Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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The Sainte Catherines

Dancing For Decadence

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‘Quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter’, explique The Sainte Catherines sur la pochette de son nouvel album. Paraphrasant ainsi le bien nommé S. Beckett, nos tatoués ne croyaient pas si bien dire. La formation punk hardcore basée à Montréal doit en effet se trouver dans une merde pas possible. Car, force est de constater qu’au chant Hugo Mudie ne dispose pas d’une voix en or. Eraillée, grincheuse, elle se démarque néanmoins par une bonne dose d’engagement. Sur « Dancing For Decadence », The Sainte Catherines fait preuve d’un acharnement à toute épreuve, un activisme exacerbé : à faire chialer une colonie de militants Greenpeace. Tout de noirs vêtu, nos petits amis ne sont pourtant pas si méchants. De gentils gauchistes, révolutionnaire convaincus, tout au plus. Côté musique, les oreilles s’échauffent sur une improbable rencontre entre Hot Water Music et Against Me ! « Un petit verre ne ferait donc pas de tort », annonce un sample pertinent au terme de l’initial « Burn Guelph Burn ». Plus loin, « Us Against The Music » milite au rang des meilleurs titres de cet album qui se contentera d’un rôle de second plan sur les bancs de l’opposition.

Sedia

Sedia

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Ils sont trois et pratiquent une musique qui mêle subtilement no wave, noise, hardcore ainsi que post et math rock. Une formation italienne qui doit beaucoup apprécier le chaos organisé pour concevoir un semblable style musical. Pensez aux débuts de Sonic Youth ou à la folie déstructurée de The Ex. Peut-être également à Shellac et Primus. A cause de la basse qui ‘slappe’ constamment. Lors de l’enregistrement de cet Ep 6 titres, Sedia a reçu le concours de Fabio Magistralo, un des musiciens de 61 Winter’s Hat, à la mise en forme. Un disque dont la solution sonore instrumentale glaciale, sauvage et pulsante est tout bonnement propice à la prise de tête…

Louie Ramirez

Louie´s Grooves

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Le fantastique label de réédition Vampisoul vient à nouveau frapper à notre porte. L’œuvre de Louie Ramirez est enfin magnifiquement compilée. Louie composait, arrangeait et jouait les percussions, les vibes et du piano, non seulement sur ses propres disques mais aussi sur une foule d’autres enregistrements où il était accueilli comme le messie. Il était omniprésent sur la scène latine new-yorkaise dans les sixties. De Jimmy Sabater à Sabu Martinez en passant par Charlie Palmieri, tout le monde s’arrachait les services de celui que l’on surnommait le Quincy Jones latin. Toute la palette du bonhomme est passée en revue : jazz, soul, boogaloo. Une compilation intelligente qui pioche autant dans ses meilleurs titres que dans les incroyables compositions qu’il proposait aux autres. Il est formellement impossible de résister aux charmes de cette musique suave et incandescente. Tout surpris de se retrouver à onduler son corps comme la dernière des filles faciles un soir d’été, les yeux pleins de soleil et d’envies torrides. Vous voilà prévenus.

Ruben Hoeke

Sugar

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Ruben est néerlandais. Il est surtout le fils d'une figure légendaire du blues et du boogie batave, le pianiste Rob Hoeke. Préposé à guitare, le fiston a manifestement hérité du goût de son père pour le blues. Il est encore très jeune lorsqu’il sévit déjà au sein de Blues on the Road, puis de Pepping Express. En 96, il se rend aux States. Un périple qui va durer 6 semaines. Il visite le pays de l’oncle Sam, mais surtout se produit en live. Notamment à Chicago et dans le Sud profond. Lorsqu’il revient c’est pour militer chez The Hurricane Blues Band et Stone Freak. Il a fondé son propre groupe début 2004. Un quartet qui implique le vocaliste Frank Van Pardo, le bassiste Dave Besse et le drummer Remco Van der Sluis.

"Backdoor blues" ouvre le feu. Une plage bien rythmée. Le blues de Ruben Hoeke évolue dans un registre assez pub rock. Dans le style, la voix de Frank passe bien la rampe. Solistes, Van Pardo à l'harmonica et Ruben à la guitare, obtiennent déjà leur billet de sortie. Cette plage aurait pu figurer au répertoire de Dr Feelgood. La guitare emprunte des accents à John Lee Hooker pour attaquer entamer "Swamp" ; mais la suite tourne à un festival de guitares, au cours duquel on assiste à un tournoi entre Ruben et son invité, David Hollestelle Jr (NDR : il a milité de nombreuses années au sein du Wild Romance d'Herman Brood). L'ouverture de "Enough of that stuff" est royale. Très BB King, ce titre bénéficie de la participation de Tineke Schoemaker (la chanteuse de Barrelhouse), du pianiste Gergren Deves (en compagnie duquel il a animé une émission radio pendant quatre ans) et de l'un des plus célèbres gratteurs des Pays-Bas, l’ex Brainbox et Focus : Jan Akkerman. Un excellent morceau au cours duquel les cordes sonnent comme le Peter Green des bons jours. Blues lent, "Midnight prayer" ne suscite guère d’intérêt, mais la voix de Frank ne manque pas de charme ; alors que Ruben se réserve un solo bien senti, pas très blues mais bourré de feeling. Nos doigts de pieds se mettent à frétiller pour le boogie "Dirty little women". Toue l’équipe du RHB y libère un maximum d'énergie. Le "Cherry Red" d'Ivory Joe Hunter est un nouvel exercice du blues lent. Wouter Planteidt (leader du trio Sjako!) chante cette version très dépouillée tout en se réservant la seconde guitare. Jan Peter Bast siège derrière les claviers. Mais pour la circonstance, Ruben se montre très avare de ses notes ; il ne concède d’ailleurs que l'essentiel. Excellent ! Et le reste de l’opus ne manque pas d’allure. Très tonique, "Soul on fire" me rappelle un ancien groupe du British blues boom qui impliquait Mick Clarke à la guitare : Killing Floor. Plus atmosphérique, "Misty morning" est caractérisé par ses changements de rythme. Et ne passons pas sous silence le titre maître, une compo particulièrement puissante. Ballade empreinte d’une grande tristesse, "Drinking on my bed" nous plonge dans un univers glauque, proche de Tom Waits. Thé Lau (NDR : il a été pendant vingt ans le leader d'un groupe particulièrement populaire chez nos voisins du Nord, The Scene) s’y réserve les vocaux. Kaz Lux (ex-Brainbox) chante admirablement "Lord I feel tired", une autre ballade tendre. Elle est soutenue par les cordes de Ruben et l'harmonica de Hans Mulder. De bonne facture, cet opus s’achève par le "Rip this joint" des Rolling Stones. Une solide dose de rock'n'roll primaire entretenue par le piano de Deves et le saxophone hurlant de Boris Vander Lek…

 

 

Nice Beaver

Oregon

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Cette formation hollandaise un peu atypique et prometteuse avait commis l’album ‘On dry land’, en 2002. Les 'gentils castors' faisaient souffler un vent de fraîcheur et de spontanéité sur le monde néo-progressif. Dans cette perspective, 'Oregon', deuxième opus du combo, déçoit un peu. La longue introduction instrumentale (7 minutes sur les 12 que dure 'Nights in Armour') multiplie les breaks et varie les genres. A travers cette vitrine, le groupe semble proclamer avoir décidé de rentrer dans le rang. Impression renforcée par les trois autres plages de 10 minutes parsemées sur la galette. Rien de mauvais cependant ici, loin de là. Mais Nice Beaver a cédé pas mal de sa différence et nous livre ici un néo de facture beaucoup plus classique. Heureusement, la démarche ne s'encombre d'aucune prétention et la priorité va presque toujours à la fluidité et à la musicalité. De plus, on retrouve une brassée de refrains accrocheurs et l'un des chanteurs a vraiment une voix intéressante (Mais qui de Hans ou Erik chante ? Notamment 'Morphine'? Ce n'est précisé nulle part). En résumé un album certes pas révolutionnaire, mais plaisant, bien interprété par un band enthousiaste et soudé. Aucune raison de le bouder, à moins d'être allergique au genre.

Jah Mason

Rise

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Appartenant à la confrérie des bobos ashanti, fraction fondamentaliste du rastafarisme, Jah Mason compte parmi ses coreligionnaires des pointures comme Sizzla et Capelton. Baptisé Mason pour sa capacité à régler les conflits (en hommage au héros de série télé Perry Mason), notre homme possède un chouette flow, souvent bien plus digeste que ces illustres collègues. On possède très peu d’infos sur cette plaque, largement constituée de ‘riddims’ déjà entendus ailleurs (Studio One, Taxi, King Jammy). Comme Sizzla et Capelton (qui s’invitent sur « Rise this Morning »), Jah Mason pratique un curieux style qui hésite entre un chant très mélodique (« Black Princess ») et des moments plus agressifs et exaltés (« No More We Slave », « Gess & Spell ») où le ‘singjay’ vitupère contre les turpitudes Babylone. « Rise » recèle des passages plus doux, comme sur ce « I’ll Never Brake Your Heart » qui rappelle Chaka Demus & Pliers. Mais le minimalisme des beats et le flow schizophrène de Mason peuvent également faire la loi. A l’instar des éprouvants « Nwa Gwaan » ou « Them Girls Want Bling ». Même si il y a souvent de bonnes périodes, on regrettera le manque de finition du produit (la voix souvent surmixée) et des titres. Jah Mason se contente souvent d’une idée par chanson, répétée inlassablement sur les trois minutes que durent la plupart des titres. Résultat des courses on finit quelque peu par s’ennuyer.

 

 

Judas Priest

Live Vengeance 82 – Dvd

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Certains reprocheront au Priest de multiplier les produits, et particulièrement les DVD’s, à l’instar de leur compatriote Iron Maiden. Après deux VHS filmées aux States, un DVD shooté à Londres, Judas Priest rendait enfin hommage à l’un des premiers pays l’ayant consacré star, le Japon, en concoctant il y a quelques mois le très réussi DVD « Rising in the East ». Et voilà que le porte-monnaie du fan est une nouvelle fois sollicité par la sortie de ce « Live Vengeance 82 », soit le témoignage en public d’un groupe au sommet de son art !

Enregistré le 12 décembre 82 à Memphis durant la colossale tournée « Screaming for Vengeance world Tour », le set est la parfaite illustration de la fureur et de l’énergie dégagées par les metal gods, au début des années 80. Epoustouflant de charisme, bardé de cuir et d’acier, Rob Halford monte dans les aigus. Il arpente la scène de long en large, fait hurler un Coliseum bondé, tandis que la paire de guitariste KK Downing/Glen Tipton réalise quelques performances guitaristiques notoires, aussi bien dans les parties rythmiques que les soli. Pour l’époque, le jeu de scène est démesuré ; et le light show à la hauteur de l’énergie communicatrice des hits du combo qui s’enchaînent dans un déluge de décibels.

Une setlist à faire baver le Priest Maniac le plus intransigeant : « Electric Eye », « Riding on the Wind », « Heading out to the Highway », « Metal Gods », « Bloodstone », “Desert Plaint”, “The Ripper”, “Diamonds and Rust”, « The Green Manalishi »,…..impossible de tous les énumérer, mais force est de constater que bon nombre de ces classiques ne sont plus interprétés depuis des années par la bande à Halford. Quelques gros plans sur le visage du chanteur en plein effort sont assez réussis. Le son est très bon ; mais il faut cependant relever quelques petites imperfections sur certains plans qui auraient pu être retouchés plus minutieusement. Néanmoins, l’ensemble reste plus que satisfaisant. Par contre le fan est en droit de s’étonner de ne trouver aucun bonus sur ce DVD. Que dalle ! Disposant d’un budget bien plus conséquent que certains groupes underground qui en donnent toujours plus, la formation aurait pu faire un petit effort, en ajoutant - par exemple - des images backstage ou l’un ou l’autre vidéo clip rare de la période eighties. Au prix où sont vendus les DVD’s actuellement, ce ‘petit détail’ méritait d’être souligné. Mais si vous aimez, avez aimé ou ne connaissez pas Judas Priest, cet objet est absolument indispensable. La tournée de 82 reste un moment mythique de l’histoire du heavy métal.

Donald Fagen

Morph The Cat

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Clef de voûte du Steely Dan au début des années 70, Donald Fagen a épuisé sa collection de ritournelles jazz-pop en moins d’une décennie. Esseulé, l’homme a entamé un voyage initiatique. A travers sa musique, Fagen s’est offert une quête introspective dont les premiers détours apparaissent en 1982 avec « The Nightfly ». A l’occasion de cette sortie solo, il s’attachait à étaler ses ambitions d’antan, ses rêves d’alors. Seul face à ses déboires, Fagen poursuivait sa démarche par le prisme de « Kamakiriad » (1993). Cette œuvre cathartique devait lui permettre de passer le cap de la quarantaine. En 2006, le chanteur nous revient. Plus fataliste que jamais, il achève sa réflexion par « Morph The Cat », troisième album résigné, prêt à affronter la vie et la mort. Pour le plus grand bonheur de ses admirateurs, Fagen se réapproprie ici les bases de son propre style : une musique sophistiquée, portée sur les accointances pop du jazz. Les chansons s’engagent sur d’étranges sentiers méditatifs. Comme sur « What I Do », sorte de conversation entre le jeune Fagen et le fantôme de Ray Charles. Plus loin, « The Great Pogoda Of Funn » évoque les tentatives amoureuses de deux amants pour contrecarrer la monotonie du quotidien. Les pistes de réflexion s’enchaînent, refermant ainsi la trilogie entamée par Donald Fagen en 1982. Au final, on retiendra surtout l’excellence des arrangements. Et la place prépondérante accordée au patriotisme. Exacerbé ? Disons simplement que notre bon Donald est resté coincé dans un trip post-11 septembre. Traumatisant.

The Fiery Furnaces

Rehearsing My Choir

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On a toujours aimé la famille Friedberger. Matthew, à notre gauche, et sa soeurette, à notre droite, Eleanor. Ensemble, le duo traverse l’histoire du rock tel un météorite traqué par l’apocalypse. Ils sont partis du blues (puisque toute la musique qu’ils aiment, elle vient de là…), ont tapé leurs Converses au garage (« Gallowsbird’s Bark » - 2003), rongé des barrettes de LSD et signé un album concept aux mélodies barrées, désenchantées mais foutrement bien troussées (« Blueberry Boat » - 2004). Seulement voilà : pour se convaincre de l’intérêt de ce « Rehearsing My Choir », il convient vraiment d’adorer cette famille (en or ?). Pourquoi ? Tout d’abord, parce que ce troisième album est entièrement dédié à maman Friedberger. Ensuite, parce que le disque s’inspire de la carrière d’Olga Sarantos, la grand-mère de nos deux rejetons. Cette bonne vieille dame, octogénaire, organiste et ancienne directrice de chorale, vient même apposer sa voix tremblotante sur quelques ‘morceaux’ (choisis ?) de cette bizarrerie. Oui, le nouvel album des Fiery Furnaces est étrange. Le piano est fou, la guitare dingue et les deux protagonistes de l’affaire Furnaces se retrouvent à la croisée de leurs instruments. Quant aux chansons… Les chansons ? Ah oui, ces façades mélodiques planquées sous un amas de paroles insensées. En cherchant bien, on en retrouve derrière « Slavin’ Away » ou « Seven Silver Curses ». Mais prière de ne pas escompter de formats classiques avec couplets et refrains. Non, des pépiements de couicoui ici (« Guns Under The Counter »), des tic tacs par là (« Does It Remind You Of When ») et, peut-être, moyennant une concentration à haute teneur psychotropique, l’auditeur décèlera-t-il les prémisses d’une demi-chanson. Pourtant, à force d’écouter l’exubérante fertilité sonore de ce disque, on se met à le savourer, à percevoir des bribes de l’élan créateur qui anime ces hallucinés. Et d’y retourner afin, qui sait, d’y déchiffrer le message avant-gardiste de cette famille sans peur. Encore un tour de démence ? Oh ouuuuiiii, youppie ! Et vive le suicide commercial !

 

The Elected

Sun, Sun, Sun

Écrit par

Tous à poil, le soleil est de retour ! Papa trait les vaches, les senteurs de la tarte aux pommes de maman envahissent la fermette, les petits crient, jouent, se chamaillent tandis que les aînés, étendus sur une plaine verdoyante entourée d’herbes en tous genres, se laissent emporter par les mélodies du bonheur de The Elected. Non, nous ne sommes pas chez les Brady mais au sein d’une famille des plus traditionnelles ayant tout simplement découvert « Sun, Sun, Sun » et décidé de mener une vie plus saine, plus riche en expériences interpersonnelles, plus en phase avec la nature… Car il suffit d’une seule écoute du second essai de ces élus pour se rendre compte qu’après tout, le monde n’est pas si moche que ça et qu’il doit bien y avoir de l’espoir quelque part… Side-project de Blake Sennet, membre honoraire de Rilo Kiley, The Elected dresse de splendides paysages pastoraux à travers 14 morceaux allègres et d’une fraîcheur printanière. Epaulé sur quelques titres par Jenny Lewis, son acolyte de Rilo Kiley quand elle n’est pas accompagnée des Watsons Twins, Blake Sennet évoque tour à tour Polyphonic Spree (l’intro « Clouds Parting ») Bright Eyes (« Desiree »), Ryan Adams (« The Bank And The Trust ») ou même Kenny Chesney (« Did Me Good »). S’il est un album à emmener dans ses valises cet été, pensez The Elected.

Delays

You See Colours

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Chez les Delays, on ne se casse pas trop la tête. A tous les coups, « You See Colours » a du être bouclé en moins de temps qu’il n’en faut pour accorder une guitare. Beaucoup moins étudié que la pop inextricable de Mew, mais néanmoins proche de celle-ci, le second album des anglais de Delays et ses mélodies faciles régaleront les éternels impatients en recherche de fast-food auditif. Seule exception, un acceptable « Too Much In Your Life » sur lequel le groupe a certainement dû bosser 2 ou 3 minutes de plus que sur le reste du disque. Le point noir principal de « You See Colours » reste cependant la voix androgyne de Greg Gilbert qui peut rapidement se faire agaçante voire exaspérante, d’autant plus lorsqu’elle se conjugue aux titres les plus superficiels (« Hideaway », « Out Of Nowhere »). Au suivant...

Coparck

Few Chances Come Once In A Lifetime

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Né en 1999, ce quatuor néerlandais (Odilo Zjiró : voix, guitare, samples ; Maurits de Lange : piano, samples ; Rik Hansen : basse ; Mark van den Driest : batterie, percussions) nous propose son deuxième album. Précédé par la sorte tonitruante du single épatant, "Welcome tomorrow", il s’intitule "Few Chances Come Once In A Lifetime". Evoluant dans un style pop/rock, Coparck peut se montrer tout à tour tendre ou sauvage. Notamment à travers les riffs de guitare. Une musique hétéroclite où se marient allègrement pop, jazz, punk, soul, rock et électronique sur un lit de mélodies exceptionnelles. Certains y décèleront des traces de Zita Zwoon, d’autres du dEUS ou encore de Radiohead ; mais Coparck affiche sa propre personnalité. Parce qu’il parvient à innover, et ce de façon constante. D’ailleurs, son premier opus, "Birds, Happiness & Still Not", avait déjà marqué les esprits. Mais, aujourd'hui encore le band parvient à déconcerter. A cause de ses sonorités imprévisibles à la fois riches et subtiles. La ligne de basse est excellente. Les ‘beats’ nous transportent! La batterie nous émoustille! Le piano nous fait rêver! Et le chant ainsi que la guitare sont tout bonnement impressionnants. J’ai tout particulièrement flashé sur "Now", un titre génial susceptible de vous faire danser sur la tête pendant des heures. "Sky poem" ensuite. Une démonstration de leur talent à l'état pur! Le remarquable "Try something else" encore ; et le titre parle de lui-même. Enfin le très beau "Lazy days". Pourtant si les compos sont d’excellente facture, c’est en ‘live’ que le quartet prend toute sa dimension. N’est ce pas là une belle preuve de la qualité d’un groupe ? J’ai d’ailleurs eu la chance de pouvoir assister à un de leur set ‘live’ aux Pays-Bas. L’an dernier. Ce qui est sûr c'est qu'on en pas au bout de nos surprises! Ce groupe déchire. Et il faut espérer qu’ils se produiront, cet été, dans nos festivals…

Graham Coxon

Love Travels At Illegal Speeds

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« Reviens Graham ! Reviens ! » Se mettre dans la peau de Damon Albarn n’est point difficile. Il suffit d’essayer : ‘Allez, arrêtes tes conneries ! Reviens !’ Depuis qu’il a claqué la porte de Blur, Graham Coxon reste sur ses positions. Obstiné, il continue à déchirer sa Telecaster sur les ruines des Buzzcocks et des Jam. Après le réussi « Happiness In Magazines », le binoclard revient, brandissant son sixième album et une nouvelle illustration. Encore un et le guitariste égalera la discographie de ses anciens compagnons de route. Peut-être s’agit-il là de son seul objectif ? En effet, on peut retourner le problème sous toutes ses coutures, la donne demeure inchangée. Depuis 1998. Coxon persévère : il fait du Coxon. L’homme qui agitait les cordes de Blur n’a pas changé. Et on ne s’étonne guère des appels incessants lancés par Damon Albarn à l’adresse de son copain. En 2006, Graham Coxon est attendu comme le messie par ses potes de Blur. Une attente partagée par le public qui, au fil du temps, s’épuise des sympathiques récréations du bonhomme. Ainsi « Love Travels At Illegal Speeds » confirme ses antécédents discographiques : une voix limitée, portée par une aisance mélodique à pleurer. Graham Coxon est capable de signer des tubes en or massif. Mais sans la voix d’Albarn, la manœuvre semble bien compliquée. Au rang des brûlots, « You & I » rafle la mise. Les autres chansons punk-rock relèvent du conformisme ‘coxien’ (des reprises de Pavement par Weezer). Les plus belles réussites de ce disque sont à mettre à l’actif des ballades « See A Better Day » et « Don’t Believe Anything I Say ». D’accord Graham, on veut bien. Mais s’il te plaît, reviens !

35007

Phase V

Écrit par

Malgré la pochette avare de renseignements ainsi que le nom et les titres énigmatiques, chez 35007 on sait très vite où l'on met les oreilles. Le groupe affiche d'emblée son psychédélisme radical estampillé 'last sixties, early seventies'. Même si la rythmique grondante de '23 32', la seconde plage, évoque parfois le King Crimson de 'USA' ou l'un de ses disciples scandinaves, l'oeuvre trouve bel et bien ses sources auprès du Pink Floyd de Syd Barrett et ses suiveurs germaniques. Un des mérites du band est de dépoussiérer un peu le genre en y intégrant des sonorités et atmosphères clairement post-industrielles. C'est le cas notamment sur le très lancinant '44 05', quatrième, plus longue et meilleure plage, qui meurt par dilution dans de sourdes volutes. Intrigantes par leur refus de la mélodie, séduisantes par la très grande fluidité et la puissance de leurs errances électriques, les cinq plages instrumentales de cet opus sont un vrai régal pour les amateurs du genre. L'album ne souffre d’aucun reproche et assume efficacement ses partis pris. Il se révèle en définitive une découverte enthousiasmante.

Tom Zé

Estudando o Pagode

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A septante ans bien sonnés, Tom Zé fait preuve d’une salutaire audace qu’on aimerait entendre plus souvent. Cette opérette inachevée traite en trois actes de la condition de la femme au Brésil et dans le monde. Produit de main de maître par le talentueux Jair Oliveira, les chansons s’enracinent dans le ‘pagode’, une variation de samba fort populaire au Brésil. Plusieurs invités chantent en compagnie du grand Tom pour des compos qui marient allègrement les arrangements les plus étranges (‘scratches’ vocaux, hennissements d’âne, bidouillages électroniques) à des mélodies très inspirées. Du funk presque métal de « Ave Dor Maria » à la mélancolie de « Canção de Nora » et de « Mulher Navio Negriero » en passant par le complètement fou « Pagode-Enredo Dos Tempos Do Medo », le disque change souvent d’atmosphère. Un trop plein d’idées et d’informations qui risque d’en désarçonner plus d’un ; mais qui se révélera fortement addictif à ceux qui passeront le stade de l’écoute superficielle. Bien évidemment, les chansons sont interprétées en portugais. Aussi, la subtilité et l’amour des jeux de mots de Tom Zé nous échappent totalement ; même si une traduction a été incluse dans le livret. Reste la musique, totalement hors normes et qu’on vous conseille chaudement.

Inrocks Indie Club # 7 / Une construction de pop électrique

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La paisible bourgade de Tourcoing s'endort ce soir au rythme d'une soirée placée sous le signe de l' « Inrocks Indie Club # 7 ». L'affiche proposée compromet cependant toutes perspectives de repos… 

Dès l'ouverture des portes, l'assistance se masse aux pieds de la blonde Vanessa. Accompagnée des O's, la belle bénéficie des échos du concours CQFD 2006. Dernière lauréate de ce tremplin échafaudé par le célèbre magazine français, Vanessa & The O's propose un clash entre Le Velvet et Brigitte Bardot. La prestation est intrigante, pas bouleversante. La Blonde se déhanche, chante aussi bien que BB (traduisez : pas forcément juste) et traîne les clichés au gré de ses comptines folk désabusées, faussement allumeuses. 

En provenance de Sunderland, à quelques enjambées de Newcastle, Field Music est emmené par les frères Brewis, un groupe qui entretient un répertoire pop aventureux. Une chanson de Field Music, c'est autant de tiroirs à ouvrir. Pour découvrir des mélodies décomplexées. Sur scène (comme sur disque), Field Music semble avide de perfection. Au risque de se perdre dans des enchevêtrements symphoniques alambiqués, la formation s'attache à atteindre la mélodie qui se cache sous la mélodie. En substance, le band parvient à ses fins. Pourtant, le public peine à suivre l'ouverture d'esprit prônée par le trio insulaire…

La fête, la vraie, survient dans un déluge de synthés, basses, guitares, trombone, batterie, trompette, clarinette, triangle et autres objets farfelus. Pointus ou obtus, les instruments d'Architecture In Helsinki ont une mission commune : nous éblouir, nous aveugler de mélopées joyeuses. De grands airs de fanfares sous de petits airs espiègles, Architecture In Helsinki entame sa tournée multi instrumentale. En deux temps trois mouvements, « Neverevereverdid » met le feu aux poudres publiques. Le Grand Mix tourbillonne, tape dans ses mains et se secoue le bas des reins. L'orchestre atypique de Cameron Bird (encore un oiseau !) enchante l'assistance de ses bricolages dadaïstes. L'electronica, le rock, le folk et le psychédélisme s'emberlificotent les pinceaux au cœur d'une œuvre baroque étincelante de naïveté. Entre « Tiny Paintings » et « Wishbone », les huit membres de la chorale australienne (un jour, le monde saura  que ces hurluberlus ne sont guère finlandais) revisitent leur charpente discographique. « Fingers Crossed », le précédent album est ainsi de sortie. Le public européen découvre alors autant de tubes potentiels : « The Owls Go », « Fumble », « Kindling ». Au sein de cette architecture contemporaine, chaque composante s'avère essentielle. Les instruments passent de mains en mains. Les membres de cette insatiable fanfare tournicotent sur scène, attirant les regards, rendant toutes distractions hors propos. Et puis, tout à coup, l'assistance exulte dans un bain d'euphorie trempé par « Maybe You Can Owe Me » et « Do The Whirlwind », un hit empli de folles exubérances. Le public a donc vécu à l'heure du Grand Mix humain... celui d'Architecture In Helsinki. 

Architecture In Helsinki + Vanessa & The O's + Field Music

Archie Bronson Outfit

Wild Wild Quest

Écrit par

Ils sont trois. Mais aujourd'hui, le triptyque se passera de Dorian, resté à la maison. Sur la capitale, il pleut des cordes. Un temps typiquement belge. Typiquement anglais aussi. Pour cette sortie bruxelloise, les Londoniens Sam Windett (voix, guitare) et Mark Cleveland (batterie) sont comme à la maison : entre une bière fraîche et une pluie glaciale. La barbe touffue et le poil soyeux, les deux musiciens semblent encore mal réveillés. Mais bien assez pour nous évoquer les dernières aventures d'Archie Bronson Outfit, leur groupe. Auteurs d'un deuxième album (« Derdang Derdang ») foudroyant, les Anglais se montrent pourtant modestes quand il s'agit de défendre leur empire…

Parlez-nous de votre rencontre, de vos premiers pas musicaux ?

Mark : Nous sommes des amis d'enfance. Nous nous sommes rencontrés à l'école. Bref, on peut dire que nous avons grandi ensemble. A l'origine, nous habitions un patelin paumé. Près de Bath, dans l'ouest de l'Angleterre. Pour situer, ce n'est pas très loin de Bristol. Après l'école, on se faisait un peu chier. Alors, on s'est tourné vers la musique, en fondant ce groupe, juste avant de partir pour Londres et entrer à l'Université. Notre nom ? Vous connaissez Buffalo Bill ? Archie Bronson Outfit est à chercher de ce côté. Dans les plaines sauvages du « Wild West ». Nous aimons cet univers : sauvage…

Et « Derdang, Derdang » ? Est-ce un album de cow-boys ?

M. : L'intitulé de notre album signifie plusieurs choses. A première vue, cela ressemble à un non-sens. Et puis, c'est aussi une onomatopée, un enchaînement syllabiques qui résonne. Ecoute : « Derdang, Derdang » ! Encore : « Derdang, Derdang » ! C'est la batterie et la guitare. Et puis, si vous séparez les mots, on retrouve 'Der' de 'Derivative' et 'Dang' de 'Damnation'. Et si on enlève le 'D' du milieu, l'assemblage ressemble à 'Deranged'. En gros, cela ressemble à beaucoup de choses et, en même temps, à rien de vraiment précis. C'est un titre d'album dadaïste en quelque sorte.

Vous êtes signés chez Domino Records, la maison mère de Sons and Daughters, Franz Ferdinand, The Kills et autres Arctic Monkeys. Ne craignez vous pas que ces groupes ne vous fassent de l'ombre ?

Sam : Pour notre part, on trouve que c'est intéressant de se retrouver sur cette structure. C'est bon d'être sur ce label. Et tu sais pourquoi ? Parce qu'il est bon ! Nous avons eu l'occasion de rencontrer tous les groupes que tu mentionnes et de faire des concerts avec eux. C'est une chose fabuleuse que d'être assimilé à ces formations. Ils sont sensationnels. Par contre, je pense que le succès que connaît actuellement les Arctic Monkeys est un peu différent. C'est quelque chose d'énorme, un truc difficile à évaluer. Pour l'instant, nous sommes plus discrets. Pour le moment…

Comment êtes-vous atterris chez Domino ?

M. : Nous avons signé chez Domino suite à notre rencontre avec Laurence Bell, le patron de Domino Records. L'histoire de cette rencontre est assez chouette. Elle s'est produite près de chez nous. Un soir, on se baladait avec l'idée d'aller boire un verre. Au cours de cette promenade, on est passé devant un pub. A l'intérieur, c'était la fête. Le propriétaire du pub célébrait son anniversaire. A ce moment précis, nous ne savions pas encore que ce type était un copain de Laurence. Nous lui avons demandé si nous pouvions jouer quelques chansons pour son anniversaire. Le gars s'est montré vachement enthousiaste. Nous avons donc installé notre matériel et joué quelques chansons dans une ambiance délétère de fin de soirée. Après le concert, un mec est venu nous trouver pour parler du groupe, de nos ambitions, etc. Quelques semaines plus tard, le même gars revenait nous voir lors d'un de nos concerts. Ce jour-là, il s'est présenté : « Laurence Bell, Domino Records. Seriez-vous intéressés de signer chez Domino ? ». Tu m'étonnes ! Là, nous avons conclu un contrat pour trois albums…

Quelle est, selon vous, la principale différence entre « Fur » et « Derdang Derdang » ?

M. : Nous percevons une évolution entre ces deux albums. Mais nous n'avons pas cherché consciemment à la provoquer. Durant les six mois qui ont précédé l'enregistrement de « Derdang Derdang », j'ai commencé à écrire les chansons à la maison, à écouter pas mal de nouvelles choses, des musiques très différentes. Avec du recul, je perçois ce processus comme un mécanisme organique. Faust, Son House, des vieux groupes psychédéliques suédois, The Gun Club, etc. La gestation de ces découvertes a fait partie intégrante du processus de composition de « Derdang Derdang ». Cependant, je ne pense pas que nous ayons changé notre identité au pied de ces découvertes musicales. Tout simplement, elles ont fait partie de notre processus d'écriture.

Dans "Dead Funny", vous chantez: 'I'm a disco dancer and I wanna dance for you'. Est-ce ironique ou êtes vous réellement des gogo dancers cachés ?

M. : Nous aimons beaucoup danser. Mais dans cette chanson, il y a effectivement une grande part d'ironie. C'est parti d'une blague sur l'aspect sexuel de la chose. Mais bon, je ne prétends pas être un 'disco dancer'…

Sur « Derdang Derdang », une de vos chansons est intitulée Modern Lovers. Est-ce un clin d'œil au groupe de Jonathan Richman ?

M. : Pas vraiment. Toujours est-il que nous sommes de grands admirateurs des Modern Lovers. Pourtant, aucun titre de notre album ne se rapproche de l'univers des Modern Lovers. Notre chanson parle de la manière dont deux personnes s'engagent sur le chemin de l'amour. Mais qu'importe… Ce n'est en aucun cas une référence à Jonathan Richman et son groupe !

Peu importe vos références, vos préférences. Attardons nous sur vos connaissances musicales… le temps d'un petit blind test :

Devendra Banhart : « I Feel Just Like A Child » - Crippel Crow (2005)

M. : Quelle magnifique production ! Le son est génial, luxuriant… Mais c'est quoi ? Devendra Banhart ? J'en ai beaucoup entendu parler. Sincèrement, je n'avais jamais pris la peine d'écouter. On dirait de la musique de hippie. Mais faut reconnaître que ça sonne vachement bien…

S. : Moi non plus, je n'avais jamais entendu ça auparavant. Ben, ce n'est pas mon truc… Peut-être que cela nécessite plusieurs écoutes. Certains artistes me demandent davantage de temps pour pénétrer leur univers…

M. : N'empêche que le son est fabuleux. Même si ce type semble être un putain de hippie. Et que je déteste les hippies !

The Gun Club : « Sex Beat » - Fire Of Love (1981)

M. : Sans hésitation, c'est le Gun Club ! Nous adulons ce groupe. Cependant, « Fire Of Love » n'est pas mon album préféré. Je trouve que sur « Death Party » les intonations de Jeffrey Lee Pierce sont encore plus tranchantes. Sinon, sur « Fire Of Love », ma chanson favorite reste « Ghost On The Highway » : un putain de classique !

The Eighties Matchbox B-Line Disaster : « Psychosis Safari » - Hörse of the Dög (2002)

M. : Mhhhhmm, c'est bon…

S. : Le son déchire vraiment. Eighties Matchbox ?

M. : Je n'avais jamais entendu cette chanson. Mais il paraît que ces types sont des bêtes. Ils viennent de Brighton. Merde, faut que j'achète ce disque !

The Hives : « Two-Timing Touch And Broken Bones » - Tyrannosaurus Hives (2004)

M. : On dirait Iggy Pop. Mais ce n'est pas Iggy Pop…

S. : Evidemment ! Je sais, c'est… Putain, je l'ai sur le bout de la langue… Ce sont les Detroit Cobras ? Euh non,…

M. : Ce sont les Hives ! Cette chanson figure sur leur dernier album. J'ai le premier, « Barely Legal ». Personnellement, je n'oserai pas me déguiser comme un pingouin. Mais impossible de leur jeter la pierre : ces mecs ont l'air trop cool ! Tu peux dire ou écrire ce que tu veux. Mais ces types ont un sacré style vestimentaire… Quand ce disque est sorti, la presse les a balancé sur le compte du 'retour du rock'. Je n'apprécie pas ce mouvement. C'est beaucoup de rififi pour pas grand-chose. Cela dit, j'adore les White Stripes. Ces deux-là sont capables de pondre des chansons phénoménales, des tubes qui défient les lois du commerce. Si on se retrouve si bien dans la musique de Jack et Meg White, c'est peut-être parce que nous partageons certaines références communes : le blues et quelques albums mythiques…

Daft Punk : « Rock'n'Roll » - « Homework » (1996)

M. : Je trouve ça naze… Quand j'avais 16 ans ou 17 ans… Bref, quand j'étais plus jeune, j'écoutais parfois ce genre de trucs. Mais les goûts évoluent et je ne me retrouve plus vraiment à travers la musique électronique.

S. : Moi j'aime bien leur vidéo avec les dessins animés. Cette histoire hallucinée guidée par une trame de Manga japonais. C'était une bonne idée.

Wire : « Three Girl Rhumba » - Pink Flag (1978)

M. : Tata ta poum, tata ta poum… C'est Wire !

S. : Sur scène, on reprend parfois cette chanson…

M. : C'est d'ailleurs un des titres que nous avons joué le jour où nous avons rencontré Laurence Bell. En gros, c'est une porte d'entrée vers Domino…

LCD Soundsystem : « Tribulations » - LCD Soundsystem (2005)

M. : J'avais pensé reconnaître la voix. Mais, en fait, je ne vois pas de qui il s'agit… LCD Soundsystem ? C'est donc ça ! Je connaissais de nom. Ce sont des Américains, non ? Ce gars produit The Rapture. Là, je trouve que c'est un bon groupe…

Coldplay : « Yellow » - Parachutes (2000)

S. et M. : Coldplay !

M. : Je ne voudrais pas me justifier de reconnaître cette chanson aussi vite mais elle passe partout et tout le temps. En Angleterre, ils sont un peu comme Robbie Williams : partout ! C'est vraiment trop propre… Aujourd'hui, ils sont même parvenu à créer une vague de suiveurs. Je pense notamment à cet insupportable James Blunt. Toute cette musique nous paraît insignifiante.

The Stooges : « T.V. Eye » - Fun House (1970)

M. : Ah oui, nous sommes des fans inconditionnels ! J'ai vu Iggy et ses Stooges l'été dernier à l'occasion du Reading Festival. Ils étaient incroyables. Et, quand on y pense, leur influence sur la musique est énorme.

S. : On doit bien avouer qu'on est plus branchés sur des vieux trucs, genre Stooges, Wire ou Gun Club. Nous aimons également écouter de nouveaux groupes. Mais pas tous : seulement les meilleurs…

M. : Aujourd'hui, en Angleterre, si on veut écouter de la bonne musique, il faut absolument écouter Part Chimp ! Et il ne faudra jamais oublier Clinic. Et de garder un œil sur un nouveau groupe londonien excellent : Vincent Vincent And the Vilains.

Tool

Schism / Parabola (DVD)

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5 ans après la sortie de l'album « Lateralus », dont ils sont issus, les singles « Schism » et « Parabola » sont enfin édités sous forme de DVD. Le nouveau Tool débarquant dans les bacs le 2 mai prochain, il y a de quoi se poser des questions quant à cette démarche inhabituelle. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Grosse opération commerciale ? Le fait est qu’au fond, on s’en fout un peu ! Les deux beaux objets, qui devraient faire le bonheur des fans de la première heure, reprennent les deux clips dirigés par Adam Jones, guitariste de la formation. Des clips d’une esthétique irréprochable et d’une noirceur absolue inspirants malaise et fascination. Accompagnés de splendides pochettes et de livrets exhibant des photos de tournages, les DVD « Schism » et « Parabola » (ndr : vidéo qui devrait également faire plaisir aux fans de Tricky, qui y fait une apparition) sont agrémentés d’une version remixée de chacun des titres ainsi que de commentaires audio quelque peu particuliers. Et c’est en écrivant ces dernières lignes que l’on se rend compte que le label a bien fait son travail et qu'il peut bien s’en frotter les mains : son but est atteint. Effectivement, impossible de terminer cette chronique sans rappeler à la populace que le très attendu « 10,000 Days », précédé du single "Vicarious", sera déjà disponible en Belgique le 28 avril et, surtout, que ses ingénieux créateurs pourront être observés en chair et en métal le 29 juin, quelque part en Flandre.

Saule

Vous êtes ici

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Que de fraîcheur ! Baptiste Lelieu, alias Saule, nous livre un impressionnant premier ouvrage, à la hauteur de la nouvelle vague française, voire supérieur. Léger, délassant et d’une quiétude à faire oublier le temps qui passe, « Vous êtes ici » redéfinit le paysage musical de nos plates contrées. Plus besoin de tendre l’oreille du côté français pour entendre des textes qui ont un véritable sens. Qu’il offre une ode de toute beauté à « Madame Pipi » ou se moque gentiment des victimes du syndrome de « Peter Pan », Saule fait toujours preuve d’un humour délicat et subtil. Même lorsqu’il s’insurge contre « Murphy » et sa loi à deux balles ou contre les « Boss » qui emmerdent leur monde. Auditivement plus agréable qu’un Vincent Venet ou un Jeronimo, cette première œuvre est la bonne surprise printanière. Que les artistes qui rament se rassurent et remercient Saule et ses pleureurs, « Vous êtes ici » est le signal que la nouvelle vague belge est fin prête à bourgeonner. Un disque à écouter sans modération et un très bon départ pour ’30 février’ le nouveau label de Bang! qui compte également dans ses rangs Été 67. A surveiller à la loupe.

Skin

Fake Chemical State

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On a eu chaud. S’il avait fallu deux ans à l’ex-Skunk Anansie pour nous pondre un album aussi immonde que les premiers titres de « Fake Chemical State » laissaient présager, le second effort solo de la demoiselle au crâne culte aurait rapidement valsé à la corbeille. Dépassé les affreux « Alone In My Room » et « She’s On » ainsi que le très moyen « Movin’ », Skin se réveille et se révèle dans une suite d’arrangements sensés (« Just Let The Sun ») et sensibles (« Nothing But »). Malgré cette amélioration ponctuée par « Don’t Need A Reason », point culminant accrocheur sur lequel Ben Christophers l’accompagne à la guitare et au clavier, le disque ne parvient jamais à décoller. De la pointe de conviction qu’elle tente maladroitement d’insuffler aux morceaux les plus durs, il ne résulte que de candides compositions, sans grand intérêt et bien qu’elle se laisse écouter, on ne retiendra pas grand-chose de cette nouvelle plaque, hormis les ballades. Les fans de Skunk Anansie qui espéreraient retrouver en ce « Fake Chemical State » la force et la détermination des « Post-Orgasmic Chill » et autres « Stoosh » risquent d’être fort déçus.

Dick Rivers

Dick Rivers

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Dans le paysage du rock à papa français, Dick Rivers fait office de troisième homme. Derrière l’inamovible Johnny (no comment) et le grand Eddy, le chat sauvage en chef fait un peu pâle figure. Le temps du renouveau a sonné. Epaulé par une meute de jeunes loups de la chanson hexagonale, Dick tente la cure de jouvence artistique. Le projet, baptisé Dick Rivers tout simplement, comme un nouveau départ, ne manquait pas d’allure. Benjamin Biolay, Mickaël (3D) Furnon, M, ou encore Mathieu Boogaerts se succèdent à l’écriture. Furnon invente un nouveau concept, il n’écrit pas des textes ‘pour’ mais ‘sur’ Dick Rivers : « Elvis avait l’air d’un ange » et surtout la pétillante « Ode à Dick ». Et Biolay s’en sort sans trop se fouler (une habitude ?). Là où la mécanique coince, c’est quand les morceaux sonnent faux dans la bouche du chanteur. Pas mauvaises au demeurant, les chansons de M et Boogaerts ne sont pas faites pour lui. « Ma doudou » par Dick Rivers, ça ne passe pas et on se demande bien quel public pourrait y trouver son compte. C’est bel et bien dans son propre rôle de baron déchu qu’il prend toute son ampleur et « Tu perdras » sonne admirablement juste. Comme dans cette adaptation d’un vieux standard (« Les yeux bleus ») où, en roue libre et droit dans ses bottes, on le sent le regard sombre et fier. D’où cette question qui nous taraude, Rick Rubin connaît-il Dick Rivers ?