Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

Husky

Forever So

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Le Husky est un chien de traîneau utilisé, en Sibérie, par les mushers. C’est également le patronyme choisi par Husky Gawenda, le chanteur et membre cofondateur d’une formation aussie. Un groupe qui apparemment, prend un malin plaisir à brouiller les pistes. En effet, après avoir écouté leur premier opus, difficile d’imaginer que le band nous vient des Antipodes (NDR : de Melbourne, pourtant), tant leur musique évoque les Rocheuses, sises à l'Ouest de l'Amérique du Nord.  

« So Forever » baigne dans une forme de pop-folk mélancolique qui n’est pas sans rappeler leurs compagnons de label (Sub Pop), The Fleet Foxes. La musique est brumeuse, boisée, rafraîchissante. Les lyrics empreints de poésie. Un climat paisible qui colle parfaitement au timbre vocal fragile de Gawenda. Paisible, mais jamais soporifique. Ainsi les Kangourous n’hésitent pas à appuyer sur le champignon quand ils en ont l’opportunité. A l’instar de l’excellent « History’s Door ». En outre, certaines mélodies sont naturellement contagieuses. « Dark Sea » et « Animals & freak » en sont certainement les plus beaux exemples.

En signant Husky, le groupe australien le plus américain, Sub Pop a de nouveau eu le nez creux…

 

Eric In The Kitchen

A Heart Of Clouds And Stars

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C’est une cuisine qui flotte quelque part dans un petit coin de l’espace. Quelque part, en suspension dans les étoiles.

Un beat martial sur le pas de la porte, comme un battement de cœur monotone. En avançant plus loin, les boucles d’arpèges se succèdent et forment une toile éclairée par une constellation lumineuse (« A Heart Of Clouds And Stars », plage d’ouverture).

Subtile ascension en spirale dans l’escalier d’Escher. Celui dont les montées et les descentes se déclinaient en d’improbables infinités.

A l’in(star) de cet album dont les écoutes répétées renvoient de mélancoliques images en rebonds successifs sur les parois de nos imaginaires.

La voix paraît anodine, presque superflue au premier abord, avant de s’imposer comme une médiane indispensable de cette architecture arachnoïde. 

Insidieusement Pop dans cet univers ouaté, les chansons se succèdent et s’imposent à nos sens, sans jamais les brusquer. Sans verser dans l’insipidité. Ni la facilité.

Evidentes mais forgées dans l’intégrité.

Autant de recettes qui demandent un grand doigté et qu’Eric maîtrise à la manière d’un ‘Master Chief’ ayant eu la bonne idée de nous inviter chez lui.

Et chez lui, c’est ici, entre les strates vaporeuses de nuages en formation.

Quand « Pop Evolution Soccer » s’achève dans le chaos nébuleux d’un orage d’été, les doux rayons d’« Another Man » se succèdent sur un mode qui n’est pas sans rappeler les premiers Cat Power ou encore Silver Jews.

Quant au final de « Fly Away », épilogue de cet elpee, il se charge de transformer l’horizon en une dernière et désespérée décharge électrique où l’apesanteur n’a plus guère droit au chapitre.

A cette heure tardive où Lo-Fi est un terme usurpé, cet album rappelle qu’il n’est nul besoin de grands moyens pour réussir toute bonne sauce.

 

Rian De Waal

Rian De Waal plays Schubert

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Pour son deuxième enregistrement chez The Valthermond recordings, Rian De Waal interprète la Sonate no 21 en si bémol majeur de Schubert et quatre transcriptions pour piano de lieds de Schubert par Liszt. La Sonate en si bémol majeur est la dernière sonate du compositeur qui l’a terminée exactement six semaines avant sa mort. ‘[Schubert] parvient à faire de sa dernière sonate une sorte de lied continu, illimité, si long, si varié et si touffu à la fois. Si particulier et si général qu'il donne l'impression de l'infini’ écrit l’écrivain et biographe Marcel Schneider. Cette notion d’infinité, Rian De Waal en a aussi pris conscience et écrit dans la notice du livret que pour jouer ou écouter Schubert il faut du temps ou du moins une autre perception du temps. 

A première écoute de cette Sonate de Schubert, l’exécution peut paraitre un peu froide et mécanique. Elle manque de ‘pâte’, d’élasticité et de tension entre les notes. Rian De Waal écrit dans le livret qu’il ne faut pas trop se pénétrer de la musique de Schubert, mais la laisser couler en paix. Ainsi peut-être n’est-ce là qu’une manière plus classique d’aborder Schubert. Pourtant l’interprète sait fondre sur son clavier si on en juge par ses interprétations des transcriptions de Liszt. Quoi qu’il ne quitte jamais vraiment sa réserve, une sorte de pudeur, enfin la musique se fait chaude et sensible, souffre, berce, meurt puis revit. Enfin comme pour le premier volume destiné à la musique de Bach, les qualités de l’enregistrement et de l’instrument sont excellentes.

 

Rian De Waal

Rian De Waal plays Bach

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Le premier volume de The Valthermond Recordings permet d’apprécier la musique des œuvres de Bach arrangées par les grands Liszt, Busoni, Hess et Brahms. L’idée est intéressante, le défi est de taille : l’interprète doit dépeindre Bach dans les couleurs de différents compositeurs sans y laisser pour autant sa propre compréhension de l’œuvre. On retrouve les deux célèbres Chaconnes, celle de Brahms et de Busoni, ainsi que la Fantaisie et Fugue et la Prélude et Fugue arrangés par Liszt, et des Chorals de Cantate par Busoni et Hess.

Tout d’abord, il convient de saluer la qualité superbe de l’instrument et de l’enregistrement. En ce qui concerne l’interprète Rian De Waal, dont la biographie est impressionnante, il joue bien... mais sans plus. Mozart affirmait que la vraie musique figurait entre les notes, et c’est précisément cette vraie musique qui manque ici. Le son est beau, bien formé, il a une belle résonance, la bonne couleur, la bonne température et on ne peut nier entendre Bach du début à la fin de l’enregistrement. Malheureusement, la pulsation –pourtant si importante chez le compositeur– vire souvent à la précision robotique ; et l’articulation tout aussi primordiale prend parfois de telles proportions qu’elle en tue l’idée. Les débuts des Chaconnes donnent particulièrement le ton d’un jeu trop tiède et mathématique. On aimerait entendre davantage de l’interprète : plus de sentiments, de chaleurs, d’attaque, de tension… de passion!

 

Craig Chaquico

Fire Red Moon

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Craig Chaquico est guitariste. Agé de 58 balais, il est de descendance portugaise et indienne (NDR : d'Amérique !) Il a longtemps milité chez Jefferson Starship dont le patronyme s’était ensuite transformé tout simplement en Starship. Drivé par Paul Kantner et Grace Slick, ce groupe était né sur les cendres de Jefferson Airplane. Au cours des 20 dernières années, il a souvent été courtisé comme musicien de studio. Ce qui ne l’a pas empêché d’embrasser une carrière en solitaire. Il est d’ailleurs responsable d’une discographie personnelle plutôt conséquente. 

L'album s'ouvre par une plage troublante intitulée "Lie to me". Noah Hunt, vocaliste du Kenny Wayne Shepherd Band, chante passionnément ce titre soul/blues que colore Bill Heller de son orgue Hammond, pendant que la guitare de Chaquico pigmente l’ensemble de phrases bleues tout à fait captivantes. Rolf Hartley se réserve le chant pour "Devil's daughter", un blues imprimé sur un mid tempo. Craig est épaulé par l’Away Team. Craig a volontiers recours au blues pour enrichir son expression sonore. Signé Booker T Jones et William Bell mais popularisé jadis par le grand Albert King, "Born under a bad sign" symbolise bien entendu le blues de Memphis. Chaquito lui inflige un traitement instrumental, typique de ce blues urbain de cette ville portuaire de l'État du Tennessee. Eric E Golbach est au micro pour "Bad woman", un blues lent majestueux au cours duquel il injecte toute sa passion et sa violence tout en se montrant autoritaire. Les chœurs éclosent et propulsent les cordes au firmament. Séduisantes, propres et techniques, elles ne manquent pourtant pas de feeling. Deux instrumentaux, ensuite. Tout d’abord "Rollin' and tumblin'", un classique traditionnel immortalisé par Muddy Waters. La nouvelle version est imprimée sur un tempo enlevé. "Fire Red moon", ensuite, une plage qui baigne dans la douceur et la sérénité. Memphis shuffle léger, "Little red shoes" est balisé par le piano et l’orgue. La voix de Hartley est fluette. Chaquico est très inspiré aux cordes, dans un style réminiscent de Stevie Ray Vaughan! Un dialogue d’une grande pureté et empreint de sensibilité s’établit entre la guitare et le piano, tout au long de "Blue on blue", un peu comme lors d’une B.O. destinée à un film d'amour. Craig libère une dernière fois ses cordes pour revisiter le célèbre "Crossroads" du légendaire Robert Johnson ; cependant Chaquito adopte le rythme qui avait sublimé la version du Cream. La voix de Hartley est toujours aussi inoffensive, mais les interventions de notre soliste sont remarquables, comme si elles émanaient d’un flirt hypothétique entre la gratte de Clapton et celle de Billy Gibbons…

 

Francis Cabrel

Vise le ciel

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Que Cabrel soit un fan inconditionnel de Dylan n’est un secret pour personne. Merci Hugues Aufray ! C’est lui, en effet, qui dès 1965 (déjà) adaptait dans sa propre langue, quelques titres du bon Zimmerman et accrochait les oreilles de Francis, alors teenager. Depuis, celui-ci a découvert l’univers de Bob en version originale et n’a jamais, en 35 ans, renié son amour pour sa poésie et ses mélodies. Mais de là à réaliser un album de reprises et en français, il y a une marge qu’on imaginait jamais le voir franchir. D’autant plus que cet exercice de style relève plus de l’identification à son idole que de l’admiration qu’il lui porte…

Pourquoi ? Pourquoi donc un tel artiste aussi talentueux, tant au niveau de l’écriture que de la composition, a-t-il décidé de consacrer une œuvre, sa 14ème, à des covers de Dylan. Onze en tout !

Et bien la raison est toute bête, le manque d’inspiration tout simplement.

Alors qu’il préparait son nouvel opus, Cabrel cale après seulement avoir écrit 5 ou 6 chansons. Sa muse est tarie. Ne voyant plus rien venir, il choisit alors de changer de direction. C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers le répertoire de celui qu’il écoute et admire depuis le début des seventies.

Très adroitement, il évite de marcher sur les plates-bandes de Hugues Aufray en éliminant les chansons déjà revisitées et sélectionne des titres qui sont même pour certains, presque inconnus. On pourrait même penser que ces compos sont personnelles tant elles se rapprochent de ce que concocte habituellement notre homme.

Pour celui qui ne connaît qu’« I Want You », cet elpee pourrait servir de déclencheur et par là-même, servir les intérêts de Bob Dylan. Car le répertoire de cet immense artiste est loin d’être connu de tous. Il recèle encore pas mal de perles et de découvertes possibles ; Cabrel nous met ici le pied à l’étrier.

Musicalement parlant, on est très proche de « Des roses et des orties » sorti en 2008 et ses accents de la Nouvelle Orléans. On ‘nage’ toujours dans le Bayou…

Au niveau des lyrics, il faut reconnaître un talent certain à Francis Cabrel. Alors que le vieil Apache aux cheveux blancs se contentait de traduire quasi littéralement les propos de Dylan, Cabrel privilégie l’idée aux mots. Pas toujours fidèles, les paroles légèrement différentes gagnent en sens et en authenticité. Paradoxal me direz-vous ! En effet, mais Cabrel a privilégié l’esprit à la lettre, conférant une nouvelle dimension à ces onze splendides chansons.

Une excellente parenthèse dans la carrière d’un des meilleurs, si pas le meilleur, représentants de la chanson française. Francis nous promet de sortir son nouvel opus, dans le courant 2013. Fameuse idée que de nous inviter à patienter en publiant ce joli disque. Et puis, si cette formule lui permet de retrouver l’inspiration, perso, je ne dis pas non !

 

White Cowbell Oklahoma

Buenas Nachas

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Ce combo ne vient pas de l'Oklahoma, mais bien de l'Ontario, du côté de Toronto, au Canada. Elle compte une bonne dizaine d'années d’existence. Un sextuor surtout notoire pour ses prestations ‘live’. L’aspect visuel y est particulièrement soigné. Il est même digne de Kiss, The Tubes voire d’Alice Cooper. Excusez du peu ! La formation compte plusieurs albums à son actif : "Cencerro Blanco" en 2005, "Casa Diablo" en 2007 et "Bombardero" en 2009. Sans oublier "Viva Live Locos", publié en 2010, une prestation en public immortalisée lors de l’édition 2006 du Burg Herzberg Festival, en Allemagne.

Chanteur/guitariste, Clem Clemsen en est le leader. Son backing group réunit Hollis P. Cartwright III (guitares), Bubba Lee Phett (basse et chant), Chainsaw Charles (percussions diverses et effets électroniques), The Cousin who Hath No Name (guitare) ainsi que GM Luigi Safari (drums). Affublés de tels pseudos, on se doute que la troupe est constituée de personnages originaux. Ils revendiquent pour influences majeures, Hawkwind, Neu!, ZZ Top, Deep Purple, Frank Zappa,… et comprenne qui pourra, Jérôme Bosch et Breughel l'Ancien, les peintres flamands du XVIème siècle! En outre, ce team canadien qui n’a donc rien à voir avec l’Oklahoma, titre tous ses elpees en espagnol. Pas facile de les comprendre!

Des sonorités spatiales introduisent "Buenas Noches". Très mélodieux cet instrumental nonchalant est chargé de reverb. Notre esprit vagabonde alors le long des chemins poussiéreux, quelque part entre le Mexique et le Texas. Les Cowbells chantent à tue-tête "Get back to the Grove", un morceau punk très enlevé. "Flush in the pocket" est tout aussi nerveux et énergique. Les musicos ne tiennent pas en place et ne font pas dans la dentelle. Pas de place pour la moindre fioriture. L’attaque est permanente, ce qui rend cette compo parfois décousue. WCO ne lâche pas la bride. A l’instar du sauvage "Flush in the pocket", comme s’il s’était lancé dans un rodéo, bien illustré par l’image de la pochette. "Easy street" évoque les premiers singles de Deep Purple. Les sonorités de guitare sont tranchantes et torturées. La montée en puissance est manifeste. "Gallows bird" s’ouvre dans un climat serein, avant que l’allure ne recommence à croître. Pourtant, la plage est ici plus pop. Les guitares se croisent et s’entrecroisent élégamment sur une mélodie qui nous plonge dans le ‘far west’. "Bully black" puise à la fois dans le southern rock et le punk. Dynamique, cette piste mène aussi parfois à Kiss voire à Deep Purple. Les sorties des cordes sont une nouvelle fois excellentes. "Flapjack flytrap" trempe dans un heavy rock blues à la sauce 70’s. Une guitare slide très amplifiée est rapidement rejointe par une nuée de cordes lancées au galop. A cet instant, les références southern rock sont légion : Molly Hatchett, Pointblanck, etc. "Streetknife's Theme" est une longue jam de près de 8'. Les musiciens travaillent sans filet. Les climats se succèdent : boogie, space rock, psychédélisme, etc. Cette succession de tableaux n’est pas sans rappeler les Doors de l’époque "L.A woman" ; surtout à cause de la présence de cet orgue! Imprimée sur un tempo boogie variable, "Diabla, diabla" s’étale sur plus de 9'. C’est aussi le titre final. On est au bord du délire. Les grattes sont débridées et une trompette vient s’intégrer dans l’ensemble. Manifestement White Cowbell Oklahoma est un groupe à voir sur les planches…

 

Here We Go Magic

A Different Ship (b)

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« Pigeons » constitue le second opus d’Here We Go Magic, le projet de Luke Temple. Perso, son premier elpee –malgré ses incontestables qualités– était quelque peu surestimé. Pourquoi ? Une carence en mélodies contagieuses.  

Pour enregistrer « A Different Ship », la formation new-yorkaise a reçu le concours Nigel Godrich, le mythique gourou de Radiohead. Un disque découpé en 10 plages. Teinté d’électro, son folk  baigne au sein d’une atmosphère aquatique, vaporeuse (« I Believe in Action »). Les échos réverbèrent des accents empruntés à Connan Mockasin, tandis que la voix de Luke Temple rappelle tantôt Sharko ou même Sting (« A Different Ship »). Le groove est irrésistible. Les polyrythmies sont étranges. Et le résultat confère à l’ensemble une dimension unique, pop, visionnaire (« Hard to be Close », « How Do I Know) et probablement magique…

 

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