Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Chroniques

Akron

Voyage of Exploration

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« Voyage of Exploration » est un titre judicieux choisi pour ce premier album signé Akron. Son étrange mélange d’Exotica et de ‘space-pop’ nous transporte en effet dans un autre monde. Projet d’un seul homme, Akron nous invite à participer à un voyage interstellaire rétro-futuriste et surtout sous influence…

D’influence(s) à référence(s), il n’y a qu’un pas. Que nous franchirons allègrement, puisque la musique de cet artiste en est bombardée. Elles oscillent de Sun Ra à Les Baxter, en passant par Martin Denny ou encore des BO des ‘giallos’ italiens issus des années 70 ; et la liste est loin d’être exhaustive…

 

Wax Poetic

On a Ride

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Le collectif Wax Poetic compte déjà plus de 15 années d’existence. Il n’a donc plus rien à prouver. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à enregistrer des disques. Fondé à New York, en 1997, par le saxophoniste/claviériste Ilhan Ersahin, l’ensemble implique une équipe à géométrie variable. Objectif : créer une musique qui oscille entre trip-hop et drum’n’ bass. Ce qui a permis à l’expression sonore d’évoluer constamment. Norah Jones a ainsi participé à l’aventure mais aussi N’Dea Davenport, Bebel Gilberto et Saul Williams. La fille de Ravi Shankar est d’ailleurs de retour pour un titre, « Fall Away » !

Outre leur tête pensante, Ilhan Ersahin, le line up réunit Zeke Zima (guitare), Jesse Murphy (basse) et Jojo Mayer. Leur dernier elpee, « Brasil » était paru en 2007. Cinq longues années que Wax Poetic n’avait donc plus publié d’opus. Et lors des sessions d’enregistrement, Sissy Clemens, Gabriel Gordon et Nathalie Walker sont également venues apporter leur concours aux compos dont les douces mélodies sont trempées tour à tour dans l’americana, le jazz ou trip-hop. Parfois un peu lisse, « On a Ride » emprunte une forme très pop. Il se laisse donc facilement écouter, mais ne suscite guère, chez votre serviteur, un fol enthousiasme…

 

Various Artists

Rhythms del Mundo Africa

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Après avoir publié « Rhythms del Mundo : Cuba », place à la version africaine du projet APE (Artists Project Earth), un organisme de charité fondé par Kenny Young. Des artistes tels que Beyoncé, R.E.M., Coldplay, Eminem ou Plan B ont été remixés par les mains expertes de Loz Brazil. En outre, des musiciens africains notoires comme Toumani Diabaté, Ali Farka Touré ou Rokia Traoré ont également apporté leur concours à ces nouvelles versions. Une touche exotique qui donne une toute autre dimension à des hits 1 000 fois entendus comme « Viva La Vida », « Crazy » ou « Losing My Religion ». N’hésitez pas… ruez-vous sur cette compilation. Elle est ludique et de qualité ; mais surtout l’intégralité des bénéfices récoltés pour la vente de ce disque est destinée à subventionner des organisations qui tentent de réduire l’impact des changements climatiques et des catastrophes naturelles en Afrique de l’Ouest. Et pour une fois, petit coup de pied au cul au premier qui téléchargera cet album illégalement…

 

Seddy Mellory

Fake as your Mom's Orgasm

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Vu son titre et l’image reproduite sur la pochette, il ne fallait pas s’attendre de cet opus à des compos aussi subtiles que chez Grizzly Bear. Seddy Mellory est un groupe issu de Brescia, en Italie et son « Fake as Your Mom’s Orgasm » lorgne plutôt vers le garage de The Hives. Encore que certains accents sont aussi binaires que ceux dispensés par AC/DC, au cours des 70’s. Bref, ces guitares qui tachent, ces accents à la Elvis et ce rythme bien assuré, sont les ingrédients d’une recette vieille comme le rock. Cet elpee devrait donc plaire aux fans du genre et laisser de marbre les autres. « Fake as your Mom’s Orgasm » peut-être, mais ‘True as your old Daddy Records’ pour sûr!

 

Bat For Lashes

The haunted man

Bat For Lashes c’est le projet de Natasha Khan, une Britannique d’origine Pakistanaise. Née à Brighton, elle ne manque ni de personnalité, ni de charisme. Et en plus, elle est particulièrement jolie. Un elfe plein douceur, d’innocence, de joie de vivre et d’optimisme En 2010, elle a décroché deux awards. Un pour le meilleur concert alternatif. Faut dire que ses spectacles sont à la fois ludiques, tendres ou dynamiques. L’autre pour la meilleure chanson contemporaine (« Daniel »).

Capable de jongler entre le piano, la guitare, la basse, l’autoharpe et les percussions, outre le chant, elle pratique une forme de folk ténébreux, menaçant, fragile, théâtral et gothique. Et ses inflexions vocales sont susceptibles d’évoquer tour à tour Kate Bush, Alison Godfrapp, Toni Halliday (Curve), Elisabeth Frazer (Cocteau Twins), Alison Shaw (The Cranes), Lou Rhodes (Lamb), Anneli Drecker (Bel Canto) et même Jón Þór Birgisson (Sigur Rós).

« The haunted man », son dernier elpee, révèle un face plus épanouie de l’artiste. Elle y aborde ses textes sous un angle philosophique et psychologique. Un disque qui recèle des compos tour à tour solennelles, claustrophobes, désinvoltes, cool, entraînantes, impératives ou à la limite explosives, mais toujours soigneusement construites… Les rythmes sont hypnotiques. Stimulés par l’électronique et alimentés par les basses, les synthés et les drums, ils grondent profondément. Et au sein de cet univers dramatique, la voix de Natasha libère une large palette d’émotions. Dans ces conditions, difficile de ne pas tomber sous le charme…

L’illustration de la pochette est superbe. Elle est signée Ryan McGinley. Dénudée, mais pudique, Khan porte un jeune homme sur les épaules…

 

Staff Benda Bilili

Bouger le Monde!

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La magie qui opérait sur le premier opus de Staff Benda Bilili allait-elle s’estomper lors de la sortie de leur deuxième essai. Leur magnifique aventure était-elle éphémère ? Pas du tout ! Les Congolais ont ici l’ambition de « Bouger le Monde » et le pari, risqué, est remporté haut la main. Toujours inspirés par les effluves musicaux de Kinshasa, ces artistes handicapés ne se sont pas embourgeoisés, même si leur nouvelle livraison a été enregistrée dans un studio et non plus dans les jardins d’un zoo local ! On y retrouve la ‘satonge’ de Roger Landu (‘home made’ guitare faite de boites de conserve et de fils), responsable de sonorités si particulières, mais aussi leurs harmonies vocales très élaborées. En outre, leur mélange de blues, rumba, soukou et zouk libère toujours un groove unique en son genre. Enfin, leurs lyrics sont alimentés par des histoires de gangs (« Kuluna »), de religion ou encore puisent dans leurs propres expériences vécues dans l’une des villes les plus impitoyables de la planète. Il ne faut pas oublier que, victimes de la polio, la plupart des musicos du combo ont gardé de graves séquelles de la maladie. Ce qui ne les a pas empêchés de devenir musiciens. Même les Etats-Unis ont succombé et accueilli à bras ouverts les Congolais. C’est dire si le Staff Benda Bilili parvient à faire « Bouger le Monde » !

 

Rachel Sermanni

Under Mountains

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Si la notoriété de la jeune Ecossaise Rachel Sermanni n’a pas encore traversé la Manche, elle ne devrait pas tarder. Elle est âgée d’une petite vingtaine années, et son premier Ep, sorti en mars 2012, avait suscité l’intérêt de la presse musicale, mais également du monde artistique. A l’instar de la BBC ou du Sunday Times. Même Guy Garvey, le leader d’Elbow, est tombé sous le charme de sa voix. Et après avoir écouté son premier opus, difficile d’aller à l’encontre de leur avis.

Le dessin qui illustre la pochette d’« Under Mountains » évoque remarquablement l’univers lyrique au sein duquel sa musique baigne. Tels les épisodes d’un conte, les onze compos forgent un ensemble cohérent. Lewis Carrol n’est pas loin. Et surtout son « Alice au pays des merveilles ». Les orchestrations sont judicieuses et diversifiées. Les interventions des violons, du piano, de la guitare et de la contrebasse sont bien équilibrées. Et au cœur de ce paysage sonore parfaitement mis en place, la native de Carrbridge vient poser sa voix, aussi belle que parfaitement maîtrisée.

On est probablement en présence de la chanteuse de folk la plus douée de sa génération depuis  l’avènement de Joana Newsom. Et si un brin de logique régit la sphère musicale (NDR : rien de moins sûr !), ce talent à l’état pur devrait conquérir le Vieux Continent.

La jeune compositrice/interprète se produira ce 21 novembre au Café Vidéo de Gand.

 

Muse

The Second Law

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Muse est de retour ! Près de trois années se sont écoulées depuis la sortie de « The Resistance » et son flot de critiques… pro ou anti… Muse.

Il est vrai qu’une certaine rupture s’est produite entre ce que le groupe pratiquait une décennie plus tôt et ce qu’il dispense depuis trois ans. « Showbiz » et « Origine of Symmetry » proposait, fin des nineties, une musique puissante, novatrice et fougueuse. Après avoir commis une œuvre de transition intitulée « Absolution », opus qui révélait déjà deux faces bien distinctes de l’écriture de Matt Bellamy, l’une pop, l’autre plutôt symphonique, Muse publie « Black Holes and Revelation », une collection de hits monumentaux renouant quelque peu avec le passé mais laissant clairement apparaître un côté résolument commercial. La pêche au gros est ouverte ! Grâce à cet album des plus médiatisés, le trio opère son entrée sur les ondes radiophoniques ‘grand public’, envahit les plateaux TV et truste les récompenses.

Déjà, à cette période, des voix s’élèvent contre ce qu’ils considèrent comme une trahison musicale !

« The Resistance » ne fait qu’accentuer cette fracture. Les uns jetant aux orties ce qu’ils ont adoré dix ans plus tôt, les autres reconnaissant un talent certain à Bellamy et louant sa capacité à ratisser large. Le constat est clair, Muse est devenu un mutant. Mais non, on ne nage pas en pleine science fiction !!! Ben oui, le groupe évolue et se permet de déplaire. D’ailleurs, il s’en fout éperdument du ‘qu’en dira-t-on ?’. Bellamy et ses potes ont une ligne de conduite bien définie, et tant pis pour celles et ceux qui décident de quitter le navire. D’autant plus que d’autres l’ont rejoint et leur nombre ne fait que croître, serait-on tenté de dire. Finis les disques pour les amateurs purs et durs de leur pop/rock de la première heure et bonjour aux nouveaux fans qui s’abreuvent de hits monstrueux, estimant les envolées symphoniques du band géniales. Perso, j’ai pas quitté le bateau et j’avoue sans honte que cette métamorphose me plaît. Muse semble avoir embrassé la démarche adoptée par Queen, il y a une trentaine d’années. Suffit d’écouter « Madness » ou « Panic Station » pour s’en convaincre. Si vous avez la mémoire courte, souvenez-vous que Freddy et ses acolytes ont également été la risée des pseudo-spécialistes à l’époque de « Radio Gaga » et autres tubes de l’espèce, alors que l’on (sur)nageait en pleine tourmente disco. Quelques années après sa mort, le talent du brave Mercury a été reconnu tout comme ses facultés d’adaptation.

Muse a emprunté le même chemin. Le parallèle est frappant ; et pourtant le critiques émanant de gens qui, pour la plupart, n’ont jamais été capables de lire et encore moins d’écrire une seule note de musique, pleuvent à nouveau… Moi non plus, ok ; mais je ne me permettrai jamais de porter un jugement négatif sur ce que je ne maîtrise pas… (NDLR : Luc, bravo pour la détermination de ton message, mais dis-toi bien que sans Radiohead, il n’y aurait jamais eu de Muse).

« The 2nd Law » est la suite logique de “The Resistance”. Outre les plages qui séduisent instantanément ou vous donnent l’envie de remuer (« Supremacy », « Follow  Me », « Big Freeze »), on retrouve inévitablement des envolées lyriques, mais aussi des morceaux plus ‘soft’ que ceux commis par la formation insulaire, il y a une douzaine d’années. Muse est devenu un groupe qui a succombé au concept commercial, qui rassemble les foules, fait l’évènement (l’hymne officiel des J.O.) et se drape dans le gigantisme et la grandiloquence.

Pour les aficionados (dont je fais partie, j’ai aimé et j’aime encore), « The 2nd Law » est un très bon disque. A la première écoute, on n’entre pas immédiatement dans l’album. La digestion prend plusieurs écoutes et plusieurs jours, voire semaines. Sans cesse renouvelé mais toujours surprenant, le son Muse continue de se démarquer de la plupart des formations actuelles qui se contentent du traditionnel refrain-couplets pour amadouer l’auditeur. Muse va plus loin, ose et surprend toujours. A certains médias spécialistes de la presse écrite, je dirai simplement que si n’importe quel autre groupe avait concocté cet album on aurait crié au génie ; mais puisque c’est de Muse qu’il s’agit, une certaine presse manifeste un snobisme musical puant pour les clouer au pilori. Quelle élégance !

Car finalement, « The Second Law » ne navigue pas si loin des origines du band ; la preuve par « Survival », qui aurait pu facilement figurer sur « Origine of Symmetry ».

Un album détonnant et parfois épique. Une grande cuvée !

 

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