Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Mick Harvey & Amanda Acevedo

La fantasmagorie en bleu de Mick Harvey et Amanda Acevedo

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Mick Harvey et Amanda Acevedo sortiront un elpee en collaboration, ce 1er septembre 2023. Il s’intitulera « Phantasmagoria in Blue ».

La chanteuse et cinéaste mexicaine Amanda Acevedo a rencontré Mick Harvey il y a plusieurs années à Mexico, alors que ce dernier était en tournée avec P.J. Harvey, mais ce n'est qu'en 2021 que leur projet actuel a vu le jour, alors qu'ils partageaient des idées musicales et autres à travers entre l'Australie et le Mexique.

Harvey et Acevedo donnant une nouvelle vie à des chansons issues de duos existants, à d’autres qui n'ont jamais été conçues pour des duos, à des traductions de l'espagnol, à des compos chantées dans cette langue, et à quelques morceaux originaux. Sur le plan thématique, l’opus explore les thèmes éternels de la mortalité, de l'amour et de la quête de sens de l'humanité, tout en incorporant un engagement enthousiaste avec l'énigmatique et le mythique.

La vidéo de « Milk & honey » est disponible et de « Love is a battlefield », ici

 

Ġenn

Un nouveau Ġenn musical…

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Ġenn est un quatuor féminin aux ¾ maltais, né en 2012, tout d’abord sous le patronyme de Cryptic Street. Son premier Ep, « Liminal », sorti en 2021, avait reçu le concours de David Vella, à la production, à l’enregistrement et au mastering, un personnage qui avait travaillé pour Siouxsie & The Banshees et Rammstein. Le 6 plages de ce disque sont profondément dans l’Acid Rock et le DYI Punk des années 70.

Etabli en Angleterre, la formation devrait sortir son premier véritable album, fin 2023.

En attendant, elle nous propose son single sous forme de clip, « A reprise (that girl) », ici

 

 

Laura Perrudin

Laura Perrudin poussée par Philippe Katerine…

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Chanteuse, harpiste, compositrice, productrice et autrice, Laura Perrudin a sorti l'album « Perspectives & Avatars » l'année dernière sur lequel on retrouve, parmi les invités, Philippe Katherine, Emel Mathlouthi, Becca Stevens, Mélissa Laveaux…

Ce disque navigue quelque part entre pop et jazz, aux frontières d’une soul teintée d’electronica et d’une folk expérimentale reposant sur l’utilisation originale d’un instrument créé spécialement pour elle : la harpe chromatique électrique.

Prêtant sa voix singulière aux recherches et bidouillages électroniques qu’elle affectionne tant, Laura Perrudin compose un univers unique en son genre.

La musicienne nous dévoile aujourd'hui son nouveau clip « Push Me », auquel Philippe Katerine a participé. Dans le clip réalisé et conçu par ses propres soins, ils nous entraînent dans un théâtre rouge et or, pour un sondage d’évaluation à la fois obsédant et obstiné, mené par quatre visages…

Pour voir et écouter « Push me », c’est

La sortie du clip annonce la sortie d'un live-album « Live Featuring The Ghost Orchestra », en mai 2023.

 

Magma

Le 1er clip de Magma

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En plus de 50 ans de carrière Magma n’avait jamais produit de clip. À la demande et avec le soutien de l’Adami, c’est maintenant chose faite grâce à « Hakëhn Deïs », réalisé par Nino Le Chenadec. L’utilisation de l’Intelligence artificielle se fond ici dans la subtile chorégraphie créée par deux magnifiques danseurs de l’Opéra de Paris, Loup Marcault-Derouard et Ida Viikinkoski.

Et il est à découvrir

 

 

 

Channel Zero

Le drumming, véritable fil conducteur du show !

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Channel Zero est né, il y a déjà 32 ans ; et pour fêter cet anniversaire, il se produisait à l’AB. Trois soirées de suite ! Et elles sont sold out. Mais en même temps, le band a voulu rendre hommage à Phil Baheux, décédé en 2013.  

En 1997, lorsque Channel Zero a décidé de mettre son aventure entre parenthèses, il avait déjà publié quatre albums en cinq ans. Quatre albums qui lui avaient permis de grimper au sommet de son art. Il a entamé son parcours comme band de trash metal underground et est devenu le plus grand phénomène du genre, au Benelux, grâce à son style frais et tranchant. Il a fait le tour du monde en compagnie, notamment, de Megadeth, Danzig et Biohazard et s’est produit dans les plus grands festivals européens. A l’issue du split, les musicos ont chacun suivi leur propre chemin après avoir remercié leur légion de fans en gravant un cédé ‘live’, immortalisant leur prestation au Marktrock. Cependant, un collectif de fans a créé une page Facebook dès 2008, pour inciter le combo à se réunir. Après de longues discussions, de pardons, d'oublis, de réflexions, d'essais et de répétitions, Franky, Tino et Phil acceptent de reformer le band. Et le 22 janvier 2009, Channel Zero joue un premier concert de retrouvailles à l'Ancienne Belgique. Il est sold out en un temps record ! Tout comme les dates programmées dans la foulée. En une heure ! Soit les 23 et 24 du même mois, et même ceux prévus un an plus tard. En l’occurrence les 28, 29 et 31 janvier 2010. Impressionnant !

Le line up implique aujourd’hui le frontman/chanteur Franky De Smet Van Damme, les guitaristes Mikey Doling (ex-Soulfly, ex-Snot) et Christophe Depree, le bassiste Olivier De Martino ainsi que le drummer Seven Antonopoulos.

Le supporting act est assuré par Virgin Prozak (la veille, la première partie avait été assurée par Destroy Humanity – photos )

Il y a 6 ans, Virgin Prozak se résumait à un duo. Soit un chanteur/guitariste et un batteur. Les chemins musicaux de Simon Rosenfeld Dernelle et Christophe Gindt se sont ensuite séparés et Simon a été rejoint par le bassiste Alban Waff ainsi que le drummer Chriss. Mais les deux membre orignaux sont à nouveau réunis ; et c’est Vincent Dessart (LETHVM) qui se charge aujourd’hui de l’instrument à quatre cordes.

A l’actif du combo, deux Eps, « Plethora », en 2018, et « Plethora, Vol. II », en 2020. Début avril, il a gravé un nouveau single, « The Doubt Remains », produit par Tony De Martino.

Sur les planches, si le drumming s’avère énergique voire tribal, la section rythmique fait preuve d’une efficacité sans faille. La voix est tantôt très mélodique et accrocheuse ou alors rugueuse. Très rythmique, la guitare s’élève aisément dans les riffs, un peu comme celle de James Hetfield, chez Metallica. Des émotions fortes et sans filtre émanent du metal vierge d'antidépresseurs pratiqué par le power trio.

Dans son genre musical, ce groupe wallon est à suivre très attentivement.  

Le rideau rouge est tiré juste après le déménagement de la première partie. A 20h30 précises, il s’ouvre. Mikey et Franky apparaissent alors pour interpréter une version acoustique d’« Angel », afin de rendre hommage à feu leur batteur. Puis il se referme.

Au bout de quelques minutes, il s’écarte de nouveau et on remarque la présence de deux bidons de couleur noire d’une capacité de 100 litres, de chaque côté de la scène, sur lesquels est mentionné les mots ‘black fuel’, en jaune.

Vêtu d’une salopette de teinte bleu pétrole au dos de laquelle est imprimé le logo du band, et de hautes tiges qui lui remontent jusqu’aux genoux, Franky débarque le premier. Les autres membres du groupe émergent d’un nuage de fumigènes traversé de spots aveuglants. Le drummer est perché sur une estrade, entouré de deux murs de baffles Marshall et derrière une double voire triple batterie.

« No Light (At the End of Their Tunnel) » vient à peine d’être achevé que Franky est déjà en sueur. Groovy, « Fools Parade » déclenche les premiers ‘crowdsurfings’ et de timides ‘pogos’.

Le jeu de basse de Tino De Martino claque et ne trahit aucun signe d'usure. Franky remonte le temps jusqu’à l’édition 1995 du festival de Torhout, tout au long d’« Heroin ». Et il le signale. Il arpente les planches, dans tous les sens, en emportant de petites bouteilles d’eau dont il asperge rituellement les premiers rangs. Il s’exprime tour à tour en français, néerlandais ou anglais, parfois en patois de Zottegem, sa terre d’origine. A deux reprises, il s’autorise un long bain de foule. Il fait le tour de la salle et grimpe à l’étage tout en continuant à chanter. Deux enfants montent sur le podium. Ils viennent embrasser leur papa, Olivier, dont c’était l’anniversaire, la veille. Le band entame alors l’inévitable ‘Happy Birthday’, que la foule reprend en chœur.

Tel un diable prêt à sortir de sa boîte, le drummer a vraiment marqué le concert de son empreinte. Il a accordé un solo de batterie magistral de 10 bonnes minutes. Ses expressions faciales et ses poses démoniaques étaient saisissantes sous le feu d’un light show agressif. En fait, il est parvenu à sublimer ses partenaires.

Et le concert de Channel Zero atteindra son apogée lors des deux derniers morceaux du show, « Suck My Energy » et « Black Fuel ». Dans la fosse, ça pogote sec. Les responsables de la sécurité ont du travail. Mais le tout se déroule dans une excellente ambiance.

Finalement, on a eu droit à un set en forme de ‘best of’ (photos )

Setlist : « Angel », « No Light (At the End of Their Tunnel) », « Tales Of Worship », « Repetition », « Chrome Dome », « Fool's Parade », « Dashboard Devils », « Heroin », « Call On Me », « Mastermind », « Bad To The Bone », « Help », « Unsafe », « Drum Solo », « Dark Passenger », « Ammunition », « Hot Summer », « Suck My Energy », « Black Fuel ».

Photos Romain Ballez

(Organisation : Ancienne Belgique »)

Roger Waters

Au sommet de sa forme !

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Lors de la tournée qui a suivi la parution de « Division Bell », le deuxième opus studio depuis le départ de Roger Waters, votre serviteur avait eu l’immense chance d’assister au show du légendaire groupe britannique Pink Floyd sur la plaine de Werchter où avaient été déposées pas moins de 250 tonnes de matériel pour un concert déjà très réussi d’un point de vue technologique.

Près de 30 années plus tard, arborant fièrement 79 piges, la pierre angulaire du Floyd se produisait au stade Pierre Mauroy, également baptisé Decathlon Arena, une structure située dans la bourgade de Villeneuve-d'Ascq, commune de la Métropole européenne lilloise.

Une belle manière de boucler la boucle et de mettre fin à une certaine forme de frustration qui rongeait votre serviteur depuis tant d’années…

En forme de vaisseau translucide, l’édifice est non seulement visuellement impressionnant, mais il offre également différentes configurations en fonction du type et de la taille de l’évènement.

Un constat, entre dénonciations des violences policières, crimes de guerre et discours de politiques véreux, le sergent Waters est loin de s’être assagi.

La météo n’est pas nécessairement de la partie en cette mi-mai. Le trublion anglais se voit donc offrir le luxe de se produire à huis-clos, grâce à un toit mobile de 7 600 tonnes qui peut être refermé en trente minutes, si nécessaire.

Waters et son team vont monter sur une scène en forme de croix revêtue d’écrans gigantesques comme autant de points cardinaux qui va permettre à tout un chacun de profiter du set de manière identique. Une belle prouesse technique à souligner ! Et ce ne sera pas la seule !

Les spectateurs se sont pressés en masse, essentiellement des quinquas et sexagénaires aux cheveux poivre et sel. Normal quand on sait que l’artiste a été un membre actif de Pink Floyd dès 1965, comme bassiste, dans un premier temps, et parolier, chanteur et leader ensuite, après a mise à l’écart du chanteur, guitariste et compositeur, Syd Barrett.

En voix off et sur l’écran, Roger Waters insiste pour que les téléphones soient éteints. Il met aussi en garde le peuple sur ses prises de position. Prière à ceux qui ne les apprécient pas d’aller ‘se faire foutre au bar’. La messe est dite !

Vers 20h30, l’artiste entame son tour de chant par un subtil réarrangement de « Confortably Numb ». Une version down tempo diamétralement opposée à l’originale. Une signature personnelle, épurée et très sombre à la fois, où s’emmêlent projections de gratte-ciels désertés et gens qui déambulent sous des grondements de tonnerre incessants. On relèvera aussi cet ensemble de chœurs puissants qui gravitent majestueusement et font oublier la mythique Fender de Gilmour et ses solos dont il a le secret.

Lors des dernières gammes de cette composition mythique, les hélices d’un hélicoptère vrombissent de part et d’autre du stade. Aucun doute ne subsiste, ce sont bel et bien les deuxième et troisième segments de « Another Brick in the Wall » qui retentissent sous un lit de bombardement de slogans (forcément) idéologiques, le tout relevé par des lumières rayonnantes particulièrement impressionnantes.

Entouré de Jonathan Wilson et Dave Kilminster (guitares), Joey Waronker (percussions), Gus Seyffert (basse), Jon Carin (claviériste, multi-instrumentiste), Robert Walter (orgue), Ian Ritchie (saxophone) et des choristes Amanda Belair et Shanay Johnson, l’ex-boss de P.F., affublé d’un t-shirt noir moulant, manifeste une énergie phénoménale, mais n’en oublie pas son combat primaire : dénoncer les faits les plus abjects et crimes commis par le pouvoir en place. Tout un programme !

Peut-être aussi se rend-t-il aussi coupable d’excès de zèle. Le public est venu pour apprécier un spectacle dans son ensemble et pas forcément pour entendre des discours moralisateurs toutes les cinq minutes.

Cette première partie privilégie également des titres plus personnels comme « The Powers That Be » ou « The Bravery of Being Out of Range » interprétés au piano, insufflant beaucoup d’émotion et de légèreté au set. Des titres aux relents tristement célèbres allant des manifestations et divers débordements policiers (de l’Afro-Américain George Floyd à l’Iranienne Mahsa Amini), aux prises de parole d’anciens présidents américains, de Reagan à Trump. Sans oublier Joe Biden, qui, selon le discours du maître de cérémonie, ne ferait que commencer. L’avenir lui donnera peut-être raison…

Autre moment hors du temps, lorsque, tout en finesse et avec une humilité non dissimulée, Waters s’épanche longuement sur son ami de longue date, Roger Keith Barrett, cofondateur et leader de Pink Floyd, mieux plus connu sous le pseudo Syd Barrett, disparu en 2006 des suites d’une longue maladie. Les musiciens du groupe ont mis un terme à sa collaboration en 1968 en raison de son comportement de plus en plus erratique, principalement dû à une importante consommation de LSD.

Waters lui porte encore aujourd’hui beaucoup d’amour et de respect. ‘On rêvait de vivre un rêve et on l’a vécu. Ça s’est un peu gâté par la suite. Comme mon mariage d’ailleurs’ s’exclame-t-il d’ailleurs sous les cris hilares du public. Véritable icône de l'histoire du rock, Pink Floyd lui a d’ailleurs rendu un vibrant hommage à travers notamment l’album « Wish You Were Here », un opus sorti en 1975.

Waters s’exécute la gorge serrée à travers le triptyque « Have a Cigar » suivi du séculaire « Wish You Were Here » ou encore l’intemporel « Shine On You Crazy Diamonds » alors que Barrett et les membres originels de Floyd sont projetés en filigrane. 

Le spectaculaire « Sheep » et surtout son mouton géant tient la vedette à lui seul en survolant les spectateurs. Une chanson lourde de sens dans laquelle RW pointe du doigt la couche sociale la plus basse, le prolétariat, et y démontre comment le peuple est exploité au sein d’une société capitaliste, ‘à peine conscient du malaise dans l’air’ (‘only dimly of a certain unease in the air’).

Le mouton, rentré dans la bergerie, sonne le glas d’une première partie qui a tenu en haleine même les plus perplexes.

Après une vingtaine de minutes d’un entracte fort mérité permettant tant aux musiciens qu’aux spectateurs de se réhydrater, le plus rock’n’roll des Anglais revient sur les planches, plus combattif que jamais, et affublé d’une longue veste noire en cuir de type gestapo tout en arborant fièrement le brassard ‘marteaux croisés’ de « The Wall ».

A la grande surprise, cette fois, c’est un cochon gonflable qui sort de sa basse-cour, animal issu de l’album « Animals ». On peut y lire aisément ‘Fuck the poor’ (‘on emmerde les pauvres’) et ‘Volez aux démunis, donnez aux riches’. Le mammifère s’en donne à cœur joie virevoltant au gré de son instinct et n’a que faire de cette énième provocation.

Le puissant et grandiloquent « In The Flesh » est alors interprété, toute guitare hurlante. Les marteaux marchent au pas de militaires sur les nombreux écrans floqués, signe du symbole fasciste.

Le chanteur, après s’être exclamé comme un goret, met un terme à ce (triste) spectacle par un tir de mitraillette en direction du public, ranimant aussi dans la mémoire collective le débat des armes à feu aux États-Unis.

Sublime, le show réserve encore des visuels hors du commun, comme sur ce « Run Like Hell » ponctué par une vidéo d’un raid aérien de 2007 à Bagdad, qui avait causé plusieurs morts, dont deux journalistes.

« Two Suns In The Sunset » (cette plage figure sur « The Final Cut », le dernier elpee du Floyd auquel il a participé), permet à Roger de remercier chaleureusement les trois personnes qui revêtent de l’importance dans sa vie : Bob Dylan, sa femme Kamilah Chavis, et son frère John, décédé il y a peu de temps.

L’apothéose de ce spectacle procède d’un medley issu de « Dark Side Of The Moon », le huitième album studio, soit un « Money » illustré par ses images de liasses de fric, de cartes de crédit, etc. et interprété par le guitariste Jonathan Wilson qui se consacre ici au chant, « Us and them » et ses flashs photos sur des visages issus du monde entier, qui finiront par s’unir plus tard dans la soirée, « Brain dammage » et enfin « Eclipse », comme si la lune allait éclipser définitivement le soleil…

Les titres sont mis en lumière par des synthétiseurs stellaires, des solos de guitare à faire pâlir David Gilmour et des faisceaux lumineux recréant ainsi petit à petit les pyramides symbolisant la pochette de l’opus paru en 1973.

Seul bémol au tableau, l’absence de l’inimitable « Great Sky In The Sky », un morceau très apprécié des aficionados. Pour la petite histoire, dans sa version studio, la voix est celle d’une jeune chanteuse de 25 ans, Clare Torry tentant d’improviser un chant pour la musique composée par Wright. Elle est ressortie du studio, convaincue qu’elle n’y était jamais parvenue…

En guise d’adieu, on aura droit à une reprise de « The Bar », suivie de « Outside the » au piano, alors que l’ensemble de l’équipe en profite pour siroter des shots que l’on devine fortement alcoolisés. Un moment de communion surréaliste, magique et fragile à la fois.

Après environ deux heures trente d’un spectacle à marquer au fer rouge, les musiciens et le natif de Great Bookham saluent le public généreusement sous tous les angles de la scène pour se diriger ensuite vers les coulisses tout en continuant de jouer comme s’il s’agissait d’une fanfare de rue. Les caméras suivent cette mise en scène jusqu’à que ce le drummer donne le clap de fin par un solo sur sa seule caisse claire tenue en bandoulière pour l’occasion.

Un Roger Waters au mieux de sa forme qui signe là sans doute un des plus beaux concerts auxquels votre serviteur ait pu assister…

Un homme aussi d’une grande dignité, contestataire dans l’âme, qui combat toutes les injustices de ce monde et tente d’utiliser sa notoriété pour faire changer le cours des événements.

Et enfin, un artiste qui est parvenu à mettre de côté, le temps d’une soirée, ses rancœurs envers David Gilmour tout en parvenant à se réinventer artistiquement.

 

Paul Weller

En dents de scie…

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Paul Weller est considéré comme une référence incontournable par les groupes-phares de la britpop, et tout particulièrement Oasis ainsi que Blur. A cause du rôle joué par The Jam, trio mod qui a sévi de 1976 et 1982, laissant en héritage des tubes incontournables comme « Beat surrender », « The Bitterest Pill (I Ever Had to Swallow) », « Start’ », « Going underground », « The eton rifles » et « Town called malice », une chanson qui vilipendait Margaret Thatcher et sa politique, en Grande-Bretagne, tout en reflétant son combat contre le fascisme et le néo-capitalisme. Puis, le natif de Woking va succomber au jazz/rhythm’n’blues suave et rétro, de 1983 à 1989, en fondant The Style Council avant d’entamer une carrière solo qui va s’avérer fructueuse tout en asseyant une popularité retrouvée. Mais probablement pas auprès des fans de originels. Un peu comme s’il avait voulu tourner, définitivement, la première page de son histoire…

Maxwell Farrington & Le SuperHomard assure le supporting act. Originaire de Brisbane, Maxwell Farrington a quitté l’Australie en 2013, rejoint le Royaume-Uni avant d’atterrir en France. Christophe Vaillant, alias Le SuperHomard, est avignonnais. De leur rencontre en 2019, au cours de laquelle ils avouent une passion commune pour les crooners Lee Hazlewood, Scott Walker, Frank Sinatra mais aussi le compositeur/pianiste Burt Bacharach, va naître ce nouveau projet. Maxwell se réserve le chant et possède une voix… empathique. Christophe se charge des claviers et de la guitare. Ils sont soutenus par un bassiste, un drummer et un préposé à la sèche. La musique est inévitablement rétro, s’abandonnant circonstanciellement au tango, évoquant même parfois vaguement The Divine Comedy, mais sans en avoir ni le charme ni l’éclat… (voir photos ici).

Il y a du peuple (NDR : un peu plus de 1 100 spectateurs) lorsque Paul Weller et sa troupe grimpent sur l’estrade. Il est alors 21 heures. Il est accompagné d’un bassiste, d’un claviériste, d’un saxophoniste/flûtiste, de deux drummers (les grosses caisses sont ornées d’une grande étoile) dont un double aux percus (souvent en station debout) et de son fidèle guitariste, l’ex-Ocean Colour Scene, Steve Cradock.

Le set s’ouvre par trois morceaux bien enlevés, dont l’excellent « From the floorboards up », au cours duquel les grattes sont bien décapantes. Puis, la formation embraie par un r&b du répertoire de The Style Council, « My ever changing moods ». Et chaque fois que le modfather va puiser dans le catalogue de son ancien groupe ou interpréter des compos de la même trempe, la pression va retomber. Au cours de ces compos mid tempo mielleuses, il met bien en exergue sa voix légèrement éraillée, mais sans doute trop mise en avant. Car ses musicos sont remarquables, le saxophoniste, jonglant entre un alto et un ténor, quand il ne se consacre pas à la flûte. Paul alterne guitare électrique, acoustique et le piano, notamment lors des ballades. Particulièrement soignées, les harmonies vocales semblent calquées sur celles de Crosby, Stills & Nash. « The piper » baigne dans une soul réminiscente de Booker T. and the M.G.'s, le claviériste en profitant pour libérer des sonorités bien rognées sur son Hammond. « More » constitue une excellente surprise, un titre presque prog au cours duquel le flûtiste/saxophoniste tire son épingle du jeu. Tout au long de l’inévitable hit « Shout to the top » de The Style Council, une multitude de bras brandissent leurs smartphones pour immortaliser l’instant. Des sonorités de moog (?) infiltrent « Old father tyme » juste avant qu’un rythme subrepticement latino n’enfièvre « On sunset ». Bien rythmé, « Into tomorrow » trahit la passion que voue Weller aux Small Faces, titre au cours duquel les sonorités de cordes carillonnent littéralement avant que n’éclate un solo de batterie au pluriel, la fin du morceau replongeant dans une forme de rhythm’n’blues aux claviers vintage, abordé dans l’esprit de Rare Earth. Et la ballade nightclubienne « It’s a very deep sea » de Style Council va de nouveau faire retomber le soufflé. Heureusement, le show va reprendre des couleurs, grâce au bien rock « Take », un morceau composé en compagnie de Noël Gallagher, un tant attendu titre de The Jam (NDR : ce sera le seul), « Start ! », et le très électrique « The changingman ». Le set s’achève par le long et plus complexe « Porcelain gods », dont les fréquents changements de tempo vont être canalisés par la ligne de basse.

Le combo revient accorder un premier rappel sous la forme de trois chansons plutôt romantiques. Notamment « Wild wood », au cours duquel Paul siège derrière son piano, alors que le saxophoniste souffle dans un clavinet et le guitariste dans un harmonica.

Puis un dernier encore bien rock et très syncopé, « Peacock suit », dans un style qu’on aurait aimé entendre davantage.

Après plus de deux heures de spectacle, les aficionados semblent comblés. 28 morceaux, c’est assez rare pour ne pas le souligner. Quant aux fans de la première heure, dont votre serviteur (ça rime !), ils auraient préféré qu’il soit un peu moins tiré en longueur et surtout proposer davantage de titres percutants, tout en conservant les expérimentaux, vraiment très intéressants (voir photos ).

Setlist

Cosmic Fringes
I'm Where I Should Be
From the Floorboards Up
My Ever Changing Moods (The Style Council)
Headstart for Happiness (The Style Council)
The Attic
Stanley Road
The Piper
All the Pictures on the Wall
Hung Up
Fat Pop
More
Shout to the Top ! (The Style Council)
Village
Old Father Tyme
On Sunset
Above the Clouds
Into Tomorrow
Saturns Pattern
It's a Very Deep Sea (The Style Council)
Take
Start ! (The Jam)
The Changingman
Porcelain Gods

Rappel 1

You Do Something to Me
Wild Wood
Broken Stones

Rappel 2

Peacock Suit

Photos : Ludovic Vandenweghe

(Organisation : Aéronef)

 

 

Egyptian Blue

Egyptian Blue dans l’arène…

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Egyptian Blue est un quatuor post-punk basé à Brighton qui avait publié, en 2019 et 2020, deux Eps, « Colleteral Damage » et « Body Of Itch ». Il nous propose son nouveau single, « Matador », un titre puissant et implacable responsable d’une explosion d'énergie de trois minutes.

Joe Talbot, le leader d'IDLES, déclare à propos de ce groupe ‘They're fucking sick’. Yannis Philippakis est également fan, et a personnellement choisi Egyptian Blue pour assurer la première partie des concerts de Foals dans les arènes du Royaume-Uni et d'Europe pendant la tournée ‘Life Is Yours’.

« Matador » est disponible sous forme de clip,

Egyptian Blue se produira le 3 décembre à l’Aéronef de Lille

Dexys (Midnight Runners)

La condition féminine, thème du nouvel opus des Dexys…

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Les Dexys sont de retour ! 11 ans après la sortie de leur dernier album de musique originale, « One Day I'm Going to Soar », le groupe publiera un nouvel elpee le 28 juillet 2023. Il s’intitulera « The Feminine Divine ».

Cet opus est annoncé par un premier single, « I'm Going To Get Free », imprégné de cuivres et aux accents dance-hall. ‘Le personnage se libère avec optimisme d'un traumatisme intériorisé, de la dépression et de la culpabilité’, a déclaré Kevin Rowland à propos de ce titre.

« The Feminine Divine » constitue le cinquième LP de matériel original de Dexys, produit une fois de plus par Pete Schwier, avec le célèbre musicien de studio et producteur Toby Chapman. Après avoir pris du temps pour se recentrer, Kevin Rowland est revenu à la musique avec une nouvelle perspective et une nouvelle positivité. Un disque personnel, voire strictement autobiographique, qui dresse le portrait d'un homme dont les opinions ont évolué avec le temps. Pas seulement sur les femmes, mais sur tout le concept de masculinité avec lequel il a été élevé : une éducation et un désapprentissage qui est tracé à travers l'arc de « The Feminine Divine » avec un effet vertigineux.

Le clip de « I’m going to get free » est disponible

 

 

Codeine

Codeine réédité, reformé et reparti en tournée…

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Écoutez la poésie sombre de Stephen Immerwahr, les guitares chantantes de John Engle et les percussions glaciales de Chris Brokaw, et imaginez la neige qui tombe. Le son, qui caractérise le sous-genre slowcore de l'indie-rock, est si glacial, si précis et si séduisant qu'il recalibre les vastes espaces autour de chaque note inquisitrice. Il devient une exploration du ton et de la tension, et une méditation désolée. Jenn Pelly (The New Yorker)

Le célèbre groupe new-yorkais Codeine accordera dix concerts en Europe et au Royaume-Uni pour promouvoir son album perdu « Dessau », enregistré en 1992 mais sorti l'année dernière sur le label Numero Group.

Les concerts seront également précédés de la réédition de trois disques originaux : les albums « Frigid Stars » et « The White Birch » ainsi que l’Ep « Barely Real ».

Stephen Immerwahr a déclaré : ‘En 2012, lorsque Codeine a accepté de donner des concerts après 20 ans, j'étais extrêmement réticent, et aussi très nerveux à l'idée d'être à nouveau à l'intérieur des chansons. Mais parler à des gens qui n'avaient pas vu le groupe à l'époque, mais qui appréciaient vraiment notre musique, m'a fait changer d'avis’.

Quand il a gravé « Frigid Stars », en 1990, Codeine a presque inventé à lui seul ce qu'on appellera plus tard le ‘slowcore’. Précédant de près d'une demi-décennie les albums influents de Low et de Duster, les chansons lentes et gracieuses de Codeine s'appuient sur des paroles qui sont une incarnation pure et troublante de la dépression. Le groupe a publié « Barely Real » en 1992 et un second long-playing, « The White Birch » en 1994 avant de s'arrêter en 1995, après avoir réalisé une reprise d'« Atmosphere » de Joy Division, qui a récemment trouvé sa place dans la série télévisée ‘13 Reasons Why’.

En concert

8.09.23 - Botanique - Bruxelles

 

Deeper

Deeper chez Sub Pop

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Deeper est issu de Chicago, un quatuor dont le premier album (NDR : un éponyme) rappelait le Deerhunter originel.

Dans l'ensemble, Deeper maîtrise parfaitement un son spécifique : un rock indépendant centré sur les guitares, sans fioritures ni gestes extravertis.

La formation vient de signer chez Sub Pop. Et pour célébrer cet événement, elle a partagé une vidéo officielle pour son nouveau single « Sub ». Et il est disponible

Le groupe a déclaré à propos du single et de la vidéo : ‘« Sub » était à la poubelle. Nous l'avions enregistré en 2021 sur un tempo lent avant de réaliser qu'il ne fonctionnait pas. On l'a reconstruit à partir de zéro, cette fois en imprimant un rythme beaucoup plus rapide et des dynamiques différentes…’

CIEL

Quelqu’un se cache dans le CIEL !

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Le groupe CIEL dévoile aujourd'hui son nouveau single "Somebody". Ce titre hyper catchy dégage une énergie contagieuse avec ses guitares brutes et ses rythmes de batterie endiablés. La voix douce et émotive de Michelle Hindriks exprime un désir ardent de rompre avec la solitude, ajoutant une profondeur poignante à la chanson. D'une durée de seulement d’1min44sec, "Somebody" est une chanson au rythme rapide et à vif, parfaite pour la bande originale d'un ‘teen movie feel-good’.

Michelle explique : ‘« Somebody » est une chanson qui a été composée en grande partie sur place, en studio. Elle parle de l'envie profonde de se socialiser, de se connecter avec les autres, de faire la fête et de se tourner à nouveau vers l'extérieur après une période où l'on avait besoin de solitude. Le printemps est toujours une période où cela m'arrive naturellement - sortir de mon hibernation et ressentir le besoin d'être entouré de gens.’

Le clip de « Somebody est à voir et écouter

 

 

Girl and Girl

Tout ce que voit Girl and Girl

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Girl and Girl est un quatuor australien qui implique le leader Kai James, sa tante Liss à la batterie, ainsi que de ses amis de longue date, Jayden Williams à la guitare et Fraser Bell à la basse.

Melissa James a sévi, au cours des eighties, au sein du mouvement punk à Sydney et a joué, notamment, chez The Epileptic Pigmeez

La formation prépare un album. En attendant, elle nous propose son single, "All I See", sous la forme d’un cli vidéo,

Convoquant des vibrations indie rock distinctives, Girl and Girl crée une sorte de fusion musicale involontaire entre les générations. Kai a déclaré : ‘Les gens de mon âge viennent me voir après les concerts et font toutes ces comparaisons modernes. Et puis il y a tous ceux qui ont l'âge de Tante Liss et viennent la voir pour faire des comparaisons avec les années 80’.

En concert

23/05/2023 – Botanique (Witloof Bar), Bruxelles

 

La Poison

La Poison a besoin de réconfort…

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En prélude à son deuxième album, qui devrait paraitre en septembre 2023, La Poison revient avec « Besoin de réconfort », titre pertinent, percutant, Illustré par un vidéoclip fait maison. La Poison s’amuse de l’emprise des écrans sur notre quotidien et nous met face à nos solitudes. Avec humour et dérision, La Poison nous confronte à un monde fantasmé par la réalité virtuelle. Du Jeu de rôle au jeu de dupe en un clic, de l’utopie à la dystopie en deux (.0).

La Poison mixe la fantaisie des B’52s et la folie de Devo, les extravagances de Nina Hagen et des riffs à la Cramps dans les éprouvettes éprouvées d’un rock électro-chimique détonnant.

Nul doute que le goût prononcé pour le travestissement et les looks colorés de ce trio qui pratique le ‘do it yourself’ et une esthétique punk et débridée comme un seconde nature ont l’art de mélanger le ludique et le grave, le léger et le profond, en dispensant une musique, entre le synthétique et l’organique, elle-même en tension.

Et pour en savoir plus sur cette formation, on vous invite à rejoindre la page Artistes en cliquant sur son nom dans le cadre ‘Informations complémentaires’

Charlie Watts

Une anthologie consacrée à Charlie Watts

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Cette rétrospective commence en 1986, lorsque Watts a inscrit son propre nom sur un album pour la première fois, avec une modestie typique, quelque 25 ans après que son jeu de batterie ait fait parler de lui sur l'album “Live At Fulham Town Hall”. Il réunit ensuite des sélections du mini-album “From One Charlie” (1991) du Charlie Watts Quintet, de ses albums “A Tribute to Charlie Parker with Strings” (1992), “Warm and Tender” (1993) et “Long Ago and Far Away” (1996), de la collaboration Charlie Watts - Jim Keltner Project (2000) et d'un autre set live, “Watts at Scott's” (2004), sous le nom de Charlie Watts Tentet.

La liste élargie des morceaux du CD est complétée par l'inclusion de trois morceaux très recherchés d'un concert donné par Watts et son groupe au Swindon Arts Centre, comprenant des versions de "Rockhouse Boogie", "Ain't Nobody Minding Your Store" et "Swindon Swing". L'anthologie comprend des notes de pochette rédigées par le journaliste musical et animateur Paul Sexton, auteur de “Charlie's Good Tonight : The Authorised Biography of Charlie Watts”, publié par Harper Collins.

"Ain't Nobody Minding Your Store" est en écoute ici

L’anthologie sortira ce 30 juin 2023.

Christine & The Queens

Les larmes de Christine & the Queens

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Christine and the Queens propose son nouveau single, « Tears can be so soft », qui figurera sur son prochain album, « Paranoïa, Angels, True Love ». Cet elpee sortira le 9 juin prochain. Accompagné d’un clip tourné à Los Angeles et à nouveau réalisé par l’artiste, le titre est une ode mystique faisant l’éloge des bienfaits des larmes. Et il est disponible

Quant à l’inspiration première de ce single, Chris a déclaré : ‘Il est né d’un sample de Marvin Gaye qui a attiré mon attention, avec son arrangement de cordes à la fois enivrant, élégant et apaisé dans sa mélancolie’. Chris voulait ainsi créer un son qui opèrerait un sentiment d’espace hypnotique, presque utérin, dans lequel une voix pourrait émerger de sa solitude, soit une interaction complexe entre la souffrance qui motive les larmes et le doux effet de guérison qu'elles peuvent avoir…

En concert

28/05 - Saint-Brieuc, France @ Art Rock

06/06 - Lyon, FR @ Nuits de Fourvière

02/07 - Werchter, BE @ Rock Werchter Festival

06/07 - Luxembourg @ Neumünster Abbey

18/08 - Charleville-Mézières, FR @ Cabaret Vert

25/08 - Paris, France @ Rock en Seine

12/09 - Bruxelles, BE @ Cirque Royal

13/09 - Zurich, CH @ Unique Moments Landesmuseum

20/11 - Lyon, FR @ Le Radiant

21/11 - Toulouse, FR @ Le Bikini

23/11 - Marseille, FR @ Le Silo

25/11 - Lille, FR @ L'Aeronef

Special Friend

Special Friend, tout feu, tout flamme !

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Le second elpee du duo Special Friend, « Wait Until The Flames Come Rushing In », paraîtra le 30 juin 2023. En attendant, il nous propose son nouveau single, « Selkie », une ballade toute en nuances et en retenue, chantée en duo par Erica Ashleson et Guillaume Siracusa, entre slowcore intimiste et éclats de guitare noisy. Et elle disponible sous forme de clip

Né en 2018, ce duo franco-américain explore une veine pop indie/noise minimaliste, évoquant Yo La Tengo, Duster ou encore Electrelane.

Sa facilité à créer une pop singulière et captivante est enrichie par des arrangements au piano et au violon. Enfin, sa patte sonore mélodique demeure reconnaissable, entre inventivité et retenue, éclats noisy et voix en dialogue harmonique constant.

 

Stoner Bud's

Stoner Bud's a les dents longues…

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Paru en 2021, l’Ep « Yeah-Yeah » de Stoner Bud's laissait présager avec enthousiasme que le groupe banlieusard de Bordeaux n’avait plus envie de se cantonner au garage punk, qui avait fait les beaux jours de la décennie précédente. S'il garde sa maîtrise des codes électriques posés par Jay Reatard et Ty Segall, le trio monte son ambition un cran au-dessus sur son premier LP, « Vampires », une collection de 10 chansons singulières, intimes et aventureuses.

Ne vous laissez pas duper par ces chansons qui montrent toujours un peu d’espoir et de sourires ou bien par la pochette et les clips dignes des films d’horreur de série Z. « Vampires » est un album qui réussit l’exploit de dévoiler une sensible part de spleen sans renier le fun et l’authenticité de son garage punk originel. 

Issu de cet opus, « Vampire » est disponible sous forme de clip,

 

 

Catherine Graindorge

Le violon est devenu ma voix, mon âme...

Catherine Graindorge est une violoniste, compositrice et actrice belge dont l’univers musical est vraiment unique. Un 'crossover' entre 'ambient', post-rock expérimental et musique classique. Son violon libère des sonorités à fleur de peau, distillant des atmosphères tour à tour voluptueuses, mélancoliques et envoûtantes.

Elle a joué en compagnie d'un nombre invraisemblable d'artistes internationaux et notamment Nick Cave, Warren Ellis, Debbie Harry et feu Mark Lanegan (Jeffrey Lee Pierce Project), Chris Eckman (Dirtmusic, The Wal abouts), Hugo Race (ex-Bad Speeds), Pascal Humbert et Bertrand Cantat (Detroit), John Parish… Elle a également monté un projet, Nile On waX, en compagnie de son compagnon, Elie Rabinovitch ; et, enfin, elle compose pour le théâtre, la danse et le cinéma.

Après avoir gravé un 2ème elpee solo, “Eldorado”, en 2021, elle a frappé un grand coup l’année suivante grâce à un Ep réalisé en compagnie d'Iggy Pop, "The Dictator". Mais ce n'est pas fini ! Plus récemment, elle a publié le nouvel LP de Nile On waX, “After Heaven”, et a mené à bien un nouveau projet, ‘Songs For The Dead’. Il s'agit d'une création originale interprétée à Bozar en avril dernier en ouverture des Nuits Botanique. Pour l'occasion, elle s'est associée à Simon Huw Jones, le chanteur du groupe culte anglais And Also The Trees, Pascal Humbert (16Horsepower, Detroit), Simon Ho, sans oublier ses deux filles, Lula et Ilona. Musiczine a rencontré Catherine dans l'atmosphère jazzy du restaurant ‘La Porteuse d'Eau’, à Saint-Gilles pour une interview à bâtons rompus...

Musiczine - Alors, Catherine, on va commencer par Iggy Pop. Comment l'as-tu rencontré et comment t’est venue cette idée de collaboration ?

Catherine Graindorge - J'avais sorti mon deuxième album solo, “Eldorado”, en octobre 2021 sur Glitterbeat, et plus précisément chez Tak:til, la division 'underground' de ce label. Ses responsables connaissent bien la BBC et le producteur de l'émission d'Iggy Pop, baptisée ‘Confidential. Elle est diffusée sur Radio 6. Iggy est quelqu'un de curieux et il a aimé mon morceau “Lockdown”. Il a effectué quelques recherches et, finalement, il a passé deux de mes morceaux dans son émission.

M - L'autre, c'était “Animal” ?

CG - Oui. “Animal”, un titre qui figure sur mon premier album solo. Ensuite, j'ai juste demandé de transmettre un mail via la production, à Iggy, pour lui dire que j'étais très honorée et que si, un jour, il voulait collaborer, je serais très heureuse. Ce n'était pas prémédité, mais juste spontané. Deux jours plus tard, j'ai reçu un mail d'Iggy, transmis par son manager. Il écrivait ‘Catherine, I would love to do a track.’ Incroyable. J'étais en train de faire des courses à ce moment-là, je m'en souviens.

M - Ton sang n'a fait qu'un tour, je suppose ?

CG - Oui, c'est ça. Il m'a proposé que je lui envoie des idées. J'ai donc commencé à enregistrer à la maison, puis j'ai transmis des démos, et on a échangé des musiques ainsi, très simplement.

M - Et ensuite, vous vous êtes rencontrés pour le tournage du clip ?

CG - Oui, on a profité de son séjour à Anvers où il devait donner un concert. On a cherché un studio là-bas et Elie, qui est musicien et réalisateur, s’en est chargé.

M - Un superbe clip en noir et blanc !

CG - Elie a beaucoup travaillé sur les lumières et la proximité entre Iggy et moi. C'était une magnifique rencontre.

M - Comment as-tu ressenti le personnage ?

CG - Je l'adore. C'est quelqu'un de très humain, de très vrai. Il s'en fout de savoir s'il a affaire à quelqu'un de connu ou pas. Cela m'a extrêmement touchée parce que j'avais un complexe. On est quand même dans l'ère des 'likes' et du nombre de vues. On est un peu tributaires de cette situation aussi. Lui, n'en a que faire.

M - Il n'a plus rien à prouver.

CG - Non, c'est vraiment une belle personne. Et il a beaucoup d'humour. Entre les prises, on a bien rigolé quand je lui ai demandé quel serait son emploi du temps après sa tournée et qu'il a répondu : ‘Je vais aller rejoindre les vieux riches dans ma petite maison dans les îles Caïmans’

M - Ah ? Je croyais qu'il habitait à Miami.

CG - Oui mais il possède aussi une petite maison de vacances.

M - J'ai remarqué que, dans ta carrière, tu as souvent travaillé en compagnie d'artistes masculins très forts, qui ont apporté leur voix et leur énergie : Iggy, John Parish… Nick Cave aussi, d'une certaine manière.

CG - Nick Cave, je ne l'ai jamais rencontré, mais j'ai inséré des parties de violon sur deux morceaux du Jeffrey Lee Pierce Project, en 2012.

M - Et il y a surtout Hugo Race...

CG - Oui, on a participé à plusieurs projets ensemble. Notamment pour l’'album “Long Distance Operators”. Et avant cet épisode, lors des sessions consacrées à mon premier album solo, “The Secret of Us All”.

M - Je propose qu'on se penche sur Nile On waX, le projet que tu partages avec ton compagnon, Elie, et le bassiste David Christophe, un nouvel opus intitulé « After Heaven » vient de paraître.

CG - Oui, c'est notre quatrième. On a commencé l’enregistrement pendant le confinement. On s’est servi d’un multipiste et on a improvisé sans se poser de questions. C'était spontané, basé sur des émotions directes. Puis on a travaillé sur les prises. David a accompli un gros travail d'editing.

M - Comment positionnes-tu Nile On waX par rapport à tes elpees solo, c'est plus post-rock ?

CG - Oui, c'est plus post-rock. Déjà, il y a la présence de la batterie, qui prend de la place. Dans mes albums, il y en a parfois, mais elle est plus discrète, plus évanescente.

M - Nile On waX sonne aussi plus psyché, moins éthéré que tes projets solos

CG - Oui, mais je crois que quand je joue, il existe aussi un côté ancré dans le sol. J'ai un côté angélique mais j'aime aussi créer des atmosphères tourmentées.

M - Un aspect tellurique ?

CG - Tellurique. Oui, effectivement.

M - Un côté éthéré, cosmique, voire mystique et un aspect tellurique. On perçoit cette dualité dans la façon dont tu te sers de ton instrument. Le son est parfois très mélodique, très aérien et quelquefois, il est carrément strident. Tu tritures les cordes ?

CG - Oui, d'un côté, j'ai reçu une formation classique et une part de moi est très mélancolique. J'étais très romantique quand j'étais jeune, très fleur bleue et en même temps, j'ai toujours eu envie de faire du rock. J'ai toujours été tiraillée entre les deux. J'aime le violon, mais je n'ai pas voulu me lancer dans une carrière classique parce que je la trouvais étouffante et trop stricte. Je voulais être libre de faire ce que je voulais. Au départ, je souhaitais devenir guitariste ou bassiste dans un groupe rock, mais à ce moment-là, je me suis dit : ‘J'ai cet instrument, le violon, essayons d'en tirer quelque chose’. Ainsi, le violon est devenu ma voix, mon âme. J'ai cherché à me forger un style propre pour combiner les deux parties de moi-même, la partie mélancolique, mais aussi la partie...

M - ‘Down to earth’ ? La partie attachée à la terre, aux impulsions, à l'énergie ?

CG - Oui, liée aux tourments, au sang, à la colère. La musique me touche quand elle n'est pas lisse. Si elle ne m’atteint pas quelque part dans mon cœur, dans mon corps, elle ne m'intéresse pas.

M - Etais-tu intéressée par le jazz-rock à l'époque ? Parce que ce style a construit un pont entre le rock et les autres musiques. Quand j’évoque le ‘jazz-rock’, je ne vise pas des virtuoses qui jouent 10 000 notes à la seconde, mais plutôt des artistes signés par des labels qui affichent un côté plus éthéré, comme ECM, et par exemple, le trio Terje Rypdal, Jack DeJohnette et Miroslav Vitous.

CG - Non, je ne connais pas.

M - J’y vois une filiation. Terje Rypdal a un côté glacé, très scandinave. Et certaines de tes ambiances me font penser à lui.

CG - Ma plus grande influence, c'est quand même la musique classique. J'en écoutais beaucoup quand j'étais jeune. Mon premier amoureux, c'était un Allemand. On écoutait le requiem de Brahms dans les bras l'un de l'autre, en pleurant.

M - C'est très romantique ! Carrément goth (rires) !

CG - La musique romantique allemande m'a fortement influencée. Brahms, Schubert et Bach, notamment. Puis, sans que ce soit vraiment conscient, j'ai voulu m'en éloigner. Je n'ai pas fréquenté le conservatoire. J'ai fait du théâtre, de la musicologie, etc. Mes influences n'ont jamais été conscientes et j'ai découvert beaucoup d'univers musicaux différents sur le tard. Surtout parce que l'homme que j'aime est une véritable encyclopédie musicale... (rires)

M - Donc, il connaît ECM ?

CG - Oui, bien sûr. Il m'a permis d’explorer d’autres horizons. Laurie Anderson, par exemple, je l'ai découverte sur le tard. Mon identité musicale s’est également construite parce que je suis comédienne. Depuis tout petite, mes prédilections ont toujours oscillé entre musique et théâtre. Dans la première partie de ma carrière, j'ai créé des spectacles théâtraux. J'ai aussi participé à des productions d'autres créateurs, mais j'aimais créer mes propres projets. Ma musique puise son origine dans des histoires, des dramaturgies ou des émotions que j'ai besoin d'exprimer.

M - Comme des ‘soundtracks’ de films imaginaires ?

CG - Oui. Mais ce ne sont pas des histoires précises, plutôt des émotions que je ressens, que je vis. Je prends mon instrument et je me lance dans une improvisation. M’être produite au théâtre m'a aidée parce que j'ai l'impression de réaliser des spectacles, mais je me sens plus proche du langage musical que du langage verbal, finalement...

M - D'où l'intérêt pour toi de t'associer à des artistes qui, eux, vont apporter leur voix et leurs paroles. On en arrive à Simon Huw Jones. Comment l'as-tu rencontré et comment t’est venue l'idée de “Songs For The Dead” ?

CG - Le Botanique m'a proposé une carte blanche, associée à une résidence. Je venais de réaliser l'Ep en compagnie d'Iggy Pop et j'avais envie de me lancer à nouveau dans un projet de ce type. Comme tu le vois, j'aime bien m'entourer d'hommes... (rires)

M - Ce qui produit un mélange intéressant, un peu comme le yin et le yang.

CG - Oui, exactement. Elie m'avait fait découvrir le groupe de Simon, And Also The Trees, il y a quelques années. Et puis, je suis tombée sur ce texte d'Allan Ginsberg, “A Dream Record”, où il raconte que, dans un rêve, il a vu Joan Burroughs qui avait été assassinée accidentellement par William Burroughs, son mari. Dans le rêve, il lui parle et ne se rend pas compte qu'elle est morte.

M - On est carrément dans ‘Le Sixième Sens’, là !

CG - Oui. Et puis, tout à coup, il se rend compte qu'en fait, elle est décédée. La mort est une thématique récurrente chez moi. J'ai donc décidé de partir de ce texte pour composer. Et Simon Jones était un bon choix car il a quelque chose de très poétique, un peu hors du temps. J'aime bien son écriture. J'aime bien le fait qu'il alterne 'spoken word' et chant. Hugo Race chante également de cette manière, mais je voulais quelqu'un de différent. J’aurais pu solliciter Nick Cave, mais je ne pense pas que je l’intéresserais...

M - Il faut essayer. Ça marchera peut-être.

CG - Il a déjà son violoniste.

M - Oui, Warren Ellis.

CG - Et donc, j'ai juste écrit à Simon Jones, via le manager/booker du groupe. Je lui ai envoyé mes démos, il les a écoutées et a répondu qu'il avait envie de participer au projet.

M - Il a en effet un côté clairement romantique, ‘dark’, même carrément gothique.

CG - Effectivement. Je lui ai envoyé le texte de Ginsberg comme point de départ. Et j'ai ajouté le mythe d'Orphée et Eurydice. Il s’est basé sur ce scénario.

M - Donc, il a tout écrit ?

CG - Oui. Il y a juste une exception. Dans le morceau “Time is broken”...

M - Justement mon morceau préféré du projet !

CG - Les paroles du chœur de femmes sont signées par un ami, Stéphane Manzone. Il avait déjà rédigé des textes pour mon album “Eldorado”.

M - Tu n’écris pas de paroles ?

CG - J'ai déjà écrit pour des spectacles de théâtre, mais je n'arrive pas facilement à concevoir des textes pour la musique... C'est un peu compliqué pour moi. J'ai donné carte blanche à Simon Jones. On a échangé des démos, comme je l'avais fait pour “The Dictator”. 

M - Et quels sont tes morceaux préférés dans la discographie d'And Also The Trees ?

CG - J'aime beaucoup “Bridges” et “Domed”.

M - Ah oui, “Domed” est extraordinaire, grâce, entre autres, à cette intro à la guitare et cet effet de tremolo. Pour revenir à “Song For The Dead”, l’association entre ta musique et la voix de Simon est juste extraordinaire. C'est encore plus fort que les autres combinaisons, parce que c'est beaucoup plus proche dans l'âme. On sent vraiment une complicité. On dirait qu'il va chercher ton côté 'dark' pour en faire quelque chose de magnifique.

CG - Oui, il a été très touché par ma musique. Il me l'a dit au départ...

M - Il a aussi un projet qui s'appelle November. Le connais-tu ?

CG - Non, je ne connais pas. Mais je sais que ce projet existe.

M - C'est un projet qu'il anime en compagnie de Bernard Trontin, des Young Gods, lequel fournit la matière musicale. Mais Bernard, lui, se sert beaucoup du sampling.

CG - Pourtant, il est batteur, non ?

M - Oui, il est batteur, mais dans November, il se réserve toutes les parties musicales. Grâce à des samplers et à des synthés. C'est aussi une musique très intéressante.

CG - Perso, je fonctionne toujours par instinct. Si je réfléchis trop, ça ne donne rien de bon.

M - Et bien là, je peux te dire que ce concert à Bozar était une vraie réussite. Un moment magique. Un moment de vraiment spécial s'est passé entre les musiciens, le public et cette salle. Vu que le spectacle a été enregistré, as-tu l'intention d'en faire quelque chose ? Un film ? Un album ?

CG - J'ai l'intention d'enregistrer un album cet automne.

M - Donc, de réenregistrer les morceaux ?

CG - Oui, parce qu'à Bozar, on n'a pas enregistré sur un multipiste. Et puis, on n'avait eu que trois jours pour tout mettre en place, ce qui est vraiment très peu.

M - Y a-t-il eu des moments où vous avez improvisé ou bien tout était-il programmé ? As-tu été surprise par moments ?

CG - Il y a toujours une part d’impro dans mes morceaux. Et sinon oui, j’ai été impressionnée par mes filles, qui participent à deux morceaux. Je suis très fière d'elles. Ce n’était pas évident de chanter pour la première fois dans cette salle Henri Leboeuf. Une salle emblématique, celle du concours Reine Elisabeth, où tout est joué à la perfection. Je ne me suis pas laissé impressionner par ce défi. C'était une création originale, carrément expérimentale. Et, en plus, je ne suis pas une virtuose, dans le sens classique du terme. Ça ne m'intéresse pas d'avoir une technique parfaite, ce qui m'intéresse, ce sont les émotions.

M - Tu n'es pas Didier Lockwood... (rires)

CG - Non, en effet.

M - Ni Jean-Luc Ponty ! Et tant qu'on cause des violonistes virtuoses, je pourrais aussi citer Eddie Jobson, le violoniste qui militait chez Roxy Music.

CG - Je ne le connais pas.

M - C'est lui qui a remplacé Brian Eno. Il se consacrait au violon sur l'album live, “Viva”. Et ensuite, il a intégré UK, un supergroupe de rock progressif.

CG - OK.

M - A propos, tu as vu ce qu'Iggy a dit sur toi dans le New Musical Express (NME) ?

CG - Oui, j'ai lu ça.

M - C'est impressionnant ! ‘There is a gothic masonry at work here, with a very old force abetted by very cunning structures.’ (‘Il y a une maçonnerie gothique à l'œuvre ici, apportant une force très ancienne encouragée par des structures très rusées.’)

CG - Oui, c'est très beau, ce qu'il a déclaré.

M - Et après, il ajoute : ‘The music represents calices, bodices and old stones. It's European romance and it creeps up on me like a fog, like winter in Venice.’ (‘La musique représente des calices, des corsages et des vieilles pierres. C'est comme une romance européenne et ça monte sur moi comme un brouillard, comme l'hiver à Venise.’) C'est magnifique !

CG - En même temps, je suis européenne. Pour un Américain, l'Europe a un aspect fascinant.

M - Oui, c'est bien d'avoir cette révérence vis-à-vis de nous, vis-à-vis de notre culture et de manifester ce respect, cette modestie, surtout de la part de quelqu'un qui est un géant.

CG - Oui, c'est un géant mais en même temps, il s'en fout complètement de la célébrité. Simon Jones et Pascal Humbert sont aussi un peu pareils, même si c'est à un autre niveau. Ce sont de superbes musiciens, mais ils ne sont pas à la recherche d'une gloire ou d'une reconnaissance internationale à tout prix. Ils ont besoin de créer une musique qui les touche, qui leur plaît. Je suis comme ça également. C'est l'aspect humain qui est le plus important. Je veux être à ma place.

M - Être libre ?

CG - Oui. Je ne pourrais pas créer si je devais affronter des contraintes, des pressions. Regarde And Also The Trees. La formation n’a jamais réellement percé sur le plan international. Robert Smith (NDR : de The Cure) l’appréciait beaucoup. Le frère de Simon, Justin Jones, connaît très bien Robert. Il est étrange de constater que The Cure a connu un succès énorme et pas And Also The Trees.

M - Robert Smith a mis le pied à l'étrier au groupe, au début de sa carrière, mais il n'a jamais vraiment cherché le succès à tout prix. Je crois qu'au départ, c'est peut-être parce qu'il est issu d'un tout petit village et qu'il ne voulait pas être coupé de ses racines. Les musiciens n'aimaient pas Londres, ils n'aimaient pas les grandes villes et vouloir le succès signifiait automatiquement quitter leur village et aller habiter à Londres.

CG - C'est un choix de vie. Simon dit souvent qu'il préfère travailler la terre, plutôt que de se retrouver dans des projets qui ne l'intéressent pas. Pascal Humbert a la même philosophie. D'ailleurs, je me sens privilégiée, parce que c'est quasi la première fois que Simon participe à un autre projet que And Also the Trees. Bien sûr, il y a November, mais à cette exception près, je ne crois pas qu’il se soit lancé dans beaucoup d'autres projets.

M - Juste quelques petites collaborations ponctuelles.

CG - Il m'a dit ‘Normalement, je ne fais pas ce genre de choses.’

M - Simon est un vrai gentleman.

Voilà, Catherine, merci beaucoup pour cette interview. On attendra donc impatiemment la sortie de l'album “Songs for the Dead”.

CG - Ce sera pour l'année prochaine...

Merci à Catherine Graindorge, Simon Huw Jones, Bozar, le Botanique et l'émission WAVES.

Pour en savoir davantage sur Catherine Graindorge et Nile On waX, cliquez sur son nom dans le cadre réservé aux informations supplémentaires, ci-dessous. Vous pourrez même acheter leurs albums et Eps via leur Bandcamp. Pour lire ou relire la dernière interview accordée par Simon Huw Jones, c'est

Photo : Elie Rabinovitch.

Sparks

Le café au lait salé des Sparks…

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Les Sparks ont dévoilé « Veronica Lake », le deuxième titre de leur 26ème album studio très attendu, « The Girl Is Crying In Her Latte », qui sortira le vendredi 26 mai.

Ce récit musical de l'actrice de cinéma américaine Veronica Lake et de sa coiffure ‘peek-a-boo’ démontre une fois de plus la capacité apparemment incessante de Sparks à créer des histoires complètes et détaillées dans des chefs-d'œuvre pop parfaits de trois minutes.

À la fois intemporel et résolument moderne, The Girl Is Crying In Her Latte » affirme une fois de plus qu'après plus d'un demi-siècle de création de tels chefs-d'œuvre, les Sparks restent inimitables, ingénieux et, comme toujours, tout à fait uniques en leur genre.

Leur carrière est passée par de nombreuses phases, y compris (mais pas seulement) l'art rock, le glam, le big band swing, l'électro-disco, la new wave et la synthpop, mais aussi des collaborations avec Todd Rundgren, Les Rita Mitsouko, Tony Visconti, Franz Ferdinand et Giorgio Moroder.

Pour écouter « Veronica lake », c’est

 

 

Half Japanese

L’amour version Half Japanese…

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« Jump Into Love » constitue peut-être le 20ème album studio de Half Japanese, groupe mythique de la musique lo-fi. Atypique et décalé, il nous apporte une cascade de nouvelles chansons sombres et inquiétantes.

Apprécié notamment par Kurt Cobain et Daniel Johnston, Half Japanese poursuit sa quête de réponses, dessinant le paysage sonore d’un pays post-zombie où les cloches sonnent et où il est permis de dire ‘oui’.

C'est une nouvelle aventure, l’épisode 20 d'un monde parallèle introspectif où le très prolifique Jad Fair réfléchit à la vie, à l'amour, aux géants, aux possédés et à d'autres questions encore plus importantes qui ne font que stimuler son cerveau.

‘Les membres du groupe vivent très loin les uns des autres. John vit dans la région d'Asheville, Gilles, en Suisse et Mick, à Londres. C'est une telle distance que nous ne sommes pas en mesure de répéter, alors bien sûr, l'album contient une sorte d'aspect brut’, explique Jad. Et d’ajouter : ‘Je ressens le besoin de faire de la musique et d'écrire des chansons. C'est quelque chose qui me manque vraiment quand je ne le fais pas. Le fait de pouvoir travailler chaque jour sur des chansons procure une certaine tranquillité. Je trouve que l'on utilise une partie de son cerveau qui n'est pas utilisée autrement. Je préfère en quelque sorte l'utiliser plutôt que de ne pas le faire’.

« Jump into love » sortira ce 21 juillet 2023. En attendant, Half Japanese nous propose son single, sous forme de clip d’animation, « We are giants », ici

 

 

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