Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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The Clash

Ranking Roger (Ep)

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Ranking Roger, un des chanteurs du groupe britannique de ska The Beat est décédé en 2019. D’origine antillaise, il avait milité comme batteur chez les Dum Dum Dum Boys, avant de rejoindre le band de Birmingham, à la fin des 70’s. Et il avait également intégré le Big Audio Dynamite pour participer aux sessions de « Higher Power », en 1994, avant de rallier définitivement le line up lors de la réalisation du dernier opus de BAD, « Entering a New Ride » (1997).

Ranking Roger avait enregistré ses propres versions de « Red angel dragnet » et « Rock the casbash » du Clash (NDR : deux titres qui figuraient sur l’album « Combat rock »), mais elles étaient demeurées au stade de démo, avant de paraître sur un bootleg, sous la forme d’un single, en 2013.

Sony a donc décidé d’exhumer ces deux morceaux. En version numérique et sur un vinyle 7 pouces (NDR : sa sortie est prévue pour la fin du mois de mai).

« Red angel Dragnet » relate la violence qui sévissait dans les rues de New York, à l’époque, les lyrics se référant aux films ‘Taxi Driver’ et ‘Jack The Ripper’. Plus lente, l’adaptation ne convainc pas. A contrario, particulièrement dansante celle de « Rock The Casbah » nous entraîne sous le soleil des Antilles…

 

Vangelis

L’Odyssée a pris fin pour Vangelis…

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De son véritable nom Evángelos Odysséas Papathanassíou, Vangelis est décédé ce 17 mai 2022, à Paris. Ce compositeur, claviériste et percussionniste grec y avait d’ailleurs déjà vécu à la fin des 60’s.

Autodidacte, il a pourtant d’abord sévi dans le milieu du jazz. Ses premiers pas, il les accomplit au sein de The Forminx. Mais déjà, il s’intéresse à la musique électronique (certains médias le considèrent comme un des pionniers), puis commence à adapter des thèmes classiques pour les transformer en chansons pop, un peu dans l’esprit de Procol Harum (NDR : notamment pour l’orgue). Son premier grand succès, il le rencontre au sein d’Aphrodites’s Child, en compagnie du chanteur, feu Demis Roussos, du batteur Lucas Sideras et du guitariste Silver Koulouris. Son titre ? « Rain & Tears », une chanson inspirée du canon de Pachelbel. Le groupe va aussi publier un album culte incontournable, « 666 », en 1972, un œuvre qui va pourtant mettre fin à l’aventure du groupe hellène. Mais en même temps préfigurer la nouvelle orientation musicale de Vangelis : la prog. Il émigre d’ailleurs à Londres, fin des 70’s, et se lie d’amitié avec Jon Anderson, le chanteur de Yes. Il devait d’ailleurs remplacer Rick Wakeman, mais refuse finalement la proposition ; et c’est Patrick Moraz qui va reprendre la place derrière les claviers. Jon et Vangelis vont publier trois albums au cours des eighties et surtout décrocher deux énormes tube, « I hear you now » et « I'll Find My Way Home » (NDR : deux elpees qui portent le même titre, mais sans leur consentement mutuel, sortiront pendant les 90’s).

Vangelis se replonge alors dans les expérimentations synthétiques, mais surtout compose de nombreuses musiques de films qui deviendront cultes, comme celles consacrée à « Blade Runner », « Missing » et « Les Chariots de feu » … En tenant compte de ses collaborations, il doit avoir gravé une cinquantaine d’albums…

RIP

 

Alaska Gold Rush

Une question de relations humaines…

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C'est à la suite de « Pilot Village Midnight », un premier Ep teinté de folk électrifié et minimaliste, sorti en 2013, que Renaud Ledru (guitare, voix) et Alexandre De Bueger (batterie) –aujourd'hui remplacé par Nicky Collaer– suscitent la curiosité de la presse belge.

Ce premier essai les amène à participer, l'année suivante, aux concours organisés par le Verdur Rock et le Concours-Circuit. Epreuves qu'ils remportent.

En 2015, « Dirty Road » permet au duo de fouler les planches du Botanique, de l'Ancienne Belgique, du Festival de Dour ainsi que des Ardentes.

Tout au long de « Wild Jalopy Of The Mist », son premier elpee, la paire développe son répertoire en proposant certains morceaux rock/garage et d'autres plus acoustiques.

Le combo revient ensuite aux racines de la musique américaine qui l’ont influencé, privilégiant les sonorités de guitare sèche à travers un nouvel Ep intitulé « And The Sky Dives Again ».

« Camouflage », second opus gravé en 2020, permet à la formation d'obtenir, non seulement d'excellentes critiques nationales, mais également outre-Quiévrain en récoltant notamment des articles favorables dans le Rolling Stone et Indie Music.

« Human Flare », polarisé sur le thème de l’humain et de ses relations aux autres, constitue le fuit d'exercices de style et d’expérimentations diverses.

Renaud expose et s'expose par caméras interposées. Décryptage.

Alaska Gold Rush fonctionne en binôme depuis sa création. Vous avez tous deux étés actifs au sein de divers projets en amenant une culture musicale différente. L'un apporte le côté garage et l'autre l’aspect ouaté du folk. Comment deux êtres que tout oppose parviennent-ils à s’accorder pour proposer un résultat parfaitement cohérent ?

Le groupe existe depuis plusieurs années maintenant. Je suis accompagné de Nicky (Collaer). Il se charge des drums depuis 2019. Avant de le rencontrer, je fonctionnais déjà en duo, mais en compagnie d’un autre batteur. Notre musique est le fruit de plusieurs années d'expérimentations. A l’origine, le projet était plutôt folk car je suis influencé par le folk américain. Est alors venue l'idée de mélanger cette influence folk aux rythmiques plus rock de manière à obtenir un produit plus alternatif. Nicki a rendu la chose plus dynamique et petit à petit le côté folk s'est effacé. Les deux styles ne s'opposent pas et le résultat reste cohérent. Nous ne sommes que deux et nous devons l'assumer pleinement. Je n'ai pas de réponse très précise à cette question, la musique d'AGR est tout bonnement le fruit d'expérimentations et de mélange de styles.

Perso, j’ai l’impression que vous fonctionnez davantage à l'instinct en laissant peu de place à la réflexion intellectuelle. Est-ce exact ?

Au contraire, la réflexion est omniprésente. Le fait d'être deux nous oblige à remplir l'espace sonore. Il n'y a pas, par exemple, de basse comme dans la plupart des formations. L'ennui peut alors vite se manifester parce que nous ne pouvons pas ajouter des éléments comme des samples ou des boucles. On est obligé d'aller à l'essentiel en construisant le morceau d'une certaine manière. Je pense clairement que nous avons trouvé notre style, du free folk garage, c'est-à-dire une musique sans limite et insouciante.

On imagine que si vous deviez vous entourer d'autres musiciens, vous perdriez le côté naturel et spontané qui forge votre marque de fabrique...

Lorsque le précédent batteur a quitté la formation, je me suis demandé s’il fallait conserver la formule. Finalement, le duo l'a emporté. Même si composer un groupe à deux reste une contrainte, il permet de se challenger et se renouveler. Dans le chef du batteur, l'exercice de style est très intéressant. Au sein de ses projets précédents, Nicky se limitait à un rôle d'accompagnateur en se servant de rythmiques basiques. Ici, il a carte blanche. Il a le devoir de remplir le morceau à lui seul. C'est une formule qui permet d'explorer un tas de perspectives. Lorsque nous nous produisons en live, le public est surpris que tant de consistance soit créée par si peu de musiciens. Je crois que si nous devions être davantage sur scène, notre musique aurait moins d’impact. Mais qui sait, peut-être qu'un jour nous n'aurons d'autres choix que de glisser vers une formation impliquant davantage de musiciens.

Un duo s'apparente à une vie de couple. Mais est-elle autant semée d'embûches ?

Être deux peut se révéler à la fois un avantage comme un inconvénient. Difficile par exemple de se reposer sur l'épaule d'une tierce personne au sein du combo.

J'ai de la chance, parce qu'avec Nicky, nous avons très vite matché tant humainement que musicalement. Sinon, le projet n'aurait pas fonctionné.

S’il fallait étiqueter ton projet, on dirait qu'il ressemble à celui de BRNS pour la rythmique syncopée et à Mountain Bike pour le côté garage et nonchalant. Qu'en penses-tu ?

Personne n'avait osé la comparaison jusqu'alors. Ce sont des groupes géniaux. Ils sont à la fois créatifs et cool.

Comparativement à BRNS, nous n’abordons pas tellement le rock progressif. Ce groupe baigne dans un registre un peu plus barré. Le folk reste présent dans notre musique. Nous sommes aussi très attachés tant au format des chansons qu'aux textes à proprement parler. Les moments purement instrumentaux ne sont pas nombreux non plus. Nous nous sommes inspirés de musiques alternatives. Alors, peut-être, y-a-t-il des relents de BRNS... En ce qui concerne la filiation à Mountain Bike, il y a en effet, cette nonchalance qui plane, ainsi que le volet garage et le rock lâché. Ce sont des groupes que nous apprécions beaucoup. La comparaison nous enchante. 

Le nouvel album, « Human Flare », s'est construit autour du thème de l'humain et de ses relations aux autres. Peut-on y voir comme fil rouge, une discussion avec tes amis, des membres de la famille ou ton entourage ?

J'ai effectivement essayé de construire chaque morceau en mettant en exergue, non pas les humains en général, mais un humain en particulier. Ce n'était pas le postulat de départ, mais les choses se sont dessinées naturellement autour de cette thématique. Chacun des morceaux s'articule autour d'un dialogue avec un proche, un membre de ma famille ou encore un ami. L'idée était d'obtenir un instantané dans la vie de l'individu en imaginant le dialogue comme un retour dans le souvenir, une après-midi ou un événement particulier, par exemple.

C'est un LP positif, mais quelques compos lorgnent sur des sujets plus lourds comme la dépression. Je pense ici tout particulièrement à « Love Chameleon ». Une thématique aussi personnelle est-elle liée à un vécu ?

Oui, tout à fait ! Dans l'album, rien n'est inventé. J'aime l'idée de narrer des choses très personnelles. Ou encore de les transposer dans une autre situation. Je crois que ce sont les textes les plus personnels que j'ai écrits. Le disque est en substance très positif avec parfois une pointe de mélancolie qui est souvent perçue par l’auditeur lambda comme négative parce qu'elle renvoie à une forme de remémoration du passé. Si j’analyse la métaphore du coucher de soleil en fin d'été, certains y verront de la nostalgie, alors que perso je n'y distingue que du positif. L'album est à cette image. Si « Love Chameleon » aborde de la difficulté de s'en sortir, le refrain quant à lui reste optimiste. Ce dernier l'emporte sur le reste…

Chez Alaska Gold Rush, la corrélation entre musiques et images s’avère essentielle. Comment s'opère la mise en image d'une chanson ?

Nous avions le souhait de ‘clipper’ nous-mêmes. Chaque single est accompagné de sa vidéo. Je m'intéressais depuis un moment au cinéma et la prise de vue. Comme le texte, le clip raconte une histoire tantôt sociale, tantôt mélancolique et nostalgique. La vidéo suscite la réflexion soit en mettant en scène deux enfants ou encore, lorsqu’elle est décalée, communique un message.

AGR, c'est aussi une histoire de famille. Tes neveux, après avoir tourné dans « Dirty Road », jouent ici à la guerre dans la rivière tout au long d’« Arsonist ».

C'est exact ! Tu sais, lorsque nous n'aimons pas que les compos soient trop figées. Elles fluctuent. Tantôt, nous les ralentissons, tantôt, nous les accélérons. Nous pourrions jouer avec le clic, mais nous préférons ne pas utiliser cette formule. Il faut laisser la place à quelque chose de plus vivant. C'est pareil pour les images. On préfère du fait maison. On pourrait utiliser des drones et engager toute une équipe de post-production afin que les choses soient cadrées, mais cela ne nous intéresse pas. « Arsonist » aborde le thème de l'enfance avec mon meilleur ami. Il était donc nécessaire de pouvoir y faire participer des jeunes. Ce sont mes neveux qui s'y sont collés. Ils avaient déjà contribué à un de mes clips et étaient enchantés de réitérer l'opération. La vidéo a été tournée sur les lieux de mon enfance. Il s'agit de la maison de mes parents et du parking où j'allais jouer lorsque j'étais gamin. C'est à la fois personnel, humain, fragile et imparfait. Les clips étudiés ou léchés à outrance ne m’intéressent pas. Certains le font très bien et tant mieux pour eux.

Alexandre De Bueger est un des membres fondateurs de la formation. Il est remplacé aujourd'hui par Nicky Collaer. Il se dit que lorsqu'un musicien quitte un groupe, celui-ci perd une part de son âme...

Alex m'a annoncé qu'il souhaitait partir vivre à l'étranger. Le voyage devait se limiter à un aller simple. Après quelque temps, il est finalement revenu en Belgique. A l'époque, des concerts étaient programmés. J'ai donc dû lui trouver un remplaçant au pied levé en la personne de Nicky. Nous nous sommes découverts des atomes crochus très rapidement, tant au niveau musical que des relations humaines Nos influences sont différentes. Nos styles, aussi. Celui de Nicky a apporté un souffle nouveau et a contribué à explorer d’autres univers. J'ai d'ailleurs l'impression que la formation est récente alors qu'elle existe depuis quelques années déjà.

« OD on Sugar » aborde le thème de l'addiction. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette addiction ne concerne ni le sucre ni les drogues, mais plutôt les discours édulcorés et bien-pensants. Pourquoi, selon toi, la censure et l’auto-censure, prennent-elles autant de place dans la société moderne ?

Je n'aborde pas la censure en tant que telle, mais plutôt d’un point de vue politique. La situation est identique en entreprise. Je m'explique. Pour faire passer une idée, quoi de mieux que de l'enrober. Cacher la vérité est bien plus aisé que de la montrer et ainsi pointer le côté négatif. Je ne suis pas convaincu qu'il y ait une forme de censure là-dessous. Ni même que la démarche soit nécessairement toujours consciente. Dans la société contemporaine, les faibles n'ont pas leur place, il faut donc rester fort quoiqu'il advienne. Lorsque j'ai écrit ce morceau, je suis parti de cette idée sous l'angle de la politique.

« Trampoline » traite du non-sens des bullshit jobs. Est-ce ce même genre de travail dont tu parles dans « The Window », un titre issu de ton projet solo Elvin Byrds ?

Oui, tout à fait. A ceci près que Trampoline survole plutôt le volet de la destruction et du non-sens du travail. Aujourd'hui, tout est devenu course à la réussite. Chacun œuvre pour soi, sans se soucier des autres. « The Window » reflète plutôt la conviction profonde qui fallait que je change d’air. Au travail, je ressentais le besoin de libérer mon esprit et d’envisager vivre autrement. Le jazz m'a permis de comprendre comment casser certains codes de la rythmique, ce qui a été libérateur dans ma manière de concevoir la musique. « The Window » traite de cette transition.

De fil en aiguille, j'ai découvert le free jazz. L'idée est que l'on puisse, à partir de codes établis, changer les choses, les bouger, parfois même les effacer. En conclusion, les deux morceaux sont complémentaires. Une même thématique, mais abordée sous un angle différent.

Tu bossais dans l'administratif, à la tête d'une petite équipe. Tu étais apprécié par les collègues et la Direction et pourtant tu as tout quitté. C'est une décision courageuse par les temps qui courent...

Quand j'ai décidé d’abandonner ce boulot et de ne me consacrer qu'à la musique, j'ai eu ce déclic par rapport au non-sens du travail que je réalisais. D'où cette décision ...

Tiens, à propos de ce projet solo, où en es-tu aujourd'hui ?

Comme je viens de te l'expliquer, j'ai plaqué ce travail parce que j'étais happé par la musique. Le projet solo est né dans la foulée. Un Ep est sorti fin 2021. J'ai préféré ensuite donner la priorité à Alaska. Effectivement, c'est un projet qui me tient à cœur parce que j'adore le folk et ses guitares acoustiques. Je me produis aussi devant un public différent. Les endroits où je joue en solo me permettent de discuter avec les gens. J'y interprète des compos personnelles, mais aussi des reprises de chants traditionnels folk américains, sans oublier, de musiciens que j'affectionne particulièrement. Si pour l'instant, cette aventure est mise entre parenthèses, je crois que je m'y consacrerai de nouveau dans quelques mois. La difficulté, c’est qu'il existe peu de scènes ‘folk’ en Belgique, surtout en Flandre d'ailleurs. C'est dommage parce que dans des pays comme le Canada, les Etats-Unis et dans une moindre mesure l’Allemagne et les Pays-Bas, il existe tout un réseau de salles qui sont parfaitement adaptées à ce format. Peut-être aussi que les artistes qui osent franchir le pas ne sont pas suffisamment nombreux. Sauf, peut-être les Canadiens et les Américains.

« Camouflage », paru en 2020, a permis de vous faire connaître en France. Est-il plus facile, pour un groupe wallon, de percer à l'étranger plutôt qu'en région flamande ?

Honnêtement, oui. Cette situation est navrante. En réalité, il s'agit d'un circuit tout à fait différent, un peu comme si tu te produisais dans un autre pays. Je crois qu’inversement, les difficultés sont les mêmes. Le Flamand aura du mal à réussir en Wallonie. Si on veut jouer en Flandre, on n’a pas d'autre choix que de dénicher un booker flamand, sinon cela risque de s'avérer compliqué. La presse, elle aussi, fonctionne avec des canaux distincts. Nous avons eu la chance de décrocher quelques dates dans le nord du pays. Les gens étaient relativement réceptifs à notre musique. D'une manière générale, le potentiel y est parce que les Flamands sont friands de musiques anglo-saxonnes. Beaucoup comprennent parfaitement l'anglais et apprécient les textes bien torchés. C'est ce qui fait sans doute notre succès là-bas. Le facteur rencontre y joue aussi pour beaucoup. Il faut avoir la chance de tomber sur la personne pour pouvoir tourner. Il s'agit d'un réseau à entretenir. Nous avons, par exemple, trouvé quelqu'un pour nous exporter en France. L’univers de la musique est difficile et il n'existe finalement que peu réponses face à toutes ces difficultés. J'en discutais encore avec notre attachée de presse flamande, il y a peu de temps. Elle rencontre des difficultés à trouver des partenaires dans la presse néerlandophone lorsqu'elle défend un groupe francophone. Les priorités sont différentes dans la promotion des artistes. Il ne s'agit pas de deux cultures distinctes, mais clairement les organisations culturelles ne sont pas identiques. Je reste convaincu que peu de Flamands regardent la RTBF. De même que les francophones bruxellois ou wallons n'iront pas s'aventurer sur la VRT.

Pour prendre le contre-pied de tes propos, j'ai été amené à interviewer Jasper Steverlinck, un artiste flamand alors que je suis francophone et que je m'y intéresse depuis toujours...

Tu sais, aujourd'hui, il y a une telle surcharge dans le domaine de la musique. Les artistes et les sorties d'albums se comptent à la pelle. Chaque presse se focalise sur sa priorité. S'il s'agit d'une presse flamande, elle va tout naturellement s'intéresser aux artistes flamands. Les artistes wallons ou bruxellois ne viendront qu'en seconde position. La presse francophone suivra exactement le même raisonnement. Ces manières de procéder rendent alors plus difficile le passage de la frontière linguistique pour un artiste…

Choisir à nouveau Gaethan Dehoux comme collaborateur te permet-il de fidéliser le son d'AGR ?

D'une certaine manière, oui. Je ne sais pas si nous coopérerons encore à l'avenir, parce qu'expérimenter un autre univers peut s'avérer intéressant. Pour l'album, l'accent a été placé aussi bien sur les mélodies que les prises de son. En concert, cependant, c'est plutôt l'énergie qui prime. Gaethan nous connaît parfaitement musicalement. Il est capable de prendre les bonnes décisions tant au niveau des arrangements que des prises de voix ou encore des intentions. En optant pour sa collaboration, nous étions certains de baigner dans une zone de confort avec en prime cette notion d'humain et de famille. Notions qui sont essentielles à nos yeux…

Photo : Alex Thomas

 

Arsenal

Prêt pour les festivals d’été…

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Après plus de 20 ans de carrière, Arsenal est devenu l’archétype du groupe festif et dansant. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il est capable de remplir l’AB, six soirées sur une courte période, et pourquoi il est régulièrement invité lors de festivals majeurs (Werchter, Pukkelpop, Couleur Café, Rock Ternat, Lokerse feesten…), en Belgique.

Chaque album nous plonge au sein d’un univers différent et nous invite à traverser, tantôt le Brésil, le Japon, le Mali ou l’Afrique de l’Ouest, suivant les voyages opérés par les deux têtes pensantes, –en l’occurrence Hendrik Willemyns et John Roan– pour y puiser l’inspiration. Mêlant pop, hip hop et world music, et suivant les circonstances, électro, sa musique incite naturellement à la danse. Arsenal vient de publier un ‘best of’ sous la forme d’un double vinyle, mais son tirage est limité. Les supporting acts sont assurés par Tin Fingers et High Hi

Tin Fingers c’est le band de Felix Machtelinckx. Une formation anversoise dont les musicos se connaissent depuis les bancs de l’école. Elle pratique une dream pop vintage, catchy, mélancolique et terriblement efficace. Son premier elpee, « Groovebox Memories », est paru en juin 2021. Un nouvel opus devrait bientôt sortir… Après avoir gravé l’Ep « No Hero », en 2017, elle avait pris une pause et son leader s’était mis au service d’Arsenal pour écrire quelques chansons.

Le set s’ouvre à 19 heures, par « Adrenaline » (NDR : probablement une nouvelle compo) et à ce moment de la soirée, il n’y a pas grand-monde dans la salle. Outre Felix (NDR : il est vêtu d’une longue gabardine de couleur noire), préposé à la guitare et aux vocaux, le line up implique le guitariste Quinten De Cuyper, le drummer Marnix Van Soom et le bassiste Simen Wouters, ce dernier se chargeant également des backing vocaux. La voix de Machtelinckx est vraiment superbe. Son amplitude navigue à la croisée des chemins de celles d’Antony Hegarty, de Klaus Nomi, Blaudzun ou encore Thom Yorke. Elle peut se faire douce, mélodieuse ou grimper dans les aigus…

Setlist : « Adrenaline », « I’m Lost With Move », « Islandheade », « Boy Boy » », « Happy Family », « I Love The Countryside »

Etabli à Louvain, High Hi réunit la guitariste/chanteuse Anne-Sophie Ooghe, le batteur/chanteur Dieter Beerten et le bassiste Koen Weverbergh. Son dernier LP, « Return to dust » est paru en avril dernier, et le trio va nous en proposer de larges extraits.

Les harmonies vocales échangées entre Anne-Sophie et Dieter sont épatantes. La frappe du batteur est métronomique ; en outre, sa technique est impressionnante. Il dispose également d’un iPad, à sa droite. Vu le matos d’Arsenal, il n’y a guère d’espace pour déambuler sur le podium. Anne-Sophie tente quelques timides pas sur la scène qui s’avance dans la foule.

Oscillant entre shoegaze, new et cold wave, la musique du quatuor est manifestement influencée par les 80’s. Et tout particulièrement par U2 et Cure. Le concert s’achève par le single, Daggers » …

Setlist : « Due Date », « 94A9 », « Return To Dust », « Alligot », « Nu Nu », « All Cool All Fine », « Daggers ».

La salle est bondée lorsque le rideau se lève et le public découvre une forêt exotique luxuriante, tant en arrière-plan que sur les flancs. Un décor magique où on pourrait espérer que des oiseaux s’échappent. Ce ne sera pas le cas. Le line up du band accueille un nouveau venu, en l’occurrence le claviériste/ guitariste Lesley Troquet. Ce qui porte, circonstanciellement le nombre de guitaristes, à quatre ! Ils sont neuf musiciens sur les planches ! Léonie Ghysels se consacre toujours au chant et aux chœurs, épaulant ainsi les deux autres choristes, Judith Okon et Pauliene Mattheus. Installé à la droite du drummer, Dada Ravalison de Suarez se consacre aux djembés et percussions diverses.

Le set d’ouvre par l’excellent « Mr Doorman ». Le band entame ensuite un périple qui va nous conduire en Amazonie et tout particulièrement au Brésil ; un voyage dynamisé par une profusion de percus et de samples. Le public est de plus en plus chaud et sautille sur place. John et Léonie se trémoussent. A l’AB, Arsenal se sent comme à la maison. Il n’en oublie pas ses singles, « Amplify » mais également « In The Rush Of Shaking Shoulders ». John est partout à la fois : il danse, chante et se mêle aux chœurs. Et tout comme Léonie, il vient se mêler aux percus. Le groupe dépoussière son répertoire à l’aide de sonorités électro et de nombreuses percussions, à l’instar d’« Amelaka Motiga » ainsi que du magistral « Oyebo Soul ». « Temul (Lie Low) » est superbement interprété par une des deux choristes qui pour la circonstance, s’est postée sur l’avancée de scène. Le groupe s’autorise des morceaux moins connus comme « Rise & Fall », « Whale » ou l’atmosphérique « One Day At A Time ». Et « Saudade pt. 2 » nous rappelle que Hendrik et John ont également exploré l’Afrique de l’Ouest. Un titre parcouru de sonorités de guitares lancinantes. Felix monte sur l’estrade et interprète « Animal ». Léonie se dandine langoureusement pendant « Longee ». Et le concert de s’achever par Estupendo ». Avant qu’Arsenal n’accorde un rappel de quatre morceaux. Après avoir assisté à ce show, il ne fait aucun doute que le collectif est prêt à affronter les festivals d’été…

Setlist : « Mr. Doorman », « Amplify », « Amelaka Motinga », « Black Mountain (Beautiful Love) », « The Rise & Fall », « One Day at a Time », « Whale », « Either », « Temul (Lie Low) », « Saudade, Pt. 1 », « Saudade, Pt. 2 », « Eling Park », « Animal », « Sometimes », « Longee », « High Venus », « Estupendo ».

Rappel : « Fear of Heights », « The Coming », « Melvin », « Lotuk »

(Organisation : Live Nation)             

Dodie

Un concert empreint d’émotion et chargé de sensibilité…

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Manifestement, les restrictions imposées dans l’univers des spectacles, par la pandémie, provoque aujourd’hui, chez le mélomane, une envie de retourner vivre des concerts en ‘live’. Après celui de Fletcher, on assiste, de nouveau, à la formation de files interminables, devant l’AB et ses rues adjacentes, pour celui de Dodie. Différence quand même, l’âge des spectateurs oscille entre 20 et 50 ans.

Dorothy Miranda Clark, aka Dodie, est née le 11 avril 1995. Originaire d'Epping, dans l’Essex, cette autrice-compositrice-interprète, autrice et vidéaste web s'est d'abord fait connaître grâce à ses vidéos de reprises de titres musicaux au piano et au ukulélé, avant de composer ses propres chansons.

Son dernier elpee, « Build a problem », est paru en 2021. C’est d’ailleurs dans le cadre d’une tournée destinée à promouvoir cet album, qu’elle se produit à Bruxelles, ce soir.

Sophie Dyson aka Sody assure le supporting act. C’est également une chanteuse et autrice-compositrice-interprète anglaise. Elle est née le 27 septembre 2000, à Londres Sur les réseaux sociaux, elle se présente comme suit : 'Being really honest is my thing' (Trad : Être vraiment honnête, c'est mon truc'). Un engagement qui se ressent dans l'écriture et l'interprétation de ses chansons, à la fois personnelles et empreintes d’une grande sensibilité.

Elle chante depuis l’âge de ses 10 ans, et après avoir participé à plusieurs concours, elle décroche un contrat chez Universal, en 2016. Pas d’albums à son actif, mais une trentaine de singles et/ou Eps.

Les cheveux blond platine, Sody est vêtue de noir. Une couleur qui lui va très bien, d’autant qu’elle est jolie. Sur les planches, elle est soutenue par un guitariste et un claviériste. Une TV led a été plantée au milieu du podium, et sur l’écran, on peut lire son nom en lettres capitales.  

Elle entame son set par « Scary Part Of Me ». D’abord paisibles les ivoires finissent par s’emballer, dynamisés par l’intervention généreuse de beats électro. Surprenante, tantôt douce et chaleureuse ou alors mystérieuse, sa voix campe un hybride entre celles de Robyn, Gabrielle Aplin et Anne-Marie. Elle interprète une nouvelle compo, « Bedroom Ceiling » ; et elle est vraiment superbe. Dodie va d’ailleurs nous réserver l’un ou l’autre morceau en primeur, à l’instar de « Charlotte ». Elle se dirige vers les claviers avant d’attaquer « Hold It All Together », mais rencontre un petit problème de pied de micro qui se barre. Elle en rigole. D’ailleurs le souci technique est rapidement résolu. Elle semble ravie d’être sur scène. Classieuse, sa pop fait mouche. Et quand elle se limite au piano/voix, ses chansons deviennent magiques. « Maybe It Was Me » est légèrement teinté électro.

D’une durée de 40’, ce set s’achève par « Bitch (I Said It) », un morceau caractérisé par une intervention à la guitare particulièrement élégante. Une star en devenir ! Amazing show !!!

Setlist : « Scary Part Of Me », « Bedroom Ceiling », « Hold It All Together », « Charlotte », « Maybe It Was Me », « Butterfly », « Star Potential » (unreleased song), « What We Had », « Bitch (I Said It) ».

A 21h00 pétantes, les baffles crachent une musique préenregistrée. Le rideau s’ouvre, et on découvre, sur le podium, une estrade qui s’étale sur toute la longueur de la scène et sur laquelle ont pris place un drummer et deux claviéristes, une féminine qui se consacre également à la guitare (parfois les pecus, sur une caisse claire) et un masculin, à la basse. Sans oublier la violoncelliste et la violoniste.

Habillée d’une robe blanche à froufrous et d’un body blanc un peu trop court, Dodie joue d’une multitude d’instruments : guitare semi-acoustique, clarinette, claviers, percussions, ukulélé ou mandoline. Mais c’est surtout le duo violoncelle/violon qui apporte une dimension majestueuse aux compos, même si le falsetto mélodieux de Dorothy est susceptible de vous flanquer des frissons partout. Quant aux deux claviéristes, ils n’hésitent pas à s’affronter, à l’aide de leurs grattes, en duel, en front de scène.  

Très présente sur les planches, la Britannique se révèle également particulièrement interactive. Deux spectateurs fêtent leur anniversaire, ce soir. Aussi elle leur souhaite joyeux, en s’accompagnant aux ivoires. Et elle a la gentillesse de dédicacer un ukulélé que l’un d’entre eux lui présente. En outre, entre chaque chanson, l’artiste discute et plaisante avec son public. Elle est vraiment sympa. Autant que Lisa Hannigham, que votre serviteur a toujours portée haut dans son cœur.

Si la setlist réunit de nombreuses chansons romantiques, la fin de parcours est nettement plus engagée. Ainsi, dans « Rainbow », elle évoque les luttes auxquelles sont confrontées les personnes qui tout comme elle, s'identifient à la communauté LGBTQ+. Cette chanson représente pour Dodie une redéfinition de sa bisexualité par rapport à l'époque où elle l’a déclaré publiquement, en 2017, à travers la vidéo « I'm bisexual - a coming out song ».

Et dans le même esprit, elle clôt son set par « She », une chanson qui explore le thème de la bisexualité.

Généreuse, Dodie va encore nous accorder six titres lors du rappel.

Un concert empreint d’émotion et chargé de sensibilité…  

Setlist : « Air So Sweet », « Cool Girl », « I Kissed Someone (It Wasn’t You) », « Guilltless », « Human », « Special Girl », « Bad Song Mashup », « Sick of Losing Soulmates », « Non identifié », « Four Tequilas Down », « Non identifié », « Sorry », « When », « Before The Line », « Rainbow », « She ».

Rappel : « If I'm Being Honest », « Boys Like You », « Monster », « In The Middle », « Hate Myself », « Would You Be So Kind ? ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Savana Funk

Tindouf

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Fondé en 2015, à Bologne, Savana Funk est né de la rencontre entre l’Italien Aldo Betto (guitare), l’Anglais Blake C.S Franchetto (basse) et le Marocain Youssef Ait Bouazza (drums). Ils décident alors de développer un style original, en agrégeant musique touarègue, funk, blues, rock, psychédélisme et jazz. Mais il faut attendre 2018, pour qu’ils optent officiellement pour le patronyme Savana Funk.

« Tindouf » constitue son second LP. En empruntant le nom de cette ville algérienne située ne plein désert qui accueille un vaste camp de réfugiés, le band a voulu rendre hommage à toutes les victimes de l’immigration.

Sur ce nouvel opus, le trio a reçu le concours de quelques invités. Aux claviers, Nicola Peruch donne de l’épaisseur au son. Elena Majoni au violon et Gianluca Petrella au violon apportent également leur collaboration. Tout au long des huit plages ce long playing, Savana Funk parvient à créer un lien entre les différentes cultures, tout en démontrant la richesse du métissage… 

Cet album alterne morceaux énergiques et caoutchouteux (« Fuga da Gorée », « Il ghepardo ») et pistes atmosphériques (« Afromoon », « Kiki »). Pas de longs exercices expérimentaux cependant, Savana Funk ayant plutôt choisi de nous séduire à l’aide de son expression sonore fouillée mais toujours accessible…

Bertrand Belin

Tambour vision

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Sur son nouvel opus, « Tambour Vision », Bertrand Belin a décidé de se débarrasser des instruments acoustiques pour privilégier l’électronique.

Un tournant qu’il avait amorcé sur son elpee « Parcs ». Et plus de doute, il confirme cette orientation.

Première constatation, si l’aspect minimaliste des compos devrait plaire à certains, il risque fort de déplaire à d’autres.

L’artiste nous plonge au sein d’un laboratoire de sons et de mots. Mais si l’idée est excellente, il y manque parfois une certaine musicalité.

Son désir de s’aventurer dans l’électro-pop où le son prime, au détriment de la chanson française, laisse un peu perplexe.

Le texte est relégué au second plan et laisse la place aux sons des mots et de la musique. Alimentée par des synthétiseurs, cette pop a effectivement, pour vocation première, de céder à la consommation. Or, ce n’est pas le cas, car ici, la musique reste peu accessible pour le grand public. On a l’impression qu’il est le cul entre deux chaises, pour reprendre ses termes. Ou simplement qu’il ne calcule pas et fait sa popote, ses recherches musicales et sa collection de mots. Une question de goût.

On assiste à une performance de répétitions et de jeux de mots, plus parlés que chantés.

Certaines histoires sont encore relatées, comme dans le titre « Que dalle tout », chroniqué dans ces colonnes (à lire ou relire )

mais il faut davantage extrapoler, à l’instar de « Pipe », par exemple. Là, on entre plutôt dans un registre d’impressions.

Sa démarche de recherche reste cependant intéressante car le propre de l’artiste n’est-il pas d’explorer de nouvelles terres artistiques quitte à perdre une partie d’auditeurs pour en gagner d’autres ? Les vrais fans, eux, comme nous, affronteront le challenge avec lui.

En concert :

16.11.22 - Sceaux - Théâtre Les Gémeaux

Méthode chanson

CHAI

Wink

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Digne représentant du J-Pop/Rock, le quatuor féminin japonais CHAI nous propose son troisième elpee, « Wink ». Militant depuis sa base arrière de Nagoya, il a suscité l’intérêt de Sub Pop (NDR : et c’est étonnant !), célèbre label issu de Seattle, après avoir accompagné, entre autres Gorillaz, sur le correct « Strange Timez ». Un opus qui tire un peu dans toutes les directions, se frottant tantôt à la pop bubblegum (l’irrésistible « ACTION ») ou puisant ses influences dans le hip-hop ou le r’n’b (« Maybe Chocolate Chips » qui bénéficie du concours du rappeur chicagoan Ric Wilson, mais encore « Nobody Knows We Are Fun »). Toujours engagées, les musiciennes de CHAI soutiennent également le mouvement ‘Black Lives Matter’, à travers cet excellent « ACTION ». Sous la houlette des producteurs Mndsgn et YMCK, la formation nous réserve un album hyper sucré mais qui se signale par un certain esprit punk… Mac deMarco valide en tout cas !

Ralph of London

Yellow sky highway (Ep)

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Ralph of London, c’est le groupe de Ralph Phillips, un auteur-compositeur, multi-instrumentiste et producteur, né à Hackney, en Angleterre. Avant de fonder cette formation, il a développé de multiples projets musicaux, artistiques et cinématographiques et a également assuré le rôle de musicien de tournée. Drummer, il a sévi chez Scritti Politti de 2006 à 2008 et milite au sein du band de l’ex-Felt Lawrence Hayward, Go-Kart Mozart, depuis 2011.

Ce Britannique a recruté ses musicos dans le Nord de la Fance, parmi lesquels on épinglera Diane Verspeeten qui partage les parties vocales avec lui. La voix de Ralph évoque étrangement celle de Green Gartside… le leader de Scritti Politti. Et lorsque les deux artistes les conjuguent en harmonie, on ne peut s’empêcher de penser à Chumbawamba (« White bred blues »). Naviguant à la croisée des chemins de la britpop, du folk et de la world, à cause des accès de polyrythmie africaine, de la new wave et de la synth pop, les 5 titres de cet Ep tiennent parfaitement la route ; des chansons élégantes, rafraîchissantes, auxquelles il manque sans doute quelques éclats de guitare pour les rendre incontournables. Mais ce n’est peut-être aussi qu’une question de goût…

Les Nuits Botanique 2022 : dimanche 15 mai

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Soirée de clôture pour l’édition 2022 des Nuits du Bota. Alors que DIIV se produit sous le chapiteau, un autre concert focalise l’attention d’un public branché indé/rock : celui de Wet Leg. Ce groupe s’était illustré fin 2021, lors de la sortie de ses deux premiers singles, vus des millions de fois sur les plateformes de streaming. Et aussi en décrochant cinq nominations aux NME Awards 2022, avant la sortie d’un premier elpee en avril dernier. Mais on peut déjà vous l’annoncer : le concert ne sera pas vraiment à la hauteur de ce buzz !

Heureusement les premières parties sont souvent le théâtre de bonnes surprises. Le Grand Salon (NDLR : baptisé le Musée le reste de l’année) est déjà bien rempli lorsque les locaux Ada Oda grimpent sur l’estrade. Et ses fans sont enthousiastes. Dans le public, juste à côté de votre serviteur, s’est glissé un vieil homme très élégant : Frédéric François. En fait, il s’agit du père de Victoria Barracato, la chanteuse du groupe. Elle accompagnait déjà son papa en duo dans certaines émissions de variété, il y a une bonne dizaine d’années. Heureusement, la musique proposée par le band, ce soir, sera résolument rock, teintée d’une petite touche de surf. Et pour en être persuadés, les membres du combo ont choisi des accoutrements estivaux mais bien punks…

Victoria est épaulée par des musicos expérimentés, dont le bassiste Marc Pirard ainsi que les guitaristes Alex De Bueger et Aurélien Gainetdinoff.

L’aspect binaire, limite schizophrène des compos et les paroles exclusivement chantées en italien constituent l’originalité de sa musique. Et parfois, elle nous fait penser à une variété un peu kitsch dispensée dans les shows télévisés en Italie. Les trente petites minutes du set sont toutefois bien remplies, les gratteurs s’autorisant des envolées de guitare rock garage, alors que la prima donna va manifester un dynamisme auquel on ne s’attendait pas…

Passons à univers diamétralement différent. En l’occurrence, celui des Américains Water From Your Eyes. Si à l’origine, la musique de ce duo baignait dans l’électro-pop, depuis la sortie de son cinquième opus, « Structure », elle a adopté un style indistinct, voguant quelque part entre rock, post-punk et synth-pop. De petite taille, la chanteuse semble effacée, alanguie, sa voix est même censée accentuer cette impression. Cependant, son air de ne pas y toucher intrigue et lui confère une certaine forme de charme. Entre ironie et introspection, elle parvient même à nous entraîner au cœur de son monde.  Déroutante, la musique Water From Your Eyes est alimentée par des riffs de guitares hypnotiques et contagieux. Difficile de croire que le combo est issu de Brooklyn, comme Big Thief ou A Place To Bury Strangers. En outre, l’énergie libérée en ‘live’ donne envie de suivre attentivement l’aventure de cette formation. 

La salle est bondée lorsque Wet Leg débarque. Il est 22 heures. On dénombre, quand même, pas mal de jeunes (sans tickets) à l’extérieur du Grand Salon, aussi. Pas étonnant, quand on sait que le site Ticketswap recensait plus de 500 demandes pour aucune offre. Dans la fosse, on croise de nombreux journalistes, sans doute à l’affût des mouvements opérés par cette nouvelle sensation anglaise. Produit par Dan Carey (NDR : déjà au service de Fontaines DC, Black Midi ou encore Squid) le premier elpee (NDR : un éponyme !), fraîchement sorti, laissait augurer une bonne soirée. Les deux natives de l’île de Wight, Rhian Teasdale et Hester Chambers, occupent bien le devant de la scène en début de set, chacune dans son style, comme sur « Wet Dream ». Caractérisé par une ligne de basse omniprésente, ce titre nous replonge dans l’univers des sœurs Deal (The Breeders), à moins que ce ne soit celui de Kristin Hersh voire, et la référence plus récente, de Karen O des Yeah Yeah Yeahs.

« Pieces of shit » et « Ur Mum » sont peuplés de gros mots. Parce qu’émargeant à la girl power, le band assume son féminisme, tant sur les planches que dans les lyrics.

Mais les morceaux qui s’enchaînent finissent par se ressembler, tellement ils souffrent d’un manque de relief. Et puis les deux frontwomen ne débordent vraiment pas d’enthousiasme, snobant tout dialogue avec le public. Même le (déjà) méga-tube « Chaise longue » sera rapidement expédié clôturant, au bout de 50 minutes, un set sans grande saveur.

Il n’y aura pas de rappel, malgré l’insistance de l’auditoire.

Paris-Match n’hésitait pourtant pas, dès le lendemain, à situer la performance parmi ‘les 5 concerts qui auraient enflammé les Nuits Botanique’ (sic).

 

Alors Wet Leg, plutôt un pétard mouillé ou un coup d’épée dans l’eau ? A vous de choisir !

Setlist Wet Leg : ‘Being in Love”, “Wet Dream”, “Supermarket”, “Piece of Shit”, ”Primo Skin”, “Too Late Now”, “Obvious”, “Oh No”, “I Don't Wanna Go Out”, ”I Want to Be Abducted”, ”Ur Mum”, ”Angelica”, ”Chaise Longue“

(Organisation : Les Nuits Botanique)

WET LEG - WATER FROM YOUR EYES - ADA ODA

Voir aussi notre section photos ici

 

The Afghan Whigs

The Afghan Whigs sur les charbons ardents…

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« How to burn », c’est le titre du nouvel elpee de The Afghan Whigs, dont la sortie est prévue pour le 9 septembre 2022. Il s’agira de son 9ème opus.

La pandémie mondiale a contraint les musicos à bosser séparément et dans des lieux différents : Greg Dulli, son coproducteur Christopher Thorn et le batteur Patrick Keeler se sont retrouvés en Californie ; le bassiste John Curley, le guitariste Jon Skibic et le cordiste Rick Nelson ont enregistré leurs propres parties à Cincinnati, dans le New Jersey et à la Nouvelle-Orléans, respectivement.

Pour ses seconds rôles, Dulli a fait appel à plusieurs collaborateurs de longue date, dont le regretté Mark Lanegan, qui était un habitué des Twilight Singers de Dulli, un partenaire des Gutter Twins et un ami proche. Lanegan assure le rôle de choriste sur deux titres. Susan Marshall, Van Hunt et Marcy Mays ont également apporté leur collaboration à l’album.

Le clip du single « The Getaway » est à voir et écouter

 

 

The Waeve

Quelque chose de joli pour The Waeve…

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The Waeve, c’est un projet réunissant Graham Coxon et Rose Elinor Dougall. Il vient de sortir un premier titre autoproduit « Something Pretty » ; et il est en écoute ici

Graham Coxon, auteur-compositeur, guitariste et chanteur emblématique du groupe Blur, ainsi que créateur de bandes originales et Rose Elinor Dougal, artiste solo, collaboratrice de Mark Ronson et fondatrice de The Pipettes, se sont lancés dans des explorations timides de l'écriture de chansons. Très vite, elles ont donné naissance à un univers sonore inattendu. S'inspirant initialement d'un amour partagé pour la musique folklorique anglaise, les contes et les paysages de l’Albion, les collaborateurs ont pris confiance pour s'aventurer dans des eaux inconnues. La musique a été composée en lui communiquant une forme cinématographique. The WAEVE est la rencontre de deux musiciens au bord du gouffre, les thèmes de l'oubli et de la capitulation sont juxtaposés à des suggestions d'espoir et de lumière. Dans un contexte mondial brutal d'apocalypse et de désespoir imminents, Coxon et Dougall se sont efforcés de se libérer en faisant de la musique avec un optimisme aveugle et provocateur.

En travaillant ensemble, le duo a formé une nouvelle identité sonore singulière.

Jonathan Jeremiah

La puissance urbaine de Jonathan Jeremiah

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« Horsepower For The Streets », le cinquième elpee de Jonathan Jeremiah sortira ce 9 septembre 2022. En attendant, il nous propose son nouveau single, consacré au tire maître, et il est disponible sous forme de clip,

Cette nouvelle chanson est sans doute l'essence même de la production musicale de Jonathan. Sa voix vibrante et soul et ses paroles profondes, rencontrent une section rythmique groovy et des cordes bien arrangées qui rappellent les productions iconiques de Lalo Schifrin, Michael Kiwanuka et Terry Callier. 

Une grande partie du nouvel opus a été écrite à Saint-Pierre-De-Côle, dans la campagne au-delà de Bordeaux, pendant les pauses de la première tournée de Jeremiah en France, avant que l'album ne soit enregistré dans une église monumentale rénovée à Amsterdam, avec l'Amsterdam Sinfonietta, un orchestre à cordes de 20 musiciens.

En concert

18/09/2022 - Trix, Anvers

 

The Lounge Society

The Lounge Society face au pouvoir…

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Responsable d’un cocktail entre punk-funk, electronica popping, rock psychédélique, post-punk et rock garage, The Lounge Society sortira son nouvel album, « Tired of liberty », ce 26 août 2022. Un disque qui fera suite à « Silk for the starving », un Ep, paru en 2021.

Les sessions du nouvel opus se sont déroulées au sein du studio de Dan Carey de Speedy Wunderground (Fontaines D.C., Kae Tempest, Wet Leg).

En attendant, il nous propose son nouveau single, « Blood money », sous la forme d’une vidéo ; et elle est disponible

Ce morceau stigmatise la force corruptrice du pouvoir. Le groupe a d’ailleurs précisé, à ce sujet : ‘« Blood Money » est une réaction à la culture de la cupidité qui s'infiltre dans les couloirs du pouvoir à travers le monde. C'est un rappel qu'en fin de compte, nous souffrons tous aux mains d'élites intéressées, et c'est notre point de vue personnel sur les effets de la politique sale sur notre vie quotidienne et celle des gens que nous connaissons.’

The Lounge Society se produira dans le cadre du festival Everything UK à Gand, ce 20 mai.

Paolo Nutini

La dernière nuit de Paolo Nutini vire à l’aigre-doux…

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Paolo Nutini sortira son nouvel album, "Last Night In The Bittersweet", le 1er juillet 2022. Ce sera sa première sortie originale depuis 2014.

"Last Night In The Bittersweet" est un véritable périple de 70 minutes au cours de laquelle il navigue entre le rock classique, le post-punk et le krautrock.

Les rythmes Motorik insistants de "Lose It" rappellent les groupes allemands du début des années 70, tels que Can et Neu, tandis que "Through The Echoes" se pose en futur classique intemporel dans la lignée de Ben E. King et Otis Redding.

L'album a été produit par Paolo, Dani Castelar et Gavin Fitzjohn.

Pour écouter "Through The Echoes", c’est ici et "Lose It"

 

Dario Mars

Faites confiance à Dario Mars…

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Dario Mars, le groupe de Renaud Mayeur, est de retour. En 2017, Renaud avait accordé une interview à Musiczine (à lire ou relire ici

). Renaud a beaucoup composé pour le cinéma. Ce qui a fortement influencé le nouvel album, qui est devenu au fil du temps un disque concept qui prolongerait /fusionnerait les univers de Morricone, François de Roubaix et Melody Nelson.

Le projet est ambitieux, élaboré longuement. Un gros travail a été opéré sur les arrangements de cordes. Faut dire que le groupe a eu la chance de travailler avec une partie de l'orchestre philharmonique de Liège.

Un album arrive à la rentrée, Jean-Jacques Burnel des Stranglers a chanté sur un titre, en français.

Son premier single, « Trust Me », est en écoute

 

 

 

CDSM

CDSM en marche vers l’enfer…

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« Hell Stairs », le prochain Ep de CDSM, est à la fois glamour et sombre, chic et délabré, exaltant et écrasant. C'est l'hédonisme qui tinte dans votre verre, le changement qui fait vibrer le creux de votre poitrine. Bien sûr, c'est un mélange de post-punk, de darkwave et de no wave, mais c'est surtout une invitation à danser pour oublier la douleur, sous la forme de complaintes croonesques, de synthés grondants, de riffs de saxophone tourbillonnants et de cadences serrées. Vous avez maintenant la parfaite bande son clair-obscur pour une nuit au casino noir local. Vous êtes le bienvenu.

Si vous appréciez Viagra Boys, The Voidz, MGMT, Warmduscher, Fat White Family et Gorillaz, le contenu de ce premier Ep de la jeune pousse d'Atlanta devrait vous plaire.

Issu de cet Ep, « Concrete » est disponible sous forme de clip

 

Baston

La Martyre de Baston

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Le second elpee du band finistérien, Baston, paraîtra ce 13 mai 2022. Il fait suite à « Primates », sorti à la fin de l’année 2019.

Intitulé « La martyre », ce nouvel album est découpé en huit pistes qui font tous exclusivement référence à des boîtes de nuit du nord Finistère.

Bien loin de ses débuts garage pop ensoleillés en 2013, Baston continue de creuser le sillon d’une musique froide, hypnotique et lancinante, où les claviers viennent prendre de plus en plus de place, de la composition au mix.

Influencée par Cold Pumas, Drame et Beak>, la musique de Baston slalome habilement entre psychédélisme allemand, post-punk anglais actuel et new wave.

« Flash », le single, est disponible ici

 

 

Simon Joyner

Les chansons volées de Simon Joyner

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Issu d’Omaha, l’auteur-compositeur-interprète Simon Joyner a récemment fêté ses cinquante ans. Ce songwriter américain enregistre depuis 1990. Et son nouvel elpee, « Songs From A Stolen Guitar » paraîtra ce 20 mai 2022.

Les chansons de Joyner, produites de manière plus méticuleuse et peut-être plus intentionnelle que sur ses précédents albums, sont d'autant plus claires, mettant en avant ses jeux de mots éblouissants et sa clairvoyance.

« Songs From A Stolen Guitar » a été enregistré dans plusieurs villes différentes. Joyner a enregistré sa voix et sa guitare à Omaha, le bassiste Wil Hendrix a ajouté ses lignes chez lui à San Francisco, Michael Krassner a enregistré ses parties de guitare et de piano chez lui à Phoenix, et le batteur/percussionniste Ryan Jewell a enregistré dans le Colorado. Cette chaîne musicale est ensuite revenue à Omaha où David Nance (guitares et chœurs), Ben Brodin (orgue et vibraphone) et Megan Siebe (alto et chœurs) ont fait des overdubs, ajoutant ainsi leurs contributions respectives.

Le clip de « Tekamah », compo qui figurera sur cet opus est disponible

En concert :

14.05.2022 - Annecy, Le Brise Glace

15.05.2022 - Lyon, Le Sonic

16.05.2022 - Rouen, Le 106

17.05.2022 - Lille, Cafe Bulle

 

 

 

 

Ezra Furman

La bienveillance d’Ezra Furman

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paraîtra ce 26 août 2022. En attendant, elle nous propose son nouveau clip « Forever In Sunset », réalisé par Noel Paul, ici

. Dans le monde de « All of Us Flames », la fin de l'empire capitaliste patriarcal semble à la fois imminente et inévitable, déterminant un tournant vers un chemin que nous ne pouvons pas encore voir mais que nous ne pouvons pas non plus éviter.

A propos de « Forever in sunset », Ezra a déclaré : ‘Parfois, on a l'impression que les crises frappent de plus en plus la population générale. Ils pensent que c'est la fin du monde. Mais les gens qui ont traversé une ou deux apocalypses personnelles ont quelque chose à leur apprendre. Le monde ne s'arrête pas, des merdes arrivent et si nous ne mourons pas, nous devons prendre soin les uns des autres’.

 

The Day

Mise à jour pour The Day…

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Basé à Anvers et Hambourg, le duo dream-pop The Day sortira le 16 mai 2022 la vidéo lyrique de son récent single "June". Et il est à découvrir

"'June' est une véritable chanson de passage à l'âge adulte. Elle parle d'une amitié profonde qui s'est en quelque sorte perdue sur le chemin de l'âge adulte. Les paroles parlent de l'insouciance des adolescents, des frontières floues entre l'amitié et l'amour, de la vie dans l'instant. En même temps, des craintes et des inquiétudes apparaissent, à propos de son propre avenir, du monde lui-même. Plus on vieillit, plus elles prennent de la place et relèguent l'amitié au second plan jusqu'à ce qu'elle finisse par disparaître complètement.

Après l'amer "Empty", paru l’automne dernier, ce titre est déjà le deuxième aperçu du nouvel album de The Day, qui paraîtra à la fin de 2022.

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