Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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The Cure
Jon Spencer
Chroniques

Angus Stone

Broken Brights

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Exit Angus & Julia Stone. Cette année, c’est chacun de son côté que les frangins publient leurs travaux. Surfant sur le succès de « Down The Way » (2010) et du single « Big Jetplane », les Stone retournent à leurs besognes en solitaire. L’aînée a pris les devants en publiant ses deux cds en moins d’une année : « The Memory Machine » (juillet 2011) et « By The Horns » (mai 2012). Et c’est en juillet dernier que le cadet se décide à délivrer quelques chansons sous son propre nom. Après « Smoking Gun », un premier labeur publié sous le patronyme de Lady Of The Sunshine, l’Australien dévoile 13 nouvelles compositions, pas foncièrement différentes de celles qu’il mijote en général en compagnie de sa sœur. Un folk lénifiant à une voix au lieu de deux, tout simplement.

« Broken Brights » ne recèle pas de ‘grandes’ chansons, mais quelques ritournelles parfois captivantes (« Monsters », « Broken Brights », « The Blue Door » « Apprentice Of The Rocket Man » et ses accents à la Bob Dylan). Dans son ensemble, le nouvel LP d’Angus Stone ne laisse aucune trace indélébile dans la mémoire de l’auditeur mais génère un sentiment de bien-être véhément. Et ça, c’est déjà pas mal.

Angus Stone sera à Bruxelles le 11/02/2013, sur les planches de l’AB.

 

The No Refund Band

The No Refund Band

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Le No Refund Band est né en 1998, lorsque le guitariste Mike Crownover décide de monter son groupe. Depuis, la formation a rencontré des fortunes diverses et subi de nombreux changements de line up. Il faudra attendre l’arrivée du chanteur Ricky Jackson et du bassiste Rik Robertson, juste avant un concert à Fort Worth (NDR : c’est au Texas), pour stabiliser le band. Le nouveau trio intègre alors une section de cuivres ; en l’occurrence le trompettiste Jim Brady et le saxophoniste Anthony Terry. Le No Refund Band est enfin sur les bons rails, d’autant plus qu’il bénéficie alors de la complicité de Walter Cross à la batterie. Leur premier elpee a été mis en boîte au studio Sugarhill, à Houston. Un excellent opus au cours duquel le combo aborde une belle amplitude de styles.

Signée Kevin Bowe, "Blues is my business" ouvre la plaque. Un Memphis blues bien rythmé qui ne manque pas de charme. Puissante, la voix de Jackson colle parfaitement au style. Guitariste subtil, il distille de courtes phrases inspirées par Albert King. Invité, Travis Doyle se réserve l’orgue Hammond. Les cuivres sont à la fête. Cette plage me rappelle Electric Flag, un groupe qui a sévi à la fin des sixties, au sein duquel militait Buddy Miles et le légendaire Mike Bloomfield aux cordes. "Come down slow" nous propulse de l’autre côté de la frontière américano-mexicaine. A cause de l’instrumentation. Jackson maîtrise parfaitement son sujet tout au long de cette plage caractérisée par une bien jolie mélodie. La reprise du "Eleonor Rigby" des Beatles est à la fois excellente et surprenante. Personnelle aussi. La voix de Ricky est chargé de passion et de feeling, tout au long de ce classique au sein duquel viennent parfaitement s’intégrer interventions de violon, de violoncelle (Max Dyer), de trompette et accords de gratte astucieusement psychédéliques. La voix de Jackson est rejointe par celle, empreinte de douceur, de la Texane Tommie Lee Bradley, sur "Fall again", une tendre ballade bercée de cordes. "Just to be blues" est le blues lent de circonstance. Ricky chante ce morceau dans un registre très proche de celui du ‘genious’, Ray Charles. Miss Bradley lui donne à nouveau une excellente réplique face à l'orgue Hammond et le piano de Randy Wahl. Imprimé sur le beat de Bo Diddley, "One more drink" est une des moments forts du long playing. Puissante, cette piste réverbère un écho jusque dans le rythme pour mettre en valeur la force naturelle du chanteur, qui s’autorise même une sortie audacieuse et menaçante sur ses cordes. Autre blues lent, "One more drink" démarre délicatement par des accords de guitare acoustique. Exacerbée, la sensibilité du leader est parfaitement traduite par sa voix. "Soul shine" est une des meilleures compos écrites par Warren Haynes (Govt Mule et Allman Brothers). Ricky et Tommy Lee se partagent remarquablement les vocaux tout au long de cette version qui autorise une brillante sortie au sax ténor! On a aussi droit à deux plages d’inspiration plus hispaniques. Elles sont issues de la plume de Hoyt Axton, compositeur américain disparu à la fin du siècle dernier. Tout d’abord « Spain prelude », caractérisé par une excellent intro accordée à la trompette par Brady. Puis "Never been to Spain", une plage dont la rythmique me rappelle Bob Seger. Et elle est à nouveau soulignée par un envol brillant de Terry au sax. De bonne facture, cet elpee s’achève par une cover du classique "Willie the wimp".  

 

Alanis Morissette

Havoc and Bright Lights

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Oui, oui, elle enregistre encore des disques. Si l’intérêt que les médias et le publics éprouvait à l’égard d’Alanis Morissette s’est limité à ses deux classiques, « Jagged Little Pill » (1995) et « Supposed Former Infatuation Junkie » (1998) ainsi qu’à sa très sympathique parenthèse « Unplugged » (1999), la Canadienne n’a jamais baissé les bras. Ainsi, elle publie « Under Rug Swept » en 2002. Le disque reçoit un accueil très mitigé, malgré le single « Hands Clean », qui arrive à se faufiler en radio. Deux ans plus tard, elle lâche un « So Called Chaos » qui passe quasiment inaperçu en Europe, tout comme son successeur, « Flavors Of Entanglement », publié en 2008. Elle réclame alors son C4 à Maverick Records et se consacre ensuite à diverses activités. On l’aperçoit d’ailleurs dans quelques épisodes de la série « Weeds ».

Quatre ans après le flop de « Flavors Of Entanglement », c’est sous son propre étendard, Collective Soul (NDR : hébergé tout comme Maverick par Sony), qu’Alanis reprend du service. « Havoc and Bright Lights », le huitième enregistrement studio de sa carrière, est publié en août dernier. Quatorze nouvelles compositions résolument pop-rock, qui n’apportent  pas même un caillou à son édifice. Certes, des morceaux comme « Woman Down », « Spiral » ou « Receive » ont un haut potentiel radiophonique mais autant dire qu’hormis Classic 21, les radios s’en foutent un peu d’Alanis.

« Havoc and Bright Lights » est un disque en demi-teinte, la chanteuse nous réservant le meilleur (« Numb », qui nous renvoie à son heure de gloire) comme du beaucoup moins bon. A l’instar des ballades mièvres « ‘Til Now » et « Will You be My Girlfriend ? » ou encore « Empathy », caractérisé par son piano à la Vanessa Carlton. L’auteure des tubes « Ironic », « Uninvited » et « You Oughta Know » va, une nouvelle fois, avoir du mal à imposer son style. Encore faut-il en avoir.

 

Green Moon

Allô la Terre ?

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Green Moon est un trio réunissant Lorcan Fahy (violon, mandoline), Lucas Deru (contrebasse) et Téo Crommen (guitare). De formation classique, ces trois artistes se sont rencontrés lors de stages musicaux. Ils se trouvent alors assez rapidement des atomes crochus. Et suite logique des événements, de leur amitié naît un groupe. Passionnés par leur instrument respectif, ils adoptent un consensus susceptible de permettre à chacun de s’exprimer. Aucun n’étant ‘une voix’, c’est naturellement vers un univers acoustique et instrumental qu’ils se dirigent. En 2010, ils enregistrent une démo afin de participer au concours Imagine-Festival. Grand bien leur en a pris puisqu’ils arrivent en finale, décrochant comme récompense quelques engagements pour des festivités locales jusqu’à recevoir une invit’ aux Francos de Spa.

« Allô la Terre ? » D’entrée, « The Lady » donne le ton. Une tonalité résolument folk émane de cet album. Les racines musicales émanent sans aucun doute du côté de l’Irlande. Néanmoins, quelques petites touches pop ou rock pimentent agréablement l’ensemble. Mais mieux encore, ce sont des sonorités typiquement jazzy qui communiquent un parfum très original à ce disque. Les onze plages suivantes sont du même acabit, un véritable culte au mouvement celtique basé sur la combinaison bien agréable du violon, de la contrebasse et des guitares. Indéniablement, Lorcan est un virtuose de l’archet, car omniprésentes, ses interventions donnent largement le ton sur chaque compo. Cerise sur le gâteau, c’est le même homme qui dix fois sur onze prend la plume pour coucher sur le papier les partitions qu’il a imaginées. La dernière relevant du guitariste, tout aussi talentueux !

Jamais ennuyeux malgré qu’aucun mot ne soit prononcé, le dialogue s’opère par instruments interposés. Agréable à l’oreille, la musique se laisse écouter distraitement sans soulever un enthousiasme béat mais sans lasser non plus. Un album tranquille qui a le mérite d’explorer des horizons d’une autre époque, mélangeant les genres et les cultures. Intéressant et convaincant. 

 

Get Well Soon

The Scarlet Beast O'Seven Heads

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Konstantin Gropper est auteur/compositeur/interprète et multi-instrumentiste. De nationalité allemande, il a suivi une formation classique ; puis au cours de son adolescence a sévi au sein d’un groupe punk. Aujourd’hui, c’est le leader de Get Well Soon, une  formation de pop symphonique aux références littéraires marquées et assumées. Si le premier opus avait été encensé par la critique, le deuxième n’était pas parvenu à confirmer ces bonnes dispositions.

Pour son troisième opus, l’Allemand a décidé de creuser son propre sillon, en proposant une collection de morceaux qui reflète l’esprit énigmatique et baroque de son auteur. Et rien que le titre de l’elpee corrobore ce point de vue : « The Scarlet Beast O’Seven Heads ». Un album qui rend hommage à des artistes aussi différents que le réalisateur allemand de blockbuster Roland Emmerich ou la compositrice électro Wendy Carlos. Gropper prend cependant le soin de plonger l’ensemble dans un climat à la fois moderne, classique et romantique. Gropper n’hésite pas à sampler Alfred Hitchcock sur « You Cannot Cast Out The Demons (You Might As Well Dance) ». Les sonorités électro, les chœurs et les cordes entrent bien évidemment toujours dans la texture de ses compos. Tout comme la structure en crescendo. Entre plages cinématographiques (« Let Me Check My Maya Calendar », « Roland, I Feel You ») et pistes grandiloquentes, à la limite du kitsch (« Kids Today »), le long playing est une totale réussite. Totalement libéré, Gropper concrétise tout ce qui lui passe par la tête. De quoi ravir celles et ceux qui avaient succombé aux charmes de son premier long playing. Une œuvre hyper référencée, mais unique en son genre !

 

Bill Fay

Life is people

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Chanteur, pianiste et auteur-compositeur, Bill Fay avait publié deux albums entre 1967 et 1971. Un single également. Mais faute de succès, l’Anglais avait disparu de la circulation. A l’époque on l’avait même comparé à John Lennon.

Si le Londonien ne donnait plus le moindre signe de vie, la  nouvelle génération s’est intéressée à ce phénomène. Tout d’abord le label Wooden Hill, responsable de la sortie d’une compilation réunissant d’anciennes démos. Puis de véritables amoureux de la musique, comme Jeff Tweedy (Uncle Tuppelo, Wilco) et David Tibet (Current 93), qui ont repris certains de ses morceaux et en sont devenus de véritables fans. De quoi faire revivre celui qu’ils considéraient comme le chaînon manquant entre Nick Drake et Léonard Cohen. Et puis, Tweedy est parvenue à le convaincre d’enregistrer un nouvel elpee.

Quarante années après avoir publié son dernier opus solo, Bill Fay nous propose son nouveau long playing. Il a 69 balais et pourtant, on ne peut pas dire que ce vétéran soit rouillé. On se rend compte même que les éloges reçus n’étaient pas usurpées. Et puis ses nouvelles compos sont terriblement actuelles. Tout au long des douze morceaux de cette œuvre, il y peint une large palette d’émotions. Mais si la mélancolie est bien palpable, elle ne sombre jamais dans la déprime. L’orgue et la guitare alimentent « There is a Valley » un morceau particulièrement dense, entraînant même voire allègre. Canalisé par les interventions au piano, « Big Painter » se révèle cependant plus solennel, plus sombre. Jeff Tweedy assure les backing vocaux sur « This World », une plage qui lorgne inévitablement vers le pop-folk américain. Bouleversant, « Be at Peace with Yourself » est enrobé de chœurs gospel. C’est également le sommet de cet elpee. Et le reste des compos est peuplé de petites perles. Je vous laisse d’ailleurs le soin de les découvrir. 

Bill Fay est un songwriter d’exception. Il n’a cependant pas l’intention de sortir de l’ombre. Alors ne boudez pas votre plaisir, car une écoute vaut mieux qu’un long discours.

 

Extra Life

Dream Seeds

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Extra Life est une formation difficile à cerner. Tout d’abord parce que leurs influences sont très difficiles à discerner. Et que le résultat de leurs expérimentations est, à chaque album, spécifique. En résumé, il appartient à la catégorie de groupes ou d’artistes en perpétuelle recherche. Etonnant dès lors, de lire dans la biographie, que ce band entretienne des liens divers avec Xiu Xiu et Parentheticals Girls. Pour Dirty Projectors, on peut comprendre plus facilement, puisque le leader y a sévi quelque temps.

Extra Life nous vient de Brooklyn. Drivé par Charlie Looker (chant, synthé), son line up implique également Caley Monahon-Ward (violon, guitare) et de Nick Podgurski (drums). Mais au sein du trio, chaque membre apporte sa pierre à l’édifice.

« Dream Seeds » constitue leur troisième album. Première constatation, les rythmiques sont moins mises en avant qu’auparavant. On y retrouve cependant toujours ces références au Moyen-âge. Dans la voix de Looker, par exemple ; mais également sur « No Dreams Tonight », traversé par des interventions surprenantes au flûteau. Longues plages ténébreuses et lyriques, « Blindest Beast » (14’09) et « Ten Year Teardrop » (12’27) sont construites suivant un crescendo que ne renierait pas Swans. Le band n’hésite d’ailleurs pas à alterner climats indus et transitions acoustiques…

 

Cheek Mountain Thief

Cheek Mountain Thief

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Sam Genders s’est donc barré de chez Tunng, pour embrasser une carrière en solitaire. Mike Lindsay, cofondateur du groupe, a aussi décidé de tenter une aventure en solitaire, mais apparemment il n’a pas (encore ?) quitté le navire. Toujours est-il que si le premier essai du premier cité avait été largement surestimé, quoique de bonne facture, celui de son comparse a visé dans le mille.

Pour cette escapade individuelle, Mike a choisi le patronyme de Cheek Mountain Thief. Pas le nom d’un chef indien, mais de la montagne Kinnafjoll, sise en face du village islandais au sein duquel il a décidé de s’installer. Et pour enregistrer cet opus, il a reçu le concours de musiciens locaux.

Tout au long de cet opus éponyme, Mike Lindsay s’amuse et nous invite à partager cette récréation. Une œuvre au cours de laquelle, il aligne de mini-symphonies de psyché folk, à l’aide d’une instrumentation à la fois riche et insolite : glockenspiels, cordes, marimba, xylophone, samples et autres cors de chasse. Sans oublier les chœurs euphorisants. Les morceaux sont longs. La structure des compos est improbable. Mais surtout la forme est ouverte aux expérimentations les plus aventureuses. Depuis « Attack », suspendu aux murmures à « Showdown », hanté par le Beta Band, en passant par « Nothing », contaminé par le folk intimiste, l’Anglais a l’esprit en ébullition, un peu comme les multiples sources qui peuplent l’Islande. Finalement assez proche de celui de Tunng, son univers acid folk est plutôt ludique, un monde au sein duquel Lindsay semble s’épanouir. 

Et dire que je viens d’établir mon top 20 pour 2012 sans y insérer ce très bel album !

 

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