La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Butch Hancock

Eats away the night

Auteur d'une douzaine d'elpees depuis 1978, ce Texan fait aujourd'hui figure de mythe dans le monde de la musique folk. Et son "More a legend than a band" sert de référence pour bon nombre d'artistes contemporains. Emmylou Harris, Jimmi Dale Gilmore, Joe Ely, les Texans Tornadoes et quelques autres sont même allés jusqu'à puiser dans son répertoire. Maintenant, n'allez pas croire que Butch se limite à gratter une râpe acoustique pour accompagner son chant. A la manière de Bob Dylan, il s'est entouré d'un groupe de rock basique. Comme sur ce "Junkyard in the sun" où non seulement il a recours à un drummer et à un bassiste, mais à la bagatelle de deux guitaristes. Neo folk rock !

 

The Drum Fondu

It´s late

Après la fondue bourguignonne et savoyarde, voici la Drum Fondu, préparation faite à base de langue de Vondel, de synthés et de samplings. Saupoudrez le tout d'un zeste de cordes de guitare, ajoutez une pincée de basse et un doigt de cuivre, et vous obtiendrez une solution expérimentale à tremper, suivant le goût, dans le post punk (De Kreuners?), l'electro wave (Berlin Blondes?) ou le krautrock (Can, Neu, Faust). Bon appétit!

 

La marche en avant de Mes Souliers Sont Rouges…

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Rien n’arrête la marche de Mes Souliers sont Rouges jamais les deux pieds dans les mêmes galoches !

Toujours prompts à défricher de nouvelles partitions, ils se réinventent grâce à des compositions originales et des chansons écrites sur mesure pour leur 8e album qui vient sceller le renouveau du groupe déjà bien engagé depuis 2018.

Si les instruments restent traditionnels, le groupe réserve bien des surprises, en servant, par exemple, de la cornemuse, merveille de déchirement dans l’ode à la « Demoiselle ». Ils nous racontent des choses terribles à l’aide de mélodies rafraîchies par le violon, ensoleillées par l’accordéon ou traversées par la flûte « Ah ce que c’est triste ! ».

Les histoires drôles se prêtent à leurs chœurs tendres. Ils jouent avec les mots à double, triple sens, plus virtuoses que jamais de la diction dans les accélérations. L’agilité rivalise avec la précision des arrangements pour délivrer toute la finesse des textes de Marion Cousineau.

Florent Vintrigner (la Rue Ketanou) donne le ton à de nouvelles couleurs sonores pour se préoccuper du monde d’aujourd’hui. Si ‘le temps s’en va’, doux-amers, l’harmonica et le banjo finiront par s’emballer en compagnie de la contrebasse et la planche. Mes Souliers sont Rouges conserve sa bonne humeur pour entraîner inlassablement le public dans la sarabande.

La tournée annonce un beau Printemps 2022 dont un spectacle conçu et mis en scène avec Perrine Diot, chansigneuse, qui devient membre à part entière de la formation.

Les mélomanes et les fêtards, les vieux, les jeunes, les anciens comme les modernes, les gars, les filles, tout le monde s’y retrouve dans la musique traditionnelle anticonformiste de Mes Souliers sont Rouges et finalement s’en mêle...

De loin en proche, fort de ses 30 années au compteur, le phénomène folk alternatif reste d’actualité !

Hauts les chœurs et cœurs vaillants, l’aventure continue… et le clip de « Maraîcher mon ami est à savourer ici

 

Et de 66 pour Wim Mertens…

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Wim Mertens vient de sortir son nouvel elpee. Intitulé « Heroïdes », il s’agit de son 66ème. Cet opus s’inspire des Heroïdes, un recueil de poèmes par l’aède latin Ovide, sous forme de lettres adressées par des héroïnes de la mythologie (Sappho, Pénélope, Hermione, …), à leurs amants héroïques qui sont absents (Phaon, Ulysse, Oreste, …) à cause de guerres ou d’autres raisons de séparation.

« Heroides » se présente sous la forme d’un double album : le premier pour piano et voix et le second lui répondant avec un ensemble de cordes (violons, cellos, harpe), enrichi par Mertens au piano. Ces lettres restées pour la plupart sans réponse sont ce que l’on pourrait appeler des petites tragédies. La tragédie de la séparation avec l’être aimé, de la douleur d’un amour impossible à partager, de lendemains sans promesses.

Tout au long de « Heroides », le compositeur a choisi de répondre musicalement à ces monologues en présentant les mêmes compositions pour deux instrumentations différentes. Comme un miroir qui répond à la douleur de l’absence, comme un écho à ces chants d’humble solitude, comme un hymne à des retrouvailles.

En 2020, la célébration de 40 ans de carrière de Wim Mertens devait trouver son apogée lors de la tournée ‘Inescapable’. Mais un certain virus est passé par là … et le projet du périple s’est évaporé.

En 2022, Wim reprend la route des salles de concert pour notre plus grand plaisir...

Lien d’écoute

 

La face rock de Pierre Rapsat…

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Pierre Rapsat avait plus d’une corde à son arc. Bien sûr, il était un mélodiste de grand talent : de « L’enfant du 92ème » à « Les rêves sont en nous », Pierre pouvait composer des chansons dont les mélodies fortes nous poursuivent encore, 20 ans après sa disparition (il nous a quittés le 20 avril 2002).

Il pouvait aussi écrire des chansons qui nous touchent comme « Aurore » ou « Un dimanche en automne » ; composer des mélodies sur des textes écrits par d’autres auteurs de talent, notamment avec Eric Van Hulse : « Les artistes d’eau douce », « Gémeaux ».

Il aimait profondément le travail de création en studio où il prenait plaisir à entendre éclore les nouvelles perles de son prochain album. Mais tout le monde s’accorde à dire que son grand ‘Art’ était d’être sur scène, face à son public, porté par un bon band. ll se transformait alors en ‘bête de scène’ particulièrement lorsqu’il interprétait ses chansons les plus rock.

Après « Well cut », le premier album de Gengis Khan (1970) dans lequel il n’était ‘que’ le bassiste, Pierre n’a pas laissé tomber ses influences rock. Bien au contraire. La presse l’a identifié à l’époque comme un des tout premiers à faire du rock en français ; et on sait qu’avoir raison avant les autres n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

La compilation « Face Rock » met en valeur une collection de titres rock de toutes les époques où les guitares, les bonnes basses et les batteries n’ont rien à envier aux groupes anglo-saxons qui en fin de compte n’ont pas le monopole du genre. C’est étonnant et vivifiant d’entendre tous ces titres musclés enchaînés ; ça fait du bien, ça donne envie de bouger et ça décrasse bien les oreilles !

« Face Rock » paraîtra ce 15 avril 2022.

Le kaléidoscope social de Boris Maurussane…

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“Social Kaleidoscope”, c’est le titre du premier elpee de Boris Maurussane. Il a été imaginé dans l’esprit du “Smile” des Beach Boys, tout en puisant son inspiration dans la pop canterburienne (Robert Wyatt, Caravan) ou baroque (The Zombies, Montage), le jazz (John Coltrane), l’impressionnisme (Debussy) ainsi que la musique populaire brésilienne.

Au final, compte tenu de sa voix et de son univers mélodique et harmonique, sa musique nous entraine un peu plus vers l’univers sonore d’un Stereolab. En découle un psychédélisme ouvragé, incarné et rythmique, grâce notamment à la présence des batteurs Jean Thevenin (François and the Atlas Mountains, Jaune, Orouni…) et Stéphane Bellity (Ricky Hollywood, Juliette Armanet, Melody’s Echo Chamber, Halo Maud…)

Pour les arrangements, il a fait appel à de nombreux instrumentistes issus de la musique baroque ou classique ainsi qu’à la pianiste de jazz Sandrine Marchetti afin de donner corps à ses recherches sur les timbres, les couleurs, soulignant la richesse harmonique de sa musique ; sont ainsi convoqués épinette, trompette, hautbois, basson, cor, cordes…

Les textes, en anglais, énigmatiques de prime abord, révèlent à bien les lire des obsessions assez personnelles : la méditation au cœur de la nature et le retour aux réalités foncières, le rapport au temps, attente, souvenir, nostalgie, fantasme, expectative - amicale, amoureuse, sociale, politique… Le titre “Social Kaleidoscope” tiré de “La Recherche du temps perdu” de Proust, est ici appliqué à l’une des visées de la musique qui est de susciter un bouleversement dans la société, de renverser le kaléidoscope social, par les liens nouveaux qu’elle a créés entre les individus, la tentative de redonner un poids social, politique, aux musiciens et aux auditeurs.

Entre ces textes et la musique s’instaure un dialogue, où les développements instrumentaux sont autant de travellings, de longues descriptions, où la structure des chansons est narrative.

Le clip de “Riverbank” est disponible

Les non-dits de Roseland…

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Deuxième long format après « To Save What Is Left » paru en 2020, “Unsaid Words”, le nouvel album de la Bordelaise Roseland (de son vrai nom Émeline Marceau) s’annonce comme une belle sortie du printemps 2022.

Composé en grande partie pendant le confinement de l’hiver-printemps 2020, il dévoile un véritable patchwork d’émotions et de couleurs qui placent directement sa créatrice à mille lieues des modes et styles musicaux trop facilement codifiés ou codifiables par le diktat du marketing médiatique.

Ses contours pop, synthétiques, électroniques ou parfois presque post-rock habillent avec élégance une voix qui susurre autant qu’elle (s’) emporte et viennent gorger ses mélodies d’une sensibilité aussi lumineuse que mélancolique. Particulièrement riche et dense (12 titres), l’album est ainsi à l’image de sa pochette : moderne, pluriel et virevoltant.

Au fil des titres, la musicienne évoque aussi le poids du regard des autres et notre rapport à l’altérité, comme sur l’élégante ballade pop “Wasted”, composée piano-voix (qui suit un narrateur sans-abri), ou “All I Want”, chanson d’idolâtrie au synth-rock enivrant. Ailleurs, elle souligne aussi l’importance des gestes face à une parole parfois trop vaine pour s’exprimer (“Unsaid Words”).

Enfin, si la peur de la perte a par ailleurs toujours pignon sur rue dans les thématiques textuelles de Roseland (l’amnésie racontée sur le krautrock entêtant de “Stop”, la mort à travers le vocoder fantômatique de “Silence”), la Bordelaise met également de la lumière dans sa musique en nous faisant encore croire à l’amour bienveillant et à l’espoir d’un avenir optimiste et apaisé (sur la pop mélancolique de “Glide Time” ou la léthargie enchanteresse de “Let It Go”).

Douze titres de synth-rock exaltant qui pourront parfois rappeler les pérégrinations sonores de M83, Radiohead, St Vincent ou Sharon Van Etten et leur conférer une esthétique raffinée et moderne, séduisante à tous points de vue.

“Unsaid words” est en écoute ici 

La question existentielle de Baptiste Ventadour…

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On croit l’avoir toujours entendu alors que Baptiste Ventadour a vingt et un ans. Pourtant, quand il chante ‘On va tenter la vie en grand pour la beauté du geste’ c’est une évidence absolue.

L’élan folk irrésistible d’une douze cordes, la clarté des émotions, la ferveur d’une voix de bluesman juvénile, la limpidité des intentions.

Ses chansons semblent courir dans une rue de village, de bistrot en bistrot, dans une nuit à guitares, sur un quai en attendant le train…

Des chansons qui prennent la main, qui se partagent d’instinct, qui sont prêtes à tracer la route.

Pour découvrir le clip d’« Une vie », son troisième single, c’est ici

Le nouvel album de Pierre Welsh & the Oaks est insaisissable…

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Intitulé « L’insaisissable », le nouvel elpee de Pierre Welsh & the Oaks est paru ce 25 mars 2022. Le groupe dévoile, en outre, une magnifique vidéo pour accompagner le titre « Le Geste, La Grâce ». Réalisée par Robin Shuffield, elle met en scène la danseuse de l'Opéra de Lyon Kristina Benz.

Le clip illustre l'intention du texte en présentant le groupe, immobile, les regards fixes, à contre-jour. La danseuse incarne la grâce par le geste, et danse autour des personnages figés, qui peu à peu s'animent, d'abord furtivement… puis les instruments apparaissent et la formation se met en mouvement, emmenée par les arabesques de la danseuse. C'est la grâce qui régénère et ramène à la vie, au mouvement, au rythme de la pulsation. Par le choix d'un faux noir et blanc (des tonalités sont noires sur fond blanc, mais le clip est en couleur), le contre-jour qui fait ressortir les silhouettes, l'intention était de créer une atmosphère élégante et mystérieuse, très graphique, et légèrement inquiétante au début.

A la fin du titre, les personnages se sont humanisés, l'inquiétude laisse la place à quelque chose de plus lumineux, les mouvements des corps s'inscrivent dans ceux de la musique.

Le choix d'une danseuse de formation classique, mais capable d'improviser, de convoquer la danse contemporaine en toute liberté était déterminant.

Elle apporte une interprétation de la grâce qui conjugue très finement la pureté à une sensualité naturelle et subtile. L'âme et le corps... et un regard qui semble dire : ’Je sais où je veux vous emmener, alors suivez-moi...’.

Le clip de « Le Geste La Grâce » est à voir et écouter

Oslo Topique glisse entre les mains des robots de la politique…

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Né en 2019, suite à la rencontre entre membres de la scène rock toulousaine (Commando Percus, Ulster Page…), Oslo Tropique considère sa musique comme un défouloir.

Le patronyme est un oxymore climatique, et le groupe souhaite qu’il le reste : après tout, nous ne sommes pas si pressés de siroter des mojitos à Oslo. Une dualité que l’on trouve clairement dans la musique. D’un côté le rock puissant, électrique, oscillant du garage au stoner… De l’autre la poésie du chanteur au timbre rare, qui sait aussi bien séduire que scander. Le style d’écriture, lui, alterne entre réalisme désabusé kafkaïen et absurde psychédélique à la Prévert. Et le nouvel opus, "Entre les mains des robots" paraîtra ce 20 mai 2022.

BHL, Macron, Balkany... personne n’est épargné par "Les chaînes info", le nouveau clip d'Oslo Tropique. Après "Un pavé dans l'écran" et "Les grands palaces", le groupe s'impose à nouveau comme ancré dans la réalité contemporaine.

Evitant le piège du pathos, le clip joue du décalage humoristique entre réalité du quotidien, et violence symbolique des puissants. Un titre plus que jamais actuel, à écouter sans modération dans un monde où, d'un jour à l'autre, plus rien n'est certain.

La vidéo de "Les chaînes info" est disponible

 

Rey Villalobos ignore s’il trouvera une issue…

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L’ex-House of Wolves, Rey Villalobos, a monté un nouveau projet qu’il a baptisé The Coral Sea ; et il nous propose une collection nostalgique de chansons recomposées pour piano, guitare acoustique et synthés au cours de l'année écoulée à partir de ses 2 premiers albums "Volcano and Heart" et "Firelight", un elpee intitulé "Home Recordings Volume I" et paru le 8 mars dernier.

Issu de cet LP, "I Know You'll Find A Way" est une chanson d'amour, enregistrée, à l’origine, sur une cassette 4 pistes. Elle a été traduite en clip. Cette vidéo a été tournée, lors d’une froide journée d'hiver, dans le nord de la France, par le cinéaste français Dominique Eyraud et met en vedette l'actrice Sidney Berstein. 

Et elle est disponible ici

 

Sleaford Mods

Plus c’est court, plus c’est bon…

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Sleaford Mods se produit ce mardi 5 avril, à l’Ancienne Belgique, dans le cadre de la tournée ‘Spar Ribs Tour Mainland Europe 2022’ ; et la salle est pleine à craquer. Originaire de Nottingham, en Angleterre, ce duo britannique de post punk implique le chanteur et frontman polémique Jason Williamson et le musicien / producteur Andrew Fearn (depuis 2012). Son douzième elpee, « Spare Ribs », est paru en janvier de l’an dernier, une œuvre au cours de laquelle le tandem manifeste sa colère à l’égard du gouvernement britannique qui se croit tout permis et dont l'approche je-m'en-foutiste de la crise du coronavirus en est la plus belle illustration.

Issu de Bristol, en Angleterre, Lice assure le supporting act. Un quatuor qui réunit un chanteur (Alastair Shuttleworth), un guitariste (Silas Dilkes), un drummer (Bruce Bardsley) et un bassiste (Gareth Johnson) ; mais qui ce soir est soutenu par un claviériste. Son premier opus, « Wasteland : What Ails Our People Is Clear », est sorti en 2021. Le groupe partage une même esthétique garage/rock sale que Fat White Family, mais également la rage, l'urgence et l'esprit du punk morveux d’IDLES, un band également établi à Bristol. Le vocaliste ne chante pas, il vocifère en haranguant la foule. Il l’incite à se remuer et à applaudir, tout en faisant le pitre. Et les premiers rangs réagissent à ses sollicitations. Cocktail expérimental de métal, de rock, de punk, de blues et de noisy, la musique dispensée par Lice ne l’est certainement pas… lisse… Elle est même un peu difficile à digérer, mais le combo a bien chauffé la foule…

(voir notre section photos ici)

Place ensuite au plat de résistance : Sleaford Mods. Hormis le light show, qui va se révéler agressif, le décor est sobre. Une quinzaine d’imposants spots led sont érigés verticalement. Ils vont balayer les deux artistes de face et de dos. Une rampe lumineuse de néons placée sur des socles métalliques s’étale sur toute la longueur de la scène, à deux bons mètres de hauteur.

Le duo monte sur l’estrade. Andrew Fearn, imperturbable derrière son petit ordinateur, main dans la poche et bière dans l'autre, appuie nonchalamment sur un petit bouton afin de lancer le son. Il se contente de taper du pied en rythme et se marre en observant la foule qui rapidement se déchaîne. A la manière d’un Liam Gallagher, Jason se promène de long en large, sur le podium, tout en toisant l’auditoire. Puissante, sa voix évoque celle de Johnny Rotten (Sex Pistols, PIL). Il déverse son flow hip hop ininterrompu, d’un accent des Midlands à couper au couteau, mais en le parsemant d’une multitude de ‘Fuck off’ et de ‘Fuck in’. Mais les lyrics appuient là où ça fait mal avec un mordant et un esprit inégalé. Encore qu’on l’impression que Jason manifeste une inventivité lyrique et vocale plus conséquente qu'auparavant. Il semble ainsi davantage influencé par des auteurs-compositeurs-interprètes tels qu'Alex Cameron et Aldous Harding que par les rappeurs.  

Vingt-trois titres sont dispensés sans quasi la moindre interruption et surtout sans la moindre interactivité. Et pourtant, dans la fosse, c’est le boxon. Les pogos, le crowdsurfing et les round circles se multiplient.

Et au fil du set, la scène est jonchée de gobelets de bière (souvent pleins), alors qu’excités, les fans y grimpent avant de plonger aussitôt dans la fosse. Sans doute emporté dans l’ambiance, Andrew entame une danse sauvage.

Pourtant connu pour son style minimaliste, Sleaford Mods a proposé, ce soir, des versions plus complexes des compos de son répertoire, les traduisant même en électro/pop. La plupart des titres du dernier long playing figurent dans la setlist. Mais la paire a aussi le bon goût de nous réserver une reprise plutôt réussie du « Don’t Go » de Yazoo.

Et s’il fallait appliquer un slogan à Sleaford Mods, on pourrait décréter : plus c'est court, plus c'est bon !

Pour les photos, c’est

Setlist : « The New Brick », « Shortcummings », « Middle Men », « Spare Ribs », « I Don’T Rate You », « Kebab Spider », « Face To Faces », « Jolly Funcker », « Mork N Mindy », » Thick Ear », « Tiswas », « T.C.R. », « BHS », « Don’t Go » (cover Yazoo), « Second », « Nudge It », « Elocution », « Out There », « Top Room », « Discourse », « Tied Up In Nottz », « Jobseeker », « Tweet Tweet Tweet ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Mélanie Isaac: un "Coup de cœur" pour son nouvel album

Mélanie Isaac est la nouvelle artiste "Coup de cœur" des Médias Francophones Publics avec sa nouvelle chanson “Paradis Nord”, extraite de son nouvel album à paraître le 22 avril prochain. Les médias partenaires sont: Radio France, Radio Canada, Option Musique pour la RTS et La Première pour la RTBF.

Un coup de pouce bienvenu pour cette chanteuse originaire des Ardennes belges et basée aujourd'hui à Bruxelles. Après avoir gagné plusieurs concours, dont la Biennale de la Chanson Française (Le parcours Francofaune de l’époque) et dans la foulée d'un EP « L’Inachevée » remarqué, elle s'apprête à sortir son premier album long format, publié en auto-production.

Musiczine a pu, en avant-première, obtenir le nouvel opus, intitulé “Surface” et c'est un véritable ravissement pour l'oreille. La voix voluptueuse de la chanteuse est comme une invitation dans un rêve sensuel. On oscille avec plaisir entre Barbara, Dominique A, Fishbach, Françoise Hardy, Mélanie de Biaso et Dominique A. Le son est ample et d'une impressionnante clarté. Il évoque un univers rétro-futuriste, délicieusement 'vintage'.

Suite d’une escale à Astaffort et d’une rencontre parisienne avec Antoine Graugnard, ce disque produit et arrangé avec Julien Lebart dans un studio de Rivesaltes, mixé et masterisé à Bruxelles par Erwin Autrique, nous fond dans un décor aux sonorités tant organiques qu’atmosphériques, avec comme point de mire cet horizon intemporel.

"Paradis Nord" ouvre le disque comme un rêve doux et ensorcelant. Un parfum de Bob Dylan (“Girl From The North Country”) et de Michel Berger (“Paradis Blanc”) sur lequel la voix cristalline de Mélanie glisse avec douceur. La plage titulaire évoque avec pudeur la crise sanitaire et l'impact psychologique des dérives autoritaires. “La Révélation” ondule sur un rythme tango et évoque subtilement Véronique Sanson. A l'instar de nombreuses compositions de cet album, elle sonne dès la première écoute comme un classique de la chanson française.

“Surface” trace les contours d'une « indie-pop » racée et envoutante. La maîtrise vocale dans "La Révélation" est frappante et la chanson brille par ses arrangements discrets mais terriblement efficaces, dans lesquels se love le chant murmuré de Mélanie.

Poursuivant l'itinéraire, on part en quête des abysses, on se révèle au coeur d’une ville morte, on s’envole vers la Floride. L’amour s’y explore sous toutes ses facettes. Comme autant de chances de refléter la lumière, de défier nos insouciances, d’atteindre le rivage. Avec une main dans celle du vent et sur l’autre, cet oiseau qui s’attend au retour des absents. A l’arrivée, c’est évident.

En un mot comme en cent, cet album est une réussite totale, comme une parenthèse sincère traversée par la marque d'une élégance rare. Une confirmation de l'immense talent de Mélanie Isaac! Avec un tel album dans son escarcelle, sûr que l'artiste sera courtisée par les compagnies de disque...

Pour regarder la vidéo de “Paradis Nord”, c'est ici

Pour commander le CD de “Surface”, c'est ici.

Photo: Maël G. Lagadec

Dirty Sound Magnet

Un concert qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

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Ce soir, il n’y a pas plus de 30 personnes pour accueillir Dirty Sound Magnet au Zik-Zak d’Ittre. C’est triste, vu le potentiel du groupe suisse. Et la Covid n’est plus une excuse, puisque la Belgique affiche un code jaune. Spectateur de marque, quand même, Jacques de Pierpont, alias Pompon.

Responsable d’un cocktail groovy entre blues, garage, rock, psychédélisme et prog, dynamisé une irrésistible rythmique funk, Dirty Sound Magnet est issu de Fribourg. Il a publié son quatrième long playing, « DSM III », en mars dernier, une discographie entrecoupée de deux mini-elpees et d’un opus ‘live’. Certains médias n’ont pas hésité à comparer sa musique à celle des Suédois Graveyard ou des Américains Radio Moscow. Et d’autres à Tame Impala ainsi que King Gizzard and the Lizard Wizard. Pourtant, le groupe déclare puiser son inspiration dans les sixties et les seventies. L’expérience sonique proposée est unique. Le band la qualifie, non sans une pointe d’humour, de ‘retour mystique vers le futur’. Les morceaux véhiculent, en outre, des textes sarcastiques, qui dépeignent les problèmes tumultueux que la société traverse aujourd’hui.

Le supporting act est assuré par Mezzo Pazzo, une formation louviéroise drivée par le chanteur/guitariste Angelo Ognito. Pierre (guitare), Sam (batterie) et Max (basse) ont rejoint le nouveau projet d’Angel afin de vivre des expériences live destinées à être reproduites en studio. Il pratique un rock hybride dont les influences sont multiples, tout en y ajoutant sa touche personnelle. Riffs entêtants et harmonies sont la clef de ce mélange explosif. Angel a joué en compagnie de Romano Nervoso, Incognito ainsi que Jane Doe and The Black Bourgeoises. Mezzo Pazzo a sorti son premier LP (NDR : un éponyme !) en février 2020. Un disque qui faisait suite à un Ep, paru en 2018.  

Angel, barbe en collier bien taillée, chapeau vissé sur la tête et armé de sa gratte se plante derrière son micro. Il a la niaque, car il n’a plus foulé les planches d’une salle de concert depuis deux ans, à cause de la pandémie. Et ses trois acolytes semblent aussi déterminés.

« Dead clock » ouvre le bal. Les grattes sont agressives, huileuses, graisseuses même. L’expression sonore navigue sur une forme de stoner-rock-garage souvent rencontrée au cours des seventies. Mais on y décèle également des traces de glam, probablement héritées de Slade, Bowie, Sweet et New-York Dolls. Les percus sont insidieuses. Accrocheur, « Creepy Morning » se distingue par une jolie mélodie et un vocal harmonieux, même si parfois il est capable de monter très haut dans les aigus. Hit potentiel, « Like A Dandy Without A Penny » se révèle particulièrement radiophonique. Normalement, Giacomo, le leader de Romano Nervoso, devait venir poser sa voix sur « Left Me For Dead ». Comme sur l’album. Mais malheureusement, il brillait par son absence. Et pourtant, son esprit hante « Chemical Instinct ». A moins que ce soit celui d’Elvis (NDR : pas Pompilio, hein !). Quel punch ! Quelle énergie !

Setlist : « Dead Clock », « Creepy Morning », « Like A Dandy Without A Penny », « Feat Of Clay », « Beyond Scope », « Mad Luv », « Left Me For Dead », « Chemical Instinct », « The Last Before The Last »

Place ensuite à Dirty Sound Magnet. Le set s’ouvre par les trois plages issues du dernier opus, « DSM III » (NDR : il y en aura six au cours du show). Tout d’abord « Sunday drama », morceau au cours duquel on écoute religieusement la longue intro dispensée par la guitare de Stavros Dzodzos. Puis « Meet The Shaman », une compo qui nous replonge au sein du psychédélisme des années 60 et 70. « Heavy Hours » aurait pu naître d’une rencontre entre Jimi Hendrix et Frank Zappa. Enrobé d’harmonies vocales, « Mr Robert » prône un retour au calme.

Doué d’une excellente technique, le drumming est particulièrement efficace. Malgré la faible assistance, la température grimpe rapidement dans la salle et Maxime Cosandey laisse tomber le marcel après quelques chansons. Le power trio affiche de nombreux concerts au compteur. Les musicos se connaissent parfaitement. Et cette cohésion se voit et surtout s’entend. En outre, les impros confirment ces excellentes dispositions. Il est vrai, quand même, que les musiciens sont d’habiles jammeurs. Et ils vont le démontrer au cours de la soirée. Rauque, la voix de Stavros apporte une coloration particulière aux compos. Et puis engagés, ses textes sont parfois abordés avec un second degré.

Le groove est accentué par les interventions de basse de Marco Mottolini. Et puis, le band n’hésite pas à opérer des incursions dans le funk. Ainsi, même si l’expression sonore se veut fondamentalement contemporaine, elle exhale un certain parfum de nostalgie, en puisant l’essentiel de ses références depuis les 60’s jusqu’aux 90’s. Bref, un concert à la fois intense et énergique, mais surtout de qualité, qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

Setlist : « Sunday Drama », « Meet The Shaman », « Body In Mind », « Toxic Monkeys », « Mr. Robert », « Heavy Hours », « Jam session », « Social Media Boy », « Sophisticated Dark Ages », « The Poet and His Prophet ».

(Organisation : le Zik Zak et Rock Nation)

Unik Ubik

I’m Not Feng Shui

Écrit par

Les musicos ont opté pour des pseudos à coucher dehors. Jugez plutôt : à la guitare... Orkestralone Seb Dlay (Kofeee). A la basse... T.Raznor (Maria Goretti Quartet, Spagguetta Orghasmmond). Au saxophone… JB (Louis Minus XVI, Cheikh de stael). Et à la batterie…  O'Von Pimpont ; von Basècles.

Pas des néophytes quand même, puisqu’ils ont déjà pas mal bourlingué au sein d’une multitude d’autres projets. Issu de la région de Tournai, le band revendique un punk festif. Celui de la fin des seventies, pas le post punk de la décennie suivante. Un punk au sein duquel s’immisce jazz et psychédélisme. Pour un résultat expérimental, furieux, délirant, déjanté et transgressif, ne reculant avant aucun obstacle, collant même aux riffs ravageurs des rythmes africains ou dopant la précision de leurs propos par une folie exploratoire débridée. Du pur artisanat ! D’ailleurs, en moins de 40 minutes, Unik Ubik n’hésite pas à revisiter, à sa manière, 50 ans de musique rock, depuis The Ex (NDR : on en reparlera) à Television, en passant par The Clash, James Chance and The Contortions, et sous un angle contemporain, Black Midi ainsi que Crack Cloud. Et la liste est loin d’être exhaustive !)

Malgré un changement de line up, le combo nous propose son troisième elpee.  Intitulé « I'm Not Feng Shui », il recèle une reprise de Tuxedomoon (« Pinheads on the move ») et un titre pour lequel il a reçu le concours de G.W. Sok, le chanteur historique du band batave The Ex, sur « This Is The Day ». 

« Dan-jun » ouvre l’elpee, une plage aventureuse et bien cuivrée (ce saxophone free jazz !) au cours de laquelle l’Afrique-Centrale rencontre les Balkans quand ce n’est pas le Funkadelic de George Clinton qui invite The Inspector Cluzo.  

Groovy et toujours aussi cuivré, « Rolled In Flour » brasse d’abord les genres, décide de s’emporter avant de laisser le mélomane sur les rotules.

Le titre maître invite à la danse tribale punk.

Une ligne de basse belliqueuse et un sax vengeur précipitent « Mesmerize & Vanish » dans un chaos organisé.

« Tractors And Cows Down To St James Infirmary » est hanté par la voix de David Byrne.

« Lazy Beezy » fluctue entre funk, punk et no wave. Et dynamisé par les cuivres sauvages, « Gypsy's Revenge » se nourrit de stoner et de noisy rock.

Paru en single, « Maggie Débloque » avait également fait l’objet d’un clip, au cours duquel, le groupe blâmait (‘Maggie nie tout en bloc’) l’incompétence de la précédente ministre de la Santé. On retrouve d’ailleurs, dans les textes, tout au long de cet opus, l’esprit frondeur et l'humour pince-sans-rire de Thomas Rasseneur.

Unik Ubik se produira dans le cadre des Nuits Botanique, le 5 mai 2022, au Grand Salon. Le label Humpty Dumpty n’a plus un groupe de fous furieux dans son écurie, il en a deux ! Et c’est tant mieux pour la scène rock indépendante noir-jaune-rouge !

Matisyahu

Matisyahu

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D’origine juive hassidique, Matisyahu est un chanteur/compositeur/rappeur américain. Chez lui, le changement appartient à la démarche artistique. Quand ce ne sont pas ses goûts musicaux qui vont constamment d'un style à un autre, et notamment du roots au rock en passant par le dancehall, le hip hop, le zouk et le dub, c'est un nouveau musicien qui est incorporé à son groupe afin d'y apporter une nouvelle couleur. Depuis son premier album, paru en 2004, Matisyahu est soutenu, en studio comme sur scène, du backing-band Roots Tonic, dont le line up implique Aaron Dugan, Josh Werner et Jonah David.

Le reggae est un genre beaucoup plus que complexe qu’il n’y paraît et ses subtilités ne sont pas toujours faciles à maîtriser. Fervent partisan du métissage des genres et des cultures, Matisyahu n’est pas, a contrario, un ardent défenseur des structures conventionnelles dans la musique.  

Ce qui ne l’empêche pas de revendiquer deux solides influences : Ben Harper et Bob Marley. 

Perçante, la voix transcende littéralement, « Not Regular », la plage qui ouvre l’opus.

Premier single issu de cet LP, « Mama Please Don’t Worry » fluctue entre reggae et dancehall.

Plus rock, « America » se nourrit également d’électro.

Salt Cathedral (NDR : réunissant Juliana Ronderos & Nicolas Losada, ce duo né en Colombie s’est établi à Brooklyn Salt) est en featuring tout au long de « Chameleon », un hymne caribéen dynamisé par le steel drum, un instrument de percussion idiophone. Et non seulement, la paire se charge de la mise en forme de cet LP, mais elle participe également à « Keep Coming Back for More », une piste qui flâne entre reggae et dancehall. Sous le soleil de Kingston, quelque part sur une plage au sable fin, « Mama Please Don't Worry » perpétue l’héritage de la famille Marley et de son Groundation…

« In My Mind » baigne au sein d’un climat presque lounge, claviers et percus se chargeant d’entretenir cette atmosphère indolente… Une sérénité qu’on retrouve tout au long de « Music Is The Anthem », une piste traversée par des accords de sèche rencontrés, en général, chez Ben Harper.

Plus nerveux, « Tugboat » nous entraîne dans une forme de zouk…

Un artiste qui collerait parfaitement à la programmation de Couleur Café…

Bertrand Belin

Que dalle tout (single)

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Bertrand Belin est un chercheur, un traqueur de mots, de sons et d’ambiances. Depuis la sortie de ses deux albums transcendantaux (« Hypernuit » et « Parcs ») sculptés dans le folk, au cours desquels il se servait essentiellement d’instruments acoustiques et se distinguait par une manière fluide de prononcer ses phrases, il arrive au fil de ses pérégrinations à ce titre « Que dalle tout ».

Ce single est le résultat de ses recherches qui amènent des répétitions de mots plus insistants et plus secs. Une ambiance de plus en plus électro. Un genre voyageant entre univers impressionniste et contemporain.

Son texte ici relate le fait qu’il a reçu tout et rien en même temps de ses parents. Assez sombre, il est mis en lumière par un rythme plutôt up-tempo, entraînant… En extrapolant, on pourrait déduire que de leurs comportements négatifs, il a réussi à en extraire sa force créatrice.

Ce côté baroudeur, dandy preneur de risque, a de quoi plaire et puis, il est tout à son honneur, même si une certaine nostalgie de ses premiers elpees est toujours bien présente.

Néanmoins, quand on est à l’affut de ses nouvelles créations, on a hâte de découvrir son futur nouvel opus. Intitulé « Tambour vision », il est en précommande

Pour visionner son clip aux couleurs vives, dans lequel il effectue des gestes et des pas de danse qui n’appartiennent qu’à lui c’est ici

Pour son agenda des concerts, c’est encore

Méthode chanson

 

Nilüfer Yanya

Un cocktail savoureux et singulier…

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De nationalité anglaise, Nilüfer Yanya est née de l’union entre une mère irlando-barbadienne, designer textile, et un père turc, peintre, dont les œuvres sont exposées au British Museum. Vivant dans les faubourgs londoniens, elle est considérée, du côté de l’Albion, comme la nouvelle sensation. Sa famille et ses racines sont intimement liées à sa musique. Sa sœur cadette, Elif, se produit parfois avec elle sur scène comme choriste ; et sa sœur aînée, Molly, réalise ses clips. Remarquée par le chanteur Louis Tomlinson, membre de One Direction, elle a tout simplement refusé de rejoindre le groupe de filles qu’il produisait pour se concentrer sur sa propre carrière.

A son actif, deux elpees, « Miss universe », paru en 2019, et « Painless » début mars 2022. Un œuvre ambitieuse, mélancolique, qui pioche à la fois dans le rock, le trip hop, la néo-soul ainsi que le hip hop ; une solution sonore qu’elle parfume de petites fragrances électroniques, et dont les morceaux, à contrario de ceux du premier opus auquel on reprochait de s'éparpiller à vouloir embrasser trop d'influences en même temps, sont mieux construits, bénéficient d’une mise en forme plus cohérente et s’affirment davantage dans un style plus personnel.

Enfin, elle avait accordé un concert, dans le cadre des Nuits Botanique, en 2019.

Léa Sen, assure le supporting act, une Parisienne expatriée à Londres. Elle a bossé en compagnie de producteurs pointus comme Vegyn et Kwake Bass, mais aussi posé sa voix de ‘pretty woman’ sur un morceau de Roy Orbison.

Armée de sa gratte électrique, elle est seule sur les planches. Très interactive, elle prend son temps, entre chaque chanson d’en exposer le thème, mais aussi d’expliquer qu’il s’agit de démos qu’elle a réalisées lorsqu’elle voyageait par train ou lorsqu’elle sillonnait les routes dans le bus de tournée. Particulièrement entraînants, « I Like Dis » et « NO » sont deux morceaux très susceptibles de caresser vos tympans. Elle a recours à quelques samples de percus et à des beats électroniques. Des supports qui collent parfaitement à sa musique qui agrège blues, jazz, rock, psychédélisme soft (pensez à Tame Impala) et lounge (dans l’esprit de Clairo). Tour à tour délavée et éthérée ou grandiloquente et haut-perchée, sa voix se pose sur des accords de guitare chargés de reverb’. Elle impose ainsi une forme de post-soul, évoquant à la fois les expérimentations arty de Dean Blunt et la grâce de Tirzah…

Setlist : « With Or Without », « Mutch To Lose », « I Feel Like I’m Blue », « I Like Dis », « Again », « NO ».

On attendait Nilüfer Yanya affublée de grandes ailes d'ange roses comme chez Jimmy Fallon, mais elle a préféré enfiler un short de cycliste et un body plus qu’échancré de couleur noire, recouvert d’une chemise blanche à col officier, puis d’une veste –toujours de teinte noire– qu’elle enlèvera assez rapidement, vu la température qui règne dans la salle. Elle se consacre à la guitare et est soutenue par une claviériste/saxophoniste, un bassiste et un drummer. En l’occurrence Ellis Dupuis, qui assurait déjà ce rôle pour Pumas Blue, un mois plus tôt, à l’Ancienne Belgique.

Elle entame sobrement son set par « Midnight sun », point d'orgue de « Painless ».

La setlist est partagée entre morceaux issus de ses deux long playings, même si elle va privilégier ceux de son dernier. Quatre quand même du premier (« Miss universe ») dont les incontournables « Heavyweight Champion of the World » et « In Your Head », dont les guitares flamboyantes alimentent une composition curieusement rock.

Elle nous réserve une superbe version, tout en rondeur, du « Rid Of Me » de PJ Harvey.

Enivrantes, entraînantes et mélodieuses les chansons s'enchainent rapidement et nous entraînent au sein d’un univers à la fois et paradoxalement nostalgique et contemporain.

Plutôt timide, elle interagit très peu avec son public. « Stabilise », son tube imparable, incite le public à se dandiner, tout comme le volcanique « In Your Head ». Des morceaux dominés par les claviers et le saxophone, alors que la section rythmique canalise l’ensemble.  

Lors du rappel, Léa rejoint le band sur les planches pour attaquer « The Dealer ». Conjuguées, les voix de Nilüfer Yanya et Léa Sen se révèlent fusionnelles. Avant qu’« In Your Head » n’achève le concert.

En à peine soixante-dix minutes, le show de l'Anglaise aura fait son petit effet et confirmé sa belle mue. On sent qu'elle a en a sous la pédale (de distorsion) et pourrait déployer encore plus grand ses ailes… à mon que ce ne soit le grand braquet…

Nilüfer Yanya est parvenue à digérer ses multiples influences afin d’en réaliser un cocktail savoureux et singulier…

Setlist : « Midnight Sun », « Belong With You », « Chase Me », « The Unordained », « L/R », « Rid Of Me » (Cover P.J. Harvey), « Stabilise », « Baby Luv », « Same Damn Luke », « Anotherlife », « Angels », « Trouble »

Rappel : « The Dealer » (avec Léa Sen), « In Your Head ».

(Organisation : Le Botanique)

Dour Festival: un retour en mode XXL

Le lundi 11 juillet prochain, le Dour Festival ouvrira ses portes pour une édition 2022 qui, pour marquer le retour à la “normale”, s'étendra sur une semaine complète. En lever de rideau, le Dour CampFest proposera en effet un “warm-up” en mode “rave”, articulé autour de “soundsystems”. “Il y avait une forte demande émanant de festivaliers pour que l’on ouvre les portes du camping plus tôt. C’est ainsi que le CampFest est né”, a précisé Damien Dufrasne, l'organisateur du festival, lors de la conférence de presse tenue aujourd'hui.

“Pendant le confinement, nous avions constaté l’organisation de nombreuses mini-raves, dont nous nous sommes inspirés pour augmenter la proximité entre le public et les artistes.”

Proposant plus de 220 groupes et artistes, le Festival reste fidèle à ses mots d'ordre: éclectisme, hybridation et découverte. Le site comportera 8 scènes dont une nouvelle: la Chaufferie. “Ce sera un chapiteau où il fera très sombre, comme dans une boîte de nuit, illuminée par des lasers et des jeux de lumière”, explique Alex Stevens, co-programmateur. Une discothèque géante qui fera la part belle aux ambiances rave obscures, gabber, hardtech, dubstep, techno à 150 BPM et drum and bass et donnera carte blanche à Nyege Nyege, un festival avant-gardiste d’Afrique de l’Est. La Balzaal, plus grand dancefloor open air du festival, accueillera cette année encore les plus grands noms de l’électronique pour 5 jours de fête immersive au son des kicks techno et house de l’immense Carl Cox, qui en sera le curateur.

Le Festival a bien entendu prévu quelques 'locomotives' en haut de l'affiche comme Flume, Booba et surtout Angèle. Comme le souligne Damien Dufrasne, “Angèle n'a pas oublié que Dour lui avait donné sa chance au début de sa carrière. Elle sera la première artiste féminine belge à occuper le haut de l'affiche: un moment historique pour Dour!”.

A côté du phénomène Angèle, plus de 20% de l'affiche sera noire-jaune-rouge. Citons, entre autres, Amélie Lens qui, elle aussi, se souvient du soutien reçu lors de ses débuts, Roméo Elvis, Apashe, Azo, Bothlane, Clara!, Commander Spoon, etc.

Signalons enfin que, pour la programmation de la nouvelle scène “Rockamadour”, Dour fera équipe avec la radio communautaire Kiosk Radio, emmenée par Michael alias Mickey.

Lorsqu'on lui demande pour conclure comment le Festival a encaissé la crise sanitaire, Damien Dufrasne va droit au but. “On a perdu 1,5 million d'EUR en deux ans”, confie-t-il à Musiczine en exclusivité. “Heureusement, nous avions constitué un trésor de guerre d'environ 2 millions d'EUR, en prévision de coups durs éventuels. Grâce à ce 'matelas', nous n'avons dû procéder à aucun licenciement. Et nous sommes fin prêts pour célébrer le retour de Dour!”

Pour découvrir le lineup complet, c'est ici.

Pour les tickets, c'est ici.

 

Muse inquiet face à l’instabilité du monde contemporain…

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Le nouvel album de Muse « Will Of The People », paraîtra ce 26 août 2022. En attendant, le groupe a publié deux singles, « Won't Stand Down », en janvier dernier et « Compliance », qui figureront sur l’elpee.

Le long playing a été produit par Muse, Serban Ghene, Dan Lancaster et Aleks von Korff.

« Will Of The People » a été créé à Los Angeles et Londres et est influencé par l'incertitude et l'instabilité croissantes dans le monde. Une pandémie, de nouvelles guerres en Europe, des protestations et des émeutes massives, une tentative d'insurrection, la démocratie occidentale qui vacille, la montée de l'autoritarisme, les incendies et les catastrophes naturelles ainsi que la déstabilisation de l'ordre mondial sont autant de thèmes développés sur « Will Of The People ». ‘C'est une période inquiétante et effrayante pour nous tous, car l'empire occidental et le monde naturel, qui nous ont bercés pendant si longtemps, sont véritablement menacés. Cet album est une navigation personnelle à travers ces peurs et une préparation à ce qui vient ensuite’ a expliqué le porte-parole de Muse.

Le nouveau clip consacré à « Compliance » est à découvrir

 

Arcade Fire ouvre l’œil…

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Le dernier album d’Arcade Fire, « Everything Now » (2017), n’était certainement pas une grande réussite. "WE", son prochain, paraîtra ce 6 mai 2022. Ce sera son sixième. Produit par Nigel Godrich, aux côtés des membres fondateurs et chanteurs Win Butler et Régine Chassagne, il est conceptuellement divisé en deux parties : La première, appelée "I", concerne nos angoisses personnelles, tandis que la seconde, baptisée "WE", concerne la communauté, l'art, l'amour et ce que nous pouvons accomplir tous ensemble.

Le titre de l'album, aurait quant à lui été inspiré à Win Butler par un livre que lui lisait sa grand-mère lorsqu'il était plus jeune.

Représentée par un œil, la pochette de l'album, signée par l'artiste français JR, a été retravaillée par Terry Pastor (c’est lui qui était responsable des artworks de deux elpess de David Bowie, "Hunky Dory" et de "Ziggy Stardust"). L’œil évoquerait ‘Sagittaire A’, le trou noir géant au centre de la galaxie’, selon le communiqué de presse.

La vidéo de "The Lightning I, II", titre qui figurera sur le nouveau long playing, est disponible ici

 

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