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Kreator - 25/03/2026
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Francofolies La Rochelle 2008 : mardi 15 juillet

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Soirée pyjama et girl power à l’affiche de la grande scène ce mardi. Cinquième jour de musique et toujours pas la moindre boue sur les baskets… Vive les festivals urbains et le soleil charentais!

Ce qu’on a vu en quelques mots…

Un fameux Chantier.
Une Rose épineuse.
Les chaussettes en laine de Camille.
Les Rita(ge) post Chichin.

***

Fête de fin de Chantier à la Motte Rouge. Toute l’année, des artistes à haut potentiel se succèdent au Chantier. Ils profitent des conseils de pros pour progresser et dans l’idéal… définitivement percer. Pauline Croze, Cali, Emilie Loizeau ou encore Ours ont usé ses planches avant de s’attaquer aux grandes scènes. La promotion 2008 était réunie pour un mini-concert varié et prometteur.

Voici nos coups de cœurs : écoutez par vous-même…

La maison Telier : « Faux frères » à l’imaginaire sorti d’un bordel de Maupassant, le groupe anime en cordes et rythmiques des mini-récits énergiques : http://www.myspace.com/lamaisontellier

Piuma : légèreté de la plume et puissance du rock : un duo féminin sensuel et envoûtant : http://www.myspace.com/piumamusik

Maloh : un Breton et sa guitare pour des ballades poétiques « le cœur à quai » : http://www.maloh.net

Claire Denamur : une voix bluffante : http://www.myspace.com/artisteinconnue

***

Rose reprenait le flambeau au rap ultra-référencé d’Hocus Pocus sur la grande scène. Face à un public qui la connaît peu, la jeune femme en fleur peine à imposer ces ballades. Émue sur ses talons aiguille, la chanteuse donne beaucoup, l’atmosphère est douce mais la fosse n’entre pas dans la danse. Un nouveau morceau « Je guéris » laisse entrevoir un second album, plus positif.

***

Dans la famille ‘sur cd, on aime ou on déteste’, je demande Camille. Quelle claque sur scène ! D’orange vêtue, mais les contours flous, la voltigeuse contamine l’ensemble du public au virus de son univers déjanté. Autour d’un piano la joyeuse équipe multiplie les rythmes improbables. Textes acides, humour rageur… Camille puise dans sa palette vocale et scénique sans prétention. Prête à satisfaire le moindre caprice de la showgirl, l’assemblée complète les paroles d’« Au port », se confond dans d’affectueux « Salope », fait le chien, le chat et ronronne de plaisir. L’artiste termine son set dans un long fourreau noir, les fesses offertes à la brise rochelaise. Pour son ultime morceau, elle s’assied sagement au piano avec son frère pour quelques minutes intimistes et une autre facette d’un personnage insaisissable. Définitivement, la demoiselle est habitée ; d’un démon lyrique et joueur. Vade retro l’exorciste, on en redemande !

 ***

Vous avez peut-être vu qu’il manque Fred Chichin. Je ne sais pas si tout le monde est au courant ?! On a décidé de continuer sans lui, j’espère que le spectacle vous plaira…’ Catherine Ringet explique, rappelle et déjà les fans l’acclament. Mêmes musiciens, même sonorisateur, même rock provocateur ; autour de Catherine Ringet, l’aventure reprend la route. Le groupe tronqué a failli s’appeler Tamits, une consonance de rescapés incomplets qui eut été menteuse tant l’énergie qui sort de scène est vibrante. Veuve digne, Ringet exploite la force des Rita Mitsouko et des douleurs récentes. Plus pétillante que classe, elle en impose en grande dame de la niaque. Entre chaque morceau, le public semblait la remercier de ne pas avoir enterré les Rita.

Les photos du festival sur http://www.hiersoir.com

 

 

Francofolies La Rochelle 2008 : lundi 14 juillet

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La Rochelle… et de quatre. En ce jour de fête nationale française, la cité s’est offert des stars totalement grand public qui n’envisagent pas pour autant de défiler au pas. Un joli feu d’artifice !

Ce qu’on a vu en quelques mots…

Thomas Dutronc faire de la musique avec une banane. En plastique la banane. Il y avait même des graines dedans (pour que vous visualisiez mieux).

Madonna incarnée dans un corps de tortue, sans l’aide de la cabale (Christophe Willem).

Les anglaises de Vanessa Paradis (mais pas son bel Américain).

Ségolène Royal qui, comme les soirs précédents, ‘marquait son territoire’.

Plus classe que la pelouse d’en face pour écouter le concert sans ticket : les bateaux à moteur.

***

Dutronc aime l’alcool et les filles de La Rochelle. Dutronc assure, une guitare dans les mains, et se prénomme Thomas. Pour ceux qui en doutaient encore, ce garçon a du talent et tant mieux si c’est un peu grâce à papa-maman. Plus qu’un concert, Thomas Dutronc & Co ont offert un réel spectacle à St Jean d’Acre. Entre deux chansons : un programme électoral à base de frites. Entre deux jeux de mots : un morceau instrumental qui repousse les limites de ce qu’il est possible de faire avec seulement cinq doigts par main. Oui, seulement cinq, on a recompté pour être sûr. Entouré de musiciens hors pair, l’artiste fait danser des airs manouches à 14 000 personnes et termine, à bout de souffle, sur « Les yeux noirs », avant de recevoir son premier disque de platine en ‘backstage’.

***

‘C’est qui la fille qui chante ? Ah oui, c’est Christophe Willem’ ; ça ricane un peu chez les non-convertis mais il faut reconnaître son univers est attirant. Comme quoi, personne n’est à l’abri d’une victoire à la Nouvelle Star, même les bons artistes. Tout en longueur dans un jeans minuscule, Christophe Willem accomplit son show. Le « Jacques a dit » de Zazie, son « Double jeu »… les tubes radios sont de la fête. Pour le final et le rappel, la tortue se la joue ‘like en virgin’ le temps de deux titres de Madonna et enchaîne sur un curieux mix de « Can’t get you out of my head »  de Killy Minogue et de ???. Zut on a encore perdu des points au Music quizz!

***

Toute la poudre du feu d’artifice du 14 juillet s’était évaporée dans le ciel toujours sans nuage de La Rochelle et voilà que les Francos offrent un second bouquet final à la soirée. Toujours aussi craquante dans son espèce de discrétion charmeuse, Vanessa Paradis a fermé la grande scène en douceur et déhanchés. « Divine Idylle » en ouverture et en salut : la chanteuse use du stratagème efficace qui l’a accompagnée sur toute sa tournée. Egalement au rendez-vous, Mathieu Chedid se réserve la guitare auprès de la belle qui partage volontiers les ‘spotlights’ avec ses musiciens. De « Dis lui toi que je t’aime » à « Les piles » en passant par « Joe le taxi », Paradis s’est installée pour un lift d’une bonne heure, bifurquant d’albums en albums à chaque carrefour.

Les photos du festival sur http://www.hiersoir.com

 

Cactus 2008 : dimanche 13 juillet

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C’est sous un soleil radieux que débute la troisième journée du Cactus, un des festivals les plus conviviaux de Belgique. On vient cependant de manquer l’‘alt country’ (NDR : à moins que ce ne soit du ‘freaky folk déraciné’) de Phosphorescent. En cause, des embouteillages et une gueule de bois mal gérée…

Par contre, on est malheureusement pile à l’heure pour assister au set de Devotchka, un quatuor américain responsable d’un mélange de folklore balkanique (dans une version aseptisée) et de rock fort banal, rappelant Sting et Babybird. La formation est venue défendre son nouvel opus intitulé « A Mad and Faithful Telling ». Le show manque d’énergie et les musiciens ne se montrent guère enthousiastes. On a même l’impression qu’ils sont présents de corps, mais absents d’esprit… Encore clairsemé, le public applaudit poliment, mais surtout mollement, un répertoire pas très inspiré. Difficile d’ailleurs d’accrocher à cette mixture musicale digne d’un compromis à la Belge : un consensus mou qui ne satisfait personne et surtout pas l’assemblée… Un voisin me souffle : ‘il y a une demi-heure qu’ils jouent mais j’ai l’impression de les écouter depuis deux jours !’.

Tandis qu’une ribambelle d’enfants parcourt le Minnewaterpark, en long et en large, pour récupérer des gobelets usagés (10 centimes pièce !), Shantel et le Bukovina Club Orkestar mettent littéralement le feu aux planches. D’origine roumaine, Shantel est un dj allemand. Il a lancé la mode du ‘balkan beat’. En dynamitant les mélodies fiévreuses de l’Europe de l’Est à coup de beats gargantuesques, l’homme a créé un style unique en son genre. Il se démène comme un beau diable sur la scène du Cactus, tel un Moby gitan. Le groupe est très efficace. La chanteuse ressemble à Asia Argento. Ajoutez-y une distribution de vodka aux premiers rangs, et le tour est joué ! Ce set très plaisant atomise les traditions dans un grand chaudron punk, électro et reggae, le tout joué avec une énergie folle… On est conquis, et on se retrouve à scander « Disko Partizani ! », titre du dernier album de notre homme et sa troupe, sorti chez nos Crammed nationaux.

La sauce retombe lors du set d’Arsenal. Cette formation jouit pourtant d’une énorme popularité en Flandre. Après avoir commis un premier album qui touillait pas mal dans l’électro ‘brazilera’, elle vient de concocter un nouvel elpee nourri au rock un peu boursouflé et surtout pompeux. De la musique destinée aux stades (de Flandre) qui semble mettre tout le monde d’accord. Mais le résultat sonne quand même fort convenu. Après une réincursion par les thématiques brésiliennes (et ses sonorités réminiscentes de Buscemi) et un vieux tube du précédent album (« Mr Doorman »), le rideau tombe pour laisser place à un duo meurtrier…

Car le charme du festival Cactus procède également de cet éclectisme à toute épreuve, permettant de passer du rock pompier aux transes noisy. Celles du duo anglo-américain The Kills, en particulier. VV et Hotel (leurs surnoms) viennent défendre un « Midnight Boom » acclamé par la presse et plébiscité par le public alternatif. Produit par Alex Epton (Spank Rock), l’elpee bénéficie de programmations rythmiques efficaces collant parfaitement à leur blues rachitique qui convie le Velvet, Jesus & Mary Chain et Suicide à un grand festin dépressif. Fidèle à sa réputation taiseuse, le groupe enchaîne pendant une heure les titres abrasifs. Jamie ‘Hotel’ Hince se cache derrière d’énormes lunettes de soleil à la Martin Rev. L’économie de mots  laisse à ce rock minimaliste (beats + deux guitares) le temps de dévoiler une puissance qui fait mouche sur quelques morceaux. Une partie du set est peut-être un peu moins convaincante, surtout les passages blues punk minimalistes, rappelant le Blues Explosion des débuts ainsi que Royal Trux ; mais on n’en reste pas moins sonné par cette prestation, surtout au regard du spectacle pâlot accordé par Sophia qui bénéficiait pourtant, pour la circonstance, du concours d’une section de cordes.

La troupe de l’ancien God Machine, Robin Proper-Sheppard, s’est évertuée à réveiller un certain rock indé des années nonante ; mais son charisme proche du degré zéro et la volonté de se vautrer dans la geignardise ne pouvait finir que par lasser profondément…

On repart du bon pied en compagnie de Bootsy Collins flanqué de son Hardest Working Men Band. La légende du P-Funk a voulu rendre hommage à ses mentors, Bobby Bird et James Brown. Pour l’occasion, l’homme a mis sur pied un groupe réunissant des membres de la formation live de Public Enemy, le Bobby Bird Band, mais aussi des légendes comme le tromboniste Fred Wesley, une Vicky Anderson sans voix (une des anciennes chanteuses du Godfather) et le MC Danny Ray, dont le rôle consiste à introduire le Godfather sur scène. Un sosie de James Brown est aussi prévu ; et… il est plus vrai que nature ! Le dénommé Tony Wilson représente parfaitement le James Brown de la première moitié des années soixante : il accomplit des acrobaties, possède le même timbre de voix et se démène comme un beau diable. On rigole beaucoup, car cette troupe hétéroclite (dont une curieuse vamp rousse sur le retour) libère un certain charme. Celui d’une bande d’anciens combattants qui porte les stigmates de la vie difficile que traversent parfois les artistes. Pourtant, elle a conservé une belle énergie pour rendre hommage à un génie de la musique populaire. ‘Are you ready Bru-ha ?’ demande le fringant bassiste coiffé de chapeaux bizarres et dont la prononciation s’avère particulièrement fantaisiste. Le public répond ‘oui’ (évidemment) et embarquement immédiat pour un « best of » assez enlevé des multiples tueries qui ont jalonné la carrière de James. C’est bien joué, assez drôle, et malgré quelques impros un peu lassantes, le résultat est plutôt plaisant. Le spectacle s’achève par une version avortée de « We Want To Funk », au cours de laquelle Bootsy prend un bain de foule avant que le concert ne soit prématurément interrompu. La faute au retard accumulé, car Youssou N’Dour attend son tour.

Parlons-en du maître du Mbalax. Parce que votre serviteur n’a malheureusement pas eu l’occasion d’apprécier sa prestation et d’entendre les titres de son nouvel album, « Rokku Mi Rokka »… Il faut dire que la fatigue commence à se faire sentir et cent kilomètres me séparent encore de Bruxelles. Une autre fois peut-être…

Ardentes 2008 : dimanche 13 juillet

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Le marathon des Ardentes 2008, c'est fini ! Et Musiczine était bien présent pour en extraire la quintessence. Cette année, la manifestation a franchi un cap d'importance. Elle peut se targuer d'avoir atteint la taille critique d'un poids lourd dans le paysage festivalier wallon et belge. En seulement trois ans d'existence, c'est une gageure de taille. Plus de 50 000 personnes étaient attendues sur le site du Parc Astrid pour assister à plus de 80 concerts. Le quatrième et dernier jour des festivités de Coronmeuse débute sous les meilleurs auspices : la météo promet un temps sec et même un timide ensoleillement. Pour cette ultime journée, les organisateurs ont voulu nous en mettre plein les oreilles. Affiche de grand standing, le final des Ardentes, s'annonce grandiose.

Ce dimanche aura connu des records d'affluence. Quand nous débarquons sur le site du festival, l'Allée des Saveurs est encombrée de passants indécis entre désir de musique et envie de nourriture. De nombreux festivaliers campent devant les bars, le verre en plastique à la main. On se presse moins, par contre, devant les podiums. C'est compréhensible, trois jours d'orgie sonore sont amplement suffisants pour entamer un homme. Pour bien commencer la journée, le festivalier fatigué reprend des forces en buvant une bière bien fraîche et en dégustant un hot-dog dégoulinant de sauce…

Nous arrivons devant la scène de l'‘HF6’ dix bonnes minutes avant l'entrée de Yoav. Sur l'estrade, un technicien particulièrement zélé accorde une guitare et règle les prises de son. Franchement, il a une belle voix et son doigté sur les cordes ne manque pas de dextérité. Bigre, il pourrait bientôt voler la vedette au chanteur pour lequel il règle le matos. En réalité, cet obscur technicien est Yoav en personne ! Il faut un peu de temps pour s’en rendre compte, mais on vous prie de bien vouloir excuser notre méprise. Faut dire qu’en fin de festival, notre esprit commence tout doucement à s’engourdir. Il nous offre, en quelque sorte, un pré-concert. A l’écoute de ces petites bribes de morceaux déjà bien mélodiques, le public commence à s’impatienter. Le chanteur ne cesse pourtant de rappeler que son set n'a pas encore commencé, mais nous précise qu’il a presque terminé le soundcheck. Finalement, le show débute plus tôt que prévu. La persévérance du public aura porté ses fruits. La pop de l'Israélien est délicate. Finement ciselées, les mélodies frôlent l'érudition. Il est seul sur les planches. Un seul compagnon : une guitare. Yoav fait corps avec son instrument. Il en extrait des sonorités insoupçonnées, les transformant au besoin en boîte à rythmes. Nos voisins se bidonnent lorsqu’il décide de chanter dans son instrument et le surnomment déjà ‘l'homme qui murmurait à la rosace des guitares’. Il se fend de deux covers très personnelles. L’une d’un titre de Radiohead et l’autre, le « Where is my mind », tube des Pixies. Mais la compo qui nous a la plus séduite est incontestablement « There is nobody ». Elle est issue de sa plume. Cependant le set du chanteur est peut-être un chouia trop intello pour convaincre à une heure aussi matinale. Il est alors 15h50.

Notre premier grand étonnement de la journée viendra de Nicole Willis & The Soul Investigators. La chanteuse américaine et son orchestre sont déjà à l'œuvre quand nous arrivons devant l'‘Open Air’. Vêtue d’une robe sobre, de couleur verte, la chanteuse noire ne manque pas de style. Comme quoi on peut avoir de la prestance sans devoir sortir toute une panoplie carnavalesque. Et il faut reconnaître que le combo démontre un talent indéniable. Cependant, le public est encore clairsemé. En outre, leur soul ‘old school’ n’est pas tellement adaptée à un festival comme celui des Ardentes. Par contre, elle aurait pu et pourrait faire un tabac au Couleur Café ou à l’Esperanzah...

Daniel Darc est fidèle à lui-même. Réputé pour ses nombreux excès en tous genres, l’ancien chanteur de Taxi Girl va nous dispenser un concert de toute bonne facture. Le maintien ‘stone’, les mouvements vagues, Darc semble en forme. D’ailleurs, il n’est guère excessif dans l’interprétation de ses chansons. On y recèle même beaucoup de retenue ; mais cette fausse douceur dissimule une agitation qui parfois explose. La foule est déjà bien compacte dans les 'Halles', et le Français est applaudi chaleureusement. Le spectacle de Daniel Darc sera marqué par un rendez-vous manqué. Bashung, qui pourtant se produisait un peu plus tard sur les mêmes planches, ne se montre pas. Sa maladie n'est plus un secret pour personne. On comprend qu’il a besoin de repos, mais en même temps une légitime inquiétude nous traverse l’esprit. Puis on chasse cette idée noire avant de se reconcentrer sur « L.U.V. ». Malgré l'absence de Bashung, excusée par Daniel Darc, la version est excellente. La meilleure compo du concert, à notre humble avis.

Sur le podium de l'‘Open Air’, Nada Surf se démène pour communiquer son sens de la fête. L'exercice n'est pas difficile, la foule est déjà conquise dès l'apparition du trio. Rompu à l'exercice du ‘live’, le groupe manifeste une aisance qui fait plaisir à voir et à entendre. Les spectateurs acceptent volontiers l’invitation de Matthew Caws à frapper dans les mains pour imprimer le tempo ou à jumper sur les dalles en plastique qui recouvrent désormais le bourbier. Rien d'autre à ajouter. Que voulez-vous savoir de plus ? Oui ils ont joué « Always Love » et oui le set était génial.

Nous remontons vers les 'Halles'. Il y a foule dans l'Allée des Saveurs mais le déplacement ne pose pas trop de problème depuis que celle-ci a été élargie à l'occasion de cette nouvelle édition du festival des Ardentes. The Cinematic Orchestra nous plonge au cœur de son univers digital sur la scène ‘HF6’. Un style peu entendu, lors de cette édition, sur le site du Parc Astrid. Les accès jazzyfiants sont lents et cuivrés. L’électro acoustique domine pourtant le sujet. On a aussi l’impression de baigner dans un havre de soul sous les tôles de l'HF6. Difficile de classer cette bête-là. Néanmoins, c’est une étape voluptueuse dans notre parcours.

Nous sommes encore coincés dans l'Allée des Saveurs derrière une troupe de festivaliers flânant nonchalamment quand nous parvient une ovation de la foule. Nous manquons l'entrée en scène d'Arno. Le vieux rockeur ostendais est très attendu par ses fans venus nombreux. Il est remonté à bloc. Sa voix typiquement grasseyante et onctueusement brisée résonne sous les arbres. Tout comme de parfaits gentlemen, nous bousculons à peine les flâneurs et évitons d’écraser les pieds voire les corps des affalés pour tracer jusqu'à l'esplanade, en plein air. Quand nous déboulons sur l'‘Open Air’, plein à craquer, le sujet le plus déjanté de ‘Sa Majesté’ régale déjà le public d'un numéro inimitable. Tout de noir vêtu, chemise, veste et pantalon froissés, le chanteur semble avoir commencé le spectacle en coulisses après avoir consommé deux apéros plutôt qu'un. Sa bonne humeur est communicative. L'humour touchant de « Ma Mère » fait toujours mouche. On s'incline devant la classe du bonhomme quand il entonne « Help Me Mary ». En homme de goût, amateur des bonnes choses, il ne manque pas de souligner son attachement au multiculturalisme. Militant de la première heure pour cette idéologie –que certains estiment saugrenues en ces moments troubles– dénommée 'Belgique', nous aurons droit à un extrait de ‘Brabançonne’ un brin ‘rockeuse’ mais surtout coupable d’une lèse-majesté paradoxalement révérencieuse.

Nous nous détachons à regret du show de l'Ostendais pour nous diriger vers un autre rendez-vous. Girls In Hawaii se produit dans les 'Halles des Foires'. Après l'énergie puisée de l'expérience, nous retrouvons l'exubérance de la jeunesse. Quand on y réfléchit, après avoir assisté aux sets d’Arsenal, de Das Pop, de Tim Vanhamel, de Hollywood P$$$ Stars et d'Arno, on en conclut qu'on vit une époque exceptionnelle. Girls In Hawaii est un autre groupe à mettre au panthéon de notre orgueil national bien placé. Des téléviseurs sont installés sur le podium. Des abat-jours, également. La mise en scène a été soigneusement préparée. C'est joli mais c'est aussi la marque de fabrique des 'Girls'. Quand les paysages bucoliques se mettent à défiler sur les écrans télé, on en a la certitude, c'est bien eux. En matière de générosité, ils n’ont rien à envier aux Hollywood P$$$ Stars. En fougue non plus d'ailleurs. Ayant passé brillamment l’examen du second opus (« Plan Your Escape »), leur réputation n'est déjà plus à faire ; et le public, particulièrement dense des 'Halles', salue la performance du groupe. Décidément, aujourd'hui, nous cumulons les regrets. Nous devons une nouvelle fois abandonner cette ambiance pour embrasser d'autres horizons. Mais il nous suffit de penser à la suite du programme, pour faire contre mauvaise fortune bon cœur et nous consoler de ce départ anticipé.

Il est 21h20. Commence l'événement de la journée. 'Le' spectacle à ne pas manquer, même si vous êtes un irrécupérable pisse-vinaigre qui a des feuilles de choux à la place des oreilles. D’ailleurs on sait que ce soir les tympans vont se délecter. Dionysos, c'est le sens du spectacle. Leur dernier elpee, « La Mécanique du Cœur » est excellent. Le décor nous en met plein les mirettes ; un décor digne de l’univers de Tim Burton. Il y a des horloges partout. Elles font ‘tic-tac’. Certains esprits perspicaces (dont les nôtres) font immédiatement le rapprochement avec le thème de leur dernier elpee. Bien pensé ! Nous n’émettrons plus d’autre réflexion au cours de l’heure qui va suivre, Mathias Malzieu accaparant toute notre attention et notre énergie. Ce phénomène ne risque pas d’être égalé voire battu avant longtemps, vous pouvez nous croire. Devant l'hyperactivité frôlant l'hystérie de l'artiste un peu fou (et magicien), la foule se laisse prendre au jeu. Elle hurle et bondit de joie. Mathias n'est pas le seul détraqué sur scène. Toute la troupe semble saisie d'une frénésie que rien ne peut arrêter. A peine les acclamations des festivaliers accordées entre deux morceaux. Seule Elisabeth Maistre, alias ‘Babet’ semble résister à la contagion. Souriante et gracieuse, elle lance des regards bienveillants autour d'elle avant de saisir son violon pour nous enchanter. Nous aurons aussi le droit de tenter notre chance au concours inventé par le groupe en lançant un tonitruant « Ta gueule le chat ». De l'aveu du chanteur, il est tellement beau que des frites en pleuvraient. Séducteur en plus ce Mathias ! Et increvable. Malgré une course de plusieurs kilomètres parcourus sur l’estrade, le chanteur ne résistera pas à se jeter dans une foule qui le portera aux nues comme il se doit. Si « La Mécanique du Coeur » a la primeur du décor, Dionysos ne renie pas son passé et nous interprète de nombreuses chansons piochées dans son vaste répertoire. Quand le spectacle prend fin, la magie semble encore suspendue encore quelque temps dans l’air. Alors nous en concluons que ces gens-là sont de sacrés faiseurs de rêves... et de redoutables hommes d'affaires. On n'aura pas manqué de remarquer que l'ensemble des morceaux joués par le groupe, ce soir, suivaient un schéma rigoureusement identique. Un début doux, un long crescendo qui aboutit inéluctablement sur un final pétaradant d'une bonne minute ou deux réglementaires. La formule est efficace car elle a la vertu d'exciter les foules. Dionysos l'a compris et s'en sert jusqu’à satiété. On relèvera une petite ombre, mais probablement accidentelle au tableau somptueux qu'ils nous ont dépeint : lors de l’incontournable « Song for Jedi », la délicieuse voix de Babet était mal dosée ; si bien qu'on ne l'entendait quasiment pas. Quel dommage, car la chanson perdait du coup, un peu de son âme...

Même si la nuit tombe déjà sur le festival, ce dimanche est loin de nous avoir montré toute sa richesse. C'est sur l'estrade de l'‘HF6’ qu'Alain Bashung nous attend. Ce grand Monsieur va nous accorder la prestation la plus émouvante de tout le festival. L'homme a du chien, une classe rare. La sobriété de la mise en scène frise l'ascétisme, par rapport aux télés et aux lampes de chevet de Girls In Hawaii. Mais tout détail complémentaire serait superfétatoire chez Bashung. Les musiciens restent en retrait. Il n'y a que de la lumière bleue sur scène et de la fumée. Et puis l'artiste effectue son entrée. Ovation ! Vêtu de noir de la tête aux pieds, il  est coiffé d’un chapeau et porte des lunettes fumées. On ne sait si c'est par pudeur ou plutôt pour dissimuler la calvitie qu'il s'est ainsi masqué car, paradoxalement, cet aspect accentue son alopécie et ses sourcils effacés. Mais le couvre-chef est un accessoire qui colle terriblement bien au personnage. La démarche lente, il s'économise. Dès qu’il fait face au micro, sa voix forte, presque caverneuse, retentit ; et en peu de mots, elle captive l'auditoire. Son chant puissant est profond et hypnotique. Ses paroles étanchent des soifs que nous ne soupçonnions pas. Les compos alternent tubes et titres de son dernier album, « Bleu Pétrole ». On savourera tour à tour « Vénus », « Je tuerai la pianiste », « Vertige de l'amour », « Osez Joséphine » et tant d'autres. Il y a quelque chose de touchant dans les mouvements lents du chanteur, ses mimes calculés, la façon même dont l'accessoiriste l'aide à attacher sa guitare, avec un immense respect et beaucoup de douceur. Habitée par quelques vérités mystérieuses, la voix de Bashung nous aura, pour un moment, emporté loin de nos préoccupations actuelles, nous invitant à savourer un pur moment de magie. Les applaudissements du public inviteront l’homme en noir pour deux rappels. En quittant l'‘HF6’, des tas de refrains nous trottent en tête, mais en même temps, un sentiment de nostalgie nous envahit…

Les Dandy Warhols ont le grand honneur et la lourde responsabilité de clôturer un festival des Ardentes qui s'est révélé de haute tenue cette année. Leur musique résonne déjà dans la plaine alors que nous nous élançons, alertes comme on peut l'être en fin de festival, vers notre dernière destination. Il y a beaucoup de mouvements sur les pelouses du Parc Astrid. C'est la dernière tournée des copains et les festivaliers se pressent aux bars. Certains, voulant profiter jusqu'au bout de l'événement, dansent frénétiquement devant le podium. D'autres encore estiment que le moment est propice pour vider les lieux afin d’éviter les embouteillages. Il est difficile de se faire une place sur scène quand on se produit après Dionysos et Bashung. Et si les Dandy ont un excellent répertoire, leurs sets ‘live’ sont souvent un peu mous. Nous avouons ne pas être restés jusqu'à la dernière note du dernier morceau. Comme les mariés partent avant tout le monde le jour de leur mariage, nous nous sommes éclipsés avant que le couperet fatidique de la fin de festival ne tombe, emportant le lot de mélancolie qui l'accompagne. Nous avons de toute façon tous les albums des Dandys à la maison.

On conclura donc que cette édition 2008 des Ardentes 2008 est une réussite totale, même technique. On adressera donc un coup de chapeau aux organisateurs ainsi qu’aux services communaux qui sont parvenus à éviter la catastrophe lorsque les éléments se sont déchaînés, en début de festival. La bonne humeur et les artistes étaient bien au rendez-vous. Peu de mal-lunés. De rares déceptions. Bref, où donc achète-t-on déjà son billet pour la prochaine édition ??

 

Francofolies La Rochelle 2008 : dimanche 13 juillet

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Troisième jour de festival dans le port. Le festival ‘off’ bat son plein pour le meilleur et parfois pour le pire. La scène principale déçoit, de nouveaux artistes décollent.

Ce qu’on a vu en quelques mots…

Des Bretons : un qui débute le sourire aux lèvres (Maloh) et d’autres qui terminent en se traînant (Matmatah).

Arthur H qui danse chaussé de souliers vernis à talons (‘Nous sommes tous Claude François’).

Un public qui siffle Néry (‘Nous –ne– sommes –pas– tous Claude François’).

Une grande Little.

Un Belge qui squattait toutes les scènes (Sacha Toorop).

Des centaines de personnes qui écoutent Christophe Maé sans payer (non, pas les VIP, des autres).

On n’a pas vu…

Ce qu’Adrienne Pauly avait consommé avant de monter sur les planches, mais ça nous intrigue.

Tôt ..

Heure de table rassasiante à la Motte rouge. A 12h30, Maloh entame son « C’est grave docteur ? » et accroche d’emblée l’attention du public. À 22 ans, le Breton qui a profité d’une blessure pour attraper le manche d’une guitare a trouvé sa voie et la route semble être à lui. Timbre sensible, textes attachants et décalés, les ballades se promènent dans la place rêveuse.

Grandi par un passage au ‘Chantier’ en février, le jeune homme à la Martin profite des applaudissements pour se donner du courage avant de se lancer dans l’aventure du soir. A 21h35, plus de 10 000 personnes l’attendent sur la scène St Jean d’Acre pour un mini-set. La prestation est plus stressée mais l’émotion est également au rendez-vous côté public. Journée coup double.

Retour à la Motte rouge, sous le soleil : la voix sensuelle de Sacha Toroop (Dominique A,…) prend le relais. Tout en nœuds et en univers parallèles, le Liégeois, surtout connu à la guitare, fait ses preuves au micro. Ludéal, un rien trop play-boy n’égalera pas ses deux prédécesseurs.

Ou tard…

Matmatah effectue sa tournée d’adieux… et ils ont bien raison. On attendait un show poignant, on avait envie de regretter leur sortie de scène mais on restera les yeux secs et les muscles à peine dérouillés. Excellents musiciens au réel potentiel scénique, les quatre de Brest s’écartent à peine du service minimum. Le groupe enchaîne les tubes pour secouer la foule et oscille entre humeur joueuse et utilisation sans âme de ressorts efficaces. ‘Ca faisait longtemps que l’Europe n’avait plus été une monarchie’, peu importe le fond et au diable l’Histoire, Matmatah a une réputation contestataire à tenir. Et quand ils entonnent un « Hymne à la Joie » savamment orchestré, c’est la frustration : pourquoi décevoir quand on est capable de ça et de bien mieux? Lors du rappel, du très court rappel, nous étions sûrs d’entendre «  Bande à part » morceau du dernier album, sur la séparation du groupe. Il faudra s’en passer… ; à la place, le tube que nous n’attendions pas : « Salut les amoureux». Un salut à Joe Dassin aurait vraiment été une poignante apothéose… S’il y avait eu un quelconque crescendo. Des adieux, quelquefois, se passent un peu trop bien.

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C’est cruel un public qui s’ennuie ! ‘Nous sommes tous Claude François’ devait être une grande fête, entre paillettes, amitiés complices et joyeux souvenirs. St Jean d’Acre en a décidé autrement. Le projet sonnait bien sur papier : faire revivre avec des artistes actuels le dernier concert de Cloclo. Il y avait des Clodettes court-vêtues, dont Prisca la 100% authentique, un visuel rétro et plein de bonnes volontés ; mais la transportation virtuelle dans une salle de Lyon le 24 février 78 ne convainc pas. Arthur H, Frank Monnet, Jean Guidoni, Clarika, Adrienne Pauly, Kent, Christophe Mali (Tryo), Sacha Toroop (encore vous ?), Didier Wampas, Saule… La brochette d’artistes est séduisante mais le public réclame des ‘grandes stars’, des ‘grands tubes’ et apprécie peu qu’on lui serve des morceaux qui n’ont pas traversé le temps alors qu’il était venu juste pour agiter les bras sur « Alexandrie, Alexandra ». Néry, chef d’orchestre du projet écourte son medley sous les huées. Didier Wampas, pourtant décidé à faire profiter de son énergie brute échappe de peu à une fracture en se jetant dans une fosse… qui ne le rattrape pas. Et flop ! Oui ça manquait parfois de conviction ou de rythme, mais de là à se montrer si exigeant avant de faire une ovation à Christophe Maé il y a un pas qui n’était pas indispensable à franchir.

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Le ‘roi soleil’ fait le bonheur des festivaliers intra-muros et de ceux qui écoutent religieusement le concert assis dans l’herbe de l’autre côté de l’estuaire. Dans la cour des dames Little n’en revient pas d’être devant un public, sur une scène des Francos. La toute petite chanteuse, génération MySpace, n’a pourtant pas dû faire l’aumône d’une assistance touffue. De titres en titres, les passants se joignent au noyau de départ, séduits par la voix fluette et sucrée de la chanteuse. Princesse d’une réalité moderne, Little chante le nouveau prince charmant : celui qui n’existe pas ou du moins se cache bien. Entre nuits agitées de débordements éthyliques, et rêves éveillés, la timide bad girl aux multiples clics livre un set qui lui ressemble : doux et mélodieux. 

Les photos du festival sur http://www.hiersoir.com

 

Rock Zottegem 2008 : samedi 12 juillet.

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C'est l'envie de voir Blondie, groupe mythique ayant peuplé les rêves de mes jeunes années, qui m'a permis de découvrir le festival Rock Zottegem. Pourtant il en est déjà à sa 15ème édition ; et cette année, les 20.000 tickets combi avaient déjà été acquis en prévente. Il faut dire que les têtes d'affiche avaient de quoi séduire un large public, bien que je m'explique mal la présence de Motörhead le vendredi et de Joe Jackson ainsi que de Blondie le samedi.

Pour ne pas manquer Joe Jackson, j’ai donc pris la route un peu plus tôt que prévu. J’avais eu l’occasion d’assister à sa prestation accordée il y a quelques mois à l'Ancienne Belgique ; aussi je crevais d'envie de le revoir. La peur des embouteillages et d'arriver en retard m'a permis de découvrir Gabriel Ros, relativement peu connu au sud du pays, mais qui déclenche, sous le chapiteau de Zottegem, une réaction de frénésie parmi le public. Public de tous les âges, d'ailleurs. Difficile même d'établir une moyenne. Les plus jeunes ont à peine 15 ans, les plus anciens en ont facilement 60... Arrivé trop tard pour pouvoir me placer en frontstage afin de prendre quelques photos, je me suis donc contenté de regarder et d’écouter son set, identifiant au passage l'une ou l'autre de ses compos. Je reconnais que ses rythmes latinos ont de quoi plaire, même si l'originalité n'est pas au rendez-vous. Sa musique est destinée aux festivaliers de tous les âges ; mais il est étonnant que la jeune génération accroche autant que celle des aînés à une musique davantage destinée à un public plus sage.

Pas de retard par contre pour assister au show de l'ami Joe Jackson. Les instructions contradictoires édictées par la sécurité en matière de photo et l'attitude pas sympa du public envers les photographes, qui sont obligés de leur masquer la vue pour espérer rapporter une image, pousseront une bonne partie des professionnels à déguerpir avant la fin de la troisième chanson. En début de concert, l’assistance est pourtant plus clairsemée que pour Ros. Ce qui me permet, au terme de cette séance photos, de retrouver le premier rang d'où j'assiste à un nouveau grand set de Monsieur Jackson. Il enchaîne nouvelles compos issues de son nouvel opus, dont un « Invisible man » en début de parcours, et classiques, dont les refrains sont repris en chœur par l’assemblée, toutes générations confondues. Mais un public de plus en plus nombreux, à mesure que le concert avance. Joe Jackson semble nettement plus populaire au nord qu'au sud du pays... Un regret : pas de trace de "Solo (so low)" dans son tracklisting. Mais il est vrai que si cette chanson peut arracher des frissons à un bloc de pierre, dans une Ancienne Belgique entièrement conquise à sa cause, dans le cadre d’un festival, la présence de ce morceau n’est peut-être pas judicieuse. Après un peu plus d'une heure de spectacle, Joe s’installe derrière le piano pour achever son répertoire et il semble toujours aussi ému de voir la foule l'acclamer comme il le mérite pourtant bien.

Difficile par contre, d'assister au concert de Blondie aux premiers rangs : seules les photos prises depuis la console de son au moyen de ‘longs objectifs’ (NDR : je cite) sont autorisées. La consigne semble boycottée par mes confrères et même la sécu de la console n'est pas informée de l'arrivée des photographes. Problème vite réglé cependant et pendant que le groupe attaque les premières mesures d'un concert qui durera plus d'une heure et demie, Debbie Harry, engoncée dans un sweat trop grand pour elle, arrive sur scène dans une pénombre qui empêche de la reconnaître de prime abord. Le combo alterne anciens titres, comme "Hanging on a Telephone", "One Way or Another", "Picture This", et bien entendu "Heart of Glass", ainsi que compositions extraites des albums post come-back de 1998. Il faut cependant admettre que si les musiciens ont toujours la pêche, la toujours belle Deborah manque de coffre sur plusieurs titres. Tant sa voix que sa gestuelle sur les planches ont pris un sacré coup de vieux. Les grandes années du groupe sont subtilement évoquées par Clem Burke, le drummer, qui exhibe fièrement un T-shirt blanc aux armes du CBGB's... Le corps du set s’achève par une version de "Rapture" d’une durée de presque 10 minutes, entrecoupée de solos, de duos, et d'instrumentaux d'anthologie, prouvant que les musiciens n'ont rien perdu de leur énergie. Seul Chris Stein à la guitare, unique rescapé avec Debbie du line up originel, adopte une attitude fort placide et statique. Retour sur scène pour les rappels : "Atomic" déclenche une véritable hystérie. Il faudra d’ailleurs l’interprétation de "The Tide is High" pour calmer quelque peu les esprits, avant que le groupe ne quitte la scène au terme d'une bonne heure et demie de prestation, soit 1/4h de plus qu'officiellement annoncé.

Entre la joie d'avoir pu voir sur scène un groupe majeur de mes jeunes années et la prévisible déception qu'ils aient comme moi pris 25 ans dans la vue, j’éprouve un sentiment mitigé. Aussi, je n'attends pas l'arrivée de Dr. Lektroluv, mais décide de rentrer sagement à la maison. Quelques notes d'"Atomic" continuent de me trotter dans la tête ; mais je m’inquiète quand même de la prestation que les Sex Pistols accorderont le 2 août prochain, dans le cadre des Lokerse Feesten...

 

Cactus 2008 : samedi 12 juillet

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Le Cactus a pour moi tout du  festival idéal : le beau cadre du Minnewaterpark, varié et verdoyant, une organisation irréprochable, des tarifs démocratiques, un public familial, bon enfant et de l’espace pour profiter pleinement de la jolie affiche de ce samedi ensoleillé.

Après deux heures d’embouteillages sur l’autoroute de la mer, j’arrive à temps pour la prestation de Tinariwen, groupe malien qui marie musique traditionnelle et blues-rock façon seventies. Les huit musiciens semblent tout droit sortis du désert, voilés et vêtus de tuniques amples et colorées. Le concert est pourtant loin d’être torride, les morceaux longs et répétitifs se succédant sans décoller réellement. Le soleil engourdit quelque peu le public, de plus en plus nombreux, tandis que des enfants vifs comme l’éclair guettent puis subtilisent les gobelets vides. A 10 centimes le verre, on se dit qu’il n’y a pas de petit profit.

Les Californiens de Pinback entament alors un set nerveux, précis et enthousiaste. Durant plus d’une heure, ils vont passer en revue leur discographie, de l’émouvant « Tripoli » à l’imparable « Good To See », tiré de leur dernier album « Autumn Of The Seraphs ». Les deux leaders semblent d’excellente humeur. Ils plaisantent avec le public et enchaînent leurs morceaux dans des versions plus rapides et nerveuses que sur les albums. Un excellent moment, donc, qui m’a permis de redécouvrir un groupe précieux et constant qui, mine de rien, se construit peu à peu une discographie en or.

Le concert suivant sera une déception : le jazz-soul de The Cinematic Orchestra passe mal en cette fin d’après- midi : la faute à un son faiblard, des passages instrumentaux intéressants mais manquant de surprises, de variations. On est souvent plus proche d’une honnête musique d’ascenseur que des paysages troublants d’un Tortoise. C’est finalement lorsque le chant s’invite que l’émotion passe enfin : en témoigne le très beau « Breathe », tiré de leur passionnant dernier album, « Ma Fleur ». On préférera tout de même déguster cette musique dans le noir, couché ou dans un club enfumé en sirotant un whisky.

Vers 20 heures, l’ambiance monte d’un cran, les enfants descendent des épaules de leurs parents et fuient le podium : les vétérans de Dinosaur Jr s’apprêtent à monter sur scène et à donner ce qui restera comme le concert de la journée. Survoltés, Jay Mascis, Lou Barlow et Murph semblent s’amuser comme des gosses. Contrairement aux concerts du Pukkelpop et d’Anvers de l’année passée, le son est excellent, lourd et puissant. Mascis nous entraîne dans ses soli vertigineux, toujours parfaits. Barlow se déchaîne comme jamais sur sa basse et Murph n’a rien perdu de sa frappe légendaire. Le choix des morceaux est parfait, lui aussi : le groupe joue les habituels classiques des débuts (« Freak Scene », « Little Fury Things »), des extraits du petit dernier « Beyond », mais aussi (pour le plus grand plaisir des nombreux fans réunis) des titres piochés dans les excellents « Where you Been » (« Out There ») et « Without A Sound » (« Feel The Pain »). A la fin du set, des sourires se dessinent sur le visage des nombreux fidèles ayant fait le déplacement, harassés mais ravis.

C’est ensuite notre compatriote Arno qui rassemble le public, de plus en plus nombreux, autour de ses hymnes fédérateurs, dont un « L’Union Fait La Force » de circonstance, acclamé par un public métissé… L’enchaînement « Bathroom Singer », « Oh La La La » et « Putain Putain » met tout le monde d’accord sur les qualités de showman et de chanteur de l’Ostendais, toujours intactes. Le son est bon, bien que manquant sensiblement de puissance. Solidaires, les musiciens passent aisément d’un registre délicat et sensible (« Dans les Yeux de ma Mère », toujours aussi émouvant) à un blues-rock bien gras. Une mention spéciale doit être accordée au nouveau guitariste, au jeu inventif et survolté.

Après ces deux excellentes prestations, les anglais de Starsailor ont bien du mal à réveiller un public abasourdi. Il faut dire que leur britpop désincarnée paraît soudain bien fade… Pas trop ma tasse de thé, à vrai dire. Il est de toute façon l’heure de retourner à la capitale, en attendant une édition 2009 que l’on espère aussi excitante…

 

Ardentes 2008 : samedi 12 juillet

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Le marathon des Ardentes 2008, c'est parti ! Et Musiczine est bien présent pour en extraire la quintessence. Cette année, la manifestation a franchi un cap d'importance. Elle peut se targuer d'avoir atteint la taille critique d'un poids lourd dans le paysage festivalier wallon et belge. En seulement trois ans d'existence, c'est une gageure de taille. Plus de 50 000 personnes étaient attendues sur le site du Parc Astrid pour assister à plus de 80 concerts. Malgré une très courte nuit –la programmation du vendredi s'achevant à 6 heure du matin–, les spectateurs ne montraient pas de signe tangible de fatigue à notre arrivée sur le site. Ce samedi était une toute grosse journée. Assurément la plus conséquente en nombre de représentations, elle apporta son lot de bonnes surprises et de grosses déceptions. Le compte-rendu sera donc émaillé de contrastes…

A notre arrivée, Tim Vanhamel et sa clique viennent d’investir l'‘Open air’. Loin d'être un jeune premier, le chanteur/guitariste de cet ancien dEUS et surtout Millionaire nous a réservé quelques petits caprices de star. Pourtant placés aux premiers rangs, nous n'avons pas trop bien compris pourquoi il a quitté la scène après avoir accordé un très bon concert. Visiblement contrarié, Tim n’était apparemment pas satisfait de la qualité du son. Pour nous, cependant, tout semblait parfait. Malgré le concours d’un nombre important de musiciens (deux guitaristes, un bassiste, un batteur et un claviériste) pour soutenir la 'star', la musique était sobre et claire. Finalement, si Tim avait une bonne raison de se fâcher, c’était sur son jeu de scène. L'artiste et sa bande se sont montrés relativement austères... voire statiques. On avait un peu le sentiment qu'ils étaient venus faire leur job et pas davantage.

Les dernières notes du rock de Tim évaporées, nous courrons vers l'‘HF6’ pour assister au set de Hollywood P$$$ Stars. Anthony, Redboy, Ben et Eric sont chez eux à Liège. On le ressent rien qu’en observant la complicité établie entre le combo et l’assemblée venue les applaudir.  Maintenant, il est vrai qu’HPS est un habitué des Ardentes, auquel il avait déjà participé lors de sa première édition, en 2006. Généreux et de bonne humeur, le quatuor affiche une attitude totalement opposée à celle de Tim Vanhamel. Leur rock a mûri au fil de l'expérience acquise. Sur les planches, notamment. Et les mélodies qu'ils nous servent sont imparables. Il n'est que 14h30, mais Hollywood P$$$ Stars a déjà réussi à nous chauffer à bloc.

Si vous ne connaissez pas encore Devotchka, retenez bien ce nom ! Sans aucun doute la meilleure surprise de la journée et peut-être du festival. L’univers de ce groupe américain est atypique et burlesque. Sa musique est inclassable mais particulièrement solide. Sise quelque part entre pop/rock et folk manouche, elle intègre notamment des rythmes cubains. Les musiciens sont excellents, mais ont un tempérament bien trempé. Rien qu’en observant Jeanie Schroder dont le sousaphone en impose ou le violoniste Tom Hagerman, qui aurait pu débarquer d’un orchestre philarmonique, on en a la certitude. Et comme la voix de Nick Urata ne manque pas, non plus, de caractère, vous imaginez la puissance susceptible d’être libérée par un spectacle de Devotchka. Des instruments ? Il en sort de partout. Pas une chanson ne commence sans que les intervenants changent de rôle : trompette, percussions, maracas, etc. Le show virevolte. On est étonné, ébloui. Bref, on a adoré !

Il est cruel de programmer The Bellrays après les joyeux trublions de Devotchka. Sans doute l'organisation du festival avait-elle des comptes à régler. Nous ne le saurons jamais avec certitude ; mais une chose est sûre, nous ne nous sommes pas attardés devant la sympathique Lisa Kekaula. La diva est vêtue d'une robe de satin noire qui accentue son petit ventre bedonnant. Elle est chaussée de bottes à talons de couleur rouge. Sa coupe de cheveux afro est particulièrement imposante. Elle s'époumone à la manière d’une Tina Turner qui aurait connu une fin de carrière tragique... Objectivement, il faut reconnaitre que The Bellrays dispose d’arguments à faire valoir. Le guitariste Bob Vennum et le bassiste Justin Andres sont irréprochables. Ils entretiennent l’aspect rock des compos, parfois sous une forme assez dure. La voix de Lisa est puissante. Elle a du coffre, c’est le moins que l’on puisse dire. En outre, c’est elle qui donne la coloration soul aux chansons. Mais l’approche un peu trop conventionnelle de l’expression sonore semble constituer un obstacle au déclenchement d’une éventuelle étincelle. Surtout quand le public est plutôt mou.

Si une journée aussi riche nous contraint à se consacrer à l’essentiel, on ne peut passer sous silence la prestation de Nneka. Pourtant, nous ne l’avons qu’entraperçue ; mais elle a fait impression. Après un départ en catimini, elle s’est lancée dans un parcours sonore mêlant soul, funk et trip hop. Elle a du charme, possède une belle voix et ses lyrics sont marqués par un militantisme courageux. On ne peut donc rester insensible face à de tels arguments.

Bent Van Looy, le chanteur de Das Pop est probablement devenu la terreur des accessoiristes. Ils sont mis à rude contribution par ce chanteur hyperactif et déchaîné. Il bondit à gauche et à droite, perdant au passage ses baguettes, renverse le siège de son piano ou encore laisse tomber son micro. En voilà au moins un qui ne tire pas la gueule, parce qu’une vis mal serrée a provoqué la chute d’un micro sur le plancher des vaches (NDR : et nous ne visons personne...) Chez les Gantois, difficile de se prendre au sérieux. Ils vont ainsi parvenir à nous faire danser ainsi que chanter durant une petite heure, et s’excuseront même de ne pas avoir pu nous nous divertir plus longtemps. Mais on leur pardonnera facilement, car ils ont livré un des shows les plus récréatifs de ce samedi.

A l’instar de la vie de tous les jours, un festival ne ressemble pas nécessairement à l’univers dégoulinant de guimauve des ‘Bisounours’. On y est même parfois bien loin. Les langues de vipères y font aussi parfois leur nid. Et Liars en est un exemple flagrant. Son mépris est-il sincère ou est-ce un genre que le groupe se donne ? Une chose est sûre, difficile d’être plus mesquin qu’Angus Andrew, lorsqu’il prend le public à témoin pour déverser sa rancœur à l’égard des Kills. C'est qu'il les accuserait bien de lui voler la vedette. Ce sont finalement les spectateurs qui vont écoper de cette attitude détestable. Le set est hermétique. Pas un regard n’est adressé au public. Il y a des cris, de la gesticulation, du bruit. Heureusement aussi des mélodies qui accrochent l’oreille et puis surtout de la créativité dans leur musique. Mais vu la tension entretenue par le combo, on préfère changer d’air et on décide de s’accorder une pause gastronomique dans l'allée des saveurs.

The Kills, nous en parlions justement. Et c’est une petite déception. Nous attendions beaucoup de ‘VV’ et ‘Hotel’, mais ils sont passés à côté de leur sujet. Musicalement, on n’a cependant pas le droit de se plaindre ; mais dès l’entrée en scène du couple, il y a comme une chape de plomb qui est tombée sur l'‘HF6’. A cause des accords bruts et rugueux produits par la guitare de Jamie Hince. Mais aussi de la voix d’Alison. La sensualité de son timbre s’évaporant à cause d’un dosage inadapté du volume. Le duo est habitué de pratiquer le dialogue intimiste sur scène. Mais on ne perçoit pas cette passion commune. Les échanges semblent s’opérer en vase clos et le public a l’impression d’en être exclu. Après avoir communié en compagnie de Hollywood P$$$ Stars et partagé la complicité de Das Pop, nous espérions davantage de chaleur de la part de ces grosses pointures. Et ce ne sont ni les poses artificielles de l'Américaine, ni la prestation du crooner/guitariste anglais qui permettront de changer la donne.  

Alors que The Kills contemplait son nombril sur la plus grande scène des halles, Puppetmastaz nous en mettait plein la vue dans l'‘Aquarium’, l'autre salle, mais de taille plus modeste, des ‘Halles des foires’. Quelle ambiance ! La foule manifeste son enthousiasme face aux petites marionnettes directement inspirées du ‘Muppetshow’ qui déblatèrent un rap bourré d'humour et complètement taré. Nous sommes bien loin de l'écoute religieuse imposée au public de l'‘HF6’. Le spectacle visuel de la formation hip hop séduit par son originalité et fait mouche.

Pas grand chose à dire de la prestation de The Mars Volta, autre déception de ce festival. La musique dispensée par les huit protagonistes du groupe ressemble à une préparation instantanée, façon ‘Royco Minute Soup’. Techniquement les musiciens affichent une rigueur irréprochable. Chacun d’entre eux exerce un rôle précis dans la partition, même si on ne distingue pas grand chose entre la saturation des lignes de basse et le vrombissement généralisé des instruments. Il y a probablement une signification à trouver dans ce type d’expression ; mais il faut être un aficionado averti pour pouvoir la comprendre. Si bien que le reste de l’assistance semble pétrifié et se mure dans un silence d’incompréhension. Et le chanteur, Cedric Bixler-Zavala a beau crier très fort et gesticuler pour ne pas se noyer dans cette soupe sonore, c’est peine perdue…

Au bout d’heure de set, nous quittons le navire pour nous réfugier dans l'‘Aquarium’,  pour un avant-goût de cette nuit. Calvin Harris, le ‘roi du disco’ comme il se plaît à le proclamer lui-même, agite les corps des festivaliers de ses rythmes electro entrainants.

Après nous être quelque peu oubliés dans l'ambiance disco de l'‘Aquarium,’ nous retournons à l'extérieur pour être le plus proche possible du podium de l'‘Open air’. Il est 21h30 lorsque The Streets débarque sous les acclamations de la foule. Une prestation du rappeur Mike Skinner ne peut laisser indifférent. A premier abord, elle fait penser à celle du duo Cool Kids. Mais le trip hip hop de l'Anglais a une dimension plus humaine. Sans doute à cause de son ironie voire de son humour parfois féroce. Le public est mis à rude contribution durant le show de Mike qui accepte volontiers de participer aux jeux proposés par le chanteur. On demande notamment aux spectateurs de ‘fucker the mud’. Tout un programme ! En fin de parcours, Mike Skinner ôte son t-shirt. Il n’a pas froid aux yeux, c’est une certitude, car il se lance dans la foule qui le porte de bonne grâce, avant de le ramener sagement vers la scène.

Groove Armada est le dernier set auquel nous avons assisté. Normal, nous sommes un peu fatigués. Mais son électro branchée va nous requinquer. Si Booka Shade était parvenu, la veille, à nous plonger au sein d’une ambiance électrique soutenue par un joli jeu de lumière, les effets visuels dont bénéficie Groove Armada sont tout simplement grandioses. De puissants faisceaux lasers balaient les pelouses du Parc Astrid, nous entraînant au cœur d’une atmosphère sidérale bien étrange.

Sur le coup d'une heure du matin, l'‘Open air’ s'éteint enfin. Nous sommes cuits ! Il est temps de rejoindre la sortie et de respecter la promesse faite aux bras de Morphée. En passant à côté des Halles, le battement des drums nous rappelle que la fête continue pour les plus acharnés et surtout résistants. Comme la veille, la nuit sera courte, la programmation s'achevant à 6 heures du matin.

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