Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Various Artists

Mozart l’opéra rock

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Mozart en comédie musicale ??? Le grand problème dans ce genre d’œuvre est de trouver un rapport réel entre ce qu’il est sensé représenter et la réalité. Et là, pas de chance, c’est le néant…

 
 

La seule intention des auteurs est de monter un grand spectacle de variétés susceptible d’attirer des spectateurs par dizaines de milliers dans des salles immenses où l’acoustique sera déplorable. Mais qui rapportera un max de blé aux producteurs (TF1 en l’occurrence…) Désolé mais je n’arrive pas à cautionner un truc pareil. Des chansons pour midinettes, du strass et des paillettes, on est tombé bien bas, ça vole au ras des pâquerettes.

 
 

Mais le concept plaît visiblement à une tranche de la population, qui soit a les portugaises ensablées, soit a un niveau intellectuel digne de ‘La roue de la fortune’, de la ‘Star Academy’ ou de ‘Tournez manège’… On est toujours sur TF1 bien sûr !!! Tournez plutôt la page !!!

 
 

Il est à la fois anecdotique et même dérangeant de savoir que ce ‘spectacle’ remplira les caisses de ces ‘médiocres’ qui s’approprient un tel nom alors que lui-même (je parle de Mozart) est mort dans la misère, exploité déjà de son vivant par le non moins médiocre Salieri. Dans le titre, il y a le mot Rock. Une injure de plus. Epargnez votre argent ou donnez-le à une œuvre caritative. TF1 est déjà assez riche…

 

Vaya Con Dios

Comme on est venu

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25 ans après avoir opéré ses débuts dans la chanson, lors d’une comédie musicale rendant hommage à Jacques Brel, Dani Klein, mieux connue sous le pseudonyme de Vaya Con Dios, enregistre son premier album en langue française.

Vaya Con Dios, qui s’est surtout forgé une notoriété auprès du public belge, sortait son premier elpee il y a plus de 20 ans. Dani en était déjà membre à part entière, écrivant (NDR : en anglais), composant et chantant au sein du combo belgo-belge.

La formation éclate suite au départ de Willy Lambregt et de celui de Dirk Schoufs, qui décède quelques mois plus tard. Dani Klein se retrouve seule et décide alors de poursuivre sa carrière en solo. Après un parcours qui lui a valu de vendre plus de 10 millions de disques (7 millions d’albums et 3 millions de singles), l’interprète de « Just a Friend of Mine » tente pour la première fois une percée dans une autre langue que l’anglais.

Pari audacieux pour la spécialiste de la ‘soul’ belge à la voix chaude, profonde et sombre. Mais elle s’est bien entourée, bénéficiant de la collaboration de Manuel Istace (plus connu sous le nom d’Uman) et de Luc Weisser (qui a écrit le tube de Dani, « Don’t Break My Heart »), responsable de quatre des chansons du nouvel opus. On notera également la participation de Philippe Catherine pour le titre « La vie c’est pas du gâteau » et celle de Toots Thielemans qui l’accompagne sur « Il restera toujours ».

Les 13 morceaux ce cet elpee sont d’excellente facture. La belle cinquantenaire (NDR : et oui, elle est née en 1953) nous propose une palette de chansons traitant de thèmes aussi divers que l’amour et le naufrage, la beauté et la peine, la vie, la mort, et la vanité qui les sépare. A retirer du lot, la plage éponyme : « Comme on est venu ». Un véritable coup de poing flanqué dans la gueule des institutions religieuses de tous bords. Excellent texte soutenu par une mélodie envoûtante et des chœurs bien adaptés. Le disque s’achève par un instrumental poignant composé par le père de Dani, Charles Schoovaerts, qui s’est éteint peu de temps après l’enregistrement.

Un album à découvrir et une chanteuse à ‘redécouvrir’ car, malgré le changement de langue, elle n’a rien perdu de ses qualités intrinsèques d’interprète. Au contraire, elle nous donne l’impression de se livrer, pour la première fois peut-être, entièrement à son public qui peut maintenant l’apprécier en la comprenant totalement.

A noter que sa tournée débutera le 19 janvier 2010 au théâtre Varia de Bruxelles.

Rick Wakeman

The Six Wives Of Henry VIII – Live at Hampton Court Palace

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En amour, Henry VIII n’était pas vraiment un rigolo. Pour se séparer de Catherine D’Aragon, sa première femme qui ne lui avait pas donné d’héritier, il est allé jusqu’à se fâcher avec l’église catholique. Ce petit incident engendrera le célèbre ‘Schisme avec Rome’. Sa seconde épouse, Anne Boleyn ne lui donne qu’une fille, alors il la fait décapiter. Jeanne Seymour, sa troisième moitié est décédée en lui donnant un fils (NDR : alors, si ça ce n’est pas manquer de bol, je ne n’y comprends rien). Il répudie Anne de Clèves, sa quatrième meuf sans avoir consommé le mariage (NDR : elle sera sans conteste, la plus chanceuse des six). Catherine Howard, la cinquième est accusée d’adultère et de trahison. Un petit coup de hache bien placé lui fait perdre la tête. Quant à Catherine Parr, la sixième et dernière du lot, elle décède, elle aussi, lors d’un accouchement difficile. Pour célébrer le 500ème anniversaire de l’accession au trône de ce sympathique Henry Tudor, Rick Wakeman, (NDR : on vous le rappelle en passant, il a été le claviériste de Yes entre 1972 et 1980), a décidé de réaliser un vieux rêve : jouer sur scène l’intégralité de son album solo de 1973, « The Six Wives Of Henry VIII », qui comme son nom l’indique est entièrement consacré à l’histoire de ces six malchanceuses.

Et, quand Monsieur Wakeman décide de réaliser un rêve, il ne le fait pas à moitié. En premier lieu, le décor. Quoi de plus authentique que de relater les faits à l’endroit où ils se sont produits ? Alors c’est décidé. Le concert aura lieu à Hampton Court Palace, le château même où Jeanne Seymour est décédée en donnant naissance au seul et unique fils d’Henry VIII. Pour parfaire ce tableau, il faut bien sûr des costumes d’époque. Beaucoup de costumes d’époque, car il y en a du monde sur scène. Le groupe rock, tout d’abord : un septuor. La chorale ensuite : 32 vocalistes. Et finalement l’orchestre : 54 musiciens.

Celles et ceux qui connaissaient l’album de 1973 et qui l’appréciaient ne seront probablement pas déçus car la version 2009, forte de moyens financiers importants, semble surpasser de loin l’originale. Les autres qui, comme votre serviteur, n’en avaient jamais entendu parler auront bien du mal à rentrer dans le concept. Il s’agit ici de musique instrumentale et, bien que Rick Wakeman soit un dieu du clavier, il a bien du mal à nous faire vivre cette histoire sans l’aide de mots. (NDR : d’où l’idée saugrenue de vous faire un petit cours d’histoire au début de cette chronique). La musique est telle qu’on se l’imagine : du rock progressif et symphonique, un peu daté étant donné l’année de sa composition. De la musique instrumentale faite de soli de claviers suivis d’autres soli de claviers. Un orchestre symphonique et une chorale qui ne prennent que très rarement le dessus sur l’instrument de Wakeman. Des variations de tempo, d’ambiances et d’humeurs sensées nous plonger dans l’histoire des six donzelles. Le tout est très bien très bien joué, mais est destiné, principalement, aux aficionados de l’ancien claviériste de Yes.

Air

Love 2

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Après avoir commis le planant et mélancolique « Pocket Symphony », en 2007, le duo versaillais Air nous revient la tête toujours aussi encombrée de fantasmes. Leur nouveau et cinquième bijou s’intitule « Love 2 » ; un disque dont les sonorités aériennes et délicates dispensées par Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin se fondent (souvent) dans le romantisme ou transpirent (parfois) de sexe.

Malgré la qualité sonore de l’œuvre propice à l’émerveillement, on est quand même en droit de se poser une question : pourquoi le concept du nouvel opus d’Air diffère-t-il si peu de ses essais précédents ? La réponse est simple : pour la première fois, Air a travaillé dans son propre studio. Ce qui peut paraître étonnant, quand on connaît la carrière prolifique des deux artistes. Le studio Atlas (NDR : c’est à Paris !) est désormais devenu leur repaire (NDR : repère ?) et les deux Français ont décidé de s’immerger totalement dans leurs nouvel environnement sonore pour concocter cet elpee. « Love 2 » pourrait même leur servir de cv (NDR : « Love » et « Sing Sang Sung » constituent même des titres typiques, pour ne pas dire de référence). A cause de la présence des rituels vocodeurs. Puis de cet art à confectionner des mélodies cosmiques nourries aux claviers empreints d’une grande sensibilité et balisées par cette ligne de basse profonde. Tout ceci en développant des thèmes romantiques : des amours impossibles, des rêves psychédéliques (« Do The Joy ») et même des montées d’adrénaline sexuelle. Le parfum est enivrant. En écoutant l’opus les yeux fermés, des frissons parcourent votre corps. De chouettes sensations ! Air s’autorise même une expérimentation : « Night Hunter » ; peut-être déjà une esquisse du futur album que les deux Versaillais voudront sans doute plus audacieux… Ca promet !

Editors

In This Light and On This Evening

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Troisième album pour la formation de Birmingham, toujours emmenée par Tom Smith au chant et aidé de ses complices habituels, Chris Urbanowicz à la guitare, Russ Leetch à la basse et Ed Lay aux drums.

Si a ses débuts, Editors était aujourd’hui comparé à des grosses pointures comme Joy Division ou Echo and the Bunnymen, aujourd’hui le quatuor semble marcher de plus en plus sur les traces d’Interpol. Pour l’atmosphère, pas de souci, elle est toujours aussi glaciale. Faut dire que la voix caverneuse de Tom n’y est pas pour rien !

Pour leur troisième ouvrage, les Anglais (NDR : Interpol est un combo américain) ont décidé de changer de voie, en s’enfoncent un peu plus dans l’électro-rock/danse. Un choix qui leur va comme un gant. Du moins sur quelques titres.

En ouverture, « In this Light and on this Evening » donne le ton. Un mélange empreint de gravité où les synthés et la voix d’outre-tombe de Tom dominent l’espace sonore. Hanté par OMD, « Bricks and Mortar », lorgne encore plus vers les eighties. La voix est remarquable de puissance et d’intensité. Lorsqu’il sera remixé et remasterisé, « Papillon » devrait faire le tour des pistes de dance du monde ; et je me demande d’ailleurs dans quelle mesure ce ne serait pas le but avoué du groupe… « You don’t know love » s’ébroue doucement ; mais après 3 minutes, c’est-à-dire à mi-parcours, le rythme s’accélère et provoque un véritable envoûtement. Enfin « The big exit » démontre combien la voix de Tom peut s’adapter à tous les registres. Elle peut se faire douce, mélancolique ou agressive… 

Mais à partir de ce morceau, Editors semble avoir épuisé toutes ses cartouches et manifeste des signes inquiétants d’essoufflement. Après 5 morceaux menés tambour battant, « The Boxer » et « Like Treasure » détendent un peu (trop) l’atmosphère. En outre, les Britanniques ne parviennent plus à nous enflammer lors des derniers titres, comme en première partie d’opus. La fin de parcours est même un peu décevante. Après une mise en bouche alléchante et une entrée en matière intéressante, on est reste un peu sur sa faim quant au reste du ‘menu’.

L’elpee ne recèle que huit plages. C’est une excellente initiative. Il n’en fallait pas davantage. D’ailleurs, le final « Walk the fleet Road » corrobore cette conclusion. Il a perdu toute saveur. Un dessert insipide clôturant quelque peu ‘pauvrement’ un repas si bien entamé. Une constante : la longueur (excessive) des morceaux (NDR : le plus court s’étale sur 4’20) et l’utilisation des synthés qui devient ‘encombrante’, lorsque Editors ne parviennent plus à nous faire danser…

 

General Elektriks

Good City for Dreamers

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Si le Petit Larousse est expert en définitions ; il reste encore des mots qui n’y figurent pas encore et qu’il faudrait inventer. Dans le registre des collectionneurs, nous pouvons cependant déjà agrémenter notre vocabulaire personnel de quelques définitions succulentes. Difficiles à placer en société, les buzicéraphiles (collectionneurs de bougies en cire), quarterchécophiles (collectionneurs de carnets de chèques), scarpatologistes (malades des sandales) ou luminospéléophilistes (obsédés de la lampe de mineur) peuvent paraître snobs. Par contre, la Bible de la langue française ne répond pas à cette énigme : comment appelle-t-on les collectionneurs de claviers musicaux ? Aujourd’hui, on peut sans équivoque balancer l’info, chez Musiczine on les appellera dorénavant les Hervésalteristes. Mieux connu sous le patronyme de Général Elektriks, le Français Hervé Salters n’a qu’une obsession dans la vie ; mais elle est de taille : chiner et collectionner tout ce qui peut produire un son vintage en appuyant sur des touches. Véritable ogre du synthétique, Hervé n’en est pas à son coup d’essai. Il y a 4 ans, il produisait déjà « Cliquety Kliqk », un album ardu et complexe. Sur sa fiche de paye, le nom de la société qui lui envoie la maille n’est autre que Quannum ; et ses collègue de bureau se prénomment Blackalicious, DJ Shadow et Lyric Born. Rien que des inconnus quoi ! De quoi, en tout cas, attiser les envies.

Emigré au States, le Français revient sur le devant de la scène en concoctant ce « Good City for Dreamers ». Et force est de constater que même pour son plus grand malheur de ne pouvoir disposer que de deux mains, il les utilise à la perfection. Soutenus pas des beats funky, soul ou hiphop, enrichi par des cuivres jazzyfiant et affichant une bonne dose de chill-out, « Good City for Dreamers » incarne l’élément clé de la scène électronique pour cette d’année. Parsemé d’accents à la Mattafix ou Beastie Boys version « The Mix Up », l’album fait aussi parfois penser à une flip side des Hot Chip. Comment ne pas reprendre en chœur, à l’instar du morceau « Young Folks » de Peter Bjorn & John, le refrain sifflé tout au long de « Raid the Radio » ? Comment ne pas succomber à l’alchimie aphrodisiaque de « You Don’t Listen » ? Comment ne pas se taper la cuisse, en rythme, en écoutant « Helicopter » ? Comment pouvez-vous rester assis devant votre écran à lire cette chronique, alors qu’à cette heure, il existe peut-être près de chez vous un disquaire encore ouvert pour vous procurez « Good City for Dreamers » ?

 

Israël Nash Gripka

New-York Town

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Enfant du Midwest, Gripka a probablement quitté son pays de redneck pour rejoindre New-York, en rêvant de succès. Mais aurait-on déniché un successeur à Ryan Adams ? Possible… Israel Nash Gripka en est probablement un fidèle disciple. Suffit d’écouter « New-York Town », son premier opus, pour s’en convaincre. A croire qu’il reverse une partie de ses gains au leader des Cardinals. Mais vu la baisse de régime accusée par Ryan Adams, au cours des dernières années, il est peut-être préférable de se tourner vers ce talentueux et très appliqué élève…

Si vous aimez la musique folk, « New-York Town » devrait vous plaire. La voix de Gripka est belle, troublante, bouleversante même parfois. Elle campe un timbre sis quelque part entre celui d’Adams et de Bruce Springsteen (NDR : sur « Confess », tout particulièrement). Tous les ingrédients inhérents à l’americana sont réunis : harmonica, pedal steel, piano, etc. Bref le parfait petit univers du cowboy mélancolique.

Malheureusement, chez Israel Nash Gripka, tout sent la récup’. Jusqu’au disque lui-même, empruntant le design d’un vieux vinyle. Parce que pour réussir un plat classique, il ne suffit pas de réunir les ingrédients indispensables pour le préparer. Il faut aussi savoir cuisiner. Et y mettre un peu de piment. C’est sans doute là que le bât blesse. Car sa musique manque cruellement de personnalité. Pas que l’innovation soit indispensable. D’ailleurs, certains artistes prévisibles mais talentueux font toujours la même soupe dans la même vieille marmite. Et sa digestion ne pose jamais aucun problème. Simplement, on aimerait que le potage soit chaud, et pas réchauffé… Aussi, si vous êtes un inconditionnel d’americana pur et dur, je vous conseillerai plutôt la dernière œuvre de Slaid Cleaves, bien plus intéressante...

 

Hockey

Mind Chaos

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A l’instar de The XX en Angleterre, Hockey fait l’objet d’un de buzz, à travers l’Europe. A l’origine, Hockey se limitait à un duo. Vivant alors en Californie, il pratiquait une musique minimaliste réduite à une basse et une boîte à rythmes. Mais en émigrant à Portland, le line up s’est élargi à un quatuor, la formation embrassant alors une forme de pop/indie. Funkysante, pour ne rien vous cacher. 

« Mind Chaos » constitue leur premier opus. Un disque bourré d’énergie. En Angleterre, le NME (NDR : une référence ?) a même décrit le groupe comme issu d’une rencontre hypothétique entre LCD Soundsystem et The Killers. Franchement, là, il faut avouer que le journalise s’est complètement planté. Hockey est un excellent groupe, il a certainement la classe ; mais il n’a pas encore atteint le niveau de la bande à Murphy. Et puis sa musique est totalement différente (NDR : parole de fan, en toute subobjectivité, donc !). Néanmoins, on peut estimer que le combo évolue un cran au-dessus de celui de Brandon Flowers.

Les compos de cet opus sont explosives, rafraîchissantes, excitantes mais contagieuses. Titre d’ouverture et premier single du groupe, le très dansant « Too Fake » en est un bel exemple. « 3am Spanish » se frotte au hip hop en maintenant un profil funk minimal. Un titre très réussi ! « Work » est une plage dynamique. A cause de cette basse élastique et puis de cette rythmique irrésistible. Très funky, « Wanna Be Black » trahit un rêve d’enfance caressé par le chanteur/compositeur Ben Grubin, depuis qu’il est tout petit : celui de devenir noir. Enfin « Preacher » nous plonge dans le gospel. Au cours de cet office, Hockey nous invite à frapper dans les mains, pendant que les solos de guitares rock n’roll et le piano d’église baptiste entrent en communion ! La claque !

Si Hockey s’inscrit bien dans la lignée de la nouvelle scène indie US (MGMT, Passion Pit, etc), on peut également lui trouver certaines affinités avec Friendly Fire (NDR : ils sont de St Albans, en Angleterre). Alors hype ou pas hype ? Perso, je pense que ce phénomène risque de nous surprendre agréablement à l’avenir. Son « Mind Chaos » est d’ailleurs suffisamment éloquent pour oser un pari sur l’avenir…

 

Ian Hunter

Man overboard

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1969. Alors que la sphère rock est en pleine ébullition, le guitariste Mick Ralphs recrute le chanteur Ian Hunter pour former Mott The Hoople (NDR : patronyme tiré d'un livre de Willard Manus). La formation enregistre son premier elpee, éponyme, sous la houlette du producteur Guy Stevens. Sur le label Island. On ressent manifestement l'influence de Bob Dylan dans l'écriture et le chant de Hunter. Pas encore le succès escompté ; quoique le disque deviendra culte, bien plus tard. En 1972, David Bowie leur propose de mettre en boîte sa composition "All the young dudes". Qui devient un tube universel ! A partir de cet instant, le combo est intégré au mouvement glam rock. Atteint d’une dépression nerveuse, Hunter quitte le navire en 1974. Remis de son affection, il décide d’entamer une carrière solo. Il reçoit alors la collaboration de Mick Ronson, le gratteur des Spiders of Mars (NDR : c’est alors le groupe de Bowie) pour concocter "Ian Hunter" en 75, puis "All american alien boy" l'année suivante. Depuis, il a aligné une quinzaine d'elpees, dont "Shrunken heads" en 2007 et "Man overboard", cette année.

Ian accuse aujourd’hui 70 berges. Et pourtant, il affiche toujours le même look : de belles boucles blondes et ses éternelles lunettes noires (NDR : un peu à la Polnareff). Pour ce "Man overboard", Hunter signe onze nouvelles compositions, proposées sous la forme de court-métrages, mises en forme par Andy York, le guitariste de John Mellencamp.

Ian ouvre l’opus par "The great escape", une roots rock song conduite par sa voix facilement reconnaissable. Toujours aussi nasillarde et relativement éraillée, elle semble fatiguée par le long parcours de sa carrière, et évoque le Dylan d'autrefois. Une entrée en matière qui ne maque pas de charme. A cause de la présence de cordes acoustiques (NDR : mandoline, guitare et banjo) et même des interventions discrètes, à l’accordéon. Dès l’intro d’"Arms and legs", le doute n'est pas permis, Ian replonge dans l'univers de Mott the Hoople. Une solide compo enrichie par les sonorités de l'orgue Hammond et hantée par une six cordes bien présente. Il reprend une bonne dose de Mott the Hoople juice pour attaquer "Up and running", sur un tempo rock'n'roll, devant une armée de cordes édifiées par trois guitaristes. Et Mr Hunter a toujours la pêche ! Ian adopte son attitude dylanesque pour interpréter le titre maître. Tel le protest singer, il s’accompagne à la sèche et à l’harmonica. "Babylon blues" concède manifestement des accents blues. Si Ian jouissait du même timbre que Robert Plant, sa musique prendrait un envol semblable à celui d’un certain dirigeable… Fort jolie ballade, "Flowers" me rappelle curieusement un hit de Tom Petty et ses Heartbreakers. "These feelings" et "Win it all" sont des chansons d'amour. Indolentes, intenses, elles épousent une forme souvent privilégiée par l’artiste. L’elpee s’achève par une dernière ballade dylanesque, sorte de BD musicale sans suite…

Pour votre info, sachez que le Mott The Hoople originel a décidé de se reformer. Quarante ans plus tard ! Le temps de cinq concerts. Accordés en octobre 2009. Et un triple cd, a été immortalisé à l'Hammersmith Odeon de Londres, ce 1er octobre. A suivre donc…

 

Jésaiah

Et Tu, Hope

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Jésaiah a une approche un peu alternative de la violence musicale. En mélangeant la haine du hardcore et la puissance du métal, aux errances musicales du postrock et du mathcore, il se crée une identité musicale particulière. « Et Tu, Hope », son premier opus ne fait pas vraiment dans la dentelle. Ce disque semble avoir été engendré dans la souffrance et pour peu, on arriverait presque à en ressentir les affres. Le son est explosif, colérique et impressionnant de puissance. Barré comme Coalesce ou Converge, puissant comme Pantera. Pas de demi-mesure chez ces Suédois. Tout est fort, furieux et hurlé. Les structures sont compliquées mais cependant pas indéchiffrables. Le déluge de décibels cède parfois sa place à des breaks postcore inattendus et presque atmosphériques. Cependant, cette accalmie est toujours de courte durée et ne laisse pas vraiment le temps de reprendre son souffle.

« Et Tu Hope » est un disque puissant. Envoûtant et repoussant à la fois. A essayer si vous en avez les tripes. Mais attention, vous n’en sortirez pas tout à fait indemnes.

 

Joakim

Milky Ways

Écrit par

Qui est Joakim Bouaziz ? En 2007, il gravait « Monsters & Silly Songs », un disque mêlant habilement disco, post-punk et pop. C’est également un ingénieur du son notoire. Il a ainsi opéré des remixes, entre autres, pour Cut Copy, Simian Mobile Disco, Annie et Poni Hoax. Et puis il est également le fondateur du label electro mythique Tigersushi.

Le nouvel elpee du Parisien est très surprenant. Parce que sa musique ne correspond en rien à la description formulée dans le premier paragraphe. Les 8 minutes du titre d’ouverture, « Back To Wilderness », donnent le ton. Imaginez Black Sabbath passé au post-rock ! Original. Malheureusement, le morceau ne décolle jamais réellement. Trop brouillon, pas assez d’âme et trop peu de passion. Si le modèle de Joakim était Sunn O))), c’est raté. Et la majorité des plages de « Milky Ways » tentent différentes approches du métal. C’est audacieux, mais le sens mélodique est cruellement absent. Pire encore, « Fly Like An Apple » est tellement dissonant qu’il en devient désagréable à l’oreille. Le sommet de l’horreur ! Même le morceau disco, « Love & Romance & A Special Person », est poussif. Il faut attendre « Spiders », caractérisé par ses chœurs féminins (NDR : le premier single officiel), pour enfin entendre quelque chose de convenable et un semblant d’harmonie. Et après écoute attentive, il faut reconnaître que cette compo électro pop est manifestement réussie. Tout comme « Travel In Vain », par ailleurs. Une chanson du même style. Un style qui semble beaucoup mieux correspondre au Français. C’est d’ailleurs cette direction qu’il aurait tout intérêt à emprunter…

« Milky Ways » constitue donc une mauvaise surprise. Cette odyssée dans la voix lactée est éprouvante et dérive sans le moindre but. Joakim y expérimente (NDR : ou pastiche ?) une multitude de styles : psyché, krautrock, blues, new wave, etc. ; que certains illuminés ont déjà baptisé ‘psyché-disco’. Mais il s’y révèle rarement convaincant. Même les fans irréductibles du Français risquent de déchanter. Joakim a beaucoup d’imagination, il faut lui concéder ; cependant, il aurait tout intérêt à la canaliser afin de rendre sa solution sonore, au moins cohérente. Une grosse déception. N’est pas Can qui veut.

 

LCD Soundsystem

45:33 Remixes

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Difficile de demeurer objectif quand on rédige un article consacré à un artiste dont on est fan. C’est le cas pour LCD Soundsystem et de son nouvel opus intitulé « 45:33 Remixes » ; un disque qui fait suite au superbe « 45 : 33  » (Pour rappel, en 2007, la marque d’équipements sportifs Nike avait commandé au combo newyorkais, une compo destinée à permettre aux joggeurs de courir dans le rythme. Un projet commercial qui avait récolté un énorme succès. Depuis, d’autres électroniciens se sont également lancés dans l’aventure ; et entre autres, Cassius et Simian Mobile Disco).

Alors tant pis pour les reproches, et on se lance dans l’exercice de style. Cette nouvelle sortie de DFA tombe à point nommé ! Il y a longtemps qu’on avait plus eu de nouvelles de James Murphy et de ses compagnons de route ! Et tout récemment, le Newyorkais annonçait sur sa page Facebook et Twitter que le groupe entrerait en studio mars 2010. 

Mieux encore, il y a quelques jours, LCD Soundsytem sortait en édition limitée (NDR : 20.000 exemplaires), un extrait de ce nouvel elpee, « Bye Bye Bayou ». Une reprise originale du titre d’Alan Vega (NDR : le chanteur de Suicide). Un morceau également et gratuitement téléchargeable sur le site web. Mais avant cette énorme surprise disco psyché, le fameux « 45:33 » était remixé.

« 45:33 » (NDR : la version originale, du moins) s’étale effectivement sur 45 minutes et 33 secondes. Un opus qui se découpe en quatre volets bien distincts (dont l’ébauche du superbe « Someone Great », paru sur « Sound Of Silver »). Par contre, cette nouvelle galette est répartie en huit extraits remixés et sélectionnés par plusieurs artistes proches du groupe (Prins Thomas, Theo Parrish, etc.) ou encore issus de la même écurie (Runaway). Faut dire qu’au sein de la grande famille DFA (NDR : label de James Murphy et Tim Goldsworthy), le remixe est une véritable institution. Et cet elpee en est une nouvelle illustration. Un véritable régal ! Les électroniciens ont donc eu le bon goût de varier les styles. Runaway s’illustre ainsi dans l’électro deep underground, à l’aide notamment de son séquenceur spasmodique, alors que Prins Language incorpore dans sa house profonde des sonorités cosmiques, sensuelles et romantiques ! Un must ! Mais le prix d’excellence revient très certainement à Prins Thomas. A cause de son remix balancé dans l’esprit de DFA. Une compo dont l’intro monte en puissance. Puis se fracasse comme si elle avait été irradiée par des ondes funk/punk. A en tomber le cul par terre ! Et si cet opus s’adresse surtout aux Dj’s et aux aficionados, qu’il est bon de se replonger au sein de cette ambiance, que seuls DFA et LCD Soundsystem sont capables de produire !

 

Le Peuple de l’Herbe

Tilt

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Roulez pétards, revoilà le Peuple de l’Herbe. On ne m’ôtera pas l’idée que les Français ont pris un tournant dans leur style, qui semble définitif. Souvenez-vous de « Triple Zero » en 2000. L’album excellait en ragga dub. Parsemé de quelques intros succulentes, on s’y perdait en volutes euphorisantes et on écoutait l’album le sourire aux lèvres. Quand en 2005, paraît « Cube », on sent déjà que la came à changé de texture. L’électronique drum’n’bass commence à pointer son nez, et les riffs tranchants découpent notre univers cotonneux de leurs sabres vengeurs. L’arrivée de Spagg, consécutive au départ de DJ Stani lors de la tournée qui a suivi l’album, n’est sans doute pas innocente à la ligne de conduite que la formation a commencé à suivre. Paru en 2007, « Radio Blood Money » frisait le post apocalyptique dans un univers à la Fritz Lang, le tout poussé par une jungle cocaïnomanée.

Qu’en est-il de ce « Tilt » que les Lyonnais nous réservent pour la fin novembre ? Pratiquement, on reste dans le jump n’ bass tendance jungle. Si Sir Jean à la voix gutturale croise brillamment –et comme à l’accoutumée– le fer avec JC 001, Spagg, N’Zeng et Psychostik n’en finissent plus de vouloir nous voir suer sur leurs beats explosifs. On voit bien que ce ne sont pas eux qui se tapent la lessive ensuite. Le cœur un peu serré, on écoute la galette avec nostalgie. Oui, on reconnaît la patte des Français, oui il s’agit là d’une continuité musicale  pertinente, oui Le Peuple de l’Herbe reste le Peuple de l’Herbe ; mais je préférais, personnellement, quand le gazon était plus vert et plus moelleux. « Tilt » recèle quand même quelques fragments plus ‘chill’, dont le morceau « Nightmare Back Against », signe que tout n’est peut-être pas perdu. La galette est cependant généreuse et incitera la foule à lever les bras pour scander en chœur « Le Peuple… de l’Herbe »… Mais ouaiiiiis vieux !!

 

Part Chimp

Thriller

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Aujourd’hui, il existe probablement deux manières d’essayer de faire son trou dans le monde du rock. La première consiste à copier le style d’un artiste renommé en espérant que son succès fasse tâche d’huile. La seconde réclame le petit truc inédit qui rendra votre musique personnelle et indispensable au paysage musical actuel. Pour se différencier des autres, Part Chimp a décidé de jouer très fort. Très très fort. Amplification et distorsion poussée au maximum sur un rock très noisy aux relents de stoner.

Cette originalité est elle suffisante pour rendre le groupe indispensable et le pousser vers un avenir radieux ? En tout cas, cette méthode semble fonctionner en Angleterre, où « Thriller », leur troisième galette, bénéficie de réactions dithyrambiques auprès de la presse spécialisée. C’est même à se demander si les Grand-Bretons ne sont pas un tantinet chauvins. Car, là où ils entendent la perfection sonique, des murs de guitares dévastateurs et le summum de la créativité, j’ai bien peur de n’entendre que le son de guitares grasses, désaccordées et amplifiées au maximum. Une enfilade de riffs lourds et sans grand intérêt. Le noise rock de Part Chimp évoque un Melvins du pauvre ou du Monster Magnet (période « Spine Of God »), joué avec des moufles ; mais il pourrait encore s’en tirer plus ou moins honorablement, si il n’y avait pas ce chant. Alors de deux choses l’une : ou leur vocaliste n’est pas arrivé en temps et en heure lors des sessions d’enregistrement, et le groupe s’est vu forcé de recruter le premier pochetron rencontré dans les environs du studio pour le remplacer, et c’est pathétique ; ou ils on vraiment choisi un chanteur complètement naze, et c’est tout aussi pathétique. A lire nos confrères de la presse anglaise, la formule est travaillée et mûrement réfléchie. Un groupe dont les desseins sont sans doute trop subtils pour votre serviteur, probablement…

The Big Pink

Much ado about nothing!?

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Ce mardi soir, l’AB Club avait donné libre cours aux décibels. C’est dans cet écrin, en effet, que les Gantois de The Germans et les Londoniens de The Big Pink avaient résolument décidé d’affoler tous les sismographes de la capitale. Deux heures de voyage noisy à vous désintégrer le tympan des oreilles.

‘Le groupe de rock le plus dangereux de Belgique’ (‘De Standaard’) bénéficiait de cinq morceaux pour convaincre et présenter son premier album « Elf Shot Lame Witch » sorti en mars 2008 et son très expérimental vinyle « Grote Meneren/Straffe Madammen », paru le 30 juillet 2009 en édition limitée (300 exemplaires). The Germans déclenchent les premières secousses sismiques vers 20 heures en attaquant « Life ? An Impeccable Machine, Exact ». Morceau habité d’une puissante Noisy et nanti d’un héritage Krautrock. Cette mixture peut d’ailleurs se lire sur « Dog » évoquant un Sonic Youth bavarois. Un set globalement instrumental bien mené par le quintet gantois qui ouvre judicieusement les routes noise à l’une des sensations britanniques du moment.

Le concert, programmé de longue date, bien avant que The Big Pink ne foule les plus grandes scènes d’Europe, a fait les délices d’une poignée de spectateurs bénéficiant de l’exorbitant privilège de planter l’espace intime de l’AB Club pour accueillir le nouveau phénomène d’outre-Manche. Excellente occasion pour souligner la qualité de programmation souvent proposée par l’Ancienne Belgique. Au sein du nid douillet du Club, l’événement offrait une occasion exceptionnelle pour découvrir le duo londonien. Binôme renforcé de deux musiciens pour les besoins de la scène : Akiko Matsuura (batterie) et Leopold Ross (basse).

« Too Young To Love » ouvre la tempête sonore sous un dense nuage de fumée. Brouillard opaque qui ne laisse filtrer qu’une lumière chétive et rend la silhouette des cinq musiciens à peine discernable. L’air devient subitement irrespirable. Les corps transpirent d’ondes basses. Dans ce paroxysme d’intensité sonore, les oreilles endolories luttent, les corps tremblants  subissent l’ouragan d’un voyage électrique de près de quarante minutes.

Côté jardin, l’ombre des claviers de Milo Cordell et ses programmations assaillent l’espace  à coups de crissements et de grincements électroniques. Au centre, Robbie Furze projette des envolées de guitares sur le mur de saturation. Impuissant face à ce vacarme savamment organisé, le public est tétanisé. Plongé entre rêve et cauchemar. Pas de compromis chez The Big Pink, on aime ou on part ! Les guitares et les claviers s’élèvent à saturation et expirent  à la frontière du larsen. Les sonorités violentes sont prodigieusement contrôlées et ne regorgent jamais. Qualité ou défaut, le son live et studio sont presque à l’identique. Signe de maîtrise sonore que d’aucuns pourraient saisir comme une carence de créativité et d’originalité sur scène.

Un set bref de neuf morceaux tous issus de « A Brief History of Love » (NDR: excepté « These Arms ») qui marque cependant les limites du jeune groupe. Un final moins austère pour clôturer les débats : le tubesque « Dominos ». Lumières subites et pas un rappel !

Une prestation scénique froide et austère comparable à un concert new-wave qui plonge globalement l’auditeur dans un profond coma of love. Une cathédrale à l’architecture de givre qui vogue sur les vagues ascétiques de l’amour. A l’image de l’album, le concert dépeint une atmosphère neurasthénique et dessine les traits mélancoliques de l’amour.

Critique de l’album également disponible dans la rubrique ‘Chroniques CD’.

(organisation Ancienne Belgique)    

 


 

I might be wrong

Circle the yes (1)

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Est-ce un hasard si le jeune groupe berlinois I might be wrong a choisi pour nom le titre d’une chanson de Radiohead ? Si une anxiété similaire à celle du groupe anglais habite leur univers, c’est avec bien plus de retenue qu’elle s’exprime ici. Leur nouvel album « Circle the yes » s’écrit comme une boucle, une marche sur place, dans un espace rempli de questions et d’hésitations. ‘We circle the yes, we strike the no, we struggle for maybe – we do nothing at all’ était l’un des chœurs repris en boucle, dans un disque précédent.

Lisa von Billerbeck, songwriter et chanteuse du groupe, également illustratrice de talent, a intitulé l’un des morceaux « Salomon », en référence à cette artiste juive berlinoise qui, en pleine Grande guerre, entreprit de peindre sa vie entière par de très nombreuses petites gouaches étonnement contemporaines. De manière similaire, et pourtant sans narcissisme, I might be wrong butte sur l’impossibilité d’être. La douceur et le bruit des doigts glissant sur les cordes rappellent par moments les Kings of Convenience, l’économie d’effets exprime la tension retenue, la mélancolie tragique.

La répétition de courts thèmes musicaux et textuels (chantés ou presque parlés) évoque cet objet insolite mais néanmoins fascinant où deux boules de métal suspendues à des fils s’entrechoquent et perpétuent le mouvement inlassablement. Joli mais… On aimerait que cette linéarité décolle un peu, que les sages Berlinois osent prendre une direction un peu plus franche, car l’hésitation devient, à la longue, légèrement ennuyeuse.

Partchimp

Thriller

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Aujourd’hui, il existe probablement deux manières d’essayer de faire son trou dans le monde du rock. La première consiste à copier le style d’un artiste renommé en espérant que son succès fasse tâche d’huile. La seconde réclame le petit truc inédit qui rendra votre musique personnelle et indispensable au paysage musical actuel. Pour se différencier des autres, Partchimp a décidé de jouer très fort. Très très fort. Amplification et distorsion poussée au maximum sur un rock très noisy aux relents de stoner.

Cette originalité est elle suffisante pour rendre le groupe indispensable et le pousser vers un avenir radieux ? En tout cas, cette méthode semble fonctionner en Angleterre, où « Thriller », leur troisième galette, bénéficie de réactions dithyrambiques auprès de la presse spécialisée. C’est même à se demander si les Grand-Bretons ne sont pas un tantinet chauvins. Car, là où ils entendent la perfection sonique, des murs de guitares dévastateurs et le summum de la créativité, j’ai bien peur de n’entendre que le son de guitares grasses, désaccordées et amplifiées au maximum. Une enfilade de riffs lourds et sans grand intérêt. Le noise rock de Partchimp évoque un Melvins du pauvre ou du Monster Magnet (période « Spine Of God »), joué avec des moufles ; mais il pourrait encore s’en tirer plus ou moins honorablement, si il n’y avait pas ce chant. Alors de deux choses l’une : ou leur vocaliste n’est pas arrivé en temps et en heure lors des sessions d’enregistrement, et le groupe s’est vu forcé de recruter le premier pochetron rencontré dans les environs du studio pour le remplacer, et c’est pathétique ; ou ils on vraiment choisi un chanteur complètement naze, et c’est tout aussi pathétique. A lire nos confrères de la presse anglaise, la formule est travaillée et mûrement réfléchie. Un groupe dont les desseins sont sans doute trop subtils pour votre serviteur, probablement…

The Big Pink

A Brief History of Love

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Après avoir remporté le NME Philip Hall Radar Award du meilleur premier album et avoir essuyé les râles dithyrambiques de la presse britannique, « The Big Pink » se présente naturellement comme la curiosité outre-Manche de cette rentrée musicale 2009.

« The Big Pink » (pseudonyme se référant à l’album « Music From The Big Pink » de The Band) est l’histoire de deux passionnés immodérés de musique noise, Robbie Furze et Milo Cordell (créateur du label Merok Records). Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le duo londonien signe son premier elpee sous le célèbre label indépendant 4AD. « A Brief History Of Love » évoque effectivement une sonorité shoegazing familière au label londonien à la fin des années 80. Genre shoegaze/noisy terriblement à la mode ces derniers temps. Le retour sur les planches des sublimes My Bloody Valentine n’est-il pas un indicateur du renouveau de cette scène ?

Rien n’est laissé au hasard sur ce premier opus. Soigneusement élaboré aux Electric Lady Studios de New-York, « A Brief History Of Love » a bénéficié d’une production infallible assurée par Rich Costey (Muse, Interpol, Rage Against The Machine…) et Alan Moulder (My Bloody Valentine, Yeah Yeah Yeahs…) « The Big Pink » assurera d’ailleurs la première partie de Muse sur sa tournée britannique.

L’architecture musicale de ce premier album est époustouflante. Une tracklist bâtie à l’image d’une cathédrale de glace qui navigue sur les flots glaciaux et aseptiques de l’amour. Un univers riche, dense et hautement atmosphérique qui se pose sur des textes dramatico-romantiques. Lieu où Milo Cordell dépeint le kaléidoscope de l’amour. Celui qui reflète ‘tous les aspects multiples du cœur… Le bon, le mauvais, l’ennuyeux, le passionnant, l’onirique, le    cauchemardesque…’ Imagerie amoureuse violentée par des torrents de guitares aux  insensibles distorsions, crissements et saturations monomaniaques. Une mixture entre drame et rêve résolument additive. Des textes qui voyagent sur des nuages bruitistes et des humeurs de My Bloody Valentine ou Cocteau Twins. Un grand rock anglais aux saveurs de Death In Vegas qui nous transporte et innove. Car le binôme londonien, expert des techniques de studio, ne se morfond pas dans une stérile nostalgie. « Velvet » et « Too Young to Love » posent des guitares noisy sur une texture électronica austère. Des strates savamment superposées qui régalent un atmosphérique romantique aux dimensions majestueuses.

Le neurasthénique morceau éponyme chanté en duo avec la délicieuse voix psalmodie de Joanne Robertson en est la substance. Un art minimal, dépouillé, écrin parfait pour définir l’humeur fragile, insane et doucement mélancolique qui traverse l’esprit de l’album. Magnifique !

Un premier opus qui se distingue par sa complexité technique maîtrisée et sa facture de qualité. Un rock anglais entier et impartial qui ravira les accros de la musique britannique des années 80-90 et plus !

The Big Pink se produira ce mardi 03 novembre 2010 à L’Ancienne Belgique. Et on avance déjà une nouvelle pour l’année prochaine en compagnie de The xx. A suivre…       

 

BLK JKS

After Robots

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Les formations pop/rock issues d’Afrique du Sud ne sont pas légion. J’ai donc été envahi par une certaine forme d’enthousiasme, lorsque je me suis lancé dans la chronique de cet album de BLK JKS(à prononcer Black Jacks). Un quatuor né en 2000 ; mais qui a dû attendre neuf longues années avant d’enregistrer son premier album. Et pas pour n’importe quelle écurie ! Chez le label indépendant américain Secretly Canadian, au sein duquel on retrouve notamment Antony & the Jonhsons, Yeasayer et Bodies of Water. Et il leur aura fallu presque autant de temps pour que le continent américain s’intéresse enfin à leur existence. C’était en 2008, lorsqu’ils ont assuré le supporting act de Diplo au sein de la nation arc-en-ciel.

Pour concocter « After Robots », le groupe a reçu le concours de Brandon Curtis, le chanteur de la formation psyché-prog The Secret Machine. Faut dire que la solution sonore proposée par BLK JKSest le fruit d’un mélange de rock, prog, jazz, reggae, psychédélisme et de musique africaine. Un disque qui souffle cependant le chaud et le froid. L’originalité du groupe procède surtout de leurs lyrics, qu’ils chantent tantôt en zoulou ou en xhosa (NDR : ce sont les deux premières langues officielles d’Afrique du Sud) mais également en anglais. Et puis de leurs rythmes tribaux. Dans cet esprit, des morceaux comme « Molalatladi », « Kwa Nqingetje » ou encore l’acoustique « Tselane » constituent la quintessence de l’œuvre. Malheureusement, le combo souffle le froid, lorsqu’il marche sur les traces de Mars Volta. En moins luxuriant. Encore que parfois, leurs envolées n’ont rien à envier à celles d’un King Crimson. Quoique pour les amateurs de prog, ce soit un compliment. Mais pour les autres, on frise l’indigestion.

 

Chromeo

DJ Kicks

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Etre invité à produire un DJ Kicks est un gage de confiance qu’aucun artiste electro qui se respecte, n’aurait l’audace de décliner. Deux ans après avoir fait appel aux services de Hot Chip et Booka Shade, le label !K7 a eu l’excellente idée de se tourner vers Chromeo pour ressusciter sa collection. Le principe de celle-ci est simple : l’artiste invité compile et mixe une série de morceaux, récents ou poussiéreux. De préférence peu connus ou sous-estimé au moment de leur sortie. En y ajoutant un petit inédit de son cru, pour la forme. Et l’exercice sied à merveille aux Canadiens qui se sont manifestement fait plaisir en dépoussiérant les plus improbables de leurs vinyles.

En attendant la sortie de leur prochain recueil, prévu pour 2010, le duo s’amuse à engendrer des unions cocasses entre R’n’B, Disco et Pop des années ‘80, Funk ou encore Space Disco. Ainsi, Château Marmont, l’excellent Lifelike ou le duo lui-même côtoient Shazam, Val Young ou les inattendus Diane Tell et Pierre Perpall ! Comme pour la plupart des « DJ Kicks », le tracklisting interpelle à première vue, mais devient très rapidement addictif. Malgré quelques enchaînements douteux, Chromeo s’en sort haut la main, même lorsqu’il concède une reprise inopinée d’« I Can’t Tell You Why », un morceau extrait du répertoire des Eagles.

Ce nouveau DJ Kicks en bonne et due forme plaira essentiellement aux fans de la formation mais également à ceux qui s’étaient déjà trémoussés sur la compile du même nom, signée par The Glimmers. Et, pour ceux qui n’en ont jamais assez du son vintage de Chromeo, le duo prolonge le plaisir sur son site officiel en offrant en téléchargement gratuit son sympathique nouveau single, « Night By Night ». Fonkay ! http://www.chromeo.net

 

William Fitzsimmons

Goodnight

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Derrière sa barbe et ses petites lunettes, William Fitzsimmons est un homme plein de bonnes idées. Et un auteur interprète aussi doué que Sam Beam (Iron & Wine). Ce qui est un gage de qualité en soi. Le don largement exploité sur ce ravissant « Goodnight », il le doit à ses deux parents aveugles, musiciens de formation. Ceux-ci auront flanqué un instrument entre ses petits doigts avant même qu’il ne prononce son premier mot. Et maman et papa peuvent être fiers du résultat. « Goodnight », troisième ouvrage de leur rejeton, est sans conteste un travail d’orfèvre. Pas étonnant donc qu’il soit également le disque de la révélation.

Relevé d’un poil d’electronica, « Goodnight » n’aurait pas fait figure d’intrus au sein de la discographie d’Iron & Wine. Le folkeux de Pittsburg accomplit un travail soigné comme pas deux. Les mélodies, coiffées de splendides vocalises, y sont d’une délicatesse hors norme. William Fitzsimmons est l’un de ces artistes qui s’adresse directement à la sensibilité de ses auditeurs et marque sa cible à tous les coups. Et un artiste qui fait la nique à Kanye West en réinterprétant de manière magistrale l’une de ses compositions les plus moyennes (« Heartless », inédit dispo sur les plateformes de téléchargement légal) ne mérite rien d’autre qu’un immense respect. « Goodnight » est l’un des incontournables de 2009.