Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

logo_musiczine

Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26651 Items)

Les revendications salariales de CVC…

Écrit par

Le groupe gallois CVC a sorti, ce 14 avril 2022, un tout nouveau single et une vidéo live, consacré à « Docking The Pay ».

Formé en 2019, CVC (pour Church Village Collective) a choisi pour patronyme l'endroit dont il est originaire, situé au sommet d'une colline dans les Welsh Valleys à environ 10 miles au nord de Cardiff. Le groupe, composé du chanteur Francesco Orsi, des guitaristes chanteurs David Bassey et Elliot Bradfield, du bassiste Ben Thorne, du batteur Tom Fry et du claviériste et percussionniste Daniel 'Nanial' Jones, est responsable d’une musique riche et mélodique, agrémentée de riches harmonies à trois voix, et imprégnée de l'histoire du rock.

Ce titre est issu d’un premier elpee, dont la sortie n’a pas encore été fixée. Les sessions se sont, cependant, déjà déroulées. Entièrement produites par le groupe, les compos ont été mixées par Ross Orton (Arctic Monkeys).

La vidéo de « Docking The Pay » est disponible

Mitzpah dans l’usine d’Andy Warhol…

Écrit par

Mitzpah, projet avorté des années 80 avec Hervé Zénouda (Stinky Toys), Gregory Davidow (Spions) et Yann Le Ker (Modern Guy), dévoile un premier morceau de son album, « Lonesome Harvest: Re-enactment N°1 (Paris 1981) » qui paraîtra le 13 mai 2022 !

Paris 1981. La vague punk est passée et une nouvelle décennie s’ouvre. Les Stinky Toys ont splitté depuis deux ans et Hervé ‘le batteur du punk’ Zénouda, dissident des influences 60’s du groupe d’Elli & Jacno, a des ambitions de songwriting et cherche des collaborateurs. Il est un observateur attentif de ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique, à savoir les étranges lumières que Television et ses Jazzmaster tracent dans le Manhattan nocturne comme autant de guides, ou les murs du son à trois accords que percutent les drummings quasi-expérimentaux des Feelies. Il s’apprête d’ailleurs à aller vivre à New York pour deux années. Cet été-là, pourtant, c’est avec un transfuge de l’Est qu’il va former un duo : Gregory Davidow, performer, écrivain, musicien, frontman des Spions, ‘le premier groupe punk du pacte de Varsovie durant l’été de la haine 1977’, qui vient juste d’être expulsé de Budapest par les autorités communistes. Le binôme Est-Ouest s’aventure à une mission post punk —nom de code Mitzpah, ‘un mélange des mots hébreux mitzvah et chutzpah, où le premier décrit l’innocence mature du débutant dévoué et le second l’arrogance louche d’un étranger illégal’ dira Davidow. À Paris, puis à New York, Davidow et Zénouda enregistrent des démos destinées à un label parisien avec l’aide des ex-Modern Guy, Yann Le Ker aux guitares et Jean-François Coen à la basse. Malheureusement le label, sous l’effet des vagues successives, sera très vite englouti dans les mers agitées du show business et Mitzpah, bouteille à mer, dérivera pendant près de 40 ans, avant de resurgir aujourd’hui…

Découvrez le clip « In Andy Warhol's Factory » ici

En 2020, grâce à une co-production du label toulousain Pop Supérette, Hervé Zénouda décide de reprendre ce projet et de réenregistrer l’ensemble des chansons en compagnie de la plupart des musiciens originaux.

‘Un document important dans l’histoire du rock français —fin de la première vague punk, début d’une nouvelle ère des années 1980. Où deux chemins vont s’ouvrir, celui du post punk d’un côté et celui des prémisses de la French Touch de l’autre’ déclare Zénouda.

KALI sous influence…

Écrit par

Originaire de Los Angeles, la chanteuse, compositrice, multi-instrumentiste et productrice en herbe KALI, âgée de 17 ans, nous propose son nouveau single et clip "Addicted", en s'appuyant sur les nouvelles bases sonores posées par son précédent, "Anybody Else".

Le clip, réalisé par Zealand Yancy, montre le côté espiègle de KALI, dans un match de basket-ball contre un adversaire malicieux qui porte un masque de limace…

Le clip d’"Addicted" est à voir et écouter

 

L’esprit torturé de Sam De Nef…

Écrit par

Sam De Nef vient de terminer l'enregistrement de son premier album, un disque dont la sortie est prévue pour cet automne. Et il s’intitulera « Dawn/Dusk ». En attendant, il nous en propose un extrait, « Passerby's Ghost », sous forme de clip, une chanson qu’il a interprétée en duo avec la chanteuse de Chicago, Jess de Tenci.

Et il est disponible, ici

 

Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce

Oiseau (single)

Écrit par

Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce (feat. Bertrand Belin)

Quelle jouissance d’écouter enfin un titre qui sert de bel écrin au répertoire de Bertrand Belin.

Parce que pour être honnête, le virage artistique opéré sur les trois derniers albums par le natif de Quiberon n’a pas vraiment convaincu votre serviteur. Répétitions de mots à outrance, plus secs. Débit vocal plus parlé que chanté.  Direction musicale essentiellement électronique.

Mais ici, quelle claque ! La collaboration avec le compositeur et saxophoniste Laurent Bardainne flanqué du band Tigre d'Eau sublime sa voix et son texte.

Talentueux, Laurent Bardainne a apporté son concours aux artistes les plus notoires, de Pharrell Williams à Tony Allen…

Il évolue en souplesse au milieu de courants musicaux qui oscillent de la soul des années 70 à l’éthio-jazz en passant par le jazz de Coltrane.

À ses côtés, Tigre d’eau douce, quartet de jazz puissant, implique Arnaud Roulin à l’orgue Hammond, Sylvie Daniel à la basse, Philippe Glaizes à la batterie et l’incontournable Roger Raspail, qui a déjà joué aux côtés de Kassav’, Cesária Évora et Meshell Ndegeocello, entre autres, aux percus.

La plage nous transporte littéralement dans une ambiance électro douce suivie rapidement par les instruments à vent, le saxophone principalement, et des chœurs qui procurent une magnifique accroche dès le début du morceau. La basse et la batterie ne sont pas en reste en apportent un génial soutien tout au long du single.

C’est un très subtil mélange entre des instruments réels et une musique électronique ciselée à l’or fin. Il a un côté solaire et extrêmement réjouissant.

Quant au texte... Attention spoiler ! C’est l’histoire de quelqu’un ou de quelque chose qui souhaiterait ardemment devenir un oiseau. Quelles belles images pour décrire cette envie. On découvre vers la fin du titre que le serpent le jalouse, alors que par sa nature, c’est tout son contraire. Pour vivre, il est même forcé de manger les œufs de celui qu’il admire. Ultime bassesse, Il se moque in fine de l’être admiré en imitant son ‘cui-cui’. Terrible fatalité ! Un beau parallélisme à la condition humaine.

Merci Laurent Bardainne, d’avoir invité Bertrand Belin sur votre très beau morceau de jazz flamboyant !

Pour écouter le titre sur YouTube c’est par ici et sur Spotify,

Méthode chanson

 

November Ultra

Bedroom Walls

Écrit par

Au travers de sa musique, November Ultra nous invite à plonger dans la lecture de son journal intime. Dans un élan qui vient du fond du cœur, elle partage autant d’histoires enrichies des multiples facettes de la vie (des plus lumineuses au plus sombres), mises en musique au son d’une pop patinée d’influences r&b, folk et de comédies musicales, entre autres.

La musique –et le chant notamment– a toujours été source de bonheur, une discipline apaisante aux oreilles de November. Pourtant, l’artiste n’est pas que douceur et tendresse, mais également force et puissance.

D’une voix envoûtante, elle chante tour à tour en français, anglais ou espagnol. Ce qui lui permet de se procurer une certaine assurance dans sa zone de confort. L’artiste a été découverte grâce à « Soft & Tender », une chanson douce colorée par quelques pincements de sèche. Cette combinaison guitare/voix est reproduite sur plusieurs morceaux.

Chargés d’émotion, « Fade » et « Nostalgia / Ultra » mettent en exergue sa jolie voix qu’elle pose sur des accords d’ivoires atmosphériques. Une voix parfois samplée ou vocodée. Sur le second morceau, lorsqu’elle opte pour la langue de Cervantès, à mi-parcours, elle nous emmène dans son jardin secret en parlant de ses origines espagnoles et tout particulièrement de son grand père.  

« Septembre » et « Open Arms », piste qui clôt d’opus, sont sculptés dans un folk particulièrement limpide.

L’artiste se produira en concert à l’Ancienne Belgique le 10 juin 2022.

Fleddy Palooza 2022 : samedi 16 avril

Écrit par

Fleddy Melculy a donc programmé la troisième édition de son ‘Fleddy Palooza’ (NDLR : le ‘lollapalooza’, dans un coin de la tête), ce samedi 16 avril 2022. Les deux premières s’étaient déroulées en 2017 et 2019. Le groupe flamand y invite, chaque fois, les pointures du métal qui sévissent au Nord de la Belgique. En septembre 2021, le groupe a gravé son 4ème album, « And Just Niks For All ». Ouverture des portes à 15h00. On se demandait quand même quel serait l’ordre de passage des groupes ; car rien n’avait filtré sur le net. Le festival n’a cependant attiré que 350 âmes…

Hippotraktor

Les hostilités débutent dès 16h30 par Hippotraktor, un poulain de l’écurie allemande Pelagic. Réunissant des musiciens issus de Psychonaut et Before He Shot Her, cette formation malinoise a publié son premier elpee, « Meridien », en octobre 2021. Elle pratique une forme de metal, qu’on pourrait qualifier de sludge progressif, les compos se révélant tour à tour sauvages ou fluides. Particularité, le line up implique deux vocalistes. Chevelu, Stefan De Graef, tient solidement son pied de micro et lorgne constamment vers le second, Sander Rom. La tignasse blonde, il se cache derrière les amplis entre chaque chanson. En fait, il est normalement préposé à la guitare, mais comme il s’est blessé, il se limite aux parties vocales. C’est Chiaran Verheyden qui se consacre à la six cordes, alors que Jakob Fiszer se réserve la basse et Lander De Nyn, les drums.

Deux toms basse sont mis à la disposition de Stefan, qui ne va cependant s’en servir qu’à deux reprises. Point d’orgue du set, « God Is In The Slumber » se distingue par la rythmique basse-batterie-percussion très prog. Une rythmique qui se révèle particulièrement saccadée sur « Joncture », un autre morceau prog au cours duquel les cordes électriques paisibles et le tempo martial jouent sur les contrastes. Un peu court, mais excellent !

Coffin Feeder

Chez Coffin Feeder, les musicos sont issus des trois régions différentes de la Belgique. Le band implique des membres d’Aborded et Leng Tch’é, ainsi que le chanteur de Fleddy Melculy, Jeroen Camerlynck, reconverti pour la circonstance, à la guitare. La setlist est puisée au sein d’un Ep 6 titres. Baptisé « Stereo homicide », il est paru début mars 2022. Quelque part entre screamo, death metal, grindcore et hardcore, la musique de Coffin Feeder décoiffe littéralement. Au micro, Sven hurle à s’arracher les cordes vocales. Parfois, ses cris supplantent le volume des drums. Sur les planches, Sven est partout à la fois. Heureusement que le set n’a duré que 30’, sans quoi, il terminait aphone. Une prestation énergique, mais franchement assourdissante !

Setlist : « Volumes », « Plug It In », « Dead Or Alive, You’Re Coming With Me », « Capture For », « Consumption », « Toolbox », « DFENS », « A Good Supply Of Body Bags », « Stereo Homicide », « Doomsday Device », « Several Survival »

Bark

Place ensuite au trash metal de Bark. Dont le sigle est reproduit sur une toile à l’arrière du band, soit celle d’un loup aux yeux rouges, la gueule ouverte et montrant les crocs.

De petite taille et coiffé d’une crête d’Iroquois, Ron Bruyneels se consacre aux vocaux. Sa voix est susceptible de déchirer vos tympans. Une chose est sûre : il a du coffre. Et puis, les grattes libèrent des sonorités sales et graisseuses. Pourtant, ténébreuse, l’expression sonore demeure mélodique. 

Martin Furai, le sixcordiste de Destruction, est revenu expressément de Glasgow, pour se produire en compagnie de Bark. Les compos sont bien structurées. Très présent, le chanteur invite la foule à exécuter des round circles qui s’amorcent timidement. La setlit va privilégier des extraits du dernier long playing, « Relics » (le groupe doit en avoir sorti une dizaine, à ce jour), gravé l’an dernier, et ne pas oublier le dernier single, publié en novembre 2021, « Stitches ». Un set bien structuré, mais pas vraiment conseillé aux tympans délicats…  

« Voice of dog », « All hell breaks loose », « Mass lobotomy », « Day of the witch », « I'm a wreck », « Hollow words », « Written in stone », « They are all dead », « Roll the dice », « Last breath », « I remain untamed ».

Killthelogo  

Originaire de Kontich, Killthelogo réunit deux anciens membres de .Calibre et de Facedown. En l’occurrence le chanteur Daniel Mies et le guitariste Niko Poortmans. Fondé en 2002, .Calibre pratiquait une forme de funk/metal. Et il avait intitulé un de ses albums « Killthelogo », dont le band s’est inspiré pour déterminer le patronyme du groupe. Qui est devenu particulièrement populaire, se produisant notamment dans le cadre des festivals Pukkelpop et Werchter. Le band a cependant pris une pause de 16 longues années, avant de refaire surface, mais en compagnie de trois autres musiciens. En l’occurrence Sven Leyemberg (ex-Minus45°, Cyclus) à la guitare, Herwig Scheck (ex-Quiet, ex-Concrete) à la basse et le drummer Jonas Sanders (Pro-Pain, Angel Crew, Komah, Emptiness). Et un nouvel album est paru en novembre 2021, « Reset ».

Tout comme chez Bark, le logo imprimé sur une grande toile, est tendu à l’arrière-plan. De larges extraits du dernier long playing figurent au sein de la setlist.

« Iconoclast » ouvre les hostilités. D’abord paisible et bercée de cordes de gratte empreintes de sérénité, cette ballade finit par s’emballer. Malgré l’injection d’une dose furieuse de nu-metal, « The Deep State » trahit toute la fragilité du chanteur. Les textes tiennent parfaitement la route, dénonçant les injustices sociales, s’insurgeant face à la vente sur Internet, condamnant les entreprises qui exploitent les transporteurs de colis ou encore critiquant les taxes, l'industrie pharmaceutique et le culte des individus. Musicalement, le mélange de metal, de rap (NDR : la voix est plus scandée que chantée) et de funk s’inspire naturellement de Rage Against The Machine et de Linkin Park. La section rythmique s’impose tout au long des puissants « Taxes » et « Conspiracy ». La ligne de basse domine « Buy More Sh!t », alors que les lignes de guitares s’activent, dans l’esprit d’un Limp Bizkit originel. « Calibre » et « Meritocrazy » retournent aux sources. Back to the 90’s !

Setlist : « Iconoclast », « The Deep State », « Taxes », « Boutique Pharma », « Calibre » (cover), « Meritocracy » (cover), « Conspiracy », « Warehouse Moguls », « Fuck Your Data », « Buy More Sh!t », « Riot As One »

Spoil Engine

Il était temps ! Enfin une femme figure au sein du line up d’un groupe, ce soir. Une chanteuse, fallait s’en douter. Jeune et jolie, Iris Goossens possède une voix grave, mais puissante. Dommage que ce soit la dernière fois qu’elle se produit en concert, car elle a décidé de suivre son ami à Los Angeles, pour s’y installer. Car, c’est elle qui apporte la touche d’originalité au metalcore de Spoil Engine. Pas de bassiste cependant, mais deux gratteurs (Loco et Gaze), dont les interventions huileuses et graisseuses sont pourtant rigoureuses ; et un drummer dont la frappe métronomique est implacable. Le band s’autorise une excellente cover du « Yesterday Don't Mean Shit » de Pantera. D’après les mauvaises langues, la version serait bien plus pétillante que l’originale. La setlist va nous réserver plusieurs extraits du dernier elpee du combo, « Renaissance noire », publié en 2019, ainsi que le single « Unlock And Release », paru en 2021. Lorsque les riffs de gratte commencent à galoper, c’est pour talonner la voix particulière d’Iris. Un concert vraiment épatant. Signe qui ne trompe pas, la formation a réveillé la foule. Elle a même mis une ambiance de feu et déclenché, dans la fosse, de nombreux rounds circles…  Une belle claque métallique dans la tronche…

Fleddy Melculy 

Pendant, le changement de matos, les haut-parleurs crachent des morceaux du Queen. Car évidemment, Fleddy Melculy s’est invité pour son festival. Il assure la tête d’affiche. Au sein du line up, la tête pensante, c’est le chanteur, Jeroen Camerlynck, autrefois impliqué chez Fanfaar. Le patronyme est emprunté à une pièce de théâtre consacrée à feu Farrokh Bulsara. Le quatrième album du combo, « And Just Niks For All », est sorti en 2021.

Les aficionados sont maintenant chauffés à blanc. Votre serviteur également. Une immense rampe lumineuse s’étale sur toute la largeur du podium. Derrière le drummer une toile sur laquelle figure le nom du band a été tendue.

Les gratteurs sont masqués (un guitariste et le bassiste). Ils sont hyper actifs, livrent des riffs dévastateurs et viennent constamment haranguer le public. Les textes sont dispensés dans un dialecte bruxellois flamand. L’idiome est amusant à écouter.

Jeroen est particulièrement interactif. Entre les morceaux, il raconte des blagues dans son patois si truculent. Sculptés dans un metalcore intense, les titres s’enchaînent dont le plus connu reste toujours « Tee Shirt Van Metallica ». Mais Fleddy a également son tee-shirt. Mais pas de trace du succulent « Apu Van De Nightshop ». Toutes les chansons sont devenues des hits au Nord de la Belgique.

Sven (Goffin Feeder) débarque pour chanter d’une voix puissante « De Wereld Is Wondermooi ». Ross de Length Of Time fait le pitre sur les deux estrades placées à l’avant du podium où sont dissimulées d’impressionnantes machines à fumigènes. Iris prête aussi sa voix à « 668 ». Enormément d’intensité au cours de ce show qui a conquis le public venu applaudir Fleddy Melculy.  

A l’année prochaine pour la quatrième édition du Fleddypalooza !

Setlist : « Slaap », « Ik Ben Kwaad », « Stop », « Fuck Uw Vrienden » », « Feest Je In Uw Huisje », « Geen Vlees Wel Vis », « God Is Een Kapper », « De Wereld Is Wondermooi », « 668 », « Freddie », « De Hel Niet Gezien », « Beest », « Backstage », « Niks », « Geen Tijd Voor Spijt », « Brood », « Tee Shirt Van Metallica-Fleddy ».

Rappel : Voor Altijd Jong ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Fleddy Melculy + Spoil Engine + KillTheLogo + Bark + Coffin Feeder + Hippotraktor

Solar Race

Solar race (Ep)

Solar Race est un trio mancunien particulièrement apprécié par Courtney Love, Steve Albini et John Peel. La veuve Cobain les avait d'ailleurs engagés en 95, pour assurer le supporting act de Hole pour sa tournée en Angleterre, alors que le second est devenu leur producteur fétiche. Un de plus! Quant au célébrissime DJ britannique, il leur a consacré, tout dernièrement, une " Peel sesion "... Sur cette compile éponyme, on retrouve les meilleures compositions du groupe. Depuis " Not here " à " Resiliant little muscle ", en passant par " Get ahead ", " Good enough " et le très controversé " Drink my piss ". Dix compositions malsaines qui tissent, telle la tarentule, un piège mortel, toile sonore morbide, ténébreuse, comparable à celle que trame Come, Babes In Toyland voire Sonic Youth. Rien que la voix d'Eilidith vous flanque la chair de poule. Grinçante, rocailleuse, elle semble même avoir digéré les timbres de Thalia Zedek et de Kat Bjelland. Brrr...
 

 

The Maids Of Gravity

The first second

Pour enregistrer son deuxième album, The Maids of Gravity a bénéficié du concours de John Cale. A la production. Mais également au piano sur " Half awake " et à l'alto pour " Light your game ". Des sessions d'enregistrement qui ont dû prendre un temps fou. A cause de cette recherche d'effets spéciaux. Destinés à faire la part belle au psychédélisme. Pour quelques passages de vocaux ‘aquatiques’, le groupe a d'ailleurs préféré avoir recours aux microphones submersibles plutôt qu'aux samples. Ce qui ne veut pas dire que le trio soit hermétique à la technologie moderne. Au contraire. Puisqu'il a également recours aux bruitages, collages, boucles de feedback et autres artifices technologiques. Un peu à la manière de Spiritualized Electric Mainline. Mais en plus pop, voire plus rock. Comme sur " No room ", véritablement dévasté par un groove ‘ledzeppelinien’. Ou alors à l'instar de Medecine, dans sa phase la plus atmosphérique. Normal, lorsqu'on sait qu'Ed Ruscha et Jim Putman on sévi au sein de cet ensemble thérapeutique de 91 à 92. Cependant, Maids of Gravity affiche un tout autre profil mélodique. Beaucoup moins linéaire. Pas encore aussi excentrique que chez Blur, mais presque. Régulièrement enrichi de percussions (O Rang?). Lorsqu'il n'est pas acidifié par la new-wave d'XTC (!?!?)...
 

 

The Hooblers

Can you do this ?

Cette formation canadienne, d'Ottawa très exactement, voue une grande admiration à Neil Young et à son Crazy Horse. Faut pas être très perspicace pour s'en apercevoir. A Led Zeppelin aussi. Mais là, c'est loin d'être évident. De solides références, pourtant, qui sont cependant très loin de mettre en valeur le groupe. En fait, sur la plupart des compositions de cet opus, les Hooblers se contentent de ressasser les clichés crazyhorsiens les plus éculés: riffs de guitare chargés de feedback, tempo bien carré, sans oublier le zeste d'harmonica et la voix gémissante de Mike Gier, très ou trop proche de Neil Young. Mais comme les compositions n'ont pratiquement aucun feeling mélodique, elles finissent fatalement par agacer. Dommage, car lorsque le groupe s'exprime dans un registre plus personnel, moins stéréotypé, notamment sur " The thing is ", il est vrai enrichi de claviers, et que la voix de Mike se fait plus naturelle, on y détecte d'évidentes qualités, dans un style, il est vrai, plus proche de Watchmen que de Tragically Hip...
 

 

Jason Bonham

In the name of my father - The Zepset

Jason Bonham n'est autre que le fils de feu John Bonham, drummer du célèbre Led Zeppelin. Pas étonnant, dès lors, que le fiston ait hérité de gènes propices à cet exercice. Qu'il pratique depuis l'âge de cinq ans; et par la force des choses, qu'il maîtrise parfaitement aujourd'hui. Forçant d'ailleurs le respect des contemporains de son père, tels que Paul Rodgers, Steve Miller, Buddy Guy, David Gilmour et même Muddy Waters, avec lequel il a jammé à Woodstock en 94. Sans oublier Page, Plant et Jones. Il les avait d'ailleurs rejoints en 88, à l'occasion du 40ème anniversaire d'Atlantic Records. On a d'ailleurs cru, à l'époque, que le Led Zep allait se reformer. Mais l'expérience ne s'est plus jamais renouvelée. Même si par la suite, Jason a encore joué pour Page et/ou Plant. " In the name of my father " constitue un hommage à son père. Et en même temps au dirigeable mythique. Le JBB reprend d'ailleurs ici dix titres de leur répertoire. Et en particulier, un final de près de 20 minutes, sorte de medley consacré à " Whole lotta love ", au sein duquel il zappe sur une foultitude de leurs standards. Si Jason est un batteur remarquable et surtout inventif, il faut reconnaître que les trois autres musiciens, bien que techniquement doués, se contentent d'imiter leurs illustres aînés. Il y manque incontestablement une âme. Celle du Led Zeppelin...
 

 

Le plan large de Glauque…

Écrit par

Deux ans après avoir gravé un Ep éponyme, Glauque dévoile un puissant premier titre extrait de son très attendu premier album. Abordé comme un constat, « Plan Large » effile les absurdités manichéennes personnelles et sociétales.

Dans un fragment de destin, Glauque dépeint les antagonismes et les schémas destructeurs stéréotypés de l'artiste en relation au monde qui l’entoure. Le groupe confronte à son propre reflet les normes établies, les choix de vie ou de pensées, et nos réponses face à ces normes. Que penser, que suivre ou ne pas suivre, quelle place prendre dans un monde où on ne peut que constater l'ineptie toujours grandissante d'une réalité au scénario où noir et blanc s'opposent sans nuance.

Avec « Plan Large », Glauque ancre dans son intrinsèque énergie de l’urgence l’insatiable quête de sens d’une existence en marge d’une société froide et partiale.

Sur la carte des musiques actuelles, Glauque marque le territoire de son identité forte. Ouverte aux expériences électroniques, la formation modifie l’ADN du hip-hop et explose les codes de la chanson française.

Groupe tout-terrain, collectif hors-catégorie, Glauque se faufile entre algorithmes et fils d’actualités. L’univers de Glauque repose sur des contrastes saisissants. Ainsi, à travers sa musique, le groupe cristallise les paradoxes de l’époque. Au croisement des progrès technologiques, de défis écologiques et d’une humanité en danger, le monde des fake news n’est pas forcément celui que l’on voit. Comme chez George Orwell ou Philip K. Dick, la réalité de Glauque entretient des liaisons avec la dystopie et les récits de science-fiction.

Pour découvrir la vidéo, c’est

En concert

27/04/2022 – Les Nuits Botanique, Bruxelles

19/05/2022 – Reflektor, Liège

21/07/2022 – Francofolies, Spa

https://www.glauque.be/

https://www.facebook.com/glauqueband

https://www.instagram.com/glauque.band

https://www.youtube.com/c/glauque

https://glauque.bandcamp.com

 

Jonny Polonsky

Hi my name is Jonny

Dès l'âge de 12 ans, Jonny se sent l'âme d'un musicien. Il touche un peu à tous les instruments en rêvant aux Beatles, à Costello et à Nick Lowe. Au fil du temps, il se passionne pour la technologie de studio, et finit par monter le sien dans le sous-sol de sa maison natale. Dix ans plus tard, il s'estime suffisamment blindé pour affronter l'univers de la pop et du rock. Il transmet ses démos à une multitude d'artistes, dont il dresse une liste en consultant l'annuaire du téléphone. Gabrels, guitariste de Bowie, y figure. Il prend la peine d'écouter les démos, puis transmet la bande avec ses recommandations à Frank Black. Ce dernier, enthousiasmé, s'empresse de les refiler à Rick Rubin, boss d'American Rcds. Au bout du compte, Polonsky se voit offrir un contrat auprès du prestigieux label. Et puis surtout l'opportunité de sortir son premier album. Un disque qui doit autant à ses premières passions qu'au popcore. Il joue bien sûr la totalité des instruments. Piano, basse, drums et une panoplie de guitares acoustiques ou électriques. Et assure même la production. Ne concédant finalement le rôle d'ingénieur du son qu'au seul et unique Brendan O' Brien (Encore!), réputé pour son travail accompli en compagnie de Stone Temple Pilots...
 

 

Porno For Pyros

Good God's urge

Après avoir flambé (NDR: et le mot est faible) pour le premier album de Porno For Pyros, nous espérions, tout naturellement, pouvoir revivre un voyage aussi savoureusement et furieusement agité au centre de l'énergie et de l'intensité. Espoirs déçus? Pas tout à fait! Puisque ce nouvel opus pénètre votre subconscient d'une manière plus insidieuse, plus profonde. A un tel point qu'au fil des compositions ce "Good God's urge" exerce une véritable fascination. A la limite de l'envoûtement. L'opus se révèle en fait beaucoup plus énigmatique, vagabondant, à l'instar de Love & Rockets, dans une forme de psychédélisme lancinant, atmosphérique, bien que truffé d'arrangements spéciaux et enrichi d'une multitude d'instruments moins conventionnels. Tels que bongo, xylophone, guitare espagnole ou trompette. La présence des ex-Bauhaus, Daniel Ash, David J et Kevin Haskins y est sans doute pour quelque chose. Mais elle n'explique pas tout. D'autant plus que David Navarro et Flea des Red Hot ainsi que Mike Watt (Minutemen, Firehose) sont également de la partie. Sur les dix fragments de cet elpee, aucun n'accuse le moindre signe de faiblesse, même si notre sensibilité personnelle a été davantage troublée par l'exotique "Whishing well", le mystérieux "Porpoise head", le bowiesque et tribal "Dogs rule the night", la discipline crimsonsienne de "Freeway", le floydien (Unmagumma?) "Bali eyes" et surtout le remarquable et venimeux "Tahitian moon". Un must!
 

 

Jef Mercelis

The hopes & dreams of a drunk punk

Jeff Mercelis chante, compose, joue de la guitare, du piano, de l'orgue et donne le nom au line-up. Un Belge, apparemment de la région de Termonde qui n'en est pas à son coup d'essai, mais dont le "The Hopes & dreams of a drunk punk" constitue la première expérience au sein d'un groupe. Petite indication, Rudy Trouvé s'est improvisé ingénieur du son sur cinq titres. N'allez cependant pas imaginer que Mercelis marche sur les traces de dEus ou de Moondog Jr. Musicalement, certainement pas. Qualitativement, peut-être bien. Car cet opus est excellent. Trop long, peut-être, mais riche. Manifestant une sensibilité mélodique que l'on retrouve habituellement chez les Australiens. Notamment Nick Cave, les Go-Betweens, Died Pretty et même les Waterboys. Et plus épisodiquement chez Neil Young. Comme sur le superbe "Down & Gone". Sans oublier les quelques incursions dans le postcard (James), le free jazz (King Crimson circa "Islands") et même le minimalisme lo fi (Sebadoh). Doué en outre d'un timbre vocal capable d'inflexions aussi mielleuses que celles de Neil Diamond ou aussi majestueuses qu'un Peter Murphy, Jeff écrit des chansons particulièrement sombres, acerbes même qui, fait rare pour le souligner, ont reçu un écho favorable outre-Manche. Et ça, c'est une fameuse référence!
 

 

Kelst

Dust on my heart

Jan Van Kelst est un solitaire. Il a bien joué quelque temps au sein d'un groupe; qui répondait à un certain moment au nom de JVK (NDR: cherchez l'erreur!), mais fatigué des incessants changements de line-up, Jan a préféré ramasser ses billes, tirer sa révérence et revenir à sa carrière individuelle. Pour concocter "Dust on my heart", il a joué un peu à l'homme-orchestre. Depuis les arrangements à la production en passant par le mixage, l'instrumentation et le chant. Il y a bien quelques potes qui ont collaboré à l'enregistrement de l'album, mais très circonstanciellement... Tout comme Daniel Shell, Jan joue du chapman-stick, instrument à dix cordes qui combine guitare et basse et se manipule comme un piano; et il ne s'en prive pas d'en jouer tout au long de l'œuvre. L'artiste y tâte du reggae, du rythm'n blues, mais surtout du folk. C'est d'ailleurs dans ce domaine qu'il se révèle le plus performant. Son timbre vocal rappelant ni plus ni moins celui de Paul Simon, voire de Sting. Un elpee agréable à écouter, mais qui pêche cruellement par manque d'originalité...
 

 

Jean-Pierre Catoul & Gwenaël Micault ault

Other Worlds

Jean-Pierre Catoul est né en 1963 à Huy. Elève modèle du conservatoire de Liège, il devient très vite un surdoué du violon. Il découvre cependant assez rapidement d'autres horizons musicaux. Et notamment le jazz et le rock. En écoutant les disques de Jean-Luc Ponty et de Stephane Grappelli. Puis également en entrant au séminaire de jazz du même conservatoire de Liège. En 1986, il est admis dans le quatuor de William Sheller. Une longue collaboration qui lui permettra de côtoyer des artistes comme Niagara, Stephane Eicher, Barbara, Souchon et Bashung. Menant une double activité dans les univers jazz et pop, Jean-Pierre rejoint le groupe de Perry Rose début des nineties. Ce qui ne l'empêchera pas de se produire en 1990 avec Grappelli, et en 92, avec Toots Thielemans et Philip Catherine. Mais le plus remarquable devait encore arriver. Puisqu'en 1995, il assure et dirige, à la tête de sa section de cordes, les arrangements pour les concerts européens de Plant et de Page. Aujourd'hui, il nous propose un bout de son monde musical en compagnie de Gwenaël Micault. Un exercice de style qui nous permet d'entrer dans d'"Other Worlds". Et surtout d'apprécier la richesse de ses diverses cultures musicales. Tzigane, arabe, japonaise, bulgare, américaine et même française...
 

 

Nemo

Dum-Dàda

Difficile de faire preuve d'originalité dans son commentaire lorsqu'un groupe, même talentueux, ne parvient pas à se renouveler. Depuis 1992, ce trio issu de Houthalen affronte un même popcore contagieux, convulsif, énergique, inspiré à la fois par les Pixies, Lou Reed et les Feelies. Un style tellement homogène que nous pourrions aisément panacher l'ordre de sortie de toute la discographie de la formation sans que vous ne vous en rendiez compte. Sachez donc simplement que ce "Dum-Dàda" vient de sortir. Un opus de bonne facture, mais qui ne fera certainement pas avancer le schmilblick!...

 

Casus Belli

Tailgunnrangeless

Aux abris! Même si la guerre touche à sa fin. Tout au long de cet elpee, nos oreilles ont été soumises à un feu nourri d'artillerie lourde... Autre comparaison tout aussi douteuse, l'effet de ce "Talgunnerangeless" nous rappelle le plat national teuton. Saucisse, choucroute, et bière tiède dont la mousse est retombée au contact de molécules grasses. Faut dire également que pour un groupe allemand, sampler un discours de propagande hitlérienne n'est pas non plus du meilleur goût. Un groupe qui risque donc fort de ne pas faire führer...

 

Fontaines D.C.

Une fontaine de jouvence ?

Écrit par
Fondé en 2017, Fontaines D.C. est une formation dublinoise qui appartient à la nouvelle vague rock, à l’instar de IDLES, The Murder Capital, Shame, Slaves et Squid, mouvement initié, faut-il le rappeler, par Girl Band. Devenu depuis Gilla Band, il s’était formé en 2011 ! A ce jour, le band a publié deux elpees, « Dogrel » en 2019 et « A hero’s death » en 2020. Et son troisième, « Skinty fia » paraîtra ce 20 avril 2022. Non seulement les musicos possèdent un sens de l’humour typiquement irlandais, même si aujourd’hui ils se sont établis à Londres, mais les textes respectent une prose toute poétique. Ils ont d’ailleurs publié collectivement deux recueils de poésie : l'un appelé ‘Vroom’, inspiré par les poètes Beat (Jack Kerouac, Allen Ginsberg), et l'autre intitulé ‘Winding’, par les poètes irlandais (Patrick Kavanagh, James Joyce, WB Yeats). Enfin, le sigle DC ajouté au patronyme signifie ‘Dublin City’, alors que l’article défini ‘The’ est passé à la trappe. Il a été ajouté parce qu’il existait déjà un groupe californien qui répondait au même nom. Ce soir, l’Aéronef est sold out et le public est essentiellement composé de quadragénaires…

Le supporting act est assuré par Just Mustard, un quintet également irlandais, mais dont le lead vocal est assuré par une fille ; en l’occurrence Katie Ball, dont la voix, éthérée, douce et presque murmurée, rappelle le plus souvent Harriett Wheeler des Sundays. A son actif 4 Eps et un album (« Wednesday »), sorti en 2018.

Dès le début du set la batterie cogne sec et percute. Toute la salle vibre sous le martèlement hypnotique, tribal du drummer. Oscillant entre post punk et shoegaze, la musique nous plonge au sein d’un univers tour à tour paisible ou corrosif, sis à la croisée des chemins de Beach House et de My Bloody Valentine. En général, la musique est construite sur une forme de crescendo atmosphérique, tendu et troublant, sur lequel la ligne de basse ondule. Mais lorsque Dave Noona, l’un des deux gratteurs, se fend d’un hurlement féroce, les deux sixcordistes explosent le mur de son. Une puissance viscérale qui contraste avec l’attitude imperturbable, presque glaciale de Katie. Et pas davantage d’interaction entre le public et le combo, qui semble cultiver cette distance. Un concert fort intéressant, rappelant la bande à Kevin Shields et tout particulièrement un concert qu’elle avait accordé dans l’ancien Aéronef, rue Solferino, en 1992. Même que le son de Just Mustard était presque (enfin, pas tout à fait, quand même) aussi puissant… (voir aussi notre section photos )

Après une intro ‘soul’, les cinq membres de Fontaines D.C. grimpent sur les planches. Grian Chatten, le chanteur, salue la foule, mais on ne peut pas dire que ses fringues rivalisent d’élégance. Il a enfilé un tee-shirt de couleur noire XXL et un pantalon de jogging tout aussi extralarge. A contrario du gratteur Conor Curley, tiré à 4 épingles, et qui ne quittera jamais sa veste de tout le show. Pendant que les musiciens entament le set par « A lucid dream », morceau caractérisé par des sonorités de guitare surf, Grian déambule sur les planches en secouant une de ses mains. De loin on dirait qu’il cherche à se débarrasser d’un adhésif resté obstinément collé sur les doigts ; mais en fait, il s’agit d’une clope électronique qu’il manipule compulsivement (de couleur grise, merci Ludo). Un tic qu’il reproduira régulièrement tout au long de la soirée. Et puis, sa morgue évoque plutôt Liam Gallagher ; d’ailleurs quand il est face au micro, on dirait qu’il toise l’auditoire, une main dans le dos, alors que ses inflexions vocales hésitent entre celles de feu Mark E. Smith et de Damon Albarn. Imprimé sur un rythme modulaire et percutant, « Sha Sha Sha » rappelle curieusement The Clash. Une sèche et une fuzz alimentent « Jackie show the line », moment choisi par le light show, suspendu, au plafond, de reproduire des flammes oranges qui (re)montent et (re)descendent. Le public reprend en chœur les paroles du single « I don’t belong », démarche qu’il va régulièrement entreprendre sur les titres les plus connus. Chatoyantes, brimbalantes, les six cordes chamarrent littéralement « You said ». Une intensité électrique en crescendo digne des premiers albums de Radiohead inonde « Television screens », alors que la basse de Conor Deegan III trace une ligne gothique. Tom Coll (NDR : si Chatten paume sa cigarette électronique, il pourra toujours lui refiler du papier collant) imprime un tempo tribal à « Chequeless Reckless ». Les gobelets de bière voltigent dans les airs (NDR : et pourtant, ce n’est pas la St Patrick ; d’ailleurs, comme les Anglais, les Irlandais ne gaspillent jamais la bière : ils la boivent, même chaude !) L’ambiance monte d’un cran pendant « Television screens », alors que l’un ou l’autre téméraire se lance dans le crowdsurfing et qu’un fan apparemment surexcité, juché sur les épaules d’un comparse, brandit un drapeau irlandais. A mi-parcours de la ballade nostalgique « I love you », Chatten se met à déblatérer à une cadence soutenue, une compo qui, à son issue, déclenche une grosse clameur dans la fosse. Régulièrement, Grian tente d’enfoncer son pied de micro dans le plancher (NDR : aurait-il trouvé du pétrole ?) Et tout particulièrement pendant l’incendiaire « Too real », moment choisi par O’Connell pour faire une incursion rapide au sein des premiers rangs. Ode à la jeunesse, « Roy’s tune » permet au band de souffler quelques minutes. Les grattes alternent moments atmosphériques, réminiscents du Cure, et jaillissements acides, tout au long de « Stinky Fia », le titre maître du nouvel opus, alors que la voix de Chatten est trafiquée par un filtre vocodeur. Bref, mais tribal et fulgurant, « Big » est sculpté dans le punk rock. Et le set de s’achever par « Boys in a better land », un peu comme si Chatten prononçait un sermon face à une congrégation acquise à sa cause mais particulièrement réactive face à face à son discours ; et le tout sur un rythme insidieusement calqué sur le « Gloria » de Them, une formation irlandaise légendaire, mais du Nord, dont le leader, Van Morrison, né en 1945, se produit toujours sur scène, mais sous son propre nom ! (NDR : et pour l’anecdote, sachez que Grian a récupéré le drapeau…)

Fontaines D.C. se fait désirer pendant de nombreuses minutes, et finalement décide de revenir sur l’estrade. Il attaque d’abord le rythmé « Here’s death », embraie par le punk rock tribal et débridé « Hurricane laughter », un titre traversé de larsens, au cours duquel Chatten susurre des ‘ssss’, tel un serpent à sonnettes, puis ose un bref bain de foule, avant que Carlos O’Connell, le guitariste le plus déchaîné, ne se lance dans un crowdsurfing, sur dos, tout en jouant de la gratte. Le concert s’achève par « Nabokov » une nouvelle compo (NDR : elle figurera sur l’album « Stinky Fia ») qui se réfère probablement à Vladimir Nabokov, écrivain russo-américain auteur, notamment, du roman polémique « Lolita ».

Un excellent concert, au cours duquel les musicos ont fait preuve d’une grande maîtrise, même si on a eu l’impression que hormis O’Connell, ils n’ont jamais puisé dans leurs réserves. Début de tournée ? Peut-être ! N’empêche on est probablement occupé d’assister à l’éclosion d’un futur monstre sacré de la rock music (70 ans d’existence, quand même !) Et puis, pourquoi pas, vu le patronyme, il pourrait servir de fontaine(s) de jouvence à cette scène en pleine expansion, mais soigneusement reléguée dans la zone crépusculaire de l’underground. A tel point que sa future tournée pourrait passer par des salles du calibre du Zénith ou de Forest National. Mais seul l’avenir nous l’apprendra…

(Voir notre section photos ici)

(Organisation : l’Aéronef, Lille)

Setlist

A Lucid Dream
Sha Sha Sha
Jackie Down the Line
I Don't Belong
You Said
Television Screens
Chequeless Reckless
Televised Mind
I Love You
Too Real
Roy's Tune
Skinty Fia
Big
Boys in the Better Land

Encore:

Hero's Death
Hurricane Laughter
Nabokov

(Merci à Guy et Ludo)

Katy J Pearson au lever du jour…

Écrit par

« Sound of the Morning », le nouvel elpee de Katy J Pearson, sortira ce 8 juillet 2022.  

Écrit et enregistré à la fin de l'année 2021, cet opus a été coproduit par Ali Chant (Yard Act et le maître d'œuvre de « Return », le premier album de Katy) et l’un des boss du label Speedy Wunderground, Dan Carey (Fontaines DC).

Sur ce disque, Katy ne craint plus d'explorer les aspects les plus sombres de la vie, mais le fait avec une ouverture pleine de lumière.

Issu de ce futur long playing, « Talk over town » est disponible en vidéo ici

 

Page 83 sur 860