années. 

Le combo allume un gros pétard dès le premier titre : « Bang Bang You’re Dead ». Et il n’est pas mouillé. D’ailleurs, il résonne jusqu’au creux de nos tympans tel un hymne indépendant à la Reiziger. La basse claque et fuzze (« You Jane »). Fougueuses, les guitares grondent (« Stop Thief ! ») ; mais les maîtres de cérémonie (de mariage ?) s’autorisent également des intermèdes romantiques, à l’instar de « The Girl from DDR », au cours duquel on assiste à un  dialogue anglo-allemand entre Gedge et la bassiste Pepe Le Moko. David aborde des thèmes comme l’infidélité et les amours perdus avec une magnifique désinvolture… Comme le disait John Peel, ‘The boy Gedge has written some of the best love songs of the Rock n’Roll era. You may dispute this, but I’m right and you’re wrong!’ Profitez-en, chez The Wedding Present c’est une rare union qui dure !

 

Bowerbirds

The Clearing

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Ces drôles d’oiseaux venus de Caroline du Nord (Raleigh), ne peuvent décevoir. Depuis 2006, le duo a publié un Ep et trois albums. Tous excellents. Des œuvres sculptées dans un folk à la fois créatif et empreint de délicatesse, dont la dernière « The Clearing », vient de paraître.

Leur troisième opus a été enregistré au studio Abril Base, dans le Wisconsin, c’est-à-dire celui de Bon Iver. Et pour le concocter, le couple (à la ville comme à la scène, comme le veut la formule…) a reçu le concours de Mark Paulson au violon. Outre les vocaux qu’ils se partagent, Philip Moore se réserve la guitare et Beth Tacular l’accordéon.

« The Clearing » baigne au cœur d’une quiétude bucolique. Bowerbirds veut être en communion constante avec la nature. Pas étonnant qu’ils aient d’ailleurs choisi de se rendre au sein des quartiers de Justin Vernon, pour le réaliser. On ressent même l’influence du plus connu des bardes barbus, sur un titre comme « This Year ».

Le disque s’ouvre par le magnifique « Tuck the Darkness In », une compo parcourue par de délicates notes de piano. Mais le sommet de l’opus est atteint par « Overcome with Light », une chanson absolument remarquable.

Manifestement, la formation a pris de la bouteille. Une expérience consécutive aux épreuves traversées par le couple (hospitalisation et rupture). Une cure de maturité forcée qui semble bénéfique pour leur inspiration. La complexité des orchestrations et des arrangements ne nuisent pourtant pas au sens mélodique, toujours aussi aiguisé. Cordes et guitare électrique font ici bon ménage. Et puis la richesse de leurs harmonies vocales est intacte.

 

The Craving Deer

Eye-shaped spots

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Ce joli petit duo crée une bien jolie musique. Réunissant Rein Vanvinckenroye et Natalie De Man, cette entité bicéphale nous arrive sur le bout des pieds, essayant de déranger le moins possible, sans faire trop de vagues.

Le tandem s’est découvert en 2010 et a décidé illico d’accomplir un bout de chemin ensemble. Pour y parvenir, les deux musicos ont rempli un minibus de matériel d’enregistrement et ont rejoint le Sud de la France. Les Brousses, très exactement. Là, il faut croire que c’est le soleil du midi et l’indolence locale qui les ont pris dans leurs bras. Il est vrai que la région donne souvent envie de calme, repos et invite au farniente. C’est sans doute ce qui a influencé leurs goûts musicaux.

Leur premier CD sous le bras, ils rentrent au pays. Mais pas pour très longtemps car exactement un an plus tard, retour au pays de l’anisette pour y concocter un second elpee qu’ils nous présentent avec un léger décalage horaire…

Leur disque est entièrement tourné vers un blues/folk atypique. Loin des riffs de guitares et des rythmiques dignes de la meilleure veine blues, c’est plutôt du côté folk intimiste qu’il faut chercher et trouver The Craving Deer. Armés de guitares acoustiques et d’un harmonica assez convaincant, nos deux compères travaillent dans la simplicité, n’acceptant pour tout instrument supplémentaire, que leurs cordes vocales.

Le résultat est à la fois très agréable et original. Bien sûr, pas d’envolées ni de refrains accrocheurs, mais une manière de concocter de la musique à la fois douce et sensuelle.

Douze chansons toutes calquées sur le même rythme se partagent ce joli CD. Un disque qui s’écoute distraitement en sirotant un bon rosé entre amis sur la terrasse. Que demander de plus ? A la vôtre !

 

Dirty Projectors + Björk

Mount Wittenberg Orca

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En prenant connaissance de ce nouveau concept réunissant les New-Yorkais de Dirty Projectors et l’Isladaise Björk, des sentiments mitigés m’ont envahi. On connaît les talents des deux protagonistes, mais aussi leurs penchants pour l’expérimentation parfois abusive.

Ce projet a vu le jour lors d’un concert accordé à New-York, au cours duquel Björk et les natifs de Brooklyn ont décidé de collaborer. « Mount Wittenberg Orca », inspiré du nom d’une colline située dans un parc national, près de San Francisco, est un album conceptuel dont l’objectif premier est la défense de l’écologie. Les bénéfices engrangés iront d’ailleurs renflouer les caisses de la National Geographie Society.

Au-delà de ces desseins louables, l’opus ne recèle pas grand-chose d’intéressant, hormis un ensemble de cris perçants perpétrés par l’Islandaise et les demoiselles de Dirty Projectors. L’ensemble des morceaux a été écrit par le leader du groupe, David Longstreth. L’Américain ne s’est apparemment pas foulé. La musique est minimaliste et la ‘gente’ prend clairement le dessus sur l’ensemble. Autant dire que l’on décroche vite de l’elpee. Ou plutôt, il provoque rapidement la révulsion.

En résumé, il est préférable de faire l’impasse sur ce disque. Faites directement un don à une quelconque organisation militant pour la sauvegarde de l’environnement, ainsi vous ne cautionnerez pas ce déchet sonore…

 

Ganglians

Still Living

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Ganglians est de retour près de deux années après avoir publié « Monster Head Room », un premier disque Rock d’excellente facture mais manquant d’accessibilité. Les quatre gaillards de Sacramento ont depuis lors revu leurs ambitions à la baisse. Un travail sur eux-mêmes qui leur est fort profitable tant « Still Living », leur second LP, semble plus réfléchi que le prédécesseur. C’est principalement au niveau de la production que la différence entre les deux disques est palpable.

En invitant Robby Moncrieff (Dirty Projectors) à prendre place aux manettes, Ganglians s’est offert un emballage plus affriolant, une production bien léchée et des morceaux presque radiophoniques (« Jungle », « Faster », « The Toad »). Ils ne conservent du disque précédent qu’un certain psychédélisme appuyé par ces mêmes réverbérations qui parcouraient « Monster Head Room ». Le quatuor use et abuse de ces dernières mais celles-ci ont cependant l’avantage de servir les nouveaux morceaux à meilleur escient (« Evil Weave », « That’s What I Want »).

« Still Living », honnête amalgame entre un Surf Rock à la Wavves (« Faster »), un Folk à la Fleet Foxes (« California Cousins ») et une pop estivale à la Beach Boys (« Good Times »), souffre peut-être encore de quelques longueurs et d’une uniformité qui devient lassante après quelques écoutes. Allez, encore un petit effort et le troisième Ganglians sera peut-être celui que tout le monde s’arrachera…

 

RM Hubbert

Thirteen Lost & Found

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RM Hubbert est un guitariste écossais qui, jusqu’en 2005, opérait auprès de El Hombre Trajeado, une formation relativement inconnue chez nous. Cinq ans plus tard, il publie « First & Last », un premier LP marqué par la mort de ses parents et la dépression qui s’en est suivi. Aujourd’hui, le Glaswegien débarque sur le devant de la scène en s’entourant de nombreux confrères venu lui prêter main forte. On aperçoit dans la foule d’invités, Luke Sutherland (Mogwai), Aidan Moffat (Arab Strap), Alasdair Roberts, John Ferguson (The Apples In Stereo) ou encore Alex Kapranos (Franz Ferdinand), qui produit également la galette.

Malgré le casting trois étoiles, « Thirteen Lost & Found » n’est pas à mettre entre toutes les oreilles. Le Folk acoustique d’Hubbert est certes émouvant (« Gus Am Bris An Latha », « The False Bride »), beau (« Sandwalks ») et distinctif (« Sunbeam Melts The Hour ») mais difficile de s’en extirper sans idées noires. En 40 minutes, RM Hubbert te plombe l’ambiance comme pas deux. Certainement à l’image de l’homme lui-même, malgré lui. Une simple et infime touche de fantaisie aurait toutefois drastiquement changé la donne, mais comparé à « First & Last », « Thirteen Lost & Found » est un sacré pas en avant pour l’homme dont on ressent toute la passion à travers les cordes de guitare.

 

Glenn Hughes

Live in Wolverhampton

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La carrière de Glenn Hughes est déjà bien remplie. Agé de 60 balais, cet Anglais est bassiste mais surtout chanteur. Son premier succès, il l’a vécu au sein d’un trio de hard rock funkysant, baptisé Trapeze, un combo drivé par le guitariste Mel Galley. Son heure de gloire est arrivée en 1973, lorsqu’il est recruté par Deep Purple pour remplacer le bassiste Roger Glover. Il partage alors le chant avec David Coverdale. Son addiction à la cocaïne va lui rendre la vie difficile, pendant de nombreuses années.

Il a également participé à différentes expériences musicales, notamment en compagnie du guitariste Pat Thrall, chez Hughes/Thrall, Gary Moore au sein de G Force et s’est ouvert une courte parenthèse dans Black Sabbath, suite aux liens qui le lient au gratteur Tommy Iommi. Il a ensuite embrassé une carrière solo. Il a frôlé la mort à deux reprises à cause de sa cocaïnomanie. Depuis 2010, il milite au sein de Black Country Communion, en compagnie du jeune sixcordiste Joe Bonamassa ainsi que du drummer Jason Bonham, le fils du regretté John, préposé à la batterie chez Led Zeppelin! Cet elpee a été immortalisé ‘live’, chez lui à Wolverhampton, en juin 2009, avant donc qu’il n’entame son aventure Black Country Communion. Hughes a toujours joui d’une belle réputation de chanteur. Et pour cause sa voix puissante, éraillée, funkysante, est fortement influencée par les vocalistes issus de la northern soul, tant chez Tamla Motown que Stax.

Ce double opus (cd et dvd) réunit des morceaux interprétés au cours de deux shows différents, accordés au mois de juin. Sous-titrée “Full band show”, la première nuit se concentre sur sa carrière en solitaire et celle accomplie chez Deep Purple. Baptisée “You are the music – An evening of Trapeze” et empreinte de nostalgie, la seconde est consacrée à ses débuts opérés au sein de Trapeze.

Le premier volet s’ouvre par “Muscle and blood”. Il nous replonge à l’époque Hughes/Thrall. Ce morceau de hard rock posé, bluesy, funkysant, est balisé par les lignes de basse du leader, pendant que guitares et claviers le suivent à la trace! Le ton est donné. Les titres alignés opèrent dans le même registre. Y figurent même deux plages issues de “Burn” le 1er  elpee de Deep Purple auquel il avait participé, “What’s going on here” et “Mistreated”.

La soirée finale est chargée d’émotion. C’est la première fois qu’il réserve son répertoire à Trapeze. Ce soir, il dédie ce set à la mémoire de  Mel Galley, décédé le 1er juillet 200. Il était atteint d’un cancer. Cette plaque nous réserve une majorité de pistes extraites de “Medusa” et “You are the music, we are the band”. Notamment du premier. Dont l’inévitable “Touch my life”. Le trio s’y révèle brillant dans son interprétation, et nous réserve même des compos où se mêlent douceur, mélancolie et sens mélodique. A l’instar de “Jury”, “Seafull” et “Medusa”. Faut dire que le potentiel vocal de Glenn n’a pas été altéré. Fidèle à sa réputation, il chante naturellement, sans forcer. Un beau témoignage…

 

Krazy Baldhead

The Noise In The Sky

Écrit par

C’est la bio qui l’annonce. Krazy Baldhead serait ‘le joyau le mieux gardé d’Ed Banger’. « The Noise In the Sky » constitue le second album du Français et fait suit à « The B-Suite » publié en 2009. Mais à l’écoute du disque, on peut se permettre de remettre en question le terme ‘joyau’. Certes, Krazy Baldhead aime expérimenter. Certes, il ne nous sert pas une énième dose de beats putassiers. Certes, ses bidouillages sont parfois fort efficaces (« Amplifried », « Day In, Day Out », « Miles High »). Mais dans leur ensemble, les 45 minutes durant lesquelles s’étend ce bruit dans le ciel paraissent interminables.

Pierre-Antoine Grison, de son vrai nom, se démarque clairement du reste de l’écurie Ed Banger, mais pas forcément pour les bonnes raisons. A l’instar du « Six Cups Of Rebel » de Lindstrøm, on ressent très clairement au sein de « The Noise In the Sky » l’envie de proposer autre chose, d’élever l’électro vers la voie céleste. Mais à force d’en faire trop –ou dans ce cas-ci, pas assez– les efforts de Krazy Baldhead, comme ceux de son homologue norvégien, tombent à plat. Le joyau restera donc bien sagement dans son écrin.

 

Lone

Galaxy Garden

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Hudson Mohawke et Rustie n’ont qu’à bien se tenir. Matthew Cutler, aka Lone, vient d’éjecter de sa sonde intergalactique un scud qui va faire trembler les pistes de danses de la planète. Le Briton a tenté de séduire par trois fois les terriens à l’aide de son Abstract Hip Hop aux accents chillwave, entre 2009 et 2010, en publiant une série d’Eps inspirés. Mais c’est en 2011, lorsqu’il rejoint R&S Records (James Blake, Space Dimension Controller, Vondelpark), que le DJ mancunien se révèle véritablement, en assénant un bon coup de groove à de nouvelles compositions orientées IDM et Space-Electro. L’ombre de Boards Of Canada, à laquelle il a été longtemps associé est définitivement rangée au placard.

« Galaxy Garden », qui jouit de la collaboration de Machinedrum sur deux titres, recèle douze fresques oscillant entre retro discret et futurisme assumé. L’embarquement s’effectue en douceur sur des « New Colour » et « The Animal Pattern ». Parfaits en guise de mise en bouche. Suivent les ultra-trippants « As A Child » et « Lying in The Reeds », annonçant la mise en orbite du cortex cérébral de l’auditeur, secoué ensuite par la House de « Crystal Caverns 1991 ». La zone de perturbation se poursuit sur l’inquiétant « Earth’s Lung », prélude de la rencontre avec « Cthulhu ». Le retour sur la terre ferme s’opère à nouveau en douceur, « Stands Tidal Waves » assurant délicatement la liaison avec l’ultime « Spirals » qui referme le voyage en dévoilant toute l’élégance du maître de bord.

Le prochain embarquement pour le « Galaxy Garden » de Lone s’opérera sur la Plaine de la Machine à Feu de Dour, le vendredi 13 juillet. On sera les premiers à bord !

 

Dan Mangan

Oh Fortune

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Le titre de cet album serait-il prémonitoire ? « Oh Fortune » pourrait truster les premières places des tops internationaux, confectionnés en fin d’année. Et Dan Mangan devenir la révélation pour 2012 ! Pourtant, cet opus est paru, au Canada, l’an dernier. Il vient de rejoindre ma pile de cds à chroniquer. Et je dois avouer que son écoute m’a procuré de bonnes vibrations.

Mangan est sorti de l’ombre boisée de son Ontario natal dès 2009, en publiant un second elpee, intitulé « Nice, Nice, Very Nice ». Il venait de signer chez la très recommandable structure Arts & Crafts (Feist, Zulu Winter, Broken Social Scene, Timber Timbre). Une signature amplement méritée, vu la qualité des titres figurant sur ce long playing. Des coups de cœur ? Le titre maître, « Post-War Blues » et surtout le très orchestral « About as Helpful as you can be without being any help at all », une compo qui ne lésine pas sur les cordes. De sa voix chaude, le Canadien tisse des mélodies qui s’épanouissent quelque part entre le rock lyrique d’Arcade Fire, le power-folk de Chad Van Gaalen et les récentes productions de Tom Williams & The Boats.

Dan Magan a des doigts en or. Il ne serait donc pas étonnant que d’ici quelques mois, il finisse par faire « Oh Fortune »…

 

The Men

Open Your Heart

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The Men passe la barre du troisième LP sans accroche. Le quatuor originaire de Brooklyn fracasse tout sur son passage. « Open Your Heart » est un condensé d’énergie pure, entre Garage et Post-punk. « Turn It Around » et « Animal » donne le ton et le signal de départ, comme un coup de poing dans la tronche. Tout y est : les mélodies, les riffs, la frénésie et, surtout, la passion. Les maîtres des Hommes s’appellent Sonic Youth, Buzzcocks ou encore Dinosaur Jr. Loin de les imiter, The Men ont parfait leur art du disque bien pensé.

Après la furieuse mise en bouche, la formation étale habilement sa capacité à glisser d’un genre à un autre sans complexe. L’épique « Oscillation », long de plus de sept minutes, flirte de près avec Sonic Youth, tandis qu’un titre de la même durée, comme « Presence » passe l’oreille du côté des Silver Apples. Des références flagrantes sont disséminées un peu partout sur « Open Your Heart ». The Men sont parvenus à en jouer et, mieux encore, à les traduire pour en faire la force du disque. Tant et si bien qu’il apparaîtra très certainement au sein de pas mal de tops de fin d’année ! A bon entendeur…

 

Orcas

Orcas

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Orcas est le projet d’un certain Benoît Pioulard. Ou plutôt, de son vrai nom, Thomas Meluch, un mec de 27 balais qui a déjà de la bouteille. Déjà responsable de trois LP orientés Dream Pop, et publiés entre 2006 et 2010, le musicien originaire du Michigan délivre aujourd’hui la première galette d’Orcas, son nouveau projet. Il y est accompagné de Rafael Irisarri, compositeur Ambient officiant également sous les traits de The Sight Below.  Le mariage des deux genres de prédilection respectifs du duo a généré un premier album éponyme à l’esthétique soignée.

L’univers du duo se compose de petites bulles atmosphériques hantées par le fantôme de Trish Keenan, chanteuse de Broadcast décédée en 2011. Ils y reprennent majestueusement d’ailleurs « Until Then », un morceau du quatuor anglais. Un bel hommage qui est, par ailleurs, à l’origine de la collaboration entre Pioulard et Irisarri. Mais c’est essentiellement du côté de Boards Of Canada que les deux hommes sont allés pêcher leur inspiration. « Orcas » est une jolie fresque aux tons azurs, recommandée à toute âme en quête d’apaisement. Plongez-y les yeux fermés.

 

Les Nuits Botanique 2012 : mercredi 16 mai

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Quand une moitié d'Hocus Pocus se frotte au duo de remixeurs Beat Torrent, ça donne des putains de 'Coups 2 Cross', ou C2C pour les initiés. Le quatuor de ‘scratcheurs’ effectuait son retour ce mercredi 16 mai dans le cadre des Nuits Botanique. Un retour plus qu'attendu, le concert ayant été déplacé de l'Orangerie vers le Chapiteau à peine deux ou trois jours avant la date fatidique. Scratch Massive !

Le chapiteau est chaud bouillant avant l'arrivée sur scène des quatre Nantais. Il faut dire que le public s'était déjà laissé chauffer par Ghostpoet, qui assurait la première partie. Le poète fantôme britannique est parvenu à conquérir une bonne partie de l'assistance, en dispensant sa Soul obscure aux accents électroniques et jazzy, extraite de son LP « Peanut Butter Blues & Melancholy Jam », un auditoire autrement plus engagé que lors de ses passages à Couleur Café ou Dour l'an dernier.

Chauffé à blanc, le public attendait de pied ferme Greem, Atom, 20Syl et Pfel, les huit mains incontrôlables de C2C. A peine les platines ont-elles fait leur apparition sur l’estrade que les fans se précipitent vers l'avant-scène. La tension est palpable. Ce soir, on danse. Les quatre mecs, quadruples champions du monde de DMC (Disco Mix Club), vont nous montrer à tous qu'ils n'ont pas volé ce titre. Un écran incorporé à chacune des platines se charge de l'aspect visuel du show. Les Djs prennent place et balancent la sauce sans formalités. Dans le parterre, on se trémousse, on se bouscule gentiment, on pogote et les planches de la salle rebondissent à chaque scratch et BPM. « Down The Road », titre-maître de leur dernier Ep, fait monter exponentiellement la température.

C2C n'a rien retenu du changement de direction des Birdy Nam Nam, et c'est tant mieux. Les Nantais délivrent un set aussi bien contrôlé mais plus dansant, plus varié et donc vachement plus excitant que les dernières prestations de leurs homologues parisiens. A mi-parcours, C2C change la disposition de leurs platines pour se retrouver en paire, d'abord latérales, puis face à face pour un 'battle' Hocus Pocus vs Beat Torrent. Une excellente démonstration de turntablism qui assoit la réputation du quatuor. C'est 20Syl qui le déclare lui-même sur son tweeter : 'Bruxelles, c'était ouf ! ». On ne dira pas le contraire. Ce dernier et ses trois collègues referont surface dans nos contrées, à l'occasion des festivals de Dour et du Pukkelpop. Que vous vous rendiez à l'un ou à l'autre, C2C est à ne surtout pas manquer !

C2C + Ghostpoet

(Organisation : Botanique)  

 

Internationals

Mousetrap

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Quatrième album du groupe, « Mousetrap » débarque 6 ans après « Wonders Of The World ». Pour cet opus, le ska rituel du groupe a cédé le relais à des morceaux plus jazzy, interprétés par Lize Accoe, nouvelle chanteuse du groupe à la voix très soul, rappelant par certaines intonations celle d’Amy Winehouse, la puissance en moins.

Les nombreuses notes de piano viennent dès le premier titre confirmer le virage opéré vers une musique jazz et ce, jusqu'à la fin ; soit « Bouncer » et « Call Me(Off) », où l’instrument mêlé aux cuivres nous offre un dynamisme qui devrait donner un véritable show en live !

La plaque tournante de cet opus est sans doute le stimulant « Mousetrap », uniquement instrumental et revisitant tous les styles présents sur cet elpee ! Une chanson qui précède les très bons « Plainred » et « The Chubby » sur lesquels on regrette toutefois l’absence de voix.

Le reggae n’est pas pour autant totalement absent de cet opus, même s’il se fait surtout entendre sur les morceaux 100% instrumentaux ainsi que sur quelques titres chantés comme « Today », « Jungle’s gone » ; et si la voix de Lize Accoe vient ajouter une touche de féminité dans cet univers très masculin, elle ne permet pas pour autant de bouleverser les codes de ce genre et n’apporte pas grand-chose de nouveau.

Enfin, l’elpee « Mousetrap » représente peut-être pour le groupe une transition vers d’autres univers musicaux grâce à cette nouvelle chanteuse, surtout mise en valeur par la soul plutôt que le ska ou le reggae. Mais vu la diversité des chansons, le style n’est guère identifiable. Ce qui devrait cependant ouvrir à la formation, une voie vers un nouveau public.

 

De Giant Sand à Giant Giant Sand…

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Le vétéran américain Howe Gelb publiera un nouvel album ce 11 juin prochain. Et il a rebaptisé le patronyme de son groupe en Giant Giant Sand. « Tucson » constituera donc la première œuvre de son projet sous sa nouvelle appellation…

Un extrait de cet opéra country rock est à découvrir sur Soundcloud.

http://soundcloud.com/firerecords/03-giant-giant-sand-detained

 

Histoire d’un suicide pour The Magnetic North…

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The Magnetic North, c’est le nouveau projet d’Erland Cooper (Erland & The Carnival), auquel ses sont associés Hannah Peel et Simon Tong.

Leur premier album sera disponible dès le 14 mai… « Orkney: Symphony Of The Magnetic North » raconte l’histoire de Betty Corrigall, une fille qui s’est suicidée sur ces îles, en 1770…

 

Les Nuits Botanique 2012 : mardi 15 mai

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Carton quasi plein pour les Nuits qui comptent à ce jour, pas moins de 11 concerts sold-out. Ce mardi 15 mai, ce sont les Great Mountain Fire qui jouaient à guichets fermés dans le ‘Grand Salon’ du Botanique. Un peu plus loin, à la Rotonde, les New-Yorkais de Friends s’apprêtent à monter sur les planches devant un parterre pas tout à fait comble, mais à deux doigts de l’être. Le quintet originaire de Brooklyn présentait ce soir son premier LP, « Manifest ! », qui sera dans les bacs dès le 1er juin.

La formation, dont le nom va faire rager plus d’un adepte du Googling, est parvenue à tirer profit de la notoriété qui a suivi sa nomination au ‘BBC Sound of 2012’, en se lançant immédiatement dans une longue tournée européenne qui s’arrêtait à Bruxelles ce 15 mai. L’ambiance est moite dans la Rotonde, lorsque les cinq étasuniens, deux filles et trois mecs, y apparaissent sur le coup des 21h40. Les fringues de Samantha Urbani, préposée au chant, donnent le ton. Ce soir, retour aux années 90. A la première moitié de cette décennie, pour être précis. Parce que c’est le concept défendu par Friends : un trip délirant au cœur de la transition entre mode des eighties et celle des nineties. Et leur amour pour cette époque, ils le manifestent sous forme de capsules R’n’B et funk vintage qui n’auraient pas contrasté parmi les premiers morceaux de TLC, Aaliyah, Brandy ou même Mariah Carey, à l’époque où cette dernière était encore tenue en laisse par Mottola. Autant dire que les compos de Friends n’échappent pas à une légère touche de Kitsch.

En quarante minutes, le quintet est parvenu à propulser son public 17 ans en arrière, en plein dans un club new-yorkais. Urbani n’hésite pas à mouiller sa chemise. Dès le deuxième morceau, la demoiselle saute dans la fosse pour se mélanger (et se frotter !) à l’assistance. Les moins farouches se laissent prendre au jeu, sous le regard amusé du reste de la salle, tandis que les plus timides esquissent un sourire gêné en attendant que leur galère s’achève. Après son tour de chauffe, la chanteuse remonte sur l’estrade pour dire tout le bien qu’elle pense de la Rotonde et de sa boule à facette, fort appropriée ce soir. A côté d’elle, Lesley Hann, à la basse, tire la tête. Une tête d’enterrement qui trouvera son explication, quelques minutes plus tard : la demoiselle est passée sous la fraise du dentiste deux heures avant de monter sur scène. ‘Because it’s cheaper than in the US !’. On peut la comprendre!

Les moments-clé du set de Friends seront, sans surprise, les plages déjà disponibles sur la toile, « Friend Crush », le nouveau single « Mind Control », le tube « I’m His Girl » et leur réinterprétation de « My Boo », une reprise efficace d’un tube de Ghost Town DJs, une formation R’n’B aussi vite oubliée qu’elle est apparue. De quoi souligner la fascination de la troupe de Brooklyn pour les ‘one hit wonder’ du R'n'B. Reste à espérer pour eux qu’ils ne connaîtront pas le même destin. Car s’il y a de l’idée derrière les compos du quintet, celles-ci manquent encore un peu d’homogénéité, comme en témoigne l’ultime morceau de la soirée. Un beat excitant et un riff de guitare funky, proche d’un !!!, desservis par un refrain simpliste. Il n’en faut pas beaucoup plus pour appréhender la version studio de la setlist exécutée ce soir, même si la prestation de Friends, en soi, a été on ne peut plus solide.

Friends effectuera son second passage en Belgique, dans le cadre du Pukkelpop, le 17 juillet.

(Organisation : Botanique)

 

Steven Wilson

Dans la Cour du Roi Wilson

Leader de Porcupine Tree, Steven Wilson a développé un projet solo afin de pouvoir donner libre cours à sa boulimie créatrice, mais aussi pour pouvoir toucher à des styles de musique qui ne s’inscrivent pas dans la lignée de son groupe progressif emblématique (jazz-rock, trip-hop, indus, drone, ...) En 2008, cette démarche a débouché sur un album très personnel et éclectique à souhait : "Insurgentes". Récemment, Wilson a poussé la logique plus loin. Il a réuni une équipe de virtuoses issus du milieu jazz-prog afin de concrétiser ce concept dans le cadre d'un nouvel opus, "Grace For Drowning", et d'une tournée complète sous son propre nom.

C'est donc avec grande curiosité que nous attendions ce concert, accordé dans la salle de l'Ancienne Belgique en configuration ‘AB Box’ (sans les gradins et sans les balcons). Beaucoup ont sans doute été surpris par l’accueil opéré sous la forme d’un fond musical de Bass Communion, encore un autre projet, ambient/drone celui-là, de ce diable de Wilson. Un voile presque transparent sépare le public de la scène et les images de Lasse Hoile projetées sur ce voile contribuent déjà à créer une atmosphère sombre et mystérieuse.

Lorsque les lumières s'éteignent, c'est le batteur, l'Allemand Marco Minnemann, qui entame seul les premières mesures de "No Twilight Within the Courts of the Sun". Il est vite rejoint par l'ex-bassiste de Kajagoogoo Nick Beggs, le guitariste Aziz Abrahim, le claviériste Adam Holzman et le flûtiste/saxophoniste/clarinettiste Theo Travis. D'emblée, les sonorités sont carrément jazz-prog et on se trouve plongés 40 ans en arrière, à l'époque des King Crimson, Yes et autre Van der Graaf Generator. Steven Wilson apparaît enfin au milieu de son nouveau super-groupe et grâce à son jeu de guitare et à sa voix trafiquée, le morceau acquiert une modernité évoquant Nine Inch Nails (époque « Fragile ») et Rush, avant de s'éteindre dans une sarabande d'harmonies que ne renieraient ni Happy The Man, ni le Genesis de la période Gabriel.

Notons qu'à ce moment, le voile entre la scène et le public est toujours présent (il le restera pendant 4 morceaux) mais on peut voir les musiciens au travers des projections. Une voix de vocodeur très grave introduit ensuite le morceau suivant: "Good evening, welcome to the concert. I am a collector", avant de céder le relais à "Index", une chanson du dernier elpee, consacrée à un collectionneur. Fidèle à son habitude, Steven Wilson évolue pieds nus sur l’estrade. Vêtu de façon très simple (t-shirt et pantalon) il porte une barbe de quelques jours. Par rapport aux concerts de Porcupine Tree, il joue beaucoup moins de ses instruments. Il se comporte plus comme un chef d'orchestre, soulignant les impulsions majeures et stimulant les musiciens. Sur "Deform to Form a Star", les nappes de mellotron évoquent à nouveau King Crimson et Genesis. Le band embraie par "Sectarian", un instrumental au cours duquel on se retrouve dans des rythmes syncopés à la Rush ("YYZ") ; et vers la fin du morceau, au moment le plus 'dramatique', le voile tombe soudain en une fois, provoquant une jolie clameur dans la foule.

Wilson impose ensuite une pause en abordant le très calme "Postcard" ; mais c'est un interlude de courte durée car la setlist a prévu ensuite "Remainder the Black Dog", un tour de force de neuf minutes au cours duquel tous les avatars du prog-rock sont revisités par la patte du maître. L'intro hypnotique au piano rappelle "Carousel" du groupe injustement inconnu Happy The Man et la suite est une claire évocation du "Voyage of The Acolyte" de Steve Hackett, lequel joue d'ailleurs sur l'enregistrement studio du morceau.

Aux premières notes de "Harmony Korine", le public manifeste son enthousiasme, et non sans raison. Il s'agit de la chanson la plus aboutie, la plus abordable aussi que Wilson ait composée depuis longtemps. Une intro à la guitare façon U2 et une mélodie digne d’"Exit Music For A Film" de Radiohead : il n'en faut pas plus pour déclencher cet engouement ! C'est clairement un des moments forts du concert.

Après "Abandoner" et ses accents trip-hop, et "Insurgentes", la douce plage titulaire du premier elpee, Wilson annonce ensuite une chanson inédite: "Luminol". Un nouveau tour de force musical qui nous emmène en voyage dans les univers de Yes, Utopia, UK et Rush ; mais le meilleur reste à venir. Wilson explique ensuite le thème de sa chanson suivante. En fait, elle reflète la fascination qui le ronge pour les tueurs en série. Il demande s'il existe des tueurs en série célèbres en Belgique. Lorsqu'un fan crie ‘Dutroux!’, Wilson confie ne jamais avoir entendu parler de lui : étonnant! Après avoir imposé le silence total (particulièrement à deux fans très bruyants), Wilson entame le chef d'œuvre "Raider II", dédié au tueur américain Dennis Lynn Rader (BTK pour "Bind Torture Kill"). Quelques notes très basses au piano, des bruits inquiétants diffusés en quadriphonie dans la salle, l'ambiance est terrifiante et on entend les mouches voler... Un grand moment ! Ensuite, le morceau se déploie pendant 20 minutes en une succession d'ambiances jazz, heavy metal, prog, drone, voire doom, pour finir en une explosion bruitiste ahurissante. Les musiciens quittent ensuite un à un la scène sous les acclamations d'un public réellement conquis.

Au cours du rappel, nous aurons droit à un excellent "Get All You Deserve". Le début est très calme, mais quand Wilson disparaît pour revenir affublé d'un inquiétant masque à gaz, on imagine une suite encore plus ‘dark’ que "Raider II". Et en effet, les guitares saturées ainsi qu’un Minnemann déchaîné sur ses fûts conduisent à un final apocalyptique.

Au moment de tirer les conclusions, force est de constater que Wilson a formé autour de lui un nouveau groupe très soudé et d'une virtuosité extrême. On est en droit de se poser des questions sur l'avenir de Porcupine Tree, d'autant que le prochain elpee de Wilson devrait être enregistré à nouveau en compagnie de la formation du projet ‘solo’.

Pour paraphraser King Crimson, un des groupes référence de Wilson (dont il vient de remasteriser les premiers albums), il vaut mieux être ‘In the Court of the Crimson King’ ou, dans ce cas-ci, ‘In The Court of the Wilson King’! (Merci à Bruno pour ce trait d'esprit)...

Organisation : AB

 

Les Nuits Botanique 2012 : dimanche 13 mai

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Quasi impossible pour un amateur de musique psychédélique de passer à côté des Ecossais de Django Django, au cours de ces derniers mois ! C’est donc sans surprise qu’une salle comble accueille le quatuor, ce dimanche à la Rotonde, pour ce premier weekend des Nuits du Bota.

La formation édimbourgeoise réunit David McLean à la batterie, Vincent Neff au chant et à la guitare, Jimmy Dixon à la basse ainsi que le très geek Tommy Grace aux claviers. Vêtus de t-shirts quasi identiques, aux motifs… psychés, le set débute sur une transe kraut électro-rock sur laquelle viennent se greffer des harmonies vocales à la Beach Boys. Si le morceau introductif laisse présager un concert enthousiasmant, bien vite, le spectateur lambda se laisse distancer par le manque de mélodie et l’aspect hermétique leurs compositions. Elles ne sont pas de mauvaise facture, mais Django Django ne possède pas –encore– la puissance tribale d’Animal Collective, la force électro de LCD Soundsystem ou l’aisance mélodique des Beach Boys. Le groupe ne ménage pourtant pas ses efforts et utilise un nombre impressionnant d’instruments basiques et insolites, dont une paire de noix de coco... Les Django Django sont à leur maximum lorsqu’ils tentent des longues montées électro-pop à la Krafwerk mais s’en sortent beaucoup moins bien lorsqu’ils tentent de s’incruster dans l’univers du pop-rock, à l’instar de l’interprétation de leur single « Default », complètement bâclé !

Une écoute attentive de leur nouvel album aurait été plus que nécessaire afin d’apprécier la musique complexe de ces jeunes gens qui réutilisent, pour notre plus grand plaisir, les recettes psychotropes délaissées par le Beta Band (dont David McLean est le frère d’un des membres d’ailleurs)… Loin d’être conquis par la prestation du groupe, votre serviteur a quand même envie d’aller les revoir lorsqu’ils reviendront chez nous, afin de pouvoir une nouvelle fois goûter à leur éclectisme salvateur…

Django Django

Organisation Botanique