La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Gaëtan Streel

One day at a time

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Gaëtan Streel est surtout connu comme ingénieur du son. Surnommé Mr. Poulpy, à cause de sa tignasse, il s’est souvent investi pour mettre en forme des albums concoctés par ses potes (Piano Club, My Little Cheap Dictaphone, Dan San, etc.), lorsqu’il ne participait activement aux sessions d’enregistrement, comme musicien. Et il a décidé de tenter une aventure en solitaire. En enregistrant son premier elpee solo, « One day at a time ». Bénéficiant, pour la circonstance, d’un retour d’ascenseur, de la part de son entourage (Jérôme Magnée, Salvio la Delfa et bien d’autres).

Première constatation, Gaëtan possède une superbe voix. Et j’ignore s’il a utilisé l’overdubbing pour réaliser les harmonies vocales, mais parfois, elles sont dignes de Crosby Stills & Nash (« Go and see the lights », « Words »). Une sensation accentuée par le ton résolument folk de ses compos, même si l’instrumentation oscille entre guitare sèche, piano, drums, percus et xylophone. Il y a même du clavier vintage sur « This is not a tango », plage au cours de laquelle, son timbre se fait plus grave. Deux titres ont également recours à des percussions plus vibrantes, profondes, un peu comme chez les Dodos (le même « Words » et « And then July went away »). Un morceau se démarque de l’ensemble, « I’m gonna get through fall ». Plus festif et enlevé il est essentiellement centré sur les voix et les claquements de voix. Et de cet opus de toute bonne facture, j’épinglerai encore le minimalisme floydien appliqué à « Walk up the man » ainsi que le final « The well & the key », dont la mélodie lorgne plutôt vers Neil Young.

 

Trailer Trash Tracys

Ester

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En 2010, les Londoniens de Trailer Trash Tracys publiaient un premier double single, « Candy Girl / You Wish You Were Red ». Deux jolies mélopées shoegaze planantes dont le seul défaut procédait du riff de guitare de « You Wish You Were Red », un peu trop proche de celui du « Bitch » de la one-hit-wonder Meredith Brooks. Un reproche que l’on ne peut plus leur adresser après avoir jeté une oreille sur « Ester » leur premier LP, publié deux ans après la mise en service du quatuor. Tout d’abord parce qu’ils ont pris le temps de confectionner de très jolies pièces musicales oscillant entre Dream Pop et Shoegaze. Ensuite, parce que ce n’est qu’à l’écoute du disque que l’on saisit toute l’étendue de leurs (bonnes) influences.

Pas de Meredith Brooks dans les parages. Les Trailer Trash Tracys lorgnent plutôt du côté des Cocteau Twins, Broadcast, Mazzy Star et autres Angelo Badalamenti. Des influences dont la formation n’abuse jamais, ce qui lui permet de surprendre l’auditeur ici et là (« Engelhardt’s Arizona », « Starlatine »). Pris dans son intégralité, « Ester » n’est pas un disque exceptionnel en soi mais certains morceaux méritent que l’on s’y attarde longuement, comme l’entraînant « Strangling Good Guys » ou le vaporeux « Candy Girl ». Trailer Trash Tracys est incontestablement une formation au potentiel conséquent et qui pourrait donc en surprendre plus d’un. Une affaire à suivre.

 

Unsane (USA)

Wreck

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Depuis 1991, on les considère comme les papes la ‘noise’. Ces New-yorkais nous proposent aujourd’hui leur 7ème elpee. Intitulé « Wreck », il fait suite à « Visqueen », un opus publié en 2007. Et c’était une véritable claque ! Leur nouvel essai est loin d’un accident de parcours. Le guitariste/chanteur Chris Spencer, le bassiste Dave Curran et le batteur Vinnie Signorelli ont toujours la pêche et nous assènent, tout au long de « Wreck », une belle série d’uppercuts douloureux… Rien n’a changé chez Unsane. Les riffs de guitare féroces et métalliques de Spencer. Ses cris féroces mais tellement ténébreux. Si bien rendus sur le malveillant « Decay » ou le plus heavy « No Chance ». Le long playing recèle bien l’une ou l’autre piste plus anecdotique, mais également quelques bombes comme « Rat » ou la ‘charmante’ reprise du « Ha Ha Ha » des punks californiens Flipper…

Après 20 ans de bons et loyaux service, Unsane n’est toujours pas prêt à rendre les armes. Et ce « Wreck » en est certainement la plus belle illustration. D’ailleurs leurs aficionados espèrent bien qu’ils pourront fêter les 30 années d’existence d’Unsane avec la même ferveur…

 

Vive La Fête

Produit De Belgique

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La Fête continue!

 Le temps passe vite: il y a déjà 15 ans que le groupe de Danny Mommens (ex-bassiste de dEUS) et Els Pynoo récolte un succès bien mérité sur les scènes du monde entier. Un bon "Produit De Belgique", en somme... Le titre de leur dernier opus studio, le 7ème, apparaît donc comme tout à fait opportun! Pas étonnant non plus qu'ils aient choisi l'Atomium comme endroit pour le lancement officiel. Selon l’adage anglais : 'Never Change A Winning Team' ; on retrouve donc ici tous les ingrédients qui ont créé le succès de Vive La Fête : une musique électro-rock dansante à souhait, une touche de new-wave et, bien sûr, le chant délicieusement kitsch d'Els Pynoo. ‘C'est l'album d'un véritable groupe’, a déclaré Mommens. ‘Toutes les chansons ont été mises au point par l'ensemble du groupe dans une démarche très live’.

 Produit par Jo Bogaert, qui aussi apporté sa collaboration à Technotronic, Gabriel Rios et Gorki, l'album commence par le premier single, "Décadanse", qui séduit immédiatement par son riff catchy et son refrain festif: un bon début! La suite est du même acabit, concédant des accents électro ("Je n'sais pas si tu"), rock ("Bizarre"), pop italienne ("Mi Amore") ou hard-pop ("Cinématique", "Ce Soir"). On pense évidemment à Chicks On Speed, B-52's, The Kills, mais aussi à la vague ‘minimal wave’ allemande.

 L'album se clôture par "Titi", un morceau plus ambitieux traversé par une ligne de basse disco et soutenu par un chant plus élaboré. Enfin, "Concert" s'étend sur plus de 15 minutes car, à l’issue du morceau, on découvre, surpris, une longue improvisation assez impressionnante au piano, suivie d'une version manouche de leur plus grand hit: "Nuit Blanche": fun!

 Pas de doute: Vive La Fête a toujours la pêche, même si parfois, on aimerait que la formule évolue un peu. On aurait aussi aimé un autre titre chanté par Mommens, comme l'était "Everybody Hates Me" en 2010. En tout cas, vu qu'ils sont excellents sur scène, ne les ratez pas au Melkweg (Amsterdam, 6 juillet), Boomtown (Gand, 17 juillet), Pukkelpop (16 août) ou Brussels Summer Festival (19 août). Notez enfin que le groupe a composé la musique pour l’exposition « My Secret Garden », qui se déroule du 9 juin au 2 septembre 2012, à Rotterdam.

Regardez la vidéo de "Decadanse" ici .

 


 

Above The Tree

Into The Nature

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Même si on ne le compare pas à la bande-son composée par Eddie Vedder, pour le film “Into The Wild”, ce disque pourrait incarner une ode à la liberté et aux grands espaces.

Bricolée et basée sur une recherche constante de bruits subtilisés ça et là autour de lui, la musique de Marco Bernacchia, alias Above The Tree, constitue une ode à la nature et ses immenses étendues.

Planantes comme le vol d’un rapace, légères comme la brise d’été ou mystérieuses comme les tribulations d’un insecte, les chansons recueillies sur cet elpee découvrent un imagier pastoral singulier.

Le folk expérimental et boisé de ce folk crépite au coin du feu, loin du brouhaha de la vie quotidienne...

 

Kid Congo Powers

Gorilla Rose

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Inoculée dans mes veines depuis quelques mois, je gardais jalousement cette came pour moi, sans oser vous en parler, de crainte que vous ne m’en subtilisiez le moindre fragment à mon insu. Paranoïa du junkie, que voulez vous ?

Mais un album de cette trempe mérite d’être partagé.

A présent que j’ai assimilé l’évidence qu’il y en aurait pour tout le monde, je ne peux résister à la tentation de répandre cette substance comme une ligne de poudre blanche, plus explosive que ‘cocaïnisante’.

Co-fondateur de Gun Club et membre émérite des Cramps ou encore des Bad Seeds de l’oncle Nick, Kid Congo Powers met à sac une certaine histoire de la musique pour nous servir, album après album, un condensé frétillant de Psychobilly Garage aux relents Punk qui ne manque pas de piquant.

« Gorilla Rose » ne déroge pas à cette non-règle.

Intitulé ainsi en hommage à l’une des figures mythiques d’un mouvement de performers non moins mystiques, le troisième opus de cette joyeuse bande d’allumés sonde les délires sous Peyolt d’un rock hanté, obsédant et sexy en diable.

Accueillant au sein de sa formation un nouveau membre au drôle de nom d’oiseau (Jesse ‘The Candyman’ Roberts), le Kid semble au meilleur de sa forme après cinquante années passées à arpenter la surface de cette terre.

En ressortent quelques titres de haute volée sur la durée d’un album annihilant la notion du temps.

Piégeant l’auditeur afin de l’entraîner au sein d’un désert où poussent des cactus gorgés de Tequila, mais hanté de squelettes défiant la mort, un sombrero sous l’humérus, cet album s’avère jouissif tout au long de ses treize plages que je vous recommande chaudement, après les avoir gardées jalousement si longtemps.

 

Matt Elliott

The Broken Man

Écrit par

Matt Elliott est le fondateur du projet électro-folk The Third Eye Foundation ; mais depuis 2003, il épure également son folk en publiant des disques sous son propre nom. Vu sa voix grave, ses arpèges de gratte particulièrement aride et la longueur de ses morceaux, on pourrait le prendre pour un Leonard Cohen neurasthénique (NDR : et c’est d’ailleurs flagrant sur le meilleur titre du lot : « Dust Flesh and Bones »). « The Broken Man » est judicieusement baptisé. Ce n’est cependant pas une surprise, car le climat qui y règne est toujours aussi ténébreux. Ne comptez d’ailleurs pas sur Matt Elliott pour vous remonter le moral. Faut dire que la production de clinique de Yann Tiersen renforce cette impression. D’une rare austérité, hormis la présence d’une guitare andalouse sur « This is For », les longues plages psalmodiées trempent dans un dark-folk balayé de cordes, de chœurs, d’accords de piano et de cloches ; un climat propice à la damnation des âmes… Un bel opus, mais chargé d’une profonde tristesse. Brrrr… Comme l’artiste anglais le dit si bien sur « Dust Flesh and Bones » : ‘This is how it feels to be alone, just like we’ll die alone…’

 

High Places

Original Colors

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Malgré un déménagement de Brooklyn à Los Angeles, on ne peut pas dire High Places soit parvenu à mettre un peu de soleil ou même de couleur dans sa musique. Une musique réputée pour son élégante froideur. Le multi-instrumentaliste Rob Barber et le chanteuse Mary Pearson raffolent du décalage entre rythmes électro 80’s syncopés et vocaux éthérés, quasi ‘ambient’. « Original Colors » propose des morceaux creusés dans une deep house. Une deep house fluidifiée par des nappes de synthé vaporeuses, sur laquelle la voix désincarnée et détachée de Mary Pearson vient se poser. Mais, très rapidement, on s’ennuie à l’écoute d’« Original Colors », le 3ème  elpee d’High Places. On a ainsi parfois l’impression d’avoir entendu ces compos une centaine de fois ; même si deux titres, en l’occurrence « Banksya » et « Dry Lake », parviennent à se démarquer de l’ensemble et suscitent même un déhanchement, dans l’esprit de The Knife…

Ces couleurs ‘chillwave’ sont trop peu originales et ternes pour véritablement accrocher…

 

Damien Jurado

Maraqopa

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Le discret mais prolifique Damien Jurado est un singer-songwriter aux doigts d’or. De sa plume ont déjà émergé pas moins de neuf LPs. « Maraqopa », son dixième labeur, n’échappe pas à la règle. Une belle réussite. Le compositeur originaire de Seattle déballe une nouvelle série de mélopées folk de toute beauté, produite par Richard Swift. Une collaboration qui avait déjà porté ses fruits, il y a deux ans, sur l’album collaboratif « Other People’s Song » au sein duquel les deux hommes réinterprétaient brillamment des morceaux de John Denver, Yes et même Kraftwerk. 

Swift apporte une touche de psychédélisme non négligeable au travail de Jurado, qui en sort bonifié. « Nothing Is The News », la plage d’ouverture de la galette, en est la preuve flagrante. Une délicieuse pépite de psych-rock qui permet au chanteur de dévoiler une nouvelle facette de son talent. Idem pour le lumineux « Life Away From the Garden », soutenu par une sympathique chorale de mioches. Production parfaite, écriture impeccable. Quinze ans après « Water Ave S. », son premier LP, ce splendide « Maraqopa » permet à Jurado de poursuivre, sans accrocs, sa lente mais incroyable ascension vers les sphères les plus hautes et les plus luxueuses du songwriting. Très chaudement recommandé.

 

Miike Snow

Happy To You

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Avant qu’ils ne rencontrent le troisième larron de la bande et que le projet Miike Snow ne se concrétise, les Suédois Chris Karlsson et Pontus Winnberg occupaient la fonction de producteurs sous le sobriquet de Bloodshy & Avant. Le duo travaillait alors en compagnie de grandes prêtresses de la pop comme Madonna, Britney et autres Kylie. Les deux hommes ont donc ensuite croisé la route du New-Yorkais Andrew Wyatt, également producteur (Amanda Blank, Spank Rock, …) Deux ans après cette rencontre, en 2009 pour être précis, Miike Snow publiait d’abord un single, « Animal », puis un premier LP éponyme. Deux disques relativement bien accueillis par la presse et la blogosphère. En 2012, le trio revient à la tête de dix nouvelles ritournelles pop rehaussées d’une touche d’electronica. 

Emmené par l’imparable single « Paddling Out », « Happy To You » propose une série de morceaux à la production forcément bien léchée (NDR : bénéficiant de trois producteurs aux manettes, il vaut mieux que ce soit le cas) et au potentiel radiophonique indéniable. Mais le trio tente ici une incursion dans le territoire des groupes Pop de stade. Et c’est là où le bât blesse. Ainsi, « Archpelago », « Devil’s Work », « The Wave » et ses ‘oooh ooh’ ou encore « God Help This Divorce » auraient tant fait bander Chris Martin qu’ils auraient tout aussi bien pu figurer sur le « Mylo Xyloto » de Coldplay. Les véritables réussites de ce « Happy To You » se comptent sur les doigts d’une main tranchée en deux, à savoir « Pretender » et « Paddling Out ». La présence de Lykke Li sur titre (« Black Tin Box ») n’ajoute aucune valeur au reste de la galette. Un disque tout à fait anodin.

 

North Atlantic Oscillation

Fog Electric

Écrit par

The North Atlantic Oscillation est un phénomène climatique qui touche le Nord de l’Océan Atlantique, un phénomène qui influe sur le climat de notre hémisphère. C’est également le patronyme d’un excellent groupe issu d’Edimbourg, en Ecosse. Qui a d’ailleurs choisi pour illustrer la pochette de cet opus, une image inspirée par cette manifestation. Et dont la musique colle parfaitement à cette atmosphère. Une atmosphère glacée et éthéré qui règne au long de l’œuvre tout aussi curieusement intitulée « Fog Electric » (NDR : brouillard électrique).

Dense, la brume sonore est alimentée par des nappes de claviers qui se superposent constamment, des nappes infiltrées de tas d’effets spéciaux (reverb, vocodeur, etc.) appliqués aux interventions vocales du chanteur, Sam Healy. Une voix qui me fait curieusement penser à celle de Wayne Coyne, le chanteur de Flaming Lips. Parfois des courants électriques s’invitent, sans crier gare, à l’instar d’« Empire Waste ». Parfois aussi, une boîte à rythmes décide d’imposer son point de vue. Mais dans l’ensemble, malgré les glaciers, le blizzard et paradoxalement les orages, « Fog Electric » baigne au sein d’un climat, ma foi, paisible. A l’instar de « Downhill » ou encore « The Receiver ». Toute une palette de nuances bien rendues par un maître de la mise en forme, Tony Doogan (Mogwai, Super Furry Animals).

 

oOoOO

Our Loving is Hurting Us (Ep)

Écrit par

oOoOO, qui se prononce tout simplement ‘oh’, est le produit de l’esprit fantasque de Chris Dexter Greenspan, producteur originaire de San Francisco et signé sur l’excellent Tri Angle Records, label qui compte dans ses rangs pas mal d’artistes très prometteurs (Holy Other, Balam Acab, How To Dress Well, Clams Casino…) Début 2010, oOoOO publiait un premier Ep éponyme. Les réactions et critiques dithyrambiques ne s’étaient pas fait attendre. Ce qui permet à Greenspan d’installer confortablement son projet sur le devant de la scène et de mettre en lumière un nouveau genre musical que la presse spécialisée a baptisé ‘Witch House’, repris d’un terme relativement idiot utilisé par le producteur Pictureplane pour définir sa musique. En bref, il s’agit simplement de loops hip hop ralentis, associés à quelques sons électroniques relativement lo-fi. Ajoutez-y quelques effets obscurs bien étudiés et des vocalises fantomatiques et, hop !, vous obtenez un son Witch House…

Après une tournée intensive, qui a fait le plein à l’AB à deux reprises en 2011, le producteur dévoile un nouveau pan de son labeur, « Our Loving Is Hurting Us ». Un second Ep de cinq morceaux qui s’accroche du bout des doigts à un genre musical des plus éphémères. oOoOO l’a compris, la Witch House tombe déjà en ruine. Il opère donc un léger virage pop, notamment en invitant Butterclock, une jeune chanteuse parisienne basée à Berlin, fan de The XX et Zola Jesus, à poser sa voix sur deux titres de la galette. Bien qu’il emprunte une voie moins angoissante que son prédécesseur, « Our Loving is Hurting Us » a un défaut majeur. L’uniformité des morceaux qui étayent l’Ep porte tant préjudice à l’ensemble qu’il est difficilement envisageable de se taper de long en large un LP du même acabit. A suivre donc…

The Popes

New Church

Écrit par

Institution orpheline d’une des gueules marquantes du Rock briton, les Popes ont gardé leur verve et leur gouaille, sachant préserver au fil des ans leur identité sans pour autant remuer les fantômes du passé, ni vendre leur âme au diable (NDR : et si c’était le cas, ils l’ont négociée dans des conditions bien plus honorables).

Baptisant une nouvelle Eglise, pour abriter ses ouailles proclamées papales par feu Shane MacGowan en personne, dès 1994, Paul (Mad Dog) McGuinness tient toujours le crachoir, et entouré de ses fidèles disciples, il offre ici une mess(e) aux accents plus incisifs.

Trois années après le très bien accueilli « Outlaw Heaven », ces suppôts de quelque mystérieuse entité païenne reviennent donc les cordes entre les dents, bien décidés à mener leur croisade pro-Celtique.

Le groupe s’est réservé la production de cet elpee, mais il faut regretter qu’il sonne si propre et lorgne maladroitement vers une sorte de mainstream quelque peu américanisée.

Quelques fausses bonnes idées (le chœur Gospel de « Love Shines ») et d’insupportables gimmicks vocaux féminins (sur « In A Broken Dream », notamment) viennent ternir le propos ; néanmoins, The Popes reste un des groupes les plus iconoclastes de notre ère, et rien que pour cette raison, il mérite tout notre respect.

 

Pierre Rapsat

Le best of

Écrit par

C’est le 20 avril 2002 que Pierre Rapsat s’éteignait des suites d’un cancer. Il était alors âgé de 53 ans. Pour lui rendre hommage le label Viva Disc a décidé de publier toute une série de compiles, dont ce « best of », réunissant 17 de ses meilleurs titres : depuis « New York » à « Les rêves sont en nous », en passant par « L’enfant du 92ème », « Passagers le la nuit », « Illusions » et « Soleil noir ». Il en manque quelques uns, dont « Ensemble », mais là, il faudra vous tourner vers l’autre recueil, plus étoffé, recelant des raretés et inédits, intitulé « Les 50 plus belles chansons »… Je ne vais pas vous refaire l’historique, simplement vous rappeler qu’impliqué dans la création des Francos de Spa, l’artiste avait entamé sa carrière au début des 70’s. Il avait ainsi composé quelques titres pour Tenderfood Kids et Récréation, puis milité successivement chez  Laurélie et Jenghiz Khan, des formations responsables d’une musique plutôt prog rock. Ce n’est que lorsqu’il a entamé une carrière solo que l’auteur/compositeur/interprète a décidé de chanter dans la langue de Molière…

 

Perry Rose

Wonderful

Écrit par

On savait Perry Rose grand admirateur des Beatles. Ainsi il a masterisé 7 plages de son nouvel opus, aux célèbres studios Abbey Road de Londres. D’ailleurs, hormis le titre qui ouvre l’album, « The magic lane », plage aux accents celtiques (ce banjo !) réminiscents de ses elpees précédents, ainsi que « She wants », pur jus Perry Rose, le disque se révèle instrumentalement plus riche. On y rencontre davantage de guitare électrique et même des cuivres (« Dreams »). Insouciante, contagieuse, sa pop peut même évoquer Paul McCartney. A l’instar du single « Carry on » ainsi que du superbe « Lines », tramé sur une ligne (?) de piano hypnotique et caressé d’arrangements de cordes. Des arrangements de cordes qui soulignent parfaitement le mélancolique, délicat et minimaliste « The one ». Une mélancolie qui envahit l’instrumental « Eden », piste illuminée par les ivoires. Embrayant sur « River », au sein du même climat, une ballade légèrement jazzyfiante, qui rend probablement hommage à Talk Talk. A contrario, « Answers » se révèle davantage allègre voire offensif et parvient à libérer une bonne dose de groove. Un excellent album de pop contagieuse !

 

Slove

Le Danse

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Duo hédoniste partagé entre les fulgurances d’un rock indie porté à son apogée dans le courant des années 90 par les Stone Roses, entre autres, et un amour pour l’électro dansante des années 2000, Slove propose une musique hybride ne manquant pas de charme, bien que dénuée d’une certaine touche de folie qui lui aurait permis de se démarquer de cette veine française qui se réclame héritière des sonorités insulaires d’hier aussi bien que de sa touche si hexagonale.

En ressort un album agréable et recommandable mais non pas essentiel.

A l’instar de sa huitième plage, dont le titre illustre parfaitement mon propos (« Carte Postale ») et qui rappellera à certains d’entre vous un groupe qui s’est illustré jadis avec (« Le) Brio (»)…

 

Spirit

Two sides of a rainbow

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Spirit est né au cœur de ce bouillonnement musical qui a marqué la fin des sixties. Issue de Los Angeles, cette formation mêlait rock et jazz au sein d’une une atmosphère progressive et parfois psychédélique. Son leader était le jeune chanteur/guitariste Randy California. Plus tôt, il avait joué aux côtés de Jimi Hendrix chez Jimmy James & the Blue Flames. Randy était soutenu par son beau-père, Ed Cassidy, à la batterie et trois autres musiciens dont le pianiste John Locke.

Paru en 1968 chez CBS, le premier album recelait une longue plage majestueuse, intitulée  “Mechanical world”. Il était éponyme. Leur style va ensuite évoluer vers un format rigoureusement plus rock, à l’instar des œuvres suivantes, “The family that plays together”, “Clear” et “The twelve dreams of Dr Sardonicus”. Au fil du temps, la formation va subir de nombreux changements de line up, mais retrouver régulièrement les mêmes collaborateurs à des moments différents.

Mars 1978, le band est à l’affiche du Rainbow Theatre de Londres, alors que nous sommes en pleine explosion du punk! En supporting act, se produit un groupe débutant : The Police. Spirit est alors réduit à un trio, impliquant trois musiciens assez extraordinaires : California, Cassidy derrière les fûts et le bassiste Larry ‘Fuzzy’ Kinght (NDR : ce dernier est toujours leader de son Blinddog Smokin’ Blues Revue aujourd’hui). Le concert avait été enregistré pour permettre la publication d’un elpee live, “Live Spirit”, l’année suivante. Mais ce disque avait subi différents reliftages avant d’être commercialisé : remixages et ajouts de prises de guitare étaient censés pallier les défauts de prise de son.

“Two sides of a rainbow” est double. Et il provient de bandes retrouvées et retravaillées par Mick Skidmore. Des bandes directement prises sur la table de mixage. Elles sont immortalisées sur le premier disque.

Les rappels (d’une durée de 35’) figurent en début du deuxième cd. Ils sont suivis par le même concert consacré à “Live Spirit”, mais avec un son différent. Ce qui explique le titre de cet opus, “Two sides on a rainbow”! Un set fabuleux au cours duquel le trio était au sommet de son art. C’est vrai, la prise de son n’est pas vraiment terrible, mais cette œuvre devrait ravir les fans. Elle recèle en outre, les deux hits single, “I got the line on you” et “1984”, trois titres extraits de leur célèbre elpee, “Dr Sardonicus” dont le superbe “Nature’s way” ainsi qu’un inédit particulièrement dynamique, enregistré en studio, “Looking down from a mountain”. Sans oublier les reprises qui faisaient la richesse des concerts : “Like a rolling Stone” de Dylan, “Hey Joe” interprété en forme de clin d’œil adressé à Hendrix ; et, en rappel, “All along the watchtower” (toujours du Zim), ainsi que “Stone free” et “Wild thing”, adaptés à la manière du dieu Jimi. Bref, tout en saluant le travail opéré par Mr Skidmore, il faut reconnaître que celui que Randy California avait réalisé sur la mouture originale de “Live spirit”, était bien meilleur. Il ne pourra malheureusement plus donner son avis à ce sujet, puisqu’il a disparu, emporté par les flots de l’océan Pacifique, au large des îles Hawaï, en janvier 1997. Il avait 45 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Le rock venait de perdre un de ses plus grands guitaristes…

 

Dirty Three

Le rock n’est pas mort, Dirty Three en est la preuve vivante…

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Mea Culpa, je n’avais jamais entendu la moindre note dispensée par Dirty Three, avant d’aller les découvrir, ce 6 juin, à l’AB de Bruxelles. Mais on m’avait tellement dit du bien à leur sujet, et notamment en ‘live’, que je me suis finalement décidé à me rendre à un de leurs concerts. Paraît même que c’est un des meilleurs groupes, au monde, sur scène…

Bien sûr, je savais vaguement que Warren Ellis avait milité chez les incontournables Bad Seeds chers à Nick Cave et que le trio australien était responsable d’une musique instrumentale dominée par le violon de son leader charismatique ; mais c’était à peu près tout !

Le public qui assiste à ce set dans l’AB Box est clairsemé (quel bonheur, finalement !) pour accueillir le trio issu de Melbourne. Il fait suite à celui de Papa M (David Pajo). Warren Ellis a une aura presque magnétique. A cause de son look de père spirituel vaudou (NDR : non, ce n’est pas Sébastien Tellier !)

Dès le morceau d’ouverture, on se rend compte être en présence de musicos tout bonnement fabuleux. Outre sa présence scénique, Ellis est un véritable virtuose. Et puis, il peut s’appuyer sur deux excellents collaborateurs. Aux drums, Jim White maîtrise parfaitement toute la puissance qu’il libère. Quant aux interventions de Mick Turner à la guitare, elles sont aussi précises que diaboliques. Leurs longues constructions sonores mêlent le post-rock (oui, oui !), le blues et le jazz. Et le résultat est fascinant, effrayant et divertissant, à la fois. On comprend mieux pourquoi le band est régulièrement sollicité pour composer des B.O. de films, car leur musique est éminemment cinématographique. Pas la moindre faiblesse au cours de leur spectacle. Et puis, on apprécie ce contraste parfait entre l’humour décalé et ravageur (NDR : en français, le rockeur habite Paris) du leader et le climat ténébreux de leur musique.

Après deux heures de prestation, l’auditoire en redemande. Au sein de cette ambiance électrique, les Dirty Three ont démontré que les véritables musiciens de rock existaient encore… Pas étonnant qu’un spectateur leur a demandé de reprendre une compo des Stooges, dont l’esprit hantait, ce soir, les lieux…

(Organisation AB)

 

The Weeknd

A Change Is Gonna Come

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Phénomène R’n’B à l’ascension fulgurante, Abel Tesfaye, plus connu sous le nom de The Weeknd, était de passage à Bruxelles ce mercredi 6 juin. Un concert annoncé à peine deux semaines plus tôt et sold-out en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Le Canadien, auteur de pas moins de trois mixtapes gratos publiés l’an dernier, a jeté son dévolu sur la petite scène du Recyclart. L’occasion rêvée de vérifier concrètement si le Canadien est bien à la hauteur du buzz qui l’entoure.

En publiant trois albums en cinq mois (« House Of Ballons, « Thursday », « Echoes Of Silence »)  et en les distribuant gratuitement sur la toile, le jeune Tesfaye, alias The Weeknd, a rapidement focalisé l’attention de la presse spécialisée sur lui. Tant et si bien qu’il n’a fallu que quelques jours pour épuiser le stock de tickets disponibles, malgré l’annonce tardive et un tarif relativement élevé pour du sang neuf (28€ !). Le petit prodige du R’n’B profite –dans tous les sens du terme– largement du tapage médiatique opéré en sa faveur.

Il y a moins d’un an que The Weeknd a démarré sa première tournée et le moins que l’on puisse dire est que le mec est déjà bien rôdé. Entouré de musicos pour un ‘vrai’ live, le chanteur originaire de Toronto ne débarque sur les planches que peu après 21h30. En attendant le début des festivités, l’assistance a eu tout le loisir d’humer les doux effluves de pissotières du Recyclart. Pas l’endroit rêvé pour ce genre de concert, bien que tout à fait convivial. Enfin, une convivialité qui n’est appréciable qu’à condition d’être coincé dans les premiers rangs. La scène, trop basse, n’octroyant une vue que très limitée aux fans traînant bon gré mal gré à l’arrière.

Hurlements en masse dès l’arrivée du jeune homme sur scène. Tesfaye et ses acolytes démarrent le concert par « High For This », un tube, déjà. Et des tubes, la soirée en sera parcourue de long en large ! Il faut dire que The Weeknd transporte le genre vers des sphères inédites, à l’instar de Drake. Un vrai ravalement de façade pour le R’n’B, qui en avait plus que besoin. Le son est extrêmement bien géré. La voix du Canadien remplit chaque coin de la pièce sans jamais flancher. Principalement downtempo, les extraits de ses mixtapes prennent une tout autre dimension sur scène. Comme ce « Life Of the Party », repris en chœur par les –évidemment nombreuses– demoiselles de l’assistance (qui s’égosilleront d’ailleurs sur la plupart des morceaux) ou encore « D.D. », reprise du « Dirty Diana » de Michael King Of Pop Jackson, duquel il emprunte quelques intonations. Le set monte graduellement en pression. Les morceaux s’enchaînent naturellement et sonnent tous comme des hits. « The Birds », « Gone », « Montreal » ou « The Party & The After Party » et son sample de Beach House, s’échappent des baffles sous une ambiance embrasée, à l’image de ces morceaux, bandes sonores parfaites pour la chambre à coucher.

The Weeknd achève son show par « The Knowing », « The Morning » puis, au rappel, « House Of Balloons » et « Wicked Games », quasiment tous repris à gorges déployées par les filles de l’assistance, donnant une dimension un peu trop midinette à l’ensemble. Des chœurs qui sont, additionées aux arômes insupportables de la salle, probablement le seul bémol de la soirée, le gamin de Toronto ayant largement assis sa réputation. Le set, qui a duré à peine plus d’une heure, a dévoilé à la Belgique un artiste naturel, humble et réellement talentueux. Un buzz bel et bien mérité.

(Organisation : VK)

 

Alanis Morisette fait toujours des ravages…

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L’ex-star des années 90, Alanis Morissette, publiera un nouvel album le 27 août, 4 ans après sa dernière œuvre. « Havoc and Bright Lights » a été produit par Guy Sigsworth (Björk, Madonna, Seal) et Joe Chiccarelli (Tori Amos, Elton John, U2). Il sera précédé du single “Guardian”, dont la sortie est prévue pour le 15 juin.

Track listing:

1) Guardian
2) Woman Down
3) 'Til You
4) Celebrity
5) Empathy
6) Lens
7) Spiral
8) Numb
9) Havoc
10) Win and Win
11) Receive
12) Edge of Evolution

http://www.alanis.com

http://www.twitter.com/morissette

http://www.facebook.com/alanismorissette

http://www.youtube.com/user/alanismorissette

 

La face cachée de la Poor Moon…

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Le premier album de Poor Moon sortira le 3 septembre prochain. Pour la circonstance, Christian Wargo et Casey Wescott, deux musiciens qui ont milité chez Pedro the Lion et Crystal Skulls avant de devenir membres des Fleet Foxes, ont été rejoints par les frères Ian and Peter Murray.

http://soundcloud.com/bella-union/poor-moon-holiday