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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Chroniques

Golden Retriever

Occupied with the unspoken

Écrit par

Le Golden Retriever est une race de chien d’origine britannique. C’est également le patronyme d’un groupe fondé par Jonathan Sielaff et Matt Carlson, deux musicos qui se sont rencontrés au début de ce siècle, en participant notamment aux projets Au et de Parenthetical Girls. Les deux Américains jouissent d’un excellent crédit dans l’univers de la musique électronique. Et le début de leur aventure commune remonte à 2008. « Occupied with the unspoken » constitue d’ailleurs déjà leur quatrième album.

Les quatre plages de cet elpee s’étalent sur une bonne demi-heure. Golden Retriever y expérimente la musique polyphonique à l’aide d’instruments monophoniques. Vous n’y comprenez rien ? Pas grave. Après avoir écouté cet elpee, une conclusion s’impose très rapidement : qu’est-ce qu’on s’emmerde ! La musique électronique dite ‘minimaliste’ (et encore c’est un euphémisme !) de ce duo est d’abord agaçante, puis finit par taper sur les nerfs. Les morceaux souffrent de l’absence de mélodie et sont technologiquement stériles. Bref, c’est vide. Etonnant quand on sait que cet « Occupied with he unspoken » relève du domaine conceptuel. Enfin, c’est ce que le tandem raconte. Je me demande même parfois s’il ne se paie pas notre tête. Si tel est le cas, c’est amplement réussi.

 

Bryan Ferry

The jazz age

Écrit par

Bryan Ferry aime le jazz. Ce n’est pas nouveau. Il l’avait déjà démontré en 1999, sur son elpee « As tears goes by », une œuvre au cours de laquelle il adaptait des classiques des années 30. Sur ce nouvel opus, il s’est plongé, dans les années 20. Mais il n’y chante pas. Et n’y joue d’aucun instrument. Simplement, il supervise un ensemble qui reprend ses compos tour à la sauce ‘dixieland’ ou ‘Cotton club’ (NDR : pensez à Duke Ellington). Un big band incluant tout la panoplie d’instruments d’époque. Le disque a été coproduit par Ferry et Rhett Davies, alors que Colin Good s’est chargé des arrangements (NDR : c’est déjà lui qui avait accompli ce boulot, sur le disque paru il y a 13 ans).

Bref, malgré le choix des morceaux (NDR : treize en tout, dont une majorité de hits), on ne peut pas dire que ces nouvelles versions soient aisément identifiables. En fait, si le long playing forme un tout homogène et se révèle d’honnête facture, il ne suscite guère d’enthousiasme chez votre serviteur…

 

Fergus & Geronimo

Funky was the state of affairs

Écrit par

Andrew Savage, dit ‘Fergus’, et Jason Kelly, dit ‘Geronimo’, n’ont pas trop dû trop se creuser la tête pour se dénicher un patronyme. En fait, ils se sont tout simplement inspirés du nom de deux personnages issus du film ‘La guerre des boutons’, dans sa version britannique. Pourtant, le duo est texan. Originaire de Denton, pour être plus précis. Pour concocter leur second elpee, ils ont reçu le concours de deux potes : Bob Jones (guitare, basse, synthé) et Jef Brown (sax ténor).

Difficile de cerner la musique de Fergus & Geronimo, tant elle est expérimentale et aussi tellement personnelle. En extrapolant on pourrait imaginer ce « Funky was the state of affairs », comme le fruit d’une rencontre improbable entre Talking Heads, Television et MC5. Dans leurs compos, il y a de l’énergie, de la fougue aussi. Cette impétuosité, c’est d’ailleurs ce qui fait la spécificité de leur expression sonore, mais également le charme. Fergus & Geronimo ne se prend jamais la tête. Les musicos passent du coq à l’âne sans se poser de question. Et n’hésitent pas à flirter avec l’inaudible, quand ils s’en sentent l’envie. « Wiretapping Muzak II Off the Map » en est certainement la meilleure illustration.

Le genre d’album qui vous flanque la banane avant d’aller bosser…

 

Fear

The Fear Record

Écrit par

Fear aurait-il décidé de nous faire peur ? Des frissons me parcourent l’échine, au moment où je lance fébrilement IPod. A quelle sauce vais-je donc être dévoré ? Rien de bien redoutable n’est proposé au menu de cet opus, finalement…

 

En fait, Fear est un groupe punk mythique fondé en 1977. Californien. Issu de Los Angeles, très exactement. Considéré comme la réponse étasunienne aux Sex Pistols, Fear pratiquait une musique née du mélange entre le jazz-trash-fusion, post et néo-punk. A première écoute on est surtout marqué par la voix gutturale et rageuse de Lee Ving, un chant véhiculant des lyrics à l’humour particulièrement caustique rappelant bien entendu Minor Threat, Black Flag voire les Dead Kennedys. « The Fear Record » n’est pas tout à fait un nouvel elpee du quatuor, mais le réenregistrement de leur classique « The Record », paru en 1982, réalisé au sein des Studios 606 des Foo Fighters. Cette nouvelle version a été mixée par Bill Stevenson (The Descendents) et recèle les inévitables classiques punks tels que leur premier single « I Love Living in the City », « Beef Bologna », « I Don’t Care About You » ou encore « New-York’s Alright If You Like Saxophones ». Malgré le son plus lisse, les compos ont conservé toute leur hargne. Et c’est déjà un bon point. On comprend, en outre, beaucoup mieux pourquoi des groupes comme Guns’N’Roses, Megadeth ou Soundgarden ont adapté des compos issus du répertoire de Fear. Maintenant, quelle est l’utilité de ce type d’opération, si ce n’est celle de permettre à la nouvelle génération de découvrir une des sources du hardcore punk yankee. Ce qui n’est déjà pas si mal. Pour votre info, sachez quand même que si le combo s’est reformé, il ne compte plus que Lee Ving, comme membre originel. Et qu’en outre, Flea (Red Hot Chili Peppers) y a transité au cours des eighties… 

 

Keith Emerson

Three fates

Écrit par

Keith Emerson a toujours essayé de réaliser la fusion entre musique rock et symphonique. Déjà chez Nice, il s’était frotté à un grand orchestre pour enregistrer « Five bridges », sans oublier ses multiples adaptations de compositeurs ‘classiques’ (Tchaïkovski, Sibelius, Mozart, etc.) Malheureusement, on ne peut pas dire que ses expérimentations aient été de grandes réussites. Son succès (NDR : planétaire, il faut le rappeler), il l’obtiendra en compagnie de Greg Lake et de Carl Palmer. Après un premier elpee éponyme plus que prometteur, le trio va graver un album considéré encore aujourd’hui comme culte : « Tarkus ». Et incarner un des fers de lance de la musique progressive. Mais ce succès va virer à la démesure, notamment lors des tournées, la formation déplaçant un matos colossal et utilisant un personnel pléthorique pour alimenter des spectacles grandiloquents. ELP est d’ailleurs, sans doute, un des principaux responsables de la décadence du mouvement prog. Provoquant alors la réaction des rockers purs et durs, et la naissance du punk.

Emerson est un virtuose. Formidable showman à ses débuts, il a aussi popularisé l’utilisation du moog. Il a également signé plusieurs musiques de film. Et continue de s’investir dans de multiples projets. Dont ce dernier impliquant notamment le guitariste Mark Bonilla, le bassiste Travis Davis et le drummer Troy Luccketta. Sans oublier le chef d’orchestre Terje Millelsen et le Münchner Rundfunkorchester. Bref, Keith tente une nouvelle incursion dans le symphonique. Pour des anciennes compos d’ELP, de nouvelles (dont deux signées Bonilla) et quelques morceaux classiques. Mais le résultat fait pâle figure. Sans la voix de Lake (NDR : et même sans voix tout court !) la version de « Tarkus » est soporifique ; et les « The endless enigma suite » ainsi que « Fanfare for the common man » me rappellent le type de fond sonore diffusé dans les supermarchés, il y a une trentaine d’années…

 

Marc Dixon

Jours sombres, nuits blanches

Écrit par

Marc Dixon, de son vrai nom Jean-Marc Loffet, est loin d’être un inconnu dans le milieu musical. Né en 60, à Liège, il se fait rapidement connaître via ‘Teenage Head’, revue qu’il publie fin des seventies. A la même époque, soit en juin 1979, il choisit pour pseudonyme Marc Dixon, inspiré du film ‘Mark Dixon’, détective d’Otto Preminger et se proclame chanteur de son propre band : Marc Dixon et les Junkies. Quelques singles plus tard, il rejoint une radio libre. D’abord animateur, il y devient programmateur et enfin administrateur ; finalement il est engagé comme consultant musical à Canal+. Son parcours est assez linéaire et son escalade continue. Il passe producteur d’émissions (NDR : notamment du Top 50) puis réalisateur de documentaires, qu’il consacre aux artistes. A partir de 2008, Marc Dixon revient à la musique et à la photographie, enchaînant concerts, expositions et enregistrement de disques.

Son second elpee paraît en automne 2012. Pour le concocter, il bénéficie de la complicité de Jérôme Mardaga (Jéronimo).

De son timbre grave, âpre, Marc chante ou récite nonchalamment ses textes, mais paradoxalement sa voix est pleine de charme, et surtout convaincante. Et les accords de guitares plaqués par Jérôme font le reste. Navigant entre blues et rock, l’univers de Marc Dixon semble sombre, noir même. On ne nage pas en pleine euphorie, c’est clair ! Les deux premières plages nous le rappellent : « Cours-circuit » et « Si tu joues ta vie » annoncent la couleur… Et ce n’est pas la reprise du « Walking in the Rain » (tout un programme) de Flash & The Pan qui va nous remonter le moral. Ben quoi de plus normal quand l’album s’intitule « Jours sombres, nuits blanches ». Tout juste si on ne reçoit pas quelques capsules de ‘Prosac’ à l’achat du disque ! Et pourtant…

Les chansons ont beau foutre le cafard, j’aime ! J’aime les mélodies, la rythmique, la manière de chanter, les mots qui glissent sur les guitares ou l’harmonica. J’aime par-dessus tout l’authenticité de ces textes. Onze fois, Marc Dixon nous crache son mal de vivre, son ras-le-bol, son envie d’être seul, sa sinistrose.

Aucune joie, aucune raison de se réjouir lorsqu’on l’écoute ; et pourtant, ce disque est beau, tristement beau.

Quel talent de faire aimer ‘son mal-être’ aux autres à travers des riffs, des mots, des notes.

Vraiment étonnant.

 

Box

For the Brain and for the Vein

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Box… Box ? Mmmm, ce nom me dit vaguement quelque chose…

On avait déjà eu droit à The Black Box Revelation, duo super bruyant du nord du pays et plutôt du genre casse-c****** qu’autre chose. Il y a deux mois, un album issu d’une formation qui répond au patronyme de Box vient de tomber dans les bacs. Et… rien à voir avec le band précité, ouf !

Box compte le double de membres. C’est un quatuor, pas un duo. Dont les membres tiennent parfaitement le volant de cette belle bagnole. Car il s’agit d’une bien belle ‘mécanique’. Une superbe grosse américaine, la carrosserie clinquante, tous chromes luisants, dont le bon gros moteur tourne comme une horloge.

Vous l’aurez compris, Box nous livre sur son opus, 10 belles compos bien lourdes et parfaitement rôdées typiquement heavy metal, outre-Atlantique.

A l’aide de ses comparses, Pascal Smeets aux guitares, Bruno Goedhuys aux drums et percussions ainsi que Gilles Verdugstraete à la basse, Bruno Rocha, véritable tête pensante du groupe, a monté une excellente machine made in USA dont les rouages sont extrêmement bien huilés et qui ne souffre d’aucun défaut de fabrication.

Petit détail qui a son importance, le mixage a été confié à Mario Goossens, batteur de Triggerfinger. Et c’est manifeste à l’écoute de « The Numbing Solace of the Light » et « Stop wasting your Time », deux compos qui cartonnent dès les premières notes.

Dans le même ordre d’idée, on épinglera la collaboration d’un autre ‘Trigger’. Monsieur Paul (et sa basse) vient également ajouter son petit grain de sel sur "In your dreams" et "Bullied in the bears". Bonne idée…

Dans la catégorie ‘Rock’, ce nouveau venu décoiffe et devrait sans doute faire parler de lui ; car à chaque nouveau morceau qui commence, on a une impression de puissance, de musicalité et d’énergie qui donnent furieusement envie d’en entendre davantage. N’hésitez pas à faire tourner ce disque sur votre platine Cd, vous m’en direz des nouvelles.

 

The Wooden Sky

Every Child a Daughter, Every Moon a Sun

Écrit par

The Wooden Sky est une formation obscure issue du Canada. Mais après avoir écouté cet opus, j’ai la nette impression que ce combo ne végètera plus très longtemps dans la zone crépusculaire de l’underground. Le groupe s’est formé alors que les membres étaient encore sur les bancs de l’école à Toronto. Depuis les musicos ont pris de la bouteille et viennent donc d’enregistrer leur troisième elpee, un disque qui a bénéficié du concours de Howard Bilerman (Arcade Fire, Thee Silver Mt. Zion) et Radwan Ghazi Moumneh à la production ; mais également de la participation de musiciens issus de The Rural Alberta Advantage, Oh Bijou, Timber Timbre et The Mars Volta. Les sessions d’enregistrement se sont, en outre, déroulées dans les mythiques studios de l’Hotel 2 Tango, à Montréal.

Leur nouvel opus s’intitule « Every Child a Daughter, Every Moon a Sun ». Le folk introspectif de The Wooden Sky évoque Timber Timbre, Wooden Wand voire Deer Tick. L’univers sonore est riche. Tramé dans le folk classique ou l’americana, il est teinté de soul. Le long playing varie entre ballades acoustiques (« Your Fight Will Not be Long ») et plages fouettées de salves électriques (« I’m Your Man »), naviguant entre lumière (« Child of the Vally ») et obscurité (« City of Light »). Classieuses, d’une étonnante profondeur, les compos sont tourmentées par la voix, à la fois belle et ténébreuse de Gavin Guardiner.

De quoi confirmer que le folk a encore de beaux jours devant lui, malgré la pléthore de sorties estampillées roots… ‘Every good album, an ear to listen to’…

 

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