New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

logo_musiczine

Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 06 avril 2011 20:49

Dreamboat safari

Duke est Londonien. Un musicien qui a milité, fin des années 80, chez les Orbs. Chanteur et guitariste, il joue également du saxophone. Il a sévi au sein d’Archie Bronson Outfit. Son premier elpee solo, "Holy week", est paru en 2005. Dans la foulée, il commet son second, "Emerald Palace", soutenu par son ami percussionniste Paul May. En 2009, il signe chez Fire Records, et publie un Ep intitulé "He was a warlock", suivi de l’album, "The sand that falls". Son univers sonore n’est pas toujours facile d’accès. Sa musique de racines trempe dans une forme d’ambient ; un peu comme si un bluesman d'avant-guerre enregistrait sur le chantier d'un immeuble moderne en construction. Mais elle est très personnelle, même si on y décèle des traces de blues et de jazz. Les spectres de Nick Cave, de Tom Waits, mais également de Captain Beefheart, y planent d’ailleurs constamment. Surtout les aspects expérimentaux. Lors des sessions d’enregistrement, on ne peut pas dire que les musiciens se bousculaient dans le studio. Duke se réserve l’essentiel du boulot : il chante, joue de la guitare, de la basse, des claviers et du saxophone. Un unique et véritable collaborateur : Neil May. Et un invité circonstanciel, le bassiste Neil May. C'est tout!

Le safari démarre par l'énigmatique "Jesus got a gun". Un blues dépouillé, curieux, mais non dénué de charme, caractérisé par le flux et le reflux des cordes acoustiques. Il reflète bien le mal de vivre de ce Jésus armé. Duke G titre toutes les ficelles de cet assemblage singulier. "God in my shoes" trempe dans la même atmosphère tourmentée du Delta. Le son des cordes est métallique. Duke chante. Il est relayé dans la voix par Talulah James, comme le blues d'un ‘songster’ colportant de hameau à hameau des nouvelles peu rassurantes. Les percussions de May sonnent le glas. Le saxophone marque le pas funéraire. Ce n’est pas la joie, mais la densité sonore de ce "Panther" est assez remarquable. Duke est à nouveau seul aux commandes pour développer l’éthéré "Gold watch", une plage qui évoque le Krautrock expérimental. Celui du début des 70s. Un mouvement dominé par les sonorités synthétiques des claviers. Des sonorités alors visionnaires que nous livraient Tangerine Dream, Klaus Schulze, Kraftwerk, Can ou encore Amon Düül. Bienvenue dans l’espace sidéral de notre citoyen britannique sur "Space Trucker Lady". Voyage spatial ou vision orientale ? "Summer gold" est une ballade folk qu’il chante d’une voix empreinte de douceur, presque à notre oreille, à la manière d'un Tom Waits qui se serait payé une cure de fraîcheur. Ce climat enveloppe également "Wine blood", une ballade dépouillée à l'extrême. Il revendique l'héritage de Charlie Mingus et d'Albert Ayler. C’est donc dans cet esprit qu’il aborde pudiquement "Gengis". Un morceau très électrique qu’il maîtrise parfaitement, en juxtaposant les sons, avant de virer dans le free jazz débridé, aventureux, lors de "Tapestry of Mars", au cours duquel il souffle dans son saxophone au gré de sa fantaisie. "Flames of gold" est une compo introspective, qu’il aborde à la manière d’un Nick Cave, plongé dans ses pensées les plus ténébreuses. On se demande quand même s’il n’est pas poursuivi par l’esprit de Jimi Hendrix, époque Band of Gypsies, sur "Rank Panache". Il dompte parfaitement "Taras Bulbous", un morceau réminiscent de la période la plus complexe et délirante de Soft Machine voire de Yes. Et il nous propose, en finale, une piste spatio-orientale de toute bonne facture, au cours de laquelle il est aux commandes d'un bulbul tarang. Génial!

mercredi, 30 mars 2011 20:08

Cottonmouth revelator

John William Harrelson est docteur (Ph-D) es histoire de la musique à la faculté universitaire de Claremont, dans la banlieue de Los Angeles. Il y enseigne celle de la musique populaire américaine, comme le rock'n'roll, le blues et le jazz. C’est également un multi-instrumentiste capable de jouer de la guitare, des claviers, de l'harmonica mais également du saxophone, du violon, de la mandoline, du dobro, du vibraphone, de la basse, et un tas de percussions. Et en studio, il se sent comme un poisson dans l’eau. C’est d’ailleurs un producteur très sollicité, susceptible d’opérer dans des tas de styles bien différents : punk, rock, folk, blues et j’en passe. Il joue également en ‘live’, et ce depuis la fin des sixties. Victime d’une crise cardiaque en 1988, il a subi un quadruple pontage. Malgré son emploi du temps surchargé, il est quand même parvenu à enregistrer, au cours de sa carrière, quelques œuvres, sous son nom. Dont un 33 tours en 1977 ("The player"), un autre en 1983 ("Now is the time"), puis 3 cds flanqué du groupe Blue H'way, et dans un passé plus récent, les albums suivants : "Feral Angel" en 2005, "Streets of heart and lust" en 2006, "Mojave" en 2007, et même un disque country en 2008, "Doc H and the Rio Laudanum Cowboys".

"Cottonmouth revelator" constitue donc son dernier opus. Un disque au cours duquel, les lyrics du vieux John parlent d'amour, de sexe et de liberté ; de sa philosophie de vie, si vous préférez. S'il est bien issu du sud de la Californie, sa musique ne peut en aucun cas être taxée de jump voire de west coast style. Sa voix est rocailleuse, naturellement puissante, âpre, et transpire un énorme vécu.

John ouvre la plaque par "I want your ass", une de ses compos qui remonte à la fin des sixties. L’image d’une croupe féminine sous petite culotte en nylon, reproduite sur la pochette, illustre bien le titre de cette chanson. Ancien collaborateur de Candye Kane, Jeff Ross est un guitariste notoire. Le Californien apporte ici son concours. Une entrée en matière impressionnante ! D’ailleurs, dès que les deux gratteurs se rencontrent, le résultat est royal. La voix d’Harrelson est ravagée par le temps, mais aussi les mauvaises expériences ; elle se révèle même parfois menaçante. "Fire and gasoline" est un blues lent tramé en crescendo. John souffle pudiquement dans son harmonica ; mais quand il chante je vous prie de croire que ça ne rigole pas. Pas commode le docteur. John s'assied derrière l'orgue pour "Redeeming angel", une compo aux accents exotiques, au cours de laquelle le drummer injecte ses rythmes syncopés pendant que des chœurs féminins baignent le tout dans l’allégresse. Harrelson signe onze plages sur cet elpee, mais il nous réserve également trois covers. Et quelles reprises! Tout d’abord le "Crossroads" de Robert Johnson. Les deux guitares balisent le décor, sis quelque part entre le Mississippi et la rivière Yazoo. Le son est sale. Les altercations entre les cordes de John et la slide de Ross qui éclatent au cœur du Delta sont impressionnantes. Et on ne sort pas indemne de cette rivalité. Puis une longue et intense version du "Long distance call" de Muddy Waters. Sur le fil du rasoir, la slide est effrayante. La voix semble sortir d'outre-tombe. Ce morceau me rappelle le McKenna Mendelson Mainline, un groupe canadien de la fin des sixties. Il avait gravé un 33 tours très semblable. Intitulé "Stink", ce long playing était habillé d’une pochette toute noire. Et c’est vrai que cette musique répand une odeur nauséabonde. Le même traitement est infligé au "Worried life blues" de Big Maceo Merriweather. La complicité établie entre John et Jeff est toujours aussi effarante. Loquace, Harelson nous raconte sur "Bar-b-que", sa préparation peu banale d'un BBQ. Mais perso, le meilleur titre de l’opus est incontestablement "Sugar". Très atmosphérique, son originalité procède des interventions successives et savamment dosées de l’orgue, puis du saxophone baryton de Kid Cadillac. Et puis, il y a la voix envoûtante, profonde du Doc, aussi troublante que celle de Howlin' Wolf, au sommet de son art. Imprimé sur un tempo écrasant, "Whose little sister?" est fouetté par des guitares largement amplifiées. Si "I want to teach you french" campe une chanson ludique, "Talk dirty to me" est sculpté dans du rock'n'roll coloré de sax ténor. Autre fable récréative, "Love among the lovers" évoque les cris d'amour échangés entre le King Bee et la Queen Bee, le loup et le renard… mais la slide est toujours à l’affût! Un album vraiment original épinglant quelques titres tout à fait remarquables…

mercredi, 30 mars 2011 20:04

The Mighty Mojo Prophets

Les Mighty Mojo Prophets sont établis à Los Angeles. Leur line up réunit le chanteur Big Son, le guitariste Mitch Dow, l’harmoniciste Ronnie Johnson, le bassiste Scott Lambert et le drummer Smilin' Jack Debuan. Ils se produisent régulièrement sur la scène locale en compagnie de Junior Watson. Eponyme, leur premier opus est paru chez Rip Cat, un label indépendant qui se consacre aux artistes de blues et de rockabilly.

Le quintet pratique un blues brut, assez primaire et donc sans la moindre fioriture. "Evil sometime" ouvre la plaque. La progression s’opère dans le rythme. La guitare s'impose d’abord avant de céder le leadership à l'harmonica de Ronnie qui en profite pour s'évader. "Friday night phone call" s'inscrit plus naturellement dans le style du secteur : le west coast jump. Une compo vivifiante au cours de laquelle Mitch s’autorise une sortie réussie et énergique à la guitare. Les Mojo Prophets vouent une admiration sans borne à Muddy Waters ; et c’est manifeste dès les premiers accords de "Night train", un blues flemmard, dont les accents très métalliques sont libérés par la slide. Big Son chante parfaitement ce Chicago blues frémissant, très terre-à-terre. Plus proche de T-Bone Walker, "Life's a hurtin' thing" est bercé de swing. L’orgue est nappé d’accents jazzyfiants, dispensés dans l’esprit de Jimmy Smith. La sortie de cordes est bien inspirée. "Smile on my face" est imprimé sur un mid tempo. La voix est très proche et distincte. Les brèves mais intenses interventions à l’harmo soulignent ce chant. Plage instrumentale, "Da switch" laisse la part belle aux cordes. D’ailleurs trois guitares s’y conjuguent. "West coast blues" évolue sur un rythme alerte. Une compo dépouillée au cours de laquelle la ligne de basse est indistincte. A contrario de la six cordes et surtout de l'harmo chromatique de Ronnie Johnson, qui se réserve l'essentiel des solos. Ce dernier empoigne alors son mini-instrument diatonique et se met à souffler dans les aigus pour introduire le funky blues "Hoodoo lover". Nous ne sommes alors pas très loin du style de Junior Wells ; donc à nouveau dans le blues de la Cité des Vents. "My baby" n'est pas la célèbre plage signée Willie Dixon mais un blues lent, pour night-clubs. La guitare embrasse des tonalités très T-Bone Walker alors que les cuivres apportent leur touche jazz. Autre plage nerveuse, "Love me like you should" est dynamisé par l'harmonica offensif de Johnson, à la manière de Little Walter. De bonne facture, "Carmen G" puise plus que probablement son inspiration dans le "All your love" d'Otis Rush. On y retrouve même les accès de mambo et les changements de rythmes, comme sur le célèbre titre d'Otis. Big Son et Whiteboy James chantent en duo "Boogie woogie rhythm'", un morceau imprimé sur un tempo enlevé dont l’effervescence est alimentée par les riffs de guitare torrides, qui jumpent à souhait. Le long playing s’achève par un blues indolent, qui fleure bon le Delta. Tout au long de ce titre acoustique, la voix de Big est puissante et l'harmonica se régale…

mercredi, 30 mars 2011 19:59

Porchlight

Todd Sharpville est un musicien anglais qui jouit d’une solide réputation aux Iles Britanniques. Sur le Vieux Continent, c’est encore un illustre inconnu ; mais vu son talent, il devrait y forger une prochaine et rapide popularité. Et la sortie de ce double cd devrait lui servir de tremplin.

Todd est issu d’une famille d’aristocrates ancestraux, outre-Manche. Il y a déjà bien longtemps qu’il a chopé le virus du blues. Et pour cause, dès 1994, il publiait son premier opus "Touch of your love", sur le label Red Lightnin’. A l’époque, flanqué de son band, il accompagne d’authentiques stars du blues, en tournée européenne, comme Hubert Sumlin, Ike Turner ou Chuck Berry. Il faut attendre 2001 pour saluer son second chapitre musical, "The meaning of life", paru chez Cathouse, un disque pour lequel il reçoit le concours de Mick Taylor, Paul Lamb et Snowy White. Il collabore également à l’enregistrement de plusieurs elpees de la chanteuse Dana Gillespie. En 2010, il traverse l’Atlantique pour se rendre du côté de Boston, afin d’y enregistrer ce nouveau long playing. Une œuvre pour laquelle il a reçu le concours de Duke Robillard à la production et au mixing et de l’ingénieur du son John Paul Gauthier. Todd signe 14 des 15 plages de ce double cd qu'il dédicace à la mémoire de son père, l'honorable Viconte de St Davids, disparu en avril 2009 : ‘Allume la lumière du porche quand il est temps pour moi de rentrer… En attendant, tu me manques!’

Les musiciens du Duke Robillard Band ont participé activement aux sessions d’enregistrement ; soit Bruce Bears aux claviers, Jessie Williams à la basse et Mark Texeira à la batterie. Le renfort des cuivres est apporté par les meilleurs souffleurs de Boston : Doug James au sax baryton, Mike Tucker au sax ténor, Scott Aruda à la trompette et Carl Querfurth au trombone.

Todd possède un sens mélodique développé. C’est également un adepte de l’esthétisme sonore. Et il le démontre dès l’intro d’"If love is a crime". Sa voix est proche, précise, musicale, chargée de feeling. Et devinez qui souffle dans son harmonica, en toile de fond ? L’illustre Kim Wilson. Une ouverture de toute bonne facture (NDR : ça rime !), caractérisée par des accords de guitare particulièrement élégants. "Lousy husband (But a real good dad)" pénètre dans le véritable blues. Bears est passé au piano tandis que Duke a glissé comme partenaire à la six cordes. Les échanges sont de haut vol. Excellent ! Todd est très convaincant au chant, tout au long du blues lent "Used", et son solo est marqué par le style spécifiquement insulaire. Et il est superbe ! Autobiographique, "Why does I train?" est une compo qu’il avait écrite à l'époque de son divorce. Sa voix sanglote. Les cuivres font bloc à l'arrière. Le genre lorgne davantage vers les States. Une coloration qui envahit la plage jusqu’en fin de parcours. Bien exécuté, ce morceau est manifestement marqué de l’empreinte du Duke. Un solide coup de turbo amorce "Can't stand the crook". Les interventions de Kim Wilson à l’harmo sont nettement plus versatiles ; et quand il se déchaîne le Kim, plus moyen de l'arrêter! Il pousse même Sharpville dans ses derniers retranchements ; et enfin, le gamin se libère, émoustillé d'avoir pris la leçon. Séduit par les racines américaines, Todd met le cap sur la Nouvelle Orléans et nous confie qu’"Everything will be allright". Pour la circonstance, Bruce a enfilé les gants de Professor Longhair. La musique emprunte alors une configuration festive. Chaque cuivre s’accorde alors son billet de sortie, à l’instar d’un Street Band au cœur de Bourbon Street. La première plaque s’achève par "Old feeling", une ballade introspective.

Le second cd démarre fort par "When the world's not enough", un rock'n'roll balisé par le piano barrelhouse de Bears. L’intervention de Joe Louis Walker à la guitare est déterminante tout au long de "When the blues come calling", un slow blues que chante passionnément notre Todd. Sculpté dans les cordes acoustiques, "Legacy of greed" est encore souligné par la voix de Sharpville, à la fois belle et empreinte de désespoir. On est alors plongé au sein de la torpeur des bayous louisianais. Les cuivres refont surface lors du solide "Whole lotta lady". Pour la dernière fois sur cet elpee, Kim Wilson revient épauler Todd à l’occasion de son meilleur blues. Intitulé "Misery" il véhicule une immense tristesse. Nous ne sommes alors ici pas loin de ses compatriotes, Paul Lamb and the Kingsnakes. Très en verve, les saxophones s’imposent lors du blues rock très offensif "Busted in pieces". D’excellente facture, cette œuvre s’achève par le bouleversant "Porchlight", un cri d'amour du fils pour son père disparu.

mercredi, 23 mars 2011 21:01

The Pork Chop Tom Blues Band

Cet album a été enregistré au cours des derniers jours de l'année 2007, au sein du studio Pacifica, à Culver City, près de Los Angeles. Il n'est sorti que durant l'été 2009. Née en 1998, cette formation avait commis un premier opus en 2001, intitulé "Big Fat mama", mais sous le patronyme de Pork Chop Tom & Nighttrain. Et un second en 2004, "On the right track". De son véritable nom Tom Gonzales, Pork Chop Tom en est le leader. Agé de 42 balais, il est chanteur et harmoniciste. Il est soutenu par le guitariste Joe Conde, le bassiste Kenny Huff et le drummer Mark Vasapolli.

L’elpee s’ouvre par "Four eyed Jack", un blues de bonne facture et bien rythmé. Joe y célèbre son riff. Tom ne dispose pas d’une voix transcendante, mais elle colle bien à son répertoire. Joe tire déjà son épingle du jeu lors de cette mise en bouche. Les échos réverbérés des bayous louisianais hantent "Ride in my Coupé Deville". Nous sommes ici assez proche des compos les plus rythmées de Slim Harpo (NDR : pensez à "Scratch my back"). Conde y excelle à nouveau. "Swoop down baby" nous entraîne enfin dans ce west coast jump si prisé du côté de Los Angeles. Joe Conde a bien écouté les gloires locales : Holywood Fats, Junior Watson, Alex Schultz,… Empruntant un motif usuel de Magic Sam, "Just a fool this time" prend ses quartiers dans le Westside de Chicago. Tom sort son harmonica de sa poche, et se met à souffler en rythme. Imprimé sur un tempo enlevé, "Had me a girl" est un blues très bien ficelé. Très en verve, Joe s’y révèle très inspiré et décoche quelques flèches qui font mouche. Conde signe "Tailspin", un instrumental très swing, réminiscent du jazz manouche de Django Reinhardt. PCT attaque le "Big boss man" de Jimmy Reed, un classique du blues au rythme immortel. La six cordes et l’harmo en profitent pour se réserver quelques bons moments. Tracé sur l’axe Chicago – L.A. "I remember when" est un blues rythmé de bonne facture, caractérisé par des interventions de gratte généreuses. Long slow blues, "The best I can " est introduit par la basse de Kenny, une compo finalement sans grand relief, au cours de laquelle Tom aurait pu injecter davantage de feeling. "You don't love me" est un superbe shuffle. Il s’éclate enfin sur son harmonica avant que Conde ne l’imite à son tour sur son manche. Manifestement, les musicos prennent ici leur pied. Plage instrumentale, "Canyon city boogie" trempe dans le jump. Tom souffle dans son instrument chromatique à la manière du génial Georges ‘Harmonica’ Smith. Conde est omniprésent tout au long du tonique "Never twice". Brève, la finale est à nouveau instrumentale. Un blues, ma foi, fort inspiré. Intitulée "Like it hurts", cette plage est le théâtre d'un ultime échange entre l'harmonica et la guitare.

 

mercredi, 23 mars 2011 20:43

Last time was the last time

C’est lors de la vague de blues qui avait envahi Los Angeles, au cours des années 80 et 90, que Whiteboy James avait formé son Blues Express. Le combo avait publié un elpee en 1992, un disque qui avait bénéficié de la participation du redoutable gratteur Alex Schultz. James s’était retiré de la scène musicale en 2001 ; mais il faut croire que le virus n’était pas encore vaincu, puisqu’il a décidé de remettre le couvert dès 2006! Les goûts du jeune James Page sont éclectiques. Ainsi, s’il a beaucoup écouté les artistes de blues et de R&B, et en particulier Louis Jordan, Big Joe Turner et Lightnin' Hopkins, il apprécie également le bon rock'n'roll d'Elvis Presley et de Jerry Lee Lewis ainsi que le western swing de Bob Wills. Il a eu la chance de se produire à la même affiche que James Harman, Rod Piazza, William Clarke, les Blasters ou encore Little Charlie and the Nightcats. Du beau monde! James, notre gamin blanc, chante et souffle épisodiquement dans un harmonica. Au sein du line up de son band figurent aujourd’hui l’excellent Scott Abeyta aux cordes, Blake Watson à la basse et Mr Max Bangwell, notoire dans la Cité des Anges, aux drums.

L’ouverture est tumultueuse. Lancée à pleins tubes, "Chicken and the Hawk" adopte un profil très rockabilly. La guitare jump envahit l’espace sonore. Les drums s’agitent. Bien rythmé, le titre maître est une compo marquée par le Chicago blues. Les accords de gratte sont brodés à la manière de Jimmy Rodgers. Très électrique, le Blues Express s’éclate dans le rock’n roll. A l’instar de "By myside", une plage très courte mais explosive. Imprimé sur un tempo soutenu, "Upside your head" est un blues qui rocke. Bien trempée, la section rythmique est en acier inoxydable. La guitare profite de cette rampe de propulsion naturelle. Rockabilly puissant, allègre, "Reefer man" déferle comme un train lancé sur les rails, à toute vapeur! Morceau plus léger aux accents country, "Don't f@#$ around with love" est teinté d’humour et trempe dans la bonne humeur. Bref instrumental, "Fat chance" est un morceau que n’aurait pas renié le regretté Michael Leonard Mann alias Hollywood Fats. Parfaitement balisés par la section rythmique, "Have you way baby" et "Keep it clean" baignent davantage dans le blues. Il faut attendre la dixième plage pour observer un ralentissement du tempo. En l’occurrence lors de la cover du "Worried life blues" de Big Maceo Merriweather, un bon vieux blues mis à la sauce Whiteboy, donc parsemé de quelques éclats! La fièvre remonte aussitôt dès "Walked around the world", puis un autre instrumental intitulé "Untamed melody". Une nouvelle et belle occasion pour Abeyta de se dérouiller les doigts. "T-Bone for Daisy" est le dernier blues lent de l’opus. Très ‘nightclubbien’, il offre l’opportunité à Scott de démontrer qu’il a bien assimilé le style de T-Bone Walker. Dans un autre registre, ce gratteur torture ses cordes tout au long de la finale, "Shave 'em dry #2" (NDR : c’est également la plus longue plage du long playing !), un shuffle au cours duquel, il adresse, au passage, un clin d'œil à Jimi Hendrix. De l'excellent travail!

Le 26 mars prochain, Rip Cat Records lance son catalogue. Au menu : Whiteboy James, les Mighty Mojo Prophets, Barry Levenson, Johnny Mastro, les Mama's Boys et les 44's. Il sera judicieux de se rendre à Redondo Beach, ce jour-là!

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Rhythm disease

"Rhythm disease" constitue le deuxième album (NDR : il était très attendu !) de ce groupe issu de Minneapolis/St Paul. Une formation qui ne cache pas son penchant pour le rockabilly et les différents courants louisianais. Pas étonnant que les Hillbilly Voodoo Dolls définissent leur musique comme un assemblage de rockabilly, de blues, de R&B, de rock'n'roll et de zydeco. Bien que posant à quatre sur la photo de la pochette, les Dolls sont toujours au nombre de cinq : Paul Bergen à la guitare et au chant, Andy Dee (encore que l'on ne sache pas trop s'il appartient au line up !) à la guitare, à la slide, au dobro et à la lap steel, Paul Manske (ex-Boogiemen) à la basse et au chant, Tom Coursolle aux claviers et au chant, ainsi que Tony Kamana aux drums. Andy et Paul Bergen se réservent la mise en forme, Dee, Manske et Bergen, les compositions. "Hubba Hubba", leur premier album était paru sur le label local, Blue Loon.

L'album s'ouvre par "Red hot boogie", un boogie bien léché et très chaud. Plus southern pop, "Jivin' me" me fait un peu penser à un hit des sixties intitulé "She's about a mover". Il avait été écrit par Sir Douglas Quintet (de Doug Sahm). A cause de cette sonorité très spécifique de l'orgue. Les vocalistes sont excellents. La voix de Manske est autoritaire, puissante, déterminante même. En particulier sur l'excellent R&B lent "Bad luck streak". Pops Coursolle est au piano électrique. Andy Dee à la slide réverbérée. Très dense dans le son, très soigné au niveau de la production, "Sometimes you don't know me at all" est encore une fois un rock pop aux accents sudistes. J'adore "Woman trouble". Un rock immédiat : celui de l'urgence ; l'appel au 911! Les sonorités des deux guitares jouées par Bergen et Dee sont totalement réverbérées. Le chant reste excellent. Une incontestable réussite ! Le son des Dolls se rapproche régulièrement de Memphis. A l'instar de "She don't want you" qui baigne dans les sonorités de l'orgue Hammond. La voix nasillarde de Paul Bergen est proche de celle de Tom Petty ; et le style n'est d'ailleurs pas éloigné de celui des Heartbreakers. Manske se fait adepte du son Stax, dans sa manière de chanter, tout au long de "The last thing on my mind". La slide, ou plus exactement la lapsteel, donne l'accent à la mélodie de cette superbe ballade lente qui invite à se frotter. "Lights out" marque un changement de ton. Il s'ouvre par le beat de Bo Diddley avant de se fondre dans un rock'n'roll/boogie furieux. A en attraper des fourmis dans les jambes. Coursolle s'y prend même pour Little Richard. Le pianiste tient la grand forme. Lors de la reprise du "No more doggin" de Roscoe Gordon, il adopte le style louisianais de La Nouvelle Orléans. Le chant est "téléphoné". La guitare de Bergen trempe dans le style bluesy adopté. Evoluant quelque part quelque part entre swamp rock et texmex, "Hurricane rag" est une nouvelle perle pop. Les Dolls respirent la joie de vivre et de jouer sur cet axe Mexico - Baton Rouge. L'orgue Farfisa flirte avec le dobro. "West Memphis Three" renoue avec la superbe atmosphère de "Bad luck streak". Le style est paradoxalement dépouillé mais musicalement très riche. L'album s'achève par un pseudo rap hilarant, qui démontre toute la bonne humeur manifestée par les musiciens tout au long des sessions d'enregistrement. Un tout bon album!

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The Live one

Expatrié depuis belle lurette en Australie, cet Anglais est un joueur de slide de réputation mondiale. Notamment pour son approche sauvage de son instrument. En tenant compte de la compilation "Whole lotta blues", " The live one " constitue son neuvième album distribué chez nous par Provogue ; et le septième paru USA chez Alligator. C'est d'ailleurs Bruce Iglauer, le boss d'Alligator, qui signe ici la production.

Nous sommes le 26 juillet 2002, dans un des temples réputés du blues à Chicago : le Buddy Guy's Legends. A l'affiche, figure le Dave Hole Band. Une occasion rêvée pour immortaliser l'événement 'live'. Et qu'il réitère le lendemain, lors de son set accordé au 'Chord on Blues' à St-Charles (NDR : dans l'Illinois). Une maquette qu'il complètera par quelques enregistrements opérés quelques mois plus tôt chez lui à Perth, en Australie.

Onze plages dont quatre reproduites sur "Short fuse blues", un elpee commis en 1991, partagent ce disque. Un concert de Dave Hole démarre sur les chapeaux de roues. Ceux qui ont déjà pu y assister peuvent en témoigner. "Jenny Lee" laisse échapper des chapelets de notes tellement électriques et métalliques qu'ils vous transpercent. Après vous avoir pénétré profondément, cette slide vous achève... L'atmosphère se détend quelque peu sur "Demolition man". Constituée de Roy Daniel à la basse et de J. Mattes aux drums, la section rythmique assure. Sur ce tempo plus décontracté, la slide prend ici toute sa dimension. Dave laisse échapper des notes d'une fluidité qu'on ne lui connaît guère. L'ambiance est très blues. Dave aborde "Short fuse blues", un blues lent au cours duquel il vocifère. A chaque verset, la réponse de la slide est cinglante. Elle fuse et lacère tout sur son passage. Dans la lignée du Chicago blues urbain, "Keep your motor running" est un blues rock bien emballé. "Every girl I see" retourne au sein du territoire musical de Hole. La slide démoniaque, en folie, se consume dans la chaleur brûlante de l'enfer. Il aime Hendrix et il le démontre sur cette plage. Il reprend d'ailleurs ici le célébrissime "Purple Haze", en hommage au dieu disparu. Dave souffle quelques instants, le temps d'interpréter l'instrumental délicat "Berwick road". Blues lent, comme aurait pu le composer Elmore James, "Up all night thinking" est un sommet de l'album. Toute la panoplie d'éléments dramatiques ne demande qu'à défiler! Salut amical à la cité du blues, "Take me to Chicago" est un remake "holien" du "Sweet home Chicago" ; un fragment pour lequel son claviériste Bob Patient siège au piano. Extrait du dernier album, "Outside looking, "How long?" est un autre slow blues de braise, abordé dans l'esprit d'"Up all night thinking". Encore qu'on y décèle davantage d'intensité dans la sonorité de la slide. "Bullfrog blues" achève cet opus. Un fragment de plus de 12', dont les quatre premières minutes souffrent d'un maximum d'auto complaisance, avant d'exploser dans un boogie infernal. Quelle santé!

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

On stage – The house of live

Les Hoodoomen sont issus de la Normandie. De la région de Caen, très exactement. Fondé en 1996, le line up impliquait à l'époque Pascal Fouquet à la guitare, Thierry Hau à l'harmonica, et pour section rythmique, une histoire de famille partagée entre Bernard et Francis Marie, respectivement bassiste et drummer. Il y a trois ans, Thierry a cependant été remplacé par le chanteur/harmoniciste Philippe Brière. En 2002, la formation a remporté le Tremplin Blues-sur-Seine, un concours qui cerne bien les valeurs du blues français. Son premier elpee, "Blues", est paru en 2000. Le second , "Keep on dreamin'", deux ans plus tard. Février dernier, les Hoodoomen ont enregistré leur set au House of Live de Paris. Un événement immortalisé sur ce nouvel elpee sous-titré "House of Live presents from the West Coast the Hoodoomen on stage". Il faut dire que la formation a forgé sa réputation sur les planches, et il est intelligent de leur part de ne pas avoir attendu plus longtemps pour commettre ce disque 'live'. Pour la circonstance, ils ont reçu le concours de Fabien Saussaye, au piano.

La formation appose immédiatement sa signature sur "Hoodoomen theme", en présentant les solistes. Instantanément, cette ouverture sent bon la West Coast et met en exergue, tour à tour l'harmonica, l'orgue et la guitare. Maintenant, je comprends mieux pourquoi ce band alimente le haut du panier hexagonal. Sa musicalité n'est jamais prise en défaut, et puis la cette section rythmique libère un de ces grooves! Le swing et le jump s'entremêlent tout au long de "Shake it", une plage signée par l'harmoniciste californien Johnny Dyer. Le jeu aux six cordes de Pascal Fouquet semble camper un compromis entre l'école de la West Coast et celle du Texas (Albert Collins, T-Bone). Pour interpréter le "Yeah, yeah, yeah" de Joe Liggins, l'ensemble prend la direction de la Nouvelle Orléans. Nous sommes plongés dans le zydeco. L'invité Philippe Sauret est au frottoir. Fabien joue du piano qui roule. Francis impressionne aux percussions. Tout semble si facile! Balayé par le cri du coyote de Philippe, leur "Like a coyote" est un solide shuffle comme on peut les produire à Austin ou Dallas. Pascal y joue au feeling comme un Anson Funderburgh des bons jours. Philippe n'est pas en reste. Il souffle comme un possédé. Il a parfaitement assimilé le jeu des grands. Les Hoodoomen enfilent avec talent plusieurs classiques. Tout d'abord le blues lent de T-Bone Walker, "Stormy Monday". L'accompagnement de Fabien au piano est brillant. La partie de guitare exacerbe tous nos sens. "Further on up the road", ensuite. Une compo très jump, soutenue brillamment par un harmo à la Piazza. "Just your fool" de Little Walter, également. "You don't have to go" de Jimmy Reed, encore. L'inspiration made in Chicago est omniprésente. Et même "My girl Josephine" de Fats Domino, qui transpire cette bonne humeur débordante de la Nouvelle Orléans. "Little bitty pretty one" est un exercice de style pour le talentueux Philippe Brière à l'harmonica. "But nothin' else" nous emmène en Louisiane, du côté des swamps, adressant au passage un clin d'œil à Guitar Slim. Tout au long du solide boogie "Quarantine", Pascal passe en revue ses goûts en matière de cordes, un instrumental au cours duquel Fabien se trémousse aux ivoires. Cet excellent album 'live' brille par la qualité de ses compositions, et démontre que cette formation possède un registre particulièrement ample.

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Golden state blues

Mark Hummel est originaire de New Haven, dans le Connecticut. Après avoir opéré un crochet via Los Angeles, il s'est établi du côté de Berkeley. Où il vit depuis une trentaine d'années. Il a fréquenté successivement Mississippi Johnny Waters et Sonny Lane, avant de fonder ses Blues Survivors. En 1980. Cinq ans plus tard, il commet son 1er album : "Playing in your town". "Golden state blues" constitue plus que probablement son 8ème elpee solo. Il fait suite à "Lowdown to uptown", paru en 1998. Mark est ici bien entendu entouré de ses fidèles Blues Survivors : Steve Wolf à la basse, Marty Dodson aux drums et le guitariste Charles Wheal. Lors des sessions d'enregistrement, qui se sont déroulées dans les studios californiens de Pacifica, il a bénéficié de la collaboration de quelques amis ; en l'occurrence le réputé Steve Lucky aux claviers ainsi que John Firmin et Robb Sudduth aux saxophones.

En ouverture, toute l'équipe s'attaque avec un réel bonheur à "Beepin' on me", un instrumental qui laisse déjà éclater tout le talent de Mark. Même s'il a longtemps vécu en Californie, l'artiste puise son inspiration essentiellement du côté de Chicago ; et en particulier chez Muddy Waters, Little Walter et James Cotton. Pourtant, son style trempe bien dans la West Coast, tout de jump vêtu, pour attaquer "Honey Do woman". Il bénéficie de la collaboration de deux nouveaux invités, les guitaristes géniaux MM Rusty Zinn et Anson Funderburgh, pour interpréter ce fragment écrit par Sonny Rhodes. Tout est parfaitement en place. L'ambiance tout à fait relax. Anson le Texan est toujours au poste pour attaquer "Right back where I started", un blues lent, plus proche du Chicago classique. Lucky tapote ses ivoires pendant que Hummel dispense un solo hyper émouvant sur l'instrument chromatique. Beau à pleurer ! Rien n'est à jeter sur cet excellent album. La voix nasillarde de Mark lui colle bien à la peau. Elle est soutenue par le sax de John Firmin sur "Don't know what to do about you". Une plage rythmée sur laquelle Charles Wheal démontre tout son talent sur les six cordes. Tellement proche de l'univers personnel de Jimmy Reed, le rythmé "Please" marque un retour à Chicago. L'harmonica pousse dans les aigus pendant que Zinn et Funderburgh s'échangent des phrases sur ce thème familier. "Sometimes baby" est un slow blues brûlant, discrètement cuivré. Le jump et le swing bien californiens reviennent chez "Baby I'm mad with you", un titre qu'il interprète sur scène depuis vingt ans. Enlevé, "I don't know" lui va à ravir. La section rythmique est à la fois légère, sautillante et surtout efficace. Il adapte, d'une manière très personnelle le rocker "Linda Lu" de Ray Sharpe. Une version excellente au cours de laquelle tout s'emboîte tellement facilement. "Blue Jimmy" est un instrumental jazzy dédié à la mémoire de son ancien batteur, Jim Overton. Ce très bon album se clôture dans la joie, par un rock'n'roll vigoureux, dont le thème est inspiré par une gare traversée lors de de leur périple en Suède : "Stockholm train". Un titre qui redémarre en instrumental, après une vingtaine de secondes d'arrêt, sur un tempo infernal du chemin de fer! Mark Hummel ne chôme pas. Il vient d'organiser, au cours de ce mois de janvier, la douzième édition des fameux Blues Harp Blowouts! Un rendez-vous destiné à rameuter, sur la même scène, ses amis souffleurs. Pour la circonstance, James Cotton, Paul de Lay, James Harman, et un certain Junior Watson à la guitare ont répondu présent. Double Mark!