Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Scott Mickelson

Known to be Unknown

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Scott Mickelson évolue dans la vaste catégorie du rock dit ‘classique’. Mais il s’agit ici, d’un rock, peut-être classique, mais qui véhicule un message politique très clair !

L’artiste de la Bay Area déploie ses ailes depuis sa base arrière de San Francisco sur son 4ème elpee, « Known to be Unknown ». Explorant aussi bien le rock, le psyché, le jazz que la country et se distinguant par sa riche instrumentation (mandoline, banjo, cordes et cuivres sont au programme), ses compos, qu’il interprète d’une voix rappelant de façon évidente celle devenue patinée avec l’âge d’Eddie Vedder, aborde des sujets assez sérieux comme le ‘trumpisme’ ou la pandémie tout en conservant, dans l’expression sonore, un esprit résolument 60’s (« Die Trying »). Et si les plages adoptent un profil classique, elles se révèlent souvent hymniques (« UNarmed American » nous plonge dans un bain définitivement americana) et libèrent une bonne dose d’énergie (l’instrumental « Blur in the Memory »).

Shama

Les explorations mystiques de Shama…

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C’est ce 14 avril que Shama publiera son second titre, « Celebration (Mha Puja) », qui appelle à la transe ! Le premier Ep, « Metamorphosis », paraîtra le 12/05/2023.

Déjà connue en tant que leadeuse du groupe MOJA, la chanteuse nantaise se dévoile en solo dans un projet plus personnel, aux sonorités world, electro et trip hop. Un nouveau chapitre qu’elle ouvre sous le nom de Shama, tel l’oiseau emblématique d’Asie au chant doux et mélodieux. Sa voix et son instrument constituent le véhicule de ses émotions. Jouant avec les mélodies, elle chante les doutes, les peurs et les espoirs d’une jeune femme imprégnée de son époque et bercée de spiritualité. Une voix qui évoque la puissance mélancolique de Sinead O’Connor, la profondeur mystique de Lisa Gerrard ou encore le timbre cristallin d’Aurora. Sa musique, elle, est un parfait mélange de ses influences, allant de la soul downtempo d’Ibeyi à la douceur trip-hop de Morcheeba en passant par l'électro world d’Orange Blossom. Le premier Ep de Shama, baptisé Metamorphosis, marque le début d’un nouveau voyage musical pour la chanteuse nantaise. Un titre qui résume parfaitement sa (re)naissance. Octobre 2020 : c’est dans son petit home studio, sa ‘chambre verte’, que tout commence. Contrainte comme beaucoup d'artistes à attendre la reprise des concerts, Shama décide de transformer le confinement en temps de création. Pour voir quelle est la musique qui prend vie quand elle se retrouve seule, libérée des contraintes, des attentes et des regards. Alors, armée de son stylo, de sa voix, d’une guitare et d’un logiciel de MAO, l’artiste se laisse porter par son inspiration et ses émotions, dans une transe créative et libératrice de plusieurs semaines. Si l’exploration se veut sans limites, très vite l’univers de Shama se dessine naturellement, invoquant toutes ses influences : des musiques sacrées et percussives, des sonorités orientales, en passant par la profondeur de l'électro.

Le clip de « Celebration (Mha Puja) » a été tourné dans une ancienne église médiévale du XVème siècle située à Nozay (44), rachetée en 1979 par l'association Asphan. Un ancien lieu de culte magnifiquement restauré, qui accueille donc le rituel de ‘célébration de soi’ évoqué dans le deuxième single de Shama. Le clip met en scène deux personnages dont les visages sont dissimulés derrière de mystérieuses parures évoquant l’ailleurs, interprétés par Shama et la danseuse et chorégraphe Julie Ollivier. Comme une seule et même personne, elles découvrent dans ce lieu un autel dressé autour d’un miroir, de bougies, pétales de fleurs, cristaux et autres offrandes…

Pour (re)découvrir le clip de « Dance With The Universe », le premier extrait de son Ep, c’est ici, et celui de « Celebration (Mha Puja) », c’est

 

Fenne Lily

Superbe et intimiste…

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Née en 1997, Fenne Lily est une auteure-compositrice-interprète de folk. Son premier album studio, « On Hold », est sorti en 2018, un opus enregistré sous la houlette de John Parish, le bras droit de PJ Harvey. Depuis, l’artiste britannique a déménagé à New York et intégré l’écurie de Dead Oceans (Phoebe Bridgers, Mitski, Bright Eyes) et publié deux autres long playings, dont "Breach", en 2020, et « Big Picture », ce 14 avril 2023. Cet LP a été écrit après une déception amoureuse vécue en 2020 ; et elle y raconte les diverses phases qu’elle a traversées au cours de cette période douloureuse.

Naima Bock assure le supporting act. Cette musicienne, chanteuse et compositrice indépendante est basée à Londres, au Royaume-Uni. Fille d’une mère grecque/anglaise et d'un père brésilien, elle a passé sa petite enfance à Sao Paulo. Naima et sa famille ont déménagé dans le sud de Londres à l'âge de sept ans. Adolescente, elle a commencé à assister à des spectacles, principalement au Windmill de Brixton. À l'âge de 15 ans, elle fonde Goat Gril en compagnie de quelques amis. Au sein de ce groupe de post-punk, elle se consacre alors à la basse. Après y avoir passé 6 années, elle décide de se lancer en solitaire. Son premier album, « Giant palm », est paru en 2022. Et elle vient de publier un nouveau single, « Lines ».

Sur les planches, elle est seule, armée de sa gratte semi-acoustique. C’est cet instrument et sa voix profonde qui véhiculent ses émotions, dans un style folk teinté de carioca, de jazz et aux réminiscences balkaniques voire folktronica ; un univers sonore qui oscille quelque part entre ceux d’Aldous Harding, de Matt Elliott et de Broadcast. Bref, particulièrement éclectique. Ses morceaux à rallonge frôlent parfois l’impro.

La setlist va nous réserver le nouveau single, des extraits de son premier album (NDR : elpee aux harmonies vocales multiformes et enrichi d’une pléiade d’instruments insolites), et de nouvelles compos, probablement prévues pour un futur elpee.

Setlist : « Thirty Degrees », « Lines », « Campervan », « Gentle », « Assum », « Giant Palm », « Some Day »

Fenne Lily grimpe sur les planches. Elle se consacre au chant et à la guitare. Elle en possède 4 dont une superbe de couleur blanche et une semi-acoustique. Elle est soutenue par un bassiste et un drummer. En arrière-plan, figure le logo de son dernier long playing, sur une tenture.

Le set s’ouvre par le country/folk « Map Of Japan », une chanson empreinte de tendresse. Et pourtant elle se sert de pédales de distorsion qui lui permettent d’injecter de la reverb dans sa gratte et de vocoder sa voix. Très interactive, elle s’adresse régulièrement à l’auditoire. Sur un ton optimiste, « Lights Light Up » évoque paradoxalement l’inéluctable rupture. La compo débute sur un ton léger et brillant aux harmoniques tamisées. Le drumming est opéré par des sticks à balais, y compris sur les cymbales. Les accords de gratte sont d’abord fragiles avant de devenir plus allègres. Belle et aérienne, la voix caresse les tympans. Elle épanche toute sa mélancolie tout au long de "Dawncolored Horse" et devient bouleversante sur « Henry » et « Pick ». Au beau milieu du set, Naima Block rejoint le trio et s’installe derrière les claviers.

Fenne tisse d’élégantes mélodies aux textes à tiroirs, qui devraient ravir les fans de Phoebe Bridges, Charlie Cunningham et Taylor Swift.

« Big Picture » lui permet de trouver un sens à son existence avant de prendre de la hauteur sur « In My Own Time » et la conclusion enchanteresse et intimiste de « Half Finished » où elle cicatrise sa peine la plus profonde afin de pouvoir tourner la page.

Une prestation superbe et intimiste de cette très jolie et sympathique Britannique. Selon l’humble avis de votre serviteur, elle ne devrait pas rester longtemps célibataire…

Setlist : « Map Of Japan », « Lights Light Up », « Dawncolored Horse », « Hypochondriac », « Berlin », « 2+2 », « In My Own Time », « Pick », « Alapathy », « Henry", « Half Finished ».

Rappel : « I Used to Hate My Body but Now I Just Hate You », « Car Park », « Top To Toe »

(Organisation : Ancienne Belgique)

UK

Jean-Baptiste Guégan

Quelque chose de… Johnny…

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Après sa victoire dans l’émission de télévision ‘La France a un incroyable talent’, décrochée en 2018, Jean Baptiste Guégan a vendu plus de 400 000 albums de son premier album « Puisque c'est écrit ». Ce qui lui a permis de fouler la scène d’une cinquantaine de Zénith et même celle de la mythique Accor Arena de Paris, en mars 2020. Son troisième elpee, « Toutes les larmes sèchent un jour », est paru en décembre de l’an dernier.

Surnommé la voix de Johnny, il s’évertue la plupart du temps, à faire revivre son idole sur les planches, même si au fil du temps, il s’est forgé un répertoire personnel. Cependant, il a baptisé sa nouvelle tournée ‘Johnny, vous et moi’. Et puis, il a quand même bossé en compagnie du parolier attitré de Jean-Philippe Smet, Michel Mallory.

Il se produisait ce mercredi 12 avril au Cirque Royal de Bruxelles. Ce concert devait se dérouler le 11 mars dernier, mais il avait été reporté pour raisons de santé.

Le set s’ouvre par une version revisitée d’« Allumer le feu ». Une bonne entrée en matière pour un show qui promet d’être sulfureux. Le son est nickel. Place ensuite à une adaptation fidèle à la compo originale de la superbe ballade, « Marie ». Sur les planches, Jean-Baptiste Guégan est entouré de son fidèle sextet, en l’occurrence un drummer, un claviériste, deux guitaristes, un harmoniciste (NDR : celui qu’on entend le plus) et un bassiste. Sans oublier les deux choristes. Vêtu de noir en début de concert, J-B J va se changer au cours de la soirée, lorsque trempé de sueur, il filera dans sa loge afin d’enfiler un froc en cuir (noir) et une chemise (bleue) de style Elvis Presley. Il lui rend d’ailleurs hommage à travers « Chante Elvis ».

JBG signale que le répertoire (NDR : qui est sculpté aussi bien dans le blues, le boogie, le rock, le rockabilly, l’americana et les ballades) est équitablement partagé entre le sien et celui de Johnny. Mais son âme plane toujours au-dessus des mots.

Interactif, il s’assied parfois sur un siège haut, une six cordes à la main, lors de morceaux acoustiques. Ce sont les rares moments au cours desquels il peut reprendre son souffle.

Tout au long de « Les frères du Rock’n’roll », les grattes sont huileuses. Parfois il y en a quatre en même temps. Et le résultat est particulièrement électrique. Il attaque » Coupable ». Signé Mallory, ce morceau était, au départ, destiné à Hallyday, mais finalement, à la suite de son décès, c’est J-B G qui l’a enregistrée à Nashville, comme la plupart des titres de sa discographie.

Toujours dans le domaine des reprises, « Gabrielle » est une chanson d’amour issue de la plume de Jacques Revaux (parolier de Claude François et de Michel Sardou). Elle oscille entre la country et le r&b. J-B G nous réserve « Le Baiser De Judas » à la gratte semi-acoustique, une composition qui traite de l’hypocrisie. Le texte du premier couplet relate : ‘Les faux amis c'est comme le temps. Ça ne fait pas de cadeau. Des intrigants prêts à tout. Pour être sur la photo. Quand tous ces flatteurs qui se prétendaient mes frères. Qui me serrait dans leurs bras…’ Ecrite par Georges Garvarentz, parolier pour les Chaussette Noires, Michel Sardou, Sylvie Vartan et Charles Aznavour, « Retiens La Nuit » nous replonge à l’époque des ‘yéyés’. Tout au long de « Saint-Barthélemy » (NDR : c’est là où repose son maître), île française des petites Antilles, il rend hommage à Johnny. Emouvant, Le Pays d’Armor » évoque la Bretagne d’où il est originaire, et notamment de Saint-Brieuc, fait de granit, de terre, de légende, de lande, de rivière et de vent. L’absence de cornemuse est compensée par le fifre, joué par l’excellent harmoniciste. C’est le moment choisi par J-B G pour se fondre dans la foule afin de signer des autographes, accepter des selfies et empoigner des mains. Il signale que le temps est compté, car il doit continuer son show, mais il y passe quand même 10 bonnes minutes, alors que les musicos meublent l’espace sonore. Guégan achève son concert par « Passez La monnaie » et « Sur Le Bord de La Rue ».

En rappel, il revient seul pour interpréter « Merci ». C’est sa façon de nous remercier.

Quelque chose de Johnny hante les concerts de Jean-Baptiste Guégan. Mais l’artiste évite les faux-semblants. Ses albums sont à la fois personnels, intimes, mais rock et populaires, abordant des thèmes que Johnny aurait aimés. Et la voix ! Même les critiques musicaux comme Philippe Manœuvre le disent : ‘Il a la même voix, la même empreinte vocale. Quand on ferme les yeux on entend Johnny Hallyday’. Mais on ne ferme pas les yeux pour un spectacle de Jean-Baptiste Guégan car, comme lui, il a fait le show pendant près de deux heures.

Votre serviteur a rarement assisté à un spectacle d’un artiste si près de son public. Il n’est pas un fan de Johnny, mais a été charmé par celui de Jean-Baptiste Guégan...

Setlist :

« Allumez le feu », « Marie », « Les Frères du Rock And Roll », « Coupable », « Gabrielle », « Le Baiser De Juda », « Retiens La Nuit », « Oh Chérie » (Lavoine), On Va A Nashville », « Saint-Barthélemy », « Chante Elvis », « Le Pays d’Armor », « Passez La monnaie », « Sur Le Bord de La Rue ».

Rappel :

« Merci »

(Organisation : Next Step)

 

Hayley Kiyoko

Un show à l’américaine…

Écrit par

L’AB Box accueille, ce mardi 11 avril 2023, Hayley Kiyoko. Son second elpee, « Panorama », est paru en juillet de l’an dernier. Elle appartient à l’avant-garde d'un mouvement pop queer totalement décomplexé et propose une ‘bubble-gum’ pop aux rythmes électro incandescents. D’origine japonaise, elle a acquis rapidement un statut de star, en se produisant au sein de groupes comme Stunners (2007) ou Hede (2008). Elle est ensuite devenue actrice pour des séries chez Disney Channel. Et c’est en 2015, qu’elle s'est fait connaitre dans le monde entier grâce à sa chanson, « Girls Like Girls », qui comptabilise des millions de vues sur YouTube. Une ode à l'amour qui lui a permis d'être érigée en icône de la lutte homosexuelle. Pas étonnant que les fans l'aient affectueusement surnommée ‘Lesbian Jesus’…

Ce soir, la génération Tik Tok est majoritaire (?!?!?). On croise çà et là l’un ou l’autre quadra, quinqua ou sexa, mais le nombreux public est constitué d’ados… qui se filment…

Pour assurer le supporting act, elle a emmené, dans ses bagages, Leah Kate, une autre Américaine qui avait déjà foulé les planches de l’Ancienne Belgique, en novembre 2022. Elle partage les mêmes convictions LGBTQ+ que la tête d’affiche.

De son véritable nom Leah Kalmenson, cette artiste est responsable d’une pop rétro-électro qui donne l'impression que les nineties sont parvenues à se renouveler depuis 2020. Ce soir, elle est venue défendre son dernier elpee, « Alive And Unswell », paru en octobre dernier.

Le set s’ouvre par « But I Lied ». Sexy, elle porte un body blanc et un pantalon de la même teinte, mais liseré de fines lignes bleues. Derrière elle et en partie centrale, un écran plat au fond rose est placé à mi-hauteur, sur lequel son nom est inscrit en lettres blanches, à la droite duquel figure un cœur barré d’un éclair qui saigne. Soufflée par un puissant ventilo, sa longue chevelure de jais ondule au gré de ses déhanchements et de ses déplacements sur le podium. Interactive, elle ne craint pas de s’adresser aux premiers rangs. Elle est soutenue par un multi-instrumentiste qui alterne guitare et basse, ainsi qu’un drummer, perché sur une petite estrade. Il dispose d’un MPD, d’une batterie électronique et d’un pc miniature.

Elle demande au public s’il souhaite danser, jumper, rire ou crier. Elle ondoie comme une sirène, se jette au sol et se relève derrière son pied de micro. Manifestement les adolescentes qui campent au plus près de la scène sont ravies. Avant d’attaquer « Veronica », Leah demande à l’auditoire de lui faire un ou deux doigts d’honneur ; c’est alors que de nombreux ‘Fuck On’ et ‘Fuck Off’ éclatent dans la fosse, émanant principalement des filles. Dans le même esprit, le groovy « Fuck Up The Friendship » incite à la danse. Toutes ses chansons sont hantées par ses chagrins d’amour, des morceaux au cours desquels ses ex sont invariablement détestés dans les textes. Lorsqu’elle interprète « 10 Things I Hate About You », l’ambiance a atteint son paroxysme. Un titre final au cours duquel la foule, qui connaît apparemment bien les paroles, se met à les hurler à tue-tête. Un concert intense et particulièrement dansant…

Setlist : « 10 Thing » (Intro), « But I Lied », « Veronica », « Super Over » (Unreleased), « F U Anthem », « Break Up Season », « Happy », « Fuck Up the Friendship », « Hot All the Time », « 10 Things I Hate About You ».

Rien ne traîne sur l’estrade avant que Hayley Kiyoko n’entame son show. Pas un seul instrument, juste une toile tendue en arrière-plan destinée, en sa partie centrale, à la projection de vidéos et de logos divers. Mais aussi, en intro, de petites étoiles et une phrase qu’on pourrait traduire par : ‘On va danser ensemble jusqu’à la fin de la nuit ‘. Sous un brouillard de fumée, émerge Hayley, les deux bras en croix, à l’avant-scène. Elle relève l’index et incite la foule à applaudir. Les cris fusent de toutes parts. Les smartphones s’allument par centaines obstruant totalement la vue. Elle s’accroupit, regarde attentivement l’auditoire et entame « Found My Friends ». Deux danseuses se pointent et commencent à se dandiner ou se contorsionner dans tous les sens, autour de Hayley. Un spectacle à l’américaine bien ficelé, réalisé dans l’esprit de Madonna, Lady Gaga, The Pussicat Dolls voire Janelle Monáe. La musique est préenregistrée. Même les chœurs exécutés par Kiyoko. De quoi lui laisser le temps de chanter, danser et interagir avec son public. Parfois, votre serviteur se demande quand même si (parfois) elle ne chante pas en play-back…

A l’instar du show de Fletcher, des tas de trucs atterrissent sur les planches et notamment des fleurs, des soutifs et même des strings. On a quelquefois l’impression d’assister au set d’un boys band pour minettes. Avant que l’artiste n’interprète « Pretty Girl », un roadie lui apporte un siège haut et une gratte semi-acoustique. C’est donc ‘unplugged’ qu’elle exécute cette compo. Les danseuses réapparaissent par la suite. Hayley porte un pantalon et une veste translucide de couleurs flashy différentes qu’elle changera à trois reprises. Elle invite une fan à grimper sur le podium pour chanter en duo « Demons ». Chaque morceau est accueilli comme un hymne par le public majoritairement féminin.

Elle nous réserve l’inévitable « Girls Like Girls », moment au cours duquel les mouvements de bras, dans la fosse, créent une houle impressionnante. Une fosse au sein de laquelle on remarque la présence de nombreux drapeaux arc-en-ciel. Lors du final et dans une belle ambiance, deux des danseuses viennent d’ailleurs en agiter sur les planches. Content, le public pourra certainement poster de nombreuses vidéos et d’innombrables selfies sur Tik Tok…

Setlist : « Found My Friends », « Luna », « Sugar At The Bottom », « What I Need », « Underground », « Deep In The Woods », « Flicker Start », « Curious », « Determinate » (Lemonade Mouth Song) (Shortened), « Pretty Girl » (acoustique), « Forever », « Sleepover », « Demons », « Girls Like Girls », « Gravel To Tempo », « Hungry Heart » (Galantis cover), « Well... », « For The Girls ».

Rappel : « Panorama »

(Organisation Live Nation)

 

Enter Shikari

Un show enflammé, sauvage et turbulent…

Écrit par

Ce vendredi 7 avril 2023, Enter Shikari se produit à l’Orangerie du Botanique. Le concert était sold out une heure après la mise en vente des tickets. Il s’agit de la seule date en Belgique d’une tournée européenne, à guichets fermés. Fondé en 2003, ce quatuor issu du Hertfordshire compte sept albums studio à son actif ; et son dernier, « A Kiss for the Whole World », paraîtra ce 21 avril prochain. Sa musique mêle post-hardcore, punk, nu-metal, rave, electronicore, drum&bass et prog rock. Entre autres. En ‘live’, la formation s’est forgé une sacrée réputation sur les planches, des prestations décrites par certains médias comme explosives et incendiaires. Le line up n’a pas changé depuis sa création et implique le chanteur/claviériste Roughton ‘Rou’ Reynolds, le bassiste Chris ‘Batty C’Batten, le guitariste Liam ‘Rory C’Clewlow et le drummer Rob Rolfe.

Pour six concerts accordés sur le Vieux Continent, le supporting act est assuré Blackout Problems, un combo allemand, dont c’est la première apparition sur le territoire belge, et espérons pas la dernière…

Originaire de Munich, Blackout Problems est né en 2012. C’est dans son combat pour l’indépendance artistique que le groupe puise toute son inspiration. En outre, il n’hésite pas à soulever des débats contemporains sur la diversité des genres. A l’origine, le band était limité à un trio réunissant le bassiste Marcus Schwarzbach ainsi que les guitaristes/claviéristes Moritz Hammrich et Mario Radetzky. C’est ce dernier qui assure le lead vocal. Depuis, le drummer Michael Dreilich a été intégré au line up. Son dernier elpee, « DARK », est paru en 2021. Il s’agit déjà de son cinquième.

Le set s’ouvre par « Murderer ». Un morceau qui s’achève par ‘L.O.V.E. For Everybody’. Ce qui nécessite certaines convictions. D’une part, il faut être convaincu que l'activisme politique et la critique du système sont nécessaires pour protéger les vies humaines ; et, d’autre part, que les individus sont interconnectés par leurs sentiments de colère, d’incohérence et de compassion. Mario se montre particulièrement interactif auprès des premiers rangs qui le lui rendent bien. Les plus excités s’agitent, jumpent, dansent et crient. Bref, ça saute de partout. Et les musicos ne sont pas en reste. Le bassiste exécute des ciseaux avec ses jambes tout en bondissant sur place. La voix de Mario est puissante et passe aisément de l’aigu au grave. Pendant « Brother », il se lance dans la foule pour réaliser un crowdsurfing. Il s’arrête au milieu du public et lui demande de s’écarter. Il s’assied et commence à chanter, relayé par l’auditoire qui s’accroupit. Il regagne ensuite le podium, mais revient dans la fosse, quelques minutes plus tard, en emportant son micro et sa guitare pour attaquer « Lady Earth ». De sa voix haut-perchée, Il communique toutes ses émotions dans les paroles de ses chansons. Intense, « Whales » agrège pop, rock et électro. Lors du titre final, « Germany, Germany », une compo aux superbes lignes de gratte et aux harmonies vocales soignées, il regagne la fosse, mais debout sur les épaules de spectateurs qui lui permettent de rester en équilibre en lui tenant les pieds. Trente minutes, pour découvrir un groupe pareil, c’était manifestement trop court ! A revoir mais dans le cadre d’un full concert !

Setlist : « Murderer », « Brother », « Lady Earth », « Whales », Rome », « Germany, Germany ».

Il y a un monde fou dans l’Orangerie. Il y fait une chaleur tropicale et malodorante. Des barrières ont été installées devant le podium et autour des immenses tables réservées aux ingénieurs du son. Votre serviteur s’y est planté juste devant, mais à force se faire marcher sur les pieds, il commence à se demander s’il a bien choisi le bon endroit.

Une trentaine de néons encerclent le quatuor. De couleurs différentes, ils s’allument au rythme du chenillard. C’est le moment choisi par les musicos de grimper sur l’estrade.

Dès le premier titre, « (pls) Set Me On Fire », un pogo éclate devant votre chroniqueur qui est projeté contre les barrières. Ne reste plus qu’à s’éloigner de cette bousculade et de choisir un emplacement moins perturbé. Ce sera près de la porte d’entrée. Un léger courant d’air y rafraîchit l’atmosphère et on y voit bien la scène, où le batteur est installé au milieu. Dans la fosse, les ‘mosh pits’ redoublent d’intensité et les aficionados qui connaissent les paroles des morceaux se mettent à chanter en chœur.

Immersif, le light show du band jouit d’une solide réputation. Et ce soir, il ne souffre pas d’exception. Ainsi, les lasers ricochent dans toutes les directions.

Reynolds fait mine de se lancer dans le public pendant « {The Dreamer’s Hotel} », mais il se ravise, alors que les plus audacieux surfent de l’arrière vers l’avant.

Enter Shikari est venu défendre son dernier long playing, mais n’en oublie pas ses deux singles parus en 2022, « The Void Stares Back » et « Bull », mais également des plages issues de son ancien répertoire, telles que « Juggernauts », reflet de son engagement politique, l’efficace « Quickfire Round » ou « Mothership », mais complétement relookées…

De temps à autre, Rou se sert d’un synthétiseur vintage, qui ressemble à une vieille télévision. Il tourne le dos au public, et après l’avoir déclenché, l’appareil libère automatiquement des beats electro. Le leader accapare pleinement l’espace sur le podium, escalade même les haut-parleurs et se déplace souvent comme… un automate. Le drummer imprime un tempo tribal et instinctif à « Radiate ». Transpirant comme un bœuf, Reynolds enlève sa veste puis la chemise, puis les réenfile deux morceaux plus loin.

En fin de parcours, le combo nous réserve le vénéré titre emocore « Sorry, You're Not a Winner », en y intégrant des remixes.

En rappel, on aura droit à quatre morceaux. D’abord, Reynolds revient en solitaire pour accorder une version acoustique de « Stop the Clocks. Puis lors du retour des trois autres musiciens, « System… » s’autorise une touche a capella. Très particulier, comme adaptation ! Compo préférée des fans, « Live Outside », est un choix parfait. Une piste axée sur la santé mentale et le désir de faire une pause dans la vie moderne. Et le set de s’achever par « Live outside » …

Un show de 80 minutes enflammé, sauvage et turbulent… qui n’a pas lésiné sur l’électronique, notamment lors des remixes… 

Setlist : « (pls) Set Me On Fire », « Juggernauts », « {The Dreamer's Hotel} », « Halcyon », « Hectic », « The Void Stares Back », « It Hurts », « Satellites* * », « The Pressure's On », « Bloodshot », « Labyrinth », « Radiate, Quickfire Round », « Havoc B », « Bull », « The Last Garrison », « Sorry, You're Not a Winner » (Pendulum Remix 2nd Verse, ‘23 Remix Outro).

Rappel : « Stop the Clocks (Rou Solo) », « System... » (A capella), « ...Meltdown », « Live Outside ».

(Organisation : Botanique)

Annabel Lee

Drift

Écrit par

Produit par Amaury Sauvé, « Drift » constitue le 3ème elpee d’Annabel Lee. Un disque qui fait suite à « Little Sad And Not So Sad Songs », paru en 2018 et « Let The Kid Go », en 2020.

Découpé en 10 plages, cet opus s’ouvre par l’offensif « Dinosaur ». Et étonnant, tant le timbre que les inflexions de la chanteuse Audrey Marot n’ont jamais été aussi proches de Suzanne Vega. Ce qui n’est pas pour déplaire à votre chroniqueur. Tout comme l’attaque de la guitare opérée sur « Kiss & ride » et l’enlevé « By the sea », qui rappelle celle de Chris Martin (Coldplay) sur « Yellow », c’est-à-dire la période la plus électrique (et intéressante) du band britannique. Et le reste ne manque pas d’allure. A l’instar de l’excellent « High anxiety », une compo d’abord imprimée sur un tempo tribal et gratinée par des accords de sixcordes cristallins puis incisifs et dynamisée par une ligne de basse cotonneuse. « Terrain vague » monte progressivement en intensité, alors que d’abord introspectif, « Comedy » s’autorise un accès de frénésie aux 2/3 du parcours, avant de retrouver sa quiétude en toute fin de piste. On épinglera encore la ballade abrasive « 24/7 » ainsi que le morceau final bien pêchu, « Spiders and monkeys ». Quant aux textes, plutôt sombres, ils abordent des thématiques tourmentées voire angoissantes…

Iggy Pop

Every loser

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Avant d’écouter le dernier elpee de l’Iguane, votre chroniqueur a sans doute eu le tort de lire les critiques –la plupart négatives– qui fourmillent sur le net. Car finalement, cet « Every loser » est de bonne facture. Bien sûr, il recèle l’une ou l’autre compo moins percutante (la ballade croonée « Morning show », l’intermède « The news for Andy »), mais l’ensemble tient vraiment la route.

Lors des sessions, il a reçu le concours de grosses pointures du rock, comme Duff McKagan (Guns N’ Roses), Stone Gossard (Pearl Jam), Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) ainsi que des drummers Taylor Hawkins et Travis Barker. Mais aussi 3 (ex) membres de Jane’s Addiction : Dave Navarro, Chris Chaney et Eric Avery. Ce qui, bien sûr, vu le nombre de guests notoires, est rarement bon signe. Et pourtant…

Le long playing s’ouvre par le punchy et hymnique « Frenzy ». « Elégant, « Strung out Johnny » décrit les étapes des addictions qu’il a traversées et surmontées. Le « Raw power » des Stooges hante « Modern day rip off ». Iggy se moque du punk contemporain sur « Néo punk », un morceau auquel collabore Travis Barker (Blin 182). Et ça s’entend !

« Comment » s’aventure dans le post punk et enfin « The regency », titre qui clôt cet opus, s’ébroue sur un midi tempo avant de mordre dans un rock à la mélodie ténébreuse. Tout en subtilités, il est imprimé par le drumming ample de feu Taylor Hawkins (Foo Fighters) ; James Newell Soesterberg Jr en profitant pour stigmatiser l’industrie musicale.

A 76 balais, le rocker a toujours la pêche !

Tropical Fuck Storm

Submersive behaviour (Ep)

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Un Ep de 36 minutes, c’est plutôt rare ! Evidemment, lorsque, le titre d’entrée, « 1983 (A Merman I Should Turn To Be) », une reprise improbable de Jimi Hendrix, frôle les 18 minutes, on atteint facilement le temps requis pour qu’il soit considéré comme un elpee. Si le début et la fin du morceau se révèlent mélodieux, le cœur de la compo s’aventure au cœur d’une expérimentation réminiscente du Floyd circa « A saucerful of secrets », voire du Led Zeppelin. Les 4 autres morceaux constituent autant de reprises, dont la dernière, « Ann », est signée par les Stooges. Et franchement, pour la reconnaître, on vous promet bien du plaisir. Elle glisse sur des harmonies vocales falsetto avant de s’enfoncer dans une noisy frénétique, réminiscente des débuts de Sonic Youth. Les autres covers concernent des formations aussi obscures les unes que les autres : Middle Aged in The Middle Esat in The midle Ages, Men Menstration et Compliments to the Chef.  

Evidemment, pour ces pistes, le band aussie continue d’explorer. Ce qui n’est fondamentalement pas une surprise. Sonorités de guitares acides, corrosives, sur Moonburn » et rythme hip hop décalé tout au long « The golden ratio » confirment cette analyse. Seul le blues (du désert ?) « Aspirine / Slight return » se distingue par une jolie mélodie. Sur laquelle, les musicos viennent greffer leurs élucubrations sonores…

Enfin, l’artwork de la pochette a été réalisé par l’illustrateur Patrick Crimewave…

Gorillaz

Cracker Island

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Pour enregistrer son huitième LP, Gorillaz a de nouveau bénéficié du concours de toute une floppée de collaborateurs.

Beck est ainsi crédité sur le morceau final, « Possession island ». Mais il se montre plutôt discret, alors qu’un sifflotement rend le climat léger tout comme les interventions électro à la Todd Rundgren.

Bad Bunny chante en espagnol le reggaeton « Tormenta », une compo parfois jazzyfiante et à la ligne de basse aquatique.

Kevin Parker (Tame Impala) entraîne « New gold » dans une brume néo-psychédélique.

Stevie Nicks (Fleetwood Mac) chante en duo avec Damon Albarn l’élégant et rythmé « Oil ».

Thundercat se consacre à la basse et aux backing vocaux sur le titre maître, une piste… disco.

Parmi les guests on épinglera encore la présence d’Adeleye Omotayo, de Bootie Brown et MC Bin Laden.

Et si « Skinny ape » se nourrit de sonorités exotiques, la mélodie de « The tired influencer » semble s’inspirer de Prefab Sprout.

La patte d’Albarn est bien présente tout au long de « Baby queen », une compo qui relate sa rencontre avec la princesse Siribha, en 1993, lors d’un concert de Blur, à Bangkok.

La bande animée à Damon Albarn et Jamie Hewlett n’a pas exploré, sur « Cracker Island », de nouveaux horizons sonores, mais semble plutôt avoir voulu se rappeler au bon souvenir de ses aficionados…

 

Guillaume Ledent

Fancy Fair

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Son dernier elpee, « Mot dit », remonte à 2018. Entretemps, Guillaume Ledent s’est produit, pendant plus de 10 ans, en compagnie de son groupe Dérange ta Chambre pour un spectacle destiné aux enfants (plus de 200 concerts quand même). Il nous propose donc son nouvel essai, « Fancy Fair ».

S’il assure l’essentiel de l’instrumentation, outre le chant, il a quand même reçu le concours de quelques collaborateurs et collaboratrices dont sa fille Jeanne, aux vocaux et Bastien Wibaut à la basse sur « Le chanteur solo », un morceau qui évoque la solitude de ces artistes qui s’accrochent (NDR : serait-ce autobiographique ?), Stéphane Letot au cajon sur « Prends », mais surtout Emma Duret à la trompette sur six plages, interventions qui communiquent un aspect feutré aux compos.

Bossa nova, « La tanière » exhale un petit parfum Everything But The Girl. Guillaume se met à siffloter sur deux pistes. Tout d’abord le titre maître, dont les arrangements symphoniques semblent émaner d’un mellotron. Puis l’allègre « Balek », au cours duquel il clame son détachement à l’égard des entreprises de vente en ligne.

On retrouve ses intonations à la Richard Gotainer tout au long de « Tas d’idées », un titre au cours duquel il double au saxophone et au ukulélé.

Il chante les couplets à la manière de Jean-Louis Aubert (en solo !) « La fille du milieu, une chanson qui bénéficie d’une jolie mélodie.

Vous cherchez un slow du style ‘La Boum’, « Tu dénoues » en est un exemple parfait.

Le disque s’achève par « Chiche », une composition qui démarre nonchalamment, avant qu’elle ne vire au jazz/lounge, Guillaume en profitant pour souffler dans son saxophone.

Le digipack du cd est superbe. Il contient un livret avec les textes des chansons (NDR : poétiques, mais ésotériques) et puis des photos pour chacune d’entre elles, immortalisées au fond de la carrière de la CCB, à Antoing (NDR : c’est près de Tournai).

Un album soigné auquel il manque probablement deux ou trois titres plus punchy pour satisfaire pleinement le chroniqueur…

En concert

 8 Avr SAINT-GHISLAIN – SEPTEM (Foyer Culturel)

20 Avr MOUSCRON – Centre Culturel Marius Staquet

27 Mai TEMPLOUX – Templerie des Hiboux

 

Dominique A

Reflet du monde lointain

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Les morceaux qui figurent sur « Reflet du monde lointain » sont probablement des titres écartés du tracklist de « Monde réel », le précédent album de Dominique A. Il recèle 8 pistes dont une intro symphonique de 35 secondes, baptisée « Le dénouement », et un morceau instrumental de 2 minutes (« Le retournement ») tramé sur une boucle électronique minimaliste. Une boucle qu’on retrouve sur « Chaque enfant dans son monde » et « La plaine ».

Les compos les plus intéressantes figurent en première partie du long playing. D’abord l’énigmatique « Les vagues et les regrets ». Impliquant aussi bien la flûte, la basse que la batterie, les arrangements sont soignés. Une plage tout au long de laquelle le spectre de Thiéfaine plane. Des arrangements qui deviennent à nouveau symphoniques sur « La fadeur et l’intensité », après avoir goûté aux synthés aquatiques.  Et enfin « Les yeux dans le soleil » qui bénéficie d’une jolie mélodie.  

Enfin, l’opus s’achève par le dépouillé « Maison d’ambre », une chanson dispensée en mode piano/voix.

Et hormis les deux instrumentaux, ces compos véhiculent des textes remarquablement poétiques…

 

David Newbould

Power up !

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Originaire de Nashville, David Newbould a été contaminé par la musique dès son plus jeune âge. D’après les rares informations dénichées sur la toile, il publie des albums depuis 2007. Et ce « Power up ! » constitue son cinquième. Mais son parcours est plutôt mystérieux. 

L’album s’ouvre sur le morceau maître, une compo découpée dans des riffs de guitare blues/rock incisifs. Mais le reste est d’une autre nature ! Dès le sublime « Peeler Park », David nous réserve un americana comme seuls les Sudistes sont capables de nous proposer. Bien senti et sous tension électrique, son country/rock alternatif évoque Drive-By Truckers, Wilco voire Neil Young.

Le Texan maîtrise parfaitement son sujet. On ressent l’expérience du musicien qui roule sa bosse de saloon en saloon depuis de longues années. La production n’est ni trop léchée, ni trop garage. Elle laisse percoler les émotions vécues par le barbu.

Lors des sessions d’enregistrement de ce « Power up ! », David Newbould a pu compter sur une kyrielle d’invités qui viennent, tour à tour, enrichir l’expression sonore. Ainsi une superbe intervention au violon traverse « Ready for the Times to Get Better », une autre de saxophone, le morceau maître, sans oublier les incursions de guitare slide ou d’orgue, disséminées tout au long de l’opus.  

Bref, si vous appréciez l’americana, ne manquez surtout pas cet elpee de David Newbould…

Gueules Noires (Belgium)

Les Gueules Noires de Gérald Dierick…

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Gérald Dierick est un artiste belge dont nouveau projet, Gueules Noires publiera un premier elpee en juin prochain. Il sera éponyme. Un album rock, radical et engagé, dédié aux travailleurs des mines, qu'ils soient belges ou congolais.

Dans sa carrière, Dierick a déjà revêtu toutes les peaux. Du théâtre à la musique en passant par la danse ou l’expérimentation plastique, il voyage de supports en territoires, empreint d’une inspiration intarissable. Depuis plus de trente ans, il multiplie les actions artistiques et les collaborations ; de projets reconnus et de recherches intimes, jouant entre image et anonymat. Ses œuvres sont visibles, invisibles, indivisibles. C’est un artiste sombre qui tend vers la lumière !

Les Gueules noires désignent autant les mineurs belges, exploités dans les mines de charbon que les esclaves congolais torturés et anéantis pour les seuls intérêts du capitalisme pendant le colonialisme. Dans les deux cas, « Gueules Noires » parle d’êtres humains ramenés au rang de marchandises, de bétail ou d’outils. 

L'album a été enregistré au studio ICP de Bruxelles et contient 12 titres incisifs, 12 coups de pioche, 12 coups de machette !

Réalisé par Cyann Coroënne & Kyle Messett, le clip de « Diep Graaf » est à découvrir ici

 

 

Ryuichi Sakamoto

Décès de Ryūichi Sakamoto

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Le compositeur, musicien, producteur et acteur japonais Ryūichi Sakamoto est décédé ce 28 mars, à l’âge de 71 ans, des suites d’un cancer colorectal, après avoir été traité pour celui de la gorge depuis 2014

Né à Tokyo le 17 janvier 1952, il a grandi en baignant dans la culture et les arts. Initié très tôt au piano, il est inspiré aussi bien par les Beatles, les Stones, le psychédélisme de la West Coast, Bach, Haydn, le minimalisme nippon que Debussy, pour lequel il affichait une grande admiration.

A la fin des seventies, il fonde le Yellow Magic Orchestra en compagnie de Haruomi Hosono et Yukihiro Takahashi, dont la musique est influencée par Kraftwerk, musique qui va inspirer les mélodies synthétisées des premiers jeux vidéo.

Pour le mélomane lambda, il est surtout connu pour avoir composé, en 1983, la musique de ‘Furyo’ (‘Merry Christmas Mr. Lawrence’) un film réalisé par Nagisa Oshima, film dans lequel il joue face à David Bowie. Il a aussi signé de nombreuses autres B.O. de longs métrages, dont celle du ‘Dernier empereur’ de Bernardo Bertolucci, en 1987, qui lui a valu un Oscar l’année suivante, et dans lequel il joue également, ainsi que de ‘Talons aiguilles’ de Pedro Almodovar.

Côté musical outre sa trentaine d’albums (NDR : intitulé « 12 », son dernier, était paru début 2023) naviguant aux confins de la bossa nova, du classique, de l’électro, de la house, du jazz, de la lounge, du rap, du rock, de la world ou tout simplement de l’expérimentation, il a également créé des jingles publicitaires et même les sonneries des téléphones Nokia !

Il a aussi multiplié les collaborations, pami lesquelles, figurent David Byrne, David Sylvian, Iggy Pop, Maceo Parker, Robert Wyatt, William Burroughs, Youssou N’ Dour, entre autres…

Militant écologiste de longue date, il était devenu une figure de proue du mouvement antinucléaire au Japon après la catastrophe de Fukushima, en mars 2011.

En 2007, il avait également fondé ‘More Trees’, une ONG de gestion durable de forêts pour le Japon, l’Indonésie et les Philippines.

RIP

 

Beartooth

Le metal contemporain est bien vivant et pour longtemps encore…

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Trois formations se produisent, ce jeudi 23 mars, à l’Ancienne Belgique : Stray From The Path, Motionless In White et Beartooth. Ces concerts étaient programmés en 2021, mais ont été reportés à la suite de la COVID. Responsable d’un hardcore punk, le premier est issu de Long Island, New York. Fondé en 2001, il compte dix albums à son actif. Motionless in White (MIW) est une formation originaire de Scranton, en Pennsylvanie. Elle est née en 2004 ! C’est ce band qui méritait la tête d’affiche. D’ailleurs, la foule s’est déplacée en masse spécifiquement pour ce groupe. Enfin, Beartooth nous vient de Columbus, dans l’Ohio. Formé en 2018, ce combo de hardcore punk a gravé son quatrième et dernier elpee, « Below », en 2021. La date est sold out depuis bien longtemps.

Quatuor, Stray From The Path réunit le chanteur Andrew ‘Drew York’ Dijorio, le guitariste (et manager du combo) Thomas Williams, le bassiste Antoine Altamura ainsi que le drummer Craig Reynolds (un Ecossais !), perché sur une estrade. Vêtu d’une salopette et d’un marcel, le charismatique Andrew exhibe ses magnifiques tatouages sur les bras. Assez interactif, il s’adresse régulièrement aux spectateurs sis aux premiers rangs. Il hurle d’une voix aigüe, des textes à l’engagement politique manifeste. A l’instar de « III » qui évoque les violences policières et raciales aux States. La setlist va proposer essentiellement des plages extraites du dernier long playing, « Euthanasia », paru en septembre de l’an dernier.  

Le set s’ouvre par « Needful Things », le morceau d’entrée de cet LP. Les gratteurs sont en ligne. La frappe du batteur est tour à tour, dynamique, sauvage ou métronomique. Véritable brûlot, « Guillotine » tombe comme un véritable couperet, un titre qui précède le morceau de clôture, « First World Problem Child », qui traite du problème des différences de classes sociales entre ethnies, aux USA. Bonne mise en bouche d’une durée de 30 minutes.

(Photos Romain Ballez ici)

 Setlist : « Needful Things », « May You Live Forever », « Goodnight Alt-Right », « III », « Fortune Teller », « Guillotine », « First World Problem Child »

Estimé et même adulé aux Etats-Unis, Motionless In White implique le chanteur et frontman Chris ‘Motionless’ Cerulli (ses tatouages au cou sont impressionnants), Ricky Horror à la guitare rythmique, Ryan Sitkowski à la solo, Vinny Mauro aux drums et Justin Morrow à la basse. Son patronyme s'inspire de « Motionless and White », une composition d’Eighteen Visions. Au lieu de la Pennsylvanie, ce quintet aurait pu émaner de Transylvanie ; car sa musique, fruit d’un cocktail entre gothique, indus et metalcore, explore souvent les thèmes des ténèbres, de l'horreur et du macabre, attitude également reflétée par le look des musicos.

C’est son sixième opus, « Scoring The End Of The World », gravé en juin 2022, qui va alimenter l’essentiel de la setlist.  

« Thoughts & Prayers » (« Disguise ») ouvre les hostilités. Chris ne tient pas en place. Grâce à son maquillage, Ricky Horror semble débarquer des profondeurs de l’enfer ou d’un mauvais film d’épouvante. Un mort/vivant ? Un zombie ? Tornade metalcore, « Cyberhex » souffle tout sur son passage. Chris passe aisément du chant clair au ‘screamé’. L'ajout de rythmiques à coloration ‘électro’ rend l’expression sonore décalée. Riffs gras, drumming puissant ainsi que synthé glitch et techno entretiennent cette ambiance de films d’horreur de série B.  

La frappe sur les fûts est aussi punchy que technique. MIW n’en n’oublie pas son hit brutal, « Slaughterhouse » (NDR : la version studio met en vedette Bryan Garris, le chanteur de Knocked Loose). Et c’est le leader de Beartooth, Caleb Shomo, torse nu, qui monte brièvement sur le podium pour interpréter le rôle de Garris. De quoi ravir le public.

La reprise des Killers, « Somebody Told Me », est étourdissante. Et la prestation de s’achever par Eternally Yours ». Un set de metalcore absolument délicieux ! Et il fallait s’en douter, à l’issue de celui-ci, une partie de l’auditoire vide les lieux…

(Photos Romain Ballez )

Setlist : « Thoughts & Prayers », « Cyberhex », « Slaughterhouse » (with Caleb Shomo), « Break The Cycle », « Masterpiece », « Werewolf », « Another Life », « Soft », « Somebody Told Me » (The Killers cover), « Eternally Yours ».

Beartooth est drivé par Caleb Shomo. Il est épaulé par le bassiste Oshie Bichar, le batteur Connor Denis ainsi que les sicordistes Zach Huston (solo) et Will Deely (rythmique). Avant le début du concert, les roadies viennent tendre une toile à l’avant le podium. Elle doit tomber en début de show, mais à l’heure prévue, elle reste accrochée au beau milieu. Caleb bondit déjà sur son estrade en avant-scène. Il est entouré des gratteurs qui vont déambuler tout au long du spectacle. En arrière-plan, le batteur est planté sue une haute estrade, au centre, entre des haut-parleurs Orange, des spots à leds et des stroboscopes aux couleurs variables. Au pied de chaque mur, une machine va propager, à plusieurs reprises, d’épais nuages de fumée.

Le concert s’ouvre par les très heavy « Below », « Devastation » et « Disease ». Les fans sont aux anges et hurlent à tue-tête les paroles des morceaux, devant un Caleb monté sur ressorts sur son avant-scène. Beartooth maîtrise ces refrains évocateurs, où l’on ne peut s’empêcher de crier de toutes ses forces et de danser comme si personne ne regardait. « Riptide », l’un des derniers titres du groupe, en est aussi le parfait exemple. Positive et optimiste, la chanson mélange subtilement les éléments pop et métal avec brio. Le répertoire du combo est destiné à être chanté devant des milliers de de personnes. Bon ici il doit encore y en avoir pas mal, mais c’est suffisant pour mettre le feu à l’AB. Encouragés par Caleb, les round circles éclatent dans la fosse. Torse-nu, transpirant à grosses gouttes, il est là pour assurer le spectacle. Le son est excellent et c’est le drummer, derrière sa double batterie, qui imprime le tempo, mais coordonne aussi les lumières à la fois aveuglantes et puissantes.

Ecouter les anciens titres est un véritable plaisir. A l’instar de « The Lines », « Body Bag » ou encore « In Between ». Evidemment, c’est quand même le dernier opus de Beartooth, « Below », qui domine la setlist. Sept morceaux en seront dispensés dont « Hell Of It », « Skin » et « Dominate », des compos qui passent l’épreuve du ‘live’ haut la main. C’est aussi et sûrement dû à la transformation physique de son chanteur Caleb Shomo, plus svelte et musclé ; et surtout, bien dans sa peau aujourd’hui. Sa forme se ressent sur son comportement sur les planches ; ses complexes physiques appartiennent dorénavant au passé.

En rappel, le groupe va nous réserver « The Past Is Dead » et « The Last Riff ». Lors du dernier morceau, Caleb Shomo prend un bain de foule tout en jouant de la guitare. Dans la fosse, les fans sont enchantés et lorsque le chanteur se baisse, ils l’imitent. La salle se transforme alors en une énorme discothèque métal, alors que les riffs des guitares résonnent.

Après Motionless In White, Beartooth a assuré le spectacle, même s’il aurait été logique que le premier cité soit la tête d’affiche. Mais, suite à ces concerts, on peut affirmer le metal contemporain est bien vivant et pour longtemps encore…

(Photos Romain Ballez ici)

Setlist : « Below », « Devastation », « Disease », « Body Bag », « Riptide », « Dominate », « The Lines », « Beaten In Lips », « Skin », « Hell Of It », « You Never Know », « Bad Listener », « Hated », « In Between ».

Rappel : « The Past Is Dead », « The Last Riff » inclus un solo de batterie et Caleb à la guitare.

(Organisation : Live Nation)

 

Elisabetta Spada

En attendant la sortie du nouvel album…

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Née en Italie et révélée en Belgique, Elisabetta Spada a écrit son histoire entre Rome et Bruxelles. C’est sous le pseudo Kiss & Drive qu’elle a remporté le Concours Circuit, en 2010. La chanteuse s’est ensuite affirmée sur scène aux côtés d’artistes comme Lianne La Havas, Puggy, Ane Brun ou Sinéad O'Connor.

En 2013, elle avait gravé un Ep 5 titres baptisé « My Mood Changes ». Après 7 ans d’absence, elle est de retour sous son propre nom. Elle se produisait ce 1er avril 2023 au sein d’un chouette petit café à l’enseigne ‘Winok’ situé à Schaerbeek. Un bistrot au style Horta voire néo-classique, dont le plafond est constitué de voussettes en briques. Bref le cadre est vraiment sympa ! Elle avait accordé une interview à Musiczine, à l’issue du concert (à lire ou relire )

Le troquet est comble pour accueillir Elisabetta Spada. Le matos a été installé au fond de la salle, du côté droit. Elle est épaulée par Ruggero Catania, producteur, mais également bassiste chez Driving Dead Girl et guitariste au sein de Romano Nervoso ainsi que le drummer/percussionniste Franck Baya qui a milité chez FùGù MANGO, mais également au sein des backing groups de Chloé Du Trèfle et Sarah Carlier. C’est aussi un briscard de la scène bruxelloise.

Ruggero est préposé à la gratte, mais il ne se consacre qu’à la six cordes. Il n’assure pas les chœurs, non plus, ce soir, car à la suite d’un petit problème technique, son pied de micro a été reconverti en support pour un haut-parleur. Mais qu’importe, puisque Betta est venue tester ses nouvelles compos en ‘live’.

Le set s’ouvre par « Inhale, Exhale ». Le trio nous réserve « She’s Full Of Things » et « My Mood Changes », deux morceaux issus du répertoire de Kiss & Drive. Elisabetta affiche une nouvelle assurance dans la voix. Elle chante en se servant d’une gratte semi-acoustique. Mais plus de ukulélé, à l’horizon ! Caractérisé par sa jolie mélodie, « Home Again » révèle l’aplomb technique de Franck, derrière ses fûts.

Un frisson nous parcourt l’échine tout au long de la petite perle, « I Go, I Go, I Go ». C’est également son second single. D’une durée de 60 minutes, le concert s’achève par « Sister », un morceau qu’elle interprétait déjà à l‘époque de Kiss & Drive. On est impatient de découvrir son album, dont la sortie est prévue pour septembre…

Setlist : « Inhale, Exhale », « Home Again », « Don’t Say No », « The Whale », « No One », « Smoke And Mirrors », « She’s Full Of Things », « I Go, I Go, I Go », « Tigress », « My Mood Changes », « Sister »       

The Damned

Lemmy Kilmister a joué de la basse chez Damned...

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Auteur du premier single punk quelques semaines avant celui des Sex Pistols, The Damned, s’il n’a pas rencontré le même succès, peut cependant se targuer d’une longévité impressionnante pour une formation de ce genre : 45 ans d’existence pour ce groupe vétéran. Excusez du peu ! Captain Sensible, dernier membre fondateur du quintet actuel, au même titre que le chanteur Dave Vanian, a par ailleurs été l’auteur, à titre individuel, d'une carrière solo ponctuée par le tube interplanétaire “Wot !”, au début des eighties. Le guitariste évoque, avec humour, l'étonnante carrière de The Damned ainsi que cet excellent treizième elpee studio aux chansons accrocheuses, d’une fougueuse jeunesse et parfois belles... à se damner…

Votre jeu de guitare se révèle très en avant et trahit sur cet LP (NDR : il s’intitule "Darkadelic"), des accents hard rock, notamment sur le morceau “Girl I'll Stop At Nothting”, dont le solo évoque étrangement ceux que dispensait Ritchie Blackmore au sein de Deep Purple.

(Il rit) En fait, c'est par cette compo que nous terminions les concerts de notre tournée qui vient de s'achever en Europe et au Royaume-Uni. Mon solo était différent chaque soir et opérait une sorte de dialogue entre le synthé et la guitare, à la manière de John Lord et Ritchie Blackmore, à l'époque. D'ailleurs, à la fin de l'un des shows et de ce titre, je me suis écrié : ‘Bloody hell ! Mesdames et messieurs, nous sommes en train de devenir Deep Purple (rires) !’

Comme vétéran du punk justement, que pensez-vous de groupes punkoïdes récents comme Shame, Fontaine D.C., Idles ou Viagra Boys ?

Je n'en connais aucun... Je suis sûr qu'il existe de bons groupes aujourd'hui, mais il y a tellement de merdes autour.

Je n'arrive pas à me résoudre à les écouter et me contente de plonger dans mes anciens disques. Je suis le vieux gars assis dans un coin du pub, à me plaindre que la musique actuelle est nulle. Les autres habitués du bar racontent aux clients de passage qui s'étonnent : ‘Faut pas s'inquiéter, ce vieux grincheux se plaint toujours que toute la musique actuelle est à mettre aux chiottes. On s'en fout de ce que raconte ce débris installé près du juke-box... que plus personne n'écoute non plus (rires)’

L'humour des punks

“Wake The Dead”, “Beware of the Clown” et “Roderick” sonnent comme du gothique avec de l'humour, un peu comme le vampire du Muppet Show à l'époque, les films de Roger Corman ou de Russ Meyer.

Un côté kitch dans le fantastique que nous cultivons, à la manière de certaines icônes du genre comme Vincent Price ou Bela Lugosi, figure qui est certainement liée à l'apparition du gothique dans le rock. Il suffit de regarder le “Bela Lugosi's Death” de Bauhaus, à l'époque.

Les groupes punk ont-ils un grand sens de l'humour ?

Cela devrait être le cas et pourtant... Le punk était une sorte de réaction contre les ‘rock stars’ prétentieuses des seventies qui pensaient avoir inventé la roue et remplissaient les stades. Cette réaction ironique supposait un certain sens de l'humour, mais malheureusement, la plupart des musiciens punk connus se sont également trop pris au sérieux.

Ce qui est incroyable, c'est que Nick Mason, membre de Pink Floyd, archétype du rock progressif, ce qui ne correspond pas vraiment à l'image que l'on se fait d'un groupe punk, a produit un de vos disques ?

A l'époque, nous avions demandé à l'éditeur musical de Pink Floyd, qui était également le nôtre, s'il pouvait solliciter Syd Barrett, premier leader et chanteur de Pink Floyd, afin qu'il produise notre prochain album. Nous sommes donc allés au studio en attendant Syd Barrett ; et c'est Nick Mason qui a débarqué à la place. Il a déclaré : ‘Oh, je suis désolé, les gars ; Syd n'est pas en état de le faire. Cela vous dérangerait-il que je produise l'album à sa place ?’ Et comme, en plus, il nous proposait d'enregistrer gratuitement dans le studio du Floyd, nous avons accepté.

Marc Bolan

Un des événements les plus étonnants dans votre carrière, c'est que vous avez assuré la première partie de T-Rex, icône du glam rock, genre que les punks sont sensés détester et auquel ils se sont opposés…

C'est vrai, mais Marc Bolan était quelqu'un d'intelligent, contrairement à certains de ses contemporains, de ces grandes stars du rock des seventies qui détestaient la musique punk. Pour sa part, Marc estimait qu’il s’agissait de l’actualité et voulait en faire partie. Il s'est coupé les cheveux et a demandé à son groupe d'accélérer le rythme de chaque chanson, interprétant des versions plus rapides de ses tubes. Tous les soirs, j'assistais à son concert qui se révélait fascinant. Marc était un très bon guitariste et livrait une version brute et bien plus passionnante de ses titres. Il s'est vraiment montré sympa avec nous, nous emmenant dans son bus de tournée en nous prodiguant des conseils pour le choix des studios et en termes de directions musicales...

Lemmy Kilmister de Motörhead aurait joué de la basse chez Damned...

Oui ! C'était à une époque où j'ai quitté le groupe pour rejoindre Amsterdam. Nous étions tous complètement ruinés, au point que je dormais par terre chez des connaissances. Rat Scabies, le batteur de l'époque, m'a téléphoné un jour et m'a proposé de nous reformer pour quelques dates, afin de gagner un peu d'argent et payer les factures. ‘Tu t'occuperais de la partie guitare’ me dit-il, ajoutant ‘Et il ne nous reste plus qu'à dénicher un bassiste’.

Nous avons alors pensé à Lemmy parce que nous savions dans quel pub londonien le trouver. Je suis allé le voir et il m'a dit ‘Ok, laisse-moi essayer’. Pour ces concerts, il devait juste apprendre cinq ou six morceaux de Damned et nous avons fait de même pour une poignée de compos de Motörhead... Et finalement, nous avons tous été payés (rires) !

The Damned - « Darkadelic » - sortie le 28 avril 2023 sur V2.

Elisabetta Spada

Je repars à zéro…

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Née en Italie et révélée en Belgique, Elisabetta Spada a écrit son histoire entre Rome et Bruxelles. C’est sous son pseudo Kiss & Drive qu’elle a remporté le Concours Circuit, en 2010 (NDR : à lire ou relire, l’interview qu’elle avait accordée à Musiczine, quelques jours après cet événement, ici)

. La chanteuse s’est ensuite affirmée sur scène aux côtés d’artistes comme Lianne La Havas, Puggy, Ane Brun ou Sinéad O'Connor. Etablie en Belgique depuis 2005, elle a acquis un réel succès en 2013, année où elle a sorti un Ep 5 titres baptisé « My Mood Changes ». Après avoir pris du recul pendant quelques années, au cours desquelles l’artiste s’est remise en question, elle avance désormais à visage découvert, sous son propre nom. Une façon d'assumer ses intentions et d’emmener ses chansons, un concentré d’authenticité, au plus près de ses émotions. Son nouvel elpee sortira à l’automne 2023. En phase avec sa passion, totalement libérée, l’artiste italo-belge met le cap sur des morceaux qui lui ressemblent : des titres hautement personnels qui raviront les fans de Feist, Adrianne Lenker, Soko ou Florence + the Machine.

L’interview se déroule le 1er avril 2023 à l’issue d’un concert qu’elle a accordé en en compagnie du drummer Franck Baya et du producteur/guitariste Ruggero Catania, dans une brasserie sympa à l’enseigne ‘Café Winok’, sur le territoire de la commune d’Ixelles.

Qu’es-tu devenue depuis plus de 7 ans, après le succès de Kiss And Drive ?

En fait, des événements familiaux sont venus perturber mon existence : la mort de mon père et dans la foulée devoir vider une maison. Mais j’ai aussi dû beaucoup travailler sur mon sentiment de légitimité. Parce que j'avais eu beaucoup de succès, tout en venant d'une autre carrière. Je n'avais jamais étudié la musique. J'étais autodidacte. Donc, je ne me sentais pas en mesure de réaliser un disque. J’ai donc fait un blocage. Il a fallu du temps pour libérer ce processus, en suivant des cours de musique et en explorant des horizons différents, afin de retrouver une nouvelle forme de spontanéité. Dès le départ, j’ai eu trop de pression.

Tu avais quand même pas mal tourné, parfois dans des endroits insolites et assuré quelques premières parties pour Puggy, Liane De Havas, Sinead O’Connor, entre autres…

Oui, gagner le Concours Circuit, en 2010 m'a permis, non seulement de décrocher des concerts, mais aussi de susciter l’intérêt de managers, qui étaient alors dans la salle. Plusieurs d’entre eux m’ont proposé leurs services et encouragé à professionnaliser le projet. Nicolas Renard, le manager de Puggy, m’a permis d’assurer plusieurs supporting acts pour Puggy.

As-tu encore des nouvelles de Nico ?

On s’est entretenu pendant la pandémie. J’avais besoin d’être conseillé, car je recommençais ma carrière sous mon propre nom. Il m'avait indiqué que c’était une très bonne idée, car de l’eau avait coulé sous les ponts et il était plus judicieux de recommencer à zéro en optant pour une nouvelle identité, plus proche de moi, plutôt que de ressortir Kiss And Drive. Après quelques années de silence, outre la pandémie, trop de de temps était passé...

Tu prévois de sortir un album ?

Oui, il est prêt, mais je le fignole. Il est nécessaire de déterminer les moments opportuns pour partager les chansons, peu de temps avant de le sortir, sur Spotify, afin d’essayer de figurer dans les playlists. Le processus est quand même lent, mais on ne peut pas aller trop vite, non plus, pour certaines raisons. Et puis un vidéaste est venu filmer une session live au cours de laquelle ont participé les trois musiciens qui m’ont accompagné ce soir. Il faut bien tout mettre en place. On prévoit sa parution après l’été ; j'espère en septembre-octobre. Mais bon je suis impatiente de le voir sortir

« Sister », tu l'avais déjà jouée en ‘live’, dans le passé, il me semble ?

Oui, c'est une chanson qui possède 8 ans d’existence, si pas plus. Je l’avais effectivement déjà interprétée lors des derniers concerts de Kiss And Drive.

Quel est ton processus de création, d'écriture et de composition. Tu te réserves les textes, la musique ou les deux ?

Les deux ! Je réalise les maquettes à la batterie, que j’ai apprise à jouer auprès de Franck. Mais au départ, mon inspiration provient toujours d'une émotion, d'une idée, d'un truc qui vient de l'intérieur. Je ne fais jamais, par exemple, les mélodies sans disposer des paroles. C'est très difficile pour moi parce que je les oublie, tout simplement. Tu vois, je chante ‘la, la, la, la, la’ et deux minutes plus tard, je répète ‘la, la, la, la, la’ et je sais plus ce que j'ai raconté, tandis que si je glisse des mots après la mélodie, ils restent gravés dans ma mémoire, parce qu’ils conservent tout leur sens. Je suis incapable d’écrire une chanson qui ne transmet pas un message ou qui n’a pas de signification. Bien sûr, je peux me m’appuyer sur trois mots qui ont du sens et bosser pendant des semaines sur le reste du morceau. Pour ce disque, on a travaillé à partir de mes compos en guitare/voix en compagnie de Franck et Ruggero que tu as vus, mais également le contrebassiste Nicolas Lancheroti et la violoniste/harpiste Margaret Hermant. Nous sommes partis quatre jours à la campagne pour répéter les morceaux et les soumettre à l’impro. Il n’y a pas à dire, ces musiciens sont doués. Puis on a réécouté, débroussaillé l’ensemble. Et enfin, Ruggero, Franck et moi sommes passés à la production du disque. Nous avons opéré des choix et parfois recommencé certaines prises. Je voulais aussi aborder cette tâche de cette manière afin d’apprendre à gérer, interagir et évoluer dans ce domaine. Cette expérience m’a été très formatrice. Ce qui change d’aller proposer mes maquettes à un producteur qui travaille seul chez lui et va me restituer un produit fini auquel je ne pourrai plus rien changer. J’ai eu la liberté de réaliser ce qui m’inspirait et me plaisait ; aussi, aujourd’hui mes musiciens me prennent au sérieux, parce qu’ils ont eu le loisir d’intervenir, tout en me laissant toujours la possibilité d'ajouter ma patte.

Franck a quand même du vécu !

Effectivement ! Et beaucoup de sensibilité. Je le connais depuis longtemps. Il a écrit pour Sarah Carlier et joué pour des tas d’artistes, dont Chloé Du Trèfle et FùGù Mango...

Apparemment, tu utilises toujours ta ‘loop machine’ ? Enfin, tu t’en es servi notamment lors du soundcheck…

Oui mais je l’utilise beaucoup moins. Avant elle servait aussi pour la voix. Mais elle est très lourde à transporter. Lorsque je me suis entouré de musiciens, c'était pour me permettre d’élargir mon champ d’action. Lors du concert de ce soir, à la suite d’un problème technique, Ruggero n’a pas pu chanter. Son pied de micro a servi à une autre fonction. Mes deux collaborateurs assurent dorénavant les chœurs que je créais auparavant à l’aide de ma loop machine. J’ai alors construit des boucles de guitares pour pousser les arrangements un peu plus loin, vu que nous sommes trois sur scène. En fait, je l’utilise en ‘live’ pour ces effets. En revanche, je ne peux pas faire de la beatbox avec la loop. Il n’y a que la guitare que je loope.

Que devient Raphaël qui participait au projet Kiss And drive ? As-tu encore de ses nouvelles ?

Pas vraiment. Je sais qu’il a deux enfants et j'espère tout se passe bien pour lui. Il y a un certain temps qu’on ne s’est plus vus, car il habite Jette. Et tu sais, Ixelles et Jette, c'est le jour et la nuit. Non je rigole. Dans le passé nous avons partagé pas mal de bons moments ensemble. Mais comme on n’a plus de projet en commun, on s’est perdus de vue ; mais je pense toujours à lui. Il reste de beaux souvenirs et beaucoup de tendresse. Et parfois dans mes rêves nocturnes, je rêve de lui : ‘Raphi, Raphi’...

Perso, j’avais eu l’occasion de le voir en concert au sein de son groupe à ‘La porte Noire’, pas loin de l’Ancienne Belgique et dans un café près de la Bourse avant qu’il ne collabore avec toi.

Ta musique semble être passée du folk à une pop plus intuitive…

Oui elle me plaît. J'espère en tout cas qu’elle est un peu moins légère. Ou si tu préfères, plus puissante. Car je peux m’appuyer sur mes deux musiciens. Mais je pense que dans un an elle sera encore différente. Dans le set, il y aura peut-être de novelles compos. Grâce à la batterie, tu peux pousser ta voix plus librement.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Ma vie émotionnelle. J'ai beaucoup écouté Camille, Feist, Anne Brun et une compatriote italienne qui s'appelle Élisa. Sa voix est très douce et authentique. Mais j’apprécie également Jeanne Added et Christine & The Queens. Et une toute jeune artiste… qui s’appelle encore comment ? Ah oui, Aloïse Sauvage. Elles ont vraiment toutes une touche très personnelle, unique. Elles sortent leurs tripes et dévoilent leur vulnérabilité. Et j'aime beaucoup cette attitude. Elle me touche beaucoup. J'adore également Adrianne Lenker, la chanteuse, compositrice et guitariste groupe américain Big Thief. Sa voix libère énormément d’émotion et en ‘live’, elle te communique des frissons.

Quel elpees écoutes-tu en particulier, pour l’instant ?  

Je n’écoute pas vraiment d’albums ! Je me crée des playlists, comme un peu tout le monde. J'aime beaucoup aussi écouter de la musique classique ou contemporaine. Mais également une formation qui s’appelle The Colorist Orchestra. Je vais souvent la voir en concert. Et j’avais assisté à son concert quand le groupe s’est produit compagnie d’Emiliana Torrini…

As-tu des concerts ou des festivals à ton agenda ?

Non, rien de prévu. Comme je ne travaille plus avec Nicolas Renard, qui est devenu le manager de Angèle et de Clara Luciani, les perspectives de concerts se sont réduites. Après avoir gagné le Concours Circuit, il m’avait permis de me produire un peu partout. Il faisait un peut tout. Il était même devenu mon attaché de presse. Et comme La Belgique est un petit pays, dès que tu connais les médias, tu n’as plus besoin de 1 000 intermédiaires. Aujourd’hui, je repars à zéro. Et construire une équipe prend du temps. Et je ne l’ai pas encore créée. J’espère que quelqu’un lira cet article dira ‘Moi, moi !’ Merci pour l’interview.

Treponem Pal

Screamers

Écrit par

« Screamers » constitue le 8ème elpee de Treponem Pal, un groupe parisien, fondé en 1986, qui pratique une forme de cocktail entre indus (NDR : pensez à Ministry, Godflesh, Killing Joke, Sielwolf, Die Krupps, KMFDM, Oomph, The Young Gods, etc.) et metal/hardcore. En fait, Marko Neves, le frontman et pilier du band, n’a pas peur à jeter des ponts entre différents genres, se moquant des étiquettes, pourvu que la musique tape durement et sauvagement.

Coïncidence, mais le retour du mythique guitariste Laurent Bizet, qui avait participé aux sessions du premier LP, en 1989, a permis à la formation de retrouver son ADN originel.

Titre d’entrée, « The Fall » se distingue par sa petite mélodie mystérieuse face à la rythmique contenue, en intro, avant que le morceau ne prenne de l’ampleur. Le riff monte en puissance et les synthés envoûtent, communiquant une dimension industrielle au morceau enrichi de curieux effets. Des notes synthétiques et une tonalité très trash alimentent « Out of Mind ». « Earthquake » se révèle particulièrement instinctif. Décapant, « Scramers » est paru en single. 

« Too Late » macère dans le métal indus pur et dur. Lancinant, « Too Late » libère une belle dose de feeling.

« Cosmic Riders », « Psychedelic Trip » et « Machine » s’enfoncent dans le psychédélisme alors que « Badass Sound System » adresse un clin d’œil au reggae.

Les percus et les beats dynamisent le plutôt dansant « Machine ».

Longue plage, « Crazy Woman » adopte un profil heavy/rock’n’roll, tout en conservant des traces de garage. Les grattes y sont bien huileuses.

Les harmonies vocales sont recherchées et pêchues dans « Cosmic Rider », alors que le vocal semble hanté par Lemmy de Motöhead.

Jamais en douceur, mais toujours en fureur, « Heavy Load » clôt cet elpee.

Guillaume de Lophem

Paradis perdu (single)

Écrit par

‘Le Paradis perdu’ (‘Paradise Lost’ en anglais) est un poème épique écrit par le poète anglais John Milton. Publié à l'origine en 1667, l'ouvrage est rédigé en vers non rimés. ‘Paradis perdu’, c’est encore un film français réalisé par Abel Gance en 1939. Mais, « Paradis perdu », c’est aussi le premier single de Guillaume de Lophem, dont le premier elpee, « Clé », qui recèlera douze plages, sortira en novembre 2023. Il a été co-écrit en compagnie de la parolière Iza Loris, afin de communiquer une belle dose d’émotion aux textes. Autoproduit, il a été enregistré en home studio par l’homme-orchestre, co-arrangeur et réalisateur, Cédric Raymond.

A travers ses histoires mélancoliques et poétiques, mais pleines d’espoir, cet auteur-compositeur-interprète nous inviter à voyager dans le temps et l’espace.

« Paradis perdu », c’est le chemin d’un papa et de ses deux filles, propulsés dans un décor fantastique afin de nous faire oublier la dure réalité de la vie ; la maman qui danse déjà dans les étoiles et notre mère à tous, la terre, qui se meurt également. C’est une histoire à double sens, pleine de douceur, d’amour infini et d’espérance.

Lorsqu’il ne met pas d’écho dans sa voix, les inflexions de Guillaume sont susceptibles de rappeler René Joly (NDR : souvenez-vous de « Chimène ») et parfois même Gérard Lenorman. L’instrumentation est ici limitée aux synthés et de l’avis de votre chroniqueur, en imaginant le concours d’arrangements acoustiques (sèche, violon(s), violoncelle, piano), la chanson pourrait atteindre une autre dimension… probablement cosmique…

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